[0001] L'invention concerne une garniture pour raffineur de pâte tels qu'un raffineur de
pâte à papier, un raffineur comprenant au moins une telle garniture, un procédé de
préparation de cette garniture et un procédé de raffinage dans lequel on utilise au
moins une telle garniture.
ETAT DE LA TECHNIOUE
[0002] Il est connu d'effectuer le raffinage des pâtes telles que les pâtes à papier par
passage dans un raffineur. Les raffineurs de pâte à papier sont munis d'un rotor et
d'un stator entre lesquels la matière brute est défibrée et fibrillée. Il existe deux
catégories principales de raffineurs: les raffineurs à disques et les raffineurs coniques.
[0003] Les raffineurs à disques comprennent généralement un ou plusieurs rotors et un ou
plusieurs stators constitués chacun d'un disque support sur lequel est monté un autre
disque appelé disque de raffinage, dont le rôle est, à la fois, de protéger le disque
support de l'érosion par la matière brute à raffiner et de participer au raffinage
de cette dernière.
[0004] Lors du raffinage, la matière brute peut être introduite par le centre d'au moins
un des disques de raffinage, dans l'espace situé entre les deux disques de raffinage
et s'écouler vers leur périphérie. Elle peut également être introduite au niveau de
la périphérie des disques et ressortir par le centre des disques. Au cours de l'une
ou l'autre de ces circulations, la pâte subit un traitement qui modifie de façon importante
les propriétés physiques des fibres contenues dans la pâte et permet ensuite au papier
fabriqué à partir de la pâte traitée de posséder les caractéristiques nécessaires
à l'usage auquel il est destiné.
[0005] Les disques de raffinage, comme illustré par les figures 1 et 2, comportent généralement
une face de fixation 1 sur le raffineur et une face de travail 2 comprenant une alternance
de rainures 3 et de saillies appelées lames 4. La surface active 5 de ces lames 4
s'use progressivement lors du raffinage, de sorte qu'il faut périodiquement arrêter
le raffineur et remplacer les disques de raffinage.
[0006] On utilise actuellement comme disques de raffinage, soit des disques qui présentent
une forme annulaire complète et qui sont coulés en une seule pièce, comme un élément
en forme de tore (figure 1), soit des disques, illustrés par la figure 3, composés
de plusieurs segments 6 et qui forment ensemble un anneau.
[0007] Les raffineurs coniques comprennent généralement un rotor 7 représenté sur les figures
4, et 5 de forme cônique ou tronconique, et un stator 8, représenté sur les figures
6 et 7, également de forme conique ou tronconique. Des cônes ou troncs de cône de
raffinage 9 et 10 sont montés, respectivement, sur la surface extérieure 11 du rotor
7 et sur la surface intérieure 12 du stator 8. Ces cônes ou troncs de cône de raffinage
9,10 peuvent être composés, respectivement, de segments 13,14. Ils comportent une
alternance de rainures et de lames (non représentées) et ils jouent le même rôle que
les disques de raffinage évoqués plus haut.
[0008] Lors du raffinage dans un raffineur conique, la matière brute est introduite entre
le stator et le rotor du raffineur, au niveau du sommet du cône ou tronc de cône constituant
le rotor et ressort au niveau de la base de ce même cône ou tronc de cône.
[0009] Etant donné que les disques ou cônes de raffinage doivent résister à l'usure, ils
sont généralement constitués d'un métal ou d'un alliage métallique présentant une
dureté élevée.
[0010] Afin d'améliorer l'efficacité du raffinage de la pâte à papier réalisé à l'aide de
tels disques ou cônes métalliques, les recherches effectuées actuellement portent
sur la modification de la géométrie de leur face de travail et sur la nature du métal
ou de l'alliage métalique.
[0011] Ainsi, la demande internationale n° WO 90/04673 propose un procédé de fabrication
de pâte de fibres dans lequel un matériau de départ contenant de la lignocellulose
est défibré et fibrillisé entre les lames de deux disques de broyage se faisant face,
et selon lequel, pour améliorer le raffinage, on a incliné les lames d'un angle de
5 à 30 degrés par rapport au rayon des disques sur lesquelles ces lames sont situées.
[0012] Toutefois ce procédé ne permet pas encore d'améliorer suffisamment la qualité de
la pâte obtenue.
[0013] La demande de brevet allemand n° DE-A-1 621 703 propose une garniture métallique
pour raffineur dont au moins la surface active est recouverte par un revêtement en
un matériau résistant à l'usure.
[0014] Lors de ses recherches, la demanderesse a constaté que la qualité du raffinage était
limitée par la nature du matériau constituant les disques, c'est-à-dire par le métal
ou l'alliage métallique, et que pour améliorer le raffinage de la pâte, il serait
intéressant de pouvoir s'affranchir du recours à des surfaces actives métalliques.
[0015] En effet, lors du raffinage à l'aide de disques métalliques il se produit entre le
disque du rotor et le disque du stator, des chocs au cours desquels des particules
de métal sont arrachées aux lames du disque. Il s'ensuit que la surface active 5 des
lames 4 devient très irréguliere et réduit la fibrillation des fibres de papier, ce
qui diminue la qualité du raffinage.
[0016] De plus, du fait que les disques métalliques s'usent rapidement, la qualité de la
pâte raffinée n'est pas constante dans le temps et les arrêts du raffineur, nécessaires
pour remplacer les disques usés par des disques métalliques neufs, sont fréquents.
Les disques usés ne pouvant pas être régénérés, ils doivent donc être jetés.
[0017] Il n'existe donc pas dans l'état de la technique, de possibilité de raffinage qui
permette d'obtenir une qualité élevée et constante de la pâte raffinée, et qui diminue
la fréquence des arrêts du raffineur nécessaires au changement des disques de raffinage.
Il n'existe pas non plus de disque de raffinage présentant une résistance élevée à
l'usure, un caractère régénérable avec un coût de régénération acceptable.
[0018] La demande de brevet EP-A-0634522 appartient à l'état de la technique visé à l'article
53(4) CBE qui n'est pas pris en considération pour l'appréciation de l'activité inventive.
[0019] La demande de brevet EP-A-0634522 a pour objet une plaque de défibrage ou de raffinage
de pâte à papier, comportant une surface de broyage présentant des nervures séparées
par des rainures.
[0020] Le corps de la plaque est constitué d'un premier matériau tel que l'acier inoxydable
ou la fonte, assurant la tenue mécanique générale de la plaque en utilisation. La
partie supérieure des nervures est constituée d'une couche d'un matériau anti-abrasion
comprenant des grains de matière dure anti-abrasion liés dans un alliage métallique
dont les caractéristiques de fusion et de soudabilité sont appropriées pour un rechargement
au laser sur le premier matériau formant le corps de plaque. Les nervures sont rechargées
successivement par balayage d'un faisceau laser et d'une buse de pulvérisation, en
une ou plusieurs passes.
EXPOSE SOMMAIRE DE L'INVENTION
[0021] La demanderesse, en effectuant ses recherches dans une nouvelle direction, est parvenue
à mettre au point une garniture palliant les inconvénients liés aux disques métalliques
de l'état de la technique. Cette garniture comporte une face de fixation sur le raffineur,
une face de travail, au moins une âme en un matériau rigide, recouverte par un revêtement
en un matériau résistant à l'usure, de telle façon qu'au moins la surface active de
la garniture soit constituée par tout ou partie de la surface extérieure dudit revêtement
et se distingue des garnitures de l'état de la technique en ce que ledit revêtement
est poreux et est constitué d'une superposition de couches minces ou lamelles.
[0022] Une telle garniture présente une résistance à l'usure supérieure aux garnitures connues
jusqu'à présent.
[0023] De plus, elle peut comprendre une âme constituée d'un matériau rigide peu coûteux,
tel qu'un matériau de récupération.
[0024] En outre, elle peut, une fois le revêtement usé, être à nouveau régénérée par application
d'un nouveau revêtement.
[0025] Par ailleurs, lors de sa mise en oeuvre dans un raffineur, la pâte raffinée obtenue
présente, pour une même puissance spécifique consommée, une longueur moyenne de fibres
et une blancheur supérieures à celle des pâtes obtenues dans un raffineur pourvu de
garnitures selon l'état de la technique. On observe également une réduction du bruit
lors du raffinage et une plus grande stabilité de l'entrefer (distance entre le rotor
et le stator) du raffineur, ce qui se traduit par une plus grande régularité dans
les propriétés de la pâte raffinée.
[0026] D'autres avantages procurés par la garniture selon l'invention et sa mise en oeuvre
apparaîtront à la lecture de l'exposé détaillé qui suit, ainsi qu'à l'examen des figures
8 à 27, données simplement à titre illustratif.
DESCRIPTION SOMMAIRE DES FIGURES
[0027] Les figures 1 et 2 représentent schématiquement un disque de raffinage selon l'état
de la technique, respectivement en vue de face et en vue de côté en section selon
l'axe A-A.
[0028] La figure 3 représente schématiquement un second disque de raffinage selon l'état
de la technique.
[0029] Les figures 4 et 5 représentent schématiquement un rotor de raffineur conique équipé
de cones de raffinage selon l'état de la technique, respectivement en vue de face
en section transversale selon l'axe B-B et en vue de droite.
[0030] Les figures 6 et 7 représentent schématiquement un stator de raffineur conique épuipé
de cones de raffinage selon l'état de la technique, respectivement en vue de face
en section transversale selon l'axe C-C, et en vue de gauche.
[0031] Les figures 8 et 9 représentent une garniture selon l'invention, respectivement en
vue de face et en vue de dessous.
[0032] La figure 10 représente schématiquement en section, la garniture des figures 8 et
9 en vue de dessous en section selon D-D.
[0033] Les figures 11 et 12 représentent schématiquement une première variante de la garniture
selon l'invention, respectivement en vue de face et en vue de dessous en section selon
l'axe E-E.
[0034] La figure 13 représente schématiquement en section, une deuxième variante de la garniture
selon l'invention.
[0035] La figure 14 représente schématiquement en section, une troisième variante de la
garniture selon l'invention.
[0036] Les figures 15 et 16 représentent schématiquement une quatrième variante de la garniture
selon l'invention, respectivement en vue de face et en vue de dessous en section selon
l'axe F-F.
[0037] La figure 17 représente schématiquement en section, une cinquième variante de la
garniture selon l'invention.
[0038] La figure 18 représente schématiquement en section, une sixième variante de la garniture
selon l'invention.
[0039] Les figures 19 et 20 représentent schématiquement une septième variante de la garniture
selon l'invention, respectivement en vue de face et en vue de dessous en section selon
l'axe G-G.
[0040] La figure 21 représente schématiquement en section, une huitième variante de la garniture
selon l'invention.
[0041] La figure 22 représente schématiquement en perpective une garniture selon l'invention
destinée à être montée sur un bloc rotor de raffineur conique.
[0042] La figure 23 représente schématiquement en perspective une garniture selon l'invention
destinée à être montée sur un bloc stator de raffineur conique.
[0043] La figure 24 représente la courbe de longueur pondérée des fibres d'une matière brute
avant raffinage.
[0044] La figure 25 représente la courbe de longueur pondérée des fibres d'une pâte obtenue
après raffinage avec les disques selon l'état de la technique.
[0045] La figure 26 représente la courbe de longueur pondérée des fibres d'une pâte obtenue
après raffinage avec des garnitures selon l'invention.
[0046] La figure 27 représente une autre courbe de longueur pondérée des fibres d'une pâte
obtenue après raffinage avec des garnitures selon l'invention.
[0047] Par souci de clarté, les figures 9, 10, 12, 13, 14, 16, 17, 18, 20 et 21 quoique
représentant des sections, n'ont pas été hachurées.
EXPOSE DETAILLE DE L'INVENTION
[0048] La face de fixation et la face de travail d'une garniture selon l'invention sont,
respectivement, la face destinée à être fixée contre le disque ou cône support du
raffineur, et la face intervenant directement lors du raffinage de la pâte.
[0049] Ces faces sont de préférence parallèles lorsque la garniture est destinée à être
utilisée sur un raffineur à disques, et concentriques lorsque la garniture est destinée
à être mise en oeuvre sur un raffineur conique.
[0050] Par surface active, on entend dans la description de l'invention, uniquement la surface
de la garniture la plus éloignée de la face de fixation et contre laquelle la pâte
va être raffinée (fibrillée). La surface active peut occuper toute la face de travail
de la garniture : c'est le cas, notamment, lorsque la face de travail est plane. La
surface active peut aussi ne représenter qu'une partie de la face de travail, par
exemple, lorsque cette dernière comporte des endroits, tels que des rainures, où la
pâte n'est pas fibrillée.
[0051] La surface active d'une garniture selon l'invention est toujours constituée par tout
ou partie de la surface extérieure du revêtement.
[0052] Par surface extérieure du revêtement, on entend la surface qui est opposée à la surface
du revêtement en contact avec l'âme. Selon l'invention, la surface extérieure du revêtement
englobe donc toujours au moins la surface active de la garniture. En d'autres termes,
la surface active est toujours constituée par le matériau résistant à l'usure dont
est fait le revêtement. Par contre, l'étendue de la surface extérieure du revêtement
peut ne pas être limitée à la surface active de la garniture.
[0053] En règle générale, mais ce n'est pas une obligation, le revêtement n'est présent
que sur la face de travail qu'il occupe donc au moins en partie. Ce revêtement est
de préférence continu et d'épaisseur uniforme au niveau de toute la surface active.
Son épaisseur est généralement comprise entre 0,1 et 2 mm, de préférence entre 0,5
et 0,8 mm.
[0054] Le matériau rigide dont est faite l'âme de la garniture est un matériau ayant des
propriétés mécaniques, notamment de résistance à la compression, lui permettant de
ne pas se briser, lorsque le rotor et le stator sont rapprochés l'un de l'autre, et
de ne pas s'arracher et être emporté par le flux de la matière brute en cours de raffinage.
Ce peut être un métal, un alliage métallique, de la fonte, un matériau plastique ayant
de bonnes caractéristiques mécaniques, notamment une résistance au cisaillement suffisante,
tel que les plastiques dits "haute performance" parmi lesquels on peut citer les polyamides
4-6, les polyamides imides, ou les polymères techniques comme le polyamide 6-6. Le
matériau rigide peut également être un matériau composite tel que les époxy/fibres
de carbone, les époxy/fibres de verre, ou les vinyl-ester/fibres de carbone. Il va
de soi que le choix de matériau rigide est également fonction de sa résistance vis-à-vis
du procédé choisi pour appliquer le revêtement.
[0055] Un avantage de la garniture selon l'invention est que le matériau rigide peut être
un matériau de récupération peu coûteux tel qu'un métal ou alliage métallique de récupération
ou une matière plastique élaborée à partir de polymères recyclés présentant les caractéristiques
mécaniques évoquées précédemment. En effet, contrairement aux garnitures de l'état
de la technique qui doivent obligatoirement être fabriquées avec des métaux présentant
une grande résistance à l'usure tels que l'acier ou la fonte, les garnitures selon
l'invention peuvent comprendre une âme constituée d'un matériau peu résistant à l'usure,
car l'âme ne possède pas de surface active et n'a pas pour but de résister à l'usure.
[0056] De plus, il est possible de choisir comme matériau rigide, un matériau présentant
une résilience (résistance aux chocs) élevée et comme revêtement, un matériau peu
résilient mais ayant une dureté élevée. La garniture obtenue est alors peu fragile
tout en étant très performante.
[0057] Le matériau résistant à l'usure constituant le revêtement est de préférence un matériau
différent de celui dont est faite l'âme. Il doit pouvoir adhérer sur cette dernière
de manière suffisamment ferme pour ne pas être arraché et emporté par le flux de matière
brute lors du raffinage. Ce peut être un métal pur tel que le molybdène (Mo), le nickel
(Ni), l'aluminium (Al), le cuivre (Cu), le tantale (Ta) ou le titane (Ti), un alliage
métallique tel que le nickel-chrome (NiCr), le nickel-chrome-aluminium-yttrium (NiCrAlY),
le nickel-chrome-fer-bore-silicium (NiCrFeBSi), le nickel-aluminium (NiAl) ou le cuivre-aluminium
(CuAl), un pseudo-alliage tel que l'aluminium-molybdène (Al-Mo) ou le cuivre-tungstène
(Cu-W), un cermet tel que le WC-Co, le Cr
3C
2-NiCr, le WC-Ni ou le WC-NiCr, une céramique telle que l'alumine (Al
2O
3), l'oxyde de chrome (Cr
2O
3), l'oxyde de titane (TiO
2), la zircone (ZrO
2), l'oxyde de zirconium et d'yttrium (ZrO
2/Y
2O
3), l'oxyde d'yttrium, de barium et de cuivre (Y
1Ba
2Cu
3O7) ou la silice (SiO
2), un minéral tel que l'apatite, un carbure tel que le carbure de tungstène, de titane,
de bore ou de silicium, ou un carbone adamantin.
[0058] On peut également prévoir que le revêtement soit un mélange de ces matériaux, ou
une superposition de couches constituées de matériaux différents choisis parmi ces
matériaux.
[0059] De préférence, on utilise comme revêtement une céramique, en particulier l'alumine.
[0060] Selon l'invention, on met en oeuvre un revêtement poreux. On améliore ainsi les caractéristiques
de la pâte raffinée. Par revêtement poreux, il faut entendre un revêtement dont le
rapport volume total des pores/volume total du revêtement est compris entre 2% et
50%, de préférence entre 10% et 30%.
[0061] La demanderesse a, en effet, été surprise de découvrir qu'il est possible d'utiliser
pour le revêtement un matériau ayant une porosité élevée, car généralement, lorsqu'on
cherche à augmenter la résistance à l'usure d'un élément, on le revêt d'une couche
d'un matériau ayant la porosité la plus basse possible.
[0062] Il est en outre souhaitable que la porosité augmente depuis la surface du revêtement
en contact avec l'âme jusqu'à la surface active. Un tel gradient de porosité permet
à la fois une bonne adhérence du revêtement sur l'âme et un meilleur raffinage de
la pâte. La porosité peut ainsi être nulle au contact de l'âme et voisine de 50% au
niveau de la surface active.
[0063] La porosité est avantageusement du type ouverte. En effet, ceci semble provoquer
un effet de capillarité vis-à-vis de l'eau contenue dans la pâte en cours de raffinage
et modifier de façon bénéfique la circulation de la pâte et son raffinage.
[0064] Il s'avère avantageux d'utiliser comme revêtement un matériau possédant de bonnes
caractéristiques tribologiques et/ou une abrasivité élevée vis-à-vis de la matière
à raffiner.
[0065] Le revêtement peut comprendre un second matériau disposé entre le matériau résistant
à l'usure et l'âme, de façon à recouvrir cette dernière et à la protéger contre la
corrosion par la matière brute à raffiner qui pourrait passer à travers le revêtement,
si ce revêtement est poreux. Ceci se révèle particulièrement avantageux lorsque, par
exemple, l'âme est faite d'un métal ou d'un alliage oxydable.
[0066] Ledit second matériau se présente de préférence sous la forme d'une couche mince,
d'épaisseur comprise entre environ 20 et environ 200 microns (micromètres µm) et préférentiellement
entre environ 50 et environ 100 microns, s'étendant de préférence au moins sur toute
la face de travail. Le choix de ce second matériau dépend des conditions physico-chimiques
dans lesquelles la garniture sera amenée à travailler. Ledit second matériau peut
être, par exemple, un oxyde de nickel et de chrome. Il s'est avéré que l'alliage composé
de nickel, de chrome, d'aluminium et d'yttrium (NiCrAlY), conférait une excellente
protection contre les phénomènes de corrosion.
[0067] Lorsque la garniture selon l'invention est destinée à être utilisée dans un raffineur
à disques, elle peut avoir la forme d'un anneau ou d'une rondelle comme les anneaux
ou rondelles de raffinage de l'état de la technique représentés par la figure 1, ou
la forme d'un segment de disque comme les segments 6 de la figure 3.
[0068] Lorsque la garniture selon l'invention est prévue pour être montée sur un raffineur
conique, elle peut présenter une forme de cône ou de tronc de cône ou une forme de
segment de cône ou de tronc de cône, comme celles illustrées par les figures 22 et
23.
[0069] La garniture selon l'invention telle qu'illustrée par les figures 8 et 9, comprend
une âme 15 en un matériau rigide comportant une face de fixation 16 sur le raffineur
et une face de travail 17 au moins essentiellement plane.
[0070] Comme la face de travail 17 de la garniture est plane, la surface active 18 de la
garniture s'étend sur toute la face de travail 17.
[0071] Un revêtement 19 constitué d'un matériau résistant à l'usure recouvre ladite âme
15, de façon à ce qu'au moins toute la surface active 18 de la garniture soit constituée
par du matériau résistant à l'usure. Ainsi, l'action de fibrillation de la pâte n'est
effectuée que sur le matériau résistant à l'usure et non sur l'âme 15.
[0072] Comme cela est visible sur la figure 10, le revêtement 20 est constitué d'au moins
deux couches minces ou lamelles 21 disposées les unes sur les autres, de préférence,
de façon au moins essentiellement parallèle. Ces lamelles 21 permettent une usure
plus uniforme du revêtement 20 et contribuent ainsi à la constance des conditions
de raffinage. De préférence, le nombre de lamelles 21 est le plus élévé possible que
la technique utilisée pour réaliser le revêtement permet de réaliser. Des essais ont
en effet montré que lorsque le revêtement n'était constitué que d'une seule couche,
il pouvait être facilement arraché lors du rapprochement du rotor par rapport au stator.
Les lamelles confèrent au revêtement une capacité d'usure particulière qui permet
aux garnitures de s'adapter au raffineur. Dans le cas d'un raffineur à disques, par
exemple, les disques ne sont en pratique jamais parfaitement parallèles. Il s'ensuit
que lorsque l'on réduit l'entrefer, il arrive- que des contacts se produisent, à certains
endroits, entre deux disques se faisant face. Si le revêtement est fait d'une seule
couche épaisse, il est alors très souvent arraché. En revanche, si le revêtement est
constitué de lamelles, seules les lamelles superficielles situées aux endroits où
se sont produits les contacts sont arrachées et le raffinage peut ensuite se faire
entre les lamelles restantes de chacun des disques.
[0073] Ainsi, les garnitures selon l'invention peuvent présenter deux types de résistance
à l'usure :
- une résistance à l'usure élevée vis-à-vis de la pâte à raffiner, due à la nature du
matériau constituant le revêtement, ce qui permet une usure lente et une utilisation
de la garniture pendant de longues durées et
- une résistance à l'usure par choc faible qui permet de nombreux arrêts et redémarrages
sans arrachement du revêtement.
[0074] Selon une première variante avantageuse représentée par les figures 11 et 12, la
face de travail 22 de la garniture est munie d'une ou plusieurs rainures 23 alternant
avec une ou plusieurs lames 24.
[0075] Lesdites rainures 23 sont destinées à faciliter l'écoulement de la pâte. Elles peuvent
être de section quelconque. Elles peuvent notamment avoir une section rectangulaire
comme celles que l'on rencontre sur les disques de raffinage du commerce. Elles sont
présentes dans le revêtement 25 qui s'étend sur toute la face de travail 22. La surface
active de la garniture est alors la somme des surfaces de tous les sommets 26 des
lames 24. L'aire de la surface active est donc inférieure à l'aire de la face de travail
22. La géométrie des lames 24 et rainures 23 peut-être choisie en fonction du type
de traitement spécifique que l'on veut faire subir à la matière à raffiner. Le couple
géométrie/matériau dudit revêtement 25 peut être optimisé pour chaque traitement spécifique
de la matière à raffiner.
[0076] Selon une deuxième variante avantageuse représentée par la figure 13, les rainures
27 sont présentes dans l'âme 28 et le revêtement 29 ne recouvre que les sommets 30
des lames 31. Il est, dans ce cas, préférable que le matériau rigide constituant l'âme
28 soit un matériau présentant une assez bonne résistance à l'usure, tel que la fonte
du type "Ni-hard" ou les aciers au chrome. Ces derniers ont en outre l'avantage de
présenter une bonne résistance à la corrosion.
[0077] Selon une troisième variante avantageuse représentée par la figure 14, les rainures
32 sont présentes dans l'âme 33 et le revêtement 34 occupe toute la face de travail
35. Le revêtement 34 épouse préférablement toutes les formes de l'âme 33. Il est donc
disposé aussi bien sur les sommets 36 des lames 37 que dans leurs fonds 38. Son épaisseur
est de préférence uniforme sur tous les sommets 36.
[0078] Le revêtement 34 peut aussi être composé de plusieurs parties constituées chacune
d'un matériau différent. Ainsi, il est possible de recouvrir les sommets 36 d'un premier
matériau et les fonds 38 et les parois des rainures 32 d'un second matériau. De façon
avantageuse, ledit premier matériau est alors choisi parmi les matériaux présentant
un résistance élevée à l'usure et/ou de bonnes propriétés tribologiques tels que l'alumine
et ledit second matériau est choisi parmi les matériaux présentant une abrasivité
élevée tels que le carbure de tungstène et/ou une résistance élevée à la corrosion.
[0079] Selon une quatrième variante avantageuse représentée par les figures 15 et 16, un
ou plusieurs obstacles 39 sont disposés dans une ou plusieurs rainures 40, de façon
à réaliser un ou plusieurs étranglements et à perturber la circulation de la pâte
en créant des micro-vortex à l'intérieur des rainures 40, ce qui a pour effet de forcer
la matière devant être raffinée à passer entre les surfaces actives du rotor et du
stator. La qualité du raffinage est alors améliorée.
[0080] La forme exacte desdits obstacles 39 importe peu dès lors qu'ils permettent de provoquer
un écoulement du type turbulent de la pâte. Il s'ensuit alors une augmentation du
temps de résidence de la pâte entre le rotor et le stator du raffineur, ce qui améliore
l'efficacité du raffinage et par conséquent, la qualité de la pâte obtenue.
[0081] Lesdits obstacles 39 peuvent être disposés aléatoirement ou par groupes de deux et
situés l'un en face de l'autre, respectivement sur les parois 41 et 42 des rainures
40. Les obstacles situés sur la paroi 41 peuvent aussi être décalés par rapport à
ceux situés sur la paroi 42 .
[0082] Les obstacles sont de préférence constitués du même matériau que le revêtement 43
avec lequel ils font corps.
[0083] Le revêtement 43 recouvrant toute la face de travail 44 selon cette cinquième variante,
les obstacles 39 sont donc disposés à la fois dans les rainures 40 et sur le revêtement
43.
[0084] Lorsque le revêtement 43 comprend un premier matériau pour la surface active et un
second matériau dans les rainures 40, les obstacles 39 sont de préférence constituées
dudit second matériau.
[0085] Selon une cinquième variante avantageuse représentée par la figure 17, les obstacles
45 sont disposés dans les fonds ou sur les parois des rainures 46. Comme le revêtement
47 recouvre uniquement les sommets 48 des lames 49, les obstacles 45 sont donc en
contact et adhèrent à l'âme 50. Ils peuvent aussi faire partie de l'âme 50 et être
par conséquent constitués du même matériau que cette âme 50.
[0086] Selon une sixième variante avantageuse représentée par la figure 18, l'âme 51 est
munie de rainures 52. Le revêtement 53 recouvre toute la face de travail 54. Les obstacles
55 sont donc fixés contre le revêtement 53 ou font partie de ce dernier qui suit préférentiellement
toutes les formes de l'âme 51 et présente de préférence une épaisseur uniforme sur
toute la face de travail 54.
[0087] Les figures 19 et 20 représentent une septième variante avantageuse de la garniture
selon l'invention, dans laquelle les rainures 56 ont une section quasi-circulaire.
De telles garnitures ont ainsi une surface active élevée (constituée par la somme
des surfaces des sommets 57 recouverts par le revêtement 58), tout en présentant des
rainures 56 pouvant contenir un volume important de pâte lors du raffinage.
[0088] La figure 21 représente une huitième variante avantageuse de la garniture selon l'invention,
dans laquelle le revêtement 59 recouvre toute la face de travail et les rainures 60
présentent une forme en queue d'aronde, ce qui constitue une autre manière de parvenir
à une surface active élevée tout en ayant des rainures 60 à volume important.
[0089] Lorsque la garniture selon l'invention présente des rainures, il peut être envisagé
pour ces rainures une profondeur variable. Cette dernière peut, par exemple, être
faible au niveau d'une extrémité (par exemple, la périphérie pour une garniture annulaire),
et s'accroître, de préférence régulièrement, pour devenir importante au niveau de
l'autre extrémité (le centre, pour une garniture annulaire), ou vice-versa. Le choix
entre une augmentation de la profondeur vers l'une des extrémités, ou une augmentation
vers l'autre des extrémités, dépendra alors des caractéristiques de fonctionnement
du raffineur, notamment, du sens imposé à la circulation de la pâte dans le raffineur.
[0090] Il peut se révéler avantageux de pratiquer ou prévoir, dans le revêtement et sur
sa surface extérieure, des entailles de profondeur peu importante par rapport à l'épaisseur
du revêtement, de facon à créer des arêtes et donner ainsi un caractère abrasif ou
augmenter le caractère abrasif du revêtement.
[0091] Les figures 22 et 23 représentent des garnitures selon l'invention destinées à être
mises en oeuvre respectivement sur le rotor et sur le stator d'un raffineur conique.
Lors du fonctionnement de ce dernier, la matière brute est fibrillée entre les revêtements
61 et 62 des garnitures qui sont pressées l'une contre l'autre.
[0092] La garniture selon l'invention et ses variantes sont destinées à être fixées, de
façon connue, sur le bloc rotor ou sur le bloc stator d'un raffineur. C'est pourquoi
elles peuvent comporter un ou plusieurs trous (non représentés), traversant l'âme
et éventuellement le revêtement en reliant la face de travail à la face de fixation,
et destinés au passage de vis de fixation sur le bloc rotor ou le bloc stator du raffineur.
Préparation des garnitures selon l'invention:
[0093] Les garnitures selon l'invention peuvent avantageusement être préparées à partir
d'une âme en un matériau rigide que l'on recouvre au moins partiellement à l'aide
d'un revêtement résistant à l'usure, d'une manière telle qu'au moins la surface active
de la garniture soit constituée par tout ou partie de la surface extérieure dudit
revêtement.
[0094] Le recouvrement est effectué selon tout procédé permettant de déposer un revêtement
dur sur un substrat, comme, par exemple, le procédé appelé "laser-cladding", le procédé
de dépose plasma par projection thermique, le procédé de dépose par plasma à induction,
ou le procédé de dépose plasma C.V.D.(Chemical Vapor Deposition). L'âme est préférentiellement
munie de rainures qui peuvent être pratiquées par usinage dans une âme plane, ou bien
prévues lors du moulage de l'âme, dans le cas notamment où il s'avère plus économique
de fabriquer cette dernière par moulage.
[0095] L'âme peut avantageusement être un disque ou un segment de disque de raffinage du
commerce, ou un cône, un tronc de cône ou un segment de cône ou de tronc de cône de
raffinage du commerce. On applique alors préférablement le revêtement de matériau
résistant à l'usure de manière à ce que toutes les formes du disque, segment de disque,
cône, tronc de cône ou segment de cône ou de tronc de cône du commerce soient conservées.
[0096] Il va de soi que le revêtement peut recouvrir complètement l'âme, c'est-à-dire aussi
bien sa face de travail que sa face de fixation ou ses faces latérales.
[0097] On dispose ainsi d'une garniture selon l'invention qui conduit à un meilleur raffinage
que le disque, segment de disque, cône, tronc de cône ou segment de cône ou de tronc
de cône du commerce. La garniture selon l'invention ainsi obtenue a également une
meilleure résistance à l'usure que le disque, segment de disque, cône, tronc de cône
ou segment de cône ou de tronc de cône du commerce. De plus, elle peut être régénérée
une fois usée.
[0098] Par ailleurs, lorsque le revêtement est présent dans les rainures (première, troisième,
quatrième, sixième et huitième variantes), et si ce revêtement est abrasif, on augmente
le caractère turbulent de l'écoulement, ce qui se traduit par un meilleur maintien
du film de pâte entre le rotor et le stator du raffineur, à un meilleur raffinage
et à une meilleure conduite de l'ensemble de l'opération de raffinage.
[0099] Il est préférable de munir l'âme du revêtement en matériau résistant à l'usure en
mettant en oeuvre le procédé dit de dépose plasma. En effet, on obtient ainsi, lorsque
l'âme comporte des rainures, un revêtement continu et d'épaisseur uniforme et épousant
bien toutes les formes de la face de travail. De plus, comme les grains formant le
matériau de départ ont au moins partiellement fondu lors du passage dans la flamme,
le revêtement obtenu se présente sous une forme continue, uniforme et de densité relativement
élevée.
[0100] On évite ainsi également l'usinage difficile et coûteux de saillies dans le matériau
résistant à l'usure.
[0101] Par ailleurs, la demanderesse a constaté, lors de ses essais, que malgré les forces
importantes intervenant lors du raffinage, le revêtement déposé par le procédé plasma
n'était pas arraché.
[0102] En outre, le procédé de dépose plasma se révèle particulièrement avantageux pour
réaliser un revêtement composé d'une superposition ou empilement de couches minces
ou lamelles. En effet, ce procédé permet d'effectuer le dépôt du revêtement en plusieurs
passages, en déposant à chaque fois une quantité très faible du matériau résistant
à l'usure, de façon à obtenir un revêtement constitué d'une superposition de couches
minces ou lamelles. Un tel revêment s'use alors de façon uniforme et présente une
surface ayant le maximum de planéité tout au long de son usure.
[0103] L'épaisseur des lamelles peut ainsi être comprise entre à 0,003 et 0,100 mm. Elle
est de préférence comprise entre 0,005 et 0,025 mm.
[0104] Un autre avantage de la mise en oeuvre du procédé de dépose plasma est qu'on peut
utiliser comme revêtement un matériau sophistiqué et cher, car ce procédé permet de
déposer des couches minces de matériau, donc une faible quantité de matériau, ce qui
n'entraîne pas une augmentation importante du coût de revient de la garniture.
[0105] Un autre avantage encore du procédé de dépose plasma est que le dépôt de revêtement
peut être effectué de manière précise. Ce procédé se prête donc bien à la réalisation
de garnitures selon l'invention telles que, par exemple, celles correspondant à la
deuxième, quatrième, cinquième, sixième, septième ou à la huitième variante.
[0106] Le matériau de départ pour la mise en oeuvre du procédé plasma présente généralement
une granulométrie comprise entre environ 10 et environ 80 microns (µm) et de préférence
entre environ 30 et environ 40 microns (µm).
[0107] Les obstacles représentés sur les figures 16, 17 et 18 peuvent être disposés par
le procédé plasma.
[0108] Pour obtenir une garniture dont la face de travail comporte des lames et des rainures
et dont seuls les sommets des lames soient recouverts de revêtement, il est possible
d'obstruer les rainures à l'aide de caches, de déposer le revêtement sur lesdits sommets
puis de retirer les caches. Les parois des rainures sont alors dépourvues de revêtement.
Utilisation des garnitures selon l'invention:
[0109] La garniture selon l'invention est fixée de façon connue, par exemple au moyen de
vis, sur le bloc rotor ou le bloc stator du raffineur.
[0110] La demanderesse s'est apercue que la mise en oeuvre des garnitures selon l'invention
permet de garder un entrefer constant lors du raffinage même quand la puissance de
raffinage est très élevée, ce qui a pour avantage de conduire à une stabilité des
conditions de raffinage et à un maintien de la qualité de la pâte raffinée dans le
temps.
[0111] De plus, la pâte raffinée est d'une blancheur supérieure à celle obtenue avec les
garnitures selon l'état de la technique.
[0112] La garniture selon l'invention peut être fixée sur le bloc rotor ou sur le bloc stator
du raffineur. De préférence, elle recouvre toute la face de travail du bloc rotor
ou du bloc stator. Ainsi, toute la surface active du bloc présente un revêtement de
matériau résistant à l'usure.
[0113] Bien entendu, il est possible de disposer plusieurs garnitures de dimensions égales
ou différentes sur le bloc rotor ou sur le bloc stator, notamment, si l'on souhaite
recouvrir toute la face de travail du rotor ou stator et que les dimensions d'une
seule garniture sont insuffisantes pour lui permettre d'occuper à elle seule toute
la face de travail du bloc rotor ou du bloc stator.
[0114] Il est préférable de munir à la fois le rotor et le stator du raffineur d'une ou
plusieurs garnitures selon l'invention. Il est encore davantage préférable de recouvrir
toute la face de travail du bloc rotor et toute la face de travail du bloc stator
d'une ou plusieurs garnitures selon l'invention, de façon à ce que toute la surface
active du raffineur soit constituée du matériau résistant à l'usure. On obtient alors
un écoulement de la pâte à raffiner ayant une turbulence maximale et un raffinage
optimal.
[0115] Les garnitures selon l'invention peuvent être mises en oeuvre en vue du défibrage
et/ou du raffinage de tout matériau composé de fibres, telles que les pâtes, et en
particulier, les pâtes à papier dont la concentration en matières sèches est inférieure
à 60% et de préférence inférieure à 25%. Elles se révèlent particulièrement performantes
lorsque la pâte à papier à raffiner est une suspension aqueuse dont la concentration
est comprise entre 3 et 8%.
[0116] Les garnitures selon l'invention permettent d'obtenir de meilleurs résultats, en
ce qui concerne la coupe des fibres (moins de phénomènes de coupe), que les garnitures
de l'état de la technique. Il est donc avantageux de les mettre en oeuvre dans l'industrie
du recyclage du papier. En effet du fait qu'elles peuvent être utilisées pour raffiner
des vieux papiers, c'est-à-dire améliorer leur qualité, elles rendent possible une
diminution de la teneur en fibres longues (neuves) du papier recyclé. De plus, elles
améliorent la dispersion des "stickies", les impuretés du papier, ce qui permet d'obtenir
un papier comportant moins de tâches foncées. On obtient donc, grâce aux garnitures
selon l'invention, un abaissement du coût du recyclage.
[0117] En outre, les garnitures selon l'invention peuvent être utilisées pour réaliser sur
des raffineurs à disque des opérations de raffinage qui n'étaient jusqu'à présent
pratiquement possibles que sur des raffineurs coniques, plus particulièrement sur
des raffineurs coniques à grand angle. De telles opérations de raffinage sont celles
nécessaires pour la préparation de papier spéciaux tels que les papiers pour cigarettes,
les papiers calques, etc..., c'est-à-dire des papiers obtenus à partir de pâtes à
degré Shopper-Riegler élevé (supérieur à 60 degrés).
[0118] Par ailleurs, les garnitures selon l'invention peuvent en outre être employées pour
le défibrage de toute matière cellulosique, telle que les déchets de bois, de plantes
dites "annuelles" (bagasse, sorgho, alfa, ...).
Essais comparatifs
[0119] Le raffinage d'une pâte à papier a été réalisé dans les mêmes conditions, avec 4
disques métalliques selon l'état de la technique et avec 4 garnitures selon l'invention.
Les disques selon l'état de la technique étaient des couronnes de 40,64 cm (16 pouces)
de diamètre commercialisées par la société Black-Clawson, constitués de fonte dite
"Ni-hard" ayant 10 secteurs, des dessus de lames d'une largeur d'environ 5,5 mm, et
des rainures parallèles entre elles à l'intérieur de chaque secteur, inclinées de
20° environ par rapport au rayon, de section transversale rectangulaire, d'environ
5,0 mm de largeur et d'environ 6,0 mm de profondeur. Les garnitures selon l'invention
étaient des garnitures préparées par le procédé de dépose par projection plasma, en
recouvrant d'une épaisseur uniforme ou à peu près uniforme d'environ 500µ (microns)
d'alumine/oxyde de titane 97/3 (Al
2O
3 97%-TiO
2 3%) toute la face de travail de couronnes identiques à celles décrites précédemment.
Le revêtement était constitué d'une superposition de 25 couches minces de 20 µ d'épaisseur
chacune. La porosité était du type ouverte et égale à 20% (mesurée selon le test de
pénétration par l'alcool).
[0120] Le raffineur utilisé était le raffineur Twin Midjet commercialisé par la société
Black-Clawson, comportant 4 disques support et travaillant en duo-flow, c'est-à-dire
que les 4 disques support sont disposés parallèlement les uns aux autres et une partie
(la moitié théoriquement) de la matière brute est raffinée entre 2 disques de raffinage
d'un premier jeu et l'autre partie entre 2 disques de raffinage d'un second jeu. L'introduction
de la matière brute se faisait au centre des disques de raffinage. La pâte raffinée
ressortait par la périphérie des disques.
[0121] Le raffineur était équipé d'un moteur d'une puissance de 140 kW.
[0122] Le débit nominal de circulation de la pâte était de 30 à 40 m
3/h, le débit maximal étant de 60 m
3/h.
[0123] La matière brute présentait une concentration de 3% et était constituée de pâte à
papier dite chimique de résineux de provenance scandinave. La figure 24 représente
la courbe de longueur pondérée des fibres et des éléments composant la matière brute.
La longueur moyenne des fibres mesurée par un capteur optique était de 2,49 mm. Le
pourcentage massique des fibres en fonction de leur longueur est indiqué au dessus
de la courbe.
[0124] La supériorité des garnitures selon l'invention est évaluée au travers des mesures
effectuées sur des formettes de papier préparées à partir de pâte raffinée. Les résultats
de ces mesures sont regroupés dans les tableaux A, B, C, et D suivants dans lesquels
:
- 'E.T.' désigne les formettes obtenues à partir de pâte raffinée dans un raffineur
muni de 4 disques du commerce,
- 'INV.' désigne les formettes obtenues à partir de pâte raffinée dans un raffineur
muni de 4 garnitures selon l'invention.
[0125] Les mesures ont été efectuées suivant les normes françaises indiquées dans les tableaux,
en atmosphère conditionnée à 65 %HR et à 20°C.
[0126] LR
0 est la longueur de rupture calculée à partir de la force de rupture à machoires jointives
alors que LR est la longueur de rupture selon la norme AFNOR Q03004.
[0127] La colonne '°SR' indique le degré Schopper-Riegler de la pâte raffinée.
TABLEAU A
| Temps de raffinage (mn) |
Grammage (g/m2) NFQ03-019 |
Epaisseur (µm) NFQ03-016 |
°SR NFQ50-003 |
| |
E.T. |
INV. |
E.T. |
INV. |
E.T. |
INV. |
| 0 |
67,4 |
67,4 |
121 |
121 |
15 |
15 |
| 5 |
64 |
72,6 |
105 |
126 |
23 |
22 |
| 10 |
63,5 |
74 |
99 |
119 |
39 |
35 |
| 15 |
64 |
73,6 |
95 |
108 |
52 |
54 |
| 20 |
66 |
74 |
92 |
101 |
66 |
71 |
| 25 |
|
72 |
|
90,4 |
|
79 |
TABLEAU B
| Temps de raffinage (mn) |
Blancheur (%) NFQ03-038 |
Opacité corrigée (en % à 70g/m2) NFQ03406 |
| |
E.T. |
INV. |
E.T. |
INV. |
| 0 |
83,8 |
83,8 |
76,3 |
76,3 |
| 5 |
81,1 |
82,1 |
75,9 |
75 |
| 10 |
79,4 |
81,7 |
75,8 |
75,3 |
| 15 |
77,3 |
81 |
76,1 |
71,7 |
| 20 |
74,6 |
80 |
75,6 |
69,7 |
| 25 |
|
78,4 |
|
66.7 |
TABLEAU C
| Temps de raffinage (mn) |
Id 100 (mN.m2/g) NFQ03-011 |
I éclatement (kPa.m2/g) NFQ03-053 |
LR (m) NFQ03-004 |
Allongement à la rupture (%) |
| |
E.T. |
INV. |
E.T. |
INV. |
E.T. |
INV. |
E.T. |
INV. |
| 0 |
1151 |
1151 |
2,59 |
2,59 |
3549 |
3549 |
3,05 |
3,05 |
| 5 |
1131 |
1368 |
3,51 |
3,85 |
4923 |
5397 |
3,715 |
3,3 |
| 10 |
1046 |
1438 |
3,97 |
4,71 |
5638 |
6669 |
3,99 |
3,69 |
| 15 |
875 |
1210 |
4,09 |
5,43 |
6202 |
7662 |
3,97 |
3,74 |
| 20 |
830 |
962 |
4,33 |
5,35 |
6830 |
7873 |
4,2 |
3,79 |
| 25 |
|
853 |
|
5,65 |
|
8796 |
|
3,72 |
TABLEAU D
| Temps de raffinage (mn) |
Perméabilité [cm3/(m2.Pa s)] NFQ03-061 |
LR0 sec (m) NFQ03-056 |
LR0 hum. (m) NFQ03-056 |
| |
E.T. |
INV. |
E.T. |
INV. |
E.T. |
INV. |
| 0 |
82,4 |
82,4 |
11171 |
11171 |
10480 |
10480 |
| 5 |
29,5 |
21,5 |
11767 |
11485 |
10418 |
9547 |
| 10 |
14,7 |
5 |
11800 |
11966 |
9369 |
9754 |
| 15 |
4,16 |
1,26 |
11988 |
11755 |
9189 |
9547 |
| 20 |
2 |
0,25 |
11190 |
12040 |
8090 |
8554 |
| 25 |
|
0,07 |
|
11560 |
|
8164 |
[0128] Il apparaît donc d'après les résultats de ces tableaux que l'hydratation et la fibrillation
de la pâte s'effectuent sans qu'on observe un phénomène notable de coupe des fibres.
[0129] La figure 25 représente la courbe de longueur pondérée des fibres et des éléments
composant la pâte après raffinage pendant 20 minutes avec les disques selon l'état
de la technique, et avec une puissance utile de 40 kW. La longueur moyenne des fibres
était de 1,55 mm.
[0130] La figure 26 représente la courbe de longueur pondérée des fibres et des éléments
composant la pâte après raffinage pendant 20 minutes avec les garnitures selon l'invention,
également avec une puissance de 40 kW. La longueur moyenne des fibres était de 2,66
mm.
[0131] La figure 27 représente la courbe de longueur pondérée des fibres et des éléments
composant la pâte après raffinage pendant 25 minutes avec les garnitures selon l'invention,
avec une puissance de 60 kW. La longueur moyenne des fibres était de 2,18 mm.
[0132] Ces courbes montrent clairement que les garnitures selon l'invention permettent d'obtenir
une réduction du phénomène de coupe des fibres et une diminution de la production
de fines.
[0133] Des tests mécaniques effectués de manière comparative sur des formettes de papier
fabriquées à partir de pâte raffinée font apparaître que la longueur de rupture et
l'indice d'éclatement du papier obtenu avec les garnitures selon l'invention sont
en moyenne d'environ 15 à 20% supérieurs à ceux du papier obtenu avec les disques
de l'état de la technique. Une supériorité d'environ 30% a même été obtenue lorsque
la puissance utile appliquée a été de 60 kW. A cet égard, il convient de noter que
lors de la mise en oeuvre de disques selon l'état de la technique, il est impossible
d'appliquer une puissance utile aussi élevée dans les conditions spécifiques de fonctionnement
de l'installation utilisée pour tester les garnitures selon l'invention.
[0134] De façon étonnante, on s'est aperçu également que l'indice de déchirement croît au
début du raffinage avec les garnitures selon l'invention alors que en règle générale
l'indice de déchirement des formettes décroît dès le début de l'opération de raffinage
avec des disques selon l'état de la technique.
[0135] D'autres essais menés par la demanderesse sur des installations industrielles, ont
permis d'observer lors de l'utilisation des garnitures selon l'invention, une réduction
de 10 à 15% de la puissance à vide du raffineur par rapport à la puissance nécessaire
avec les garnitures en fonte de l'état de la technique. Par puissance à vide, on entend
ici la puissance mécanique et hydraulique utilisée pour faire circuler la pâte à travers
le raffineur.
[0136] En outre, la demanderesse a constaté avec satisfaction que le raffineur lorsqu'il
était muni des garnitures selon l'invention, était beaucoup moins bruyant que lorsqu'il
comportait les garnitures en fonte de l'état de la technique.
1. Garniture pour raffineur comportant une face de fixation (16) sur le raffineur et
une face de travail (17,22), et comprenant au moins une âme (15,28,33,50,51) en un
matériau rigide, recouverte par un revêtement (19,20,25) en un matériau résistant
à l'usure d'une manière telle qu'au moins la surface active (18) de la garniture soit
constituée par tout ou partie de la surface extérieure dudit revêtement (19,20,25),
caractérisée en ce que ledit revêtement (19,20,25) est poreux et est constitué d'une
superposition de couches minces ou lamelles (21).
2. Garniture selon la revendication 1, caractérisée en ce que l'épaisseur desdites couches
minces ou lamelles (21) est comprise entre 0,003 et 0,100 mm et de préférence entre
0,005 et 0,025 mm.
3. Garniture selon la revendication 1 ou 2, caractérisée en ce que le rapport du volume
total des pores sur le volume total du revêtement est compris entre 2 % et 50 %.
4. Garniture selon la revendication 3, caractérisée en que le rapport du volume total
des pores sur le volume total du revêtement est compris entre 10 % et 30 %.
5. Garniture selon la revendication 1, 3 ou 4, caractérisée en ce que la porosité dudit
revêtement (19,20,25) croît de l'âme (15,28,33,50,51) vers ladite surface active (18).
6. Garniture selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisée en ce
que ladite face de travail (17,22) est munie d'au moins une rainure (23,40,46) destinée
à faciliter l'écoulement de la pâte à raffiner.
7. Garniture selon la revendication 6, caractérisée en ce que ladite ou lesdites rainures
(23,40,46) sont présentes dans ladite âme (15,28,33,50,51).
8. Garniture selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisée en ce
que ledit revêtement (19,20,25) recouvre toute ladite face de travail (17,22).
9. Garniture selon l'une quelconque des revendications 6 à 8, caractérisée en ce qu'au
moins un obstacle (39,45,55) destiné à perturber le passage de la pâte, est disposé
dans au moins une desdites rainures (23,40,46).
10. Garniture selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisée en ce
que ledit matériau rigide est choisi dans le groupe constitué par les métaux, les
alliages métalliques, la fonte, et les matériaux plastiques.
11. Garniture selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisée en ce
que ledit matériau résistant à l'usure est choisi dans le groupe constitué par les
métaux purs, les alliages métalliques, les pseudo-alliages, les cermets, les céramiques,
les minéraux et leurs mélanges.
12. Garniture selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisée en ce
que l'épaisseur du revêtement est comprise entre 0,1 et 2 mm, de préférence entre
0,5 et 0,8 mm.
13. Raffineur à disques ou conique, caractérisé en ce qu'il est muni d'au moins une garniture
selon l'une quelconque des revendications 1 à 12.
14. Procédé de préparation d'une garniture selon l'une quelconque des revendications 1
à 12, dans lequel on recouvre au moins partiellement une âme (15,28,33,50,51) en un
matériau rigide à l'aide d'un revêtement poreux (19,20,25) résistant à l'usure, d'une
manière telle qu'au moins la surface active (18) de la garniture soit constituée par
tout ou partie de la surface extérieure dudit revêtement (19,20,25), le dépôt du revêtement
(19,20,25) étant effectué en plusieurs passages, de façon à obtenir un revêtement
(19,20,25) constitué d'une superposition de couches minces ou lamelles (22).
15. Procédé selon la revendication 14, caractérisé en ce que le revêtement (19,20,25)
est appliqué par un procédé de dépose par projection plasma.
16. Procédé de raffinage de pâte, caractérisé en ce qu'on met en oeuvre, lors du raffinage
de la pâte, au moins une garniture selon l'une des revendications 1 à 12.
17. Procédé selon la revendication 16, dans lequel la pâte à raffiner est une pâte à papier.
18. Utilisation d'une garniture selon l'une quelconque des revendications 1 à 12 pour
le défibrage des matières cellulosiques.
1. Mahlgarnitur für Raffineure bestehend aus einer Seite zur Befestigung (16) auf dem
Raffineur und einer Seite zur Bearbeitung (17,22), die über mindestens einen Kern
(15,28,33,50,51) aus steifem Material verfügen, der mit einer Beschichtung (19,20,25)
aus einem verschleißfestem Werkstoff versehen ist, so daß zumindest die aktive Fläche
(18) der Mahlgarnitur ganz oder teilweise aus der äußeren Oberfläche der besagten
Beschichtung besteht (19,20,25), dadurch gekennzeichnet, daß besagte Beschichtung (19,20,25) porös ist und aus übereinandergelagerten dünnen
Lagen oder Lamellen (21) besteht.
2. Mahlgarnitur gemäß Patentanspruch 1, dadurch gekennzeichnet, daß die Dicke besagter
dünner Lagen oder Lamellen (21) 0,003 bis 0,100 mm und vorzugsweise 0,005 bis 0,025
mm beträgt.
3. Mahlgarnitur gemäß Patentanspruch 1 oder 2, dadurch gekennzeichnet, daß das Verhältnis
des Gesamtvolumens der Poren zu dem Gesamtvolumen der Beschichtung zwischen 2% und
50% beträgt.
4. Mahlgarnitur gemäß Patentanspruch 3, dadurch gekennzeichnet, daß das Verhältnis des
Gesamtvolumens der Poren zu dem Gesamtvolumen der Beschichtung zwischen 10% und 30%
beträgt.
5. Mahlgarnitur gemäß Patentanspruch 1, 3 oder 4, dadurch gekennzeichnet, daß die Porosität
der besagten Beschichtung (19,20,25) vom Kern (15,28,33,50,51) aus nach der aktiven
Fläche (18) hin ansteigt.
6. Mahlgarnitur gemäß einem beliebigen der oben erwähnten Patentansprüche, dadurch gekennzeichnet,
daß besagte der Bearbeitung dienende Fläche (17,22) mindestens eine Rinne (23,40,46)
aufweist, deren Zweck es ist, den Fluß der zu feinenden Masse zu fördern.
7. Mahlgarnitur gemäß Patentanspruch 6, dadurch gekennzeichnet, daß besagte Rinne oder
Rinnen (23,40,46) in besagtem Kern (15,28,33,50,51) vorhanden ist bzw. sind.
8. Mahlgarnitur gemäß einem beliebigen der oben erwähnten Patentansprüche, dadurch gekennzeichnet,
daß besagte Beschichtung (19,20,25) die besagte der Bearbeitung dienende Fläche (17,22)
vollständig bedeckt.
9. Mahlgarnitur gemäß einem beliebigen der Patentansprüche von 6 bis 8, dadurch gekennzeichnet,
daß mindestens ein Hindernis (39,45,55), das dazu dient, den Massenfluß zu behindern,
in mindestens einer der besagten Rinnen (23,40,46) vorgesehen ist
10. Mahlgarnitur gemäß einem beliebigen der oben genannten Patenantsprüche, dadurch gekennzeichnet,
daß besagter steifer Werkstoff aus der Werkstoffgruppe Metalle, Metalllegierungen,
Gußeisen und Kunststoffe ausgewählt wurde.
11. Mahlgarnitur gemäß einem beliebigen der oben genannten Patentansprüche, dadurch gekennzeichnet,
daß besagter verschleißfester Werkstoff aus der Werkstoffgruppe reine Metalle, Metalllegierungen,
Pseudo-Legierungen, Keramik-Metall-Verbundwerkstoffe, Keramik, Erze und ihrer Gemische
gewählt wird.
12. Mahlgarnitur gemäß einem beliebigen der oben genannten Patentansprüche, dadurch gekennzeichnet,
daß die Beschichtung eine Dicke von 0,1 bis 0,2 mm, vorzugsweise von 0,5 bis 0,8 mm,
aufweist.
13. Scheiben- oder Kegelraffineur, dadurch gekennzeichnet, daß er mit mindestens einer
Mahlgarnitur gemäß einer der Patentansprüche 1 bis 12 versehen ist.
14. Verfahren für die Herstellung einer Mahlgarnitur gemäß einem beliebigen Patentanspruch
von 1 bis 12, wobei ein Kern (15,28,33,50,51) aus steifem Material zumindest teilweise
mit einer porösen verschleißfesten Beschichtung (19,20,25) überzogen ist, so daß zumindest
die aktive Fläche (18) ganz oder teilweise die äußere Oberfläche besagter Beschichtung
(19,20,25) aufweist, wobei die Beschichtung (19, 20, 25) in mehreren Durchgängen aufgebracht
wird, so daß man eine Beschichtung (19, 20, 25) aus aufeinanderliegenden dünnen Lagen
oder Lamellen (22) erhält.
15. Verfahren gemäß Patentanspruch 14, dadurch gekennzeichnet, daß die Beschichtung (19,20,25)
mittels Plasmaspritzverfahren aufgetragen wird.
16. Verfahren zur Feinung von Breien, dadurch gekennzeichnet, daß beim Feinmahlen des
Breis mindestens eine Mahlgarnitur nach einem der Patentansprüche 1 bis 12 verwendet
wird.
17. Verfahren gemäß Patentanspruch 16, bei dem der zu feinende Brei Papiermasse ist.
18. Verwendung einer Mahlgarnitur gemäß einem beliebigen Patentanspruch von 1 bis 12 für
Zerfaserung von Substanzen aus Zellulose.
1. A pulp refiner filling, comprising a face (16) for securing to [the] a refiner and
a working face (17, 22) comprising an active surface and including at least one core
(15, 28, 33, 50, 51) made of a rigid material covered by a coating made of a wear-resistant
material in such a way that at least the active surface (18) of the filling is comprised
of all or a portion of the external surface of the said coating (19, 20, 25), characterized
in that the said coating (19, 20, 25) is porous and is comprised of an overlay of
thin layers or lamellae (21).
2. Filling according to Claim 1, characterized in that the thickness of the said thin
layers or lamellae (21) is between 0.003 and 0.100 mm and preferably between 0.005
and 0.025 mm.
3. Filling according to either of the preceding claims, characterized in that the ratio-total
volume of the pore/total volume of the coating-is between 2% and 50%.
4. Filling according to claim 3, characterized in that the ratio-total volume of the
pore /total volume of the coating-is between 10% and 30%.
5. Filling according to Claim 1,3 or 4, characterized in that the porosity of the said
coating (19, 20, 25) increases from the core (15, 28, 33, 50, 51) towards the said
active surface (18).
6. Filling according to any one of the preceding claims, characterized in that the said
working face (17, 22) is provided with at least one groove (23, 40, 46) intended to
facilitate the flow of the pulp to be refined.
7. Filling according to Claim 6, characterized in that the said groove or grooves (23,
40, 46) are present in the said core (15, 28, 33, 50, 51).
8. Filling according to any one of the preceding claims, characterized in that the said
coating (19, 20, 25) covers the whole said working face (17, 22).
9. Filling according to claims 6 to 8 characterized in that at least one obstacle (39,
45, 55) intended to perturb the flow of the pulp is placed in at least one of the
said grooves (23, 40, 46).
10. Filling according to any one of the preceding claims, characterized in that the said
rigid material is chosen from the group consisting of metals, metal alloys, cast iron
and plastics.
11. filling according to any one of the preceding claims, characterized in that the said
wear-resistant material is chosen from the group consisting of pure metals, metal
alloys, pseudoalloys, cermets, ceramics, minerals and mixtures thereof.
12. Filling according to any one of the preceding claims, characterized in that the thickness
of the coating is between 0.1 and 2 mm, preferably between 0.5 and 0.8 mm.
13. Disc or conical refiner characterized in that it is fitted with at least one Filling
according to any one of Claims 1 to 12.
14. Process for the preparation of a Filling according to any one of Claims 1 to 12, comprising
a core (15, 28, 33, 50, 51) made of a rigid material at least partially covered with
the aid of a porous wear-resistant coating (19, 20, 25) in such a way that at least
the active surface (18) of the Filling consists of all or a portion of the external
surface of the said coating (19, 20, 25), which is performed in a number of runs so
as to obtain a coating (19,20,25) consisting of an overlay of thin layers or lamellae
(21).
15. Process according to Claim 14, characterized in that the coating (19, 20, 25) is applied
by a plasma spraying deposition process.
16. Process for refining pulp, characterized in that at least one Filling according to
one of Claims 1 to 12 is used during the refining of the pulp.
17. Process according to Claims 16, in which the pulp to be refined is a paper pulp.
18. Use of a Filling according to any one of Claims 1 to 12 for defibring cellulosic matter.