Domaine technique
[0001] L'invention concerne un emballage conçu pour permettre le transport en toute sécurité
de colis dangereux nécessitant un confinement extrême, sûr, fiable et contrôlable.
[0002] L'emballage selon l'invention est particulièrement adapté pour le transport de colis
nucléaires de haute activité dont l'étanchéité n'est pas certaine. Il peut toutefois
être utilisé pour transporter des colis dangereux de nature différente, issus notamment
de l'industrie chimique.
Etat de la technique
[0003] Les laboratoires et usines nucléaires produisent des déchets qui sont classés selon
leur niveau d'activité, avant d'être transportés jusqu'à leurs sites de stockage respectifs.
Pour faciliter leur transport et leur stockage ultérieurs, les déchets de chaque catégorie
sont conditionnés dans des fûts, pour constituer des "colis nucléaires". Les conditions
dans lesquelles s'effectue le conditionnement rendent l'étanchéité des colis aléatoire
et incertaine.
[0004] Le transport des colis nucléaires de leurs sites de production jusqu'à leurs sites
de stockage s'effectue dans des emballages, généralement appelés "châteaux de transport",
qui doivent assurer à la fois un confinement efficace des matières nucléaires transportées
et la protection biologique des personnes et de l'environnement. Ces emballages doivent
aussi présenter une résistance aux chocs et au feu permettant de préserver le confinement
en toutes circonstances c'est- à-dire, notamment en cas d'accident lors du transport
de l'emballage et en cas de chute lors de sa manutention. Les emballages doivent aussi
assurer une évacuation efficace de la chaleur dégagée par les matières nucléaires.
[0005] Dans la pratique, les déchets nucléaires sont triés en déchets de faible, moyenne
et haute activités, qui sont conditionnés séparément pour former trois types de colis
nucléaires. Ces trois types de colis nucléaires sont transportés dans des emballages
différents, qui doivent répondre à des exigences d'autant plus sévère que l'activité
des colis transportés est élevée.
[0006] Quel que soit le type de colis transporté, les emballages sont conçu pour recevoir
un nombre aussi grand que possible de colis, afin de limiter le nombre de trajets
entre le site de production des déchets et le site de stockage. A cet effet, tous
les emballages destinés à transporter des colis nucléaires comprennent plusieurs logements,
appelés "alvéoles", destinés à recevoir chacun un ou deux colis.
[0007] Par ailleurs, les dimensions extérieures des emballages sont indépendantes de la
nature des colis transportés et fixées par le gabarit maximal autorisé lors du transport.
Le nombre des alvéoles et le nombre de colis que chacune d'entre elles peut recevoir
vont donc en diminuant lorsque l'activité des déchets augmente. En effet, l'épaisseur
de la protection biologique est sensiblement moindre dans le cas de déchets de faible
activité que dans le cas de déchets de haute activité.
[0008] Dans le cas le plus délicat du transport de colis nucléaires de haute activité, on
utilise par exemple habituellement un emballage de transport présentant quatre alvéoles
juxtaposées dont chacune est dimensionnée pour recevoir un seul colis nucléaire. Ces
alvéoles sont formées dans un corps cylindrique principalement réalisé en un matériau
de protection biologique, revêtu d'une enveloppe d'acier sur toute sa surface extérieure
ainsi qu'à l'intérieur des alvéoles. Les alvéoles débouchent toutes sur la face supérieure,
sensiblement plane, du corps et elles sont normalement fermées par des bouchons individuels
contenant également un matériau de protection biologique. Tous les bouchons sont coiffés
globalement par un couvercle unique, fixé de façon démontable sur la face supérieure
du corps de l'emballage. Un capot, assurant la protection aux chocs et l'évacuation
de la chaleur, recouvre de façon débordante toute la face supérieure du corps sur
laquelle a été fixé le couvercle.
[0009] Dans cet emballage existant, destiné au transport des colis nucléaires de haute activité,
le confinement est assuré principalement par l'enveloppe intérieure des alvéoles et
par deux joints d'étanchéité voisins, qui encerclent simultanément tous les bouchons
et sont interposés entre le couvercle coiffant ces derniers et la face correspondante
du corps de l'emballage.
[0010] Dans un emballage existant de ce type, le confinement est contrôlé en reliant l'espace
situé entre les joints à des moyens de mise en dépression. On surveille ensuite, pendant
un temps relativement long, l'évolution de la pression dans cet espace, afin de déterminer
le taux de fuite.
[0011] Cette technique de contrôle du confinement, dictée par la conception de l'emballage
de transport existant, a pour inconvénient d'être particulièrement longue. De plus,
elle se traduit, au moment des tests d'étanchéité, par un transfert de contamination
vers l'extérieur d'autant plus important que le taux de fuite est élevé.
[0012] Par ailleurs, cette technique actuelle de contrôle de confinement ne permet pas de
détecter une fuite éventuelle dans la partie inférieure des alvéoles. L'absence de
contrôle à ce niveau est d'autant plus regrettable que l'enveloppe intérieure en acier,
qui délimite les alvéoles, y présente une soudure constituant une source éventuelle
de fuites.
[0013] Il est à noter, en outre, que les emballages de transport de colis nucléaires de
haute activité sont actuellement dépourvus d'amortisseur de fond. De plus, les organes
de préhension qui sont montés sur l'enveloppe extérieure en acier du corps de l'emballage
sont situés en face des alvéoles et sont relativement rigides. Le risque pour que
le confinement des alvéoles soit rompu en cas de chute de l'emballage sur l'un de
ces organes de préhension n'est donc pas totalement exclu.
Exposé de l'invention
[0014] L'invention a principalement pour objet un emballage de transport de colis dangereux,
dont la conception originale permet d'effectuer un contrôle rapide du confinement,
en évitant tout transfert de contamination vers l'extérieur lorsque le contrôle est
effectué.
[0015] Conformément à l'invention, ce résultat est obtenu au moyen d'un emballage de transport
de colis dangereux, caractérisé par le fait qu'il comprend un corps délimitant intérieurement
au moins une alvéole qui débouche sur une même face du corps, des bouchons d'obturation
individuelle de chaque alvéole, et un couvercle recouvrant les bouchons et coopérant
avec ladite face par des joints d'étanchéité extérieur, intermédiaire et intérieur
qui encerclent simultanément tous les bouchons, le couvercle étant muni d'un premier
raccord, apte à être relié à une source de gaz traceur sous pression et débouchant
entre les joints d'étanchéité intérieur et intermédiaire, et d'un deuxième raccord,
apte à être relié à des moyens de mise en dépression et de détection du gaz traceur,
et débouchant entre les joints d'étanchéité intermédiaire et extérieur.
[0016] Cet agencement permet d'effectuer un contrôle rapide du confinement, sans risque
de transfert de contamination vers l'extérieur puisque l'espace mis en dépression,
est séparé des alvéoles par deux joints d'étanchéité en série.
[0017] De plus, la présence de trois joints d'étanchéité en série améliore sensiblement
la qualité du confinement. A titre d'illustration, le taux de fuite limite peut être
abaissé à 10
-8 Pa.m
3/s.
[0018] Par ailleurs, afin d'améliorer le contrôle global du confinement des alvéoles, chaque
alvéole est de préférence délimitée par une enveloppe métallique intérieure, généralement
en acier, comportant au moins une soudure, doublée par une enveloppe métallique extérieure,
généralement en cuivre.
[0019] La double enveloppe ainsi constituée autour de chaque alvéole peut alors être utilisée
pour localiser la ou les alvéoles présentant une soudure défectueuse, lorsque le contrôle
global du confinement, réalisé à l'aide des deux raccords placés sur le couvercle,
révèle un défaut d'étanchéité inacceptable.
[0020] A cet effet, le corps de l'emballage est alors équipé extérieurement de troisièmes
raccords aptes à être reliés à une source de gaz traceur sous pression et des tuyauteries
relient chacun des troisièmes raccords à l'enveloppe métallique extérieure de l'une
des alvéoles, de façon à déboucher à proximité de la soudure de l'enveloppe métallique
intérieure. Les troisièmes raccords sont montés de préférence sur la face précitée
du corps, au-delà du couvercle.
[0021] Dans ce cas, un outillage spécial, apte à être relié à des moyens de mise en dépression
et de détection du gaz traceur, peut être monté à la place du couvercle. En injectant
le gaz traceur successivement dans chacun des troisièmes raccords, il est ainsi possible
de déterminer l'alvéole dont l'enveloppe métallique intérieure peut être en défaut.
Selon la cas, cette alvéole ne sera plus utilisée, ou elle sera réparée.
[0022] Pour faciliter l'évacuation de la chaleur, les enveloppes métalliques extérieures,
de préférence en cuivre, des alvéoles voisines sont reliées les unes aux autres par
des tôles de dissipation thermique réalisées dans le même métal.
[0023] Dans une forme de réalisation préférentielle de l'invention, le confinement est préservé
en cas de chute ou d'accident, en équipant l'emballage d'un capot amortisseur amovible
sur la face précitée du corps et d'un fond amortisseur amovible sur sa face opposée.
Le capot amortisseur amovible ainsi que le fond amortisseur amovible sont formés au
moins en partie de balsa empilé. Ils peuvent également comprendre des structures en
nids d'abeilles progressives.
[0024] Le corps de l'emballage présente généralement une forme cylindrique, d'axe donné,
et les alvéoles sont régulièrement réparties autour de cet axe. Les organes de préhension
de l'emballage sont alors montés, de préférence, sur une paroi périphérique du corps,
dans des plans passant par l'axe de ce dernier et situés entre les alvéoles. Cette
disposition permet d'éviter que les alvéoles soient endommagées en cas de chute de
l'emballage sur l'un des organes de préhension.
[0025] Afin de réduire encore ce risque, on rend les organes de préhension déformables en
les incurvant au moins en partie par rapport aux plans dans lesquels ils sont montés.
[0026] La face précitée du corps de l'emballage est formée en partie sur une bride métallique
qui encercle les alvéoles et sur laquelle est fixé le couvercle. La paroi périphérique
du corps est en outre matérialisée par une chemise métallique dont un bord, placé
sur la face précitée du corps, est relié à la bride par une tôle déformable en cas
de choc. Cet agencement contribue, là encore, à préserver le confinement de l'emballage
en cas de chute ou d'accident.
[0027] Comme on l'a déjà observé, l'emballage selon l'invention est particulièrement adapté
pour le transport de colis nucléaires de haute activité, même s'il peut être utilisé
pour transporter des colis dangereux de natures différentes tels que des colis issus
des industries chimiques.
[0028] Dans l'application au transport de colis nucléaires, le corps et les bouchons incluent
une protection biologique en plomb, qui entoure totalement les alvéoles. La protection
biologique du corps est alors séparée de sa paroi périphérique par un espace rempli
de béton.
Brève description des dessins
[0029] On décrira à présent, à titre d'exemple non limitatif, une forme de réalisation préférentielle
de l'invention, en se référant aux dessins annexés, dans lesquels :
- la figure 1 est une vue en coupe verticale qui représente schématiquement un emballage
de transport conforme à l'invention ;
- la figure 2 est une vue en coupe selon la ligne II-II de la figure 1 ;
- la figure 3 est une vue à plus grande échelle qui représente un détail de l'emballage
; et
- la figure 4 est une vue en coupe représentant un autre détail de l'emballage selon
l'invention.
Exposé détaillé d'une forme de réalisation préférentielle.
[0030] Sur les figures 1 et 2, on a représenté de façon schématique une forme de réalisation
préférentielle d'un emballage de transport de colis nucléaires de haute activité conforme
à l'invention. Les caractéristiques essentielles de cet emballage peuvent être reprises
afin de transporter d'autres types de produits dangereux tels que certains produits
chimiques, sans sortir du cadre de l'invention.
[0031] L'emballage de transport illustré sur la figure 1 comprend principalement un corps
10, un capot amortisseur amovible 12 et un fond amortisseur amovible 14.
[0032] Le corps 10 de l'emballage présente une forme cylindrique, centrée sur un axe prévu
pour être orienté sensiblement selon une direction verticale lors du transport. La
paroi périphérique et le fond du corps 10 sont matérialisés par une chemise métallique
16, en acier inoxydable mécanosoudé. La face supérieure 17, sensiblement plane, du
corps 10 est matérialisée en partie par une bride métallique 18, également en acier
inoxydable. Le bord périphérique de cette bride 18 est espacé du bord supérieur de
la chemise 16 et relié à ce bord par une tôle déformable 20, également en acier mécanosoudé.
[0033] La bride métallique 18 encercle un disque métallique 19, qui présente quatre ouvertures
circulaires. Ces ouvertures forment les passages d'accès à quatre alvéoles juxtaposées
22, conçues pour loger quatre colis nucléaires de haute activité à l'intérieur du
corps 10.
[0034] De façon plus précise, les alvéoles 22 forment des logements cylindriques de mêmes
dimensions, dont les axes sont parallèles à l'axe du corps 10 et régulièrement répartis
à une même distance de celui-ci comme l'illustre la figure 2.
[0035] Chacune des alvéoles 22 est délimitée de façon étanche par une enveloppe métallique
intérieure 24, en acier inoxydable. Cette enveloppe métallique intérieure 24 est formée
d'une tôle périphérique 24a et d'une tôle de fond 24b soudées entre elles par une
soudure 26 (figure 4). De plus, le bord supérieur de la tôle périphérique de l'enveloppe
métallique intérieure 24 est soudé au disque 19.
[0036] Chacune des alvéoles 22 est normalement obturée par un bouchon 28 d'obturation individuelle.
Chacun des bouchons 28 est réalisé en un matériau de protection tel que du plomb,
revêtu d'acier inoxydable.
[0037] Une plaque de fermeture 30 est fixée sur la partie centrale du disque 19, de façon
à maintenir en place les bouchons 28 dans leur position fermée. Dans la forme de réalisation
représentée, la plaque de fermeture 30 est fixée sur la bride 18 par une vis 32 disposée
selon l'axe du corps 10.
[0038] Un couvercle 34 recouvre en totalité les bouchons 28 et la plaque de fermeture 30
sur la face supérieure du corps 10. Plus précisément (figure 3), le couvercle 34 est
fixé par des vis 36 sur la bride 18 matérialisant la face supérieure 17 du corps 10,
et il coopère de façon étanche avec cette face 17, par trois joints d'étanchéité circulaires
concentriques, qui encerclent simultanément tous les bouchons 28, de façon à assurer
un confinement global des alvéoles 22. Les vis 36 sont disposés à l'extérieur des
joints d'étanchéité, par rapport à l'axe du corps 10.
[0039] Comme l'illustre plus en détail la figure 3, les trois joints d'étanchéité comprennent
un joint extérieur 38, un joint intermédiaire 40 et un joint intérieur 42. Les joints
d'étanchéité 38, 40 et 42 sont des joints toriques qui sont reçus dans des gorges
concentriques formées sur la face du couvercle 34 prévue pour être appliquée contre
la face supérieure 17 du corps 10.
[0040] Le couvercle 34 porte un premier raccord 44, accessible sur sa face supérieure, et
qui débouche dans un espace annulaire 47 formé entre le joint d'étanchéité intérieur
42 et le joint d'étanchéité intermédiaire 40. Ce premier raccord 44 est prévu pour
être relié à une source extérieure (non représentée) d'un gaz traceur sous pression
tel que de l'hélium.
[0041] Le couvercle 34 porte également un deuxième raccord 46, accessible depuis sa face
supérieure, qui débouche dans un espace annulaire 48 défini entre le joint d'étanchéité
intermédiaire 40 et le joint d'étanchéité extérieur 38. Ce deuxième raccord 47 est
prévu pour être relié à des moyens extérieurs (non représentés) de mise en dépression
de l'espace annulaire 48 et de détection des gaz traceurs.
[0042] Dans sa partie située en dessous du bouchon 28 d'obturation individuelle de chacune
des alvéoles 22, l'enveloppe métallique intérieure 24 est doublée par une enveloppe
métallique extérieure 50, fabriquée en cuivre. La présence de cette enveloppe métallique
extérieure 50 permet d'améliorer sensiblement le contrôle du confinement des colis,
par rapport aux emballages existants. L'enveloppe métallique extérieure 50 permet
aussi de détecter une éventuelle fuite de l'enveloppe métallique 24, par exemple au
niveau de la soudure 26, à l'aide des dispositifs extérieurs reliés aux raccords 44
et 46. En particulier, la présence de l'enveloppe métallique extérieure 50 permet
de déterminer la ou les alvéoles défectueuses.
[0043] A cet effet, quatre troisième raccords 52 sont implantés sur la face supérieure du
corps 10, au-delà du bord périphérique du couvercle 34, par exemple sur la tôle déformable
20. Chacun des raccords 52 est monté à une première extrémité d'une tuyauterie 54,
dont l'extrémité opposée est raccordée sur l'enveloppe métallique extérieure 50 de
l'alvéole 22 correspondante, de façon à déboucher entre cette enveloppe métallique
extérieure et l'enveloppe métallique intérieure 24, à proximité de la soudure 26 (figure
4).
[0044] Chacun des troisièmes raccords 52 est prévu pour être relié à une source extérieure
(non représentée) d'un gaz traceur sous pression tel que de l'hélium.
[0045] Comme on le verra plus en détail par la suite, lorsqu'on désire localiser l'alvéole
22 défectueuse en utilisant les troisièmes raccords 52, on remplace le couvercle 34
par un outillage spécial (non représenté) qui ne fait pas partie de l'emballage. Cet
outillage est constitué par une pièce analogue au couvercle 34, raccordée à des moyens
extérieurs (non représentés) de mise en dépression des alvéoles 22 et de détection
du gaz traceur.
[0046] Comme l'illustre notamment la figure 2, les enveloppes métalliques extérieures 50,
réalisées en cuivre, des alvéoles 22 adjacentes, sont reliées deux à deux par des
tôles 56 de dissipation thermique. Comme les enveloppes 50, ces tôles 56 sont réalisées
de préférence en cuivre. Elles s'étendent sur toute la hauteur des enveloppes métalliques
extérieures 50 et sont situées approximativement sur un cylindre centré sur l'axe
du corps 10 de l'emballage et tangent extérieurement aux enveloppes 50. Les tôles
56 facilitent l'évacuation, vers l'extérieur de l'emballage, de la chaleur dégagée
par les colis nucléaires de haute activité logés dans les alvéoles 22.
[0047] Comme l'illustrent notamment les figures 1 et 2, le corps 10 de l'emballage comporte
une protection biologique 58, en plomb, qui entoure totalement les alvéoles à leur
périphérie et dans le fond du corps 10. Cette protection biologique 58 est séparée
de la chemise métallique 16, qui matérialise la paroi périphérique et la paroi de
fond du corps 10, par un espace rempli de béton 60. La partie centrale du corps 10
comprend également un noyau de béton 62, dans la région située entre les alvéoles
22.
[0048] Quatre organes de préhension 64 de l'emballage sont montés sur la partie annulaire
de la chemise métallique 16, matérialisant la paroi périphérique du corps 10. Comme
le montre la figure 2, ces organes de préhension 64 sont placés dans des plans passant
par l'axe du corps 10 et situés entre les alvéoles 22 adjacentes. En cas de chute
de l'emballage sur l'un des organes de préhension 64, cette disposition permet d'éviter
la rupture du confinement des alvéoles 22.
[0049] De plus, chacun des organes de préhension 64 est formé de deux plaques métalliques
disjointes, parallèles au plan précité, dont les parties extrêmes tournées vers l'extérieur
sont partiellement repliées l'une vers l'autre par rapport à ce plan, pour être soudées
l'une à l'autre à leurs extrémités. Cette configuration accélère la déformation des
organes de préhension 64 en cas de chute de l'emballage. Elle contribue donc également
à éviter tout risque de rupture du confinement des alvéoles 22.
[0050] Comme le montre la figure 1, le capot amortisseur amovible 12 est prévu pour être
fixé sur le corps 10 par des vis 66. Plus précisément, les vis 66 traversent une bride
formée sur la chemise métallique 16, à proximité de son extrémité haute, et elles
sont vissées dans une enveloppe métallique extérieure du capot 12. L'enveloppe extérieure
du capot amortisseur amovible 12 est remplie de balsa empilé. Cette structure permet
au capot d'amortir les chocs en se déformant.
[0051] Le fond amortisseur 14 est fixé de façon démontable sous le fond du corps 10, par
exemple au moyen de boulons 68. Plus précisément, les boulons 68 traversent simultanément
une bride formée dans le bas de la chemise métallique 16 et une bride formée dans
le haut du fond amortisseur 14.
[0052] Par ailleurs, le fond amortisseur amovible 14 est réalisé sensiblement de la même
manière que le couvercle amortisseur amovible 12. Ainsi, il est constitué principalement
par un empilement de balsa, enfermé dans une enveloppe extérieure métallique.
[0053] Il est à noter qu'en variante, une partie du balsa dans lequel sont formés le capot
12 et le fond 14 peut être remplacée par des structures en nids d'abeilles progressives.
[0054] Le fond 14 remplit également une fonction d'amortisseur de choc.
[0055] Lorsqu'on désire utiliser l'emballage de transport qui vient d'être décrit, le capot
12, le couvercle 34, la plaque de maintien 30 et les bouchons individuels 28 sont
démontés à tour de rôle. On place ensuite dans chacune des alvéoles 22 l'un des colis
nucléaires de haute activité à transporter.
[0056] Lorsque les quatre alvéoles 22 sont remplies, on remet en place les bouchons individuels
28, la plaque de maintien 30 et le couvercle 34.
[0057] On procède alors au contrôle de l'étanchéité du joint intermédiaire 40, en reliant
le premier raccord 44 à une source d'hélium sous pression et en reliant le deuxième
raccord 46 à un circuit comprenant des moyens de mise en dépression de l'espace annulaire
48 ainsi que des moyens de détection d'hélium. On obtient ainsi rapidement une mesure
du taux de fuite, représentative de la qualité du confinement obtenu.
[0058] En l'absence de problème particulier, le taux de fuite obtenu à l'aide de l'emballage
conforme à l'invention est d'environ 10
-8 Pa.m
3/s.
[0059] Si la valeur du taux de fuite mesurée est inférieure ou égale à un seuil réglementaire,
fixé actuellement à 10
-7 Pa.m
3/s, l'appareillage de contrôle est démonté et le capot amortisseur amovible 12 est
mis en place. Le transport de l'emballage peut alors être effectué.
[0060] Si le contrôle de fuite à l'hélium fournit un résultat non satisfaisant, malgré plusieurs
démontages et nettoyages successifs des surfaces assurant l'étanchéité entre le couvercle
34 et le corps 10, le couvercle 34 est démonté, ainsi que la plaque de maintien 30
et les bouchons 28, et les alvéoles 22 sont vidées.
[0061] On place ensuite sur le corps 10 vide l'outillage spécial permettant de mettre en
dépression simultanément toutes les alvéoles 22. Lorsque la dépression désirée est
obtenue, on relie à tour de rôle chacun des raccords 52 à une source d'hélium, afin
de déterminer la ou les enveloppes métalliques intérieures 24 qui ne sont pas étanches.
[0062] Lorsque la ou les fuites ont été localisées, on peut décider à volonté soit d'utiliser
l'emballage de façon partielle en laissant vides la ou les alvéoles non étanches,
soit de réparer la ou les soudures défectueuses.
[0063] Dans ce dernier cas, la réparation peut se faire soit par l'intérieur de l'alvéole,
soit par l'extérieur. Dans ce dernier cas, un démontage presque total de l'emballage
est nécessaire.
[0064] Lors du transport, il est à noter que l'adjonction du capot amortisseur amovible
12 et du fond amortisseur amovible 14 permet de préserver le confinement des alvéoles
dans toutes les circonstances accidentelles. De plus, si une chute se produit, le
corps 10 de l'emballage peut généralement être réutilisé, en remplaçant le capot et/ou
le fond endommagé par la chute.
[0065] Il est à noter qu'en cas de chute, la tôle 20 peut se déformer et contribue ainsi
à préserver le confinement des alvéoles 22.
[0066] Par ailleurs et comme on l'a déjà observé, la forme et l'agencement des organes de
préhension 64 permettent également d'éviter tout risque de rupture du confinement
des alvéoles 22 en cas de chute de l'emballage sur l'un de ces organes.
[0067] Bien entendu, l'invention n'est pas limitée à la forme de réalisation qui vient d'être
décrite. En particulier, l'emballage de transport selon l'invention peut être utilisé
pour transporter tous colis dangereux autres que des colis nucléaires de haute activité.
Dans ce cas, la protection biologique du corps 10 et des bouchons 28 peut être supprimée
ou modifiée.
1. Emballage de transport de colis dangereux, caractérisé par le fait qu'il comprend
un corps (10) délimitant intérieurement au moins une alvéole (22) qui débouche sur
une même face (17) du corps, des bouchons (28) d'obturation individuelle de chaque
alvéole, et un couvercle (34) recouvrant les bouchons et coopérant avec ladite face
(17) par des joints d'étanchéité extérieur (38), intermédiaire (40) et intérieur (42)
qui encerclent simultanément tous les bouchons, le couvercle étant muni d'un premier
raccord (44), apte à être relié à une source de gaz traceur sous pression et débouchant
entre les joints d'étanchéité intérieur (42) et intermédiaire (40), et d'un deuxième
raccord (46), apte à être relié à des moyens de mise en dépression et de détection
du gaz traceur, et débouchant entre les joints d'étanchéité intermédiaire (40) et
extérieur (38).
2. Emballage selon la revendication 1, dans lequel chaque alvéole (22) est délimitée
par une enveloppe métallique intérieure (24) comportant au moins une soudure (26),
doublée par une enveloppe métallique extérieure (50).
3. Emballage selon la revendication 2, dans lequel le corps (10) est équipé extérieurement
de troisièmes raccords (52) aptes à être reliés à une source de gaz traceur sous pression,
des tuyauteries (54) reliant chacun des troisièmes raccords (52) à l'enveloppe métallique
extérieure (50) de l'une des alvéoles, de façon à déboucher à proximité de ladite
soudure (26) .
4. Emballage selon la revendication 3, dans lequel les troisièmes raccords (52) sont
montés sur ladite face (17) du corps (10), au-delà du couvercle (34).
5. Emballage selon l'une quelconque des revendications 3 et 4, dans lequel un outillage
spécial, apte à être relié à des moyens de mise en dépression et de détection du gaz
traceur, peut être monté à la place du couvercle (34).
6. Emballage selon l'une quelconque des revendications 2 à 5, dans lequel les enveloppes
métalliques extérieures (50) des alvéoles (22) voisines sont reliées les unes aux
autres par des tôles (56) de dissipation thermique.
7. Emballage selon la revendication 6, dans lequel les enveloppes métalliques extérieures
(50) et les tôles (56) de dissipation thermique sont en cuivre.
8. Emballage selon l'une quelconque des revendications précédentes, dans lequel un capot
amortisseur amovible (12) et un fond amortisseur amovible (14) sont montés respectivement
sur ladite face (17) et sur une face opposée du corps.
9. Emballage selon la revendication 8, dans lequel le capot amortisseur amovible (12)
et le fond amortisseur amovible (14) sont formés, au moins en partie, de balsa empilé.
10. Emballage selon la revendication 9, dans lequel le capot amortisseur amovible (12)
et le fond amortisseur amovible (14) comprennent également des structures en nids
d'abeilles progressives.
11. Emballage selon l'une quelconque des revendications précédentes, dans lequel le corps
(10) présente une forme cylindrique, d'axe donné, et les alvéoles (22) sont régulièrement
réparties autour de cet axe, et dans lequel des organes de préhension (64) de l'emballage
sont montés sur une paroi périphérique du corps (10), dans des plans passant par l'axe
de ce dernier et situés entre les alvéoles (22).
12. Emballage selon la revendication 11, dans lequel les organes de préhension (64) sont
au moins partiellement incurvés par rapport aux plans dans lesquels ils sont montés.
13. Emballage selon l'une quelconque des revendications 11 et 12, dans lequel ladite face
(17) du corps (10) est formée en partie sur une bride métallique (18) qui encercle
les alvéoles (22) et sur laquelle est fixé le couvercle (34), la paroi périphérique
du corps étant matérialisée par une chemise métallique (16) dont un bord, placé sur
ladite face du corps (10), est relié à la bride (18) par une tôle déformable (20).
14. Emballage selon l'une quelconque des revendications 11 à 13, dans lequel le corps
(10) et les bouchons (28) incluent une protection biologique (58), qui entoure totalement
les alvéoles, la protection biologique (58) du corps (10) étant séparée de sa paroi
périphérique par un espace rempli de béton (60).
15. Emballage selon l'une quelconque des revendications précédentes, appliqué au transport
de colis nucléaires de haute activité.