[0001] L'invention concerne un article chaussant tricoté, en particulier un mi-bas.
[0002] Il est connu de placer dans une chaussure une semelle indépendante portant éventuellement
des reliefs de relaxation, tels que des picots.
[0003] Il est également connu d'associer de façon permanente à un article chaussant tricoté
(par exemple un chausson pour bébé) une semelle réalisée dans une autre matière (généralement
une matière plastique) ; la semelle est alors généralement collée, thermocollée ou
thermosoudée à l'article chaussant. Une telle opération supplémentaire dans la fabrication
de l'article en grève le coût. Au lieu d'une semelle, il peut s'agir de protubérances
isolées fixées sur le tricot, comme l'enseigne le document EP-0 348 023 A, mais là
encore une opération supplémentaire est nécessaire.
[0004] Le but de l'invention est de proposer un article chaussant tricoté d'un nouveau genre,
pouvant se fabriquer en une seule opération et n'ayant pas les inconvénients des articles
de l'art antérieur.
[0005] L'invention atteint son but en proposant un article chaussant tricoté, en particulier
un mi-bas, dont la semelle comporte des motifs en relief réalisés par tricotage, en
même temps que le mi-bas lui-même, ce qui supprime la nécessité d'avoir à rapporter
une semelle séparée.
[0006] Par motifs en relief, on entend des motifs qui conservent un relief notable même
après que l'article a été enfilé sur le pied et que le tricot se trouve en extension.
[0007] Les motifs en relief sont avantageusement sous forme de petits bourrelets, c'est-à-dire
de portions partiellement tubulaires de tricot, s'élevant au-dessus de la surface
moyenne du tricot ; les lèvres des portions partiellement tubulaires sont retenues
dans le plan de ladite surface par des mailles spécifiques. Ces bourrelets tubulaires
peuvent être obtenus par tricotage selon diverses techniques connues en soi, comme
les techniques "d'accrochage aiguille", "d'accrochage plateau" ou "à double fonture".
On peut se reporter par exemple au document US 2 872 800 A. Mais à la différence de
l'art antérieur, les bourrelets de l'invention, qui n'ont pas d'abord une fonction
esthétique mais sont destinés à former des reliefs sensibles sous les pieds, sont
tricotés dans le métier circulaire seulement sur la partie qui va former la semelle
(c'est-à-dire a peu près la moitié du bas) et non pas sur toute la périphérie du bas.
D'autre part, les bourrelets de l'invention sont avantageusement tricotés avec un
fil supplémentaire, de manière à donner plus de consistance au bourrelet.
[0008] A la différence des côtes formées par tricotage, qui disparaissent presque entièrement
lors de l'extension du tricot, les bourrelets de l'invention forment des portions
tubulaires qui certes s'écrasent sous le pied mais constituent néanmoins une surépaisseur
notable, sensible par ses effets relaxants.
[0009] Dans un exemple de réalisation conduisant à d'excellents résultats sur le plan de
la sensation de relaxation éprouvée par les utilisatrices, les reliefs sont sous forme
de zigzags parallèles.
[0010] De préférence, les reliefs ont une hauteur inférieure à environ 6 mm et ils sont
agencés selon des lignes espacées d'environ 1 à 3 mm.
[0011] D'autres caractéristiques et avantages de l'invention ressortiront de la description
suivante. On se référera aux dessins annexés sur lesquels :
- la figure 1 est un schéma d'un mi-bas relaxant conforme à l'invention, avec une partie
en coupe au niveau de la semelle,
- la figure 2 est un schéma de la partie du mi-bas formant semelle,
- la figure 3 détaille le tricotage de chaque partie du mi-bas,
- les figures 4 et 5 montrent schématiquement le plan de tricotage de la semelle respectivement
au niveau du plan d'ensemble et du rattachement des mailles,
- la figure 6 montre en perspective ces mailles du tricot au niveau d'un bourrelet,
- les figures 7 et 8 montrent les bourrelets tubulaires de l'invention en coupe transversale,
respectivement à l'état non écrasé et à l'état écrasé,
- la figure 9 est un graphique déformation/force établi pour trois articles différents.
[0012] La figure 1 montre un mi-bas 1 comportant une partie de jambe 2 et une partie de
pied 3.
[0013] La partie de jambe 2 peut être réalisée, comme connu en soi, de manière à exercer
une pression graduelle du mollet à la cheville. Elle se termine par un bord-côte 4.
[0014] La partie de pied 3 comporte une partie de semelle 7 terminée d'un côté par la partie
de talon 5 et de l'autre par la partie de pointe 6, ces deux parties 5 et 6 étant
renforcées comme connu en soi.
[0015] Selon l'invention la semelle 7 est tridimensionnelle et comporte, obtenus directement
lors du tricotage et donc non rapportés, des motifs en relief 8, par exemple en zigzags
parallèles comme représenté sur la figure 2. Les reliefs 8 sont séparés par des parties
plates 9.
[0016] La hauteur des bourrelets tricotés constituant les reliefs 8 peut varier en fonction
de l'effet recherché. Dès une hauteur très faible (quelques dixièmes de millimètre),
une sensation apparaît sous le pied. Plus le relief est haut, plus la dureté diminue,
de sorte qu'on considère en pratique que la hauteur doit être inférieure à 6 mm.
[0017] La distance entre les parties en relief 8 (entre les lignes en zigzag pour le mode
de réalisation représenté) est de préférence comprise entre 1 et 3 mm.
[0018] Le mi-bas de l'invention peut être tricoté selon le procédé et les caractéristiques
illustrés en figure 3 où l'on retrouvera les parties indiquées numérotées ci-dessus.
Dans un exemple particulier de réalisation, on a utilisé un métier à tricoter de marque
LONATI L304.
[0019] La jambe 2 et le dessus du pied 3 sont tricotés avec ou sans jeu de mailles en une
chute sur deux, avec serre progressive pour la jambe ; la semelle est tricotée toutes
les chutes de manière à donner une forme galbée épousant parfaitement le pied et le
talon.
[0020] Sur un article type collant, le dessous du pied est tricoté en général avec les fils
de jambe 2 et de dessus de pied 3 alternés avec un gros fil guipé ajouté. Le tricotage
est réalisé en jersey sur toutes les aiguilles au niveau des parties plates 9 suivant
la plante du pied. Pour les parties de bourrelet 8, les 2 fils sont tricotés 2 aiguilles
sur 3 (avec possibilité 1 sur 2 ou 2 sur 4) toujours sur les mêmes aiguilles sur toutes
les rangées ; les aiguilles ne tricotant pas dans cette partie conservent les dernières
mailles réalisées dans la partie plate 9 précédente qui seront rattachées aux premières
mailles de la partie plate 9 suivante. Ceci est mieux illustré sur les figures 4 à
6. Les figures 4 et 5 montrent notamment la forme en chevrons donnée aux bourrelets
8 et aux parties intermédiaires 9.
[0021] La figure 6 montre la forme tubulaire d'un bourrelet 8 entre deux régions plates
9. Le fil hachuré correspond au fil guipé ajouté dans la partie de semelle. La figure
montre notamment les mailles 10 accrochant entre elles les lèvres de la partie tubulaire
8.
[0022] Sur les coupes transversales des figures 7 et 8, on voit que, à l'état écrasé (figure
8) le bourrelet 8 va s'aplatir certes, mais continuer de former une surépaisseur.
[0023] Cette technique d'accrochage par les mailles 10 est appelée plus communément «accrochage
aiguille», et peut être utilisée par exemple pour la réalisation des ceintures de
collant. Mais, comme il a été dit précédemment, on peut utiliser les techniques "d'accrochage
plateau" ou "double fonture" sur des métiers à tricoter adaptés.
[0024] La partie de dessus de pied 3 peut être réalisée en titrage fin ou en gros titrage
en tricotant uniquement les fils correspondants 1 rangée sur 2 dans un positionnement
identique au dessous de pied.
[0025] On a réalisé des mesures de déformation en fonction de l'effort exercé sur différents
supports ; les résultats en sont illustrés sur le graphique de la figure 9 qui montre
les courbes déformation/efforts obtenus respectivement pour un tricot traditionnel
(courbe A), une semelle relaxante conforme à l'invention (courbe B) et une semelle
de mousse de 2 mm d'épaisseur (courbe C).
[0026] Les mesures ont été effectuées en plaçant un mi-bas (taille 38) sur une forme, en
condition de port. A l'aide d'un cylindre de 1 cm
2 de surface, on exerce une force sur la semelle et on mesure la déformation de la
semelle en fonction de ladite force.
[0027] En comparant les courbes A et B, on constate qu'à force égale, la semelle de l'invention
se déforme beaucoup plus (pour une force de 4N, la déformation est inférieure à 0,3
mm pour le tricot ordinaire et atteint 0,9 mm pour la semelle de l'invention). La
semelle de l'invention joue donc un rôle d'amortisseur améliorant le confort : en
effet, lors de la marche, le pied subit des pressions élevées sur des petites surfaces
en contact avec le sol ; une semelle qui se déforme permet d'augmenter la surface
en contact, ce qui réduit la pression.
[0028] L'on compare maintenant l'énergie absorbée par les différents supports entre 2,5
N/cm
2 et 4,5 N/cm
2 représentée par les secteurs hachurés sur le graphique de la figure 9. Ces deux valeurs
correspondent sensiblement à la plage de variations des valeurs de pression exercées
sur le pied pendant la marche.
[0029] On constate en comparant les courbes A et B qu'on absorbe deux fois plus d'énergie
avec la semelle relaxante de l'invention qu'avec une semelle de tricot ordinaire.
[0030] En revanche en comparant les courbes B et C, on constate qu'on absorbe sensiblement
la même quantité d'énergie avec la semelle de l'invention d'une part et avec une semelle
de mousse de 2 mm d'autre part, et ce avec une déformation deux fois moindre.
1. Article chaussant tricoté, en particulier mi-bas (1), caractérisé en ce que la semelle
(7) comporte des motifs (8) en relief réalisés par tricotage.
2. Article selon la revendication 1, caractérisé en ce que lesdits motifs (8) sont sous
forme de petits bourrelets.
3. Article selon l'une quelconque des revendications 1 ou 2, caractérisé en ce que les
reliefs (8) sont des portions tubulaires dont les lèvres sont maintenues par des mailles
spécifiques (10).
4. Article selon la revendication 3, caractérisé en ce que les motifs (8) en relief sont
tricotés selon la technique d'accrochage aiguille, d'accrochage plateau, ou à double
fonture.
5. Article selon l'une quelconque des revendications 1 à 4, caractérisé en ce qu'un fil
est ajouté pour tricoter la semelle.
6. Article selon l'une quelconque des revendications 1 à 5, caractérisé en ce que les
motifs (8) forment des reliefs parallèles par exemple des zigzags.
7. Article selon l'une quelconque des revendications 1 à 6, caractérisé en ce que les
motifs (8) sont sous forme de lignes espacées de 1 à 3 mm.
8. Article selon l'une quelconque des revendications 1 à 7, caractérisé en ce que les
reliefs (8) ont une hauteur inférieure à 6 mm.
9. Article selon l'une quelconque des revendications 1 à 8, caractérisé en ce que les
reliefs (8) ont une hauteur d'au moins quelques dixièmes de millimètre.
10. Article selon l'une quelconque des revendications 1 à 9, caractérisé en ce que les
reliefs (8) sont tricotés uniquement sur la semelle (7), c'est-à-dire sensiblement
sur une demi-circonférence de l'article.