[0001] La présente invention concerne le domaine des entoilages thermocollants qui sont
des supports, textiles ou non-tissés, sur une face desquels sont appliqués des points
de polymère thermofusible, susceptibles d'adhérer ultérieurement sur la pièce d'habillement
à renforcer sous l'effet de l'application d'une certaine pression à chaud. Elle concerne
plus particulièrement un procédé de fabrication d'un tel entoilage mettant en oeuvre
un bombardement électronique en vue de modifier localement la température de fusion
et/ou la viscosité du polymère thermofusible ; elle concerne également un entoilage
thermocollant obtenu par ledit procédé dont les points de polymère thermofusible ont
une température de fusion ou leur viscosité différenciée dans leur épaisseur.
[0002] Parmi tous les problèmes rencontrés dans le domaine de l'entoilage thermocollant,
l'un des plus délicats à résoudre consiste dans le risque de transpercement du support
d'entoilage lors de l'application par pression à chaud de l'entoilage thermocollant
contre la pièce d'habillement à renforcer. En effet la température qui est choisie
pour effectuer cette application à chaud doit permettre de réaliser la fusion du point
de polymère de manière à ce que le polymère ainsi fondu puisse se répartir et adhérer
sur les fibres ou filaments en surface de la pièce d'habillement. Il arrive cependant
fréquemment que cette répartition ne se fasse pas uniquement en surface mais que le
polymère flue à travers les fibres ou filaments et apparaisse sur la surface opposée
du support d'entoilage. Ceci n'a pas d'incidence sur le plan esthétique, sauf si l'entoilage
est destiné à être apparent et à former la face arrière du vêtement. En tout état
de cause ce transpercement a pour effet d'augmenter localement la rigidité de l'entoilage
et donc de la pièce d'habillement, ce qui peut être contraire à l'effet souhaité.Il
peut également provoquer des collages sur les tissus de doublage tels que doublure
et parties de draperies en revers, ce qui provoque une dégradation de la qualité du
vêtement.
[0003] Pour résoudre cette difficulté, on a déjà proposé de réaliser un entoilage thermocollant
dont les points de polymère thermofusible comporteraient deux couches superposées,
à savoir une première couche en contact avec la face endroit du support d'entoilage
et une deuxième couche disposée précisément au-dessus de la première. Bien sûr les
constituants des deux couches sont déterminés en sorte que lors de l'application avec
pression à chaud de la pièce d'habillement, seul le polymère thermofusible de la seconde
couche réagisse à l'action de la température. La diffusion du polymère thermofusible
peut dans ce cas ne se faire que vers la pièce d'habillement, étant empêchée vers
le support d'entoilage, la première couche faisant office en quelque sorte de barrière.
[0004] En pratique cette technique double couche présente des inconvénients, notamment difficulté
de réalisation de la superposition des deux couches et risque de délamination des
deux couches.
[0005] Pour pallier ces inconvénients, le demandeur a déjà proposé, dans le document FR
2 606 603 de mettre en oeuvre des moyens de nature chimique, agissant sur le polymère
thermofusible en vue de modifier sa structure chimique, au moins partiellement, au
moins à l'interface avec le support d'entoilage, de manière à empêcher le polymère
thermofusible de coller à travers le support d'entoilage sous l'effet de la chaleur
et/ou de la pression et/ou de la vapeur. Les moyens, de nature chimique, propres à
modifier la structure chimique du polymère thermofusible comportent au moins une matière
réactive et au moins un moyen réactif apte à amorcer, assurer, favoriser la réaction
entre la matière réactive et le polymère thermofusible.
[0006] Sont explicitement citées différentes catégories de matières réactives à savoir produits
thermodurcissables aminoplaste, notamment urée-formol et mélamine formol, molécules
simples ou polymères portant au moins une fonction isocyanate bloquée ou non, molécules
simples ou polymères portant au moins une fonction aziridine, polymères modifiés portant
au moins une fonction chimique réactive, notamment fonction époxy ou fonction vinylique.
[0007] Parmi les moyens réactifs, sont cités les apports de chaleur, les radiations ultraviolettes,
le bombardement électronique. Il est précisé que ce moyen réactif peut être utilisé
en présence de catalyseurs. Plus précisément lorsque le moyen réactif de la réaction
de réticulation du polymère thermofusible et du polymère modifié à fonction réactive
vinylique est une radiation UV, il est prévu que celle-ci intervienne avec mise en
contact de produits photo-initiateurs.
[0008] S'agissant plus particulièrement du bombardement électronique comme moyen réactif,
il est prévu d'ajouter au mélange de polymère thermofusible et de matière réactive
un agent photo-inhibiteur pour imiter la propagation de la réaction chimique de modification.
On fait passer le support d'entoilage enduit du mélange devant une source photonique
ou électronique située du côté de la face non enduite du support de manière à ce que
les particules bombardent préférentiellement les trous ou perforations du support,
en regard du polymère thermofusible.
[0009] En pratique, il s'est avéré impossible d'obtenir, dans les conditions décrites dans
le document FR 2 606 603, des résultats satisfaisants en utilisant comme moyen réactif
un bombardement électronique, malgré tout l'intérêt que présentait cette technique.
La difficulté de contrôle, à l'aide d'agents photo-inhibiteurs, de la propagation
de la réaction chimique et la difficulté d'agir préférentiellement au niveau des trous
ou perforations du support d'entoilage, en regard du polymère thermofusible, font
partie des raisons de ce constat d'échec.
[0010] Le but que s'est fixé le demandeur est de proposer un procédé de fabrication d'un
entoilage thermocollant mettant en oeuvre un bombardement électronique pour modifier
la structure chimique du polymère thermofusible qui pallie les difficultés précitées.
[0011] De manière connue, selon ce procédé, on dépose sur la face endroit d'un support d'entoilage,
choisi parmi les supports textiles et les non-tissés, des points de polymères thermofusibles
d'épaisseur moyenne E et on soumet l'une des faces dudit support à un bombardement
électronique.
[0012] De manière caractéristique selon l'invention, les points de polymères thermofusibles,
contenant un activateur radicalaire et étant exempts de photo-inhibiteur, on règle
la profondeur de pénétration des électrons dans les points du polymère thermofusible
pour obtenir une modification des propriétés physico-chimiques du polymère thermofusible,
choisies parmi la température de fusion et la viscosité, sur une épaisseur
e par rapport à l'épaisseur moyenne
E.
[0013] L'activateur radicalaire a pour fonction de créer des radicaux libres permettant
d'initier la réaction de polymérisation sur lui-même du polymère thermofusible. Il
s'apparente à l'agent photo-initiateur prévu dans le document FR 2 606 603 lors de
la mise en oeuvre de l'irradiation UV comme moyen réactif. L'activateur radicalaire
n'est donc pas à proprement parler une matière réactive au sens où le prévoyait le
document FR 2 606 603.
[0014] De préférence, cet activateur radicalaire est du type acrylique, notamment le triméthylol
propane triméthacrylate ou le triméthylol propane triacrylate. Ces deux composés sont
des monomères à fonction acrylique et ne font pas partie de la liste explicitement
prévue, pour la matière réactive, dans le document FR 2 606 603.
[0015] Grâce à l'activateur radicalaire et à l'absence de photo-inhibiteur, il est possible
d'obtenir une modification structurelle du polymère thermofusible sur une épaisseur
limitée
e de chaque point de l'entoilage thermocollant.
[0016] Dans une première variante de réalisation, on soumet la face envers du support d'entoilage
au bombardement électronique et on règle la profondeur de pénétration des électrons
pour obtenir la modification des propriétés physico-chimiques sur une épaisseur
e comprise entre 10 et 50% de l'épaisseur moyenne
E, la modification consistant dans une augmentation de la température de fusion ou
dans une augmentation de la viscosité du polymère thermofusible.
[0017] Dans une seconde variante de réalisation, on soumet la face endroit du support d'entoilage
au bombardement électronique et on règle la profondeur de pénétration des électrons
pour obtenir une modification de propriétés physico-chimiques sur une épaisseur limitée
comprise entre 50 et 90% de l'épaisseur moyenne
E, la modification consistant dans une diminution de la température de fusion ou une
diminution de la viscosité du polymère thermofusible.
[0018] Dans tous les cas, chaque point de polymère se trouve être réalisé par un dépôt unique,
monocouche, et après l'action du bombardement électronique, ladite couche présente
une température de fusion et/ou une viscosité différenciée entre une première zone
inférieure qui est en contact avec le support textile et qui a une température de
fusion et/ou une viscosité donnée et une seconde zone supérieure qui a une température
de fusion ou une viscosité inférieure à celle du polymère thermofusible de la première
zone.
[0019] Lors de l'application de l'entoilage thermocollant contre la pièce d'habillement,
par pression à chaud, c'est la seconde zone qui est en contact avec la pièce d'habillement
et qui présente la température de fusion la plus faible qui va réagir le plus à l'action
de la chaleur, tandis que la première zone qui a une température de fusion plus élevée
ne réagit pas ou dans une moindre proportion. De ce fait cette première zone sert
en quelque sorte de barrière au fluage du polymère thermofusible de la seconde zone.
[0020] Quelle que soit la variante de réalisation, on a une modification de la température
de fusion et/ou de la viscosité qui est graduelle dans l'épaisseur du point. De ce
fait, il n'y a aucun risque de décohésion ou délaminage entre deux couches de densités
différentes, comme c'est le cas lors de la mise en oeuvre de la technique double couche,
selon laquelle chaque point est constitué de deux couches de duretés différentes présentant
toujours un point de rupture préférentiel entre les couches.
[0021] Il est à noter que le faisceau d'électrons généré par les canons à électrons industriels
n'a pas une action uniforme dans l'épaisseur d'une matière donnée. Au fur et à mesure
que le faisceau d'électrons pénètre à l'intérieur de la matière, la quantité d'électrons
ou dose diminue au fur et à mesure de l'épaisseur, jusqu'à devenir nulle à une épaisseur
donnée, qui est fonction de la tension d'accélération du faisceau d'électrons. Par
exemple pour un canon à électrons dont la tension d'accélération est de 150 kV, on
considère que la dose d'électrons s'annule pour une épaisseur de 200 µm, à travers
un matériau de densité 1. Cette dose est encore de l'ordre de 50%, dans ce cas, pour
une épaisseur de l'ordre de 130 µm.
[0022] Le demandeur a constaté que pour obtenir une modification des propriétés physico-chimiques
du polymère thermofusible qui soit telle que la couche inférieure du point puisse
jouer l'effet de barrière recherché, évitant le transpercement de l'entoilage thermocollant,
il était nécessaire qu'il y ait une certaine dose d'électrons qui ait atteint l'activateur
radicalaire. Le réglage de la profondeur de pénétration des électrons, tel que prévu
par le procédé de l'invention, vise donc à ce qu'il y ait cette dose suffisante d'électrons
qui ait pu pénétrer dans l'épaisseur limitée
e du polymère thermofusible, c'est à dire l'épaisseur pour laquelle la modification
de propriétés physico-chimiques est recherchée.
[0023] Etant donné que les canons à électrons industriels sont standardisés et qu'il n'est
pas possible facilement d'en faire varier la tension d'accélération, selon le procédé
de l'invention, on diminue la profondeur de pénétration du faisceau d'électrons dans
les points de polymère thermofusible en interposant un filtre entre le faisceau d'électrons
et le support d'entoilage.
[0024] Ce filtre a pour effet de diminuer artificiellement l'épaisseur de pénétration du
faisceau d'électrons dans le polymère thermofusible et donc de régler précisément
la profondeur de pénétration réellement efficace .
[0025] Le choix du filtre, qui peut être notamment une feuille de papier et, en particulier
son épaisseur, est fonction du matériau constitutif du support d'entoilage et de l'épaisseur
e pour laquelle une modification des propriétés physico-chimiques est souhaitée.
[0026] Par exemple, pour un canon à électrons dont la tension d'accélération est de 150
kV, on a interposé un filtre en papier pesant de l'ordre de 50 à 60 g/m
2.
[0027] De préférence les conditions opératoires du bombardement électronique ainsi que le
choix et la quantité d'activateur radicalaire sont déterminées en sorte que la température
de fusion du polymère thermofusible ait une variation, en plus ou en moins de l'ordre
de 1O à 2O°C dans la zone soumise au bombardement électronique.
[0028] La présente invention sera mieux comprise à la lecture de la description qui va être
faite de deux exemples de réalisation d'un entoilage thermocollant dont les points
de polymère thermofusible, monocouche, présentent une température de fusion différenciée,
illustrée par le dessin annexé dans lequel :
- La figure 1 est une représentation schématique en plan et fortement grosse d'un entoilage
thermocollant,
- et la figure 2 est une représentation schématique en coupe dudit entoilage au droit
d'un point de polymère.
[0029] Un entoilage thermocollant 1 est constitué d'un support 2 et de points 3 de polymère
thermofusible et thermocollant. Le support peut être soit un support textile proprement
dit, du type tissé, tricot maille ou tricot à insertion de trame, soit un non-tissé.
Les points 3 de polymère thermofusible sont disposés sur tout ou partie de la surface
d'une des deux faces du support 2, dénommée face endroit. C'est cette face endroit
qui est destinée à venir s'appliquer contre la face envers de la pièce d'habillement
à protéger ou renforcer.
[0030] Le polymère thermofusible est un type connu, parmi les polyamides, polyéthylènes,
polyuréthannes, polyesters, aminoplastes... Cela peut également être un copolymère.
L'important est que le polymère en question puisse, à la température d'application
de la pièce d'habillement sous pression à chaud, réagir en fondant localement pour
adhérer sur les fibres ou filaments de la face envers de la pièce d'habillement.
[0031] De manière conventionnelle, les points de polymère sont déposés sous forme d'une
dispersion aqueuse qui est ensuite soumise à un traitement thermique de manière à
évaporer le solvant et à agglomérer de nouveau les particules de polymère thermofusible
pour réaliser leur accrochage sur le support. Le dépôt des points de polymère se fait
par toute technique classique, notamment d'impression au cadre rotatif ou autre.
[0032] En pratique, les points de polymère en surface du support d'entoilage représentent
de l'ordre de 5 à 2Og/m
2, en fonction du type de support.
[0033] La dispersion aqueuse de polymère thermofusible comprend également un activateur
radicalaire, c'est-à-dire un composé qui est apte à former des radicaux libres sous
l'effet d'un bombardement électronique, et est exempte d'agent photo-inhibiteur.
[0034] Il s'agit par exemple mais non exclusivement, d'un activateur du type acrylique,
tel que le triméthylol propane triméthacrylate ou encore le triméthylol propane triacrylate.La
proportion d'activateur radicalaire peut être comprise entre 5 et 2O% en poids par
rapport au polymère thermofusible.
[0035] Dans un premier exemple de réalisation, après avoir effectué le dépôt de la dispersion
aqueuse de polymère thermofusible puis le traitement thermique de celle-ci en vue
d'évaporer l'eau contenue dans la dispersion et d'agglomérer le mélange polymère thermofusible
et activateur, on procède à un bombardement électronique de la face envers 2
b du support d'entoilage 2, c'est-à-dire la face qui ne comporte pas les points 3 de
polymère. Les électrons passent à travers les filaments ou fibres 4 du support 2 et
pénètrent dans le point de polymère 3 où ils rencontrent l'activateur radicalaire.
Sous l'effet de ces électrons, l'activateur radicalaire engendre des radicaux libres
qui développent des réactions de réticulation dans la zone 3
a du polymère thermofusible.
[0036] Dans cette variante de réalisation, la profondeur de pénétration des électrons, la
quantité et le choix de l'activateur radicalaire sont déterminés de manière à ce que
seule la zone 3
a du polymère thermofusible qui est en contact ou à proximité immédiate des fibres
ou filaments 4 du support et soumise à l'action des électrons subisse la modification
recherchée des propriétés physico-chimiques à savoir augmentation de la température
de fusion ou de la viscosité du polymère thermofusible. Sur la figure 2 on a représenté
schématiquement la séparation de cette première zone 3
a, à structure modifiée, d'avec la seconde zone 3
b à structure non modifiée par une ligne discontinue 5. En réalité l'action est graduelle
dans l'épaisseur du point. Quoi qu'il en soit, il se crée, sous l'action contrôlée
du bombardement électronique, une différenciation dans l'épaisseur de chaque point
de polymère 3. Cette différenciation due à une certaine réticulation, se traduit dans
ce premier exemple par une augmentation de la température de fusion du polymère thermofusible
constitutif de la première zone 3
a, cette température de fusion restant inchangée en ce qui concerne la seconde zone
3
b non significativement modifiée par l'action des électrons.
[0037] Il est à noter que chaque point de polymère thermofusible, dans lequel pénètrent
les électrons, constitue un milieu solide. De ce fait, les réactions de réticulation,
générées grâce aux radicaux libres, ne se propagent que très faiblement, contrairement
à ce qui pourrait se produire s'il s'agissait d'un milieu liquide.
[0038] Lorsqu'on réalise l'application sous pression à chaud de l'entoilage thermocollant
1 sur la pièce d'habillement, à la température habituellement mise en oeuvre pour
le polymère thermofusible en question, seule la seconde zone 3
b de chaque point 3 est amenée à réagir, c'est-à-dire à exercer son pouvoir adhérent
par fusion du polymère thermofusible. La température d'application est insuffisante,
du fait de l'augmentation de sa température de fusion, pour faire réagir le polymère
contenu dans la première zone 3
a. Ainsi lors de l'application sous pression, le polymère de la seconde zone 3
b ne peut pas fluer à travers les fils ou filaments 4 du support 2, ce fluage étant
empêché par la première zone 3
a du point 3, qui ne réagit pas et fait office de barrière.
[0039] De manière à ce que cet effet barrière puisse être efficace tout en ne diminuant
pas outre mesure l'action adhérente de chaque point 3, les conditions opératoires,
et en particulier la profondeur de pénétration des électrons, sont déterminées pour
que l'épaisseur relative de la première zone 3
a soit comprise entre 1O et 5O% de l'épaisseur totale du point de polymère 3, de préférence
entre 10 et 20%.
[0040] On a utilisé comme polymères thermofusibles des polyamides ou des polyéthylènes haute
densité ou des polyuréthannes et comme activateurs radicalaires le triméthylol propane
triméthacrylate ou le triméthylol propane triacrylate à raison de 5 à 20% en poids
de polymère. Le dépôt de polymère thermofusible était réalisé à raison de 9 à 16g/m
2 sur le support d'entoilage. On a mis en oeuvre un canon à électrons, avec des doses
comprises entre 10 et 75 KGy et des tensions d'accélération de 100 à 200 kV. Le réglage
de la profondeur de pénétration des électrons s'est fait en interposant des filtres
en papier de grammage compris entre 50 et 100 g/m
2.
[0041] Les meilleurs résultats ont été obtenus avec un mélange de polyéthylène haute densité,
comme polymère thermofusible, et de triméthylol propane triméthacrylate, comme activateur
radicalaire, ce dernier étant présent à raison de l'ordre de 20% en poids par rapport
au polymère thermofusible, dans le cas où le mélange de ces deux composants est réalisé
initialement dans la dispersion aqueuse servant au dépôt de points de polymère. Ces
meilleurs résultats ont été obtenus en mettant en oeuvre une dose d'électrons de 50
kGy et un filtre de 56 g/m
2. Les tests de collage ont montré une augmentation sensible des forces de collage,
dans les mêmes conditions et à même température, par rapport à un échantillon témoin
n'ayant pas subi de bombardement électronique. De plus on a réalisé des tests de traversée
dans lesquels on replie un échantillon d'entoilage sur lui-même de manière à appliquer
l'une contre l'autre deux faces envers, ne portant pas de point de polymère thermofusible
et on mesure la force nécessaire pour séparer ces deux faces après application d'une
pression sous une température comprise entre 150 et 170°C. Ces tests ont montré une
quasi disparition des forces de séparation, significatives de la traversée du polymère
thermofusible à travers le support d'entoilage, pour les échantillons soumis au bombardement
électronique. Par contre ces forces de séparation restaient importantes pour l'échantillon
témoin, non soumis au bombardement électronique ; elles étaient, pour une température
d'application de 150°C, de l'ordre de 25 à 30% des forces de collage, c'est à dire
des forces nécessaires pour séparer la face endroit de l'échantillon appliquée sur
un article de référence.
[0042] Il serait possible de diminuer la quantité relative d'activateur radicalaire par
rapport au polymère thermofusible en procédant à une opération de mélange préalable
destiné à avoir un contact plus intime entre l'activateur radicalaire et le polymère
thermofusible. Pour cela on mélange le polymère thermofusible et l'activateur radicalaire,
sous forme de poudres, on soumet ce mélange à des opérations successives de fusion,
extrusion et broyage de manière à obtenir une poudre qui est ensuite mise en dispersion
aqueuse pour former la pâte servant au dépôt de points de polymère thermofusible sur
la face endroit du support d'entoilage.
[0043] Il est de plus à noter que cet effet d'augmentation de la température de fusion du
polymère thermofusible peut également être obtenue en ajoutant dans la dispersion
de polymère une charge durcissable, c'est-à-dire une charge qui sous l'action du bombardement
électronique va polymériser et durcir de manière irréversible, n'étant plus de ce
fait réactivable thermiquement comme c'est le cas du polymère thermofusible. Les monomères
acryliques font partie des charges durcissables. Ainsi s'il est lui-même du type acrylique
l'activateur radicalaire peut constituer également en partie une charge durcissable.
[0044] Dans un autre exemple de réalisation, le bombardement électronique intervient sur
la face endroit 2
a du support 2.Les conditions opératoires du bombardement électronique, les polymères
thermofusibles, et les activateurs sont sélectionnés en sorte d'avoir l'effet inverse
de celui du premier exemple, à savoir une diminution de la température de fusion et/ou
de la viscosité des polymères sous l'action du bombardement électronique. A cette
différence près, les considérations données ci-dessus restent valables.
[0045] Dans ce cas, on part d'un copolymère ayant une température de fusion de 14O°C pour
l'amener, dans la zone soumise au rayonnement EB, à une température de 1OO/12O°C.
1. Procédé de fabrication d'un entoilage thermocollant selon lequel on dépose sur la
face endroit (2a) d'un support d'entoilage (2), choisi parmi les supports textes et les non-tissés,
des points (3) de polymère thermofusible d'épaisseur moyenne E et on soumet l'une des faces (2a, 2b) du support (2) à un bombardement électronique, caractérisé en ce que, les points
(3) de polymère thermofusible contenant un activateur radicalaire et étant exempts
de photo-inhibiteur, on règle la profondeur de pénétration des électrons dans les
points (3) de polymère thermofusible pour obtenir une modification des propriétés
physico-chimiques du polymère thermofusible, choisies parmi la température de fusion
et la viscosité, sur une épaisseur limitée e par rapport à l'épaisseur moyenne E.
2. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que l'on soumet la face envers
(2b) du support d'entoilage (2) au bombardement électronique, en ce que l'épaisseur limitée
e est comprise entre 10 et 50%, de préférence 10 à 20%, de l'épaisseur moyenne E et en ce que la modification des propriétés physico-chimiques du polymère thermofusible
consiste en une augmentation de la température de fusion dudit polymère.
3. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que on soumet la face endroit
(2a) du support d'entoilage (2) au bombardement électronique, en ce que l'épaisseur limitée
e est comprise entre 50 et 90% de l'épaisseur moyenne E, de préférence 80 à 90%, et en ce que la modification des propriétés physico-chimiques
consiste en une diminution de la température de fusion dudit polymère.
4. Procédé selon l'une des revendications 1 à 3, caractérisé en ce que, on diminue la
profondeur de pénétration des électrons en interposant un filtre sur le parcours du
faisceau d'électrons.
5. Procédé selon la revendication 4, caractérisé en ce que la tension d'accélération
du faisceau d'électrons est au moins de 100kV et en ce que on interpose un filtre
sur le parcours du faisceau d'électrons correspondant à une diminution de la profondeur
de pénétration comprise entre 50 et 100 µm.
6. Procédé selon l'une des revendications 4 ou 5, caractérisé en ce qu'on utilise, comme
filtre, un papier ayant un grammage compris entre 50 et 100 g/m2.
7. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que l'activateur radicalaire est
un monomère du type acrylique, choisi notamment parmi le triméthylol propane triméthacrylate
et le triméthylol propane triacrylate.
8. Procédé selon la revendication 7, caractérisé en ce que le polymère thermofusible
est un polyéthylène haute densité, en ce que l'activateur radicalaire est le triméthylol
propane triméthacrylate à raison de 5 à 20% en poids par rapport au polyéthylène haute
densité.
9. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que pour la préparation de la
dispersion aqueuse sous forme de pâte contenant le polymère thermofusible et l'activateur
radicalaire et servant au dépôt des points de polymère sur la face endroit du support
d'entoilage, on réalise préalablement le mélange du polymère thermofusible et de l'activateur
radicalaire sous forme de poudres, on soumet ce mélange à des opérations successives
de fusion, extrusion et broyage de manière à obtenir une poudre que l'on dilue pour
obtenir ladite dispersion aqueuse.
10. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que la variation de température
de fusion dans la zone soumise au bombardement électronique est de l'ordre de 10 à
20°C.
11. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que les points de polymère thermofusible
contiennent en outre un polymère durcissable, sous l'action du bombardement électronique
ou de l'activateur radicalaire.