[0001] La présente invention concerne un procédé pour la protection d'un aéronef en vol
de croisière contre des facteurs de charge excessifs lors de l'apparition de rafales
de vent vertical, ainsi qu'un dispositif pour le pilotage en profondeur d'un aéronef
mettant en oeuvre ce procédé.
[0002] Les rafales de vent vertical concernées par la présente invention sont des turbulences
tourbillonnaires (et non pas des turbulences à hautes fréquences sources de vibrations),
engendrées par des rouleaux tourbillonnaires de type vortex, qui soumettent l'aéronef
qui les traverse ou passe à leur périphérie, à une rafale de vent ascendant (ou descendant),
puis à une rafale de vent descendant (ou ascendant) durant quelques secondes, ou bien
à une succession de rafales de vent ascendant et descendant, dans le cas d'une pluralité
de vortex.
[0003] On sait que les aéronefs commerciaux comportent un système de commande de vol en
profondeur sous contrôle du pilote, un pilote automatique, des moyens de commutation
permettant le pilotage des surfaces aérodynamiques de profondeur (gouvernes, trim)
dudit aéronef, soit par ledit système de commande de vol piloté, soit par ledit pilote
automatique et des moyens de protection, notamment en incidence, susceptibles d'agir
sur lesdits moyens de commutation pour déconnecter ledit pilote automatique et mettre
en service ledit système de commande de vol piloté, lorsque l'incidence atteint, en
croissant, une valeur trop importante.
[0004] Si l'aéronef, en vol de croisière avec le pilote automatique en service, rencontre
une telle rafale de vent ascendant, il est soumis, dans un premier temps, à un facteur
de charge positif important. Le pilote automatique réagit aux variations d'assiette
longitudinale, mais son autorité est limitée, de sorte que sa réaction est faible
et qu'il est déconnecté par l'action desdits moyens de protection et desdits moyens
de commutation, dès que l'incidence atteint un seuil de protection. Le pilotage s'effectue
alors par l'intermédiaire du système de commande de vol piloté qui engendre un ordre
important à piquer pour réduire l'incidence et contrer l'effet du vent ascendant.
Cependant, dans un deuxième temps, la rafale change de sens et le vent devient descendant,
de sorte que maintenant l'action à piquer du pilote s'ajoute à la rafale de vent descendant
pour appliquer à l'aéronef un facteur de charge négatif, encore plus élevé que celui
qui résulterait de la rafale elle-même. Il peut donc en résulter des blessures pour
les passagers et des détériorations pour l'aéronef.
[0005] Un processus semblable se déroule si l'aéronef était en pilotage manuel au moment
de l'apparition de ladite rafale.
[0006] Bien entendu, ce qui a été décrit ci-dessus s'applique mutatis mutandis au cas de
la rencontre d'une rafale de vent descendant, puis ascendant.
[0007] Ainsi, de ce qui précède, on comprendra aisément que, de façon générale, toute action
de pilotage pour contrer une rafale de vent produit ses effets au moment de l'inversion
de sens de ladite rafale, de sorte que cette action de pilotage accroît défavorablement
le facteur de charge, déjà élevé, auquel ladite rafale soumet l'aéronef.
[0008] La présente invention a pour objet de remédier à cet inconvénient et d'améliorer
le comportement et le pilotage de l'aéronef en présence de rafales de vent vertical.
[0009] A cette fin, selon l'invention, le procédé pour la protection d'un aéronef en vol
de croisière contre des facteurs de charge excessifs lors de l'apparition de rafales
de vent vertical, ledit aéronef comportant les systèmes de pilotage en profondeur
décrits ci-dessus, est remarquable en ce qu'on retarde la déconnexion dudit pilote
automatique et la mise en service dudit système de commande de vol piloté d'un temps
de retard au moins approximativement égal à la durée usuelle des rafales de vent vertical
les plus fréquentes et on ne procède à cette déconnexion et à cette mise en service
que si la rafale persiste à l'expiration dudit temps de retard.
[0010] La présente invention est basée sur le fait que, puisqu'on ne peut jamais savoir
quand une rafale de vent vertical va s'inverser, le mieux à faire, si on veut limiter
les facteurs de charge appliqués à l'aéronef, est d'éviter de contrer la rafale et
de maintenir le pilote automatique en service, car c'est lui qui a les réactions les
plus faibles et qui présente donc le comportement le plus approprié en présence de
rafales.
[0011] L'expérience a montré que les rafales de vent les plus fréquentes avaient une durée
usuelle de l'ordre de 3 secondes, de sorte que c'est cette valeur qui est avantageusement
donnée audit temps de retard.
[0012] Ainsi, grâce à la présente invention, d'une part les facteurs de charge appliqués
à l'aéronef sont réduits et, d'autre part, la commutation entre le pilote automatique
et le système de commande de vol piloté n'a lieu que pour des rafales de vent vertical
dont la durée est supérieure à 3 secondes, ce qui diminue considérablement le nombre
de telles commutations.
[0013] De ce qui précède, on comprend que, selon l'invention, un dispositif pour le pilotage
en profondeur d'un aéronef, comportant un système de manche à la disposition du pilote,
un système de commande de vol en profondeur recevant les ordres de pilotage en profondeur
venant dudit système de manche et engendrant des ordres de commande en profondeur
pour les surfaces aérodynamiques de commande en profondeur, un pilote automatique,
des moyens de commutation adressant auxdites surfaces aérodynamiques soit les ordres
de commande en profondeur élaborées par ledit système de commande de vol, soit des
ordres de commande en profondeur élaborés par ledit pilote automatique et des moyens
de protection susceptibles d'agir sur lesdits moyens de commutation pour déconnecter
ledit pilote automatique et mettre en service ledit système de commande de vol piloté,
est remarquable en ce qu'il comporte des moyens retardant, en vol de croisière avec
pilote automatique en service, la commutation entre ledit pilote automatique et ledit
système de commande de vol piloté d'un temps de retard au moins approximativement
égal à la durée usuelle des rafales de vent vertical les plus fréquentes et ne procédant
à cette commutation que si la rafale persiste à l'expiration dudit temps de retard.
[0014] On remarquera que, malgré lesdits moyens à retard (par exemple du type filtre), des
commutations pilote automatique - pilotage manuel auront lieu, soit parce que la durée
d'une rafale est supérieure audit temps de retard, soit parce que le pilote agit instinctivement
sur le système de manche pour contrer une rafale. Cependant, puisque selon l'invention
lesdites commutations sont plus tardives, il peut arriver pour des rafales violentes
que, le pilote automatique restant en service, l'aéronef subisse des variations d'altitude
importantes, incitant le pilote à agir sur le manche (et donc à déconnecter le pilote
automatique) pour rattraper l'altitude antérieure à la rafale.
[0015] Aussi, selon un autre aspect de la présente invention, on se propose de détecter
la présence d'une rafale de vent vertical et de perfectionner le dispositif de pilotage
ci-dessus, d'une part, pour éviter au pilote la tentation d'agir sur le manche et,
d'autre part, pour améliorer le pilotage de l'aéronef, si la commutation pilote automatique
- pilotage manuel a eu lieu.
[0016] Aussi, le dispositif de pilotage selon l'invention est remarquable en ce que, de
plus, il comporte un dispositif pour la détection de rafales de vent vertical comprenant
:
- des moyens de soustraction recevant la dérivée première par rapport au temps de l'incidence
actuelle et la dérivée première par rapport au temps de l'attitude actuelle de l'aéronef
et délivrant à leur sortie la valeur absolue de la différence entre lesdites dérivées
;
- des premiers moyens de comparaison pour comparer ladite valeur absolue à un seuil
supérieur et pour délivrer un signal si ladite valeur absolue est supérieure audit
seuil supérieur ;
- des deuxièmes moyens de comparaison pour comparer le nombre de Mach actuel de l'aéronef
à un seuil de nombre de Mach et pour délivrer un signal si ledit nombre de Mach actuel
est supérieur audit seuil de nombre de Mach ; et
- des premiers moyens logiques de type ET recevant, respectivement, à leurs entrées
:
. ledit signal résultant de la comparaison de ladite valeur absolue audit seuil supérieur
;
. ledit signal résultant de la comparaison dudit nombre de Mach actuel audit seuil
de nombre de Mach ; et
. un signal représentatif du fait que les volets et les becs aérodynamiques dudit
aéronef sont en configuration lisse,
lesdits premiers moyens logiques délivrant à leur sortie un signal représentatif
de la présence de rafales de vent vertical.
[0017] Avantageusement, ledit dispositif de détection de rafale reçoit des mesures de l'incidence
et de l'attitude, disponibles à bord de l'aéronef, et il comporte des moyens de dérivation
pour calculer lesdites dérivées premières.
[0018] De préférence, ledit dispositif de détection comporte :
- des troisièmes moyens de comparaison pour comparer ladite valeur absolue à un seuil
inférieur audit seuil supérieur et pour délivrer un signal si ladite valeur absolue
est inférieure audit seuil inférieur ; et
- des seconds moyens logiques interposés entre lesdits premiers moyens de comparaison
et lesdits premiers moyens logiques, lesdits seconds moyens logiques recevant à leurs
entrées lesdits signaux résultant des comparaisons de ladite valeur absolue avec lesdits
seuils et délivrant auxdits premiers moyens logiques :
. soit aucun signal, si ledit signal résultant de la comparaison de ladite valeur
absolue audit seuil inférieur existe ;
. soit ledit signal résultant de la comparaison de ladite valeur absolue audit seuil
supérieur, tant que ladite valeur absolue est supérieure audit seuil inférieur.
[0019] Grâce à un tel dispositif de détection, il est possible de perfectionner le dispositif
de pilotage de la façon mentionnée ci-dessus.
[0020] Ainsi, selon un mode de réalisation du dispositif de pilotage conforme à la présente
invention, celui-ci comporte de plus :
- un pilote automatique auxiliaire engendrant des ordres de pilotage en profondeur renforcés,
au moins en ce qui concerne les ordres à monter ;
- un premier commutateur commandé disposé entre lesdits pilotes automatiques, d'une
part, et lesdits moyens de commutation, d'autre part, et pouvant adresser à ceux-ci,
soit les ordres de commande en profondeur provenant dudit pilote automatique, soit
les ordres de commande en profondeur provenant dudit pilote automatique auxiliaire,
et ledit dispositif de détection de rafales de vent vertical contrôle ledit premier
commutateur commandé pour que lesdits ordres de pilotage en profondeur renforcés soient
adressés auxdites surfaces aérodynamiques, à la fin desdites rafales, si ledit pilote
automatique n'a pas été déconnecté avec retard par lesdits moyens de commutation.
[0021] Ainsi, quand le pilote automatique principal est resté engagé pendant la rafale de
vent vertical, pour récupérer plus rapidement les variations d'altitude conséquentes
à ladite rafale (et ainsi éviter que le pilote ne soit tenté de repasser en pilotage
manuel après la turbulence dans le souci de maintenir l'altitude), le pilote automatique
auxiliaire est mis en service, à la place dudit pilote automatique principal, par
l'action dudit premier commutateur commandé. Pendant quelques secondes (par exemple
20 secondes), le pilote automatique auxiliaire à autorité augmentée (par exemple double
de celle du pilote automatique principal) agit pour que l'aéronef rejoigne rapidement
(deux fois plus vite dans l'exemple précédent) l'altitude antérieure à la rafale.
[0022] Selon encore un autre aspect de la présente invention, le dispositif de pilotage
comporte de plus :
- un système de commande de vol auxiliaire piloté recevant lesdits ordres de pilotage
en profondeur venant dudit système de manche et engendrant des ordres de pilotage
en profondeur limités au moins en ce qui concerne les ordres à piquer ;
- un second commutateur commandé disposé entre lesdits systèmes de commande de vol piloté,
d'une part, et lesdits moyens de commutation, d'autre part, et pouvant adresser à
ceux-ci soit les ordres de commande en profondeur provenant dudit système de commande
de vol, soit les ordres de commande en profondeur limités provenant dudit système
de commande de vol auxiliaire, et
ledit dispositif de détection de rafales de vent vertical contrôle ledit second commutateur
commandé pour que lesdits ordres de pilotage en profondeur limités soient adressés
auxdites surfaces aérodynamiques pendant de telles rafales de vent vertical, après
déconnexion dudit pilote automatique.
[0023] Ainsi, si le pilote automatique a été déconnecté soit par action desdits moyens de
protection, soit par action du pilote sur le manche, les ordres volontaires de pilotage
en profondeur venant du pilote sont limités, ce qui évite l'accroissement des facteurs
de charge résultant de la rafale.
[0024] Les figures du dessin annexé feront bien comprendre comment l'invention peut être
réalisée. Sur ces figures, des références identiques désignent des éléments semblables.
[0025] La figure 1 est un diagramme des vitesses d'un avion en vol.
[0026] La figure 2 est le schéma synoptique d'un mode de réalisation du dispositif pour
la détection de rafales de vent vertical, conforme à la présente invention.
[0027] La figure 3 est le schéma synoptique d'un exemple de réalisation du dispositif pour
le pilotage en profondeur d'un avion, conforme à la présente invention.
[0028] Sur la figure 1, on a représenté le diagramme des vitesses appliquées au centre de
gravité 1 d'un avion 2, en vol de montée, rencontrant une rafale de vent vertical
ascendant. Sur cette figure 1, l'axe longitudinal 3 de l'avion 2 est incliné de l'assiette
θ par rapport à la ligne d'horizon 4 et présente l'incidence a par rapport à la vitesse
aérodynamique

air qui, elle-même, est inclinée de la pente aérodynamique γ par rapport à ladite
ligne d'horizon 4. La vitesse

z du vent vertical ascendant se combine avec ladite vitesse

air pour composer la vitesse

sol dudit avion 2 par rapport au sol, cette vitesse

sol étant inclinée de la pente γsol par rapport à la ligne d'horizon 4.
[0029] On peut aisément constater que : γsol = γ + (Wz)/Vair, en appelant Wz et Vair, respectivement
les longueurs des vecteurs

z et

air.
[0030] Par ailleurs, γ = θ-α de sorte que

[0031] Etant donné, comme expliqué ci-dessus, que l'on cherche, selon l'invention, à améliorer
le comportement de l'avion en vol de croisière, on peut s'affranchir de la mesure
de ysol et considérer que celle-ci est nulle. Par suite,

[0032] Si l'on considère des variations de vent instantanées δ/δt(Wz/Vair), on voit qu'avec
l'hypothèse faite ci-dessus, ces variations sont égales à α̇-θ̇, qui représente la
différence entre les dérivées premières par rapport au temps de l'incidence actuelle
α et de l'attitude actuelle θ de l'avion 2.
[0033] Conformément à la présente invention, on détermine donc des variations de vent instantanées
par mesure de ladite différence α̇-θ̇. Pour pouvoir détecter aussi bien les variations
positives (ascendantes) que les variations négatives (descendantes) de vent instantanées,
on mesure en réalité la valeur absolue |α̇-θ̇| de ladite différence et on la compare
à un seuil de détection de rafale Ss. Un tel seuil Ss est exprimé en degré d'angle
par seconde et peut être par exemple égal au moins approximativement à 1°/s.
[0034] Ainsi, si |α̇-θ̇| est supérieur à Ss, on considère que l'avion 2 est soumis à une
rafale de vent vertical.
[0035] Sur la figure 2, on a représenté le schéma synoptique d'un détecteur 5 de rafales
de vent vertical conforme à la présente invention. Ce détecteur 5 est monté à bord
de l'avion 2 et il comporte quatre entrées 5.1 à 5.4 et deux sorties 5.5 et 5.6.
[0036] Sur les entrées 5.1 et 5.2 sont respectivement appliquées l'attitude actuelle θ et
l'incidence actuelle α de l'aéronef 2. Grâce à des différentiateurs 6 et 7, on obtient
respectivement les dérivées premières par rapport au temps θ̇ et α̇ de l'attitude
actuelle θ et de l'incidence actuelle α. Un soustracteur 8, auxquelles lesdites dérivées
sont appliquées, permet d'en faire la différence et délivre à sa sortie la valeur
absolue de celle-ci, soit |α̇-θ̇|. Afin d'éliminer les bruits de mesure et d'éviter
de fausses détections de rafales de vent vertical, cette valeur absolue est transmise
à un filtre 9.
[0037] A la sortie du filtre 9, la valeur absolue |α̇-θ̇| filtrée est adressée à deux comparateurs
10 et 11. Dans le comparateur 10, ladite valeur absolue filtrée est comparée au seuil
supérieur Ss, par exemple égal à 1°/s, tandis que, dans le comparateur 11, elle est
comparée à un seuil inférieur Si, par exemple égal à 0,5°/s.
[0038] Si, et uniquement si, ladite valeur absolue filtrée est :
- supérieure au seuil supérieur Ss, le comparateur 10 émet à sa sortie un signal d de détection de rafales de vent vertical ;
- inférieure au seuil inférieur Si, le comparateur 11 émet à sa sortie un signal a d'absence de rafales de vent vertical.
[0039] Des moyens de comptage 12 et 13 mesurent la durée des signaux
d et
a et les adressent à une bascule 14, de type SR* , s'ils durent suffisamment longtemps.
Par exemple, le signal
d est transmis à l'entrée S de la bascule 14, si sa durée est au moins égale à 200
ms, tandis que le signal
a est transmis à l'entrée R* de la bascule 14, si sa durée est au moins égale à ls.
La sortie Q de la bascule 14 est reliée à l'une des entrées 15.1 d'une porte 15, du
type ET à trois entrées, dont la sortie 15.4 forme la sortie 5.5 du détecteur 5. L'autre
sortie 5.6 dudit détecteur est reliée à l'entrée R* de ladite bascule 14.
[0040] Sur l'entrée 5.3 du détecteur 5 est appliqué un signal
cl, représentatif du fait que l'avion 2 est en configuration lisse, c'est-à-dire qu'aucun
de ses volets ou becs n'est sorti. L'entrée 5.3 est reliée à l'entrée 15.2 de la porte
15.
[0041] Par ailleurs, l'entrée 5.4 du détecteur 5 reçoit le nombre de Mach actuel M de l'avion
2. Ce nombre de Mach actuel M est comparé, dans un comparateur 16, à un seuil de nombre
de Mach Mo, par exemple égal à 0,53. La sortie du comparateur 16 est reliée à l'entrée
15.3 de la porte ET et n'adresse un signal
m à celle-ci que si le nombre de Mach actuel M est supérieur au seuil Mo.
[0042] Le fonctionnement de l'exemple de réalisation du détecteur 5, conforme à l'invention
et montré par la figure 2, est le suivant :
A - Vol de croisière sans rafales de vent vertical
[0043] L'avion 2 étant en vol de croisière, sa configuration est lisse et son nombre de
Mach est supérieur à Mo. Par suite, les entrées 15.2 et 15.3 de la porte ET sont alimentées.
[0044] Par ailleurs, puisqu'il n'existe pas de rafales de vent vertical, la valeur absolue
|α̇-θ̇|, filtrée par le filtre 9, est inférieure au seuil Si, de sorte que le signal
d n'existe pas et que le signal
a, confirmé en durée par les moyens de comptage 13, est appliqué à l'entrée R* de la
bascule 14 et à la sortie 5.6 du détecteur 5. Aucun signal n'apparaît donc à la sortie
Q de la bascule 14.
[0045] Ainsi, dans ce cas, l'entrée 15.1 de la porte ET 15 n'est pas alimentée et aucun
signal n'apparaît à la sortie 5.5 du détecteur 5.
B - Vol de croisière avec apparition d'une rafale de vent vertical
[0046] Si maintenant, une rafale de vent vertical apparaît, la valeur absolue filtrée |α̇-θ̇|
devient supérieure au seuil Ss, de sorte que le signal
d, confirmé en durée par les moyens de comptage 12, est appliquée à l'entrée S de la
bascule 14 et que le signal
a disparaît. La sortie Q émet donc un signal de sortie qui est transmis à l'entrée
15.1 de la porte 15. Les deux autres entrées 15.2 et 15.3 étant alimentées comme décrit
ci-dessus, la porte ET est passante et un signal de présence de rafale de vent vertical
apparaît sur la sortie 5.5 du détecteur 5.
C - Vol de croisière avec disparition d'une rafale de vent vertical
[0047] Si la rafale de vent vertical disparaît :
- dans un premier temps, la valeur absolue filtrée |α̇-θ̇| devient inférieure au seuil
Ss, mais reste supérieure au seuil Si, de sorte que les signaux d et a sont tous les deux nuls. Il en résulte que la sortie Q reste inchangée et continue
à émettre son signal de sortie et que, en conséquence, le signal de présence de rafale
de vent vertical continue à être présent sur la sortie 5.5 du détecteur 5 ;
- dans un deuxième temps, la valeur absolue filtrée |α̇-θ̇| devient inférieure au seuil
Si, de sorte que le signal a apparaît et est appliqué à l'entrée R*. La porte 15 n'émet donc aucun signal à sa
sortie Q et l'avion 2 reprend l'état qu'il avait antérieurement à l'apparition de
la rafale de vent vertical.
[0048] Sur la figure 3, on a représenté un dispositif selon l'invention pour le pilotage
en profondeur de l'aéronef 2. Ce dispositif de pilotage comporte :
- un système de manche 20, à la disposition du pilote, pour engendrer des ordres de
pilotage en profondeur, notamment des ordres à piquer ;
- un système de commande de vol principal 21 recevant, à son entrée 21.1, lesdits ordres
de pilotage en profondeur venant dudit système 20 et engendrant, à sa sortie 21.2,
des ordres de commande en profondeur pour des surfaces aérodynamiques 22 (non représentées
en détail) de commande en profondeur ;
- un système de commande de vol auxiliaire 23 recevant, à son entrée 23.1 (tout comme
le système de commande de vol principal 21), lesdits ordres de pilotage en profondeur
venant dudit système de manche 20 et engendrant, à sa sortie 23.2, des ordres de pilotage
en profondeur limités au moins en ce qui concerne les ordres à piquer ;
- un commutateur commandé 24, disposé entre les systèmes de commande de vol 21 et 23,
d'une part, et lesdites surfaces aérodynamiques 22, d'autre part, ledit commutateur
24 pouvant relier, à celles-ci par l'intermédiaire de moyens de commutation 25, soit
la sortie 21.2, soit la sortie 23.2 ;
- un pilote automatique principal 26, susceptible d'émettre sur sa sortie 26.1 des ordres
de commande en profondeur pour les surfaces aérodynamiques 22 et sur sa sortie 26.2
un signal représentatif de son état d'activité ;
- un pilote automatique auxiliaire 27, susceptible d'émettre sur sa sortie 27.1 des
ordres de commande en profondeur à autorité supérieure (par exemple double) à celle
dudit pilote automatique principal 26, et sur sa sortie 27.2, reliée à ladite sortie
26.2 de ce dernier, un signal représentatif de son état d'activité ;
- un commutateur commandé 28, disposé entre les pilotes automatiques 26 et 27, d'une
part, et les surfaces aérodynamiques 22, d'autre part, ledit commutateur 28 pouvant
relier à celles-ci, par l'intermédiaire desdits moyens de commutation 25, soit la
sortie 26.1, soit la sortie 27.1 ;
- le dispositif de détection 5, contrôlant ledit commutateur 24 par sa sortie 5.5 à
travers un compteur 29 et contrôlant ledit commutateur 28 par sa sortie 5.6 à travers
un compteur 30 ;
- un dispositif de protection en incidence 31, recevant l'incidence actuelle α et la
comparant à un seuil de protection αo, pour engendrer un signal de protection lorsque
ledit seuil est dépassé ;
- un dispositif à retard 32, par exemple du type filtre, disposé à la sortie du dispositif
de protection 31 pour retarder ledit signal de protection ;
- un détecteur 33 d'actionnement du système de manche 20, relié à ce dernier et émettant
un signal lorsque le pilote actionne ledit système de manche 20 ;
- un circuit logique 34, du type porte OU, recevant les deux signaux provenant du dispositif
à retard 32 et du détecteur 33 ;
- un circuit logique 35, du type porte ET, recevant le signal de sortie du circuit logique
34 et le signal d'activité apparaissant sur les sorties communes 26.2 et 27.2 du pilote
automatique principal 26 et du pilote automatique auxiliaire 27 ; et
- un circuit logique 36, du type porte ET, recevant le signal apparaissant à la sortie
5.5 du détecteur 5 et le signal apparaissant à la sortie du circuit logique 35.
[0049] Par ailleurs, la sortie du circuit logique 35 commande les moyens de commutation
25, tandis que la sortie du circuit logique 36 commande le commutateur commandé 24,
à travers le compteur 29.
[0050] En vol de croisière, lorsque le pilote automatique 26 est en service, les moyens
de commutation 25 et les commutateurs 24 et 28 sont dans les positions illustrées
sur la figure 3.
[0051] Lorsqu'une rafale de vent vertical survient, elle est détectée par le détecteur 5
et par le dispositif 31 de protection en incidence. Plusieurs processus peuvent alors
se produire :
A/ Si la durée de ladite rafale est inférieure au retard imposé par le dispositif
32 et si le pilote n'actionne pas le système de manche 20, ladite rafale a disparu
lorsque le dispositif 32 devient passant, de sorte qu'aucun signal n'est adressé à
la porte OU 34. La porte ET 35 ne reçoit que le signal de la sortie 26, de sorte que
les moyens de commutation 25 et le commutateur 24 ne commutent pas et gardent leurs
positions précédentes. Les surfaces aérodynamiques 22 restent alors commandées par
le pilote automatique principal 26, à travers le commutateur 28 et les moyens de commutation
25. A la disparition de la rafale, le signal émis sur la sortie 5.6 du détecteur 5
fait basculer le commutateur 28, de sorte qu'à partir de ce moment, lesdites surfaces
aérodynamiques 22 sont commandées par le pilote automatique auxiliaire 27 à autorité
renforcée. A la fin d'un temps fixé par le compteur 30 (par exemple 20 secondes),
le commutateur 28 rebascule et le pilotage est de nouveau assuré par le pilote automatique
principal 26.
B/ Si la durée de la rafale est supérieure au retard imposé par le dispositif 32 ou
si le pilote actionne le système de manche 20, les deux entrées de la porte ET 35
sont alimentées, de même que les deux entrées de la porte ET 36. Par suite, le commutateur
24 et les moyens de commutation 25 basculent de sorte que, maintenant, c'est le système
auxiliaire 23 à autorité limitée qui, sous la commande du système de manche 20, actionne
les surfaces aérodynamiques à piquer 22.
[0052] Si la rafale de vent vertical disparaît, le dispositif de détection 5 fait rebasculer
le commutateur 24, de sorte que les surfaces aérodynamiques 22 sont alors actionnées
par le système principal 21.
[0053] Grâce au compteur 29, le processus ci-dessus peut être par exemple le suivant : lorsqu'une
rafale est détectée depuis moins de six secondes, le système auxiliaire 23 est rendu
actif pendant au moins 10 secondes. Si la rafale disparaît, le système principal 21
est rendu de nouveau actif, si la rafale a disparu depuis plus de 4 secondes et si
le manche 20 n'est pas activé à piquer depuis plus d'une seconde, afin d'éviter toute
discontinuité dans l'autorité au manche susceptible de favoriser le pompage piloté
(aircraft pilot coupling).
[0054] Bien entendu, le processus ci-dessus n'est qu'un exemple parmi d'autres. De façon
générale, la limitation des ordres de pilotage en profondeur engendrés par le système
de commande de vol auxiliaire 23 doit être un compromis entre :
- réduire au maximum l'autorité à piquer pour réduire au maximum le risque de facteurs
de charge excessifs ; et
- laisser au pilote une autorité à piquer suffisante pour lui permettre d'éviter un
autre avion en atmosphère turbulente.
[0055] Bien que le système de vol auxiliaire 23 et le pilote automatique auxiliaire 27 aient
été représentés ci-dessus comme étant indépendants respectivement du système de vol
principal 21 et du pilote automatique principal 26, il va de soi qu'ils pourraient
en faire respectivement partie.
1. Procédé pour la protection d'un aéronef en vol de croisière contre des facteurs de
charge excessifs lors de l'apparition de rafales de vent vertical, ledit aéronef comportant
un système de commande de vol en profondeur (21) sous contrôle du pilote, un pilote
automatique (26), des moyens de commutation (25) permettant le pilotage des surfaces
aérodynamiques de profondeur (22) dudit aéronef soit par ledit système de commande
de vol piloté (21), soit par ledit pilote automatique (26) et des moyens de protection
(31) susceptibles d'agir sur lesdits moyens de commutation (25) pour déconnecter ledit
pilote automatique (26) et mettre en service ledit système de commande de vol piloté
(21),
caractérisé en ce qu'on retarde la déconnexion dudit pilote automatique (26) et la
mise en service dudit système de commande de vol piloté (21) d'un temps de retard
au moins approximativement égal à la durée usuelle des rafales de vent vertical les
plus fréquentes et on ne procède à cette déconnexion et à cette mise en service que
si la rafale persiste à l'expiration dudit temps de retard.
2. Procédé selon la revendication 1,
caractérisé en ce que ledit temps de retard est de l'ordre de 3 secondes.
3. Dispositif pour le pilotage en profondeur d'un aéronef, comportant un système de manche
(20) à la disposition du pilote, un système de commande de vol en profondeur (21)
recevant les ordres de pilotage en profondeur venant dudit système de manche (20)
et engendrant des ordres de commande en profondeur pour les surfaces aérodynamiques
(22) de commande en profondeur, un pilote automatique (26), des moyens de commutation
(25) adressant auxdites surfaces aérodynamiques (22) soit les ordres de commande en
profondeur élaborées par ledit système de commande de vol (21), soit des ordres de
commande en profondeur élaborés par ledit pilote automatique (26) et des moyens de
protection (31) susceptibles d'agir sur lesdits moyens de commutation (25) pour déconnecter
ledit pilote automatique (26) et mettre en service ledit système de commande de vol
piloté (21),
caractérisé en ce qu'il comporte des moyens (32) retardant, en vol de croisière avec
pilote automatique en service, la commutation entre ledit pilote automatique (26)
et ledit système de commande de vol piloté d'un temps de retard au moins approximativement
égal à la durée usuelle des rafales de vent vertical les plus fréquentes et ne procédant
à cette commutation que si la rafale persiste à l'expiration dudit temps de retard.
4. Dispositif de pilotage selon la revendication 3,
caractérisé en ce qu'il comporte un dispositif (5) pour la détection de rafales de
vent vertical comprenant :
- des moyens de soustraction (8) recevant la dérivée première (α̇) par rapport au
temps de l'incidence actuelle (α) et la dérivée première (θ̇) par rapport au temps
de l'attitude actuelle (θ) de l'aéronef et délivrant à leur sortie la valeur absolue
(|α̇-θ̇|) de la différence entre lesdites dérivées ;
- des premiers moyens de comparaison (10) pour comparer ladite valeur absolue à un
seuil supérieur (Ss) et pour délivrer un signal (d) si ladite valeur absolue est supérieure
audit seuil supérieur (Ss) ;
- des deuxièmes moyens de comparaison (16) pour comparer le nombre de Mach actuel
de l'aéronef (M) à un seuil de nombre de Mach (Mo) et pour délivrer un signal (m)
si ledit nombre de Mach actuel est supérieur audit seuil de nombre de Mach ; et
- des premiers moyens logiques (15) de type ET recevant, respectivement, à leurs entrées
:
. ledit signal (d) résultant de la comparaison de ladite valeur absolue audit seuil
supérieur ;
. ledit signal (m) résultant de la comparaison dudit nombre de Mach actuel audit seuil
de nombre de Mach (Mo) ; et
. un signal (c1) représentatif du fait que les volets et les becs aérodynamiques dudit
aéronef sont en configuration lisse,
lesdits premiers moyens logiques (15) délivrant à leur sortie (15.4) un signal représentatif
de la présence de rafales de vent vertical.
5. Dispositif de pilotage selon la revendication 4,
caractérisé en ce que ledit dispositif de détection (5) comporte des moyens de dérivation
(6, 7) recevant des signaux représentatifs de l'attitude actuelle (θ) et de l'incidence
actuelle (α) et délivrant à leur sortie lesdites dérivées premières (α̇ et θ̇).
6. Dispositif de pilotage selon l'une des revendications 4 ou 5,
caractérisé en ce que ledit dispositif de détection (5) comporte :
- des troisièmes moyens de comparaison (11) pour comparer ladite valeur absolue à
un seuil (Si) inférieur audit seuil supérieur (Ss) et pour délivrer un signal si ladite
valeur absolue est inférieure audit seuil inférieur (Si) ; et
- des seconds moyens logiques (14) interposés entre lesdits premiers moyens de comparaison
(10) et lesdits premiers moyens logiques (15), lesdits seconds moyens logiques (14)
recevant à leurs entrées lesdits signaux (d) et (a) résultant des comparaisons de
ladite valeur absolue avec lesdits seuils et délivrant auxdits premiers moyens logiques
(15) :
. soit aucun signal, si ledit signal (a) résultant de la comparaison de ladite valeur
absolue audit seuil inférieur existe ;
. soit ledit signal (d) résultant de la comparaison de ladite valeur absolue audit
seuil supérieur, tant que ladite valeur absolue (|α̇-θ̇|) est supérieure audit seuil
inférieur (Si).
7. Dispositif de pilotage selon l'une des revendications 4 à 6,
caractérisé en ce qu'il comporte de plus :
- un pilote automatique auxiliaire (27) engendrant des ordres de pilotage en profondeur
renforcés, au moins en ce qui concerne les ordres à monter ;
- un premier commutateur commandé (28) disposé entre lesdits pilotes automatiques
(26 et 27), d'une part, et lesdits moyens de commutation (25), d'autre part, et pouvant
adresser à ceux-ci, soit les ordres de commande en profondeur provenant dudit pilote
automatique (26), soit les ordres de commande en profondeur provenant dudit pilote
automatique auxiliaire (27),
et en ce que ledit dispositif (5) de détection de rafales de vent vertical contrôle
ledit premier commutateur commandé (28) pour que lesdits ordres de pilotage en profondeur
renforcés soient adressés auxdites surfaces aérodynamiques, à la fin desdites rafales,
si ledit pilote automatique n'a pas été déconnecté avec retard par lesdits moyens
de commutation (25).
8. Dispositif de pilotage selon l'une des revendications 4 à 7,
caractérisé en ce qu'il comporte de plus :
- un système de commande de vol auxiliaire piloté (23) recevant lesdits ordres de
pilotage en profondeur venant dudit système de manche (20) et engendrant des ordres
de pilotage en profondeur limités au moins en ce qui concerne les ordres à piquer
;
- un second commutateur commandé (24) disposé entre lesdits systèmes de commande de
vol pilotés (21, 23), d'une part, et lesdits moyens de commutation (25), d'autre part,
et pouvant adresser à ceux-ci soit les ordres de commande en profondeur provenant
dudit système de commande de vol (21), soit les ordres de commande en profondeur limités
provenant dudit système de commande de vol auxiliaire (23), et
en ce que ledit dispositif (5) de détection de rafales de vent vertical contrôle
ledit second commutateur commandé (24) pour que lesdits ordres de pilotage en profondeur
limités soient adressés auxdites surfaces aérodynamiques (22) pendant de telles rafales
de vent vertical, après déconnexion dudit pilote automatique (26).