[0001] L'invention concerne un procédé de traitement d'un gaz contenant du méthane, au moins
un hydrocarbure supérieur et de l'eau dans le but d'en éliminer l'eau et / ou d'en
extraire le (ou les) hydrocarbure(s) supérieur(s).
[0002] Le procédé selon l'invention permet de réaliser avantageusement les opérations de
traitement d'un gaz naturel : déshydratation et séparation d'au moins une partie des
hydrocarbures condensables inclus dans le gaz naturel, au sein d'un procédé intégré
et optimisé.
[0003] Les produits pétroliers et notamment le gaz naturel ainsi que d'autres gaz comprenant
des hydrocarbures tels que les gaz de raffinerie contiennent des produits indésirables
pour leur transport et/ou leur manipulation.
[0004] Parmi ces produits, l'un des principaux constituants à éliminer est l'eau, qui se
révèle être un promoteur d'hydrates et qui favorise la corrosion, en particulier lorsque
le produit pétrolier contient des composés acides tels que H
2S et/ou CO
2. Les hydrates peuvent provoquer le bouchage des conduites de transport et l'action
corrosive des gaz acides contenus dans un gaz naturel entraîne la détérioration des
conduites et des installations de traitement et distribution du gaz naturel, situées
en aval.
[0005] Ces deux phénomènes ont des conséquences extrêmement pénalisantes, pouvant conduire
à l'arrêt de production d'hydrocarbures.
[0006] Le traitement du gaz peut également comprendre une étape d'extraction des hydrocarbures
supérieurs, par exemple une fraction liquide de gaz naturel (LGN) definie comme comprenant
la fraction GPL et la fraction gazoline (C
5+). Cette étape a pour fonction soit d'ajuster le point de rosée hydrocarbures pour
éviter la condensation d'une fraction hydrocarbure au cours du transport du gaz, soit
de récupérer une fraction LGN; plus valorisable que le gaz traité.
[0007] Pour assurer le traitement du gaz naturel, différents procédés sont décrits dans
l'art antérieur.
[0008] Dans le brevet français FR-B-2 605 241, il est déjà décrit un procédé de traitement
faisant appel à un solvant physique réfrigéré et permettant de réaliser l'ensemble
des opérations de traitement du gaz naturel : déshydratation, seule ou associée à
l'extraction des hydrocarbures supérieurs et/ou la désacidification de ce gaz, s'il
contient des composés acides.
[0009] Dans le brevet français FR-B-2 636 857, il est montré que lorsque le procédé comprend
une étape de séparation des hydrocarbures supérieurs (LGN), la récupération du solvant
peut être améliorée par la mise en oeuvre d'une étape de lavage des hydrocarbures
liquides par l'eau issue de la déshydratation du gaz.
[0010] Des applications d'un tel procédé sont discutées par exemple dans la publication
"IFPEXOL for Environmentally Sound Gas Processing" de J. Larue, A. Minkkinen et S.
Patel, presentée à la 71
ème Convention du "GPA", en Mars 1992 à Anaheim en Californie (USA).
[0011] La publication "lntegrated Natural Gas Treatment : Gained Industrial Experience with
IFPEXOL Process" de S. Patel, A. Minkkinen, J. Larue et J.F. Levier presentée à l'IGCR
95 à Cannes (France) en Novembre 1995, décrit notamment la façon de laver à l'eau
la phase d'hydrocarbure liquide afin de récupérer au moins en partie le solvant qu'elle
contient.
[0012] La Figure 1 illustre le procédé tel que décrit dans l'art antérieur, lorsque le gaz
à traiter contient du méthane, de l'eau, au moins un hydrocarbure condensable, et
éventuellement des composés acides. Le procédé est alors décrit comme suit.
[0013] Le gaz naturel à traiter arrive par le conduit 1. Une fraction ou la totalité de
ce gaz est mise en contact, dans la zone de contact G1, formée par exemple par un
garnissage, avec un mélange de solvant et d'eau provenant du conduit 2.
[0014] Le solvant utilisé peut être choisi parmi le méthanol, l'éthanol, le propanol, le
méthylpropyléther, l'éthylpropyléther, le dipropyléther, le méthyltertiobutyléther,
le diméthoxyméthane, le diméthoxyéthane et le méthoxyéthanol. Le solvant préférentiellement
utilisé est le méthanol.
[0015] Une phase gazeuse chargée de solvant est évacuée en tête par le conduit 3. En fond,
on soutire par le conduit 4 une phase aqueuse substantiellement débarrassée de solvant.
[0016] Il est à noter que le procédé de traitement peut être optimisé en adaptant la fraction
de gaz devant passer dans la zone de contact G1 et la fraction de gaz passant en dehors
de cette zone de contact en fonction de la composition du gaz à traiter et des performances
requises. Cette option, représentée en pointillé sur la Figure 1, permet à une partie
du gaz à traiter, passant par le conduit 18, d'être directement mélangée au gaz sortant
de la zone de contact par le conduit 3. La fraction de gaz ne passant pas dans la
zone de contact peut être comprise, par exemple, entre 0 et 50 % de la quantité de
gaz à traiter.
[0017] La phase gazeuse de tête, contenant de l'eau et du solvant, est le plus souvent proche
de la saturation. Elle est refroidie dans l'échangeur El par un fluide frigorigène,
de manière à provoquer la condensation d'une phase aqueuse contenant du solvant et
d'une phase hydrocarbure liquide. Il a été montré que le solvant entraîné en phase
gazeuse à la sortie de la zone de contact G1 peut suffire à éviter les problèmes de
formation d'hydrates liés à l'étape de refroidissement El. Un appoint peut être apporté
au procédé par le conduit 5 pour compenser les pertes de solvant dans le gaz traité,
dans la fraction hydrocarbure liquide (LGN) et éventuellement dans l'eau rejetée par
le conduit 19. Par ce conduit 19, un courant de purge peut être établi pour maintenir
constantes les quantités de solvant et d'eau présentes dans l'ensemble du circuit.
[0018] Le mélange de phases gazeuse et liquides ainsi obtenu sort de l'échangeur E1 par
le conduit 6. Les deux phases liquides et la phase gazeuse sont séparées dans un ballon
B1.
[0019] Le gaz traité déshydraté est évacué de ce ballon par le conduit 7. Les deux phases
liquides issues de la condensation se séparent par décantation dans la partie basse
de B1.
[0020] La phase aqueuse formée essentiellement d'eau et de solvant sort du ballon B1 par
le conduit 8. Une pompe P1 permet de réinjecter ladite phase aqueuse par le conduit
9 dans le conduit 2, puis dans la zone de contact G1.
[0021] La phase hydrocarbure, formée essentiellement des hydrocarbures condensables du gaz
naturel (C
3+) (contenant éventuellement de l'éthane et du méthane dissous) et de solvant, peut
être évacuée vers un circuit de stabilisation et de lavage par le conduit 10. À ce
stade du procédé, un échange de chaleur entre le gaz issu de la zone de contact G1
et la phase hydrocarbure évacuée par le conduit 10 peut être envisagé. Il n'a pas
été représenté sur la Figure 1. Une pompe P2 permet d'envoyer la phase hydrocarbure
liquide par le conduit 11 dans une colonne de stabilisation S1. Le but de cette opération
est de séparer de ladite phase hydrocarbure liquide les composants les plus volatils
(C
1 et C
2), qui sont évacués hors du procédé par le conduit 12. La phase hydrocarbure contenant
les constituants de masse molaire supérieure à C
2 est envoyée, par le conduit 13, dans une zone de lavage à l'eau G2 afin d'éliminer
le solvant qu'elle contient.
[0022] La phase aqueuse, évacuée de la zone de contact G1 par le conduit 4 et débarrassée
au moins en partie du solvant, est reprise par une pompe P3. Une fraction de cette
phase aqueuse dont le débit est contrôlé est envoyée à la zone de contact G2 par le
conduit 14. L'autre fraction est évacuée par le conduit 19.
[0023] Dans cette zone de contact G2, la fraction de la phase aqueuse arrivant par le conduit
14 permet d'assurer le lavage de la phase hydrocarbure. Le solvant ayant plus d'affinité
pour l'eau que pour la phase hydrocarbure est récupéré au moins en partie dans la
phase aqueuse à l'issue de cette étape.
[0024] La phase hydrocarbure liquide, débarrassée de la majeure partie du solvant qu'elle
contenait à l'entrée de la zone de contact G2, est évacuée par le conduit 15.
[0025] La phase aqueuse contenant du solvant est évacuée de la zone de contact G2 par le
conduit 16. Cette phase est reprise par la pompe P4 et injectée dans la zone de contact
G1. Selon sa concentration en solvant, cette phase est injectée dans la zone de contact
G1 par le conduit 17, ou injectée dans le conduit 2, afin d'être mélangée à la phase
aqueuse arrivant du ballon B1 par le conduit 9.
[0026] Ce procédé présente des avantages importants par rapport aux techniques antérieures.
Il permet un gain significatif en investissement ainsi qu'en encombrement et poids
des installations, ce qui peut être particulièrement avantageux dans un contexte de
production d'hydrocarbures en mer. En outre, la séparation de l'eau et du solvant
par le contact avec le gaz à traiter permet d'éviter d'avoir à réaliser une séparation
par distillation.
[0027] Il est apparu néanmoins possible d'aboutir à des gains supplémentaires en investissements,
encombrement et poids et en frais opératoires liés au traitement du gaz, en opérant
selon le procédé de l'invention.
[0028] Le procédé et l'installation selon l'invention sont avantageusement utilisés pour
déshydrater un gaz tel que le gaz naturel comportant de l'eau et au moins un hydrocarbure
supérieur, ainsi que pour obtenir une séparation au moins partielle des hydrocarbures
condensables.
[0029] D'une manière générale, le procédé de l'invention peut être défini comme comprenant
les étapes suivantes :
a) on sépare le gaz à traiter en deux flux (1) et (2). La fraction de gaz présente
dans le flux (2) peut représenter de 25 à 95 % du gaz à traiter ; elle représentera
de préférence de 30 à 50 % de la totalité du gaz ;
b) on met en contact au moins le flux (2) avec une phase liquide recyclée renfermant
à la fois de l'eau et un solvant consistant en général en un composé organique non
hydrocarbure, normalement liquide, autre que l'eau, au moins partiellement miscible
à l'eau et distillable à une température inférieure à la température de distillation
de l'eau. Au cours de cette étape, le solvant passe préférentiellement dans le gaz.
Au sortir de cette zone de contact, on obtient une phase liquide aqueuse appauvrie
en solvant, par comparaison avec phase liquide recyclée, et une phase gazeuse chargée
en solvant.
c) on sépare la phase aqueuse appauvrie en solvant et la phase gazeuse chargée en
solvant ;
d) on met en contact la phase aqueuse appauvrie en solvant avec le flux (1) de gaz
à traiter exempt de solvant dans une zone de contact, le solvant residuel est extrait
de phase aqueuse appauvrie par le gaz. et une phase gazeuse riche en solvant et une
phase liquide aqueuse régénérée sont issues de cette étape ;
e) on mélange la phase gazeuse riche en solvant issue de l'étape (d) soit à la phase
gazeuse chargée en solvant issue de l'étape (b), soit au flux de gaz (2) exempt de
solvant en amont de l'étape (b) ;
f) on refroidit la phase gazeuse issue du mélange, de manière à condenser partiellement
une phase aqueuse et une phase hydrocarbure, contenant toutes deux du solvant, et
à produire le gaz traité, débarrassé au moins en partie de l'eau et des hydrocarbures
supérieurs qu'il contenait ;
g) on sépare la phase aqueuse et la phase hydrocarbure issues de l'étape (f) par décantation
; et
h) on recycle la phase aqueuse riche en solvant à l'étape (b) du procédé.
[0030] Si cela est nécessaire, la phase liquide hydrocarbure peut être stabilisée et/ou
débarrassée du solvant qu'elle contient. Pour ce faire, la phase hydrocarbure liquide
est envoyée dans une colonne de stabilisation. Au cours de l'étape de stabilisation,
les composés les plus volatils de la phase liquide hydrocarbure (C
1 et C
2) sont évacués hors du procédé. La phase hydrocarbure contenant les composés supérieurs
à C
2 est ultérieurement mise en contact avec une phase aqueuse exempte de solvant, qui
peut être tout ou partie de l'eau issue de l'étape (d). À l'issue de ce contact, qui
peut être réalisé par exemple dans un mélangeur statique, la phase hydrocarbure exempte
de solvant et la phase aqueuse chargée de solvant sont séparées. La phase hydrocarbure
est soutirée. La phase aqueuse chargée de solvant est recyclée à l'étape (b) et/ou
à l'étape (d).
[0031] Les avantages et caractéristiques de l'invention apparaîtront mieux à la lecture
des descriptions données à titre d'exemples de réalisation, dans le cadre d'applications,
nullement limitatives, au traitement du gaz naturel, en se référant aux dessins annexés.
[0032] Les Figures 2 et 3 schématisent le procédé selon l'invention, à savoir une amélioration
du procédé tel que décrit dans l'art antérieur, permettant de diminuer la section
et/ou la hauteur de la zone de contact G1 par l'introduction dans l'installation d'un
mélangeur et d'un séparateur situés en amont de la zone de contact G1 et permettant
un premier échange entre la solution aqueuse chargée de solvant et tout ou partie
du gaz à traiter.
[0033] La Figure 2 présente une mise en oeuvre du procédé selon l'invention.
[0034] La phase aqueuse chargée en solvant issue du ballon séparateur B1 par le conduit
8 est envoyée par la pompe P1 dans le conduit 9 jusqu'à un mélangeur M21, également
connecté au gaz de by-passe amené par le conduit 18. Au cours de l'étape de mélange,
le gaz se charge de solvant. Les deux phases aqueuse et gazeuse sont séparées dans
un ballon séparateur B21.
[0035] Le gaz chargé de solvant issu du ballon B21 par le conduit 21 est mélangé au gaz
sortant de la zone de contact G1, puis envoyé par le conduit 3 vers l'échangeur E1.
[0036] La phase aqueuse, issue du ballon B21 est soulagée d'une partie du solvant qu'elle
contenait au sortir du ballon B1. Elle est injectée par le conduit 22 en tête de la
zone de contact G1. La concentration en solvant de la phase aqueuse circulant par
le conduit 22 est bien inférieure à celle de la solution circulant dans le conduit
9. Du fait de cette faible concentration, la section et/ou la hauteur de la zone de
contact G1 seront sensiblement réduites par rapport à celles qui sont nécessaires
dans le procédé tel que décrit dans l'art antérieur. Si le procédé contient une étape
de lavage des hydrocarbures supérieurs, la phase aqueuse issue du lavage par le conduit
17 peut éventuellement être injectée dans la zone de contact G1 ou mélangée à la phase
aqueuse dans le conduit 22. Le choix du point d'injection de la phase aqueuse sera
effectué selon sa teneur en solvant.
[0037] Une quantité moindre de solvant devant passer de la phase aqueuse à la phase gazeuse
au cours de l'étape de contact dans la zone G1, la taille de l'équipement utilisé
pour ce contact est significativement réduite.
[0038] Un autre mode de réalisation du procédé de l'invention est décrit ci-après en liaison
avec la Figure 3.
[0039] Selon ce mode de réalisation, l'ensemble du gaz produit, issu des conduits 3 et 18,
est envoyé dans le mélangeur M22. L'ensemble du gaz produit est mélangé, dans le mélangeur
M22, à la solution aqueuse chargée en solvant provenant du ballon B1 et circulant
par le conduit 9. Le gaz sortant du ballon de séparation B22 par le conduit 23 est
directement envoyé à l'échangeur El, alors que la phase aqueuse issue du ballon B22
par le conduit 24 est injectée dans la zone de contact G1. Comme décrit précédemment,
si le procédé contient une étape de lavage des hydrocarbures supérieurs, la phase
aqueuse issue du lavage par le conduit 17, peut éventuellement être injectée dans
la zone de contact G1 ou mélangée à la phase aqueuse dans le conduit 24.
[0040] Le solvant mis en jeu dans le procédé de l'invention peut être choisi parmi le méthanol,
l'éthanol, le propanol, le méthylpropyléther, l'éthylpropyléther, le dipropyléther,
le méthyltertiobutyléther, le diméthoxyméthane, le diméthoxyéthane et le méthoxyéthanol.
On utilise le plus souvent le méthanol.
[0041] L'Exemple 1 suivant illustre un procédé selon l'art antérieur et les Exemples 2 et
3 illustrent les deux modes particuliers de réalisation du procédé de l'invention.
EXEMPLE 1
[0042] Dans cet exemple, on procède selon l'art antérieur représenté par la Figure 1. Un
gaz naturel est produit sur site, à une pression de 6 MPa et une température de 50°C
; sa composition est donnée dans le tableau 1 et il est saturé en eau (teneur en eau
à l'entrée du procédé environ 6000 ppm mole). Son débit est de 108tonnes/h, ce qui
correspond à une production de 3,0 MNm3/jour.
Tableau 1
| Composition |
% Poids |
| N2 |
1,6 |
| CO2 |
3,4 |
| Méthane |
70,4 |
| Éthane |
11,6 |
| Propane |
6,9 |
| Butane |
3,7 |
| Pentane |
1,4 |
| C6+ |
1,0 |
[0043] Le solvant utilisé pour cette application est le méthanol.
[0044] La moitié du gaz produit (50 %) est injectée dans la zone de contact G1 par le conduit
1, l'autre moitié (50 %) est dirigée en tête du contacteur par le conduit 18. Le contacteur
G1 contient un garnissage structuré. Une solution aqueuse de méthanol recyclée est
injectée en tête du contacteur par le conduit 2 à une température de - 25°C. À l'issue
de l'étape de contact, une solution aqueuse appauvrie en solvant est issue du contacteur
par le conduit 4. Cette solution contient 160 ppm en masse de méthanol. Son débit
est de 245 kg/h; il correspond approximativement à la quantité d'eau initialement
contenue dans les 108 tonnes/h de gaz à traiter.
[0045] Le gaz contenant le méthanol est dirigé vers l'échangeur E1 par le conduit 3. Il
reçoit, par le conduit 5, un appoint de 40 kg/h de méthanol. Après l'échangeur E1,
sa température est de - 25°C. Le ballon B1 permet de séparer :
- un flux de 99 500 kg/h de gaz traité, contenant une teneur résiduelle en eau de 14
ppm mole, soit 10,5 kg/MNm3;
- un flux de 616 kg/h d'eau chargée de méthanol, qui est recyclé vers la zone de contact
G1 ; et
- un flux de 8400 kg/h de phase hydrocarbure condensée (LGN) qui peut éventuellement
être stabilisée, puis lavée afin d'être débarrassée du solvant qu'elle contient, avant
valorisation.
EXEMPLE 2
[0046] Dans cet exemple, le gaz naturel, produit sur site, dans les conditions de pression,
température, débit et composition décrites dans l'exemple 1, est traité selon le procédé
de l'invention décrit dans la Figure 2. Dans cet exemple encore, le solvant utilisé
est le méthanol.
[0047] Dans cet exemple, le gaz de by-passe issu du conduit 18 est mis au contact de la
phase aqueuse chargée en solvant issue du ballon séparateur B1 par le conduit 8 dans
le melangeur M21. Au cours de cette étape de mélange le gaz se charge de solvant.
[0048] Les deux phases aqueuse et gazeuse sont séparées dans un ballon séparateur B21.
[0049] Le gaz chargé de solvant issu du ballon B21 par le conduit 21 est mélangé au gaz
sortant de la zone de contact G1, puis envoyé par le conduit 3 vers l'échangeur E1.
[0050] La phase aqueuse issue du ballon B21 est soulagée d'une partie du solvant qu'elle
contenait au sortir du ballon B1. Elle est injectée par le conduit 22 en tête de la
zone de contact G1.
[0051] De par le premier contact entre le gaz et la solution riche en solvant dans le mélangeur
M21, la concentration en solvant de la solution aqueuse est divisée par un facteur
2,5 par rapport à la solution circulant dans le conduit 9.
[0052] Toutes choses étant égales par ailleurs, des performances identiques à celles décrites
dans l'exemple 1 sont obtenues avec une colonne de contact G1 réduite. En effet, le
contact de la solution aqueuse partiellement appauvrie en solvant par 44 % du gaz
à traiter suffit à l'épuisement de la solution.
[0053] Lorsque 56 % du gaz est by-passé, la concentration en méthanol de l'eau issue du
contacteur par le conduit 4 est de 160 ppm masse, comme dans l'exemple 1.
[0054] L'épuisement de la solution est obtenu en utilisant une colonne d'un diamètre réduit
de 6 % par rapport à l'exemple précédent. Le poids d'acier lié à cette diminution
de diamètre varie en proportion de cette réduction.
[0055] Le volume de garnissage nécessaire est lui aussi conséquemment réduit, de 12 % ;
en revanche, la hauteur de garnissage est identique à celle de l'exemple 1.
EXEMPLE 3
[0056] Dans cet exemple, le gaz naturel, produit sur site dans les conditions de pression,
température, débit et composition décrites dans l'exemple 1, est traité selon le procédé
de l'invention décrit dans la Figure 3. Dans cet exemple encore, le solvant utilisé
est le méthanol.
[0057] Selon cet exemple, une part du gaz à traiter est envoyée dans la zone de contact
G1 par le conduit 1. Comme précédemment, le gaz chargé en solvant après le contact,
sort de G1 par le conduit 3. Il est mélangé au gaz by-passé exempt de solvant dans
le conduit 18. L'ensemble du gaz est mélangé à la solution aqueuse chargée de solvant
recyclée dans un mélangeur M22. Le mélange est envoyé au ballon séparateur B22.
[0058] Deux phases sont issues du ballon séparateur B22 :
- le gaz contenant le solvant, qui est envoyé par le conduit 23 à la l'échangeur de
chaleur E1 ; et
- la solution aqueuse de solvant partiellement appauvrie, qui est envoyée par le conduit
24 à la zone de contact G1.
[0059] De par le premier contact entre le gaz et la solution riche en solvant dans le mélangeur
M22, la concentration en solvant de la solution aqueuse est divisée par un facteur
3,5 par rapport à la solution circulant dans le conduit 9.
[0060] Toutes choses étant égales par ailleurs, des performances identiques à celles décrites
dans l'exemple 1 sont obtenues avec une colonne de contact G1 réduite. En effet, le
contact de la solution aqueuse partiellement appauvrie en solvant par 31 % du gaz
à traiter suffit à l'épuisement de la solution.
[0061] Lorsque 69 % du gaz est by-passé, la concentration en méthanol de l'eau issue du
contacteur par le conduit 4 est de 160 ppm en masse, comme dans l'exemple 1.
[0062] L'épuisement de la solution est obtenu en utilisant une colonne d'un diamètre réduit
de 21 % par rapport à l'exemple 1. Le poids d'acier lié à cette diminution de diamètre
varie en proportion de cette réduction.
[0063] Le volume de garnissage nécessaire est lui aussi conséquemment réduit, de 38 % ;
en revanche, la hauteur de garnissage est identique à celle de l'exemple 1.
[0064] La comparaison de l'exemple 1 selon l'art antérieur, d'une part, et des exemples
2 et 3 selon l'invention, d'autre part, met en évidence que le procédé selon l'invention
permet une réduction significative de la section de la zone de contact, et, par là-même,
de l'encombrement et du poids induits par cet équipement, ainsi que du volume de garnissage
nécessaire à une opération de traitement de gaz.
[0065] Le procédé selon l'invention offre comme avantage d'être moins coûteux en investissement
que les procédés décrits dans l'art antérieur, de par la double réduction de la section
du contacteur et du volume de garnissage nécessaires aux opérations.
1. Procédé de traitement d'un gaz contenant du méthane, de l'eau et au moins un hydrocarbure
supérieur au méthane, ledit procédé visant à débarrasser au moins en partie le gaz
de l'eau et des hydrocarbures supérieurs au méthane, et étant caractérisé en ce qu'il
comprend les étapes suivantes :
a) on sépare le gaz à traiter en deux flux (1) et (2) ;
b) on met en contact au moins ledit flux (2) dudit gaz avec une phase liquide recyclée
renfermant à la fois de l'eau et un solvant,consistant en un composé organique non
hydrocarbure, normalement liquide, autre que l'eau, au moins partiellement miscible
à l'eau et distillable à une température inférieure à la température de distillation
de l'eau, de manière à obtenir une phase liquide aqueuse appauvrie en solvant, par
comparaison avec ladite phase liquide recyclée, et une phase gazeuse chargée en solvant
;
c) on sépare la phase aqueuse appauvrie en solvant et la phase gazeuse chargée en
solvant ;
d) on met en contact ladite phase aqueuse appauvrie en solvant avec le flux (1) dudit
gaz à traiter exempt de solvant dans une zone de contact, le solvant étant extrait
de ladite phase aqueuse appauvrie par ledit gaz à traiter, une phase gazeuse riche
en solvant et une phase liquide aqueuse régénérée étant issues de cette étape ;
e) on mélange ladite phase gazeuse riche en solvant issue de l'étape (d) soit à la
phase gazeuse chargée en solvant issue de l'étape (b), soit au flux de gaz (2) exempt
de solvant de l'étape (a) ;
f) on refroidit ladite phase gazeuse issue du mélange, de manière à la condenser partiellement
en une phase aqueuse et une phase hydrocarbure, contenant toutes deux du solvant,
et produisant le gaz traité, débarrassé au moins en partie de l'eau et des hydrocarbures
supérieurs qu'il comprenait ;
g) on sépare par décantation lesdites phase aqueuse et phase hydrocarbure issues de
l'étape (f) ; et
h) on recycle ladite phase aqueuse riche en solvant à l'étape (b).
2. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que, dans l'étape (a), la fraction
de gaz présente dans le flux (2) est supérieure à celle présente dans le flux (1).
3. Procédé selon la revendication 1 ou 2, caractérisé en ce que la phase gazeuse riche
en solvant issue l'étape (d) est mélangée à la phase gazeuse riche en solvant issue
de l'étape (b) du procédé.
4. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'à l'issue l'étape de contact
(c), la totalité du gaz à traiter est mise en contact au cours de l'étape (b) avec
la phase aqueuse recyclée riche en solvant.
5. Procédé selon l'une des revendications 1 à 4, caractérisé en ce que, à l'issue des
étapes de contact (b) et (d), un appoint de solvant est apporté à la phase gazeuse
afin d'éviter les problèmes de formation d'hydrates liés à l'étape de refroidissement
(f) et de compenser les pertes de solvant dans le gaz traité.
6. Procédé selon l'une des revendications 1 à 5, caractérisé en ce que le solvant est
choisi parmi le méthanol, l'éthanol, le propanol, le méthylpropyléther, l'éthylpropyléther,
le dipropyléther, le méthyltertiobutyléther, le diméthoxyméthane, le diméthoxyéthane
et le méthoxyéthanol.
7. Procédé selon la revendication 6, caractérisé en ce que le solvant est le méthanol.
8. Procédé selon l'une des revendications 1 à 7, caractérisé en ce que la phase aqueuse
riche en solvant recyclée à l'étape (b) contient de 50 à 95 % poids de solvant.
9. Procédé selon l'une des revendications 1 à 8, caractérisé en ce que la température
de la phase gazeuse à l'issue de l'étape (f) est comprise entre -15 et - 80°C, le
gaz obtenu à l'issue de l'étape (f) étant débarrassé de la majeure partie du propane
qu'il contenait à l'entrée du procédé.
10. Procédé selon l'une des revendications 1 à 9, caractérisé en ce que la fraction de
gaz traversant la zone de contact de l'étape (d) représente de 25 à 95 % du gaz à
traiter.
11. Procédé selon l'une des revendications 1 à 9, caractérisé en ce que la fraction de
gaz traversant la zone de contact de l'étape (d) représente de 30 à 50 %du gaz à traiter.
12. Procédé selon l'une des revendications 1 à 11, caractérisé en ce que l'on soumet la
phase liquide hydrocarbure issue de l'étape (g) à une étape de stabilisation pour
en éliminer les composés volatils.
13. Procédé selon l'une des revendications 1 à 12, caractérisé en ce que l'on soumet la
phase liquide hydrocarbure issue de l'étape (g) à une étape de lavage afin d'en récupérer
le solvant.
14. Procédé selon la revendication 13, caractérisé en ce que le lavage de la phase liquide
hydrocarbure est réalisé avec la phase aqueuse régénérée issue de l'étape (d) sur
laquelle un courant de purge est établi de manière à maintenir sensiblement constantes
les quantités de solvant et d'eau présentes dans l'ensemble du circuit.
15. Procédé selon la revendication 13, caractérisé en ce que l'étape de lavage de la phase
hydrocarbure liquide est réalisée par la mise en oeuvre de mélangeurs décanteurs.
16. Procédé selon la revendication 13, caractérisé en ce que l'étape de lavage de la phase
hydrocarbure liquide est réalisée par contact dans une colonne.