[0001] L'invention se rapporte à une suspension pour véhicule ferroviaire.
[0002] Par véhicule ferroviaire, on comprendra tant un boggie qu'un wagon sous la caisse
duquel sont montés directement les organes de roulement.
[0003] Classiquement, tout véhicule ferroviaire est pourvu d'une suspension destinée notamment
à absorber les chocs provoqués par les irrégularités des voies de roulement, par exemple
pour donner un certain confort aux voyageurs.
[0004] On connaît principalement deux types de suspension pour véhicule ferroviaire.
[0005] Le premier type de suspension est monté latéralement par rapport au plan vertical
de l'axe de la roue et au plan radial de ladite roue.
[0006] Il est notamment utilisé pour le transport de marchandises.
[0007] Cette suspension comprend, pour chaque roue, deux groupes de ressorts disposés de
part et d 'autre d'une boite d'essieu qui, à cet effet, présente de part et d'autre
une table d'appui pour la base des ressorts.
[0008] L'extrémité supérieure des ressorts prend appui au moins indirectement sur un élément
du châssis, tel un des longerons d'un boggie et plus particulièrement cette extrémité
supérieure prend appui à l'intérieur d'un chapeau relié au châssis par des anneaux
obliques.
[0009] La paroi latérale d'un des chapeaux sollicite, en déplacement vers la face latérale
de la boite d'essieu, une pièce de friction portée par un poussoir.
[0010] Cette pièce de friction agit comme un amortisseur.
[0011] Chaque groupe de ressorts comprend un ressort de tare et un ressort de charge.
[0012] Ce dernier n'entre en action qu'au delà d'une charge minimale par essieu. Ce groupe
de ressorts est monté sensiblement perpendiculairement au plan d'appui du boggie.
[0013] Bien que cette solution soit relativement rustique, elle nécessite un nombre relativement
important de pièces et donc des temps d'assemblage relativement longs.
[0014] Le deuxième type de suspension connu est surtout utilisé couramment sur les véhicules
de transport de voyageurs.
[0015] Il comprend une boite d'essieu reliée au châssis par une biellette articulée autour
d'axes horizontaux et transversaux par rapport à la direction du déplacement du véhicule.
[0016] Cette suspension se situe sensiblement dans le même plan vertical que l'axe de la
roue.
[0017] La suspension est différente de la suspension précédente en ce sens qu'elle comprend
une suspension primaire entre la roue et un élément de châssis et une suspension secondaire
entre le châssis précité et une traverse porteuse du compartiment voyageur.
[0018] Ainsi, la suspension primaire d'une roue se compose :
- d'une part, d'un ressort unique prenant appui, pour sa base, sur la face supérieure
de la boite d'essieu et pour son extrémité supérieure, sur la face inférieure d'un
longeron qui constitue partiellement le châssis et surplombe la boite d'essieu et,
- d'autre part, d'un amortisseur.
[0019] Outre cette suspension primaire des roues, une suspension secondaire est interposée
entre la face supérieure du boggie et une traverse de charge supportant le compartiment
voyageur.
[0020] Cette suspension qui vise à améliorer le confort des voyageurs et le transport à
grande vitesse est très coûteuse.
[0021] Un des résultats que l'invention vise à obtenir est une suspension du type cité plus
haut qui remédie à ces inconvénients.
[0022] A cet effet, l'invention a pour objet une telle suspension pour véhicule ferroviaire
comprenant, pour chaque roue :
- d'une part, au moins un ressort interposé entre une table d'appui présentée par une
boite d'essieu et une zone d'appui présentée par le châssis et
- d'autre part, un moyen d'amortissement des oscillations de la roue par frottement
d'une pièce de friction portée par la boite d'essieu sur une partie fixe du châssis,
[0023] cette suspension étant caractérisée en ce qu'au lieu que l'axe du ressort soit sensiblement
perpendiculaire au plan contenant les axes des deux essieux dit plan d'appui du châssis
du véhicule ferroviaire, l'axe longitudinal de chaque ressort est incliné d'un certain
angle par rapport à cette perpendiculaire au plan d'appui du châssis et ce, par rapport
à un plan vertical transversal au sens de déplacement du châssis de sorte que tout
déplacement de la boite d'essieu dans un plan vertical génère une force dont la composante
horizontale et parallèle à l'axe longitudinal du boggie accentue le frottement de
la pièce de friction sur la partie fixe du châssis.
[0024] L'invention sera bien comprise à l'aide de la description ci-après faite à titre
d'exemple non limitatif en regard du dessin ci-annexé qui représente schématiquement
:
- figure 1 : une vue en perspective d'un boggie,
- figure 2 : une vue latérale d'une suspension selon l'invention,
- figure 3 : une vue en coupe horizontale d'une suspension.
[0025] En se reportant au dessin, on voit que, pour améliorer le comportement d'un véhicule
ferroviaire 1, celui ci dispose, pour chaque élément de roulement, d'une suspension
2.
[0026] Classiquement, cette suspension 2 pour véhicule ferroviaire comprend, pour chaque
roue :
- d'une part , au moins un ressort 3 interposé entre une table 4 d'appui présentée par
une boite d'essieu 5 et une zone 6 d'appui présentée par le châssis et
- d'autre part, un moyen 7 d'amortissement des oscillations de la roue par frottement,
d'une pièce de friction 8 portée par la boite d'essieu, sur une partie fixe du châssis.
[0027] La boite d'essieu présente avec le châssis un moyen de guidage dans un plan sensiblement
vertical.
[0028] Au lieu que l'axe 10 du ressort soit sensiblement perpendiculaire au plan P contenant
les axes des deux essieux dit plan d'appui du châssis du véhicule ferroviaire, selon
une caractéristique essentielle de l'invention, l'axe 10 longitudinal de chaque ressort
est incliné d'un certain angle X par rapport à cette perpendiculaire au plan d'appui
du châssis et ce, par rapport à un plan vertical transversal au sens de déplacement
du châssis de sorte que tout déplacement de la boite d'essieu dans un plan vertical
génère une force dont la composante F horizontale et parallèle à l'axe longitudinal
du boggie accentue le frottement de la pièce 8 de friction sur la partie fixe du châssis.
[0029] Selon l'invention, l'angle X d'inclinaison de l'axe longitudinal des ressorts est
compris entre 5° et 17°.
[0030] La zone d'appui supérieure du ressort est présentée par l'une des ailes d'une pièce
11, en forme de L renversé, fixée par tout moyen connu sur l'extrémité d'un longeron.
[0031] La grande branche du L renversé est par exemple fixée par soudure à l'extrémité d'un
longeron et la petite branche servant d'appui au ressort est inclinée par rapport
au plan d'appui du châssis.
[0032] Pour améliorer la rigidité du montage précité, un gousset 12 est fixé, d'une part,
sur le dos du L et, d'autre part, sur la face supérieure du longeron.
[0033] La face supérieure de la boite 5 d'essieu constitue directement la table d'appui
du ressort.
[0034] De préférence, chaque suspension comprend deux ressorts montés coaxialement et comprend
en outre une butée 13 en matériau hyper-élastique.
[0035] Cette butée 13 se présente sous la forme d'une ogive ayant une course utile comprise
entre 20 et 60 mm.
[0036] Le matériau utilisé, pour réaliser cette butée, est par exemple un élastomère.
[0037] L'enveloppe des raideurs sous 25 mm de course effective se situe entre 60 et 320
N/mm.
[0038] Avantageusement, la pièce de friction portée par la boite d'essieu est, par un moyen
élastique 14, sollicitée constamment vers la partie fixe du châssis.
[0039] A cet effet, le moyen élastique 14 est constitué par une lame élastique en forme
de crosse dont la branche 14A sensiblement rectiligne est fixée sur la boite d'essieu
latéralement à celle-ci et dont l'extrémité libre 14B prend appui derrière la branche
verticale du L renversé .
[0040] L'extrémité libre 14B de la lame est avantageusement repliée localement pour augmenter
sa surface de contact avec la partie fixe du châssis.
[0041] Cette partie fixe du châssis est avantageusement pourvue d'une plaque 15 en matériau
plus résistant à l'usure tel un alliage en manganèse.
[0042] La forme de la lame sera déterminée en fonction de la courbe souhaitée de progression
du rappel, cette courbe pourra être linéaire mais de préférence elle sera de type
exponentielle.
[0043] En cas de mouvement de lacet de l'essieu, la pièce de frottement de l'une des boites
d'essieu tend à s'écarter du châssis et, de ce fait, c'est le moyen élastique 14 qui
assure un minimum de contact et donc un minimum d'amortissement.
[0044] A cet effet, la loi de raideur du moyen élastique 14 est déterminée de façon à apporter
beaucoup de réaction horizontale pour un faible déplacement horizontal.
[0045] En prévoyant ce moyen élastique, on ramène la pièce de friction contre le châssis.
1. Suspension pour véhicule ferroviaire comprenant :
- d'une part, au moins un ressort (3) interposé entre une table (4) d'appui présentée
par une boite d'essieu (5) et une zone (6) d'appui présentée par le châssis et
- d'autre part, un moyen (7) d'amortissement des oscillations de la roue par frottement,
d'une pièce de friction (8) portée par la boite d'essieu, sur une partie fixe du châssis,
cette suspension étant
CARACTERISEE en ce qu'au lieu que l'axe (10) soit sensiblement perpendiculaire au plan (P) contenant
les axes des deux essieux dit plan d'appui du châssis du véhicule ferroviaire, l'axe
(10) longitudinal de chaque ressort est incliné d'un certain angle X par rapport à
cette perpendiculaire au plan d'appui du châssis et ce, par rapport à un plan vertical
transversal au sens de déplacement du châssis de sorte que tout déplacement de la
boite d'essieu dans un plan vertical génère une force dont la composante (F) horizontale
et parallèle à l'axe longitudinal du boggie accentue le frottement de la pièce (8)
de friction sur la partie fixe du châssis.
2. Suspension selon la revendication 1 caractérisée en ce que l'angle X d'inclinaison de l'axe longitudinal des ressorts est compris
entre 5° et 17°.
3. Suspension selon la revendication 1 caractérisée en ce que la zone d'appui supérieure du ressort est présentée par l'une des ailes
d'une pièce (11), en forme de L renversé, fixée par tout moyen connu sur l'extrémité
d'un longeron.
4. Suspension selon la revendication 3 caractérisée en ce que la grande branche du L renversé est fixée par soudure à l'extrémité d'un
longeron et la petite branche servant d'appui au ressort est inclinée par rapport
au plan d'appui du châssis.
5. Suspension selon la revendication 4 caractérisée en ce que un gousset (12) est fixé, d'une part, sur le dos du L et, d'autre part,
sur la face supérieure du longeron.
6. Suspension selon la revendication 1 caractérisée en ce qu'elle comprend une butée (13) en matériau hyper-élastique.
7. Suspension selon la revendication 6 caractérisée en ce que la butée (13) se présente sous la forme d'une ogive ayant une course utile
comprise entre 20 et 60 mm.
8. Suspension selon la revendication 1 caractérisée en ce que la pièce de friction portée par la boite d'essieu est, par un moyen élastique
(14), sollicitée constamment vers la partie fixe du châssis.
9. Suspension selon la revendication 8 caractérisée en ce que le moyen élastique (14) est constitué par une lame élastique en forme de
crosse dont la branche (14A) sensiblement rectiligne est fixée sur la boite d'essieu
latéralement à celle-ci et dont l'extrémité libre (14B) prend appui derrière la branche
verticale du L renversé .
10. Suspension selon la revendication 9 caractérisée en ce que l'extrémité libre (14B) de la lame est repliée localement pour augmenter
sa surface de contact avec la partie fixe du châssis.