DOMAINE DE L'INVENTION
[0001] L'invention concerne les films flexibles utilisés dans l'emballage de portions solides
ou semi-solides par pliage. A titre d'exemple de portions solides ou semi-solides
emballées dans des films flexibles, on peut citer des produits alimentaires tels que
les bouillons KUB ®.
ETAT DE LA TECHNIQUE
[0002] Pour l'emballage typique de produits alimentaires tels que les bouillons KUB ®, on
utilise généralement un film complexe successivement constitué d'une feuille mince
d'aluminium laqué doré à l'extérieur, d'une couche de cire au centre, et d'une couche
de papier mousseline à l'intérieur, ou en désignation condensée : Al/cire/papier.
Le conditionnement de blocs de bouillon KUB ® s'effectue de la manière suivante, sur
machine automatique :
1) à partir d'une bobine de film, est découpée une portion de film sur lequel est
placé ledit bloc,
2) l'ensemble est placé dans une boîte de pliage qui permet de réaliser la succession
des plis nécessaires à l'emballage dudit bloc par ladite portion de film, de manière
à obtenir un bloc emballé plié,
3) ledit bloc emballé plié circule entre des rails chauffants qui fondent la cire.
Celle-ci diffuse dans le papier mousseline et assure ainsi le collage des différents
plis formés en 2). On obtient ainsi un bloc emballé collé. Les blocs emballés collés
sont ensuite regroupés dans un suremballage, typiquement une cartonnette.
PROBLEMES POSES
[0003] Les problèmes posés par le film d'emballage traditionnel sont de trois ordres :
- d'une part, il a été observé que les films traditionnels conduisaient à des perces,
en particulier aux coins desdits blocs, peut-être à la fois par l'action mécanique
des coins desdits blocs sur ledit film, et éventuellement par l'action corrosive de
grains de sel dudit bloc dans le cas de bouillons KUB ®.
- d'autre part, le bloc emballé collé est relativement difficile à ouvrir.
- enfin, le film traditionnel est d'un coût relativement élevé.
DESCRIPTION DE L'INVENTION
[0004] Selon l'invention, le film pour emballages de blocs rigides ou semi-rigides constitués
de parois formées par pliage et scellage dudit film est caractérisé en ce que,
a) il comprend un film à base de polyoléfine,
b) la face extérieure dudit film comprend une couche de scellage à froid formant des
plages repérées,
c) la face intérieure dudit film comprend une couche anti-adhérente, éventuellement
repérée par rapport auxdites plages repérées.
[0005] L'invention nécessite la combinaison des moyens décrits précédemment :
- un film à base de polyoléfine peut être choisi parce que, d'une part il possédera
les caractéristiques mécaniques suffisantes et il constituera le plus souvent une
barrière suffisante à l'humidité pour le produit à conditionner, et d'autre part son
coût est relativement bas.
S'il était exigé du film selon l'invention une faible perméabilité à l'oxygène, ledit
film à base de polyoléfine pourrait, de manière connue, soit être métallisé, soit
être remplacé par un film multicouche comprenant une couche de matériau à propriétés
barrières, tel que les copolymères de chlorure de vinylidène (PVDC) ou les EVOH.
- une couche de scellage à froid est nécessaire pour que, lors de l'emballage dudit
bloc dans une portion découpée dudit film en utilisant généralement une boîte de pliage,
le scellage desdites plages repérées s'effectue immédiatement par simple contact des
parties mises en regard lors dudit pliage, au moins une des parties mise en regard
lors dudit pliage étant recouverte d'une couche de scellage à froid. Ainsi, en sortie
de boîte de pliage, ladite portion de film, une fois pliée, n'aura plus la possibilité
de se déplier, compte tenu de l'effet mémoire des films de polyoléfine.
- ledit film à base de polyoléfine doit comprendre une couche anti-adhérente, éventuellement
repérée par rapport auxdites plages repérées, parce que, sans cela, on observerait
un collage en bobine : la couche de scellage, déposée sur la face extérieure dudit
film, collerait ou risquerait de coller à la face intérieure de la spire adjacente.
Les traitements d'anti-adhérence, destinés notamment à éviter le collage entre les
spires d'une bobine de film, sont bien connus en eux-mêmes.
[0006] Grâce à cette combinaison de moyens, il a été possible de résoudre le problème posé.
En effet, le film selon l'invention présente une bien meilleure tenue aux risques
de perces que le film traditionnel à base de feuille mince d'aluminium, et cela tant
par la meilleure résistance mécanique aux perces que par la meilleure tenue à la corrosion.
En outre, l'invention, qui a réussi à combattre l'effet mémoire des films thermoplastiques
durant la phase de pliage, utilise ce même effet mémoire pour faciliter le dépliage
dudit bloc par le consommateur final.
Enfin, compte tenu du coût relativement faible des films de polyoléfines comparé au
coût des feuilles minces d'aluminium, le film selon l'invention est nettement plus
économique que les films selon l'état de la technique.
DESCRIPTION DES FIGURES
[0007] La figure 1 est une vue de dessus de la face extérieure du film ou portion de film
(1) destiné à former un emballage d'un bloc rigide ou semi-rigide parallélépipédique
ayant une base rectangulaire de 32mm x 23mm, et de 10 mm de hauteur.
Les quatre plages repérées (20) de couche de scellage à froid, hachurées verticalement,
correspondent à la formation, par pliage, des quatre parois latérales de l'emballage
à former.
Chacune des quatre plages (20) comprend deux parties (201, 202) qui, après pliage
selon les lignes (203), sont en regard et adhèrent l'une à l'autre, fixant ainsi les
parois latérales de l'emballage à former.
[0008] Les quatre plages repérées (21) de couche de scellage à froid, hachurées horizontalement,
correspondent à la formation, par pliage, de la paroi supérieure de l'emballage à
former.
Chacune des quatre plages (21) comprend deux parties (211, 212) qui après pliage selon
les lignes (213), sont en regard et adhèrent l'une à l'autre, fixant ainsi la paroi
supérieure de l'emballage à former.
Sur le film (1) est porté une flèche (6) indiquant le sens de déroulement du film
en bobine.
[0009] La figure 2 est une vue de dessous de la face intérieure du film ou portion de film
(1), ayant le même positionnement latéral que la figure 1.
Cette face intérieure comprend deux bandes latérales (3) anti-adhérentes, de manière
à ce que les plages repérées (20,21) de la face extérieure n'adhérent pas à la face
intérieure et ainsi permettent le dévidage de la bobine de film.
Entre ces deux bandes, et à une extrémité de la portion (1) de film, se trouve une
plage repérée (4) de vernis thermocollant.
Cette plage (4) est située une distance de 10 mm du bord, de manière laisser une zone
d'ouverture (6) constituant pour le consommateur une prise aisée du film en vue de
l'ouverture de l'emballage formé.
DESCRIPTION DETAILLEE DE L'INVENTION
[0010] Selon une modalité de l'invention, le repérage de ladite couche de scellage à froid
est choisi en fonction dudit pliage, de manière à ce que, lors dudit pliage, toute
plage repérée ou partie de plage repérée soit mise au contact, respectivement, soit
d'une autre plage repérée, soit d'une autre partie de la même plage repérée, afin
que, après pliage dudit bloc, ne subsiste pas de couche de scellage à froid qui soit
libre.
Par couche de scellage à froid, on entend une famille générique de produits adhésifs,
connus en eux-mêmes souvent sous le nom de « coldseals », et qui ont la particularité
d'adhérer à froid sur eux-mêmes.
[0011] Selon une autre modalité, non représentée sur les figures, on peut utiliser des adhésifs
actifs à froid qui peuvent adhérer audit film à base de polyoléfine, mais qui n'adhèrent
pas à ce même film rendu anti-adhérent.
Dans ce cas, lesdites plages repérées de scellage à froid (20,21) sont de superficie
moitié moindre et se limitent à une moitié (201, 211) de plage (20,21).
[0012] Selon l'invention, ledit film à base de polyoléfine est choisi, de préférence, parmi
le PP, l'OPP, l'OPP métallisé, le PP expansé à aspect nacré.
[0013] Selon l'invention, la face intérieure dudit film doit comprendre une couche anti-adhérente,
éventuellement repérée par rapport auxdites plages repérées.
Pour cela, soit la face intérieure dudit film à base de PP est rendue anti-adhérente,
soit la face intérieure dudit film à base de PP est revêtue d'une couche de vernis
anti-adhérent. Dans le second cas, cette couche de vernis (3) peut être repérée, comme
illustré à la figure 2.
[0014] Selon une autre modalité de l'invention, ladite face intérieure peut comprendre ledit
vernis anti-adhérent en couche repérée, et un vernis thermoscellant en une autre couche
repérée, et décalée par rapport à ladite couche de scellage à froid, de manière à
ce que, dans ledit film en bobine, une couche de scellage à froid de la face extérieure
d'une spire, ne soit pas en regard avec ladite couche de vernis thermoscellant d'une
autre spire. Cette modalité est destinée à augmenter, quand cela est rendu nécessaire
notamment par les conditions climatiques locales, l'étanchéité de l'emballage formé,
le scellage de plages (20,21) assurant seulement que l'emballage formé ne risque pas
de se déplier.
[0015] Un autre objet de l'invention est constitué par l'utilisation d'un film selon l'invention
pour l'emballage de produits alimentaires se présentant sous forme de blocs rigides
ou semi-rigides.
EXEMPLE DE REALISATION
[0016] On a fabriqué un film tel que représenté sur les figures 1 et 2.
[0017] On a utilisé un film OPP de 32 µm d'épaisseur avec une face rendue anti-adhérente.
Sur sa face extérieure, on a déposé, de manière repérée et selon les plages (20,21)
de la figure 1, une épaisseur de 4 µm d'un vernis de scellage à froid du commerce
(vernis à base d'acrylate d'alkyle et de latex naturel).
Sur sa face intérieure, on a déposé une couche repérée (4) de vernis thermocollant
du commerce (vernis à base d'acrylate d'alkyle) d'épaisseur 4 µm.
[0018] On a utilisé ce film pour emballer des blocs de bouillon KUB ® sur une machine standard
munie de boîtes de pliage.
On n'a pas observé de problèmes particuliers lors de l'emballage de ces blocs, qui
ont été ensuite mis sous cartonnette .
Durant le transport et le stockage, il n'a pas été observé de perce dudit film.
L'ouverture finale, par le consommateur, s'est avérée plus aisée que celle des emballages
selon l'état de la technique, le film à base de polyoléfine ayant tendance, une fois
rompus les liens entre les faces scellées, à reprendre sa forme plane initiale.
1. Film pour emballages de blocs rigides ou semi-rigides constitués de parois formées
par pliage et scellage dudit film, caractérisé en ce que,
a) il comprend un film à base de polyoléfine,
b) la face extérieure dudit film comprend une couche de scellage à froid formant des
plages repérées,
c) la face intérieure dudit film comprend une couche anti-adhérente, éventuellement
repérée par rapport auxdites plages repérés.
2. Film selon la revendication 1 dans lequel le repérage de ladite couche de scellage
à froid est choisi en fonction dudit pliage, de manière à ce que, lors dudit pliage,
toute plage repérée ou partie de plage repérée soit mise au contact, respectivement,
soit d'une autre plage repérée, soit d'une autre partie de la même plage repérée,
afin que, après pliage dudit bloc, ne subsiste pas de couche de scellage à froid qui
soit libre.
3. Film selon une quelconque des revendications 1 à 2 dans lequel ledit film à base de
polyoléfine est choisi parmi le PP, l'OPP, l'OPP métallisé, le PP expansé à aspect
nacré.
4. Film selon la revendication 3 dans lequel la face intérieure dudit film à base de
PP est rendue anti-adhérente.
5. Film selon la revendication 3 dans lequel la face intérieure dudit film à base de
PP est revêtue d'une couche de vernis anti-adhérent.
6. Film selon la revendication 5 dans lequel ladite face intérieure comprend ledit vernis
anti-adhérent en couche repérée, et un vernis thermoscellant en une autre couche repérée,
et décalée par rapport à ladite couche de scellage à froid, de manière à ce que, dans
ledit film en bobine, une couche de scellage à froid de la face extérieure d'une spire.
ne soit pas en regard avec ladite couche de vernis thermoscellant d'une autre spire.
7. Utilisation d'un film selon une quelconque des revendications 1 à 6 pour l'emballage
de produits alimentaires se présentant sous forme de blocs rigides ou semi-rigides.