[0001] La présente invention concerne un disjoncteur haute tension à résistance insérée
à la fermeture.
[0002] Elle se rapporte plus précisément à un disjoncteur à haute tension comprenant dans
une enveloppe remplie de gaz diélectrique un premier contact d'arc et un second contact
d'arc mobiles dans des sens opposés d'une position d'ouverture à une position de fermeture
et réciproquement, le premier contact étant solidarisé par une bague à un tube coulissant
dans une partie support reliée électriquement à une prise de courant.
[0003] De tels agencements de contacts sont couramment utilisés dans les disjoncteurs en
particulier dans les disjoncteurs à enveloppe métallique dits blindés. Ladite bague
est alors conductrice pour permettre le passage du courant du premier contact vers
ladite prise.
[0004] Dans de tels disjoncteurs, il peut être nécessaire d'insérer une résistance à la
fermeture comme il est classique de le faire dans les disjoncteurs haute tension,
comme décrit par exemple dans le document de brevet FR-2 612 683 déposé par la Déposante.
[0005] Cependant, de manière générale, l'insertion d'une résistance nécessite une réalisation
spécifique de la chambre de coupure et entraîne la mise en place de pièces de masse
relativement importante et donc une énergie de manoeuvre importante.
[0006] Le but de l'invention est de réaliser un agencement d'insertion de résistance à la
fermeture, qui s'adapte au type de disjoncteur précité, sans modification importante
dans la chambre de coupure de ce disjoncteur et en gardant inchangé la dimension de
celle-ci, tout en ne nécessitant pas une énergie de manoeuvre importante.
[0007] Pour ce faire, conformément à l'invention, ladite bague est en matériau isolant,
le premier contact est prolongé par une tige coaxiale à ce contact, disposée du côté
opposé au second contact et connectée à une résistance et cette tige porte un organe
de commutation agencé pour connecter électriquement directement ladite tige et la
partie support en cours de fermeture.
[0008] Le montage de la résistance de fermeture ne nécessite donc que le remplacement de
la bague conductrice par une bague en matière isolante et le montage de la tige de
prolongement, en ce qui concerne la chambre de coupure.
[0009] Selon le mode de réalisation préféré, l'organe de commutation est constitué d'une
bague portée par ladite tige et portant un agencement destiné à venir se bloquer dans
une partie d'encliquetage portée par la partie support.
[0010] De préférence, ledit agencement est une couronne de doigts flexibles à embout d'extrémité.
[0011] Afin de permettre l'insertion de la résistance lors d'un déplacement au moins partiel
d'ouverture des contacts, l'organe de commutation est poussé par un ressort contre
une butée solidaire de la tige, l'effort de pression de ce ressort étant dirigé dans
le même sens que le sens du déplacement d'ouverture du premier contact et la tige
porte un épaulement de déconnexion de l'organe de commutation et de la partie d'encliquetage
en fin d'ouverture.
[0012] Avantageusement, la connexion électrique entre la résistance et la tige est réalisée
par un tube dans lequel est introduite la tige et équipé d'un contact glissant.
[0013] L'invention est décrite ci-après plus en détail à l'aide de figures ne représentant
qu'un mode de réalisation préféré de l'invention.
[0014] La figure 1 est une vue partielle en coupe longitudinale d'un disjoncteur conforme
à l'invention, en position ouverte.
[0015] La figure 2 est une vue partielle en coupe longitudinale d'un disjoncteur conforme
à l'invention, dans une première position intermédiaire lors de sa fermeture.
[0016] La figure 3 est une vue partielle en coupe longitudinale d'un disjoncteur conforme
à l'invention, dans une seconde position intermédiaire lors de sa fermeture.
[0017] La figure 4 est une vue partielle en coupe longitudinale d'un disjoncteur conforme
à l'invention, en position fermée.
[0018] Le disjoncteur représenté est un disjoncteur haute tension sous enveloppe métallique
dit blindé. L'invention peut être transposée à un appareillage conventionnel à enveloppe
en matière céramique ou synthétique.
[0019] Il comporte une chambre de coupure 1 dans une enveloppe 1A, une chambre de réception
de la résistance 2 dans une enveloppe 2A et une chambre de prise de courant 3 de type
deadtank dans une enveloppe 3A.
[0020] La résistance est constituée de deux piles de pastilles résistives 20, 21 mises en
série grâce à une plaque métallique 23 supportée par un cône en matière isolante 24
fixé à une paroi d'enveloppe 25. Chacune de ces piles est montée de façon connue en
soi dans un tube en matière isolante 26, 27 encastré dans une pièce 28, 29 métallique
fixée à la plaque 23 et retenant à son autre extrémité un bloc métallique 30, 31 auquel
est solidaire une tige métallique 32, 33. Les pastilles sont poussées contre ce bloc
30, 31 par un ressort 34, 35 intercalé entre la pièce 28, 29 et une pastille métallique
de contact 36, 37 disposée à la base de chaque pile de pastilles résistives.
[0021] Le courant peut donc circuler de la tige 32 qui sera appelée tige d'entrée, dans
le bloc 30, la première pile de pastilles résistives 21, la pastille de contact 36,
le ressort 34, la pièce métallique 28, la plaque 23, la pièce métallique 29, le ressort
35, la pastille de contact 37, la seconde pile de pastilles résistives 22, le bloc
31, pour arriver à la tige 33 qui sera appelée tige de sortie, ou peut suivre la trajectoire
inverse.
[0022] La tige de sortie 33 est reliée de façon permanente à la prise de courant 40 de la
chambre 3. Pour ce faire, cette prise 40 est solidaire d'une pièce tubulaire support
41 disposée dans la chambre de coupure 1 et recevant l'un des contacts d'arc, comme
il sera précisé plus loin. Cette pièce tubulaire support 41 est supportée par un cône
en matière isolante 43 fixé sur une paroi d'enveloppe 44 séparant les chambres 1,
2 et ceci grâce à une bague métallique 42 vissée sur la pièce support 41 et bloquant
ledit cône 43 entre elle et la pièce support 41. A cette bague 42 est solidarisée
la tige de sortie 33 par un contact vissé avec ressort de type "FELS" par exemple.
[0023] Dans la pièce support 41 est logé le premier contact d'arc 50 constitué d'un embout
classique se prolongeant par vissage par une tige métallique de prolongement 51 qui
est introduite dans la tige d'entrée 32 qui est creuse, cette dernière étant reliée
électriquement à la tige de prolongement 51 par un contact glissant 52. Entre l'embout
50 et un épaulement 53 de la tige de prolongement 51 est disposée une bague par exemple
conique en matériau isolant 54 dont le bord externe est fixé à un tube 55 métallique
destiné à coulisser dans la pièce support 41. Pour manoeuvrer ce coulissement, ce
tube 55 est solidarisé à une tringle de manoeuvre en matériau isolant 56, par un bras
57 comportant un orifice dans lequel est enfilé la pièce support 41.
[0024] De plus, la tige de prolongement 51 porte un organe de commutation 58 poussé contre
une bague ou un épaulement 59 solidaire de la tige de prolongement 51 par un ressort
60 intercalé entre cet organe de commutation 58 et le premier épaulement 53. L'organe
de commutation 58 est constitué d'une bague coulissante sur la tige de prolongement
51 par l'intermédiaire d'un contact glissant 58A et portant une couronne 61 de doigts
légèrement flexibles à embout d'extrémité. La bague ou épaulement 59 et le premier
épaulement 53 sont distants d'une longueur l.
[0025] La pièce support 41 porte quant à elle une partie annulaire d'encliquetage 62, disposée
à son extrémité et destiné à recevoir et bloquer lesdits doigts de la couronne 61
et à assurer la passage du courant entre l'organe de commutation 58 et la pièce support
41, comme il sera vu plus loin.
[0026] Le second contact d'arc 70 est du type du contact mobile décrit dans le document
de brevet FR-2 612 683, conformé de façon connue en soi, constitué de doigts de contact
et solidaire d'un équipage mobile portant une buse de soufflage 71.
[0027] Les deux contacts d'arc 50, 70 sont donc mobiles et peuvent être actionnés par un
dispositif d'entraînement commun, et dans ce cas à une vitesse égale, ou être actionnés
par des dispositifs d'entraînement différents, et dans ce cas éventuellement à des
vitesses différentes.
[0028] Le fonctionnement du disjoncteur est le suivant.
[0029] Sur la figure 1, le disjoncteur est représenté en position ouverte. Les contacts
d'arc 50, 70 sont éloignés l'un de l'autre, le tube 55 portant le premier contact
d'arc 50 étant dans sa position la plus à gauche, où il est au maximum introduit dans
la pièce tubulaire support 41 et l'équipage mobile portant le second contact d'arc
70 dans sa position la plus à droite. La distance 1 est telle que l'organe de commutation
58 est éloigné de la partie d'encliquetage 62 et se situe du côté opposé au contact
50. La partie support 41 et donc la prise 40 ne sont donc pas directement connectées
électriquement à la tige de prolongement 51, mais sont connectées par l'intermédiaire
la résistance alors insérée et assurant la mise au potentiel du contact d'arc.
[0030] Lors de la fermeture, les contacts 50, 70 sont approchés l'un de l'autre par actionnement
du ou des dispositifs d'entraînement. Après une première course du tube 55 et donc
du premier contact d'arc 50, comme représenté sur la figure 2, les contacts d'arc
50, 70 viennent à proximité l'un de l'autre et un arc apparaît. Dans cette position,
l'organe de commutation 58 est encore éloigné de la partie d'encliquetage 62 et le
premier contact 50 et la prise 40 ne sont pas connectés électriquement. La résistance
est donc insérée, le courant passant dans le second contact 70, le premier contact
50, la tige de prolongement 51, le tube d'entrée 32 la première pile de pastilles
résistives 21, la seconde pile de pastilles résistives 22, le tube de sortie 33, la
pièce 42, la partie support 41 et la prise 40.
[0031] Le premier contact 50 est introduit dans le second contact 70 et la résistance est
toujours insérée.
[0032] La fermeture des contacts continuant, ces contacts 50, 70 sont connectés comme représentés
sur la figure 3 et l'organe de commutation 58 vient en contact avec la partie d'encliquetage
62, leur connexion électrique se réalisant. La résistance est alors court-circuitée,
le courant passant dans le second contact 70, le premier contact 50, la tige de prolongement
51, l'organe de commutation 58, la partie d'encliquetage 62, la partie support 41
et la prise 40.
[0033] Le déplacement de fermeture étant terminée, comme représenté sur la figure 4, l'organe
de commutation 58 a ses doigts 61 encliquetés dans la partie d'encliquetage 62. En
fin de fermeture, les contacts principaux 50A et 70A viennent en contact et assurent
le passage du courant.
[0034] A l'ouverture, les contacts sont déplacés dans le sens inverse, éloignés l'un de
l'autre. L'encliquetage de l'organe de commutation 58 et de la partie d'encliquetage
62 se poursuit tant qu'un épaulement 51A n'a pas atteint l'organe de commutation 58.
Cet épaulement 51A pousse l'organe de commutation 58 et le désolidarise de la partie
d'encliquetage 62 puis le ressort 60 ramène l'organe de commutation 58 à sa position
initiale d'ouverture du disjoncteur. La libération de l'organe de commutation 58 de
la partie d'encliquetage 62 a lieu à proximité de la position totale d'ouverture ou
à cette position.
[0035] Il est donc possible par le choix de la vitesse d'actionnement des contacts 50, 70
et de la distance l, de régler le temps d'insertion de la résistance.
1. Disjoncteur à haute tension comprenant dans une enveloppe remplie de gaz diélectrique
un premier contact d'arc (50) et un second contact d'arc (70) mobiles dans des sens
opposés d'une position d'ouverture à une position de fermeture et réciproquement,
le premier contact (50) étant solidarisé par une bague (54) à un tube (55) coulissant
dans une partie support (41) reliée électriquement à une prise de courant (40), caractérisé
en ce que ladite bague (54) est en matériau isolant, en ce que le premier contact
(50) est prolongé par une tige (51) coaxiale à ce contact (50), disposée du côté opposé
au second contact (70) et connectée à une résistance (21, 22) et en ce que cette tige
(51) porte un organe de commutation (58) agencé pour connecter électriquement directement
ladite tige (51) et la partie support (41) en cours de fermeture.
2. Disjoncteur selon la revendication 1, caractérisé en ce que l'organe de commutation
(58) est constitué d'une bague portée par ladite tige (51) et portant un agencement
destiné à venir se bloquer dans une partie d'encliquetage (62) portée par la partie
support (41).
3. Disjoncteur selon la revendication 2, caractérisé en ce que ledit agencement est une
couronne (61) de doigts flexibles à embout d'extrémité.
4. Disjoncteur selon la revendication 2 ou 3, caractérisé en ce que l'organe de commutation
(58) est poussé par un ressort (60) contre une butée (59) solidaire de la tige (51),
l'effort de pression de ce ressort (60) étant dirigé dans le même sens que le sens
du déplacement d'ouverture du premier contact.
5. Disjoncteur selon la revendication 4, caractérisé en ce que la tige (51) porte un
épaulement (51A) de déconnexion de l'organe de commutation (58) et de la partie d'encliquetage
(62) en fin d'ouverture.
6. Disjoncteur selon l'une des revendications précédentes, caractérisé en ce la connexion
électrique entre la résistance (21, 22) et la tige (52) est réalisée par un tube (32)
dans lequel est introduite la tige (51) et équipé d'un contact glissant (52).