[0001] La présence invention concerne une pompe péristaltique comportant un stator qui supporte
un conduit souple rectiligne écrasable et des moyens de compression pour générer un
écrasement local se déplaçant le long dudit conduit souple de manière à produire des
ondes péristaltiques faisant avancer le contenu du conduit souple.
[0002] Une telle pompe est notamment décrite dans le document FR-2 537 220. Les moyens de
compression qui se présentent sous la forme d'un bloc de compression sont reliés au
stator par l'intermédiaire de biellettes qui permettent un déplacement du bloc de
compression par rapport au stator. Les biellettes au nombre de quatre perimettent
un déplacement du bloc de compression par rapport au stator entre une position de
compression dans laquelle le conduit souple est aplati avec une certaine force et
une position dégagée dans laquelle le conduit est complètement libéré. Le déplacement
du bloc de compression s'effectue à l'aide d'un volant central. Pour le blocage du
bloc de compression en position de compression, ce document prévoit une goupille qui
est engagée à travers une ouverture ménagée dans la biellette et insérée dans un logement
prévu dans le stator.
[0003] Ce type de pompe souffre de deux inconvénients majeurs. Tout d'abord, il arrive parfois
que des bouchons se forment dans le conduit souple suivant la nature du produit véhiculé.
Ces bouchons peuvent avoir des effets très néfastes sur la pompe volumétrique lorsqu'elle
continue à tourner. Dans le pire des cas, le conduit souple éclate en raison de la
surpression qui règne dans le conduit du fait de la présence du bouchon. En effet,
étant donné que le bloc de compression est bloqué par rapport au stator, le bloc de
compression exerce sur le conduit souple une force dont la valeur maximale est déterminée
par la rupture de la goupille de blocage par exemple. En d'autres termes, la force
de compression avec laquelle le bloc de compression agit sur le conduit souple est
difficilement déterminable en cas de présence d'un bouchon dans le conduit.
[0004] La présente invention a pour premier but de pallier cet inconvénient de l'art antérieur
en définissant une pompe péristaltique dont le conduit souple est protégé contre tout
endommagement dû à une surpression générée par les moyens de compression en cas de
présence d'un obstacle dans le conduit.
[0005] Ensuite, ce type de pompe présente parfois un inconvénient selon lequel le bloc de
compression n'assure pas un aplatissement centré du conduit de sorte que le conduit
aplati présente un bourrelet unilatéral. Dans ce cas, l'efficacité de pompage est
diminuée. Ce décentrage du bloc provient du fait que la commande de déplacement du
bloc agit de manière centrale par l'intermédiaire du volant, les quatre biellettes
ne remplissent qu'une fonction de liaison articulée et non de moyens de pression.
[0006] Un second but de la présente invention est de définir une pompe péristaltique dont
le conduit souple rectiligne est aplati de manière parfaitement centrée.
[0007] Pour ce faire, la présente invention prévoit une pompe péristaltique comportant un
stator qui supporte un conduit souple rectiligne écrasable et des moyens de compression
pour générer un écrasement local se déplacant le long dudit conduit souple, lesdits
moyens de compression étant pourvus de moyens de déplacement pour les déplacer par
rapport audit stator entre une position de compression dans laquelle le conduit est
aplati avec une certaine force et une position dégagée dans laquelle le conduit n'est
soumis à aucune compression de la part desdits moyens de compression, les moyens de
déplacement comprennent deux moyens d'actionnement montés pour agir de manière équilibrée
sur les moyens de compression.
[0008] Il est d'une part possible d'aplatir le conduit souple rectiligne de manière centrée
pour générer des ondes péristaltiques de conne qualité, et d'autre part, il est possible
de dégager partiellement et momentanément le conduit souple de son écrasement local
généré par les moyens de compression dès que la pression à l'intérieur du conduit
souple excède la force de compression avec laquelle les moyens de compression agissent
sur le conduit souple. De même, lorsqu'un obstacle passe à travers le conduit souple,
cela aura pour effet de soulever les moyens de compression, étant donné que la résistance
de l'obstacle à l'intérieur du conduit est supérieure à la force de compression avec
laquelle les moyens de compression agissent sur le conduit souple. Ainsi, le conduit
souple est parfaitement aplati et protégé lors du passage éventuel d'un obstacle ou
d'un bouchon à travers le conduit ainsi que lors d'une surpression à l'intérieur du
produit du fait de la présence d'un obstacle ou d'un bouchon.
[0009] De préférence, les moyens d'actionnement comprennent au moins une paire de vérins.
[0010] Selon une forme de réalisation préférée, les vérins sont des vérins pneumatiques.
[0011] Avantageusement, les vérins sont reliés à une même source d'air comprimé
[0012] Dans une forme pratique, les moyens de compression se présentent sous la forme d'un
bloc de compression monté sur le stator, les deux vérins étant respectivement montés
de part et d'autre du bloc de compression.
[0013] Avantageusement, le ou les vérins sont des vérins à double effet.
[0014] L'utilisation de deux vérins pneumatiques reliés à une même source est particulièrement
avantageuse car, d'une part, elle permet un équilibrage parfait de la force de compression
et, d'autre part, il est extrêmement facile de régler la pression de l'air qui est
appliquée aux vérins. Ainsi, en plus de l'avantage résidant dans le fait que les moyens
de compression sont parfaitement équilibrés et facilement débrayables, c'est-à-dire
facilement dégageables du conduit souple pour pouvoir par exemple effectuer des opérations
de nettoyage ou de remplacement, il est maintenant possible de régler avec précision
la force avec laquelle les moyens de compression agissent sur le conduit souple écrasable
en fonction de la nature du produit à véhiculer.
[0015] L'utilisation d'un vérin dans une pompe péristaltique est déja connu, par exemple
du document DE-11 40 820 et de l'abrégé de brevet japonais JP-07020009. Dans ces deux
documents, il s'agit de pompe péristaltique circulaire, c'est-à-dire employant un
conduit souple écrasable non pas rectiligne mais en arc de cercle. Un stator déplaçable
est sollicité contre le conduit souple à l'aide d'un vérin et d'un amortisseur. Dans
ce type de pompe "circulaire", un seul vérin suffit, car le problème du centrage de
la force de compression n'apparait pas en raison de la géométrie en arc de cercle
du conduit qui élimine un degré de liberté. En effet, avec une pompe rectiligne, le
conduit possède un degré de liberté supplémentaire, ce qui induit le problème du centrage
de l'aplatissement. Ces documents ne divulguent donc l'utilisation que d'un seul vérin
dans un but différent de celui de la présente invention.
[0016] L'invention sera maintenant décrire en référence aux dessins joints, donnant à titre
d'exemple non limitatif un mode de réalisation de le présente invention.
[0017] Sur les dessins :
- la figure 1 représente une coupe transversale verticale à travers une pompe péristaltique
selon la présente invention ; et
- la figure 2 représente une vue en section verticale longitudinale à travers la pompe
péristaltique de la figure 1.
[0018] La pompe représentée sur les dessins comporte deux parties principale, à savoir un
bloc de compression 1 et un stator 2 équipé d'un conduit souple 3. Ces deux éléments
principaux qui forment les parties actives de la pompe sont montés dans un cadre métallique
rigide 40 qui définit l'encombrement maximal de la pompe. Ce cadre est constitué de
tubes métalliques soudés formant des montants, des traverses et des entretoises.
[0019] Le stator 2 comporte deux mâchoires 4 et 5 constituées par des pièces rectilignes
ayant un profil de parallélépipède rectangle qui sont serrées ensemble par des boulons
6. Lorsque ces pièces sont serrées l'une contre l'autre, elles réalisent l'ancrage
entre elles de la nervure 3a qui est réalisée d'une pièce avec le conduit souple 3.
Cette pièce peut être réalisée par exemple en caoutchouc ou en élastomère convenable.
Dans son épaisseur, elle peut comporter une armature assurant son renforcement et
la permanence de ses qualités de refoulement. On ne décrira pas ici la fabrication
du conduit proprement dit. Il existe différentes formes d'exécution de cette pièce.
Le brevet suisse 579 715, par exemple, décrit un mode de réalisation qui présente
de nombreux avantages, bien que d'autres formes de conduits puissent aussi être prévues
dans la disposition décrite ici.
[0020] Il est essentiel pour le fonctionnement de la pompe que cette pièce soit montée de
façon à pouvoir être remplacée facilement. A leurs deux extrémités, les pièces 4 et
5 sont surélevées de façon à enserrer la partie cylindrique du conduit 3 jusqu'à la
hauteur de son axe. Ces parties surélevées supportent une pièce de fixation 7 qui
enserre le conduit 3 et retient dans ce conduit un manchon de raccord 8. Dans leur
partie centrale, la surface supérieure des mâchoires 4 et 5 est bordée par des rebords
5a et 4a qui donnent à la partie supérieure du stator la forme d'une cuvette à fond
plat dans le centre de laquelle la nervure 3a est ancrée.
[0021] Les mâchoires 4 et 5 sont fixées sur un plaque de base 9 qui, à ses extrémités, porte
des montants 10, sur lesquels sont articulées des biellettes 11 assurant la liaison
entre le bloc de compression 1 et le stator 2. Il est prévu quatre biellettes 11 dont
les extrémités supérieures sont articulées aux deux extrémités d'un corps 12 qui constitue
la partie de support du bloc de compression. Ce corps 12 est constitué lui-même de
deux patins longitudinaux 13 et 14 disposés horizontalement parallèlement l'un à l'autre
et reliés de façon rigide par des entretoises 15. Les patins 13 et 14 portent à leurs
extrémités des paliers assurant le pivotement de deux axes 16 portant des poulies
17 sur lesquelles sont montées deux chaînes 18. A ces chaînes sont accrochées les
extrémités des arbres d'un certain nombre d'équipages mobiles 19. Ainsi, la pompe
représentée sur les dessins peut comporter trois équipages mobiles dont deux sont
visibles à la figure 1. Ils comportant chacun des galets d'appui 20 qui roulent sur
les patins 13 et 14 et des galets de compression 21 qui compriment le conduit 3 cycliquement
lorsque la pompe est en position de travail, c'est-à-dire dans la position représentée
sur la figure 2. une poulie d'entraînement (non représentée) montée à l'extrémité
d'un des arbres 16 et entraîne à partir d'un moteur par une courroie, actionne le
bloc de compression en entraînant les chaînes 18 de telle sorte que les paires de
galets 21 passent successivement et cycliquement sous les patins 13 et 14. Ceux-ci
compriment alors par l'intermédiaire ces galets 20, les galets 21 contre le conduit
3, ce qui produit le refoulement du liquide dans le sens de déplacement des galets.
[0022] Grâce à la disposition représentée sur le dessin, selon laquelle les mâchoires de
stator 4 et 5 sont rectilignes, horizontales et disposées sous le mécanisme de refoulement,
on a pu obtenir une augmentation significative de la durée de vie des conduits 3 sans
que le service d'entretien de la pompe en soit affecté. En effet, comme il est possible,
lorsque la pompe est en service, de maintenir en permanence une réserve d'un lubrifiant
tel qu'une huile inerte et stable du genre huile silicone dans la cuvette formée à
la partie supérieure du stator, les légers déplacements que la nervure 3a effectue
entre les mâchoires 4 et 5 se font en permanence en présence du lubrifiant et de ce
fait, on supprime une cause d'usure très importance. L'épaisseur de cette nappe de
lubrifiant peut être de plusieurs millimètres et même dans le cas d'un conduit 3 non
pourvu d'une nervure longitudinale, l'effet de ce lubrifiant sur la durée de vie du
conduit est remarquable.
[0023] Comme on peut le voir sur la figure 2, les biellettes 11 sont articulées autour des
axes 23 sur les montants 10. Le corps 12 du bloc de compression peut donc se déplacer
parallèlement à lui-même en faisant pivoter les biellettes 11 entre une position dégagée
dans laquelle le conduit 3 est complètement libéré et une position de compression
dans laquelle le conduit souple est écrasé. Ainsi, le démontage des mâchoires 4 et
5 devient une opération très aisée puisque les boulons 6 sont accessibles et que,
d'autre part, l'ensemble du bloc de compression peut être écarté complètement du conduit
grâce aux biellettes 11. Le déplacement du bloc de compression présente encore un
autre avantage que celui de faciliter le démontage du stator et le remplacement des
conduits. Ils permettent en effet de procéder en cas de besoin à un nettoyage complet
du conduit au moyen de vapeur de produits désinfectants, ou même d'obus racleurs,
ce qui est particulièrement important dans le cas de pompes pour produits alimentaires
ou cosmétiques.
[0024] Ces divers aspects de l'invention contribuent à prolonger la durée de vie des conduits
même dans le cas où les conditions de service sont difficiles, par exemple les pressions
de refoulement élevées on les liquides particulièrement agressifs.
[0025] Selon l'invention, la pompe est pourvue de deux vérins 30 qui relient au moins deux
des quatre biellettes 11 (celles situées de manière symétriquement opposée) au cadre
40, ou plus précisément à une entretoise horizontale 41, comme on peut le voir sur
la figure 1. Il est donc possible d'utiliser deux ou quatre vérins, de préférence
pneumatiques, reliés à une même source d'air comprimé (non représentée). Une forme
de réalisation mettant en oeuvre deux vérins a donné de bons résultats. L'utilisation
d'un seul vérin peut également être envisagée si l'on arrive à surmonter ou à pallier
les problèmes de symétrie et d'équilibrage qui sont totalement résolus par l'utilisation
de deux ou quatre vérins.
[0026] Les vérins sont de préférence à double effet de sorte qu'ils peuvent solliciter le
bloc de compression en position de compression ainsi qu'en position dégagée. Les vérins
servent d'une part à actionner les biellettes pour écraser, respectivement dégager,
le conduit souple, mais permet d'autre part un réglage aisé de la force avec laquelle
le bloc de compression agit sur le conduit souple. En effet, il est facile de régler
avec précision la pression de l'air comprimé qui est alimenté aux vérins par la source
(non représentée). Si l'on règle par exemple cette pression à 3 bars, dès que la pression
à l'intérieur du conduit excède cette valeur, le bloc de compression se soulève pour
surmonter l'obstacle, ce qui assure une parfaire protection du conduit, qui, dans
les cas extrêmes avec des pompes classiques de l'art antérieur peut même éclater.
[0027] L'utilisation de vérins procure donc un triple avantage : un premier avantage en
ce qu'ils permettent un actionnement aisé, rapide, techniquement simple et cependant
automatisé du bloc de compression, un deuxième avantage en ce qu'ils permettent un
réglage précis de la force de compression, et un troisième avantage en ce qu'ils assurent
un aplatissement parfaitement centré et équilibré du conduit rectiligne.
[0028] A la place des vérins, on peut également envisager un système d'actionnement du bloc
de compression utilisant un ou plusieurs ressorts de raideur calibrée, de manière
à pouvir déterminer et régler avec précision la force avec laquelle le bloc agit sur
le conduit.
1. Pompe péristaltique comportant un stator (2) qui supporte un conduit souple rectiligne
écrasable (3) et des moyens de compression (1) pour générer un écrasement local se
déplaçant le long dudit conduit souple (3), lesdits moyens de compression (1) étant
pourvus de moyens de déplacement (30) pour les déplacer par rapport audit stator (2)
entre une position de compression dans laquelle le conduit (3) est aplati avec une
certaine force et une position dégagée dans laquelle le conduit (3) n'est soumis à
aucune compression de la part desdits moyens de compression (1), caractérisée en ce
que les moyens de déplacement comprennent deux moyens d'actionnement (35) montés pour
agir de manière équilibrée sur les moyens de compression (1).
2. Pompe péristaltique selon la revendication 1, dans laquelle les moyens d'actionnement
comprennent au moins une paire de vérins (30).
3. Pompe péristaltique selon la revendication 2, dans laquelle les vérins sont des vérins
pneumatiques.
4. Pompe péristaltique selon la revendication 2, dans laquelle les vérins (30) sont reliés
à une même source d'air comprimé
5. Pompe péristaltique selon la revendication 2, 3 ou 4, dans laquelle les moyens de
compression se présentent sous la forme d'un bloc de compression (1) monté sur le
stator (2), les deux vérins (30) étant respectivement montés de part et d'autre du
bloc de compression.
6. Pompe péristaltique selon l'une quelconque des revendications 2 à 5, dans laquelle
les vérins (30) sont des vérins à double effet.