[0001] L'invention a trait à un dispositif de sélection, à une mécanique d'armure de métier
Jacquard à trois positions et à un métier à tisser équipé d'une telle mécanique d'armure.
[0002] Un métier à tisser incorporant une mécanique d'armure propre à engendrer trois positions
des fils de chaîne est utilisé pour la réalisation des tissus spéciaux, tels que du
velours ou un tapis.
[0003] Par la demande de brevet européen 0 723 041, on connaît une mécanique Jacquard à
trois positions dans laquelle les crochets mobiles associés à un élément funiculaire
déterminant la hauteur d'une lisse peuvent être sélectionnés grâce à deux électro-aimants
superposés. Ce dispositif est complexe et induit des déformations répétées des crochets
mobiles, ce qui interdit de leur donner une rigidité adéquate pour garantir une durée
de vie suffisante pour une application industrielle et un fonctionnement à vitesse
élevée. En outre, les déformations importantes imposées à ces crochets nécessitent
des électro-aimants puissants, de sorte que l'énergie absorbée par le métier, auquel
est associée la mécanique d'armure connue et qui compte un grand nombre d'électro-aimants,
est importante.
[0004] L'invention vise à résoudre ces problèmes et à proposer un dispositif de sélection
de mécanique d'armure à trois positions, simple, donc économique, apte à fonctionner
à des vitesses élevées et consommant peu d'énergie. Selon un autre aspect de l'invention,
celle-ci vise à fournir un dispositif de sélection susceptible de fonctionner avec
des crochets aptes à être déplacés par paires, un premier crochet de chaque paire
étant en appui simple sur le second crochet de cette même paire.
[0005] Dans cet esprit, l'invention concerne un dispositif de sélection de mécanique d'armure
à trois positions comportant deux électro-aimants superposés aptes à être sélectivement
activés, caractérisé en ce qu'il comprend au moins un levier articulé autour d'un
axe solidaire dudit dispositif, ledit levier étant pourvu d'armatures magnétiques
aptes à coopérer sélectivement avec lesdits électro-aimants de façon à engendrer trois
positions dudit levier.
[0006] Grâce à l'invention, le levier peut être placé, au choix, dans l'une des ces trois
positions qui correspondent aux trois hauteurs recherchées des fils de chaînes du
métier à tisser en cours de fonctionnement. Le pivotement du levier a lieu sans déformation
des éléments qui le constituent ou des crochets mobiles qu'il permet de sélectionner,
ce qui évite une fatigue mécanique de ces éléments.
[0007] Selon un premier aspect avantageux de l'invention, le levier comprend une structure
amagnétique dans laquelle sont logées les armatures magnétiques. Cet aspect de l'invention
permet de découpler le fonctionnement des armatures magnétiques et des électro-aimants
associés. Dans ce cas et selon un autre aspect avantageux de l'invention, au moins
une des armatures est mobile par rapport à la structure amagnétique. Cet aspect de
l'invention permet de conférer au levier articulé un degré de liberté supplémentaire
lorsque l'une des armatures a une position fixée par sa coopération avec l'électro-aimant
auquel elle est associée.
[0008] Selon un autre aspect avantageux de l'invention, une armature mobile par rapport
à la structure amagnétique et cette structure amagnétique sont articulées indépendamment
l'une de l'autre autour de l'axe. Cette construction permet donc un débattement angulaire
d'une armature magnétique par rapport à la structure amagnétique.
[0009] Selon un autre aspect avantageux de l'invention, l'armature mobile est pourvue d'un
talon apte à transmettre à la structure amagnétique un couple de pivotement autour
de cet axe.
[0010] Selon un autre aspect avantageux de l'invention, la structure amagnétique est, quant
à elle, pourvue d'un barreau apte à transmettre à l'armature mobile un couple de pivotement
autour de l'axe.
[0011] Selon un autre aspect avantageux de l'invention, le levier comprend une extrémité
apte à pénétrer sélectivement dans un orifice sensiblement horizontal d'un ou deux
crochets mobiles supportant un élément funiculaire déterminant la position d'au moins
une lisse de ladite mécanique d'armure. L'extrémité du levier constitue ainsi un moyen
d'immobilisation des crochets de la mécanique d'armure au voisinage du point mort
haut de leur trajectoire.
[0012] Selon un autre aspect avantageux de l'invention, l'extrémité du levier est apte à
être déplacée par l'un des crochets lorsqu'il parvient à proximité du point mort haut
de sa trajectoire. Cet aspect de l'invention permet d'obtenir le nivelage de la position
des leviers de la mécanique d'armure comprenant un dispositif conforme à l'invention,
ce qui permet de limiter la puissance des électro-aimants qui n'ont pas à déplacer
les leviers, mais servent uniquement à les maintenir sélectivement en position.
[0013] L'invention concerne aussi une mécanique d'armure de métier Jacquard à trois positions
comprenant un dispositif de sélection tel que précédemment décrit et un métier à tisser
équipé d'une telle mécanique d'armure.
[0014] L'invention sera mieux comprise et d'autres avantages de celle-ci apparaîtront plus
clairement à la lumière de la description qui va suivre d'un mode de réalisation d'un
dispositif de sélection de mécanique d'armure à trois positions conforme à son principe,
donnée uniquement à titre d'exemple et faite en référence aux dessins annexés dans
lesquels :
- la figure 1 est une vue en coupe longitudinale d'un dispositif. de sélection de mécanique
d'armure conforme à l'invention dans une première position ;
- la figure 2 est une vue partielle de la partie droite du dispositif de la figure 1
dans une seconde position ;
- la figure 3 est une vue analogue à la figure 2 alors que le dispositif est dans une
troisième position ;
- la figure 4 est une vue en perspective d'un levier appartenant au dispositif de la
figure 1 ;
- la figure 5 est une coupe selon la ligne V-V à la figure 4 ;
- la figure 6 est une coupe selon la ligne VI-VI à la figure 4 ;
- la figure 7 est une coupe selon la ligne VII-VII à la figure 4 ;
- la figure 8 est une coupe selon la ligne VIII-VIII à la figure 4 ;
- la figure 9 est une coupe selon la ligne IX-IX à la figure 4 et
- la figure 10 est une coupe selon la ligne X-X à la figure 4.
[0015] Le dispositif de sélection de mécanique d'armure à trois positions représenté à la
figure 1 est destiné à immobiliser, au voisinage du point mort haut de leur trajectoire,
deux crochets mobiles 1 et 2 aptes à être déplacés en appui sur un couteau 3 animé
de mouvements alternatifs verticaux. Ces crochets mobiles 1 et 2 sont respectivement
reliés à un cordon 4 ou 5 constituant un élément funiculaire permettant de déplacer
verticalement une poulie commandant l'altitude d'une lisse appartenant à un harnais
Jacquard. Ces crochets fonctionnent par paires, en appui l'un sur l'autre à la façon
décrite dans la demande de brevet français FR-96 12329 au nom de la Demanderesse.
Le mécanisme comprend deux électro-aimants superposés 8 et 9 aptes à être sélectivement
activés au moyen d'un module de commande non représenté.
[0016] De part et d'autre des électro-aimants 8 et 9 sont disposés deux leviers 10 et 11
dont le levier 10 sera décrit plus en détail dans ce qui suit, le levier 11 étant
identique. Le levier 10 est articulé de façon pivotante autour d'un axe 12 solidaire
du bâti du dispositif. Le levier 10 est pourvu d'une première armature magnétique
15, montée elle-aussi de façon pivotante autour de l'axe 12, et d'une seconde armature
magnétique 16 prisonnière d'une structure amagnétique 17 dont la géométrie apparaît
plus clairement à la figure 4. Les pièces 15 à 17 forment le levier 10 qui est un
actionneur du dispositif de sélection. Les armatures 15 et 16 sont respectivement
pourvues d'extensions 15
a, 15
b, 16
a et 16
b aptes à venir en appui contre les pôles supérieurs et inférieurs des électro-aimants
8 et 9. Comme il apparaît plus clairement en comparant les figures 1, 2 et 3, le levier
10 est apte à prendre trois positions à l'encontre de la force d'un ressort 18 en
appui sur une nervure centrale 19 solidaire du bâti du dispositif.
[0017] Lorsque les deux électro-aimants 8 et 9 sont activés, les armatures magnétiques 15
et 16 sont maintenues plaquées contre les pôles des électro-aimants, de sorte que
l'extrémité inférieure 10a du levier 10 est maintenue en retrait par rapport aux crochets
1 et 2. Dans ce cas, l'extrémité 10
a ne risque pas de pénétrer dans un orifice sensiblement horizontal 1
a du crochet 1, de sorte que, lorsque le couteau 3 amorce son mouvement de descente,
les crochets 1 et 2 descendent en appui sur ce couteau 3.
[0018] La position de la figure 1 est atteinte quel que soit l'état d'activation ou de non-activation
de l'électro-aimant 8, car la force obtenue par la coopération de l'électro-aimant
9 et de la seconde armature 16 est suffisante pour vaincre l'effort de rappel dû au
ressort 18.
[0019] Dans la position de la figure 2, seul l'électro-aimant 8 est activé, de sorte que,
sous l'effet de la force de rappel du ressort 18, l'extrémité 10
a du levier 10 pénètre dans l'orifice la du crochet 1 et maintient le cordon 4 et la
poulie non représentée qui lui est associée en position haute, alors que le crochet
2 suit le couteau 3 dans son mouvement de descente.
[0020] Dans la position de la figure 3, lorsqu'aucun des électro-aimants 8 ou 9 n'est activé,
la force de rappel due au ressort 18 repousse l'extrémité 10
a du levier 10 vers les crochets 1 et 2, de telle sorte qu'elle pénètre à la fois dans
les orifices horizontaux 1
a et 2
a et qu'elle immobilise les crochets 1 et 2 au voisinage du point mort haut de leur
trajectoire.
[0021] Ainsi, en fonction de la coopération des armatures 15 et 16 avec les électro-aimants
8 et 9, le levier 10 est dans l'une des trois positions respectivement représentées
aux figures 1, 2 et 3.
[0022] Selon un aspect particulièrement avantageux de l'invention, l'armature 15 est mobile
par rapport à la structure amagnétique 17. Pour ce faire, elle est terminée par un
oeillet 15
c permettant de l'articuler, indépendamment de l'armature 17, autour de l'axe 12. L'armature
17 comprend, quant à elle, des joues 17
a et 17
b, percées d'un trou central et aptes à entourer l'oeillet 15
c sur l'axe 12. Grâce à cet aspect de l'invention, l'armature 15 et l'armature 16,
qui est prisonnière de la structure 17, peuvent être positionnées indépendamment l'une
de l'autre, de telle sorte que leurs extensions respectives 15
a, 15
b, 16
a et 16
b portent effectivement ou non contre les pôles des électro-aimants 8 et 9.
[0023] L'armature 15 est pourvue d'un talon 15
d dans sa partie la plus éloignée de l'axe 12. D'autre part, une traverse 17
d de la structure 17 est disposée au voisinage du talon 15
d, de telle sorte que dans la position de la figure 2, le talon 15
d est apte à exercer sur la traverse 17
d un couple de pivotement autour de l'axe 12 tendant à rapprocher le levier 10 des
électro-aimants 8 et 9. Ceci est effectif dans la position de la figure 2 où la coopération
de l'armature 15 et de l'électro-aimant 8 permet de limiter le mouvement de la structure
17 et de l'extrémité 10
a sous l'effet de la force du ressort 18.
[0024] Par ailleurs, la structure amagnétique 17 comprend, sur sa partie extérieure, un
barreau 17
e, disposé à hauteur de l'armature 15, apte à repousser l'armature 15 vers l'électro-aimant
8 en fonction de la position de la structure 17. Grâce à cet aspect de l'invention,
il n'est pas nécessaire que l'électro-aimant 8 soit activé pour que l'armature 15
soit plaquée contre les pôles de l'électro-aimant 8. En effet, le déplacement de l'armature
16 contre la force du ressort 18 induit le déplacement de la structure 17 qui en est
solidaire et, grâce au barreau 17
e, un couple de pivotement autour de l'axe 12 est transmis à l'armature 15, ce couple
ayant pour effet de plaquer l'armature 15 sur l'électro-aimant 8.
[0025] Grâce à la géométrie de l'extrémité 10
a du levier 10, on obtient le nivelage de la position des leviers lorsque les crochets
1 et 2 sont au voisinage du point mort haut de leur trajectoire. Dans ce cas en effet,
l'extrémité 10
a du levier 10 est repoussée vers l'intérieur du dispositif grâce à la forme extérieure
du levier 1, ce qui revient à plaquer l'armature 16 contre l'électro-aimant 9 et,
grâce au barreau 17
e, l'armature 15 contre l'électro-aimant 8. Les électro-aimants 8 et 9 travaillent
ainsi uniquement à l'encontre de la force due au ressort 18 pour immobiliser les armatures
en position plaquée, mais ne doivent pas exercer une force magnétique importante pour
attirer les armatures 15 ou 16. Les électro-aimants 8 et 9 peuvent être dimensionnés
en fonction de cette seule fonction d'immobilisation et consomment peu de courant.
Un nivelage efficace des deux séries d'armatures des leviers 10 et 11 appartenant
au dispositif de sélection est ainsi obtenu.
[0026] Le levier 10 comprend un plateau transversal 20 formé par une partie de la structure
amagnétique 17. Ce plateau 20 a pour fonction d'isoler les électro-aimants, les ressorts
et les armatures magnétiques de l'atmosphère ambiante afin d'éviter que des bourres
ou de la poussière ne viennent perturber le fonctionnement du dispositif.
[0027] L'armature 16 a été représentée monobloc avec l'extrémité 10
a du levier 10, mais il est bien entendu qu'elle pourrait être interrompue au-dessous
de la partie inférieure de l'électro-aimant 9, c'est-à-dire à peu près au niveau du
ressort 18, et la partie inférieure du levier 10
a pourrait être constituée par un prolongement de la structure amagnétique 17, ceci
sans sortir du cadre de l'invention.
[0028] L'invention a été décrite en coopération avec deux crochets conformes à l'invention
de la demande de brevet FR-96 12329 au nom de la Demanderesse, mais elle s'applique
à tous types de crochets pour autant qu'ils peuvent être sélectionnés en fonction
des positions de l'extrémité d'un levier.
[0029] Une mécanique d'armure de métier Jacquard à trois positions conforme à l'invention
comprend une multiplicité de dispositifs de sélection tels que précédemment décrits
et peut fonctionner avec une grande fiabilité à des vitesses élevées et en consommant
peu d'énergie.
[0030] Un métier à tisser équipé d'une telle mécanique permet ainsi d'obtenir à moindre
coût des tissus spéciaux tel que du velours ou des tapis.
1. Dispositif de sélection de mécanique d'armure à trois positions comportant deux électro-aimants
(8, 9) supérposés aptes à être sélectivement activés, caractérisé en ce qu'il comprend
au moins un levier (10, 11) articulé autour d'un axe (12) solidaire dudit dispositif,
ledit levier étant pourvu d'armatures magnétiques (15, 16) aptes à coopérer sélectivement
avec lesdits électro-aimants de façon à engendrer trois positions dudit levier.
2. Dispositif de sélection selon la revendication 1, caractérisé en ce que ledit levier
(10) comprend une structure amagnétique (17) dans laquelle sont logées lesdites armatures
magnétiques (15, 16).
3. Dispositif de sélection selon la revendication 2, caractérisé en ce qu'au moins une
(15) desdites armatures est mobile par rapport à ladite structure amagnétique (17).
4. Dispositif de sélection selon la revendication 3, caractérisé en ce que ladite armature
(15) mobile par rapport à ladite structure amagnétique (17) et ladite structure amagnétique
sont articulées indépendamment l'une de l'autre autour dudit axe (12).
5. Dispositif de sélection selon la revendication 3, caractérisé en ce que ladite armature
mobile (15) est pourvue d'un talon (15d) apte à transmettre à ladite stucture amagnétique (17d) un couple de pivotement autour dudit axe (12).
6. Dispositif de sélection selon la revendication 3, caractérisé en ce que ladite structure
amagnétique est pourvue d'un barreau (17e) apte à transmettre à ladite armature mobile (15) un couple de pivotement autour
dudit axe (12).
7. Dispositif de sélection selon la revendication 1, caractérisé en ce que ledit levier
(10) comprend une extrémité (10a) apte à pénétrer sélectivement dans un orifice (1a, 2a) sensiblement horizontal d'un ou deux crochet(s) mobile(s) (1, 2) supportant un élément
funiculaire (4, 5) déterminant la position d'au moins une lisse de ladite mécanique
d'armure.
8. Dispositif de sélection selon la revendication 7, caractérisé en ce que ladite extrémité
(10a) est apte à être déplacée par l'un (1) desdits crochets lorsqu'il parvient à proximité
du point mort haut de sa trajectoire.
9. Mécanique d'armure de métier Jacquard à trois positions comprenant un dispositif de
sélection selon l'une des revendications précédentes.
10. Métier à tisser équipé d'une mécanique d'armure selon la revendication 9.