[0001] La présente invention concerne de manière générale les dispositifs orthopédiques.
En particulier, la présente invention concerne un dispositif pour faciliter l'enfilage
de chaussettes et articles vestimentaires similaires tels que socquettes ou bas par
exemple.
[0002] De nombreuses personnes âgées ou handicapées notamment éprouvent des difficultés
à se baisser et à relever les jambes. Ces personnes ont souvent de grandes difficultés
à se chausser seules et plus encore à enfiler leurs chaussettes ou articles similaires,
et doivent donc souvent s'en remettre à l'aide d'une tierce personne.
[0003] De nombreux dispositifs ont par conséquent été développés pour permettre à ces personnes
d'enfiler leurs chaussettes ou leurs bas. Certains de ces dispositifs, tels ceux décrits
dans FR2 712 162, DE4438319, GB2296421 ou dans US3853252 par exemple, consistent en
une sorte de poignée unique similaire à un chausse-pied. Ces dispositifs ne permettent
pas de maintenir des chaussettes dont l'extrémité supérieure ouverte est très large
ou très élastique, et déforment facilement des chaussettes plus serrées. D'autres,
tel celui décrit dans US4072255, ne comportent pas un manche assez long pour faciliter
réellement l'enfilage.
[0004] Le document de brevet US5'513'783 décrit un dispositif pour faciliter l'enfilage
de chaussettes muni de deux mors que l'on insère par l'extrémité supérieure ouverte
de la chaussette et d'une langue qui s'écarte pour augmenter l'ouverture de cette
chaussette. Ce dispositif est relativement coûteux à fabriquer, car il comporte trois
grandes pièces articulées mutuellement.
[0005] D'autres dispositifs sont décrits par exemple dans FR2'424'827 et dans DE2940038.
[0006] Le but de la présente invention est de proposer un dispositif pour faciliter l'enfilage
de chaussettes amélioré par rapport à ces dispositifs de l'art antérieur.
[0007] Ce but est atteint selon l'invention au moyen d'un dispositif présentant les éléments
de la partie caractérisante de la revendication 1, des variantes préférentielles étant
en outre indiquées dans les revendications dépendantes.
[0008] L'invention sera mieux comprise à l'aide de la description donnée à titre d'exemple
et illustrée par les figures annexées qui montrent :
[0009] La figure 1 une vue de profil d'un dispositif selon l'invention avec une chaussette
enfilée et les deux bras du dispositif écartés.
[0010] La figure 2 une vue de profil du dispositif de la figure 1 avec une chaussette enfilée
et les deux bras rapprochés de façon à maintenir la chaussette.
[0011] La figure 3 une coupe frontale de la portion inférieure du dispositif de la figure
1.
[0012] La figure 4 une vue en perspective d'un dispositif selon une seconde variante de
l'invention.
[0013] Afin de simplifier la suite de la description et des revendications, on emploiera
par la suite simplement le terme de chaussette pour désigner toutes formes de chaussettes,
de socquettes, de bas ou des pièces de vêtement analogues.
[0014] Comme on le voit plus particulièrement sur la figure 1, le dispositif de l'invention
comporte deux bras oblongs 1, 2 articulés comme une tenaille. Les bras peuvent être
réalisés en métal, par exemple en acier, en aluminium, ou en tout autre métal adapté
et éventuellement éloxé, ou en matériau plastique moulé ou injecté. On veillera de
préférence à limiter le poids de l'ensemble du dispositif de manière à permettre sa
manipulation même par des personnes lourdement handicapées. La longueur des bras 1,
2 est suffisante pour prolonger les bras de l'utilisateur jusqu'au sol sans se courber,
ou en se baissant seulement légèrement. Les deux bras sont articulés autour d'un point
de pivotement 3 constitué par exemple par un axe, une goupille ou un rivet, une rondelle
en Téflon (marque déposée) pouvant être utilisée pour limiter l'usure des pièces mobiles
au niveau de l'articulation. Dans cet exemple, la partie centrale du premier bras
1 est élargie et comporte un évidement 100 traversé par le deuxième bras 2 au niveau
de l'articulation. Dans une variante, les deux bras pourraient être constitués simplement
de deux éléments oblongs 1, 2 assemblés l'un contre l'autre par le point d'articulation
3. La partie supérieure de chaque bras 1, 2 comporte en outre une poignée 10, 20 de
préférence recouverte d'un matériau synthétique ou naturel, tel que caoutchouc ou
cuir. Dans l'exemple illustré, la poignée est droite; une poignée courbée ou une boucle
peut cependant aussi être utilisée.
[0015] L'extrémité inférieure du premier bras 1 est munie d'un premier mors 11 constitué
dans cet exemple en fer à cheval fixé approximativement à angle droit par rapport
au bras 1. La dimension du fer à cheval 11 correspond environ à l'ouverture maximale
que peut supporter l'extrémité supérieure ouverte 90 d'une chaussette 9 de taille
ordinaire. Une forme différente d'un fer à cheval peut être imaginée sans difficulté
qui permette également de maintenir ouverte l'extrémité supérieure d'une chaussette;
il est toutefois préférable d'éviter des formes totalement fermées, telles que cercle
ou ovale, afin de permettre le passage de la pointe du pied puis du talon du pied
dans l'ouverture définie par le mors 11. Le mors 11 comporte en outre de préférence
une portion de butée 110 (particulièrement visible sur la figure 3) destinée à retenir
l'extrémité supérieure de la chaussette 9 et à empêcher ainsi que le mors 11 puisse
passer complètement à l'intérieur de la chaussette. La portion de butée 110 est dans
l'exemple illustré disposée sur toute la périphérie du mors 11 ; il serait cependant
également possible d'utiliser une butée plus petite, par exemple une butée constituée
d'un ou plusieurs éléments discontinus sur la périphérie du mors 11 ou par une surépaisseur
de n'importe quelle forme adaptée. En outre, pour prévenir tout glissement de la chaussette
9, il est possible de munir la face externe 111 du premier mors 11 d'un revêtement
anti-glissant, par exemple d'un revêtement caoutchouté ou d'une structure en relief
dans le matériau de mors.
[0016] L'extrémité inférieure de l'autre bras 2 est munie d'un second mors 21 dont la forme
correspond approximativement au premier mors 11. La dimension interne du deuxième
mors 21 correspond sensiblement à la dimension externe du premier mors 11. Au moins
la face interne 211 du deuxième mors 21 peut éventuellement être recouverte de caoutchouc
ou d'un autre revêtement anti-glissant. En rapprochant les deux bras 1, 2 au maximum,
dans le sens indiqué par la flèche sur la figure 1, les deux mors 11, 21 s'emboîtent,
la face interne 211 du second mors 21 venant en appui contre la face externe 111 du
premier mors 11, de manière à pincer entre ces surfaces et à maintenir une chaussette
9 qui aura été enfilée autour du premier mors 11. Comme on le voit plus particulièrement
sur la figure 3, la face externe 111 du premier mors comporte dans cette variante
préférentielle une saillie annulaire 112 venant se loger en position fermée dans une
gorge correspondante 212 du second mors 21, de façon à mieux retenir la chaussette.
Dans une variante, cette disposition pourrait être inversée : la saillie serait alors
prévue sur la face interne 211 du second mors 21 pour venir s'engager dans une gorge
prévue sur la face externe 111 du premier mors 11.
[0017] Une arête saillante périphérique 113 sur le rebord externe du premier mors 11 permet
de maintenir les deux mors fermement assemblés. L'arête 113 peut être disposée sur
toute la périphérie du premier mors 11, ou de préférence telle qu'illustré seulement
près des deux extrémités libres du mors. De préférence, la forme de l'arête 113 permet
de refermer les deux mors avec un clic audible.
[0018] Les deux mors 11 et 21 sont de préférence réalisés en matériau synthétique moulé
ou injecté, et assemblés aux bras 1 et 2 par collage, serrage ou rivetage par exemple.
Des mors 11 et 21 métalliques peuvent cependant également être réalisés dans le cadre
de cette invention. La fabrication de mors distincts des bras présente l'avantage
par rapport à une construction monobloc de limiter la taille des moules d'injection
nécessaires.
[0019] Le premier mors 11 a pour fonction d'écarter l'ouverture 90 de la chaussette 9 tandis
que le second mors 21 ne sert qu'à maintenir la chaussette contre le premier mors.
Le second mors 21 pourrait donc dans une variante être constitué d'un fer à cheval
avec deux brins moins longs que ceux du premier mors 11, mais apte néanmoins à s'emboîter
autour du premier mors.
[0020] On notera en outre en particulier sur la figure 2 que le deuxième bras 2 comporte
de préférence un pied 22 permettant de poser l'ensemble du dispositif verticalement
sur le sol avec les deux bras rapprochés sans qu'il bascule. Le dispositif est en
contact avec le sol sur le pied 22 et sur le premier et/ou deuxième mors 11/21. Cette
caractéristique permet de ranger le dispositif verticalement et donc d'y accéder facilement
sans avoir à se baisser.
[0021] Le deuxième mors comporte en outre de préférence un ergot 23 sur sa surface inférieure,
permettant de retirer ses chaussettes.
[0022] L'utilisateur souhaitant revêtir une chaussette 9 l'enfile d'abord par son extrémité
supérieure ouverte 90 sur le premier mors 11, de préférence avec l'avant de la chaussette
pointant dans la même direction que le côté ouvert du mors 11. La chaussette est ainsi
suffisamment ouverte pour permettre ultérieurement d'y passer le pied. Les deux bras
1, 2 sont alors rapprochés, en sorte que l'extrémité supérieure de la chaussette est
pincée entre la face externe 111 du premier mors 11 et la face interne 211 du second
mors 21. Les deux mors présentent de préférence une élasticité suffisante pour garantir
un maintien efficace de la chaussette. La butée 110 empêche à ce moment que la chaussette
ne remonte le long du bras 1. L'utilisateur peut alors facilement passer la pointe
du pied puis le talon par l'extrémité supérieure 90 grande ouverte de la chaussette
9, puis remonter la chaussette le long des mollets en tirant le dispositif vers le
haut le long de la jambe. Lorsque la chaussette est suffisamment remontée, les deux
bras 1, 2 sont alors écartés de manière à libérer la chaussette. La seconde chaussette
peut alors être enfilée de manière similaire.
[0023] Les chaussettes 9 peuvent être retirées plus tard en insérant l'ergot 23 entre le
mollet et la chaussette pour repousser cette dernière jusqu'au talon.
[0024] Aucune de ces opérations n'oblige l'utilisateur à se courber, lui permettant ainsi
de revêtir des chaussettes sans efforts et sans l'aide d'une tierce personne.
[0025] La figure 4 illustre un dispositif pour enfiler les chaussettes selon une seconde
variante de l'invention, particulièrement adaptée à une fabrication économique en
très grande série. Dans cette variante, les mors 11, 21 et les bras 1, 2 sont réalisés
chacun en une seule pièce moulée ou injectée. L'utilisation de bras également en matériau
synthétique permet d'adopter une forme plus ergonomique et esthétique que le métal,
tout en réduisant le poids du dispositif. Cette variante peut naturellement également
être munie d'un ergot 23 pour retirer les chaussettes et d'un ensemble saillie-gorge
112-212 pour améliorer le maintien des chaussettes. Les autres caractéristiques sont
identiques à celles de la première variante décrite.
[0026] Le dispositif de l'invention peut être réalisé en plusieurs longueurs adaptées à
des personnes de différentes tailles. De la même façon, des dispositifs avec différentes
ouvertures des mors, correspondant à différentes gammes de tailles de pied, peuvent
être proposés. Il est aussi possible, dans le cadre de la présente invention, de prévoir
des jeux de mors amovibles de différentes tailles.
1. Dispositif pour faciliter l'enfilage de chaussettes (9) et articles vestimentaires
similaires, constitué comme une tenaille comportant deux bras (1 ; 2) oblongs aptes
à pivoter l'un par rapport à l'autre autour d'un point de pivotement (3), une extrémité
(10 ; 20) de chaque bras d'un côté du point de pivotement constituant un manche tandis
que l'extrémité de chaque bras de l'autre côté du point de pivotement constitue un
mors (11, 21),
caractérisé en ce que
la forme du premier mors (11) permet de l'insérer dans l'extrémité supérieure ouverte
(90) de la chaussette (9) de façon à la maintenir suffisamment ouverte pour y passer
au moins la pointe du pied,
et en ce que le second mors (21) s'emboîte autour du premier mors (11) lorsque les
bras (1, 2) sont rapprochés de façon à pouvoir pincer une chaussette (9) entre la
face externe (111) du premier mors et la face interne (211) du second mors.
2. Dispositif selon la revendication précédente, caractérisé en ce que la forme du premier
mors (11) est en fer à cheval.
3. Dispositif selon la revendication précédente, caractérisé en ce que la forme du second
mors (21) est en fer à cheval, le diamètre intérieur du second mors étant approximativement
égal au diamètre externe du premier mors.
4. Dispositif selon la revendication précédente, caractérisé en ce que lesdits mors (11,
21) sont fixés approximativement perpendiculairement à l'extrémité desdits bras (1,
2).
5. Dispositif selon l'une des revendications précédentes, caractérisé en ce que ledit
premier mors (11) comporte une bordure d'arrêt (110) destinée à venir en contact avec
l'extrémité supérieure ouverte de la chaussette insérée, de manière à éviter que ledit
premier mors puisse passer au fond de la chaussette.
6. Dispositif selon l'une des revendications précédentes, caractérisé en ce qu'un des
deux mors (11) comporte une saillie (112) apte à venir s'engager dans une gorge (212)
prévue sur la face correspondante de l'autre mors (21).
7. Dispositif selon l'une des revendications précédentes, caractérisé en ce qu'un des
deux mors (11) comporte une arête saillante périphérique (113) permettant de refermer
les deux mors avec un bruit audible et de les maintenir refermés.
8. Dispositif selon l'une des revendications précédentes, caractérisé en ce qu'il comporte
en outre un ergot (23) permettant de retirer ses chaussettes.
9. Dispositif selon l'une des revendications précédentes, caractérisé en ce que lesdits
bras (1, 2) sont en métal.
10. Dispositif selon la revendication précédente, caractérisé en ce qu'au moins un desdits
mors (11, 21) est en plastique.
11. Dispositif selon la revendication 9, caractérisé en ce qu'au moins un desdits bras
(1, 2) est recouvert de plastique.
12. Dispositif selon l'une des revendications 1 à 8, caractérisé en ce que lesdits bras
(1, 2) sont réalisés chacun en une seule pièce de matériau synthétique moulé ou injecté.
13. Dispositif selon l'une des revendications précédentes, caractérisé en ce qu'il peut
être posé verticalement sur le sol sans basculer.