[0001] L'invention concerne une méthode de contrôle et de diagnostic du fonctionnement d'un
appareillage électrique à haute tension qui comprend, à l'intérieur d'une chambre
de coupure contenant un gaz sous pression, des contacts dont l'un au moins mobile
est déplacé par une tige de manoeuvre.
[0002] L'invention s'applique plus particulièrement au contrôle et au diagnostic du fonctionnement
de disjoncteurs dits de nouvelle génération à faible énergie de commande, et peut
s'appliquer à d'autres appareils tels un sectionneur ou un sectionneur de mise à terre
si la technologie de ces appareils est similaire à celle des disjoncteurs dits de
nouvelle génération.
[0003] Jusqu'à présent, pour contrôler le fonctionnement de la partie active d'un disjoncteur,
on démonte la chambre de coupure ce qui immobilise ce disjoncteur pendant un certain
temps.
[0004] Le but de l'invention est de proposer une méthode non-intrusive de contrôle et de
diagnostic du fonctionnement d'un disjoncteur, c'est à dire ne nécessitant pas de
démonter la chambre de coupure de celui-ci.
[0005] A cet effet, l'invention a pour objet une méthode de contrôle et de diagnostic du
fonctionnement d'un appareillage électrique à haute tension qui comprend, à l'intérieur
d'une chambre de coupure contenant un gaz sous pression, des contacts dont l'un au
moins mobile est déplacé par une tige de manoeuvre, consistant, lors de l'ouverture
ou de la fermeture de l'appareillage isolé électriquement, à :
i) enregistrer un signal représentatif de l'évolution temporelle de la pression dans
la chambre de coupure à l'aide d'un capteur disposé à l'extérieur de la chambre de
coupure et monté pour communiquer avec le gaz sous pression dans cette chambre,
ii) comparer le signal précédent avec un signal correspondant représentatif d'un fonctionnement
de référence de l'appareillage électrique à haute tension pour contrôler le bon fonctionnement
ou détecter un dysfonctionnement de l'appareillage électrique.
[0006] Un dysfonctionnement peut par exemple résulter d'un blocage en position ouverte ou
fermée d'un clapet de la chambre de coupure du disjoncteur, ou encore d'un choc mécanique
anormalement élevé des contacts mobiles à l'ouverture ou à la fermeture du disjoncteur.
[0007] Avantageusement, dans la méthode selon l'invention on enregistre en plus du signal
représentatif de l'évolution temporelle de la pression, un signal représentatif de
l'évolution temporelle du déplacement du contact mobile à l'aide d'un capteur disposé
à l'extérieur de la chambre de coupure et monté pour détecter le déplacement de la
tige de manoeuvre.
[0008] L'enregistrement simultané des deux signaux de pression et de déplacement permet
de détecter un dysfonctionnement avec une sécurité accrue, le signal représentatif
du déplacement servant à confirmer le diagnostic fondé sur le signal représentatif
de la pression.
[0009] D'autres caractéristiques et avantages de l'invention apparaîtront à la lecture de
la description d'un mode de mise en oeuvre de la méthode selon l'invention illustré
par les dessins.
[0010] La figure 1 montre une chambre de coupure en coupe transversale avec un capteur de
pression et un capteur de position montés à l'extérieur de cette chambre.
[0011] Les figures 2a et 2b illustrent un enregistrement de pression et un enregistrement
de position correspondant à un fonctionnement de référence d'un disjoncteur respectivement
à la fermeture et à l'ouverture.
[0012] Les figure 3a et 3b illustrent un mauvais fonctionnement du disjoncteur attribué
à un blocage en position ouverte de clapets disposés sur une couronne arrière du disjoncteur
respectivement à la fermeture et à l'ouverture. Les figures 4a et 4b illustrent un
mauvais fonctionnement du disjoncteur attribué à un blocage en position fermée de
clapets disposés sur une couronne arrière du disjoncteur respectivement à la fermeture
et à l'ouverture.
[0013] Les figures 5a et 5b illustrent un mauvais fonctionnement du disjoncteur attribué
à un blocage en position ouverte de clapets disposés sur une couronne avant du disjoncteur
respectivement à la fermeture et à l'ouverture.
[0014] Les figures 6a et 6b illustrent un mauvais fonctionnement du disjoncteur attribué
à un blocage en position fermée de clapets disposés sur une couronne avant du disjoncteur
respectivement à la fermeture et à l'ouverture.
[0015] Les figures 7a à 7c illustrent un enregistrement de pression reflétant un choc mécanique
respectivement normal, anormalement élevé en fin d'ouverture, et anormalement élevé
en cours d'ouverture du disjoncteur.
[0016] L'invention fournit une méthode de contrôle et de diagnostic du fonctionnement d'un
appareillage électrique à haute tension, et en particulier d'un disjoncteur.
[0017] Figure 1, un disjoncteur dit de nouvelle génération à faible énergie de commande
comprend, dans une chambre de coupure définie par une enveloppe étanche 5 remplie
d'un gaz diélectrique comme du SF
6 sous une pression de quelques bars, un contact principal tubulaire fixe 1 qui coopère
avec un contact principal tubulaire mobile 3, le contact 3 étant mobile suivant la
direction axiale D. Le contact principal fixe 1 est solidaire d'un contact d'arc fixe
7 qui coopère avec un contact d'arc mobile 9 solidaire du contact principal mobile
3. Les contacts mobiles 3 et 9 sont déplacés suivant la direction D par une tige de
manoeuvre 11 qui sort par le côté 5A de l'enveloppe 5. La tige de manoeuvre est guidée
en coulissement par un bloc support 13 monté fixe à l'intérieur de l'enveloppe en
appui sur le côté 5A.
[0018] Le contact principal mobile 3 et le contact d'arc mobile 9 sont coaxiaux et disposés
parallèlement à la direction longitudinale D. Une couronne avant 15 est disposée entre
les deux contacts mobiles 3 et 9 dans un plan perpendiculaire à la direction longitudinale
D. Elle tient solidaire les deux contacts mobiles 3 et 9 et s'ouvre par l'intermédiaire
de clapets 151 et 152 sur un volume de soufflage V1 fermé par une buse de soufflage
17.
[0019] Une couronne arrière 19 est disposée entre les deux contacts mobiles 3 et 9 dans
un plan perpendiculaire à la direction longitudinale D. Elle coulisse par rapport
aux deux contacts mobiles et s'ouvre par l'intermédiaire de deux clapets 191 et 192
sur un volume de compression-dépression V2 fermé par la couronne avant 15.
[0020] Un ressort 20 est en appui par une extrémité sur le bloc de support 13 et par l'autre
extrémité sur la face de la couronne arrière 19 qui ne porte pas les clapets 191 et
192.
[0021] La méthode selon l'invention met en oeuvre un premier capteur qui enregistre l'évolution
temporelle de la pression régnant dans la chambre de coupure lors de l'ouverture ou
de la fermeture du disjoncteur.
[0022] Figure 1, un capteur de pression 21 pour enregistrer l'évolution temporelle de la
pression dans la chambre de coupure est par exemple un capteur à membrane élastique.
D'une façon avantageuse, on utilise un capteur de pression compensée en température
qui se comporte comme un capteur de pression lors de changements rapides de pression
à l'intérieur de la chambre de coupure du fait de l'inertie thermique d'un tel capteur,
et qui permet par ailleurs de surveiller la densité du gaz diélectrique 6. Le capteur
de pression est fixé par l'extérieur sur l'enveloppe métallique 5 du disjoncteur.
Le gaz 6 présent dans la chambre de coupure est mis en communication avec le capteur
de pression 21 par l'intermédiaire d'un conduit 23 formé dans l'épaisseur de l'enveloppe
métallique 5.
[0023] Selon un mode particulièrement avantageux, la méthode selon l'invention met en oeuvre
un deuxième capteur qui enregistre l'évolution temporelle de la position du ou des
contacts mobiles lors de l'ouverture ou de la fermeture du disjoncteur.
[0024] Figure 1, un capteur de position 25 pour enregistrer une évolution temporelle de
position du ou des contacts mobiles dans la chambre de coupure est par exemple une
cellule optique, ou encore un capteur de déplacement inductif ou à effet Hall. Il
est fixé à l'extérieur de l'enveloppe métallique 5 par exemple sur le côté 5A de l'enveloppe
pour détecter le déplacement de la tige 11 suivant la direction D.
[0025] Les signaux P et L produits par les deux capteurs de pression 21 et de position 25
sont fournis à une unité 30. L'unité 30 peut être une unité d'affichage et/ou de traitement
de données. Par comparaison des signaux P et L enregistrés lors d'une opération d'ouverture
et de fermeture du disjoncteur isolé électriquement avec des enregistrements de référence,
on peut contrôler le bon fonctionnement ou détecter un dysfonctionnement du disjoncteur
comme expliqué ci-dessous.
[0026] Figure 2a, un fonctionnement de référence à la fermeture du disjoncteur se traduit
par un enregistrement de référence de pression 2a1 en forme de plat et un enregistrement
de référence de position 2a2 en forme de rampe montante comme indiqué par la flèche
Fm.
[0027] Lors de la fermeture, le volume de compression-dépression V2 est initialement nul,
les couronnes avant 15 et arrière 19 étant en contact. L'enregistrement de pression
2a1 s'explique par le fait que le déplacement du contact mobile 9 dans le sens indiqué
par la flèche f de la figure 1, provoque l'ouverture des clapets 191 et 192 de la
couronne arrière 19 qui laissent circuler librement le gaz diélectrique de sorte qu'aucune
dépression n'est créée dans la chambre de coupure. En fin de course, les clapets se
referment le disjoncteur étant prêt pour l'ouverture.
[0028] Il faut noter que l'enregistrement 2a1 se termine par des oscillations relativement
rapides de la pression qui reflètent l'onde sonore générée par le choc mécanique du
contact principal mobile 3 avec le contact principal fixe 1.
[0029] Figure 2b, un fonctionnement de référence à l'ouverture du disjoncteur se traduit
par un enregistrement de référence de pression 2b1 incurvé et un enregistrement de
référence de position 2b2 en forme de rampe descendante comme indiqué par la flèche
Fd.
[0030] Lors de l'ouverture, le volume de compression-dépression V2 est initialement maximal,
les couronnes avant 15 et arrière 19 étant séparées d'une distance maximale. L'enregistrement
de pression 2b1 s'explique par le fait que le déplacement du contact mobile 9 dans
le sens indiqué par la flèche o de la figure 1, s'accompagne d'une compression du
gaz contenu dans le volume de compression-dépression V2 qui correspond à une dépression
dans la chambre de coupure, et d'une compression du gaz contenu dans le volume de
soufflage V1 défini par la buse de soufflage 17. A mi-course environ, les clapets
151 et 152 de la couronne avant 15 s'ouvrent pour égaliser la pression du gaz dans
les deux volumes de compression-dépression V2 et de soufflage V1, et laissent échapper
une partie du gaz comprimé à travers la buse de soufflage pour éteindre un éventuel
arc électrique lorsque l'ouverture est faite en charge.
[0031] Il faut noter que l'enregistrement 2b1 se termine par des oscillations relativement
rapides portées par une oscillation plus lente de la pression qui reflètent l'onde
sonore générée par le choc mécanique de la couronne avant 15 avec la couronne arrière
19.
[0032] Les figures 3a,4a,5a,6a représentent des enregistrements de pression et de position
à la fermeture d'un disjoncteur sous contrôle. Les figures 3b,4b,5b,6b représentent
des enregistrements de pression et de position à l'ouverture de ce disjoncteur sous
contrôle. Ces enregistrements reflètent un dysfonctionnement du disjoncteur.
[0033] Ainsi figure 3a, la fermeture du disjoncteur sous contrôle se traduit par deux enregistrements
de pression 3a1 et de position 3a2 similaires aux enregistrements de référence 2a1
et 2a2. En revanche, figure 3b, l'ouverture du disjoncteur sous contrôle se traduit
par un enregistrement de pression 3b1 différent de l'enregistrement de référence 2b1
indiqué en pointillé, l'enregistrement de positon 3b2 étant similaire à l'enregistrement
de référence 2b2. La différence entre les enregistrement 2b1 et 3b1 reflète un blocage
en position ouverte des clapets 191 et 192 de la couronne arrière 19. Cette différence
peut facilement être détectée automatiquement par un programme dans l'unité 30 de
traitement de données.
[0034] Les figures 4a et 4b illustrent un mauvais fonctionnement du disjoncteur attribué
à un blocage en position fermée des clapets 191 et 192 de la couronne arrière 19.
On a encore représenté sur ces figures les enregistrements de référence en pointillés.
On voit que la détection du dysfonctionnement se fait par détection d'une différence
entre les enregistrements 4a1 et 2a1 et 4a2 et 2a2.
[0035] Il faut noter que lors de la fermeture, l'enregistrement de position 4a2 traduit
l'existence d'une force de retenue importante exercée par une dépression créée dans
le volume de compression-dépression V2, et sert à confirmer le diagnostic de blocage
en position fermée des clapets 191 et 192.
[0036] Les figures 5a et 5b illustrent un mauvais fonctionnement du disjoncteur attribué
à un blocage en position ouverte des clapets 151 et 152 de la couronne avant 15. On
voit que la détection du dysfonctionnement se fait par détection d'une différence
entre les enregistrements 5b1 et 2b1, 5b2 et 2b2.
[0037] Les figures 6a et 6b illustrent un mauvais fonctionnement du disjoncteur attribué
à un blocage en position fermée des clapets 151 et 152 de la couronne avant 15. On
voit que la détection du dysfonctionnement se fait par détection d'une différence
entre les enregistrements 6b1 et 2b1, 6b2 et 2b2.
[0038] Il faut noter là encore que lors de l'ouverture, l'enregistrement de position 6b2
traduit l'existence d'une force de retenue importante exercée par une compression
créée dans le volume de compression-dépression V2, et sert à confirmer le diagnostic
de blocage en position fermée des clapets 151 et 152.
[0039] On comprend ainsi que la méthode selon l'invention permet de localiser l'élément
défectueux du disjoncteur si on se réfère aux exemples des figures 3a-3b à 6a-6b.
Ces figures illustrent des enregistrements d'évolutions temporelles typiques qui peuvent
varier en fonction de la topologie du disjoncteur ou de l'appareillage électrique
à haute tension.
[0040] Par ailleurs, une analyse en fréquence et en amplitude des oscillations dans les
enregistrements de pression en fin ou en cours d'ouverture ou de fermeture du disjoncteur
permet de contrôler un choc mécanique normal ou de diagnostiquer un choc mécanique
anormalement élevé entre les contacts mobiles et fixes ou entre les couronnes avant
et arrière.
[0041] Figure 7a est représenté un enregistrement de pression représentatif d'un choc mécanique
normal dans un fonctionnement de référence du disjoncteur. Figures 7b et 7c sont donnés
des enregistrements de pression montrant par comparaison avec l'enregistrement précédent
respectivement un choc mécanique anormal élevé en fin d'ouverture et un choc mécanique
ou une vibration anormal en cours d'ouverture.
1. Une méthode de contrôle et de diagnostic du fonctionnement d'un appareillage électrique
à haute tension qui comprend une chambre de coupure (5), remplie d'un gaz diélectrique
sous pression, munie d'un capteur (21) qui est disposé à l'extérieur de cette chambre
et qui est monté pour communiquer avec le gaz sous pression dans cette chambre, et
contenant des contacts (1,3,7,9) dont l'un au moins mobile est déplacé par une tige
de manoeuvre (11), dans laquelle on compare un signal de pression (P) délivré par
le capteur (21) à un signal représentatif d'un fonctionnement de référence de l'appareillage
électrique, caractérisée en ce que le signal de pression (P) est enregistré pendant
le déplacement dudit contact mobile pour représenter l'évolution temporelle de la
pression dans la chambre de coupure lors de l'ouverture ou de la fermeture de l'appareillage
isolé électriquement.
2. La méthode selon la revendication 1, consistant en outre à enregistrer un signal (L)
représentatif de l'évolution temporelle du contact mobile à l'aide d'un capteur (25)
disposé à l'extérieur de la chambre de coupure et monté pour détecter le déplacement
de la tige de manoeuvre, et à comparer ce signal (L) avec un signal correspondant
représentatif d'un fonctionnement de référence de l'appareillage électrique à haute
tension.
3. La méthode selon la revendication 1 ou 2, consistant en outre à analyser des oscillations
de pression dans le signal représentatif de l'évolution temporelle de pression dans
la chambre de coupure aux fins de contrôle ou diagnostic de chocs mécaniques entre
des éléments de l'appareillage.