[0001] La présente invention est relative à un procédé de polymérisation ou copolymérisation
radicalaire contrôlée de monomères (méth)acryliques et/ou vinyliques et/ou vinylidéniques
(par exemple, vinylaromatiques) et/ou diéniques.
[0002] La polymérisation radicalaire constitue l'un des processus de polymérisation les
plus exploités industriellement en raison de la variété des monomères polymérisables
(70% des monomères commerciaux), de la facilité de mise en oeuvre et des procédés
de synthèse utilisés (émulsion, suspension, masse, solution). Toutefois, il est difficile
en polymérisation radicalaire classique de contrôler la dimension des chaînes polymères
et la distribution des masses moléculaires. Les polymères ainsi préparés contiennent
des chaînes de très grandes et très faibles masses (polydispersité large), ce qui
conduit à des matériaux aux propriétés non contrôlées. De plus, l'addition séquencée
de monomère conduit à un mélange d'homopolymères.
[0003] Les techniques de polymérisation ionique ou coordinative, quant à elles, permettent
un contrôle correct du processus, mais les conditions de réaction qu'exigent ces méthodes
de polymérisation ne sont pas toujours réalisables à l'échelle industrielle (pureté
des monomères et réactifs, atmosphère inerte). De plus, de nombreux monomères ne peuvent
être polymérisés par ces techniques.
[0004] Bien qu'il existe à ce jour quelques exemples de polymérisation radicalaire contrôlée
de monomères (méth)acryliques ou vinylaromatiques, les systèmes en question nécessitent
soit des températures de polymérisation élevées comme avec les systèmes CuX/2,2'-bipyridine
(X = halogène tel que Cl), l'amorceur étant un halogénure d'alkyle, ou avec CuX
2, l'amorceur étant l'azobisisobutyronitrile, soit la présence d'un activateur, de
type acide de Lewis, sensible à l'eau (complexe de RuCl
2(PPh
3)
3). Or, lorsque la température est élevée, l'autoamorçage thermique se produit, ce
qui conduit, notamment, à une diminution du contrôle de la polymérisation.
[0005] En outre, pour la polymérisation en émulsion ou en suspension, il est connu que la
plupart des procédés sont mis en oeuvre en milieu aqueux et, donc, il est nécessaire
de travailler à des températures inférieures à 100°C pour assurer la stabilité de
ces émulsions ou suspensions.
[0006] La température peut être, certes, abaissée, mais la présence d'acides de Lewis est
alors nécessaire et cela implique de travailler en milieu anhydre.
[0007] Il est aussi nécessaire que le catalyseur ne soit pas dégradé par l'eau dans les
conditions normales de polymérisation.
[0008] Le concept utilisé pour contrôler la polymérisation fait appel aux réactions d'oxydo-réduction
par transfert d'atomes ou de groupes d'atomes de façon réversible. Le complexe métallique
oscille entre deux degrés d'oxydation en permanence au cours de la polymérisation.
Ce concept a été largement exploité en chimie organique et a été découvert par Kharasch
en 1947 avec l'addition de polyhalogénométhanes sur des oléfines. Le mécanisme peut
également faire intervenir des cycles d'additions oxydantes et d'éliminations réductrices.
Dans les deux cas, il s'agit d'un processus qui se répète constamment sauf en cas
de destruction progressive du catalyseur par des réactions secondaires.
[0009] Noriyuki Kameda a beaucoup étudié la polymérisation radicalaire de monomères vinyliques
à l'aide de systèmes amorceurs comprenant des métaux du groupe 9 de la classification
périodique, et notamment du rhodium ou de l'iridium.
[0010] Kameda (
Nippon Kagaku Kaishi 1983, 8, 1196.,
Kobunshi Ronbunshu 1984, 41, 679.,
Kobunshi Ronbunshu 1985,
42, 485.) a étudié le complexe de rhodium RhH
2(Ph
2NNNPh)(PPh
3)
2 (RN = 36059-83-3), qui permet de polymériser le méthacrylate de méthyle (MAM), l'acétate
de vinyle ou le styrène dans différents solvants (DMSO, benzène ou diméthylformamide).
Dans le cas de la polymérisation du MAM, il observe une augmentation linéaire de la
masse moyenne avec la conversion, ce qui serait signe d'une polymérisation vivante.
[0011] Plus récemment, Kameda (
Nippon Kagaku Kaishi 1989, 4, 736. ou
Kobunshi Ronbushu 1979, 36, 347.) a étudié la polymérisation du MAM amorcée par les systèmes RhH(CO)(PPh
3)
3 / polyamine / CCl
4 ou RhH(CO)(PPh
3)
3 / CCl
4. Aucun caractère vivant n'est noté pour ce type de système.
[0012] Kameda (
Nippon Kagaku Kaishi 1977, 8, 1216.,
Nippon Kagaku Kaishi 1976, 4, 682.,
Nippon Kagaku Kaishi 1979, 1, 122.) a également étudié la polymérisation du MAM initiée par le mélange
d'un complexe de l'iridium, tel que IrCl(CO) (PPh
3)
2 (RN = 14871-47-1), IrCl(CO)(PPh
3)
3 (RN = 41114-18-5) ou Ir(H)(CO)(PPh
3)
3 (RN = 17250-25-8) et d'un halogénure d'alkyle tel que CBr
4, CCl
4 ou CHBr
3. Bien qu'il ait démontré que l'amorçage de la polymérisation fût radicalaire, il
n'a pas noté de caractère vivant pour ce type de système.
[0013] Enfin, Kameda a polymérisé des monomères vinyliques avec un amorçage par des initiateurs
radicalaires tels que le peroxyde de benzoyle Bz
2O
2 (RN = 94-36-0) ou l'hydroperoxyde de tertiobutyle Bu
tOOH (RN = 75-91-2), associés à un complexe du groupe 9, tel que, par exemple, RhCl(CO)(PPh
3)
2 ou IrCl(CO)(PPh
3)
2. A nouveau aucun caractère vivant n'est mentionné pour ce type de combinaison.
[0014] Le but de la présente invention consiste, par conséquent, à remédier aux inconvénients
précités et à réaliser des polymérisations radicalaires qui permettent un contrôle
identique aux polymérisations ioniques et coordinatives dans des conditions de synthèse
acceptables industriellement et qui, par conséquent, permettent de synthétiser des
homopolymères et des copolymères statistiques ou séquencés purs, parfaitement définis,
dont la longueur est prédéterminée, lesquels n'ont pu jusque là être synthétisés.
[0015] D'une façon générale, le but de l'invention est de présenter un procédé de polymérisation
ou copolymérisation radicalaire de monomères (méth)acryliques et/ou vinyliques et/ou
diéniques permettant de contrôler la croissance des chaînes de polymères, le processus
de polymérisation s'effectuant en masse, solution, émulsion ou suspension jusqu'à
ce que la totalité du ou des monomères précédents soit consommée.
[0016] Pour cela, il est nécessaire d'éviter ou tout au moins de limiter les réactions de
terminaison par recombinaison et dismutation et de favoriser un amorçage rapide de
la polymérisation ou copolymérisation.
[0017] C'est ainsi qu'un des buts essentiels de l'invention est de proposer des catalyseurs
et des amorceurs qui permettent, sans nécessiter une modification appréciable de la
technologie classique, d'obtenir, dans des conditions industriellement et économiquement
valables, des polymères et copolymères répondant aux exigences commerciales de régiosélectivité,
de stéréosélectivité, de contrôle des masses moléculaires et de leurs distributions.
[0018] A cet effet, on prévoit, suivant la présente invention, un procédé de polymérisation
ou copolymérisation radicalaire contrôlée de monomères (méth)acryliques et/ou vinyliques
et/ou diéniques, caractérisé par le fait que l'on polymérise ou copolymérise en masse,
solution, émulsion ou suspension, à une température pouvant descendre jusqu'à 0°C,
au moins un desdits monomères en présence d'un système d'amorçage comprenant :
- au moins un composé générateur de radicaux non peroxydique ; et
- au moins un catalyseur constitué par un complexe de métal, représenté par la formule
suivante (I) :
MAa(L)n (I)
dans laquelle :
. M représente Rh, Co ou Ir ;
. A représente un halogène ou un pseudo-halogène ;
. les L, identiques ou différents, représentent chacun un ligand, pouvant être un
ligand chiral, qui est choisi parmi le cyclooctadiène, PRR'R", P(OR)(OR')(OR"), NRR'R",
ORR', SRR', SeRR', AsRR'R", SbRR'R", chaque R, R', R" représentant indépendamment
un groupe alkyle en C1-C14, éventuellement substitué, ou un groupe aromatique éventuellement substitué, au moins
deux de ces ligands pouvant être reliés entre eux par un ou plusieurs radicaux bivalents
;
. a est un entier tel que 1 ≤ a ≤ 3 ;
. n est un entier tel que 1 ≤ n ≤ 5,
et en l'absence d'activateur.
[0019] M représente de préférence Rh.
[0020] A représente un halogène choisi parmi Cl, Br, F et I, ou un pseudo-halogénure choisi
notamment parmi CN, NCS, NO
2, NO
3, N
3, OCOCF
3, OCOCH
3 et BF
4.
[0021] Les radicaux bivalents qui peuvent relier certains ligands L peuvent être, par exemple,
un radical alkylène, tel que les radicaux méthylène (-CH
2-), éthylène (-CH
2CH
2-), triméthylène (-CH
2CH
2CH
2-), lesquels peuvent eux-mêmes être substitués par exemple par un groupe alkyle en
C
1-C
14 ou aryle.
[0022] En particulier, les L peuvent représenter chacun une monophosphine PRR'R", R, R'
et R" représentant chacun indépendamment un groupe alkyle en C
1-C
14 pouvant être substitué par SO
3 -, COOH, alcoxy, alkyl-S-, ou un groupe aromatique pouvant être substitué par au moins
un substituant choisi notamment parmi halogène, tel que Cl, Br, F, alkyle, CF
3, alcoxy, NO
2, SO
3 -, au moins deux de ces ligands pouvant être reliés pour former une polyphosphine,
laquelle peut contenir au moins un hétéroatome, tel que N, P, S et O.
[0023] Comme exemples de groupes alkyle éventuellement substitués entrant dans la définition
de R, R', R", on peut citer méthyle, éthyle, n-propyle, n-butyle, NCCH
2CH
2-, et comme exemples de groupes aromatiques, éventuellement substitués, on peut citer
phényle, 1-naphtyle, p-FC
6H
4, m-ClC
6H
4, o-CH
3OC
6H
4, p-CF
3C
6H
4, 2,4,6-triméthoxyphényle, C
6F
5, o-CH
3C
6H
4, p-CH
3C
6H
4, m-CH
3C
6H
4.
[0024] On peut également citer les monophosphines porteuses de groupements destinés à les
rendre solubles, telles que le triphénylphosphine monosulfonate de sodium (TPPMS)
ou le triphénylphosphine trisulfonate de sodium (TPPTS) :

et les monophosphines chirales, telles que la (S)-(+)-néomenthyldiphénylphosphine
((S)-NMDPP) (CAS Number = 43077-29-8).
[0025] On peut également citer O-SMe-C
6H
4-P-Ph
2, ainsi que o-SMe-C
6H
4-PPh-C
6H
4-o-SMe.
[0026] Comme polyphosphines, on peut mentionner les composés de la formule générale suivante
:

dans laquelle :
- R'1 et R'2 représentent chacun indépendamment alkyle, alkyle substitué, alkyle portant une fonction
-COOH ou -NH2, aryle, aryle substitué, tel que C6H5 ;
- Y1 représente :
. alkylène ; alkylène substitué ;
. arylène ; arylène substitué ;
. binaphtyle ;
. 1,2-cyclopentyle ;
. (CR'3R'4)n-Z-(CR'5R'6)m-, avec R'3 à R'6 représentant chacun indépendamment H ou alkyle ; n et m représentant chacun un nombre
entier de 0 à 3; et

pyridile ou phénylène ;
. [(CR'7R'8)p-T]q-(CR'9R'10)r, avec R'7 à R'10 représentant chacun indépendamment H ou alkyle ; p, q et r représentant un nombre
entier de 1 à 5, et T = -O- ; -S- ; -NR'11- ; -PR'12 (R'11, R'12 = alkyle en C1-C14, aryle) ;
.

et
. -C6H5-CH=CH-C6H5-.
[0027] On peut citer en particulier :
- les diphosphines telles que, par exemple :
. Me2PCH2CH2PMe2
. Ph2PCH2PPh2
. Ph2PCH2CH2PPh2
. Ph2P(CH2)nPPh2, n = 3 à 14
. (C6F5)2PCH2CH2P(C6F5)2
. les diphosphines chirales capables d'apporter une stéréospécificité à la polymérisation,
comme :
- le (4R,5R)-(-)-O-isopropylidène-2,3-dihydroxy-1,4-bis(diphénylphosphino)butane ((R,R)
-DIOP) (CAS Number = 37002-48-5) ;
- le (4S,5S-(+)-O-isopropylidène-2,3-dihydroxy-1,4-bis(diphénylphosphino)butane ((S,S)-DIOP)
;
- le (R)-(+)-2,2'-bis(diphénylphosphino)-1,1'-binaphtyl ((R)-BINAP) (CAS Number = 76189-55-4)
;
- le (S)-(-)-2,2'-bis(diphénylphosphino)-1,1'-binaphtyl ((S)-BINAP) (CAS Number 76189-56-5);
- le (2S,3S)-(-)-bis(diphénylphosphino)butane ((S,S)-CHIRAPHOS) (CAS Number = 648976-28-2);
- le (2S,4S)-(-)-2,4-bis(diphénylphosphino)-pentane ((S,S)-BDPP) (CAS Number = 77876-39-2)
;
- le R-(+)-1,2-bis(diphénylphosphino)propane ((R)-PROPHOS) (CAS Number = 67884-32-6)
;
- les diphosphines représentées par les formules :


. les diphosphines contenant des hétéroatomes, comme par exemple :
- Ph2PCH2CH2OCH2CH2PPh2 ;
- Ph2PCH2CH2OCH2CH2OCH2CH2PPh2 ;
- Ph(CH2COOH)PCH2CH2P(CH2COOH)Ph ;
- Ph2P(CH2)nS(CH2)mS(CH2)pPPh2 ;
(n, m et p représentant chacun indépendamment 2 ou 3) ;
- les diphosphines de formule :

- les triphosphines, comme celles des formules :

avec PPh2 pouvant être remplacé par PPhMe ou PMe2.
[0028] Les ligands peuvent également être choisis dans la famille des phosphites P(OR)(OR')(OR"),
avec par exemple R, R' et R" choisis indépendamment parmi les groupes alkyles en C
1-C
14, particulièrement n-butyle, isopropyle, éthyle, méthyle, (CH
3)
3CCH
2-, et C
6H
4.
[0029] Le complexe de formule (I) peut par ailleurs porter une charge cationique, le rendant
plus apte à coordiner les monomères, surtout les monomères polaires. Cette charge
cationique peut être apportée par extraction d'un ligand halogéno, par exemple à l'aide
de AgBPh
4, de AgBF
4, de TlBF
4 ou de TlBPh
4 ou encore de AgB(C
6F
5)
4 ou de AgCF
3SO
3.
[0030] Les complexes préférés sont ceux de la formule RhCl(PRR'R")
3, R, R' et R" étant tels que définis ci-dessus, et notamment le complexe de Wilkinson
RhCl(PPh
3)
3 de numéro CAS 14694 95-2 ou son équivalent bromé RhBr(PPh
3)
3 (CAS = 14973-89).
[0031] Le complexe de formule (I) peut être introduit directement dans le milieu réactionnel,
ou bien il peut être formé in situ dans ce milieu, à partir d'un sel métallique de
formule MA
b ou MA
b.xH
2O, M et A étant tels que définis ci-dessus, b valant 2 ou 3, et x étant compris entre
1 et 10, et des ligands L tels que définis ci-dessus.
[0032] On peut choisir les sels métalliques anhydres MA
b, parmi RhCl
3 (CAN = 100 49-07-7), RhI
3 (CAN = 15 492-38-3), CoCl
2 (CAN = 7646-79-9), CoF
2 (CAN = 10 026-17-2) et CoF
3 (CAN = 100 26-18-3), et les sels métalliques hydratés MA
b.xH
2O, parmi RhBr
3.2H
2O (CAN = 15 608-29-4), RhCl
3.xH
2O (x étant compris entre 1 et 10) (CAN = 20 765-98-4) et CoCl
2.6H
2O (CAN = 7791-13-1).
[0033] Le catalyseur ne jouant pas le rôle de générateur de radicaux, il est donc indispensable
de lui associer un tel composé. La réaction entre le générateur de radicaux et l'espèce
du métal M décrite ci-avant donne lieu à une polymérisation contrôlée. On pourra ainsi
poursuivre une polymérisation en ajoutant une nouvelle dose d'un monomère, éventuellement
différent du premier. Si ce monomère est différent du premier, et qu'il est ajouté
après épuisement du premier (ou jusqu'à une conversion élevée, supérieure à 80%, de
préférence de 95%), on obtiendra un copolymère séquencé. S'il est ajouté en même temps
que le premier, la copolymérisation sera aléatoire et on obtiendra un copolymère statistique.
Pour la préparation de copolymères séquencés, on peut envisager l'utilisation d'un
mélange de deux ou plusieurs catalyseurs, la seconde dose de monomère étant additionnée
en présence d'un catalyseur différent mais toujours du type tel que défini dans le
cadre de la présente invention, ce catalyseur devant alors être plus actif que celui
déjà présent. C'est ainsi que l'on peut répéter cette opération à chaque nouvelle
séquence que l'on veut préparer.
[0034] Suivant l'invention, des composés générateurs de radicaux qui conviennent particulièrement
bien sont des composés halogénés activés par des effets électroniques donneurs et/ou
récepteurs sur l'atome de carbone en position a du ou des halogènes dudit composé,
notamment ceux indiqués ci-après :
[0035] Lorsque le générateur de radicaux est monofonctionnel, il peut être choisi dans les
classes des composés suivants :
(a) les dérivés de formule :
CYZ3
où :
- Y = Cl, Br, I, F, H ou -CR1R2OH, R1 et R2 représentant chacun indépendamment hydrogène ou alkyle en C1-C14 ; et
- Z = Cl ou Br,
par exemple, le tétrachlorure de carbone, le chloroforme, le tétrabromure de carbone,
le bromotrichlorométhane, et le 2,2,2-tribromoéthanol ;
(b) les dérivés de formule :
R3CCl3
où R3 représente un groupe phényle ; benzyle ; benzoyle ; alcoxycarbonyle ; R4CO avec R4 représentant alkyle en C1-C14 ou aryle ; alkyle ; mésityle ; trifluorométhyle ; ou nitro,
comme, par exemple, l'α,α,α-trichlorotoluène, l'α,α,α-trichloroacétophénone, le
trichloroacétate d'éthyle, le 1,1,1-trichloroéthane, le 1,1,1-trichloro-2-phényléthane,
le trichlorométhylmésitylène, le 1,1,1-trichloro-2,2,2-trifluoroéthane et le trichloronitrométhane
;
(c) les dérivés de formule :

dans laquelle :
- Q représente un atome de chlore ou de brome ou un groupe acétate

ou trifluoroacétate

ou triflate (O3SCF3) ;
- R5 représente un atome d'hydrogène, un groupe alkyle en C1-C14 ou un groupe aromatique, par exemple du type benzénique, anthracénique ou naphtalénique,
ou un groupe -CH2OH ;
- T représente un groupe

avec R7 représentant chacun hydrogène ou un groupe alkyle ou aromatique; un groupe CN ; un
groupe

avec R8 représentant alkyle en C1-C14, phényle ou isocyanate ; un groupe hydroxyle ; un groupe nitro ; un groupe amino
substitué ou non ; un groupe alcoxy en C1-C14 ; un groupe R9CO, avec R9 représentant alkyle en C1-C14 ou aryle ;
- R6 représente un groupe entrant dans les définitions de R5 ou de Q ou un groupe fonctionnel tel qu'hydroxyle, nitro, amino substitué ou non,
alcoxy en C1-C14, acyle, acide carboxylique, ester ;
comme, par exemple, l'acide 2-bromopropionique, l'acide 2-bromobutanoïque, l'acide
2-bromohexanoïque, le 2-bromo-2-méthylpropionate d'éthyle, le bromoacétonitrile, le
2-bromopropionitrile, la 2-bromoisobutyrophénone et le chloroacétylisocyanate ; le
2-bromo-2-nitro-1,3-propanediol et le 2-bromo-2-nitropropane ;
(d) les composés lactones ou lactames halogénés en α, comme l'α-bromo-α-méthyl-γ-butyrolactone
ou α-bromo-γ-valérolactone, le lauryllactame halogéné ou le caprolactame halogéné
;
(e) les N-halosuccinimides, comme le N-bromosuccinimide, et les N-halophtalimides,
comme le N-bromophtalimide ;
(f) les halogénures (chlorures et bromures) d'alkyl-sulfonyle, le reste alkyle étant
notamment en C1-C14, ainsi que les halogénures d'arylène-sulfonyle, tels que ceux de formule :

où Y = Me, Cl, OMe, NO2
(g) les composés de formule :

où :
- R10 représente un atome d'hydrogène, un groupe alkyle en C1-C14 ou un groupe acide carboxylique, ester, nitrile ou cétone ;
- R11 représente un atome d'hydrogène ou un groupe alkyle en C1-C14, hydroxyle, acyle, amine substituée ou non, nitro, alcoxy en C1-C14 ou sulfonate (SO3 -Na+ ou K+); et
- Q a la signification donnée précédemment ;
(h) les composés de formule :

où :
- R12 représente alkyle en C1-C14 ou aryle ; et
- W représente un halogène, préférentiellement Cl et Br, ou un pseudohalogène tel que
N3, SCN ;
(i) les composés de formule :

où :
- R13, R14 et R15 représentent chacun indépendamment alkyle en C1-C14 ou aryle ; et
- V représente un halogène, tel que préférentiellement Cl, Br, ou également un groupement
acétate, trifluoroacétate, triflate ;
et
(j) les halogénures aromatiques de formule :
Ar - U
où :
- Ar représente un groupement aromatique tel que C6H5- pouvant être substitué en position méta, ortho ou para par un groupement électroattracteur,
tel que NO2, NO3, SO3, ou électrodonneur, tel qu'un groupement alkyle ou un groupement -ONa ; et
- U représente un halogène, tel que préférentiellement Cl ou Br.
[0036] On peut également envisager l'utilisation de générateurs de radicaux bifonctionnels
et de fonctionnalité supérieure ; les générateurs de radicaux bifonctionnels peuvent
être constitués de deux générateurs de radicaux monofonctionnels A
1 et A
2 issus des classes (c) à (j) précitées, reliés par une chaîne d'unités méthylène ou
par un cycle benzénique ou par une combinaison des deux, tels que représentés par
les formules : A
1-(CH
2)
S-A
2 avec s entier de 1 à 14,

et

avec t et u représentant chacun indépendamment un entier de 1 à 14.
[0037] Dans le cas où A
1 et A
2 sont issus de la classe (c) , on peut présenter les générateurs de radicaux bifonctionnels
sous la formule :

dans laquelle :
- T' et T" représentent chacun indépendamment un groupe entrant dans la définition de
T ;
- Q' et Q" représentent chacun indépendamment un groupe entrant dans la défintion de
Q ;
- R6' et R6" représentent chacun indépendamment un groupe entrant dans la définition de R6 ; et
- R16 représente un groupe -(CH2)s-,

ou

tels que définis ci-dessus.
[0039] L'emploi d'un amorceur bifonctionnel permet la préparation de copolymères triséquencés
de type A(b)B(b)A, en synthétisant d'abord le bloc central difonctionnel, qui sert
à amorcer la polymérisation du monomère A.
[0040] Les composés générateurs de radicaux multifonctionnels peuvent être constitués d'au
moins trois groupements générateurs de radicaux monofonctionnels A
1, A
2 et A
3 issus des classes (c) à (j) précitées reliés entre eux par un cycle benzénique, comme,
par exemple, ceux répondant à la formule :

[0041] D'autres composés générateurs de radicaux bifonctionnels sont les tri- ou tétrahalométhanes
et les dérivés trichlorométhylés des classes (a) et (b) précitées, ces mêmes tri-
et tétrahalométhanes pouvant également servir de composés générateurs de radicaux
multifonctionnels.
[0042] On pourrait également utiliser d'autres composés générateurs de radicaux difonctionnels
que ceux représentés ci-dessus, notamment ceux de la famille des anhydrides acétiques
comme l'anhydride d'acide chloroacétique et l'anhydride d'acide chlorodifluoroacétique
ainsi que des générateurs de radicaux de polymérisation radicalaire classique comme
les composés azoïques, un exemple représentatif de ces derniers étant notamment le
2,2'-azo-bis-isobutyronitrile.
[0043] La longueur des chaînes polymères étant préalablement déterminée par le rapport molaire
du ou des monomères (méth)acryliques ou vinyliques ou diéniques sur le ou les composés
générateurs de radicaux, ce rapport est de 1 - 100 000, avantageusement de 50 à 2
000. Quant au rapport molaire du métal M sur le (ou les) générateur(s) de radicaux,
il est généralement compris entre 0,01 et 100, avantageusement entre 0,05 et 20 et
plus particulièrement inférieur ou égal à 1. Le rapport molaire L:M, dans le cas de
la formation du composé (I) in situ, peut être compris entre 0,01 et 100, de préférence
entre 1 et 5.
[0044] Le paramètre de la température de polymérisation ou de copolymérisation est un point
extrêmement important qui distingue le procédé de l'invention des procédés utilisant
des systèmes catalytiques actuellement connus. Avec les procédés catalytiques connus,
il se produit une inactivité du catalyseur en dessous d'une température qui se situe
autour de 100°C en l'absence d'activateur. C'est ainsi qu'à 50°C, il ne se produit
pas de polymérisation avec le catalyseur CuCl/2,2-bipyridine, et, en l'absence d'activateur,
avec le catalyseur RuCl
2(PPh
3)
3, et cela même après plusieurs jours de réaction. On peut parler, dans le cadre de
la présente invention, de conditions réactionnelles douces car il est très peu courant
que des catalyseurs en synthèse restent actifs à des températures pouvant descendre
jusqu'à 0°C à la pression atmosphérique. Cet avantage est extrêmement important d'autant
plus que le stéréocontrôle de la réaction de polymérisation ou copolymérisation est
favorisé par un abaissement de la température. D'autre part, les conditions réactionnelles
en masse (c'est-à-dire dans le ou les monomères purs) et en solution, émulsion ou
suspension sont d'une manière générale identiques. La température et tous les rapports
molaires peuvent être les mêmes quel que soit le procédé de réaction utilisé. La possibilité
de travailler, sans risques, dans le monomère pur constitue bien entendu une amélioration
au regard des polymérisations radicalaires classiques. La concentration en centres
actifs étant constante tout au long de la réaction de polymérisation ou copolymérisation
en raison de l'absence de réactions de terminaison, l'exothermie importante et brutale
(ou effet Trommsdorf) des polymérisations radicalaires classiques ne se produit pas.
Pour le procédé industriel, ceci constitue bien entendu un progrès important puisque
les polymérisations ou copolymérisations menées dans ces conditions ne risquent plus
de devenir totalement incontrôlées. D'une manière générale, la polymérisation ou copolymérisation
sera effectuée à une température de 0°C à 130°C, avantageusement entre 20 et 80°C
sans aucune perte d'activité du catalyseur.
[0045] Les systèmes d'amorçage selon l'invention étant compatibles avec l'eau, on pourra
donc effectuer les réactions de polymérisation ou copolymérisation en milieu aqueux,
en présence ou non d'émulsifiants. C'est ainsi que les polymérisations en milieu aqueux
sont effectuées soit en suspension (composé générateur de radicaux insoluble dans
l'eau) soit en émulsion (composé générateur de radicaux soluble dans l'eau) en présence
d'émulsifiants. Les émulsifiants peuvent être des surfactants anioniques, tels que
le dodécylbenzène sulfonate de sodium, le dodécyl sulfate de sodium, le lauryl sulfate
de sodium et leurs mélanges ou du type neutre comme les esters de glycol, les esters
de sorbitane et de polyéthylène glycol tels que le monolaurate, le monopalmitate,
oléate et stéarate de sorbitane et de polyéthylène glycol, les esters d'acides gras
et de polyéthylène glycol tels que le stéarate de polyéthylène glycol et les éthers
d'alcool gras et de polyéthylène glycol tels que les éthers stéarylique et cétylique
de polyéthylène glycol.
[0046] Les réactions de polymérisation ou copolymérisation de l'invention, lorsqu'elles
sont menées en solution, peuvent bien entendu également se faire en présence d'un
solvant organique ou d'un mélange de solvants organiques appartenant aux familles
de solvants suivantes :
- les hydrocarbures aromatiques (apolaires aprotiques) : benzène, toluène, éthylbenzène,
xylène ;
- les hydrocarbures chlorés (polaires aprotiques) : chlorure de méthylène, chlorobenzène
;
- les éthers, tels que le diphényl éther ;
- les éthers cycliques (polaires aprotiques) : tétrahydrofuranne (THF), dioxane ;
- les esters (polaires) : acétate d'éthyle, acétate de cyclohexyle ;
- les cétones (polaires) : méthyl éthyl cétone, cyclohexanone.
[0047] Les solvants organiques précités conviennent particulièrement bien lorsque les monomères
à polymériser ou copolymériser sont des monomères acryliques (méthacrylates, acrylates,
l'acrylonitrile) et vinylaromatiques tels que styréniques.
[0048] Dans certains cas, notamment dans la polymérisation du méthacrylate de n-butyle et
du styrène, on pourra utiliser l'hexane et le cyclohexane et dans la polymérisation
de l'acétate de vinyle et de l'acrylonitrile, on pourra utiliser le diméthylformamide,
le diméthylsulfoxyde, l'acétonitrile ou l'acétone.
[0049] On peut également envisager un mélange d'eau et d'au moins un solvant précité, comme
le mélange eau/THF (cf Exemple 1). Dans de tels cas, l'eau est bénéfique car elle
permet d'augmenter le rendement de la réaction de polymérisation.
[0050] Ainsi, conformément à la présente invention, on peut avantageusement conduire la
(co)polymérisation des (méth)acrylates d'alkyle et du styrène en présence du système
d'amorçage halogénure d'alkyle/RhCl(PPh
3)
3 dans un mélange eau/solvant organique.
[0051] D'une manière générale, le procédé de polymérisation et de copolymérisation suivant
l'invention se déroule d'une manière identique pour l'homopolymérisation et la copolymérisation
statistique. Pour la préparation de copolymères séquencés y compris les copolymères
séquencés en étoile, les conditions expérimentales peuvent changer lors de l'addition
d'un monomère différent du premier après la polymérisation du premier monomère. Par
exemple, on peut faire varier la température dans un sens ou dans l'autre, le seconde
dose pouvant être ajoutée avec un solvant. Pour la préparation de macromonomères ou
de polymères α,ω fonctionnalisés (téléchéliques), on pourrait envisager le même type
de variation de conditions expérimentales.
[0052] Comme monomères polymérisables et copolymérisables en présence du système d'amorçage
de polymérisation ou copolymérisation proposé, on peut citer les monomères (méth)acryliques
et vinyliques (vinylaromatiques, esters vinyliques comme acétate de vinyle ; chlorure
de vinyle et fluorure de vinyle), ainsi que vinylidéniques (fluorure de vinylidène).
[0053] Le système d'amorçage selon l'invention convient aussi pour la (co)polymérisation
de monomères oléfiniques, éventuellement fluorés, comme l'éthylène, le butène, l'hexène,
le 1-octène.
[0054] Par monomère acrylique au sens de la présente invention, on entend un monomère choisi
parmi les acrylates d'alkyle primaire, secondaire ou tertiaire, dont le groupe alkyle,
le cas échéant substitué par exemple par au moins un atome d'halogène, tel que fluor,
et/ou au moins un groupe hydroxyle, contient 1 à 18 atomes de carbone, en mentionnant
plus particulièrement l'acrylate d'éthyle, l'acrylate de propyle, l'acrylate d'isopropyle,
l'acrylate de butyle, l'acrylate d'isobutyle, l'acrylate d'hexyle, l'acrylate de tertiobutyle,
l'acrylate d'éthyl-2 hexyle, l'acrylate de nonyle, l'acrylate de lauryle, l'acrylate
de stéaryle, l'acrylate de cyclohexyle, l'acrylate d'isodécyle, ainsi que l'acrylate
de phényle, l'acrylate d'isobornyle, les acrylates d'alkylthioalkyle ou d'alcoxyalkyle,
l'acrylonitrile et les dialkylacrylamides.
[0055] Par monomère méthacrylique au sens de la présente invention, on entend un monomère
choisi parmi les méthacrylates d'alkyle dont le groupe alkyle, le cas échéant substitué,
par exemple par au moins un atome d'halogène comme le fluor et/ou au moins un groupe
hydroxyle, contient 1 à 18 atomes de carbone, comme les méthacrylates de méthyle,
d'éthyle, de 2,2,2-trifluoroéthyle, de n-propyle, d'isopropyle, de n-butyle, de sec.-butyle,
de tert.-butyle, de n-amyle, d'i-amyle, d'hexyle, d'éthyl-2 hexyle, de cyclohexyle,
d'octyle, d'i-octyle, de décyle, de β-hydroxyéthyle, d'hydroxypropyle, d'hydroxybutyle,
ainsi que le méthacrylate de glycidyle, le méthacrylate de norbornyle, le méthacrylonitrile
et les dialkylméthacrylamides.
[0056] Par monomère vinylaromatique au sens de la présente invention, on entend un monomère
aromatique à insaturation éthylénique tel que le styrène, le vinyltoluène, l'alphaméthylstyrène,
le méthyl-4-styrène, le méthyl-3-styrène, le méthoxy-4-styrène, l'hydroxyméthyl-2-styrène,
l'éthyl-4-styrène, l'éthoxy-4-styrène, le diméthyl-3,4-styrène, le chloro-2-styrène,
le chloro-3-styrène, le chloro-4-méthyl-3-styrène, le tert.-butyl-3-styrène, le dichloro-2,4-styrène,
le dichloro-2,6-styrène et le vinyl-1-naphtalène.
[0057] Par monomère diénique, on entend un diène choisi parmi les diènes linéaires ou cycliques,
conjugués ou non-conjugués comme par exemple le butadiène, le 2,3-diméthyl-butadiène,
l'isoprène, le 1,3-pentadiène, le 1,4-pentadiène, le 1,4-hexadiène, le 1,5-hexadiène,
le 1,9-décadiène, le 5-méthylène-2-norbornène, le 5-vinyl-2-norbornène, les 2-alkyl-2,5-norbornadiènes,
le 5-éthylène-2-norbornène, le 5-(2-propényl)-2-norbornène, le 5-(5-hexényl)-2-norbornène,
le 1,5-cyclooctadiène, le bicyclo[2,2,2]octa-2,5-diène, le cyclopentadiène, le 4,7,8,9-tétrahydroindène
et l'isopropylidène tétrahydroindène.
[0058] Suivant l'invention, il a été constaté que, par une combinaison judicieuse d'un complexe
de métal tel que défini précédemment, et d'un composé générateur de radicaux de polymérisation,
on peut arriver à obtenir des homopolymères et des copolymères séquencés et statistiques
parfaitement définis et contrôlés ainsi que des copolymères à gradient, des copolymères
étoilés et des macromonomères et des polymères α,ω fonctionnalisés (téléchéliques)
qui n'ont jusqu'ici pu être synthétisés avec les procédés de polymérisation radicalaire
classiques.
[0059] L'invention concerne donc également les polymères ou copolymères tels qu'obtenus
par le procédé précité, de masses moléculaires contrôlées et de polymolécularité étroite.
[0060] Les polymères et copolymères de monomères (méth)acryliques, vinyliques tels qu'obtenus
par le procédé de l'invention présentent des masses moléculaires

se situant entre 1000 et 500 000 g/mole et une polymolécularité

/

particulièrement étroite, inférieure à 2, voire inférieure à 1,5. De plus, le procédé
de l'invention est extrêmement régiosélectif, c'est-à-dire qu'il permet un excellent
contrôle sur l'orientation des unités monomères lors de la propagation. D'autre part,
les enchaînements s'orientent exclusivement tête à queue et non plus tête à tête comme
cela pouvait être le cas en polymérisation radicalaire classique. Cela favorise la
stabilité thermique des polymères et copolymères ainsi préparés. L'absence de réactions
de terminaison élimine toute autre possibilité d'enchaînement tête à tête.
[0061] En comparaison avec les procédés de polymérisation et de copolymérisation radicalaires
et ioniques connus, le procédé de la présente invention présente les avantages suivants
:
- polymérisation homogène et vivante. Comme cela est montré dans les Exemples ci-après,
la polymérisation est vivante selon les critères généralement avancés : évolution
linéaire des masses moyennes en fonction de la conversion, évolution linéaire de ln(1/(1-conversion))
ou de ln[M]o/[M] en fonction du temps, reprise de la polymérisation après ajout d'une nouvelle
dose de monomère (Penczek, S. Dans Makromol. Chem. Rapid. Commun. 1991, 12, 77) ;
- excellent contrôle moléculaire :

/

étroit inférieur à 2 ; bonne corrélation entre la

théorique et la

expérimentale ; possibilité de préparation de copolymères séquencés y compris ceux
en étoile ;
- polymérisation quantitative entraînant une consommation totale du monomère ;
- conditions de température douces allant de 0°C à 130°C en particulier de 20 à 80°C,
et pression ordinaire (légère surpression d'azote) ;
- le temps de réaction dépend de la concentration du milieu réactionnel. En effet, plus
la concentration en monomère est faible, plus la cinétique de polymérisation sera
lente ;
- compatibilité en milieux aqueux car les catalyseurs utilisés ne se dégradent pas en
présence d'eau, la présence d'eau étant même bénéfique dans le cas des mélanges eau/THF.
Possibilité de polymérisation en émulsion et suspension, en présence ou non d'émulsifiants,
l'utilisation de phosphines solubles telles que, par exemple, ((Na+-O3SC6H4)3P) permettant de solubiliser le complexe dans la phase aqueuse ;
- possibilité de stéréocontrôle, c'est-à-dire du contrôle de la tacticité hétéro, syndio
ou isotactique, en utilisant des catalyseurs chiraux ;
- excellent contrôle de la synthèse des polymères ou copolymères obtenus dont les masses
moléculaires varient entre 1000 et 500 000 g/mole (la masse moléculaire du polymère
obtenu est déterminée par le rapport molaire initial monomère/amorceur et ce, jusqu'à
des masses de 500 000 g/mole) ;
- la résistance à la dégradation thermique des polymères et copolymères est améliorée
en raison de l'absence de réactions de terminaison (combinaisons et disproportions),
pouvant être montrée notamment par analyse thermogravimétrique ;
- obtention de produits difficilement accessibles par les techniques de polymérisation
usuelles, tels que copolymères séquencés purs, copolymères statistiques définis et
polymères hyperbranchés utilisables comme adhésifs de formulation contrôlée, additifs
antichocs, agents émulsifiants, agents interfaciaux ;
- obtention de matériaux à propriétés améliorées ; l'absence de doubles liaisons terminales
permet d'augmenter la température de dépolymérisation des polymères, notamment du
PMMA ;
- polymérisation contrôlée qui permet d'éviter l'autoaccélération de la polymérisation
(appelée effet de gel ou effet Trommsdorf). Le contrôle de la polymérisation par le
complexe de métal M permet d'éviter l'autoaccélération subite de la polymérisation
avec prise en masse très rapide. Ce phénomène est en général néfaste pour l'industriel
et le produit. En particulier, pour le PMMA devant se présenter sous forme de plaques
coulées, il est important que la polymérisation soit contrôlée afin d'éviter l'apparition
de bulles, ou de défauts à la surface de la plaque. On peut parvenir à éviter le point
de gel à l'aide de cycles, parfois longs, de températures adaptés. Une seule température
est préférentiellement utilisée, ce qui est une simplification pour le procédé.
[0062] On peut également indiquer que les complexes du rhodium n'exigent pas de conditions
soignées de polymérisation, telles que celles employées par exemple avec des catalyseurs
de type Ziegler-Natta.
[0063] On donne ci-après des exemples non limitatifs décrivant la préparation de polymères
tels qu'obtenus suivant le procédé de la présente invention.
[0064] Les masses moléculaires moyenne en nombre expérimentales (
exp) sont obtenues par chromatographie de perméation sur gel (GPC) calibré avec des étalons
de poly(méthacrylate de méthyle) (PMMA) monodisperses, sauf indication contraire.
Les masses moléculaires moyennes en nombre théoriques (
théo) sont calculées à partir du rapport molaire monomère/amorceur, corrigé par le rendement
(
théo = ([M] x rendement)/([amorceur] x 100), [M] étant la concentration en monomère. Le
facteur f est le facteur d'efficacité d'amorçage, soit
théo/
exp. L'indice de polymolécularité ou polydispersité est

/

.
Exemple 1 : Polymérisation du MMA dans un mélange eau/THF à 60°C
[0065] Dans un ballon muni d'un agitateur magnétique, on introduit 192 mg (0,2076 millimole)
de RhCl(PPh
3)
3. Le ballon est équipé d'un robinet à trois voies permettant l'utilisation de la méthode
de Schlenk ; le ballon peut ainsi être placé sous azote via un cycle vide-azote répété
à trois reprises. On additionne alors à la seringue (purgée à l'azote) 2,0 ml de THF,
ainsi que 2,0 ml d'eau désionisée (tous deux préalablement dégazés par congélation
et décongélation effectuées sous vide). On injecte alors 2,80 g (3,0 ml) de MMA, préalablement
distillé pour éliminer les stabilisants. Ensuite, on ajoute 1,0 ml d'une solution
de CCl
4 à une concentration de 0,1036 mole/litre dans le THF.
[0066] La concentration en MMA est donc de 3,5 moles/litre, et le rapport molaire [MMA]/[CCl
4], de 270.
[0067] Le ballon est alors placé dans un bain thermostaté à 60°C, sous agitation magnétique,
durant 24 heures. Après ce temps, on ouvre le ballon et on dilue le milieu réactionnel
avec du THF, puis on précipite le polymère dans du méthanol à froid. Le polymère est
séché sous vide à 60°C jusqu'à poids constant.
Rendement en polymère : 100%
exp = 29 800
théo = 27 000
f = 0,91

/

= 1,48
- Tacticité =
- 62% syndio
34% hétéro
4% iso
Exemples 2 à 6
[0068] On procède comme à l'Exemple 1, avec les conditions suivantes :
- 191,7 mg de RhCl(PPh3)3 ;
- 4 ml de THF (Exemple 2) ou d'un mélange THF/eau dont les proportions varient comme
indiqué dans le Tableau 1 ci-après (Exemples 3 à 5) ;
- 3,0 ml de MMA ; et
- 1,0 ml d'une solution de CCl4 à une concentration de 0,1 mole/litre dans le THF,
la concentration en MMA étant donc de 3,5 moles/litre, et le rapport molaire [MMA]/[CCl
4], de 280.
[0069] Les rendements, la
exp (calibration avec le polystyrène avec correction par un facteur 1,1) et la valeur
f sont rapportés dans le Tableau 1 ci-après.
Tableau 1
| Exemple |
Solvant (ml) |
Rendement (%) |
 exp |
f |
| |
eau |
THF |
|
|
|
| 2 |
- |
4 |
10 |
4 000 |
0,7 |
| 3 |
quelques gouttes |
4 |
10 |
3 900 |
0,72 |
| 4 |
0,5 |
3,5 |
38 |
89 600 |
0,12 |
| 5 |
1 |
3 |
55 |
133 600 |
0,11 |
| 6* |
2 |
2 |
100 |
34 200 |
0,82 |
| * La tacticité du polymère obtenu à l'Exemple 6 est de 64% syndio, 34% hétéro et 2%
iso. |
Exemples 7 à 10
[0070] On procède comme à l'Exemple 1, excepté que l'on modifie le rapport molaire [MMA]/[CCl
4] comme indiqué dans le Tableau 2 ci-après.
[0071] Les valeurs des
théo et
exp, du rendement, de

/

et de f sont rapportées également dans le Tableau 2 ci-après.
Tableau 2
| Exemple |
[MMA]/[CCl4] |
 théo |
 exp |
Rendement (%) |
 s/

|
f |
| 7 |
270 |
27 000 |
29 800 |
100 |
1,48 |
0,91 |
| 8* |
542 |
54 200 |
57 500 |
100 |
1,5 |
0,94 |
| 9 |
992 |
92 400 |
98 200 |
93 |
1,67 |
0,94 |
| 10 |
2157 |
185 700 |
157 500 |
86 |
1,7 |
1,18 |
| * La tacticité du polymère obtenu à l'Exemple 8 est de 59% syndio, 38% hétéro, 3%
iso. |
Exemples 11 à 15
[0072] On a procédé comme à l'Exemple 1, avec les conditions suivantes :
- 153,4 mg de RhCl(PPh3)3 ;
- 0,8 ml d'une solution de CCl4 à une concentration de 0,1036 mole/litre dans le THF ; et
- précipitation des polymères dans l'heptane.
[0073] Les résultats obtenus sont rapportés dans le Tableau 3 ci-après.
Tableau 3
| Exemple |
Temps (h) |
Rendement (%) |
 exp |
 /

|
ln[M]o/[M] |
f |
| 11 |
0,5 |
11,3 |
33 800 |
1,79 |
0,12 |
0,75 |
| 12 |
2 |
17,5 |
74 000 |
1,64 |
0,192 |
0,53 |
| 13 |
5 |
32 |
99 600 |
1,77 |
0,386 |
0,73 |
| 14 |
10 |
43 |
131 500 |
1,75 |
0,562 |
0,74 |
| 15 |
24 |
70 |
144 000 |
2 |
1,2 |
1,1 |
[0074] On observe une évolution exponentielle du rendement au cours du temps. La relation
"ln[M]
o/[M] vs temps" est une relation linéaire, apportant la preuve d'un processus vivant
(bon contrôle de la polymérisation). Par ailleurs, la
exp varie presque linéairement avec le rendement, les déviations observées étant dues
aux erreurs expérimentales.
Exemple 16 : Polymérisation du styrène
[0075] On procède comme à l'Exemple 1, avec les conditions suivantes :
- 154,6 mg (0,167 mmole) de RhCl(PPh3)3 ;
- 2,0 ml (17,38 mmoles) de styrène (Acros), séché sur CaH2 et distillé sur polystyryllithium ; et
- 0,8 ml d'une solution de CCl4 à une concentration de 0,1036 mole/litre dans le THF ; et
- durée de la réaction : 120 heures.
Rendement : 72%
exp = 41 000
théo = 15 100
f = 0,37

/

= 1,98
Exemple 17 : Polymérisation du méthacrylate de n-butyle (n-BuMA)
[0076] On procède comme à l'Exemple 1, avec les conditions suivantes :
- 154,4 mg (0,167 mmole) de RhCl(PPh3)3 ;
- 3 ml (18,86 mmoles) de n-BuMA (Acros), séché sur CaH2 et distillé ;
- 0,8 ml d'une solution de CCl4 à une concentration de 0,1036 mole/litre dans le THF ; et
- durée de la réaction : 48 heures.
Rendement : 100%
exp = 25 600 (calibration par le polystyrène)

/

= 1,59
Exemple 18 : Reprise de polymérisation du MMA
[0077] On procède comme à l'Exemple 1, en conduisant une première étape avec les conditions
suivantes :
- 192,1 mg (0,2076 mmole) de RhCl(PPh3)3 ;
- 3,0 ml de MMA ;
- 1,0 ml d'une solution de CCl4 à une concentration de 0,1036 mole/litre dans le THF ; et
- durée de réaction : 17 heures.
[0078] Après cette première séquence, le rendement est de 100%, la
exp est de 29 800,

/

vaut 1,48, et f vaut 0,91.
[0079] On ajoute alors à nouveau 2,0 ml de THF, 2,0 ml d'eau et 3,0 ml de MMA. On laisse
alors réagir durant 25 heures, toujours à 60°C. Le polymère est précipité dans le
méthanol.
[0080] Après cette deuxième séquence, la
exp est de 54 100, le rendement, de 100%, l'indice de polymolécularité (

/

), de 1,7, et f vaut 1.
Exemples 19 et 20 : Copolymérisation statistique du MMA et du n-BuMA
[0081] On procède comme à l'Exemple 1, avec cependant les conditions suivantes :
- 115 mg (0,124 mmole) de RhCl(PPh3)3 ;
- 1,5 ml (14,02 mmoles) de MMA et 1,5 ml (9,43 mmoles) de nBuMA ; et
- 0,6 ml d'une solution de CCl4 à une concentration de 0,1036 mole/litre dans le THF.
[0082] Les résultats obtenus sont rapportés dans le Tableau 4 ci-après.
[0083] La
théo à 100% de rendement est de 44 000. La relation "
théo vs rendement" est une relation linéaire. La Tg du copolymère final, mesurée par DSC,
est de 80°C, et obéit donc à la loi de Fox (Tg
Pn-BuMA = 8°C et Tg
PMMA ≃ 120°C). L'analyse par RMM
1H indique une composition (en moles) de 66% en MMA et de 34% en n-BuMA.
Exemple 21 : Copolymérisation séquencée MMA-b-nBuMA
[0084] On procède comme à l'Exemple 1, en conduisant une première étape avec les conditions
suivantes :
- 115 mg (0,1243 mmole) de RhCl(PPh3)3 ;
- 1 ml d'eau ;
- 1 ml de THF ;
- 1,5 ml de MMA ;
- 0,6 ml d'une solution de CCl4 à une concentration de 0,1036 mole/litre dans le THF ; et
- durée de la réaction : 22 heures.
[0085] Après cette première séquence, le rendement est de 100%.
[0086] On ajoute alors à nouveau 2 ml de THF et 1,5 ml de n-BuMA et on laisse réagir durant
24 heures, la température étant toujours maintenue à 60°C. Le copolymère obtenu est
précipité dans le méthanol à froid.
[0087] Le rendement total (après les deux séquences) est de 90%. Concernant le copolymère
final :
exp = 44 000 (calibration avec le polystyrène)
théo = 44 000
f = 1,0

/

= 1,98
[0088] L'analyse par DSC indique deux Tg, l'une se situant à 8°C (correspondant au bloc
de Pn-BuMA), et l'autre à 117°C (correspondant au bloc de PMMA).
Exemple 22: Polymérisation du MMA avec formation du complexe de rhodium in situ
[0089] Les conditions expérimentales sont identiques à celles utilisées dans l'Exemple 1.
Dans un tube, on introduit 0,0292 g de RhCl
3.H
2O (0,139 mmole) ainsi que 0,1465 g, soit 4 équivalents, de triphénylphosphine (préalablement
recristallisée dans l'éthanol). On effectue une série de trois cycles vide-azote afin
d'éliminer l'oxygène. On additionne à l'aide d'une seringue 1,4 ml d'eau bidistillée
ainsi que 1,4 ml de THF (ceux-ci ayant été dégazés par passage d'un flux d'azote).
Le milieu réactionnel est alors placé dans un bain à 60°C durant une période de 1
heure. On ajoute ensuite 2 ml de MMA ainsi que 0,6 ml d'une solution (0,1036 mole/l)
de CCl
4 dans le THF. On laisse réagir pendant 16 h à 60°C. Le milieu réactionnel est dissous
dans du THF et précipité dans du THF. On obtient un rendement quantitatif en polymère.
La

, calculée par GPC, est de 28500 (calibration polystyrène) ; f vaut 1,05 ; et

/

vaut 1,45.
Exemples 23 à 27 : Polymérisation du MMA dans un mélange eau/THF à 68°C
[0090] On procède comme à l'Exemple 1, avec les conditions suivantes :
- 1 ml de THF
- 1 ml d'eau
- 1,5 ml de MMA
- 0,5 ml de CCl4 à une concentration de 0,1036 mole/litre dans le THF ;
- 0,096 g de RhCl(PPh3)3
- température : 68°C
- précipitation des polymères dans l'heptane.
[0091] Les résultats obtenus sont rapportés dans le Tableau 5 ci-après, à partir duquel
on peut formuler les mêmes observations que pour les Exemples 11 à 15.
Tableau 5
| Exemple |
Temps (min) |
Rendement (%) |
 exp |
 /

|
ln[M]o/[M] |
| 23 |
30 |
24 |
15 980 |
1,95 |
0,27 |
| 24 |
60 |
33 |
22 150 |
1,91 |
0,40 |
| 25 |
120 |
41 |
26 120 |
1,84 |
0,53 |
| 26 |
250 |
57 |
48 720 |
1,51 |
0,84 |
| 27 |
480 |
86 |
58 100 |
1,58 |
1,97 |
1. Procédé de polymérisation ou copolymérisation radicalaire contrôlée de monomères (méth)acryliques
et/ou vinyliques et/ou vinylidéniques et/ou diéniques, caractérisé par le fait que
l'on polymérise ou copolymérise en masse, solution, émulsion ou suspension, à une
température pouvant descendre jusqu'à 0°C, au moins un desdits monomères en présence
d'un système d'amorçage comprenant :
- au moins un composé générateur de radicaux non peroxydique ; et
- au moins un catalyseur constitué par un complexe de métal, représenté par la formule
suivante (I) :
MAa(L)n (I)
dans laquelle :
. M représente Rh, Co, ou Ir ;
. A représente un halogène ou un pseudo-halogène ;
. les L, identiques ou différents, représentent chacun un ligand, pouvant être un
ligand chiral, qui est choisi parmi le cyclooctadiène, PRR'R", P(OR)(OR')(OR"), NRR'R",
ORR', SRR', SeRR', AsRR'R", SbRR'R", chaque R, R', R" représentant indépendamment
un groupe alkyle en C1-C14, éventuellement substitué, ou un groupe aromatique éventuellement substitué,
au moins deux de ces ligands pouvant être reliés entre eux par un ou plusieurs radicaux
bivalents ;
. a est un entier tel que 1 ≤ a ≤ 3 ;
. n est un entier tel que 1 ≤ n ≤ 5,
et en l'absence d'activateur.
2. Procédé conforme à la revendication 1, caractérisé en ce que le métal M est Rh.
3. Procédé conforme à l'une des revendications 1 à 2, caractérisé en ce que A représente
un halogène choisi parmi Cl, Br, F et I ou un pseudo-halogène choisi parmi CN, NCS,
NO2, NO3, N3, OCOCF3, OCOCH3 et BF4.
4. Procédé conforme à l'une des revendications 1 à 3, caractérisé en ce que les L représentent
chacun une phosphine PRR'R", R, R', R" représentant chacun indépendamment un groupe
alkyle en C1-C14 pouvant être substitué par SO3 -, COOH, alcoxy, alkyl-S- ou un groupe aromatique pouvant être substitué par au moins
un groupement choisi notamment parmi halogène, alkyle, CF3, alcoxy, NO2, SO3 -, au moins deux de ces ligands pouvant être reliés pour former une polyphosphine,
laquelle peut contenir au moins un hétéroatome, tel que N, P, S et O.
5. Procédé conforme à l'une des revendications 1 à 4, caractérisé en ce que le radical
bivalent reliant deux ligands L est un radical alkylène.
6. Procédé conforme à l'une des revendications 1 à 5, caractérisé en ce que le complexe
de formule (I) porte une charge cationique.
7. Procédé conforme à l'une des revendications 1 à 4, caractérisé en ce que le catalyseur
est RhCl(PRR'R"), R, R' et R" étant tels que définis à la revendication 1, et notamment
RhCl(PPh3)3 ou RhBr(PPh3)3.
8. Procédé conforme à l'une des revendications 1 à 7, caractérisé en ce que le complexe
de formule (I) est formé in situ dans le milieu réactionnel à partir d'un sel métallique
de formule MAb ou MAb.xH2O, M et A étant tels que définis à la revendication 1, b valant 2 ou 3, et x étant
compris entre 1 et 10, et des ligands L tels que définis à la revendication 1.
9. Procédé selon la revendication 8, caractérisé par le fait que l'on choisit les sels
métalliques anhydres MAb parmi RhCl3, RhI3, CoCl2, CoF2 et CoF3, et les sels métalliques hydratés MAb.xH2O parmi RhBr3.2H2O, RhCl3.xH2O (x étant compris entre 1 et 10) et CoCl2.6H2O.
10. Procédé conforme à l'une des revendications 1 à 9, caractérisé en ce que le composé
générateur de radicaux libres est monofonctionnel et choisi dans les classes des composés
suivants :
(a) les dérivés de formule :
CYZ3
où :
- Y = Cl, Br, I, F, H ou -CR1R2OH, R1 et R2 représentant chacun indépendamment hydrogène ou alkyle en C1-C14 ; et
- Z = Cl ou Br ;
(b) les dérivés de formule :
R3CCl3
où R3 représente phényle ; benzyle ; benzoyle ; alcoxycarbonyle ; R4CO avec R4 représentant alkyle en C1-C14 ou aryle ; alkyle ; mésityle ; trifluorométhyle; ou nitro ;
(c) les dérivés de formule :

dans laquelle :
- Q représente un atome de chlore ou de brome ou un groupe acétate ou trifluoroacétate
ou triflate ;
- R5 représente un atome d'hydrogène, un groupe alkyle en C1-C14 ou un groupe aromatique, ou un groupe -CH2OH ;
- T représente un groupe

avec R7 représentant hydrogène ou un groupe alkyle ou aromatique; un groupe CN ; un groupe

avec R8 représentant alkyle en C1-C14, phényle ou isocyanate ; un groupe hydroxyle ; un groupe nitro ; un groupe amino
substitué ou non ; un groupe alcoxy en C1-C14 ; un groupe R9CO, avec R9 représentant alkyle en C1-C14 ou aryle ;
- R6 représente un groupe entrant dans les définitions de R5 ou de Q ou un groupe fonctionnel tel qu'hydroxyle, nitro, amino substitué ou non,
alcoxy en C1-C14, acyle, acide carboxylique, ester ;
(d) les composés lactones ou lactames halogénés en α ;
(e) les N-halosuccinimides et les N-halophtalimides ;
(f) les halogénures d'alkyl-sulfonyle et les halogénures d'arylène-sulfonyle ;
(g) les composés de formule :

où :
- R10 représente un atome d'hydrogène, un groupe alkyle en C1-C14 ou un groupe acide carboxylique, ester, nitrile ou cétone ;
- R11 représente un atome d'hydrogène ou un groupe alkyle en C1-C14, hydroxyle, acyle, amine substituée ou non, nitro, alcoxy en C1-C14 ou sulfonate ; et
- Q a la signification donnée précédemment ;
(h) les composés de formule :

où :
- R12 représente alkyle en C1-C14 ou aryle ;
- W représente halogène ou pseudo-halogène ;
(i) les composés de formule :

où :
- R13, R14 et R15 représentent chacun indépendamment alkyle en C1-C14 ou aryle ; et
- V représente halogène, acétate, trifluoroacétate, triflate ;
(j) les halogénures aromatiques de formule :
Ar - U
où :
- Ar représente un groupement aromatique, tel que C6H5- pouvant être substitué en position ortho, méta ou para par un groupement électroattracteur
ou électrodonneur ; et
- U représente un halogène.
11. Procédé conforme à l'une des revendications 1 à 9, caractérisé en ce que le composé
générateur de radicaux est multifonctionnel et est constitué par au moins deux groupements
générateurs de radicaux monofonctionnels issus des classes (c) à (j) définies à la
revendication 8, reliés par une chaîne d'unités méthylène ou par un cycle benzénique,
ou est choisi parmi les anhydrides acétiques comme l'anhydride d'acide chloroacétique
et l'anhydride d'acide chlorodifluoroacétique, et les tri- ou tétrahalométhanes et
les dérivés trichlorométhylés des classes (a) et (b) définies à la revendication 8.
12. Procédé conforme à la revendication 10, caractérisé en ce que le composé générateur
de radicaux est un halogénure d'alkyle ou un halogénure d'alkyl- ou arylène-sulfonyle.
13. Procédé conforme à l'une quelconque des revendications 1 à 12, caractérisé en ce que
le rapport molaire du ou des monomères sur le ou les composés générateurs de radicaux
est de 1 - 100 000.
14. Procédé conforme à l'une des revendications 1 à 13, caractérisé en ce que le rapport
molaire du métal M sur le (ou les) générateur(s) de radicaux est de 0,01 à 100.
15. Procédé conforme à l'une des revendications 8 à 14, caractérisé en ce que le rapport
molaire L:M est compris entre 0,01 et 100, de préférence entre 1 et 5.
16. Procédé conforme à l'une quelconque des revendications 1 à 15, caractérisé en ce que
le polymérisation ou copolymérisation est effectuée à une température de 0°C à 130°C.
17. Procédé conforme à l'une quelconque des revendications 1 à 16, caractérisé en ce que
les monomères polymérisables ou copolymérisables comprennent au moins un monomère
choisi parmi les méthacrylates, les acrylates, les dérivés vinylaromatiques, l'acétate
de vinyle, le chlorure de vinyle, le fluorure de vinyle, et le fluorure de vinylidène.
18. Procédé conforme à la revendication 17, caractérisé en ce que le monomère est choisi
dans le groupe comprenant le méthacrylate de méthyle, le méthacrylate d'éthyle, le
méthacrylate de n-butyle, l'acrylate de n-butyle, l'acrylonitrile et le styrène.
19. Procédé conforme à l'une des revendications 1 à 18, caractérisé en ce qu'on conduit
une copolymérisation séquencée en introduisant, dans le milieu de polymérisation dans
lequel le premier monomère a été polymérisé, un second monomère le cas échéant avec
un nouvel ajout de système d'amorçage.
20. Procédé conforme à l'une des revendications 1 à 19, caractérisé en ce que l'on conduit
la (co)polymérisation en milieu aqueux, en présence ou non d'émulsifiants ; en présence
d'un solvant organique ou d'un mélange de solvants organiques, tels que les hydrocarbures
aromatiques, les hydrocarbures chlorés, les éthers cycliques, les esters et les cétones
; ou dans un mélange d'eau et d'au moins un solvant précité.
21. Procédé conforme à l'une des revendications 1 à 19, caractérisé en ce que l'on conduit
la (co)polymérisation des (méth)acrylates d'alkyle et du styrène en présence du système
d'amorçage halogénure d'alkyle/RhCl(PPh3)3 dans un mélange eau/solvant organique.