[0001] L'invention concerne les échangeurs de chaleur, notamment pour véhicule automobile,
et plus particulièrement ceux en aluminium brasé ou soudé, du type comprenant une
boîte à fluide munie d'un talon périphérique, assemblée par sertissage, avec interposition
d'un joint d'étanchéité, sur une plaque collectrice munie d'un bord périphérique.
[0002] Dans certains échangeurs de chaleur connus, de forme générale rectangulaire, le bord
périphérique délimite une gorge périphérique de forme générale en U destinée à recevoir
au moins partiellement le talon périphérique et le joint d'étanchéité, et ce bord
périphérique présente en une partie terminale une modulation de longueur en créneau
formant pattes de sertissage destinées à s'appuyer sur une face supérieure du talon
périphérique pour l'immobiliser relativement à la plaque collectrice.
[0003] De telles pattes de sertissage s'étendent notamment sur les côtés longitudinaux (longueur)
de l'échangeur.
[0004] Dans ce type d'échangeur, pour des raisons de résistance aux contraintes mécanique
et de pression, le talon périphérique de la boîte à fluide est beaucoup plus épais
que ne l'est la paroi qui délimite ladite boîte.
[0005] Or, plus le talon est épais, plus la gorge périphérique doit être profonde, et donc,
plus la distance qui sépare le fond de la gorge des pattes de sertissage est grande.
Cela a pour conséquence de créer un fort effet de levier qui favorise le fléchissement
du bord périphérique et des pattes de sertissage sous l'effet de pressions élevées,
et ne permet pas une pression constante desdites pattes de sertissage sur la surface
d'appui du talon périphérique de la boîte à fluide.
[0006] Cela peut provoquer des fuites locales au niveau du joint d'étanchéité, et parfois,
une désolidarisation de la plaque collectrice, par fléchissement de ses bords, et
donc une perte de compression du joint d'étanchéité qui entraîne une fuite plus importante
encore.
[0007] Ces effets sont d'autant plus marqués dans les échangeurs actuels qui comprennent
une plaque collectrice et des tubes réalisés en aluminium ou dans un alliage d'aluminium
et de manganèse (principalement pour des raisons de ductilité, de coût et de poids),
car ce type d'alliage ne possède pas de bonnes caractéristiques mécaniques.
[0008] Toutes les solutions proposées par l'homme de l'art pour tenter de résoudre ce problème
nécessitent l'utilisation de pièces métalliques de renforcement souvent compliquées
à réaliser. En conséquence, il n'existe pas actuellement de solution qui permette
de résoudre le problème énoncé ci-avant simplement et à moindre coût de fabrication.
[0009] Un but de l'invention est donc de procurer un échangeur de chaleur qui ne présente
pas tout ou partie des inconvénients des échangeurs de la technique antérieure.
[0010] L'invention propose à cet effet un échangeur de chaleur du type décrit en introduction,
dans lequel le talon périphérique présente au niveau de sa face supérieure une modulation
d'épaisseur formant une alternance de zones épaisses et de zones minces, chaque zone
épaisse étant agencée pour s'insérer entre deux pattes de sertissage voisines après
repliement de celles-ci. Ainsi, les pattes de sertissage s'appuient sur les zones
minces de la face supérieure en regard desquelles elles se trouvent.
[0011] Selon une autre caractéristique de l'invention, la distance entre deux zones épaisses
voisines étant au moins égale, par valeur supérieure, à la somme de l'extension longitudinale
d'une patte de sertissage et d'un multiple, positif ou nul, de l'extension longitudinale
d'une patte de sertissage et de l'espace séparant deux pattes de sertissage voisines.
[0012] Dans un mode de réalisation préféré de l'invention, la distance entre deux zones
épaisses voisines est égale, par valeur supérieure, à l'extension longitudinale d'une
patte de sertissage, et l'extension longitudinale d'une zone épaisse est égale, par
valeur inférieure, à l'extension longitudinale d'une patte de sertissage.
[0013] Dans la description qui suit, faite à titre d'exemple, on se réfère aux dessins annexés,
sur lesquels :
- les figures 1A et 1B illustrent, en vue de trois-quart, une partie supérieure ou inférieure
d'un échangeur de chaleur selon l'invention, dans un mode de réalisation préféré,
respectivement avant et après assemblage; et
- la figure 2 est une coupe transversale selon l'axe II-II de l'échangeur illustré sur
la figure 1B.
[0014] Sur la figure 1A sont illustrées une partie d'une boîte à fluide 1, généralement
en matière plastique rigide moulée, et une partie correspondante d'une plaque collectrice
métallique 2, par exemple, d'une partie supérieure d'un échangeur de chaleur.
[0015] On considère dans la suite de la description que le fluide qui circule dans l'échangeur
est de l'eau. Par conséquent, on appellera la boîte à fluide : boîte à eau. Mais,
il est clair que l'invention s'applique également aux échangeurs fonctionnant par
exemple avec de l'huile ou avec un gaz.
[0016] La boîte à eau 1 comprend une paroi 3 conformée destinée à recevoir l'eau et comprenant
sur sa périphérie un talon périphérique 4 formant bourrelet, comportant une face supérieure
d'appui 5, une face interne 6, une face externe 7 et une face inférieure 8.
[0017] Dans toute la description, les références à l'orientation des éléments sont données
relativement à la figure 1. Il est clair que le retournement de la boîte à eau des
figures 1 et 2 placerait un élément qualifié d'inférieur dans une position qualifiée
de supérieure.
[0018] La plaque collectrice 2 comprend une partie centrale 9 munie d'ouvertures 10 autorisant
le passage d'extrémités de tubes 11 (voir figure 2), et sur toute la périphérie de
cette partie centrale, un bord périphérique 12 conformé, par pliage, avant assemblage
de l'échangeur.
[0019] Les tubes 3 forment un faisceau de tubes et sont généralement réalisés en aluminium,
ou dans un alliage assez ductile comprenant de l'aluminium. La plaque collectrice
est réalisée de préférence dans un alliage d'aluminium et de manganèse appartenant
a la série dite "3000".
[0020] Le bord périphérique 12 délimite une face interne 13, un fond 14 et une face externe
15 d'une gorge périphérique 16 de forme générale en U agencée pour loger le talon
périphérique 4 avec interposition d'un joint d'étanchéité 17 réalisé dans un matériau
déformable et étanche à l'eau, par exemple en élastomère.
[0021] La face externe 15 du bord périphérique présente en une partie terminale une modulation
de longueur en créneau formant pattes de sertissage 19. Préférentiellement, les pattes
de sertissage sont espacées régulièrement les unes des autres d'une distance (longitudinale)
D, chaque patte présentant par ailleurs une extension longitudinale L1.
[0022] Ces pattes de sertissage, qui sont prédécoupées, sont destinées à s'appuyer sur la
face supérieure d'appui 5 du talon périphérique 4 pour l'immobiliser relativement
à la plaque collectrice 2 avec interposition du joint d'étanchéité 17. Ce dernier
se trouve ainsi disposé dans la gorge périphérique 16 entre la face externe 15 et
le fond 14 du bord périphérique 12, et la face inférieure 8 du talon périphérique
4.
[0023] Bien entendu, ce joint peut prendre d'autres formes et par conséquent, il peut être
en contact avec d'autres faces.
[0024] Le talon périphérique 4 de la boîte à eau, qui est préférentiellement réalisée par
moulage d'une matière plastique renforcée, présente au niveau de sa face supérieure
5 une modulation d'épaisseur formant une alternance de zone épaisse 19 et de zone
mince 20.
[0025] On entend par zone épaisse, une zone du talon périphérique qui présente une épaisseur
identique ou légèrement inférieure à celle que présentent les talons périphériques
des boîtes à eau de la technique antérieure. Par conséquent, les zones dites minces
sont celles qui présentent une épaisseur notablement inférieure à celle des zones
épaisses.
[0026] La Demanderesse s'est aperçue que de façon surprenante un talon présentant une telle
modulation d'épaisseur possédait des caractéristiques mécaniques sensiblement identiques
à celles des talons de la technique antérieure, et en tout cas largement suffisantes
pour supporter les différentes contraintes en fonctionnement et lors de l'assemblage.
[0027] Ainsi, la gorge périphérique 16 délimitée par le bord périphérique 12 est notablement
moins profonde que dans les échangeurs connus, ce qui réduit d'autant la longueur
du bras de levier des pattes de sertissage 18. En conséquence, les contraintes exercées
sur les pattes de sertissage de l'échangeur proposé sont beaucoup moins importantes
que celles qu'elles subiraient dans un échangeur de la technique antérieure.
[0028] Par ailleurs, lorsque la boite à eau est réalisée par moulage, la quantité de matière
nécessaire pour la réaliser est sensiblement moins importante qu'auparavant, ce qui
réduit le coût de fabrication et contribue à l'allégement de l'échangeur.
[0029] Enfin, la présence de zones épaisses 19 sur la face supérieure d'appui 5 du talon
périphérique permet de favoriser l'écoulement de matière lors du moulage.
[0030] De préférence, la distance qui sépare deux zones épaisses 19 voisines (ou l'extension
longitudinale d'une zone mince 20) est égale, par valeur inférieure, à l'extension
longitudinale L1 d'une patte de sertissage 18, et l'extension longitudinale L2 d'une
zone épaisse 19 (ou la distance séparant deux zones minces 20) est égale, par valeur
supérieure, à la distance D entre deux pattes de sertissage 18 voisines.
[0031] Par ailleurs, le positionnement respectif des zones et des pattes de sertissage est
prévu de sorte qu'après repliement chaque patte de sertissage s'insère entre deux
zones épaisses 19 voisines et s'appuie sur la zone mince 20 en regard de laquelle
elle se trouve.
[0032] Le repliement des pattes est effectué après solidarisation des pièces métalliques
(plaque collectrice 2 et tubes 11) par brasage dans un four, par exemple, puis positionnement
des joints d'étanchéité 17 et du talon périphérique 4 de la boîte à eau dans la gorge
périphérique 16. Il s'effectue vers l'intérieur, suivant un axe X-X sensiblement parallèle
à un côté longitudinal de l'échangeur, jusqu'à ce que les pattes de sertissage 18
pressent la face supérieure 5 du talon périphérique 4 de chaque boîte à eau 1 contre
le bord périphérique 12 de la plaque collectrice 2, comprimant ainsi les joints d'étanchéité
17, tout en immobilisant ledit talon périphérique 4 à l'intérieur de la gorge périphérique
16.
[0033] L'intensité de la compression peut être ajustée en déplaçant la position de l'axe
de repliement X-X.
[0034] Afin d'obtenir une bonne répartition de la pression sur l'ensemble des joints, il
est préférable de prévoir une répartition des pattes de sertissage sur toute la longueur
des côtés longitudinaux de l'échangeur. Bien entendu, lorsque l'on prévoit de fortes
pressions dans l'échangeur, il peut être également utile de réaliser des pattes de
sertissage sur les côtés transversaux.
[0035] L'invention ne se limite pas aux deux modes de réalisation décrits ci-avant, mais
en embrasse toutes les variantes que pourra développer l'homme de l'art dans le cadre
des revendications ci-après.
[0036] Ainsi, on peut envisager de prévoir moins de zones épaisses qu'il n'y a d'espaces
vides entre pattes de sertissage. Pour cela il suffit que la distance entre deux zones
épaisses voisines soit au moins égale, par valeur supérieure, à la somme de l'extension
longitudinale L1 d'une patte de sertissage et d'un multiple de l'extension longitudinale
L1 d'une patte de sertissage et de l'espace séparant deux pattes de sertissage voisines
D.
[0037] Ou bien on peut prévoir des pattes de sertissage présentant une extension longitudinale
différente (supérieure ou inférieure) de celle des zones minces.
[0038] Par ailleurs, on a décrit une modulation d'épaisseur obtenue directement lors de
l'étape de moulage de la boîte à eau, mais il est clair qu'elle peut être également
obtenue par découpe.
1. Echangeur de chaleur, notamment pour véhicule automobile, du type comprenant une boîte
à fluide (1) munie d'un talon périphérique (4), ainsi qu'une plaque collectrice (2)
présentant un bord périphérique (12) délimitant une gorge périphérique (16) de forme
générale en U, destinée à recevoir au moins partiellement le talon périphérique (5)
avec interposition d'un joint d'étanchéité (17), et présentant en une partie terminale
une modulation de longueur en créneau formant pattes de sertissage (18) destinées
à s'appuyer sur une face supérieure (5) du talon périphérique (4) pour l'immobiliser
relativement à la plaque collectrice (2), caractérisé en ce que ledit talon périphérique
(4) présente au niveau de sa face supérieure (5) une modulation d'épaisseur formant
une alternance de zones épaisses (19) et de zones minces (20), chaque zone épaisse
(19) étant agencée pour s'insérer entre deux pattes de sertissage (18) voisines après
repliement de celles-ci, de sorte que les pattes de sertissage (18) s'appuient sur
les zones minces (20) de la face supérieure (5) en regard desquelles elles se trouvent.
2. Echangeur de chaleur selon la revendication 1, caractérisé en ce que la distance entre
deux zones épaisses voisines étant au moins égale, par valeur supérieure, à la somme
de l'extension longitudinale (L1) d'une patte de sertissage et d'un multiple, positif
ou nul, de l'extension longitudinale (L1) d'une patte de sertissage et de l'espace
séparant deux pattes de sertissage voisines (D).
3. Echangeur de chaleur selon la revendication 2, caractérisé en ce que la distance entre
deux zones épaisses (19) voisines est égale, par valeur supérieure, à l'extension
longitudinale (L1) d'une patte de sertissage (18).
4. Echangeur de chaleur selon la revendication 3, caractérisé en ce que l'extension longitudinale
(L2) d'une zone épaisse (19) est égale, par valeur inférieure, à l'extension longitudinale
(L1) d'une patte de sertissage (18).
5. Echangeur de chaleur selon l'une des revendications 1 à 4, caractérisé en ce que les
pattes de sertissage (18) s'étendent sur les côtés longitudinaux dudit échangeur.
6. Echangeur de chaleur selon l'une des revendications 1 à 5, caractérisé en ce que la
boite à eau (1) est réalisée par moulage.