(19)
(11) EP 0 818 274 A1

(12) DEMANDE DE BREVET EUROPEEN

(43) Date de publication:
14.01.1998  Bulletin  1998/03

(21) Numéro de dépôt: 97420112.1

(22) Date de dépôt:  09.07.1997
(51) Int. Cl.6B24C 11/00
(84) Etats contractants désignés:
AT BE CH DE DK ES FI FR GB GR IE IT LI LU MC NL PT SE

(30) Priorité: 11.07.1996 FR 9608901

(71) Demandeur: PECHINEY ELECTROMETALLURGIE
92400 Courbevoie (FR)

(72) Inventeur:
  • Alary, Jean-André
    74190 Chedde (FR)

(74) Mandataire: Mougeot, Jean-Claude 
PECHINEY 28, rue de Bonnel
69433 Lyon Cedex 03
69433 Lyon Cedex 03 (FR)

   


(54) Traitement de surfaces en alliage d'aluminium par projection d'une poudre abrasive sous pression


(57) L'invention concerne un procédé de traitement de surfaces en alliage d'aluminium par projection sous pression d'une poudre abrasive, dans lequel la poudre abrasive est en corindon-zircone électrofondu contenant (en poids) de 20% à 45% de zircone.
Le procédé permet de diminuer le temps de polissage et d'augmenter la durée d'utilisation de la poudre abrasive.


Description

Domaine de l'invention



[0001] L'invention concerne un procédé de traitement de surfaces en alliage d'aluminium, telles que des tôles, des barres, des tubes, des profilés ou des pièces moulées ou usinées, par projection sous pression d'une poudre abrasive, opération désignée habituellement sous le nom de sablage.

Etat de la technique



[0002] Lorqu'on effectue le sablage d'une surface en alliage d'aluminium, il convient, pour obtenir une action rapide, d'utiliser un abrasif dur dont les grains présentent des arêtes vives; ainsi le mordant du produit permet un arrachement rapide du métal. Pour que l'effet soit durable, les grains d'abrasifs doivent à la fois être assez tenaces pour ne pas se briser rapidement en particules plus fines, et présenter cependant un phénomène de rupture fragile pour former de nouvelles arêtes vives et coupantes. Le matériau choisi doit donc présenter des caractéristiques mécaniques qui soient un compromis entre dureté et tenacité, lesquelles sont en général antinomiques.

[0003] Le matériau habituellement utilisé est le corindon blanc électrofondu broyé et tamisé. C'est cet abrasif que recommandent les traités généraux sur l'aluminium tels que «L'Aluminium» par les Ingénieurs du Groupe Pechiney, Editions Eyrolles, Paris, 1964 (tome 2) ou «Aluminum» de Kent Van Horn, American Society of Metals, 1967 (tome 3), ou les ouvrages sur les traitements de surface, comme par exemple « The surface treatment and finishing of aluminium and its alloys» de S. Wernick et R. Pinner, édité chez Robert Draper Ltd, 1964.

Objet de l'invention



[0004] L'invention a pour objet un procédé de traitement de surfaces en aluminium ou alliage d'aluminium par projection d'une poudre abrasive sous pression, dans lequel on utilise comme poudre abrasive une poudre de corindon-zircone électrofondu contenant de 20% à 45% en poids de zircone.

Description de l'invention



[0005] L'invention repose sur le constat fait par la demanderesse d'une amélioration spectaculaire des résultats obtenus lors du sablage de surfaces en alliage d'aluminium en substituant au corindon blanc le corindon-zircone, en particulier en ce qui concerne le temps de polissage et la durée d'utilisation de la poudre abrasive.

[0006] Les alliages corindon-zircone sont obtenus par fusion d'un mélange d'alumine et de zircone et sont connus comme abrasifs, mais leur utilisation comme matériau de sablage n'a jamais été envisagée.

[0007] L'opération de sablage se fait dans les mêmes conditions qu'avec l'utilisation d'une poudre de corindon, c'est à dire à l'aide d'air comprimé à une pression comprise entre 0,05 et 0,2 MPa pour les alliages corroyés en faible ou moyenne épaisseur et de 0,15 à 0,3 MPa pour les pièces massives, telles que les pièces de fonderie. La buse de projection est située entre 10 et 50 cm de la surface à traiter et est dirigée à peu près perpendiculairement à cette surface. Le calibre de la poudre abrasive dépend de l'état de surface recherché. Il peut aller de 20 à 60 (selon la désignation FEPA) pour un polissage grossier, de 40 à 80 pour un grain moyen, de 100 à 200 pour un grain fin et au delà de 200 pour un grain très fin. Il est possible, en particulier pour les grains fins où l'opération dégage beaucoup de poussières, de faire un sablage humide.

Exemples



[0008] A partir d'une tôle en alliage d'aluminium 3003 (selon la norme NF-EN 573) d'épaisseur 4 mm, on a préparé une série de disques de diamétre 300 mm.

1) une première série de disques a été sablée au moyen de corindon blanc neuf en grains de calibre 60 selon la désignation de la FEPA (Fédération Européenne des Producteurs d'Abrasifs), sous une pression d'air comprimé de 2 bars (0,2 MPa) à 20 cm du disque à polir.
L'état de surface désiré a été obtenu après un temps moyen de polissage de 2 mn 50 s. Après cette première utilisation, l'abrasif qui, à l'état neuf, contenait environ 2% de grains de calibre 90, en contenait 7%. Pour réutiliser cet abrasif en vue d'obtenir le même état de surface que précédemment sur un autre disque, il faut alors un temps de polissage de 3 mn 5 s. Après cette seconde opération, le taux de grains de calibre 90 dans l'abrasif atteint 15% et, pour continuer le polissage, avec ce même abrasif, à état de surface constant sur un autre disque, il faut alors 3 mn 25 s.

2) La même opération de polissage sur les mêmes disques bruts que dans l'exemple précédent, a été effectuée avec un abrasif de même calibre 60 en corindon-zircone électrofondu à 25% en poids de zircone. Avec le produit neuf, le temps de polissage est de 1 mn 35 s. Après cette première utilisation, l'abrasif qui, à l'état neuf, contenait 2% de grains de calibre 90, en contient 3,5% A la seconde utilisation, le temps de polissage était de 2 mn et le taux de grains de calibre 90 était de 6%. A la troisième utilisation, l'abrasif permet encore d'obtenir le même état de surface après un temps de polissage de 2 mn 15 s.



[0009] On a mesuré les caractéristiques mécaniques des deux types de grains, à savoir:
  • la dureté, mesurée par indentation d'un petit diamant sous microscope optique, sur des échantillons enrobés et polis. Il existe une mesure Vickers à partir d'une empreinte pyramidale à base carrée, et une mesure KNOOP à partir d'une empreinte pyramidale à base losange, prenant mieux en compte l'anisotropie.
  • la tenacité, c'est à dire la résistance à la fissuration, mesurée par le facteur critique d'intensité de contrainte en déformation plane K1c, exprimé en MPa√m.
  • la solidité, qui mesure la tenue des grains sous l'effet d'une contrainte mécanique. Le test de mesure consiste à effectuer un recalibrage des grains au calibre choisi pour la mesure, puis un broyage pendant un temps équivalent à un broyage de 15 mn d'un grain de calibre 16 de même solidité, puis un tamisage pour mesurer le refus.


[0010] Les résultats de ces 4 mesures sont donnés au tableau suivant:
  corindon corindon-zircone
dureté KNOOP (kg/mm2) 2050 1610
dureté VICKERS (kg/mm2) 1940 1870
tenacité (MPa√m) 1,9 3,7
solidité (%) 85 93



Revendications

1. Procédé de traitement de surfaces en alliage d'aluminium par projection sous pression d'une poudre abrasive, caractérisé en ce que la poudre abrasive est en corindon-zircone électrofondu contenant (en poids) de 20 à 45% de zircone.
 





Rapport de recherche