(57) Le matériau allume-feu est essentiellement composé de débris végétaux qui sont imprégnés
dans un bain constitué uniquement de produits naturels, par exemple cire d'abeille,
stéarine et paraffine alimentaire.
Ainsi, lors de la combustion, aucune odeur ou fumée désagréable n'est produite. Par
la présence de stéarine ou équivalent dans le bain d'imprégnation, l'aspect de l'allume-feu
est très naturel, le produit n'étant pas gras et ne salissant pas les doigts de l'utilisateur.
[0001] La présente invention concerne un procédé de préparation d'un matériau allume-feu
ainsi que ledit matériau.
[0002] Lorsqu'une personne désire allumer un feu, que ce soit un feu libre, un feu dans
une cheminée ou un feu dans un barbecue ou autre dispositif, elle utilise généralement
du papier afin d'amorcer l'allumage de petit bois. A côté de la nécessité de devoir
disposer de ces éléments, l'allumage du feu principal n'est pas toujours garanti.
Il existe des produits allume-feu permettant de s'affranchir des éléments cités mais
qui jusqu'à présent rencontrent un certain nombre d'inconvénients. Ces allume-feu
connus peuvent être de type liquide, pâteux ou solide. Dans le cas des allume-feu
liquides ou pâteux, on utilise pour leur préparation des dérivés du pétrole ou du
charbon, matières premières non renouvelables et dont la combustion peut dégager des
odeurs désagréables. D'autre part l'expérience a montré que certains des produits
liquides utilisés comme allume-feu peuvent être dangereux d'emploi. En ce qui concerne
les produits solides, entièrement synthétiques ou comportant une certaine quantité
de débris de bois agglomérés dans un produit inflammable, généralement synthétique,
ces produits sont aussi dans une grande proportion constitués de matières premières
non renouvelables et dégageant des odeurs désagréables lors de leur combustion. Ces
produits solides sont généralement gras au toucher et salissent les doigts de l'utilisateur.
L'emploi de l'un ou l'autre des produits ci-dessus provoque généralement lors de sa
combustion un écoulement de la matière dont il est imprégné, écoulement encrassant
le foyer de cheminée ou du barbecue.
[0003] Un premier but de l'invention est de proposer un procédé de fabrication d'un matériau
allume-feu ne rencontrant pas les inconvénients des produits connus
[0004] Ce but est atteint par un procédé répondant aux caractéristiques des revendications
1 à 10.
[0005] Un autre but de l'invention est de proposer un produit allume-feu, facile d'utilisation,
fabriqué selon le procédé précédent.
[0006] Cet autre but est obtenu par un produit possédant les caractéristiques des revendications
11 à 13.
[0007] La description qui suit donne encore d'autres avantages du procédé et du produit
selon l'invention, cette description pouvant être facilement comprise sans qu'une
figure soit nécessaire.
[0008] Le produit allume-feu proposé est essentiellement composé de copeaux, ou bûchettes
ou plus généralement de débris de produits végétaux. On entend ici notamment des résidus
de produits d'abattage ou de coupe, des résidus de bois provenant de scieries ou autres
installations de façonnage du bois, plus généralement tout débris végétal n'ayant
pas été traité, c'est-à-dire n'ayant pas été directement déjà utilisé à d'autres fins.
Par exemple on s'abstiendra d'utiliser du bois ayant déjà servi pour la confection
d'un objet, comme une caisse par exemple, vu que ce bois pourrait avoir été traité
et imprégné ou peint, ce qui risque d'apporter des odeurs désagréables lors de sa
combustion. Ces débris végétaux peuvent provenir de toutes espèces aptes à être brûlées.
De préférence on prendra des débris en provenance de résineux vu leur facilité de
combustion, des débris en provenance de feuillus étant aussi admissibles.
[0009] Ces débris sont tout d'abord réduits en copeaux ou plaquettes ayant approximativement
des dimensions longitudinales de l'ordre de un à quelques centimètres et une épaisseur
de l'ordre de 1 à 20 mm. Ces copeaux sont généralement obtenus dans une déchiqueteuse
et sont donc de forme et de dimensions assez irrégulières. Dans le cas où ce sont
des chutes d'abattage qui sont utilisées, les copeaux peuvent aussi être constitués
de l'écorce des branches. Dans le cas où les débris utilisés sont de dimensions nettement
inférieures à celles mentionnées précédemment, par exemple de la sciure, des débris
de feuilles ou des débris de pives(cônes), il est possible de premièrement créer des
plaquettes ou bûchettes, par pressage de ces débris, sans additifs, de manière à obtenir
des éléments ayant approximativement les dimensions mentionnées. Un lot de plaquettes
allume-feu peut comprendre des plaquettes obtenues par déchiquetage aussi bien que
par pressage. Dans la suite de la description ainsi que dans les revendications, on
parlera de plaquettes, sans préciser leur mode d'obtention qui peut être l'un ou l'autre
de ceux décrits précédemment.
[0010] Le procédé de préparation consiste à imprégner ces plaquettes dans un bain composé
de 1 à 5 %, de cire d'abeille, de préférence entre 2 et 3%, de 1 à 5 % de stéarine,
de préférence entre 2 et 3%, le solde étant constitué de paraffine alimentaire. La
cire d'abeille permet de faciliter la combustion tout en dégageant une odeur agréable,
la stéarine permet de donner un aspect sec et non gras à la plaquette terminée alors
que la paraffine en facilite la combustion. On remarque que tous ces produits sont
des produits naturels, c'est-à-dire ne faisant pas appel à la chimie du pétrole, du
charbon ou de toute autre produit de base non renouvelable; ils pourraient être remplacés
par des produits équivalents, aussi naturels, ayant les mêmes propriétés, par exemple
la cire d'abeille pourrait être remplacée par une autre cire naturelle, la stéarine
par tout autre extrait de graisse animale et la paraffine par tout autre produit obtenu
à partir de la distillation du goudron de bois, du goudron de matière animale, de
la cire ou de toute autre matière organique.
[0011] Le mélange de produits ci-dessus est constitué en un bain, chauffé à une température
comprise entre 150 et 250 °C, de préférence entre 180 et 200 °C, dans lequel les plaquettes
sont introduites par lots ou selon un processus continu, la durée de séjour des plaquettes
dans le bain étant de l'ordre de 2 à 20 minutes, de préférence entre 3 et 10 minutes,
cette durée étant essentiellement fonction du degré d'humidité des plaquettes introduites
ainsi que de leurs dimensions. Durant cette étape, l'humidité est extraite des plaquettes,
celles-ci pouvant alors être imprégnées à coeur par le produit du bain.
[0012] Suite à cette imprégnation, les plaquettes sont extraites du bain, puis sont égouttées
et séchées. Cette dernière opération peut se faire à l'air libre ou sous l'action
d'un flux d'air forcé à température contrôlée. On veillera pour cette opération à
ne pas avoir de gros amas de plaquettes afin d'éviter un autoallumage lorsque leur
température est encore élevée.
[0013] Après séchage, les plaquettes se présentent sous une forme très naturelle ayant un
aspect non traité et de couleur naturelle; leur surface extérieure est sèche et non
grasse faisant que les plaquettes ne se collent pas entre elles et sont faciles à
saisir sans salir les mains de l'utilisateur.
[0014] Elles peuvent ensuite être conditionnées pour la vente, en vrac ou en emballages
comportant une certaine quantité desdites plaquettes ou alors être préparées en doses
individuelles, emballées chacune dans son propre emballage combustible, une dose étant
suffisante pour l'allumage d'un foyer. Pour l'emballage desdites doses, on choisira
de préférence un emballage obtenu à partir d'un matériau végétal, comme par exemple
un filet de chanvre ou autre produit adéquat. Pour les plaquettes plus spécialement
destinées à des barbecues, il est possible d'inclure une certaine proportion d'herbes
ou de feuilles aromatiques dans l'emballage des plaquettes.
[0015] Un autre avantage de l'utilisation de ce moyen pour l'allumage d'un foyer est qu'il
est constitué de plaquettes individuelles, ce qui fait que de l'air est compris entre
les plaquettes, facilitant ainsi leur combustion, sans que de la cendre puisse étouffer
le début du feu. Leur fort pouvoir calorifique fait que seule une petite quantité
de plaquettes est nécessaire, étant même possible alors de s'affranchir de la nécessité
d'utiliser du petit bois pour le démarrage du feu. La combustion de ces plaquettes
est longue, sans émanations toxiques ou d'odeurs désagréables, les produits d'imprégnation
brûlant complètement, il n'y a donc pas d'écoulements susceptibles d'encrasser le
foyer.
[0016] A côté de leur utilisation mentionnée ci-dessus, ce moyen d'allumage utilise des
sous-produits de scierie ou de débitage de bois qui sont ainsi revalorisés.
1. Procédé de préparation d'un matériau allume-feu se présentant sous la forme de plaquettes
en un matériau végétal, caractérisé en ce que
lesdites plaquettes sont immergées dans un bain d'imprégnation contenant;
1 à 5%, de préférence 2 à 3 % de cire,
1 à 5 %, de préférence 2 à 3 % d'extrait de graisse animale,
le solde étant constitué d'un produit naturel obtenu à partir de la distillation soit:
du goudron de bois, du goudron de matière animale, de cire ou d'une autre matière
organique.
2. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que la cire est de la cire d'abeille.
3. Procédé selon l'une des revendications précédentes, caractérisé en ce que l'extrait
de graisse animale est de la stéarine.
4. Procédé selon l'une des revendications précédentes, caractérisé en ce que le produit
naturel de distillation est de la paraffine alimentaire.
5. Procédé selon l'une des revendications précédentes, caractérisé en ce que la température
du bain d'imprégnation est comprise entre 150 et 250°C, de préférence entre 180 et
200 °C.
6. Procédé selon l'une des revendications précédentes, caractérisé en ce que la durée
de séjour desdites plaquettes dans le bain d'imprégnation est de 2 à 20 minutes, de
préférence entre 3 et 10 minutes.
7. Procédé selon l'une des revendications précédentes, caractérisé en ce que l'imprégnation
desdites plaquettes dans le bain d'imprégnation se fait par lots.
8. Procédé selon l'une des revendications 1 à 6, caractérisé en ce que l'imprégnation
desdites plaquettes dans le bain d'imprégnation se fait en continu.
9. Procédé selon l'une des revendications précédentes, caractérisé en ce qu'au moins
une partie des plaquettes en un matériau végétal est obtenue par déchiquetage de bois.
10. Procédé selon l'une des revendications précédentes, caractérisé en ce qu'au moins
une partie des plaquettes en un matériau végétal est obtenue par compression de débris
végétaux sans apport d'additifs.
11. Matériau allume-feu, caractérisé en ce qu'il est constitué de plaquettes obtenues
par déchiquetage de bois ou par compression de débris végétaux imprégnées de produits
naturels ne faisant pas appel à la chimie du pétrole ou du charbon.
12. Matériau allume-feu selon la revendication 11, caractérisé en ce qu'il est conditionné
en doses d'allumage, chaque dose étant emballée dans un emballage en un produit naturel
combustible.
13. Matériau allume-feu selon l'une des revendications 11 ou 12, caractérisé en ce qu'il
est conditionné avec des herbes ou produits aromatiques.
14. Utilisation d'un matériau allume-feu selon l'une des revendications 11 à 13 pour l'allumage
d'un feu.