[0001] La présente invention concerne une nouvelle ligature pour bec d'un instrument à vent
à anche, notamment pour bec de clarinette.
[0002] On sait que, dans des instruments tels que la clarinette ou le saxophone, l'anche
est maintenue en place sur le bec de l'instrument par un collier, appelé ligature,
qui épouse la forme générale du bec et prend appui contre la face externe bombée de
l'anche, tandis que la face plane de celle-ci est en contact avec une partie plane
du bec.
[0003] La ligature est fendue suivant l'une de ses génératrices, et des moyens d'assemblage
tels que des vis et des alésages filetés sont prévus sur les deux parties qui se font
face, pour les rendre solidaires l'une de l'autre et provoquer ainsi une action de
serrage graduée sur l'anche.
[0004] Une ligature de ce type est décrite, par exemple, dans le brevet français N° 2 438
311, au nom de la Demanderesse.
[0005] Une fois assemblée par les vis ou autres moyens de serrage, la ligature se présente
généralement sous la forme d'un collier comprenant deux bagues, destinées à être disposées
dans des plans perpendiculaires à l'axe du bec, de manière à pouvoir enserrer celui-ci
ainsi que l'anche associée, des entretoises longitudinales régulièrement espacées
réunissant ces deux bagues et étant disposées de façon sensiblement parallèle à l'axe
du bec. Ces entretoises ne sont habituellement pas en contact avec l'anche, les bagues
seules venant au contact de celle-ci, transversalement aux fibres du matériau dont
elle est constituée, ces fibres étant disposées parallèlement à l'axe du bec.
[0006] La Demanderesse a toutefois établi qu'il est possible de modifier les conditions
de vibration de l'anche pour obtenir une sonorité d'une qualité différente, en réunissant
les deux bagues de la ligature par au moins une et, de préférence, deux barrettes
disposées de façon sensiblement parallèle à l'axe du bec et qui, en position d'utilisation
de la ligature, prennent appui longitudinalement contre l'anche.
[0007] L'invention a par conséquent pour objet une ligature pour bec d'un instrument à vent
à anche, notamment pour bec de clarinette, cette ligature étant constituée par un
collier en un matériau souple déformable élastiquement, de forme complémentaire de
celle du bec à équiper et de l'anche associée, ce collier comprenant deux bagues destinées
à être disposées dans deux plans sensiblement perpendiculaires à l'axe du bec, ces
bagues étant fendues suivant une même génératrice du bec et étant réunies par des
entretoises longitudinales, destinées à être disposées de façon sensiblement parallèle
à l'axe du bec, un ou des moyens de serrage tels que vis et écrous étant prévus pour
rapprocher les parties en regard de chacune des bagues, en vue d'appliquer l'anche
contre le bec, et pour les écarter l'une de l'autre, cette ligature étant caractérisée
en ce qu'elle comprend au moins une et, de préférence, deux barrettes interposées
entre deux entretoises longitudinales, parallèlement à celles-ci, cette ou ces barrettes
réunissant les deux bagues, dont elles sont rigidement solidaires, et étant disposées
de façon telle qu'en position d'utilisation de la ligature, elles prennent appui longitudinalement
contre l'anche.
[0008] Le fait d'appliquer longitudinalement la ou les barrettes de la ligature contre l'anche
de l'instrument modifie de façon sensible la vibration de celle-ci et par conséquent
la sonorité résultante de l'instrument.
[0009] Ceci ne signifie pas que cette sonorité est "meilleure" que celle obtenue avec une
ligature du même type ne comportant pas la ou les barrettes aptes à prendre appui
contre l'anche de l'instrument. En effet, si certains instrumentistes et certains
auditeurs jugeront meilleure cette sonorité, d'autres l'estimeront moins bonne, mais
cette sonorité est différente de celle obtenue avec les ligatures usuelles et c'est
cet effet nouveau et original qui constitue une caractéristique distinctive de la
ligature conforme à l'invention, qui offre aussi de nouvelles possibilités d'utilisation
aux instruments à vent traditionnels à anche simple.
[0010] Une façon simple de réaliser la ligature conforme à l'invention consistera à rapporter
la barrette ou un ensemble autonome comprenant les deux barrettes réunies entre elles
transversalement, à leurs deux extrémités, sur une ligature usuelle comprenant deux
bagues réunies par des entretoises longitudinales régulièrement espacées. Une ligature
de ce type constitue une forme de réalisation préférée de l'invention.
[0011] Les dessins annexés, qui n'ont pas de caractère limitatif, illustrent une telle forme
de réalisation. Sur ces dessins :
La figure 1 est une vue en perspective de la ligature ;
Les figures 2 et 3 illustrent deux pièces planes de départ, de la mise en forme et
de l'assemblage desquelles résulte la ligature représentée sur la figure 1 ;
La figure 4 est une vue en perspective éclatée illustrant les positions relatives
d'un bec de clarinette, de l'anche associée et de la ligature représentée sur la figure
1 ;
La figure 5 est une vue en perspective de la ligature de la figure 1, en position
d'utilisation sur un bec de clarinette.
[0012] La ligature représentée sur la figure 1 est dérivée d'une ligature traditionnelle
constituée d'un collier en un matériau déformable élastiquement (métal, alliage ou
matière plastique), de forme complémentaire de celle du bec d'instrument à vent (ici,
une clarinette) et de l'anche associée qu'il est destiné à équiper.
[0013] Ce collier comprend deux bagues 1 et 2, aptes à enserrer le bec 3 de l'instrument
et l'anche 4 associée, ces bagues étant destinées à être disposées suivant deux plans
sensiblement perpendiculaires à l'axe du bec 3 (voir figures 4 et 5). Les bagues 1
et 2 sont réunies longitudinalement par des entretoises 5, régulièrement espacées,
destinées à être disposées de façon sensiblement parallèle à l'axe du bec de la clarinette,
au contact de ce bec, mais non de l'anche 4. On emploie le terme "sensiblement", car,
dans la pratique, le bec d'une clarinette n'est pas cylindrique, mais a une forme
légèrement conique, comme on le voit sur les figures 4 et 5.
[0014] Les bagues 1 et 2 sont fendues suivant une même génératrice du bec de clarinette,
comme on le voit en 6 sur la figure 1 ou sur la figure 4. Les deux bords des fentes
telles que 6 sont équipés d'écrous 7 et 8, comprenant des alésages à pas inversés,
dans lesquels est vissée la tige 9 d'un écrou, comprenant deux filetages de pas complémentaires
également inversés, décalés longitudinalement. En faisant tourner dans un sens ou
dans l'autre la tête 10 de l'écrou, il est ainsi possible de rapprocher ou d'écarter
l'un de l'autre les bords opposés des fentes telles que 6, pour serrer ou desserrer
la ligature sur le bec 3, de manière à rendre l'anche 4 solidaire de ce bec ou à l'en
désolidariser.
[0015] On notera que, dans le cas présent, comme représenté sur la figure 2, l'ensemble
constitué par les bagues fendues 1 et 2 et les entretoises 4 est réalisé de façon
connue par un simple découpage approprié en forme de grille d'une bande plane et par
un conformage ultérieur de la pièce plane résultant du découpage.
[0016] Conformément à l'invention, la ligature comporte deux barrettes 11, interposées entre
deux entretoises contiguës 5, parallèlement à celles-ci, ces barrettes réunissant
les bagues 1 et 2 et étant destinées à venir s'appliquer longitudinalement contre
l'anche 4, dans le sens des fibres du bois, pour modifier les vibrations de cette
anche et le son émis par l'instrument.
[0017] Dans le cas présent (voir figure 3), les barrettes 11 sont réunies transversalement,
à leurs deux extrémités, par des parties de jonction 12 pour former un ensemble autonome
13, qui est rapporté sur la ligature usuelle issue de la pièce représentée sur la
figure 2 et en est rendu solidaire par soudage ou poinçonnage.
[0018] L'invention apporte donc, dans la technique, une ligature particulièrement simple,
offrant de nouveaux modes d'expression sonore aux instruments à vent à anche simple,
notamment aux clarinettes.
1. Ligature pour bec (3) d'un instrument à vent à anche (4), notamment pour bec de clarinette,
cette ligature étant constituée par un collier en un matériau souple déformable élastiquement,
de forme complémentaire de celle du bec à équiper et de l'anche associée, ce collier
comprenant deux bagues (1, 2) destinées à être disposées dans deux plans sensiblement
perpendiculaires à l'axe du bec (3), ces bagues étant fendues (en 6) suivant une même
génératrice du bec et étant réunies par des entretoises longitudinales (5), destinées
à être disposées de façon sensiblement parallèle à l'axe du bec, un ou des moyens
de serrage tels que vis et écrous (7, 8, 9, 10) étant prévus pour rapprocher les parties
en regard de chacune des bagues (1, 2), en vue d'appliquer l'anche (4) contre le bec
(3), et pour les écarter l'une de l'autre, cette ligature étant caractérisée en ce
qu'elle comprend au moins une et, de préférence, deux barrettes (11) interposées entre
deux entretoises longitudinales (5), parallèlement à celles-ci, cette ou ces barrettes
(11) réunissant les deux bagues (1, 2), dont elles sont rigidement solidaires, et
étant disposées de façon telle qu'en position d'utilisation de la ligature, elles
prennent appui longitudinalement contre l'anche (4).
2. Ligature selon la revendication 1, caractérisée en ce que la ou les barrettes (11)
forment un ensemble autonome (13), rapporté sur une ligature usuelle, entre les deux
bagues (1, 2) de celle-ci, dont il est rendu solidaire, la ou les barrettes (11) étant
disposées entre deux entretoises contiguës de la ligature, parallèlement à ces entretoises.