[0001] L'invention concerne un ensemble de retenue qui est destiné à retenir une chaussure
en appui contre une planche de glisse, notamment une chaussure de ski sur un ski alpin.
[0002] Plus particulièrement, l'invention concerne un ensemble comprenant un élément avant
de retenue, un élément arrière, un frein, et un organe de raidissement qui s'étend
au dessus du ski, dans sa zone médiane, c'est-à-dire dans la zone où se trouvent les
éléments de retenue.
[0003] Un tel organe de raidissement est connu, par exemple, d'après la demande de brevet
publiée sous le numéro EP 658 360. Il comprend un organe de raidissement qui s'étend
entre les deux éléments de retenue avant et arrière
[0004] Un tel interface, notamment dans sa réalisation de la figure 8 présente une jambe
de liaison qui relie les éléments de retenue avant et arrière. La jambe de liaison
comprend une plaque de contrainte qui est reliée à l'embase de l'élément de retenue
avant. Vers l'arrière, un frein de ski présente une partie supérieure d'actionnement
qui est articulée à la glissière de l'élément de retenue arrière et qui est prévue
pour venir en appui contre l'extrémité arrière de la plaque de contrainte. La glissière
est elle-même articulée autour d'un axe transversal à une embase solidaire du ski,
de façon à suspendre selon une direction verticale l'appui arrière de la chaussure.
Un bloc de matériau déformable placé sous la glissière assure l'élasticité de cette
suspension.
[0005] Cet interface donne de bons résultats, toutefois il présente encore quelques inconvénients.
Par exemple, le frein est un élément actif de la jambe de liaison, ce qui complique
sa fabrication. Ensuite, le bloc élastomère arrière qui est sous la glissière n'assure
pas une très bonne transmission des efforts transversaux qui transitent entre la chaussure
et le ski. Le bloc élastomère avant qui se trouve sous l'embase de l'élément avant
complique la construction. De plus, l'ajustement de l'ensemble à la longueur déterminée
d'une chaussure est une opération relativement délicate, étant donné que la longueur
de la plaque de raidissement, qui dépend à priori de la longueur de la chaussure,
intervient dans le fonctionnement de cet ensemble.
[0006] Un but de l'invention est d'améliorer encore le fonctionnement de cet ensemble.
[0007] Un autre but de l'invention est de simplifier la construction de cet ensemble et
son adaptation aux différentes longueurs de chaussure.
[0008] L'ensemble de retenue selon l'invention comprend un premier élément de retenue monté
sur une première embase prévue pour être reliée solidairement au ski, un second élément
de retenue monté sur une plaque de base relié à une seconde embase autour d'un axe
de rotation transversal, un coussin élastiquement déformable pour supporter la plaque
de base, une jambe de liaison reliant la première embase et la plaque de base, la
jambe de liaison ayant un premier levier relié par une articulation à la première
embase, un second levier relié par articulation au premier levier et à la plaque de
base, présentant dans sa partie supérieure une surface d'appui prévue pour supporter
une semelle de chaussure, un moyen de rappel élastique prévu pour rappeler vers le
haut le second levier.
[0009] L'épaisseur du coussin est suffisante pour maintenir l'axe d'articulation entre la
plaque de base et le second levier au dessus de l'alignement de l'articulation du
premier levier à la première embase et de l'axe de rotation transversal de la plaque
de base par rapport à la seconde embase.
[0010] L'invention sera mieux comprise en se référant à la description ci-dessous et aux
dessins en annexe qui en font partie intégrante.
[0011] La figure 1 est une vue générale de dessus d'un ensemble selon l'invention.
[0012] La figure 2 est une vue de côté de l'ensemble de la figure 1.
[0013] La figure 3 est une vue de dessus en coupe partielle de la plaque de contrainte avec
la jambe de liaison en position aplatie.
[0014] La figure 4 est une vue de côté, en coupe partielle de la plaque de contrainte avec
la jambe de liaison en position aplatie.
[0015] La figure 5 est une vue de côté en coupe partielle de la partie arrière de l'ensemble.
[0016] La figure 6 est une vue en perspective du bloc élastomère qui assure la suspension
élastique de la glissière arrière.
[0017] La figure 1 représente un ski 1, vu de côté dans sa zone centrale. Des éléments de
retenue 3 et 4 sont montés sur le ski dans cette zone centrale.
[0018] Les éléments de retenue 3 et 4 sont de tout type approprié. L'élément de retenue
avant 3 présente de façon connue une mâchoire 5 de retenue de l'extrémité avant de
la chaussure. La mâchoire est portée par un corps 6, et le corps est lui-même monté
sur une plaque de base 7 par laquelle l'élément de retenue est assemblé au ski.
[0019] De façon semblable, l'élément de retenue arrière 4 présente une mâchoire 8 portée
par un corps 9. Le corps 9 est monté coulissant le long d'une plaque de base 10 conformée
en glissière orientée selon la direction longitudinale du ski, sous l'action d'un
ressort appelé ressort de recul qui repousse élastiquement le corps vers l'avant.
[0020] A chaque élément de retenue 3, 4 est également associée une plaque d'appui 12, 13
sur laquelle repose la semelle de chaussure. La plaque d'appui avant est de tout type
approprié. Par exemple, la plaque d'appui avant comprend une plaquette mobile en rotation
sur une amplitude limitée autour d'un axe orienté longitudinalement, contre la force
de appel élastique d'un ressort ou autre moyen approprié. Une plaque d'appui traditionnelle
convient également;
[0021] La plaque d'appui arrière 13 sera décrite ultérieurement.
[0022] Les deux éléments de retenue 3 et 4 sont reliés par un dispositif interface qui présente
en premier lieu une embase avant et une embase arrière reliées solidairement au ski.
[0023] L'embase avant 14 est solidarisée au ski par tout moyen approprié, par exemple des
vis. Elle présente à sa surface supérieure une zone de montage destinée à recevoir
la plaque de base 7 de l'élément avant de retenue.
[0024] De même, l'embase arrière est solidarisée au ski par tout moyen approprié par exemple
par des vis. L'embase 15 s'étend sous la plaque de base 10 de l'élément de retenue
arrière. La plaque de base 10 est mobile par rapport à l'embase 15 pour un mouvement
de rotation d'amplitude limitée autour d'un axe transversal situé à l'arrière de la
plaque de base. L'embase 15 assure par ailleurs un guidage de la plaque de base pour
permettre ce mouvement d'amplitude limitée, et entraver les autres mouvements.
[0025] Avantageusement, comme cela est visible dans la figure 5, la plaque de base 10 est
guidée dans un logement longitudinal 16 de l'embase comprenant par deux rainures latérales
dont les ouvertures se font face. L'ouverture des rainures va en divergeant de l'arrière
vers l'avant. La partie arrière des rainures offre à la plaque de base une butée selon
une direction longitudinale, et un ajustement en hauteur selon une direction verticale.
La plaque de base 10 peut ainsi pivoter par rapport à l'embase autour d'un axe fictif
17 situé au niveau du bord arrière de la plaque de base. Les rebords des rainures
limitent le mouvement de basculement de la plaque de base vers le haut et vers le
bas. Dans son logement 16, la glissière est approximativement horizontale, c'est-à-dire
parallèle à la surface supérieure du ski.
[0026] Une jambe de liaison 18 articulée relie ces deux butées 14 et 15. La jambe de liaison
18 comprend deux leviers, un levier avant 20 et un levier arrière 21. Les deux leviers
sont de nature incompressible.
[0027] Les deux leviers de la jambe de liaison sont mobiles à la manière d'une genouillère
entre une position relevée qui est occupée en l'absence de la chaussure et une position
aplatie qui est prise en présence de la chaussure. La jambe de liaison est représentée
en position relevée dans tes figures 1 et 2, et en position abaissée dans les figures
3 et 4.
[0028] Le dispositif présente par ailleurs un ressort de pré-contrainte pour induire une
pré-contrainte dans la jambe de liaison en présence de la chaussure, et pour absorber
de façon élastique les contraintes exercées sur la jambe de liaison qui seraient supérieures
à cette pré-contrainte au cours de la pratique du ski.
[0029] Le levier avant 20 est constitué par une poutre longiligne qui est reliée dans sa
partie avant à la butée avant 14. Le levier avant présente un logement longitudinal
24 ouvert vers l'avant. Un ressort 22 est logé dans ce logement. Le ressort est un
ressort de compression maintenu en état de précontrainte. A l'état de repos, ses spires
sont relativement serrées mais non jointives. Le ressort est traversé sur sa longueur
par une tige 26. Sur l'avant, la tige forme une boucle traversée par une goupille
transversale 27 qui retient une extrémité du ressort. L'extrémité arrière du ressort
est retenue par une rondelle 28 enfilée sur la tige 26, et retenue par tout moyen
approprié, par exemple une déformation par sertissage de la tige. Au repos, la pré-contrainte
du ressort est absorbée par le tige 26. A titre indicatif, on a obtenu de bons résultats
avec une pré-contrainte de l'ordre de 50 daNewtons.
[0030] La distance entre la goupille 27 et la rondelle 28 définit la longueur initiale du
ressort 22. Cette distance est légèrement supérieure à la longueur du logement 24.
Le fond du logement est par ailleurs prévu avec un orifice 30 pour le passage de l'extrémité
arrière de la tige, et une face d'appui 31 pour la rondelle 28.
[0031] La goupille 27 assure par ailleurs la liaison avec l'embase 14 de l'élément avant.
L'embase 14 est ouverte sur l'arrière pour recevoir l'extrémité avant du levier 20,
et elle présente un siège pour retenir la goupille 27 en butée d'arrière en avant,
et pour la maintenir orientée selon une direction transversale. Le siège de la goupille
27 est moins élevé par rapport à la surface supérieure du ski que l'axe fictif 17
de la plaque de base arrière. A titre d'exemple indicatif, on a obtenu de bons résultats
avec un axe 17 situé à une cote de 10,2 millimètres au dessus de la surface du ski,
et une goupille 27 située à une cote de 6,5 millimètres au dessus du ski. Ceci n'est
pas limitatif.
[0032] L'ouverture 32 de l'embase est prévue pour permettre une rotation d'amplitude limitée
du levier 20 autour de la goupille 27, entre une position haute visible en figure
1, et une position basse sensiblement horizontale. Le levier 20 peut en outre coulisser
selon une direction longitudinale. En particulier, l'extrémité avant du levier 20
est guidée dans l'ouverture de l'embase 14 pour un mouvement de coulissement longitudinal.
Le ressort 22 s'oppose par sa compression au coulissement longitudinal du levier 20.
[0033] La jambe de liaison comprend par ailleurs un levier 21. Le levier arrière est une
sorte de pédale dont la partie supérieure 35 est prévue pour servir d'appui à la semelle
de chaussure. La partie avant du levier 21 est reliée par une articulation à l'extrémité
arrière du levier 20.
[0034] Cette articulation est plus particulièrement visible dans les figures 3 et 4. Elle
comprend pour le levier 20 une extrémité 36 arrondie selon une portion de cylindre
d'axe transversal, et pour le levier 21 une surface d'appui 37 prévue pour coopérer
avec l'extrémité 36 en rotation et en appui selon une direction générale longitudinale.
[0035] L'articulation présente de plus un verrou qui est prévu pour permettre un assemblage
rapide des deux leviers, et pour empêcher leur séparation dans les conditions normales
d'utilisation du ski. Sur chaque bord de son extrémité arrière, le levier 20 présente
une nervure circulaire 38 de même axe de révolution que celui de la surface 36. La
nervure présente une ouverture prévue pour l'engagement à chant d'un plot 40 qui est
situé sur chaque côté de la surface d'appui 37 du levier 21, et dont la longueur est
voisine du diamètre de la nervure, et la hauteur est voisine de celle de la nervure.
[0036] L'engagement des plots dans les nervures circulaires n'est possible que si le levier
21 est présenté avec une orientation approximativement perpendiculaire à celle du
levier 20, c'est-à-dire une orientation que le levier 21 ne peut plus prendre une
fois l'ensemble monté sur le ski. Une fois l'engagement des plots réalisé, les leviers
20 et 21 se trouvent assemblés et articulés l'un à l'autre.
[0037] L'extrémité arrière du levier 21 est reliée à la partie avant de la plaque de base
10 autour d'un axe d'articulation 39 porté par deux oreilles latérales qui sont situées
à l'avant de la plaque de base 10.
[0038] Comme cela a déjà été décrit, la plaque de base 10 est elle-même articulée autour
de l'axe fictif 17. La distance entre les oreilles qui portent l'axe d'articulation
39 et le siège sur 'embase 14 de la goupille 27 est légèrement inférieure à la longueur
hors tout du levier 21 et du levier 20 avec le ressort 22 monté dans son logement,
les deux leviers étant situés dans le prolongement l'un de l'autre. Le siège de la
goupille 27 est moins élevé que l'axe 17. En outre, l'axe d'articulation 39 est situé
au dessus de l'alignement de l'axe 17 et la goupille 27.
[0039] L'ensemble présente ainsi une succession de trois leviers articulés deux à deux qui
forment deux genouillères compte tenu de la position relative des articulations. Les
articulations des leviers sont respectivement rappelées vers le haut de façon élastique
par des moyens qui vont maintenant être décrits.
[0040] Un premier moyen est le bras d'actionnement 42 d'un frein de ski 44. Le frein présente
de façon connue deux bras de freinage 45 et 46 qui pivotent par rapport à un palier
47. Le palier 47 est avantageusement un prolongement vers l'avant de l'embase 15.
Il est prévu pour être relié solidairement au ski. De façon connue, les bras sont
mobiles entre une position active de freinage où ils sont en saillie sous la surface
supérieure du ski, et une position inactive où les bras sont remontés de préférence
au dessus de la surface supérieure du ski.
[0041] Le bras d'actionnement 42 prolonge vers le haut les bras de freinage. Il est relié
au palier par un ressort de rappel 49 qui s'oppose de façon élastique à la remontée
des bras de freinage. Le ressort est ici un ressort à boudin enroulé à la partie supérieure
du bras 42, accroché d'un côté au bras d'actionnement, d'un autre côté au palier.
Tout autre moyen de rappel peut également convenir. De préférence, une butée limite
le déplacement des bras de freinage en position active, sous l'effet de la détente
du ressort 49. Cette butée se situe par exemple au niveau du palier 47.
[0042] La partie supérieure du bras 42 est prévue pour prendre appui sous le levier arrière
21, et à glisser le long du levier 21 au cours de sa rotation. Ainsi que cela est
visible dans la figure 5, la partie inférieure du levier présente un logement 50 qui
est prévu pour permettre l'appui et le déplacement de la partie supérieure du bras
42. Avantageusement, le levier 21 appuie sur le bras 42 avec un bras de levier qui
est approximativement deux fois la longueur du bras 42. Ceci facilite la liaison entre
le levier 21 et le frein. De préférence, au dessus de la zone d'appui du bras 42 contre
le levier 21, le levier 21 présente une première surface de contact 52 avec la chaussure
qui est légèrement en saillie et a un faible coefficient de frottement. En arrière,
sensiblement à l'aplomb de l'axe 39, la surface supérieure 35 présente une seconde
surface de contact 53 en saillie. La semelle de chaussure repose sur la première surface
de contact à l'engagement de la chaussure, et ensuite principalement sur la seconde
surface de contact au cours de la pratique du ski. Cette seconde surface d'appui forme
la plaque d'appui 13 associée à l'élément de retenue arrière.
[0043] La position inactive de freinage où le ressort de rappel 49 est détendu correspond
à la position haute de la première genouillère formée par les leviers 20 et 21. Cette
position est limitée par la butée qui définit la position active de freinage extrême.
[0044] A l'engagement de la chaussure, la partie arrière de la semelle appuie sur l'articulation
entre les leviers 20 et 21, force le levier 21 à s'abaisser, et la genouillère formée
par les leviers 20 et 21 à s'aplatir. Ceci provoque la remontée des bras de frein
en position inactive. Parallèlement, le ressort 22 se trouve légèrement comprimé pour
compenser la différence de distance entre les embases avant et arrière et la longueur
hors tout des deux leviers. La rondelle 28 décolle du sertissage qui la retient. La
pré-contrainte du ressort est alors renvoyée dans l'ensemble de retenue et dans le
ski par l'intermédiaire des deux embases 14 et 15. Un fois la chaussure engagée, les
deux leviers 20 et 21 demeurent sensiblement dans le prolongement l'un de l'autre.
Le levier arrière 21 est pincé entre la semelle de chaussure et le bras de frein 42,
et le ressort de rappel du frein maintient le levier 21 en appui contre la semelle
de chaussure.
[0045] Un second moyen de rappel des articulations des leviers est formé par un coussin
de matériau déformable 55 qui est situé entre la plaque de base 10 et l'embase 15,
ou alors la surface supérieure du ski.
[0046] Ce coussin est prévu pour maintenir la plaque de base 10 en position élevée dans
son logement 16 et à l'engagement de la chaussure. Il est prévu aussi pour s'opposer
de façon élastique à l'abaissement de la plaque de base 10 au cours de la pratique
du ski et assurer ainsi la suspension élastique de l'axe 39. Il s'agit par exemple
d'un coussin en matériau élastomère, qui, de préférence, présente en plus des propriétés
viscoélastiques.
[0047] Selon un mode préférentiel de réalisation, le coussin 55 est en deux blocs 55a et
55b reliés par une lèvre de liaison 55c. Le coussin 55 est prévu pour être monté avec
chacun des blocs localisé entre un bord latéral de la plaque de base et un bord latéral
du ski. Le guidage de la plaque de base autour de l'axe 17 est en outre amélioré du
fait qu'au niveau du coussin 55, la plaque de base n'est pas portée par sa partie
centrale, mais seulement le long de ses bords latéraux. Une sollicitation latérale
de la chaussure est ainsi transmise plus directement à la carre de ski, et a moins
tendance à produire un moment de torsion et donc un vrillage de la plaque de base
autour d'un axe longitudinal. Tout autre moyen agissant dans ce sens convient aussi.
Les prises de carres sont aussi plus franches.
[0048] Selon la réalisation illustrée en figure 5, la partie supérieure du bloc 55 est recouverte
d'un élément 56 en forme de cuvette à l'envers, dont le fond est relié solidairement
à la plaque de base 10. L'épaisseur du coussin 55 est prévue pour repousser la plaque
de base 10 en butée vers le haut dans son logement 16 en l'absence de chaussure. Elle
est en outre supérieure à la profondeur de l'élément 56. Cette profondeur est déterminée
pour que dans les conditions normales de ski, le bord de la cuvette n'entre jamais
en contact avec le ski ou l'embase quelque soit l'écrasement du coussin 55. Ceci n'est
toutefois pas limitatif, et la profondeur de la cuvette pourrait être déterminée pour
que son bord entre en butée franche avec le ski pour des sollicitations dépassant
un seuil déterminé, de façon à obtenir alors de façon momentanée une liaison directe
à ce niveau entre la plaque de base et le ski. La dureté et l'épaisseur du coussin
55 sont prévues pour que l'axe 39 soit maintenu au dessus de l'alignement de l'axe
17 et de la goupille 27 au cours de la pratique du ski.
[0049] Cette partie de l'ensemble fonctionne de la façon suivante. Un fois la chaussure
engagée, la première genouillère formée par les leviers 20 et 21 est aplatie, ce qui
a permis le transfert de la précontrainte du ressort dans l'ensemble de retenue et
le ski. La semelle de chaussure est alors en appui sur l'arrière principalement contre
la surface 53 qui est située à l'aplomb de l'axe 39.
[0050] Une seconde genouillère entre en action au cours de la pratique du ski. Cette genouillère
comprend d'un côté la plaque de base 10, et de l'autre les deux leviers 20 et 21 qui
demeurent sensiblement dans le prolongement l'un de l'autre, et se comportent globalement
comme un levier unique. L'articulation 39 de cette seconde genouillère est maintenue
suspendue par le coussin 55.
[0051] Les sollicitations verticales de la chaussure sont captées par la surface d'appui
53 et transmises à la seconde genouillère qui tend à s'aplatir. Compte tenu de la
position initiale très aplatie de cette genouillère, les mouvements longitudinaux
sont de faible amplitude. Cependant, une variation de faible amplitude de la force
d'appui de la chaussure sur la surface 53 génère dans les leviers 20 et 21 des contraintes
de compression très élevées.
[0052] L'aplatissement de la genouillère sous l'effet des variations d'appui de la chaussure
induit par réaction dans le ski un moment de flexion qui est produit par l'appui du
levier 20 vers l'embase 14 par l'intermédiaire du ressort 22, et un autre moment de
flexion produit par l'appui de la plaque de base 10 contre son embase 15.
[0053] Inversement, la seconde genouillère s'oppose aux flexions du ski à la manière d'un
raidisseur.
[0054] Le ressort 22 écrête par sa compression les fortes contraintes de compression dues
à l'appui du skieur, ou bien à de fortes flexions du ski ou les deux. Le ressort agit
par la force de rappel qu'il oppose au rapprochement de l'axe 17 et de la goupille
27, et par la diminution de distance entre l'axe 17 et la goupille 27 qu'il permet.
Compte tenu de la nature de la genouillère, le dispositif renvoie peu en direction
de la chaussure, c'est-à-dire qu'en flexion du ski les leviers offrent une résistance
élevée, en restant dans le prolongement l'un de l'autre, et seule une faible sollicitation
remonte vers la chaussure.
[0055] Le coussin 55 suspend l'axe d'articulation 39, c'est-à-dire qu'il se comprime et
se détend pour amortir élastiquement le mouvement de rotation de la plaque de base
10 sous l'effet des variations d'appui de l'arrière de la chaussure.
[0056] Selon un mode préférentiel de mise en oeuvre de l'invention, on a prévu des dispositions
pour ajuster l'ensemble de retenue à la longueur des semelles de chaussure existant
sur le marché. Il est prévu selon l'invention de diviser la plage des longueurs de
chaussure en plusieurs gammes, et réaliser un nombre fini de leviers 20, correspondant
chacun à une gamme de longueur déterminée. Un outil de perçage du ski est en outre
prévu avec autant de positions possibles qu'il y a de gammes déterminées.
[0057] Pour monter l'ensemble de retenue sur un ski prévu pour être utilisé avec une chaussure
de longueur déterminée, on opère de la façon suivante. Dans un premier temps on mesure
la longueur de la chaussure pour déterminer sa gamme de longueur. En fonction de cette
gamme, on perce le ski en s'aidant de l'outil réglé au préalable pour la gamme adéquate.
L'emplacement des embases 14 et 15 est ainsi déterminé.
[0058] Un levier 20 correspondant à la gamme de longueur de la chaussure est assemblé au
levier 21, puis enfilé sur le ressort 22, accroché à l'embase 14 par la goupille 27
jusqu'à ce qu'il soit engagé dans l'ouverture 32 de l'embase 14. Les embases 14 et
15 sont ensuite assemblées au ski. Enfin, la position du corps 9 le long de la plaque
de base 10 est réglée pour adapter l'ensemble de retenue à la longueur précise de
la chaussure.
[0059] Le choix du levier 20 de longueur adéquate et le montage de l'ensemble de retenue
sont très simples, et pour cette raison, peuvent être faits en magasin par le détaillant
lui-même. Il faut noter à ce sujet que à l'origine, le levier 20 n'est pas assemblé
à 'embase avant et au levier 21, c'est par exemple le détaillant qui opère ce montage
en magasin selon la longueur de la chaussure. L'assemblage du levier 20 à l'embase
et au levier 21 n'est possible que si aucun des éléments de retenue n'est assemblé
sur le ski. Une fois les éléments de retenue assemblés au ski, il n'est plus possible
de séparer le levier 20 de l'embase avant ou du levier 21. Ainsi, la liaison entre
le levier 20 et le reste de l'ensemble est très sûre.
[0060] Eventuellement, la plaque de base arrière peut être prévue avec une plage de réglage
plus étendue que les plaques de base traditionnelles.
[0061] Naturellement, la présente description n'est donnée qu'à titre indicatif, et l'on
pourrait adopter d'autres mises en oeuvre de l'invention sans pour autant sortir du
cadre de celle-ci.
[0062] En particulier, le coussin amortisseur 55 pourrait être remplacé par tout autre moyen
de rappel élastique, par exemple des ressorts hélicoïdaux, coniques ou autres. De
même, le ressort 22 de précontrainte pourrait être remplacé par un autre moyen de
pré-contrainte. L'ensemble pourrait être monté de façon inverse, c'est-à-dire avec
un élément de retenue avant monté sur une plaque de base mobile, et un élément de
retenue arrière monté sur une plaque de base reliée solidairement au ski. Le frein
pourrait être remplacé par tout autre moyen de rappel élastique du levier 21, ou de
son articulation avec le levier 20.
1. Ensemble de retenue destiné à être assemblé sur un ski, et à retenir une chaussure
en appui contre le ski, comprenant :
- un premier élément de retenue (3) monté sur une première embase (14) prévue pour
être reliée solidairement au ski,
- un second élément de retenue monté sur une plaque de base (10) relié à une seconde
embase (15) autour d'un axe de rotation transversal (17),
- un coussin (55) élastiquement déformable pour supporter la plaque de base (10),
- une jambe de liaison reliant la première embase (14) et la plaque de base (10),
- la jambe de liaison ayant un premier levier (20) relié par une articulation (27)
à la première embase (14) ,
- un second levier (21) relié par articulation au premier levier et à la plaque de
base (10), présentant dans sa partie supérieure une surface d'appui (53) prévue pour
supporter une semelle de chaussure,
- un moyen de rappel élastique (42, 49) prévu pour rappeler vers le haut le second
levier (21),
caractérisé par le fait que l'épaisseur du coussin 55 est suffisante pour maintenir
l'axe d'articulation (39) entre la plaque de base (10) et le second levier (21) au
dessus de l'alignement de l'articulation (27) du premier levier à la première embase
(14) et de l'axe de rotation transversal (17) de la plaque de base (10) par rapport
à la seconde embase (15).
2. Ensemble selon la revendication 1, caractérisé par le fait que le coussin (55) présente
deux blocs (55a, 55b) espacés et respectivement localisés sous un bord latéral de
la plaque de base (10).
3. Ensemble selon la revendication 1, caractérisé par le fait que la plaque de base (10)
est maintenue inclinée de bas en haut, de l'axe de rotation à la seconde embase (17)
vers l'axe d'articulation (39) au second levier.
4. Ensemble selon la revendication 1, où l'extrémité du premier levier (20) est montée
coulissante par rapport à la première embase (14), caractérisé par le fait que l'axe
d'articulation (27) du premier levier (20) à la première embase (14) est une goupille
retenant la première extrémité d'un ressort de pré-contrainte (22) logé dans le premier
levier (20).
5. Ensemble selon la revendication 1, caractérisé par le fait que les moyens d'assemblage
du premier levier à la première embase et au second levier sont démontables.
6. Ensemble selon la revendication 5, caractérisé par le fait que les moyens sont prévus
pour être verrouillés avec l'assemblage des éléments de retenue sur le ski.
7. Ensemble selon la revendication 5, caractérisé par le fait que l'articulation entre
le premier (20) et le second levier (21) comprend pour l'un une portion de surface
cylindrique (36) d'axe transversal, et pour l'autre une surface d'appui (37) prévue
pour coopérer en rotation avec la portion de surface cylindrique (36) et en appui
selon une direction longitudinale.
8. Ensemble selon la revendication 5, caractérisé par le fait que l'articulation entre
le premier levier (20) et le second levier (21) comprend un verrou (38, 40) fonctionnant
par rotation angulaire autour de l'axe de la position de surface cylindrique (36).