[0001] L'invention concerne un procédé de contrôle d'un moteur à combustion interne, à allumage
commandé et injection pilotée électroniquement, disposant d'au moins trois actionneurs,
agissant sur l'avance à l'allumage, la commande de débit d'air du moteur et la richesse
du mélange air-essence, et de plusieurs capteurs permettant de déterminer le point
de fonctionnement du moteur. Ce procédé de contrôle consiste essentiellement en une
régulation du couple fourni par le moteur. Elle concerne également un dispositif de
mise en oeuvre de ce procédé.
[0002] Les véhicules automobiles actuels sont dotés de plus en plus d'équipements électroniques
et de prestations nouvelles, en plus du contrôle électronique du moteur, telles que
la commande électronique de la boîte de vitesse, l'antiblocage de roues lors du freinage
ou la régulation électronique de l'air conditionné par exemple. Tous ces équipements
induisent des variations importantes du couple consommé, de sorte que le bon fonctionnement
du moteur et de ces équipements, associé à l'agrément de conduite du conducteur et
au confort des passagers, nécessite de maîtriser à tout instant et avec précision
le couple délivré par le moteur.
[0003] Ce couple délivré par le moteur peut être modulé par variation des valeurs des commandes
appliquées aux actionneurs, comme la quantité d'air admis dans le collecteur, la quantité
de carburant mélangé à l'air, ou l'instant d'allumage du mélange air/carburant. Ces
actionneurs ont des effets différents sur le couple, en termes de rapidité d'action
en raison d'un retard pur ou d'un temps de montée, et en termes d'autorité par l'amplitude
des effets. Ils ont également des effets sur d'autres grandeurs dont la régulation
doit être assurée par ailleurs, telles que la richesse en carburant du mélange combustible,
pour des raisons de consommation et de pollution. C'est pourquoi il est souhaitable
de limiter l'impact de la régulation du couple moteur sur ces autres grandeurs, tout
en utilisant avantageusement plusieurs de ces actionneurs.
[0004] Des solutions actuelles au problème de la régulation du couple moteur utilisent la
technologie de régulation dite proportionnelle intégrale dérivée, sans modélisation
du moteur, ce qui a pour inconvénient de ne connaître les effets des commandes appliquées
par cette régulation que par l'observation de ses effets sur les grandeurs régulées,
entraînant un retard néfaste pour la qualité de la régulation.
[0005] Certaines solutions ont par contre été développées avec un modèle du moteur à partir
duquel la régulation peut déterminer les commandes à appliquer, afin d'obtenir un
effet désiré sur les grandeurs à réguler.
[0006] Un exemple de réalisation actuelle de régulation du couple moteur est décrit dans
le brevet européen EP 0 185 552, au nom de NIPPONDENSO. Le mode de régulation utilise
plusieurs modèles linéaires identifiés tangents à plusieurs points de fonctionnement
du moteur, destinés à une régulation multivariable de type linéaire quadratique intégrale
pour réguler le couple moteur en minimisant la consommation d'essence, à partir des
commandes d'air admis dans le collecteur et d'essence injectée.
[0007] Le principal inconvénient de cette solution est dû aux approximations liées à l'utilisation
de modèles linéarisés tangents alors que le fonctionnement du moteur n'est pas linéaire,
entraînant une dégradation des performances de la régulation du couple.
[0008] De plus, ces modèles n'exploitent pas les connaissances que l'on a des équations
physiques décrivant les phénomènes qui interviennent dans le fonctionnement réel du
moteur.
[0009] Un autre inconvénient de cet exemple de régulation est son coût élevé en raison de
l'adjonction d'un capteur de pression de chambre pour mesurer le couple fourni par
le moteur.
[0010] L'invention vise à résoudre ces inconvénients en proposant un procédé de contrôle
du moteur par une régulation du couple moteur, multivariable de type linéaire quadratique
intégrale basée sur un modèle non linéaire du moteur, utilisant comme variables de
commandes l'avance à l'allumage et la quantité d'air admis dans le collecteur, et
la quantité d'essence injectée dans un cas particulier, et recevant deux consignes
de couple calculées simultanément selon le modèle de fonctionnement du moteur.
[0011] Pour cela, un premier objet de l'invention est un procédé de contrôle d'un moteur
thermique, à allumage commandé, à injection pilotée par un calculateur électronique,
disposant d'au moins trois actionneurs auxquels sont appliqués respectivement une
commande d'air, une commande d'allumage et une commande de richesse du mélange combustible,
consistant, à partir d'un modèle de la production du couple moteur, en une régulation
de type linéaire quadratique intégrale de variables d'état de fonctionnement du moteur
par action sur des variables de commande en fonction de variables de consignes et
des variables d'état, caractérisé en ce qu'il comporte les étapes suivantes :
- en phase de développement du moteur :
. modélisation dynamique linéaire de la production du couple moteur au moyen d'une
fonction logarithme et de sa fonction inverse ;
. définition du gain optimal minimisant l'indice de performance quadratique de la
régulation linéaire quadratique intégrale, à partir duquel les variables de commande
Uk seront calculées en fonction des variables d'état Xk et de consigne Xsk, et sa mémorisation dans le calculateur ;
- en cours de fonctionnement du moteur, à chaque point mort haut d'ordre k, calcul des
variables d'état Xk et des consignes Xsk, par le calculateur électronique, à partir :
. de la mesure du régime Nk et d'une grandeur représentative de la masse d'air absorbée réellement par le moteur,
comme la pression collecteur Pk ;
. du calcul de la masse d'air MAIRMOT sortant du collecteur en fonction du régime et de ladite grandeur ;
. du calcul de la richesse et du rendement de richesse à partir du temps d'injection
et de la masse d'air MAIRMOT ;
. du calcul de la masse d'air MAIRPAP entrant dans le collecteur en fonction de la masse d'air de commande MAIRCMD de l'actionneur d'air;
. du calcul du couple réel CMI+ et du couple projeté CP fournis par le moteur;
puis calcul des variables des commandes U
k selon la régulation linéaire quadratique intégrale.
[0012] Un second objet de l'invention est un dispositif de mise en oeuvre du procédé de
régulation du couple moteur, constitué par le calculateur électronique de contrôle
du moteur comprenant un régulateur linéaire quadratique intégral.
[0013] D'autres caractéristiques et avantages de l'invention apparaîtront à la lecture de
la description du procédé et d'un mode de réalisation du dispositif de mise en oeuvre
du procédé, illustrée par les figures suivantes qui sont :
- figure 1 : le schéma fonctionnel de la modélisation d'un moteur thermique, recevant
une commande de débit d'air et fournissant un couple;
- figure 2 : le schéma fonctionnel de la modélisation d'un moteur thermique, qui fonctionne
à richesse unique;
- figures 3 et 5 : le schéma fonctionnel du dispositif mettant en oeuvre le procédé
de régulation du couple moteur selon l'invention, respectivement avec commande de
richesse et richesse constante, dans le cas d'un papillon avec vanne additionnelle
d'air ;
- figure 4 et 6 : le schéma fonctionnel mettant en oeuvre le procédé de régulation du
couple moteur selon l'invention, respectivement avec commande de richesse et richesse
constante, dans le cas d'un papillon motorisé.
[0014] La première étape du procédé de régulation du couple moteur consiste à réaliser une
modélisation dynamique de la production du couple moteur rendant compte du fonctionnement
physique du moteur. Cette modélisation est réalisée en phase de développement du moteur,
sur banc d'essais.
[0015] Tout d'abord, le couple fourni par le moteur, à avance d'allumage optimale et richesse
du mélange air-essence égale à 1, est défini à partir de la masse d'air M
AIRMOT(k) sortant du collecteur d'admission et entrant dans un cylindre du moteur, à chaque
point mort haut d'ordre k, et du rendement de combustion du moteur R(N
k,P
k) qui est fonction de la valeur N
k du régime et de la valeur P
k de la pression dans le collecteur.
Ce couple moteur C
AIRMOT(k) est exprimé en Newton.mètre, selon l'équation suivante (E
1) :

avec R(N
k,P
k) en N.m/kg,
N en tour/min,
P en mbar.
Cette valeur doit être corrigée en fonction de l'avance à l'allumage Av et de la
richesse Ri du mélange, par des rendements d'avance µ
Av(k) et de richesse µ
Ri(k) définis à chaque point mort haut d'ordre k, selon l'équation suivante (E
2), de façon à obtenir la valeur réelle CMI
+ du couple fourni par le moteur :

[0016] Le rendement de richesse µ
Ri est une fonction cartographiée de la fonction R
i par exemple, et le rendement d'avance µ
AV est une fonction cartographiée de l'avance, du régime, de la pression collecteur
et éventuellement de la richesse.
[0017] Cette expression du couple étant multiplicative, elle est non-linéaire. Selon l'invention,
le procédé en calcule le logarithme et effectue un changement de variable. Cela permet,
à partir d'équations multiplicatives, d'utiliser un modèle du couple qui soit additif
sans qu'aucune approximation ne soit faite. La nouvelle variable est donc le logarithme
logCMI
+ du couple, exprimé par l'équation suivante (E
3) :

[0018] Selon l'invention est également défini un autre terme correspondant à une projection
du couple précédent CMI
+, quelques points morts hauts plus tard, dans le but notamment d'anticiper les commandes
des actionneurs lorsque cela est possible. Ce couple projeté CP est donc défini comme
le couple fourni par le moteur, selon une consigne de rendement d'avance µ
Avcons et une consigne de rendement de richesse µ
Ricons, par l'équation suivante (E
4) :

[0019] Cette expression du couple étant non linéaire, on en calcule le logarithme selon
l'équation suivante (E
5) :

[0020] En fonctionnement stabilisé, l'avance et la richesse sont égales à leurs valeurs
de consigne, de sorte que le couple projeté CP est égal au couple CMI
+.
[0021] Deux consignes de couple sont envoyées au régulateur de couple et sont calculées
simultanément, l'une CMI
+ cons à partir du couple CMI
+ fourni par le moteur et que le régulateur devra suivre le plus rapidement possible,
et l'autre CP
cons, qui est à plus long terme, à partir du couple projeté CP.
[0022] La modélisation du moteur selon l'invention consiste également à décrire le collecteur
d'admission d'air du moteur par un modèle du premier ordre, à partir de la masse d'air
M
AIRPAP entrant dans le collecteur par le boîtier papillon, à chaque point mort haut, que
ce boîtier soit constitué par un unique papillon ou bien qu'il comprenne d'autres
actionneurs. Le terme décrivant le collecteur exprime la masse d'air M
AIRMOT sortant du collecteur pour entrer dans un cylindre, selon l'équation suivante (E
6) :

dans laquelle le terme F
col est un facteur de filtrage traduisant la dynamique du collecteur et exprimé selon
l'équation suivante (E
7), à partir de la cylindrée totale V
mot du moteur, du nombre de cylindres n
cyl, du volume V
col du collecteur et du taux de remplissage moyen Remp du moteur par de l'air, rapporté
aux conditions du collecteur.

[0023] Pour assurer la compatibilité avec l'écriture du couple, le modèle du collecteur
est relié au couple C
AIRMOT fourni par le moteur et exprimé par l'équation (E
1). Par analogie, il faut définir à partir de la masse d'air M
AIRPAP entrant dans le collecteur, exprimée en kilogramme, une grandeur homogène à un couple,
selon l'équation suivante (E
8):

[0024] En négligeant les variations du rendement de combustion R(N
k,P
k) du moteur, entre deux points morts hauts d'indices k et k+1, l'équation (E
6) précédente devient:

[0025] On admettra que la différence entre les valeurs des couples C
AIRMOT et C
AIRPAP, soit C
AIRPAP - C
AIRMOT, est petite devant C
AIRMOT et que l'on peut utiliser l'approximation log(1+x) ≈ x, de sorte que le modèle du
collecteur s'écrit selon l'équation suivante (E
9) :

[0026] Différents actionneurs d'air peuvent être utilisés dans un moteur, comme une vanne
RCO, un papillon motorisé ou un stepper. La dynamique de l'actionneur d'air utilisé
est décrite comme un modèle du premier ordre, dans le cadre de la modélisation théorique
de la production du couple moteur, à partir du débit d'air Q
AIRPAP entrant dans le collecteur et du débit d'air Q
AIRCMD de commande de l'actionneur.
[0027] L'équation (E
10) suivante exprimant le débit d'air Q
AIRPAP(k+1) qui entre au point mort haut d'ordre k+1 :

avec le facteur de filtrage F
act qui traduit la dynamique de l'actionneur d'air, doit être ramenée sous forme de couple,
dont il faut ensuite calculer le logarithme avant un changement de variable.
[0028] Or, le débit d'air Q
AIRPAP(k) est relié à la masse d'air M
AIRPAP(k) entrant dans le collecteur par l'expression (E
11) suivante, en fonction de la valeur N
k du régime moteur et du nombre de cylindres n
cyl :

de sorte que l'équation (E
8) précédente devient :

[0029] Par analogie, le débit d'air Q
AIRCMD de commande de l'actionneur donne lieu à une valeur de couple C
AIRCMD défini selon l'équation suivante (E
12) :

[0030] Ainsi, l'équation (E
10) du débit d'air entrant dans le collecteur, modélisant le comportement de l'actionneur
d'air, est ramenée sous la forme d'un couple qui s'écrit, en négligeant les variations
du régime N et du rendement R(N
k, P
k) :

[0031] On admettra que la différence entre C
AIRPAP et C
AIRCMD reste faible devant C
AIRPAP, de sorte que le calcul du logarithme de C
AIRPAP aboutit à l'équation suivante (E13) :

[0032] La production du couple moteur ainsi modélisée selon l'invention est représentée
par les quatre équations suivantes, représentant respectivement, (E
3) le couple moteur, (E
5) le couple projeté, (E
9) le fonctionnement du collecteur et (E
13) le fonctionnement de l'actionneur d'air :




[0033] La figure 1 est le schéma fonctionnel de la modélisation de la production du couple
moteur recevant une commande de débit d'air C
AIRCMD appliquée au boîtier papillon 1 qui délivre une masse d'air entrant dans le collecteur
2 et fournissant un couple, sous forme du logarithme logCMI
+ et du logarithme logCP, au régulateur de couple 3.
[0034] Afin d'assurer le retour des logarithmes du couple moteur logCMI
+, du couple projeté logCP et du rendement de richesse logµ
Ri vers leurs valeurs de consigne respectives, l'invention définit trois nouvelles variables
qui sont les intégrales en temps discret de ces trois grandeurs :



avec les termes d'erreur suivants :



ces erreurs étant égales à la différence entre le logarithme des grandeurs mesurées
et le logarithme de leurs valeurs de consigne respectives.
[0035] Une variante de réalisation du procédé selon l'invention concerne un fonctionnement
du moteur à richesse unique. La figure 2 est le schéma fonctionnel de la modélisation
de la production du couple d'un moteur qui fonctionne à richesse unique.
[0036] Selon l'invention, après la phase de développement, le procédé de contrôle est réalisé
en cours de fonctionnement du moteur et consiste en une régulation du couple moteur
développée à partir du modèle linéaire du moteur qui vient d'être décrit, et de type
linéaire quadratique intégrale.
[0037] Le modèle linéaire du moteur peut être décrit par sa représentation d'état :


dans laquelle X
k représente le vecteur d'état du modèle, constitué par des variables décrivant l'état
dans lequel se trouve le moteur ;
Uk représente les commandes sur lesquelles pourra agir le régulateur de couple pour
assurer le fonctionnement du moteur, et
Xsk représente les grandeurs variables qui ont un effet sur l'état de fonctionnement
du moteur, d'après les équations du modèle du moteur, mais qui ne sont pas commandées
par le régulateur, c'est-à-dire les perturbations.
[0038] Ainsi, comme le montre le tableau 1 en annexe, la matrice des variables d'état X
k contient d'une part le logarithme logC
AIRPAP de la grandeur C
AIRPAP proportionnelle à la masse d'air entrant dans le collecteur par le boîtier papillon,
et celui logC
AIRMOT de la grandeur C
AIRMOT proportionnelle à la masse d'air sortant du collecteur, d'autre part l'erreur du
logarithme du couple fourni par le moteur elogCMI
+k-1, l'erreur du logarithme du couple projeté elogCP
k-1, l'erreur du logarithme du rendement de richesse pour deux points morts hauts consécutifs
elogµ
Ri(k-1) et elogµ
Ri(k-2), et enfin les trois variables intégrales précédemment définies ΣlogCMI
+ (k), ΣlogCP
(k) et Σlogµ
Ri(k).
[0039] La matrice Xs
k des perturbations contient le logarithme de la consigne du couple fourni par le moteur
logCMI
+cons et de la consigne du couple projeté logCP
cons, et le logarithme des rendements de consigne d'avance logµ
Avcons et de consigne de richesse logµ
Ricons.
[0040] La matrice U
k des commandes comprend le logarithme logC
AIRCMD de la grandeur proportionnelle au débit d'air de commande de l'actionneur, les logarithmes
logµ
Av et logµ
Ri de l'avance à l'allumage et de la richesse.
[0041] La régulation linéaire quadratique intégrale est une régulation à retour d'état,
de sorte qu'à chaque itération, la commande U
k est obtenue à partir d'une matrice de gain
K calculée une fois pour toutes pendant la phase de développement du régulateur :


[0042] La théorie de la régulation linéaire quadratique intégrale donne la matrice
K comme le gain optimal minimisant l'indice de performance quadratique :

où les matrices Q et R sont des matrices de pondération définissant les caractéristiques
de la régulation. La résolution de ce problème conduit au calcul suivant de la matrice
de gain
K,





P étant l'inconnue de l'équation matricielle.
[0043] Il est possible d'utiliser plusieurs matrices de gain en fonction du mode de fonctionnement
utilisé pour le moteur, privilégiant soit l'avance à l'allumage, la richesse ou l'anti-pollution
par exemple.
[0044] Quant aux matrices
A, B, F et As provenant de la modélisation du moteur pour décrire l'évolution des variables d'état
X
k en fonction du temps, elles sont obtenues à partir des quatre équations E
3, E
5, E
9 et E
13 précédentes et figurent sur le tableau 2 en annexe. La matrice de retour d'état
K est calculée à partir de ces matrices.
[0045] Dans le cas particulier d'une commande simplifiée du moteur par l'avance à l'allumage
et le débit d'air, à richesse unique, les matrices de représentation des variables
d'état X
k, U
k et Xs
k ne présentent pas de variable se rapportant à la richesse. Elles figurent sur le
tableau 3 en annexe, tandis que les matrices
A,
B, F et As qui sont également simplifiées figurent sur le tableau 4.
[0046] La figure 3 est le schéma fonctionnel du dispositif mettant en oeuvre le procédé
de régulation du couple moteur selon l'invention, dans le cas d'un moteur 4 dont le
boîtier papillon 5 comprend un papillon mécanique 6, dont la commande d'ouverture
S
p est déterminée par l'enfoncement de la pédale d'accélérateur, associé à une vanne
7 d'air additionnel, dont on commande électroniquement l'ouverture, autrement dit
la section S
v.
[0047] La figure 4 est le même schéma dans le cas d'un papillon motorisé 8 dont on commande
totalement l'ouverture S
pm.
[0048] Sur la figure 3, le moteur 4 reçoit une commande d'ouverture du papillon S
p ainsi qu'une commande électronique d'avance à l'allumage Av, d'ouverture de la vanne
S
v et éventuellement de temps d'injection Ti, et sur la figure 4, le moteur reçoit une
commande d'ouverture S
pm de son papillon motorisé 8. On mesure à chaque point mort haut d'ordre k, la valeur
de régime N
k et celle de la pression collecteur P
k ou de toute autre grandeur représentative de la masse d'air absorbée réellement par
le moteur, comme le débit d'air, entrant dans le collecteur par exemple. Le débit
d'air est mesuré par un débitmètre et la pression collecteur est mesurée par un capteur
de pression. Le calculateur électronique de contrôle moteur 9 calcule la masse d'air
Q
AIRMOT sortant du collecteur, dans des moyens 10, puis la richesse Ri et le rendement de
richesse µ
Ri du mélange à partir de cette masse d'air et du temps d'injection Ti, dans des moyens
11 et 12. A partir des sections du papillon S
p et de la vanne S
v, dans le cas de la figure 3, et à partir de la section S
pm du papillon motorisé dans le cas de la figure 4, de l'avance Av et du temps d'injection
Ti, les modules 13 du calculateur déterminent les valeurs de couple définis précédemment,
soit le couple fourni CMI
+, le couple projeté CP, le couple défini à partir de la masse d'air entrant dans le
collecteur C
AIRPAP et celle sortant du collecteur C
AIRMOT, les consignes des couples fourni CMI
+ cons et projeté CP
cons, les consignes des rendements de richesse µ
Ricons et d'avance µ
Avcons et le rendement de richesse µ
Ri. Des moyens 14 calculent le logarithme de ces valeurs qui entrent dans un régulateur
linéaire quadratique intégral 15, dont le rôle est de reconstituer le vecteur d'état
du modèle de couple et le produit matriciel pour délivrer le logarithme des commandes
de rendement d'avance logµ
Av, du débit d'air de l'actionneur logC
AIRCMD et éventuellement de rendement de richesse logµ
Ri. Des moyens 16 calculent l'exponentielle de ces valeurs, qui est ensuite écrêtée
dans des moyens 17, pour tenir compte des limitations liées au fonctionnement des
actionneurs et du moteur, qui délivrent le rendement d'avance µ
Av, la commande d'air C
AIRCMD et le rendement de richesse µ
Ri.
Des moyens 18 calculent la valeur de l'avance à l'allumage Av à partir du rendement
µ
Av, du régime N, de la pression collecteur P et éventuellement de la richesse Ri.
Des moyens 19 calculent la commande finale de l'actuateur d'air 5, soit la section
de la vanne S
v ou l'ouverture S
pm du papillon motorisé.
Des moyens 20 calculent la richesse Ri à partir de la commande de rendement de richesse
µ
Ri ainsi que d'une table de rendement de richesse en fonction de la richesse. Des moyens
21 calculent ensuite le temps d'injection Ti à partir de cet objectif de richesse
et des conditions de fonctionnement du moteur, telles que la pression dans le collecteur,
le régime, etc ... . A partir de ce temps d'injection, des moyens 22 estiment la richesse
dans chaque cylindre et le rendement de richesse associé.
[0049] Les figures 5 et 6 sont les mêmes schémas fonctionnels du dispositif de régulation
que les figures 3 et 4, respectivement avec un papillon associé à une vanne d'air
et avec un papillon motorisé, mais dans le cas d'un moteur fonctionnant à richesse
unique. Le rendement de richesse µ
Ri et la consigne de rendement de richesse µ
Ricons sont égaux à 1.
[0050] Un premier avantage du procédé de contrôle du moteur selon l'invention vient de l'utilisation
d'une régulation du couple à partir d'un modèle non linéaire du moteur, ce qui permet
au régulateur du calculateur électronique de connaître avec précision les effets des
commandes sur le comportement du moteur et de déterminer les valeurs des commandes
afin de provoquer l'effet attendu.
De plus, l'intérêt de formuler le modèle du couple moteur, décrit par des équations
multiplicatives, par une fonction logarithme est d'obtenir un modèle linéaire unique,
qui décrit en tous points le fonctionnement non linéaire du moteur. Ceci se traduit
par un gain en performance pour la régulation proposée par l'invention par rapport
aux régulations existant actuellement.
D'autre part, la régulation du couple moteur est multivariable, c'est-à-dire qu'elle
agit simultanément sur plusieurs variables de commande pour réguler simultanément
plusieurs variables d'état du fonctionnement du moteur. Ceci est particulièrement
avantageux puisque chacune des variables d'état est ainsi régulée en tenant compte
des couplages entre les différentes variables d'état et de commande, et qu'il est
alors possible d'exploiter la complémentarité des différentes commandes en termes
d'autorité et de rapidité d'action.
Un autre intérêt provient de la définition du couple moteur projeté, qui permet dans
certains modes de fonctionnement, de positionner à l'avance les différentes commandes
de façon coordonnée pour mieux respecter la consigne de couple moteur, en anticipant
la dynamique ou les retards dans le fonctionnement des commandes.
Enfin, cette régulation du couple moteur permet, par l'adjonction de procédés simples,
de prendre en charge la régulation d'autres grandeurs, telle que le régime de ralenti,
sans développement d'un procédé complet de régulation agissant directement sur les
actionneurs. Cet avantage se traduit par une diminution de la complexité et de la
taille des procédés à mettre en oeuvre dans le calculateur électronique du moteur,
ainsi que par une simplification des procédures de calibration et de mise au point
des procédés.

1. Procédé de contrôle du couple d'un moteur à combustion interne, à allumage commandé,
à injection pilotée par un calculateur électronique, disposant d'au moins trois actionneurs
auxquels sont appliqués respectivement une commande d'air, une commande d'allumage
et une commande de richesse du mélange combustible, consistant, à partir d'un modèle
de la production du couple moteur, en une régulation, de type linéaire quadratique
intégrale, de variables d'état de fonctionnement du moteur par action sur des variables
de commande en fonction de variables de consignes et des variables d'état, caractérisé
en ce qu'il comporte les étapes suivantes :
- en phase de développement du moteur :
. modélisation dynamique linéaire de la production du couple moteur au moyen d'une
fonction logarithme et de sa fonction inverse ;
. définition du gain optimal minimisant l'indice de performance quadratique de la
régulation linéaire quadratique intégrale, à partir duquel les variables de commande
(Uk) seront calculées en fonction des variables d'état (Xk) et de consigne (Xsk), et sa mémorisation dans le calculateur ;
- en cours de fonctionnement du moteur, à chaque point mort haut d'ordre k, calcul
des variables d'état (Xk) et des consignes (Xsk), par le calculateur électronique, à partir :
. de la mesure du régime (Nk) et d'une grandeur représentative de la masse d'air réellement absorbée par le moteur
;
. du calcul de la masse d'air (MAIRMOT) sortant du collecteur en fonction du régime et de ladite grandeur ;
. du calcul de la richesse (Ri) et du rendement de richesse (µRi) à partir du temps d'injection et de la masse d'air (MAIRMOT) ;
. du calcul de la masse d'air (MAIRPAP) entrant dans le collecteur en fonction de la masse d'air de commande (MAIRCMD) de l'actionneur;
. du calcul du couple réel (CMI+) et du couple projeté (CP) fournis par le moteur;
puis calcul des variables des commandes (U
k) selon la régulation linéaire quadratique intégrale.
2. Procédé de contrôle du couple selon la revendication 1, caractérisé en ce que la grandeur
représentative de la masse d'air réellement absorbée par le moteur est la pression
(Pk) dans le collecteur, ou le débit d'air entrant dans le collecteur.
3. Procédé de contrôle du couple selon la revendication 2, caractérisé en ce que la modélisation
de la production du couple est définie par quatre équations linéaires obtenues à partir
des effets produits pendant le fonctionnement du moteur par :
- le débit d'air de commande (QAIRCMD) de l'actionneur d'air sur le débit d'air (QAIRPAP) entrant dans le collecteur selon l'équation du premier ordre suivante :

avec Fact : un facteur de filtrage traduisant la dynamique de l'actionneur d'air;
- la masse d'air (MAIRPAP) entrant dans le collecteur par le boîtier papillon sur la masse d'air (MAIRMOT) sortant du collecteur et entrant dans un cylindre, selon l'équation du premier ordre
:

avec Fcol : un facteur de filtrage traduisant la dynamique du collecteur;
- la masse d'air (MAIRMOT) sortant du collecteur, d'une part sur le couple (CMI+) fourni par le moteur en fonction des rendements d'avance (µAv) et de richesse (µRi) et du rendement de combustion de moteur R(Nk,Pk):

et d'autre part, sur le couple projeté (CP) fourni par le moteur en fonction de consignes
de rendement d'avance (µAvcons) et de richesse (µRicons) et du rendement de combustion de moteur R(Nk,Pk):

ces équations étant ensuite linéarisées par calcul de leur logarithme suivi d'un
changement de variable.
4. Procédé de contrôle du couple selon la revendication 3, caractérisé en ce que :
a) les variables d'état (Xk) du fonctionnement du moteur sont :
- les logarithmes de deux grandeurs homogènes à un couple, l'une (CAIRPAP) proportionnelle à la masse d'air (MAIRPAP) entrant dans le collecteur par le boîtier papillon et l'autre (CAIRMOT) proportionnelle à la masse d'air (MAIRMOT) sortant du collecteur;
- les erreurs des logarithmes du couple fourni par le moteur (elogCMI+), du couple projeté (elogCP) et du rendement de la richesse (elogµRi) pour deux points morts hauts consécutifs, erreurs égales à la différence entre le
logarithme des grandeurs mesurées et le logarithme de leurs valeurs de consigne respectives
:



- trois variables définies comme les intégrales en temps discret du couple fourni
(ΣlogCMI+), du couple projeté (ΣlogCP) et du rendement de richesse (ΣlogµRi):



b) les variables de consigne sont les logarithmes de la consigne de couple fourni
(logCMI+cons) du couple projeté (logCPcons) et des rendements d'avance à l'allumage (logµAvcons) et de richesse (logµRicons); et
c) les variables de commande (Uk) des actionneurs du moteur sont les logarithmes (logCAIRCMD) de la grandeur homogène à un couple et proportionnelle au débit d'air de commande
de l'actionneur, et des rendements d'avance à l'allumage (logµAv) et de richesse (logµRi).
5. Procédé de contrôle du couple selon l'une des revendications 1 à 4, caractérisé en
ce que le moteur fonctionne à richesse unique, avec un rendement de richesse égal
à 1.
6. Dispositif de contrôle du couple d'un moteur à combustion interne, à allumage commandé,
à injection pilotée par un calculateur électronique, disposant d'au moins trois actionneurs
auxquels sont appliqués respectivement une commande d'air, une commande d'allumage
et une commande de richesse du mélange mettant en oeuvre le procédé selon l'une des
revendications 1 à 5, caractérisé en ce que le calculateur électronique (9) comprend
:
- des moyens (10) de calcul de la masse d'air (MAIRMOT) sortant du collecteur;
- des moyens (11) de calcul de la richesse (Ri) et des moyens (12) de calcul du rendement
de richesse (µRi) du mélange à partir de ladite masse d'air (MAIRMOT) et du temps d'injection (Ti);
- des modules (13) déterminant, à partir du régime moteur, de la pression collecteur,
de l'ouverture de l'actuateur d'air, de l'avance (Av) et du temps d'injection (Ti),
les valeurs du couple fourni (CMI+), du couple projeté (CP), du couple (CAIRPAP) défini à partir de la masse d'air entrant dans le collecteur et du couple (CAIRMOT) défini à partir de la masse d'air sortant du collecteur, les consignes du couple
fourni (CMI+cons) et du couple projeté (CPcons) , les consignes du rendement de richesse (µRicons) et du rendement d'avance (µAvcons);
- des moyens (14) de calcul du logarithme des valeurs calculées par les moyens (13);
- un régulateur linéaire quadratique intégral (15), recevant en entrée les logarithmes
des couples calculés par les moyens (14) et délivrant le logarithme des commandes
du rendement d'avance (logµAv), du débit d'air de l'actionneur (logCAIRCMD) et du rendement de richesse (logµRi);
- des moyens (16) de calcul de l'exponentielle des valeurs délivrées par le régulateur
(15);
- des moyens (17) d'écrêtage des valeurs délivrées par les moyens (16), pour tenir
compte des limitations liées au fonctionnement des actionneurs et du moteur, délivrant
le rendement d'avance (µAv) , la commande d'air (CAIRCMD) et le rendement de richesse (µRi);
- des moyens (18) de calcul de la valeur de l'avance à l'allumage (Av) à partir du
rendement d'avance (µAv), du régime moteur (N), de la pression collecteur (P) et de la richesse (Ri) éventuellement;
- des moyens (19) de calcul de la commande finale (CAIRCMD) de l'actuateur d'air (5);
- des moyens (20) de calcul de la richesse (Ri) à partir de la commande de rendement
de richesse (µRi) ainsi que d'une table de rendement de couple en fonction de la richesse;
- des moyens (21) de calcul du temps d'injection (Ti) à partir de cet objectif de
richesse et des conditions de fonctionnement du moteur, telles que la pression dans
le collecteur ou le régime;
- des moyens (22) d'estimation, à partir du temps d'injection (Ti), de la richesse
(Ri) dans chaque cylindre et le rendement de richesse associé.
7. Dispositif de contrôle du couple selon la revendication 6, caractérisé en ce que l'actuateur
d'air est un boîtier papillon comprenant un papillon mécanique (6) dont l'ouverture
(Sp) est commandée directement par la pédale d'accélérateur du véhicule et une vanne
(7) d'air additionnel dont l'ouverture (Sv) est commandée par le calculateur électronique (9).
8. Dispositif de contrôle du couple selon la revendication 6, caractérisé en ce que l'actuateur
d'air est un boîtier papillon comprenant un papillon motorisé (8) dont l'ouverture
(Spm) est commandée par le calculateur électronique (9).