[0001] L'invention concerne un procédé et un dispositif pour diminuer le rayonnement arrière
d'une antenne d'émission tout en abaissant ce rayonnement affaibli vers une zone sélectionnée
située sous l'horizon. Elle s'applique plus particulièrement à des aériens constitués
d'au moins deux antennes élémentaires dont les phases sont opposées par paires sur
l'arrière dudit aérien.
[0002] Un tel système permet principalement une diffusion linéaire ou non d'une pluralité
d'émetteurs fonctionnant sur une même fréquence, synchronisée ou non. C'est notamment
le cas d'une chaîne d'émetteurs isofréquences le long d'une autoroute, le faible rayonnement
des antennes sur leur arrière réduisant considérablement la longueur de la zone d'interférence
avec l'émetteur précédent.
[0003] Dans la demande de brevet français n° 88 15254, la déposante décrit un procédé et
un dispositif dans lequel on dispose, le long du trajet, des émetteurs, ou des réémetteurs,
appelés ci-après relais, placés entre antennes d'émission et de réception, et calés
sur la même fréquence, lesdits relais étant directionnels et deux relais consécutifs
étant dirigés approximativement dans la même direction. Selon cette demande, on utilise
des groupements directionnels d'antennes élémentaires décalées dans l'espace, horizontalement
de λ/4 et verticalement d'environ 2 m, et alimentés de telle façon que les champs
émis s'ajoutent dans la direction de l'émission et se soustraient pour s'annuler dans
la direction opposée.
[0004] Grâce à cette disposition des antennes, le système permet de réduire à quelques centaines
de mètres la zone d'interférence entre relais.
[0005] Toutefois, l'annulation des champs vers l'arrière n'est vraiment effective que sur
l'horizon. Dans le cas ou l'antenne de réception est située à une autre hauteur que
celles de l'émetteur, le rayonnement arrière de chacune des antennes, situees à un
niveau différent, arrive sous un angle différent à l'antenne réceptrice dans la zone
d'interférence avec le rayonnement de l'émetteur précédent, zone de quasi-égalité
de champ pour deux relais consécutifs. Notamment, les antennes de réception placées
sur les véhicules sont situées à une hauteur bien plus basse que celles des antennes
de l'émetteur. Le rayonnement arrive sous un certain angle, certes petit mais dont
les effets ne sont pas négligeables dans un système où l'on veut obtenir un champ
nul. A cela, s'ajoute le rayonnement réfléchi par le sol qui n'arrive pas sous le
même angle à l'antenne réceptrice. Ce rayonnement réfléchi est théoriquement déphasé
de 180° par rapport au rayonnement direct. Toutefois, en raison de l'effet Brewster,
l'angle de réflexion n'est pas absolument égal à l'angle d'incidence et le déphasage
n'est pas exactement de 180°. Malgré cela, on pourra négliger l'effet Brewster par
la suite.
[0006] Du fait de ces conditions inévitables, l'effet d'annulation vers l'arrière du rayonnement
du groupement d'antennes est perturbé. Par exemple, l'antenne supérieure étant située
à 34 m, et l'antenne inférieure 2 m au-dessous, on a une différence de quelques dB
entre les deux rayonnements dans la zone d'interférence. Il est donc nécessaire de
compenser ces effets indésirables pour qu'un minimum d'énergie parvienne à la zone
d'interférence.
[0007] Le but de l'invention est donc de diminuer le rayonnement arrière d'un groupement
d'antennes d'émission tout en abaissant cet affaiblissement vers une zone sélectionnée
sous l'horizon.
[0008] Ce but est atteint selon l'invention, en ce que:
- on sélectionne l'endroit où le champ résultant doit être minimal en ajustant les phases
de chacune des antennes élémentaires de telle façon que la valeur minimale du champ
soit obtenue dans une zone déterminée à l'arrière du groupe d'antennes et vue de celui-ci
sous un angle déterminé. Les antennes étant situées à des hauteurs différentes, les
niveaux reçus sur la route de chacune d'entre elles sont différents. Ce phénomène
est dû à ce que les zones de réflexion n'étant pas situées au même endroit, la sommation
du trajet direct et du trajet réfléchi pour chaque antenne donne une valeur différente.
On égalise les amplitudes des antennes élémentaires en répartissant la puissance de
façon que le champ reçu résultant soit minimal dans la zone choisie.
[0009] Selon l'invention, l'intervalle vertical entre les antennes élémentaires d'un couple
est en relation avec la longueur d'onde et la structure intrinsèque de l'antenne.
Selon une forme particulière de l'invention, cet intervalle est d'environ 2 m.
[0010] Le dispositif de mise en oeuvre de l'invention est caractérisé en ce qu'il comporte
un répartiteur de puissance variable permettant d'ajuster l'amplitude du champ rayonné
par chacune des antennes élémentaires de manière à obtenir des champs résultants identiques
dans une zone déterminée à l'arrière du groupe d'antennes et un dispositif de correction
de phase sur chacune des antennes élémentaires afin d'obtenir une opposition de phase
parfaite.
[0011] Selon une forme particulière de l'invention, le répartiteur de puissance est constitué
par un volume conducteur de longueur égale à λ/4, d'une ligne fixe et de deux lignes
mobiles se déplaçant par rapport à la précédente de manière à augmenter le niveau
de l'antenne basse et à réduire celui de l'antenne haute. Pour ne pas avoir de contact
tournant les lignes mobiles sont alimentées par des lignes série ouvertes à leurs
extrémités (court-circuit immatériel entre le début de la ligne série et celui de
la ligne mobile).
[0012] Le dispositif de correction de phase, lui, est constitué d'une ligne ajustable
[0013] L'invention sera mieux comprise au moyen d'un exemple non limitatif de réalisation
décrit ci-après et représenté sur le dessin annexé dans le cas d'un émetteur radio
d'une chaîne d'émetteurs isofréquences situé sur le bord d'une autoroute.
La figure 1 représente schématiquement la propagation du rayonnement des antennes
élémentaires d'un système aérien d'antennes vers l'arrière de celui-ci ;
La figure 2 représente, dans un repaire X Y, l'addition vectorielle des champs avec
un champ résultant non minimalisé ;
La figure 3 représente schématiquement le montage d'alimentation des antennes élémentaires
selon l'invention ;
La figure 4 représente schématiquement le répartiteur de puissance variable utilisé
dans un exemple de réalisation de l'invention.
[0014] Comme on le voit sur la figure 1, les antennes élémentaires 1 et 2 du système aérien
de rayonnement 3 d'un émetteur radio sont disposées l'une au-dessus de l'autre et
décalées horizontalement.
[0015] Selon l'exemple de réalisation, la hauteur H1 de l'antenne supérieure 2 est de 34
m. et l'antenne inférieure 1 est située au-dessous à un intervalle ΔH d'environ 2
m. L'antenne de réception 4 d'un véhicule circulant sur l'autoroute culmine à une
hauteur H2 d'environ 2 m. Chaque antenne rayonne un champ V. Du fait du décalage horizontal
de λ/4 des antennes le champ V1 de l'antenne 1 et le champ V2 de l'antenne 2 s'ajoutent
vers l'avant, de sorte que l'on a en avant de l'émetteur un champ résultant égal à
V1 + V2, et se retranchent vers l'arrière, de sorte que le champ résultant en arrière
de l'émetteur est V2 - V1. Lorsque l'amplitude des champs reçus des antennes est la
même, on a en arrière de l'aérien un champ résultant nul à la hauteur des antennes
émettrices : V2 - V1 = 0, pour autant que les conditions soient celles de l'espace
libre. Par contre, à la hauteur H2 de l'antenne réceptrice 4, le rayonnement de chaque
antenne fait un angle avec l'horizontale et l'ellipsoïde de Fresnel est plus ou moins
masqué.
[0016] Du fait de la différence de hauteur ΔH des deux antennes élémentaires, ces angles
sont différents et le champ résultant V2 - V1 ne sera pas nul.
[0017] D'autre part, le rayonnement est réfléchi sur la chaussée. Un néglige l'effet Brewster
qui peut toutefois être corrigé par l'invention. Pour les mêmes raisons que précédemment,
la réflexion des deux rayonnements ne se fait pas au même endroit et les champs réfléchis,
n'ayant pas de ce fait la même amplitude ne s'annulent donc pas. L'antenne réceptrice
capte aussi le champ réfléchi résultant et ceci perturbe la réception.
[0018] Sur la figure 2, on voit la composition des vecteurs champ dans le cas d'un système
non corrigé.
[0019] L'antenne réceptrice 4 reçoit de l'antenne émettrice 1 un champ direct V1 (X1,Y1)
et un champ réfléchi VR1 (X2, Y2) ; de l'antenne 2 un champ direct V2 (X3, Y3) et
un champ réfléchi VR2 (X4, Y4). Y1 et Y3 sont voisins de 0.
[0020] La valeur du champ résultant est égale à :

[0021] Le but de l'invention est d'abaisser la valeur de R.
[0022] Le dispositif selon l'invention est représenté sur la figure 3.
[0023] Le signal de l'émetteur 5 est transmis au répartiteur de puissance variable 6 qui
ajuste l'amplitude des signaux vers les antennes élémentaires pour compenser la différence
des niveaux reçus par le récepteur depuis chacune des antennes suite à leur différence
d'altitude de façon à obtenir un champ minimal R en une zone donnée à l'arrière des
antennes.
[0024] Comme le montre très schématiquement la figure 4, ce répartiteur de puissance est
constitué d'un cylindre comportant une ligne centrale couplée à deux lignes à couplage
variable par rotation. Les lignes mobiles sont excitées par une connexion ligne série
ouverte pour réaliser un joint tournant sans contact. La rotation des deux lignes
à couplage variable autour de la ligne centrale permet de répartir la puissance
[0025] Chacune des sorties ajustées du répartiteur est reliée à une ligne ajustable de correction
de phase 7 pour le signal de l'antenne 1 et 8 pour le signal de l'antenne 2.
[0026] Ainsi, dans une zone donnée, les différences de phase provenant des trajets différents
des rayonnements, directs et réfléchis, et des variations de centre de phase d'une
antenne à l'autre, sont compensées par les lignes ajustables 7 et 8. Par un réglage
adéquat, on peut donc choisir la zone où ces différences de phase sont compensées.
Etant donné que les amplitudes des signaux ont été ajustées afin d'obtenir un champ
nul en une zone donnée, on peut créer un champ nul dans une zone choisie. Dans l'exemple
de réalisation, cette zone est la zone d'interférence entre le rayonnement arrière
de l'émetteur et le rayonnement avant de l'émetteur précédent dans une chaîne de radiodiffusion
linéaire isofréquence.
1. Procédé de réduction des champs arrière d'un groupe d'antennes directionnelles comportant
au moins un couple d'antennes élémentaires décalées entre elles verticalement d'un
certain intervalle et horizontalement de λ/4, caractérisé en ce que :
- on sélectionne l'endroit où le champ résultant doit être minimal en ajustant les
phases de chacune des antennes élémentaires de telle façon que la valeur du champ
soit réduite dans une zone déterminée à l'arrière du groupe d'antennes et vue de celui-ci
sous un angle déterminé, sous l'horizon,
- on égalise les amplitudes des signaux reçus des antennes élémentaires en répartissant
la puissance de façon que le champ rayonnes résultant soit minimal dans la zone choisie.
2. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que l'intervalle vertical entre
deux antennes élémentaires d'un couple est d'environ 2 m.
3. Dispositif de rayonnement d'une émission radioélectrique, comportant un système aérien
d'antennes constitué d'au moins un couple d'antennes élémentaires décalées verticalement
d'une certaine hauteur et horizontalement de λ/4, caractérisé en ce qu'il comporte
en outre un répartiteur de puissance variable permettant d'ajuster l'amplitude des
champs reçus de chacune des antennes élémentaires et un dispositif de correction de
phase sur chacune des antennes élémentaires, de manière à obtenir un champ résultant
nul dans une zone déterminée à l'arrière du groupe d'antennes et, vue de celui-ci,
sous un angle déterminé.
4. Dispositif selon la revendication 3, caractérisé en ce que le répartiteur de puissance
est constitué par un volume conducteur de longueur égale à λ/4, d'une ligne fixe et
de deux lignes mobiles, excitées par une connexion ligne ouverte, se déplaçant par
rapport à la précédente de manière à augmenter le niveau de l'antenne basse et à réduire
celui de l'antenne haute.
5. Dispositif selon la revendication 3, caractérisé en ce que le dispositif de correction
de phase est constitué d'une ligne ajustable.
6. Application du procédé selon la revendication 1 à une chaîne d'émetteurs isofréquences
le long d'une voie de circulation.