[0001] L'invention a trait à une nuance d'acier à haute limite d'élasticité patinable plus
particulièrement pour la conception de réservoirs métalliques destinés à contenir
un fluide sous pression notamment citernes à gaz.
[0002] Dans ce domaine des citernes à gaz il est usuel, pour la conception de ces dernières,
de faire appel à des aciers traditionnels qui, à priori, s'avèrent d'un coût de revient
intéressant.
[0003] Il convient, tout d'abord, de rappeler, à ce propos, que ces citernes comportent
un corps de forme générale cylindrique muni d'un couvercle et d'un fond sensiblement
semi-elliptique. En fait, une telle citerne est conçue, substantiellement, en deux
ou trois parties. Dans le premier cas on conçoit deux demi-coquilles rendues solidaires
par soudure l'une de l'autre, sensiblement dans le plan médian horizontal de la citerne.
Dans le cadre d'une citerne en trois parties, on dispose d'une virole à l'extrémité
supérieure et inférieure de laquelle l'on vient rapporter, par soudure, le fond et
le couvercle de forme semi-elliptique.
[0004] En définitive, ce couvercle et ce fond empruntent une forme sensiblement similaire
à une demi-coquille dans la mesure où ils comportent, tous deux, une partie de forme
concave semi-elliptique laquelle est prolongée, en périphérie, par un col cylindrique
de hauteur plus ou moins importante.
[0005] Ainsi, ces pièces sont réalisées par emboutissage d'une tôle laquelle est, comme
indiqué ci-dessus, en acier traditionnel, sachant que cet emboutissage est effectué
en une seule passe au cours de laquelle ladite tôle est maintenue à l'aide d'un serre-flanc.
[0006] Il est évident, dans ces conditions, que le métal est fortement sollicité, à tel
point qu'il en résulte une réduction de l'épaisseur de la tôle initiale sans compter
une augmentation inévitable de la dureté du métal lequel ne répond plus, en définitive,
au critère d'allongement toléré par les normes applicables dans le domaine. Il en
résulte l'obligation de procéder à des traitements thermiques de ces fonds de citernes,
afin de redonner au métal tout ou partie de ses caractéristiques physiques initiales.
Finalement, après assemblage par soudure des différentes pièces concevant un tel réservoir
et en sortie de traitement thermique, l'on doit, encore, protéger ce réservoir contre
la corrosion à l'aide d'un revêtement approprié. Pour ce faire, il convient, tout
d'abord, de procéder à une opération de grenaillage afin d'obtenir un état de surface
impeccable autorisant l'accrochage dudit revêtement anticorrosion. Celui-ci peut se
présenter sous forme d'une métallisation du réservoir. Un tel revêtement est relativement
onéreux sans compter qu'il est, par ailleurs, sensible aux chocs ce qui pose problème
dans le cas où ledit réservoir est destiné à être enterré.
[0007] Il est également connu de protéger de tels réservoirs à l'aide d'un revêtement thermodurcissable
constitué, souvent, à base d'un mélange de poudre de zinc et de poudre d'époxy et
dont l'application se fait par effet électrostatique. En fait cela nécessite un nouveau
passage du réservoir dans un four où s'effectue l'apport de calories nécessaires à
la polymérisation du revêtement.
[0008] Il est encore usuel de faire appel à une protection du type cathodique pour prévenir
ces réservoirs contre la corrosion. En fait, une telle protection impose dans tous
les cas l'application d'un revêtement, notamment à base d'époxy, sur ces réservoirs.
Par ailleurs, il n'est pas rare de combiner plusieurs de ces protections. Ainsi, souvent
l'on maintient la présence d'une anode au zinc ou au magnésium sur un réservoir préalablement
revêtu d'une peinture anticorrosion.
[0009] Finalement, on s'aperçoit que ces différentes opérations, qu'il s'agisse de traitements
thermiques ou de protection anticorrosion, ont une incidence considérable sur le coût
de revient de ces réservoirs. Aussi, la présente invention s'est fixée pour objectif
de définir les caractéristiques d'un acier qui, d'une part, est à haute limite d'élasticité
et, de ce fait, est à même d'éviter les opérations de traitements thermiques, du type
recuit, suite à sa déformation par emboutissage. D'autre part, cet acier se veut patinable,
c'est à dire qu'il en découle la formation d'une couche superficielle d'oxyde protecteur,
appelée patine, à même de conférer au réservoir une résistance à la corrosion atmosphérique
largement supérieure à celle des aciers de construction classique.
[0010] En fin de compte, l'on s'aperçoit qu'en évitant, tant les traitements thermiques
habituellement nécessaires au cours de la conception d'un réservoir destiné à contenir
un gaz liquéfié, que les protections anticorrosion onéreuses, du type protection cathodique
ou analogue, un tel acier à haute limite d'élasticité patinable répond, très exactement,
aux souhaits actuels dans ce domaine.
[0011] A cet effet, l'invention concerne une nuance d'acier à haute limite d'élasticité
patinable, plus particulièrement pour la conception de réservoirs métalliques destinés
à contenir un fluide sous pression, notamment des citernes à gaz, caractérisée par
le fait que :
a) l'analyse chimique de cet acier répond aux critères du tableau ci-dessous :

les valeurs correspondent à des teneurs en masse exprimées en pourcents.
b) cet acier comportant, par ailleurs, les caractéristiques suivantes :
- une limite élastique minimum ReH = 420 N
- une résistance à la rupture Rm comprise entre 500 et 630 N
- un allongement minimum A de 21 %
- et des résultats répondant aux essais de rupture par chocs type KV pour une épaisseur
supérieure ou égale à 5 mm, de 40 Joules dans le sens long et de 27 Joules dans le
sens transversal.
[0012] Finalement, on s'aperçoit qu'au travers de l'invention il est possible de concevoir
des réservoirs, du type citernes à gaz, moyennant un coût de production inférieur
dans la mesure où, non seulement, l'on évite les opérations de traitement thermique,
telles que recuit ou analogue après déformation de l'acier mais, en outre, du fait
du caractère patinable de celui-ci, ces réservoirs présentent une très grande tenue
à la corrosion. Il est notamment possible, dans ces conditions, de s'affranchir des
protections cathodiques mises en oeuvre jusqu'alors et de se limiter à un revêtement
de protection du type peinture époxy ou autre de faible épaisseur, comprise entre
30 et 80 micromètres, de préférence de l'ordre de 50 micromètres.
[0013] De plus, en raison du caractère patinable de cet acier, il en résulte une meilleure
tenue de la peinture sur cet acier s'expliquant par la formation d'une couche protectrice
d'oxydes adhérents en cas de blessure du revêtement évitant, ainsi, le développement
de la rouille.
[0014] Finalement, il convient d'observer que pour éviter de modifier les caractéristiques
de l'acier à haute limite d'élasticité, les différentes pièces composant le réservoir,
qu'il s'agisse de deux demi-coquilles ou d'un couvercle et d'un fond venant équiper
de part et d'autre une virole, sont assemblées par soudure, celle-ci étant effectuée
à une température au plus égale à 650° Celsius.
[0015] En définitive, il y a tout lieu de considérer que cet acier, conforme à l'invention
et utilisé pour la conception de citernes ou autres réservoirs à gaz, répond, parfaitement,
aux contraintes rencontrées dans ce domaine dans la mesure où il conduit, non seulement,
à des économies, au niveau du coût de production mais, en outre, à des avantages considérables
sur le plan de la tenue à la corrosion dans le temps de ces réservoirs ou citernes
à gaz.
1. Nuance d'acier à haute limite d'élasticité patinable, plus particulièrement pour la
conception de réservoirs métalliques destinés à contenir un fluide sous pression,
notamment de citernes à gaz, caractérisée par le fait que :
a) l'analyse chimique de cet acier répond aux critères du tableau ci-dessous :

Les valeurs correspondent à des teneurs en masse exprimées en pourcents.
b) cet acier comportant, par ailleurs, les caractéristiques suivantes :
- une limite élastique minimum ReH = 420 N
- résistance à la rupture Rm comprise entre 500 et 630 N
- un allongement minimum A de 21 %
- et des résultats aux essais de rupture par chocs type KV pour une épaisseur supérieure
ou égale à 6 mm, de 40 Joules dans le sens long et de 27 Joules dans le sens transversal.
2. Citerne à gaz conçue en acier à haute limite d'élasticité patinable conforme à la
revendication 1 et se décomposant, selon le cas, en deux demi-coquilles ou un fond
et un couvercle rapportés aux extrémités d'une virole, ces éléments étant assemblés
par soudure réalisée à une température au plus égale à 650° Celsius.
3. Citerne selon la revendication 2, caractérisée par le fait qu'elle est recouverte
d'une peinture époxy d'une épaisseur de l'ordre de 30 à 80 micromètres de préférence
de l'ordre de 50 micromètres.