Domaine technique
[0001] L'invention se rattache au domaine des chaussures et des skis alpins. Elle vise plus
particulièrement une chaussure de ski positionnée dans les fixations elles-mêmes vissées
sur le ski. La chaussure conforme à l'invention a une action directe sur le ski pour
en modifier sa raideur et/ou le cambre en fonction des différentes positions du skieur
observées au cours du virage.
Techniques antérieures
[0002] L'invention visant à optimiser le comportement du ski lors de la réalisation du virage,
il convient préalablement de préciser les différentes phases et la position de la
jambe et des efforts transmis par le skieur au ski au cours du virage. Très schématiquement,
on peut décomposer un virage en trois phases essentielles, à savoir le déclenchement,
la conduite et la sortie du virage.
[0003] Lors de la phase de déclenchement du virage, le skieur porte son poids du corps vers
l'intérieur du virage et vers l'avant. La jambe est donc fléchie et la partie haute
de la chaussure qui est articulée par rapport à la coque formant partie basse, se
trouve inclinée vers l'avant. Le poids du skieur et l'impulsion qu'il génère sont
plutôt localisés vers l'avant de la semelle. Dans cette phase, le ski doit se cintrer
pour inscrire sa carre interne dans une courbe. Pour diminuer le rayon de courbure
de cette trajectoire, l'impulsion du skieur, c'est-à-dire la force qu'il exerce sur
le ski doit être plus importante que pour effectuer un virage à grand rayon.
[0004] Pour faciliter le cintrage du ski au cours de cette phase de déclenchement, il faut
que le ski soit suffisamment souple et que l'application de la charge du skieur sur
le ski soit pratiquement ponctuelle, ce qui permet d'obtenir un comportement de ski
court et très pivotant.
[0005] Lors de la phase de conduite du virage, la position du skieur recule de manière à
ce que le poids de son corps s'applique pratiquement au niveau du milieu de la chaussure.
Dans cette phase, le skieur diminue la flexion de la jambe, mais le ski conserve sa
trajectoire car les carres sont inscrites dans la neige selon un rayon de courbure
généré lors de la phase précédente.
[0006] Enfin, en sortie de virage, le skieur déplace encore plus son poids du corps vers
l'arrière, donc la zone d'appui du skieur sur le ski se déplace en direction des talons
des chaussures. Autrement dit, le collier enserrant la partie basse de la jambe se
trouve dans sa position d'inclinaison la plus en arrière. Au cours de cette phase,
le ski doit se redresser pour inscrire sa carre interne dans une trajectoire pratiquement
droite. Pour cette phase, il est préférable d'avoir un ski plus raide, se comportant
comme un skis de longueur supérieure afin d'en améliorer la stabilité. On sait que,
pour obtenir ce résultat, le poids du skieur doit se répartir sur le maximum de longueur
du ski.
[0007] On conçoit donc que de manière idéale, le même ski doit se comporter comme un ski
court et très souple lors du déclenchement et de la conduite du virage, puis se transformer
en un ski long et raide pour la phase de sortie du virage.
[0008] Cette modification de raideur peut être assurée par l'interaction entre le ski et
la position du skieur par l'intermédiaire de la chaussure.
[0009] A cet effet, le document FR 2 644 680 décrit un dispositif monté dans une chaussure
de ski alpin permettant la transmission des pressions du pied de l'intérieur de la
chaussure vers l'extérieur pour provoquer, par coopération avec un organe disposé
sur la face supérieure du ski, la flexion de celui-ci entre les deux parties de la
fixation. Malheureusement, cette solution nécessite des ouvertures ménagées dans la
semelle de la chaussure pour permettre le passage des organes de transmission des
efforts, ce qui se traduit inévitablement par des problèmes d'étanchéité incompatibles
avec le confort de l'utilisateur. De plus, la chaussure de ski étant destinée à bloquer
le pied du skieur, la course nécessaire à l'écrasement de l'organe de transmission
est également incompatible avec une bonne tenue du pied.
[0010] Par ailleurs, le document FR 2 711 321 décrit un dispositif destiné à diminuer la
pression des extrémités du ski sur la neige suivant l'appui du skieur sur le ski.
Matériellement, ce dispositif est constitué par une plateforme sur laquelle est montée
la talonnière de la fixation, et par un bras venant prendre appui sur la face supérieure
du ski, en avant de la butée et/ou en arrière de la talonnière. La plateforme et le
bras coopèrent au moyen de surfaces de came et de levier qui provoquent lors des appuis
de la semelle de la chaussure, une force de traction du raidisseur sur le ski et donc
son cintrage. Cette solution technique permet de modifier la raideur d'un ski en fonction
de la force d'impulsion de la chaussure sur celui-ci ; malheureusement, cette solution
ne distingue ni la position du skieur sur ses skis, ni la localisation précise de
l'application de la charge. Cette solution va donc à l'encontre du comportement idéal
souhaité décrit ci-avant puisqu'elle exerce le même effet sur l'intégralité du virage
sans distinction entre les différentes phases se succédant.
[0011] Le problème que se propose donc de résoudre l'invention est celui de la modification
de la raideur du ski en fonction de la position du skieur en cours de virage et donc
de la flexion de la jambe du skieur.
Exposé de l'invention
[0012] L'invention concerne donc un ensemble chaussure-ski alpin dans lequel le ski comprend
au niveau de la zone patin une fixation de sécurité constituée d'une butée et d'une
talonnière, destinée à solidariser la chaussure au ski et dans lequel la chaussure
comprend une coque coopérant avec la fixation et un collier enserrant la partie basse
de la jambe, ledit collier étant articulé par rapport à la coque pour pouvoir s'incliner
vers l'avant, notamment lors des phases de déclenchement de virage.
[0013] Cet ensemble chaussure-ski se
caractérise en ce qu'il comprend des moyens reliant le collier de la chaussure et le ski, destinés
à modifier les caractéristiques de raideur et/ou de cambre du ski en fonction de l'inclinaison
du collier par rapport à la coque de la chaussure.
[0014] Autrement dit, l'invention consiste à doter le ski ou la chaussure, voire encore
les deux, de moyens permettant de transmettre des efforts en fonction de l'inclinaison
du collier pour modifier la raideur et/ou la cambrure de la planche.
[0015] En d'autres termes, le ski et la chaussure conformes à l'invention sont reliés mécaniquement
de telle manière que les mouvements du collier provoquent des variations d'efforts
sur la face supérieure du ski et en modifient la raideur, et/ou le cintrage et acessoirement
les caractéristiques d'amortissement.
[0016] Bien entendu, cette liaison mécanique peut être réalisée de diverses manières. Ainsi,
les moyens caractéristiques peuvent relier et solidariser la chaussure et le ski.
Ils peuvent aussi être liés au ski et être commandés au contact du collier en fonction
de son articulation par rapport à la coque, ou encore être solidaires de la chaussure,
commandés par l'articulation du collier et influencer des déformations du ski.
[0017] Matériellement, dans une première famille de réalisation, ces moyens sont constitués
par au moins :
- un bras associé au collier, disposé latéralement à la coque de la chaussure, dirigé
en direction de la semelle de la chaussure, et passant par l'axe d'articulation du
collier sur la coque,
- un levier coulissant disposé sensiblement parallèlement à la face supérieure du ski
et dont l'extrémité arrière coopère avec l'extrémité inférieure dudit bras,
- un point d'appui situé sur la face supérieure du ski en avant de la butée et coopérant
avec l'extrémité avant du levier au moins lorsque le collier est incliné vers l'arrière.
[0018] Autrement dit, le collier présente des prolongements latéraux coopérant avec un levier
formant tringlerie apte à coulisser sur la face supérieure du ski, et à venir en appui
sur un point fixe ou solidaire de celle-ci. Le mouvement du collier provoque la modification
d'inclinaison de son bras associé et ainsi le coulissement du levier caractéristique
et par conséquent la mise sous tension de la face supérieure du ski lorsque le collier
recule.
[0019] Selon différentes variantes de réalisation concernant les bras associés au collier,
ces derniers peuvent être soit solidaires du collier, soit uniquement guidés en rotation
par le collier par rapport à une articulation située sur une chape formant palier,
et fixée sur la face supérieure du ski.
[0020] Concernant les variantes d'exécution du levier, son extrémité arrière peut être soit
articulée sur l'extrémité inférieure du bras, soit montée dans une fourche équipant
l'extrémité inférieure du bras.
[0021] Dans le second cas de figure, la tringlerie possède un degré de liberté supplémentaire,
ce qui permet de découpler le mouvement de pivotement du bras lié au collier et le
mouvement de translation longitudinal du levier caractéristique.
[0022] Dans une variante de réalisation, le point d'appui situé sur la face supérieure du
ski est solidaire de l'extrémité avant du levier. Ainsi, lorsque le collier s'incline
vers l'avant, le levier est reculé vers l'arrière et a tendance à tirer la partie
avant du ski pour provoquer un cintrage de celui-ci. De la sorte, le dispositif favorise
le cintrage du ski lors des phases de déclenchement et de conduite du virage pendant
lesquelles le collier est incliné vers l'avant, puis, lorsque le collier recule, en
sortie de virage, le levier est poussé vers l'avant et a tendance à plaquer la partie
avant du ski sur la neige donnant ainsi un comportement de ski raide et long, souhaitable
dans cette phase de virage.
[0023] En pratique, le levier caractéristique passe soit de part et d'autre de la butée
avant de la fixation, soit au-dessous au travers de celle-ci.
[0024] Dans une variante plus perfectionnée de l'invention, le point d'appui est relié à
la face supérieure du ski par un plot visco-élastique, de manière à amortir les brusques
variations consécutives aux enchaînements rapides de virage. L'ensemble constitue
ainsi un système plus souple présentant des qualités d'amortissement recherchées.
[0025] Dans une deuxième famille de réalisation dans lesquels les moyens caractéristiques
sont essentiellement disposés sur la chaussure, ceux-ci sont constitués par au moins
un bras solidaire du collier disposé latéralement à la coque de la chaussure, et dirigé
en direction de la face supérieure de la planche, l'extrémité inférieure dudit bras
formant un retour situé sous le dessous de la semelle de la chaussure et venant au
contact de la face supérieure de la planche dans une zone située en avant de la projection
sur la face supérieure de la planche de l'axe d'articulation du collier sur la coque,
ledit retour servant de levier pour repousser la face supérieure du ski vers le bas
lorsque le collier est incliné vers l'avant.
[0026] Autrement dit, le collier présente un prolongement vers le bas, par exemple en forme
de "U" ouvert vers le haut, qui en fonction de son inclinaison exerce une pression
variable sur la face supérieure du ski. En d'autres termes, les moyens caractéristiques
permettent d'écarter la semelle de la chaussure de la face supérieure du ski lorsque
le collier et incliné vers l'avant. Le choix de la position du point de contact par
rapport à l'axe d'articulation coque/collier permet d'obtenir un cintrage vers le
bas du ski lorsque le collier s'incline vers l'avant, et inversement de revenir en
position initiale par un effacement de ce "U" lorsque le collier est incliné vers
l'arrière.
[0027] Dans une autre forme de réalisation, les moyens caractéristiques sont entièrement
disposés sur la chaussure et sont constitués par :
- un étrier chevauchant la coque et comportant un axe transversal reliant les deux branches
de l'étrier au niveau du dégagement de lavoûte plantaire, la partie haute de l'étrier
étant articulée sur l'avant du collier,
- deux leviers, situés de part et d'autre de la semelle de la chaussure ayant chacun
une extrémité avant solidaire de la partie basse de la branche correspondante et une
extrémité arrière articulée sur les flancs de la semelle ;
de sorte que lorsque le collier s'incline vers l'avant, l'étrier et les leviers pivotent
vers l'avant, ce qui a pour effet de déplacer vers le bas l'axe transversal et de
repousser la face supérieure du ski, lorsque le collier est incliné vers l'avant.
[0028] Dans une forme avantageuse, il est possible de désolidariser la commande de l'étrier
par le collier, ce qui permet, notamment lors des phases de marche, d'éviter tout
mouvement vers le bas de l'axe, qui gênerait la marche. Dans cette forme d'exécution,
le collier comporte donc des moyens pour se solidariser temporairement à la partie
haute de l'étrier.
[0029] Dans une quatrième manière de réaliser l'invention, les moyens sont mécaniquement
reliés au ski et subissent l'action de poussée du collier lors de son inclinaison
vers l'avant. Ils sont ainsi constitués par au moins un bras dont l'extrémité basse
est articulée par rapport à la face supérieure du ski et dont l'extrémité haute forme
un levier disposé en regard de la partie avant du collier. Dans ce cas, le bras comporte
une zone intercalée entre la semelle de la chaussure et la face supérieure du ski,
de hauteur variable en fonction de l'inclinaison du bras.
[0030] Ainsi, le ski présente un bras articulé sur sa face supérieure, et dont la partie
haute est destinée à coopérer avec le collier de la chaussure afin de pivoter lors
de ses changements d'inclinaison. La partie basse de ce bras, située entre la semelle
de la chaussure et la face supérieure du ski, comporte une came qui pivote avec l'inclinaison
du bras vers l'avant, ce qui écarte la semelle de la face supérieure du ski et provoque
le cintrage de celui-ci.
[0031] Dans une première forme d'exécution, cette came intercalée entre la semelle de la
chaussure et la face supérieure du ski est une came excentrique dont l'épaisseur intercalée
entre la face supérieure du ski et le dessous de la semelle de la chaussure est maximum
lorsque le collier est incliné vers l'avant. De la sorte, en fonction de l'inclinaison
du bras et donc de la came, la distance de la face supérieure et la semelle de la
chaussure est modifiée.
[0032] Dans une autre forme d'exécution, la zone du bras intercalée entre la semelle de
la chaussure et la face supérieure du ski et d'une plaque formant un angle sensiblement
droit avec la partie haute du bras, et faisant office de came.
[0033] Ce système étant fixé à demeure sur le ski, il est prévu des moyens de l'escamoter
pour faciliter le portage des skis.
Description sommaire des dessins
[0034] La manière de réaliser l'invention ainsi que les avantages qui en découlent ressortiront
bien de la description des modes de réalisation qui suivent, à l'appui des figures
annexées dans lesquelles :
[0035] La figure 1 est une vue d'un côté d'un ski de l'art antérieur équipé d'une fixation
formée d'une butée et d'une talonnière emprisonnant une chaussure de ski.
[0036] Les figures 2a et 2b sont des vues de côté de la zone patin d'un ski équipée d'une
chaussure selon une première forme de réalisation de l'invention, lorsque le collier
est orienté respectivement vers l'avant et vers l'arrière.
[0037] Les figures 3a et 3b sont des vues de côté de la zone patin d'un ski équipée d'une
chaussure selon une seconde forme de réalisation de l'invention lorsque le collier
est orienté respectivement vers l'avant et vers l'arrière.
[0038] La figure 4 est une vue de côté de la zone patin d'un ski présentant une variante
de réalisation.
[0039] La figure 5 est une vue de dessus de la zone patin du ski montrant le levier correspondant
à la réalisation de la figure 4.
[0040] Les figures 6a et 6b sont des vues de côté de la zone patin d'un ski équipée d'une
chaussure selon une troisième forme de réalisation de l'invention, lorsque le collier
est orienté respectivement vers l'avant et vers l'arrière.
[0041] La figure 7 est une vue de côté d'une chaussure équipée d'une quatrième manière de
réaliser l'invention.
[0042] La figure 8 est une vue de devant de la chaussure de la figure 7.
[0043] Les figures 9a et 9b sont des vues de côté de la zone patin d'un ski équipée d'une
quatrième forme de réalisation de l'invention lorsque le collier est incliné respectivement
vers l'avant et vers l'arrière.
[0044] La figure 10 est une vue de dessus d'une variante des moyens des figures 9a et 9b.
[0045] La figure 11 est une vue de côté de détail d'une came conforme à la figure 10.
Manières de réaliser l'invention
[0046] Comme déjà dit, l'invention consiste à doter le ski et la chaussure de moyens permettant
la modification de la raideur du cambre et accessoirement des caractéristiques d'amortissement
du ski en fonction de la position de la partie haute, c'est-à-dire du collier de la
chaussure. Comme évoqué, plusieurs architectures permettent d'obtenir ce résultat.
De manière générale, le ski conforme à l'invention se présente sous la forme d'une
planche (1) sur laquelle est montée une fixation constituée d'une butée (2) avant
et d'une talonnière (3) arrière. Cette fixation emprisonne une chaussure (4) formée
d'une coque inférieure (6) sur laquelle est monté articulé, généralement au niveau
des malléoles, un collier (5) qui enserre le bas de la jambe.
Première manière de réaliser l'invention
[0047] Ce premier mode de réalisation est illustré par les figures 2a, 2b, 3a, 3b, 4 et
5 selon différentes variantes de réalisation mécanique.
[0048] Dans une première variante de réalisation illustrée à la figure 2a et 2b, le collier
(5) de la chaussure présente des prolongements latéraux (10) formant des bras dirigés
vers le bas, et passant notamment au niveau des malléoles (7). Il est bien entendu
possible de décaler la position de ces bras pour les adapter à une cinématique optimale
de déformation.
[0049] Les deux bras (10) situés de chaque côté du collier (5) se rejoignent vers le bas
par une entretoise transversale non representée. La partie basse de ces bras (ou l'entretoise)
est articulée sur un levier (12) disposé sensiblement parallèlement à la face supérieure
(8) du ski (1), et à l'axe longitudinal de la planche. Ce levier (12) s'étend vers
l'avant jusque dans une zone plus avant que la butée (2) de fixation. Au niveau de
cette butée, le levier peut être divisé en deux et passer de part et d'autre de celle-ci,
ou bien alors traverser une plateforme de surélevement (non representée).
[0050] Ce levier (12), dans la forme representée, est relié au niveau de son extrémité avant
(13) à la planche par un plot visco-élastique (14) présentant des capacités d'absorption
des vibrations. Bien entendu, la liaison peut être réalisée directement par une chape
d'articulation (non représentée) sans que le principe de l'invention soit modifié.
Il en serait de même d'une variante d'exécution utilisant deux bras et deux leviers
disposés symétriquement par rapport au plan longitudinal médian de la planche, de
chaque côté de la chaussure.
[0051] Le fonctionnement du dispositif est le suivant.
[0052] Comme illustré à la figure 2a, lors des phases de déclenchement du virage, le skieur
a tendance à fléchir sa jambe, ce qui emmène le collier (5) vers l'avant. De la sorte,
l'extémité basse (11) des bras (10) du prolongement du collier est tiré vers l'arrière.
Concomitamment le levier (12) est coulissé vers l'arrière, ce qui se traduit par un
léger recul du point d'appui (13) de ce levier (12) sur la face supérieure du ski.
Dans le cas où la liaison se fait par un plot visco-élastique (14) fixé par sa face
supérieure au levier (12) et par sa face inférieure à la surface supérieure du ski,
ce dernier transmet cette traction qui conduit à un cintrage du ski (1). De la sorte,
la surface de contact avec la neige est réduite et le début de virage s'en trouve
facilité. De plus, le cisaillement de ce plot provoque un léger amortissement.
[0053] Lorsque le skieur termine son virage, le collier (5) est reculé (voir figure 2b).
Le levier (12) est repoussé vers l'avant et la zone du ski située entre la talonnière
et le point d'appui (13) est mise sous traction, ce qui se traduit par une augmentation
de la raideur du ski, voire un léger cintrage vers le haut entraînant une augmentation
de la surface de contact avec la neige et améliorant ainsi la conduite et la terminaison
du virage.
[0054] Dans une variante de réalisation illustrée aux figures 3a et 3b, les bras caractéristiques
(16) associés au collier (5) sont montés coulissants par rapport à ce dernier, entre
deux galets (17, 18) formant respectivement butée avant et arrière, entre lesquelles
peut se mouvoir le bras (16). Chaque bras (16) est articulé sensiblement au niveau
des malléoles, sur une chape (19) formant palier d'articulation fixée sur la face
supérieure (8) du ski.
[0055] Ainsi, lorsque le collier (5) est incliné vers l'avant, la butée arrière (18) du
collier (5) entraîne le bras (16) en pivotement vers l'avant. L'extrémité basse (11)
du bras se trouve donc reculée et entraîne le recul du levier (12). Comme décrit précédemment,
cela provoque un léger cintrage du ski particulièrement apprécié pour le déclenchement
du virage.
[0056] A l'inverse, lorsque le skieur termine son virage et que le collier recule, la butée
avant (17) du collier (5) repousse le bras (16) vers l'arrière et le fait pivoter
par rapport au palier d'articulation. Le levier (12) se trouve donc coulissé vers
l'avant, ce qui entraîne, comme précédemment, une augmentation de la raideur du ski,
et éventuellement une augmentation du cambre.
[0057] Cette réalisation permet de désolidariser la chaussure du dispositif et donc de ne
pas géner la marche du skieur lorsqu'il a quité ses skis.
[0058] Les figures 4 et 5 illustrent des variantes de liaison mécanique entre le bras et
le levier. Ainsi, comme on le voit à la figure 4, l'extrémité inférieure de chaque
bras (10) solidaire du collier (5) peut ne pas être directement articulée sur le levier,
mais comporter une fourche (30) ouverte vers le bas à l'intérieur duquel vient se
loger avec capacité de translation une entretoise (32) formant la partie arrière du
levier (12) illustré à la figure 5. Ce levier (12) peut coulisser longitudinalement
grâce à différents plots (33) de guidage disposés sur la face supérieure du ski.
[0059] Ainsi, lorsque le collier (5) pivote par rapport à son articulation, le bras (10),
notamment son extrémité basse (30) décrit un cercle et l'entretoise (32) du levier
(12) est tantôt repoussée vers l'avant, en se déplaçant vers le fond de la fourche
(30), tantôt repoussée vers l'arrière en se décalant vers la sortie de la fourche
(30).
Deuxième manière de réaliser l'invention
[0060] Le second mode de réalisation illustré aux figures 6a et 6b fonctionne sur un principe
légèrement différent. Ainsi, comme illustré à la figure 6a, le collier (5) présente
des prolongements (20) formant bras dirigés vers le bas en direction de la face supérieure
(8) du ski. Ces extrémités basses sont localisés en avant du point d'articulation
(P) du collier (5) sur la coque (6).
[0061] Le dispositif peut comporter deux bras (20) disposés symétriquement sur le collier
de manière à former un étrier ou un "U" ouvert vers le haut dans lequel est insérée
la coque (6). Le fonctionnement de ce dispositif est le suivant.
[0062] A la figure 6b, on observe que lorsque le collier (5) est incliné vers l'avant, les
bras (20) sont donc orientés vers le bas et l'entretoise de la partie centrale (21)
de l'étrier est en appui sur la face supérieure (8) du ski. De la sorte, la planche
est cintrée entre la butée (2) et la talonnière (3) inversement (voir figure 6a) lorsque
le collier (5) est incliné vers l'arrière, cet étrier (20, 21) voit sa partie basse
avancée et remontée, ce qui supprime l'effet du dispositif sur la planche de glisse.
[0063] Avantageusement, la partie centrale de l'étrier peut venir se loger dans un dégagement
(22) transversal ménagé dans la semelle de la chaussure et prévu à cet effet pour
en masquer la présence notamment lors de la marche.
[0064] Par ailleurs, il peut être prévu des moyens de débrayage du mouvement de ces bras
pour permettre la marche et éviter l'endommagement de l'étrier.
Troisième manière de réaliser l'invention
[0065] Les figures 7 et 8 illustrent une variante de réalisation de l'invention dans lesquelles
les moyens caractéristiques sont uniquement disposés sur la chaussure.
[0066] Ainsi, comme on le voit à la figure 7, ces moyens sont constitués par un étrier (35)
chevauchant la partie avant de la coque (6), chaque branche (36) de l'étrier (35)
s'étendant du collier jusqu'à la semelle (9) de la chaussure au niveau du dégagement
de la voûte plantaire. Cet étrier (35) présente un axe transversal (37) qui relie
les deux extrémités basses (38, 39) de chaque branche (36). Cet axe transversal (37)
est articulé au niveau de l'extrémité avant (40) de deux leviers (41) dont l'extrémité
arrière (42) est articulée sur la semelle (9) de la chaussure. Dans la forme illustrée,
la partie (43) haute de l'étrier (35) est solidarisée de façon réversible à la partie
avant (44) du collier (5), par différents moyens équivalents à savoir encliquetage,
crochetage ou autres.
[0067] Le fonctionnement du dispositif est le suivant.
[0068] Lorsque le collier (5) est incliné vers l'arrière, comme illustré en trait plein,
la partie haute (43) de l'étrier se trouve dans sa position de hauteur maximale. Il
s'ensuit que l'axe transversal (37) de l'étrier (35) est encastré à l'intérieur du
logement (45) prévu à cet effet dans le dégagement de la voûte plantaire de la semelle
(9). Les leviers (41) sont eux-mêmes escamotés et sont parallèles au plan de la semelle
(9) de la chaussure.
[0069] A l'inverse, lorsque le collier (5) s'incline vers l'avant, comme illustré en trait
pointillé, le point de solidarisation de la partie haute (43) de l'étrier sur le collier
(5) pivote par rapport au point d'articulation (P) du collier sur la coque. Compte-tenu
des différentes articulations de l'étrier (35) et des leviers (41), le triangle formé
par le point d'accrochage des leviers (41) sur la semelle (9), l'axe transversal de
l'étrier (37) et le point d'accrochage de la partie haute (43) de l'étrier sur le
collier se déforme. Il s'ensuit que l'axe transversal (37) de l'étrier est déplacé
vers le bas et repousse donc la face supérieure du ski (8) vers le bas. Il s'ensuit,
comme évoqué précédemment un léger cintrage du ski favorable dans les phases de déclenchement
de virage.
Quatrième manière de réaliser l'invention
[0070] Dans la variante illustrée aux figures 9a et 9b, le ski présente sur sa face supérieure
au niveau du milieu de la chaussure, une chape d'articulation transversale (25). Sur
cette chappe d'articulation (25) est monté un levier (29). Ce levier (29) se décompose
en deux parties principales à savoir une partie basse (26) directement articulée sur
la chape (25) et une partie haute (27), s'étendant depuis la partie basse jusqu'au
niveau du collier de la chaussure. Dans sa partie haute (26), ce levier (29) présente
un prolongement (28) disposé devant le collier de la chaussure. La zone de prolongement
(28) est avantageusement profilée pour faciliter la coopération avec l'avant du collier
(5) de la chaussure.
[0071] La partie basse (26) du levier passe sous la semelle de la chaussure et est donc
intercalée entre la face supérieure (8) du ski et la semelle (9) de la chaussure,
en agissant comme une came.
[0072] Le fonctionnement du dispositif conforme à l'invention est le suivant.
[0073] Comme on le voit à la figure 9a, lorsque le collier (5) est incliné vers l'arrière,
la came (26) se trouve dans une position dans laquelle elle présente une hauteur minimale
H1 interposée entre la face supérieure (8) du ski et la semelle (9) de la chaussure.
Le ski possède donc alors ses qualités intrinsèques.
[0074] Inversement, lorsque le collier s'incline vers l'avant (voir figure 9b), celui-ci
entraîne dans son déplacement le levier (29) qui pivote par rapport à la chape (25).
Il s'ensuit que la came (26) pivote également et qu'elle présente alors une hauteur
H2 supérieure à la hauteur H1, interposée entre la semelle (9) de la chaussure et
la face supérieure du ski (8). Ceci se traduit par un déplacement vers le bas de la
face supérieure du ski (8) et donc un cintrage de ce dernier. L'inscription dans le
virage s'en trouve donc améliorée.
[0075] Dans une variante illustrée à la figure 11, la came est formée par une pièce excentrique
(50) disposée à l'extrémité basse du levier (27). Cette came (50) est de section non
circulaire, par exemple elliptique, de façon à ce que sa hauteur H3, comptée perpendiculairement
à la face supérieure du ski soit variable. Plus précisément, il importe que cette
hauteur H3 soit plus importante dans une position avancée du levier (27). Pour permettre
la rotation de la came (50), l'axe d'articulation (51) de celle-ci est monté dans
deux lumières verticales de la chape.
[0076] Ainsi, lorsque le collier (5) est orienté vers l'arrière, la came (50) présente une
section de moindre hauteur (H4) entre la semelle (9) et la face supérieure du ski.
[0077] L'axe d'articulation (51) se trouve dans une position basse des lumières de la chape.
[0078] A contrario, lorsque le levier (27) subit un pivotement vers l'avant consécutif à
une inclinaison du collier, également vers l'avant, la came (50) pivote elle aussi
en augmentant ainsi la distance (H5) entre la face supérieure du ski et la semelle.
L'axe d'articulation (51) se déplace vers le haut dans la lumière allongée (52) et
le cintrage recherché est obtenu.
[0079] Il ressort de ce qui précède que le dispositif conforme à l'invention, dans ses différentes
formes de réalisation, font coopérer des moyens disposés respectivement sur la chaussure
et/ou sur le ski avec comme résultat une modification de la raideur du ski sur des
zones bien localisées, et/ou une modification du cintrage en phase de déclenchement
de virage et éventuellement un amortissement des vibrations du ski.
[0080] En conclusion, les caractéristiques du ski s'adaptent dynamiquement à la position
du skieur, ce qui lui assure une conduite plus agressive et plus efficace, particulièrement
appréciée lors de la pratique du slalom spécial.
1. Ensemble chaussure/ski alpin, dans lequel le ski (1) comprend au niveau de la zone
patin une fixation de sécurité constituée d'une butée (2) et d'une talonnière (3),
destinée à solidariser la chaussure (4) au ski (1), et dans lequel la chaussure (4)
comprend une coque (6) coopérant avec la fixation et un collier enserrant dans la
partie basse de la jambe, ledit collier (5) étant articulé par rapport à la coque
(6) pour pouvoir s'incliner vers l'avant, notamment lors des phases de déclenchement
de virage, caractérisé en ce que l'ensemble comprend des moyens reliant le collier (5) de la chaussure et
le ski (1), destinés à modifier les caractéristiques de raideur et/ou de cambre du
ski en fonction de l'inclinaison du collier (5) par rapport à la coque (6) de la chaussure
(4).
2. Ensemble chaussure/ski alpin selon la revendication 1,
caractérisé en ce que les moyens sont constitués par au moins :
- un bras (10) associé au collier (5), disposé latéralement à la coque (6) de la chaussure,
dirigé en direction de la semelle de la chaussure, et passant par l'axe d'articulation
du collier sur la coque,
- un levier (12) coulissant disposé sensiblement parallèlement à la face supérieure
(8) du ski et dont l'extrémité arrière (11) coopère avec l'extrémité inférieure dudit
bras (10),
- un point d'appui (15) situé sur la face supérieure (8) du ski en avant de la butée
et coopérant avec l'extrémité avant (13) du levier au moins lorsque le collier est
incliné vers l'arrière.
3. Ensemble chaussure/ski alpin selon la revendication 2, caractérisé en ce que le bras (10) est solidaire du collier (5).
4. Ensemble chaussure/ski alpin selon la revendication 2, caractérisé en ce que le bras (10) est guidé en rotation par le collier (5), par rapport à une
articulation située sur une chape (19) formant palier fixée sur la face supérieure
du ski.
5. Ensemble chaussure/ski alpin selon la revendication 2, caractérisé en ce que l'extrémité arrière (11) du levier (12) coulissant est articulée sur l'extrémité
inférieure dudit bras (10).
6. Ensemble chaussure/ski alpin selon la revendication 2, caractérisé en ce que l'extrémité arrière (11) du levier (12) coulissant est montée dans une
fourche équipant l'extrémité inférieure du bras (10).
7. Ensemble chaussure/ski alpin selon la revendication 2, caractérisé en ce que le point d'appui (15) est solidaire de l'extrémité avant (13) du levier.
8. Ensemble chaussure/ski alpin selon la revendication 7, caractérisé en ce que le point d'appui (15) est relié à la face supérieure (8) du ski par un
plot visco-élastique (14).
9. Ensemble chaussure/ski alpin selon la revendication 2, caractérisé en ce que l'extrémité avant (13) du levier vient en butée sur le point d'appui (15).
10. Ensemble chaussure/ski alpin selon la revendication 1, caractérisé en ce que les moyens sont constitués par au moins un bras (20) solidaire du collier
(5) disposé latéralement à la coque (6) de la chaussure et dirigé en direction de
la face supérieure (8) de la planche, l'extrémité inférieure dudit bras (20) formant
un retour situées sous le dessous de la semelle de la chaussure et venant au contact
de la face supérieure (8) de la planche dans une zone située en avant de la projection
sur la face supérieure (8) de la planche du point d'articulation (P) du collier (5)
sur la coque (6), ledit retour servant de levier pour repousser la face supérieure
(8) du ski (8) vers le bas lorsque le collier (5) est incliné vers l'avant.
11. Ensemble chaussure/ski alpin selon la revendication 1,
caractérisé en ce que les moyens sont constitués par :
- un étrier (35) chevauchant la coque et comportant un axe transversal (37) reliant
les deux branches (36) de l'étrier au niveau du dégagement de la voute plantaire,
la partie haute (43) de l'étrier venant au contact du collier (5),
- deux leviers (41)situés de part et d'autre de la semelle de la chaussure et ayant
chacun une extrémité avant (40) solidaire de la partie basse (38) de la branche (36)
correspondante et une extrémité arrière (42) articulée sur les flancs de la semelle
(9),
de sorte que le lorsque le collier (5) s'incline vers l'avant, l'étrier (35) et les
leviers (41) pivotent vers l'avant ce qui a pour effet de déplacer vers le bas l'axe
transversal (37) et de repousser la face supérieure (8) du ski vers le bas lorsque
le collier (5) est incliné vers l'avant.
12. Ensemble chaussure/ski alpin selon la revendication 11, caractérisé en ce que les leviers (41) sont articulés sur l'étrier (35) au niveau de leur extrémité
avant (40).
13. Ensemble chaussure/ski alpin selon la revendication 12, caractérisé en ce que le collier (5) comporte des moyens (44) pour se solidariser temporairement
à la partie haute (43) de l'étrier.
14. Ensemble chaussure/ski alpin selon la revendication 1, caractérisé en ce que les moyens sont constitués par au moins un bras (27) dont l'extrémité basse
est articulée par rapport à la face supérieure du ski et dont l'extrémité haute forme
un levier (28) disposé en regard de la partie avant du collier (5), et en ce que ledit
bras (27) comporte une zone (26, 50) intercalée entre la semelle (9) et la face supérieure
(8) du ski, de hauteur variable en fonction de l'inclinaison du bras (27).
15. Ensemble ski-chaussure de ski, selon la revendication 14, caractérisé en ce que la zone du bras (27) intercalée entre la semelle (9) et la face supérieure
du ski est une came excentrique (50) dont l'épaisseur H intercalée entre la face supérieure
(8) du ski et le dessous de la semelle (9) est maximum lorsque le collier (5) est
incliné vers l'avant.
16. Ensemble ski-chaussure de ski, selon la revendication 14, caractérisé en ce que la zone du bras (27) intercalée entre la semelle (9) et la face supérieure
(8) du ski est une plaque (26) formant un angle sensiblement droit avec la partie
haute du bras.