[0001] La présente invention concerne une serrure à organe de commande de verrouillage,
tel qu'un pêne ou un coulisseau de commande d'au moins un pêne, ledit organe de commande
de verrouillage étant monté coulissant sous l'action d'un entraîneur rotatif actionné
par une clé coopérant avec un organe de sécurité tel qu'un barillet, un cylindre profilé
ou un canon, ledit entraîneur rotatif étant logé avec jeu angulaire dans une fente
radiale d'une bague montée libre en rotation, ledit organe de commande de verrouillage
comportant une découpure longitudinale sensiblement rectangulaire formant deux épaulements
d'extrémité, une dent ou barbe étant formée sensiblement centralement dans ladite
découpure entre les épaulements d'extrémité et ayant une hauteur supérieure à l'épaisseur
de l'organe de commande de verrouillage autour de ladite découpure.
[0002] Dans une serrure connue de ce type (EP-B-0 659 227), la dent ou barbe forme avec
les épaulements une portion de crémaillère coopérant avec l'espace de jeu de l'entraîneur
dans la fente et avec les bords de la fente.
[0003] Ce fonctionnement spécifique de la serrure connue implique divers défauts de fonctionnement
pouvant amener à des blocages.
[0004] Un inconvénient est en particulier lié à l'inertie de la bague qui, lorsque la dent
n'est pas insérée, peut venir bloquer la dent.
[0005] Un autre inconvénient résulte de la coopération du panneton avec la dent, en particulier
du fait des variations de cotes de l'organe de sécurité, en général un cylindre profilé
dit "panneton européen", et en particulier de l'entraîneur ou panneton, une longueur
excessive pouvant amener également un blocage de la serrure.
[0006] La présente invention vise en conséquence à pallier les inconvénients de la serrure
connue par EP-B-0 659 227, grâce à un fonctionnement spécifique et une structure caractéristique
différents évitant tout risque de blocage dû à l'inertie de la bague et/ou à la longueur
de l'entraîneur.
[0007] A cet effet, la serrure selon l'invention est caractérisée en ce que l'entraîneur
est excentré par rapport à la bague, l'axe de pivotement de l'entraîneur étant plus
écarté de l'organe de commande de verrouillage que l'axe de rotation de la bague et
la longueur de la dent est telle que la trajectoire de l'extrémité libre de l'entraîneur
ne coupe pas la parallèle à la direction de coulissement de l'organe de commande de
verrouillage tangente à l'extrémité libre de ladite dent.
[0008] Contrairement à la serrure antérieure, la portion de crémaillère formée par les épaulements
d'extrémité de la dent ne coopère pas avec le jeu angulaire de l'entraîneur dans la
fente de la bague, la dent n'entrant jamais en contact avec l'entraîneur, ce qui évite
tout risque de blocage.
[0009] On connaît par ailleurs (EP-A-0 041 217) un système d'entraînement d'un organe de
verrouillage au moyen d'un pignon, dans lequel le pignon est en prise avec une bague
à dents axiales, une fente recevant un panneton pivotant. Ce document prévoit que
le panneton est excentré par rapport à la bague, afin de pouvoir augmenter le diamètre
et/ou le nombre de dents de la bague.
[0010] L'enseignement de ce document, concernant une serrure d'un type différent et résolvant
un problème distinct, ne peut être utilisé, sans activité inventive, pour modifier
la serrure selon EP-B-0 659 227, afin d'éviter le blocage de l'organe de verrouillage.
[0011] L'invention sera bien comprise à la lecture de la description suivante, en référence
au dessin annexé dans lequel les figures 1 à 6 représentent schématiquement, en vue
de face, une partie d'une serrure selon un exemple de réalisation dans diverses positions
de fonctionnement.
[0012] Dans l'exemple représenté, la serrure comprend un organe de commande de verrouillage
1, en pratique un pêne ou un coulisseau de commande, monté coulissant dans un boîtier
de serrure (non représenté). Un entraîneur 2, commandé en rotation autour de son axe
3 par une clé (non représentée), coopère avec un organe de sécurité constitué, dans
l'exemple décrit, par un cylindre profilé 4 appelé également "panneton européen".
[0013] L'entraîneur 2 est logé avec jeu angulaire dans une fente radiale 5 d'une bague 6
montée libre en pivotement, dans le boîtier de serrure, autour de son axe 7.
[0014] L'organe 1 comporte, au voisinage de son extrémité de commande, une découpure longitudinale
8 sensiblement rectangulaire ménageant deux épaulements d'extrémité 9, 10 qui sont
bordés respectivement par deux zones 11, 12 d'épaisseur réduite. Une dent 13, dont
la hauteur est égale à toute l'épaisseur de l'organe 1, est formée dans la découpure
8 entre les épaulements 9 et 10.
[0015] Le dispositif est tel que la bague 6 peut pivoter autour de son axe 7 sous les zones
11, 12 et que, au cours de cette rotation, la fente 5 de la bague 6 peut coopérer
avec la dent 13 pour déplacer l'organe de commande de verrouillage 1 en coulissement.
La rotation de la bague 6 est commandée par l'entraîneur 2.
[0016] Conformément à la présente invention, l'axe de pivotement 3 de l'entraîneur 2 est
plus écarté de l'organe de commande de verrouillage 1 que l'axe de rotation 7 de la
bague 6 de telle manière que l'extrémité libre de l'entraîneur 2 suive une trajectoire
qui ne coupe pas la droite 14 parallèle à la direction de déplacement de l'organe
1 et tangente à l'extrémité libre de la dent 13. Cette condition est réalisée également
du fait de la longueur réduite de la dent 13.
[0017] Le fonctionnement de la serrure qui vient d'être décrite est le suivant.
[0018] En position de verrouillage (figure 2), l'organe de commande 1 a été déplacé vers
la gauche (sur le dessin) et la dent 13, en butée sur la périphérie de la bague 6,
interdit tout mouvement vers la droite.
[0019] En partant de cette position, après introduction de la clé, on peut faire pivoter
l'entraîneur 2 dans le sens de la flèche F (figure 3) jusqu'à ce que ledit entraîneur
2 entre en contact avec l'épaulement 10. La bague 6 est entraînée dans le même sens
par l'entraîneur 2. Si, au cours de cette rotation, la bague 6 tourne plus que l'entraîneur
(voir figure 4), il ne se produit aucun blocage de la serrure.
[0020] En continuant la rotation de l'entraîneur 2 jusqu'à ce qu'il échappe à l'épaulement
10 (figure 5), on produit un premier déplacement de l'organe de commande de verrouillage
d'une amplitude qui est habituellement de l'ordre de 10 mm. A cet instant, le bord
avant (dans le sens de rotation) de la fente 5 de la bague 6 entre en contact avec
la dent 13 et continue le déplacement de l'organe de commande 1 sur une course qui
est également de l'ordre de 10 mm, jusqu'à ce que le bord avant échappe à la dent
13 (figure 6). A partir de cet instant, la dent 13 est en appui sur la périphérie
de la bague 6, de sorte que l'organe 1 ne peut pas être repoussé vers la position
de verrouillage. Une rotation inverse de l'entraîneur 6 produit une cinématique inverse
de passage de l'organe de commande 1 de la position de déverrouillage (figure 5) à
la position de verrouillage (figure 2).
[0021] La figure 1, agrandie, ne correspond pas à une position effective de la serrure mais
est destinée à mettre en évidence les caractéristiques de l'invention.
[0022] On notera que la dent 13, qui ne coopère qu'avec les bords de la fente 5, est à flans
droits, ce qui assure une prise positive et sûre avec ces bords.
[0023] L'organe de commande de verrouillage 1 est usuellement constitué par une barre, les
régions amincies 11, 12 étant usinées dans cette barre alors que la dent 13 occupe
toute l'épaisseur de la barre.
[0024] En variante, les épaulements 11, 12 et la dent 13 peuvent être formés sur une pièce
rapportée sur l'organe de commande de verrouillage 1.
[0025] Afin d'éliminer toute rotation de la bague 6 par inertie, il est possible de lui
associer un frein, par exemple sous forme d'un ressort.
1. Serrure à organe de commande de verrouillage (1), tel qu'un pêne ou un coulisseau
de commande d'au moins un pêne, ledit organe de commande de verrouillage (1) étant
monté coulissant sous l'action d'un entraîneur rotatif (2) actionné par une clé coopérant
avec un organe de sécurité (4) tel qu'un barillet, un cylindre profilé ou un canon,
ledit entraîneur rotatif (2) étant logé avec jeu angulaire dans une fente radiale
(5) d'une bague (6) montée libre en rotation, ledit organe de commande de verrouillage
(1) comportant une découpure longitudinale (8) sensiblement rectangulaire formant
deux épaulements d'extrémité (9,10), une dent ou barbe (13) étant formée sensiblement
centralement dans ladite découpure (8) entre les épaulements d'extrémité (9, 10) et
ayant une hauteur supérieure à l'épaisseur de l'organe de commande de verrouillage
(1) autour de ladite découpure (8),
caractérisée en ce que l'entraîneur (2) est excentré par rapport à la bague (6), l'axe
de pivotement (3) de l'entraîneur (2) étant plus écarté de l'organe de commande de
verrouillage (1) que l'axe de rotation (7) de la bague (6) et la longueur de la dent
(13) est telle que la trajectoire de l'extrémité libre de l'entraîneur ne coupe pas
la parallèle à la direction de coulissement de l'organe de commande de verrouillage
(1) tangente à l'extrémité libre de ladite dent (13).
2. Serrure selon la revendication 1,
caractérisée en ce que ladite dent (13) est à bords droits.
3. Serrure selon l'une des revendications 1 et 2,
caractérisée en ce que l'organe de commande (1) est constitué par une barre, des régions
amincies (11, 12) bordant respectivement les épaulements (9, 10) de la découpure (8)
étant usinées dans ladite barre, la dent (13) occupant toute l'épaisseur de ladite
barre.
4. Serrure selon l'une des revendications 1 et 2,
caractérisée en ce que les épaulements (11, 12) et la dent (13) sont formés sur une
pièce rapportée sur l'organe de commande de verrouillage (1).
5. Serrure selon l'une des revendications 1 à 4,
caractérisée en ce que ladite bague (6) est munie d'un frein, par exemple sous forme
d'un ressort.