[0001] La présente invention concerne un bain d'électrozingage à base de chlorures, un procédé
d'électrodéposition dans ce bain d'un revêtement de protection contre la corrosion
à base de zinc ou d'alliage de zinc sur une surface métallique, notamment sur une
tôle d'acier, ainsi qu'un substrat, notamment en acier, protégé contre la corrosion
par un revêtement réalisé à partir de ce procédé.
[0002] L'invention cherche à résoudre simultanément deux problèmes : diminuer la rugosité
des tôles revêtues tout en améliorant leur résistance à la corrosion.
[0003] Le premier problème concerne donc la rugosité : en effet, après un revêtement électrolytique
de zinc ou d'alliage de zinc sur un substrat métallique, notamment sur une tôle d'acier,
on constate que la rugosité du revêtement peut être différente de la rugosité initiale
du substrat.
[0004] On peut évaluer la rugosité d'une surface de la manière classique suivante : on effectue
plusieurs relevés profilométriques (ou "profils") de la surface, chaque profil étant
filtré en cours d'enregistrement, au moyen d'un filtre électronique passe-haut réduisant
l'amplitude des ondulations dépassant un seuil prédéterminé de filtrage par exemple
à 75% de sa valeur dans le profil après filtrage (le seuil de filtrage est par exemple
de 0,8 mm) ; on représente ensuite l'étalement vertical de ce profil, c'est à dire
la répartition de la profondeur enregistrée par rapport à une ligne de référence donnée
(Ox) ; suivant la normalisation française (AFNOR EO5.015/017/052), cette ligne de
référence (Ox) est la droite menée parallèlement à la direction générale du profil
et passant par ses points supérieurs ; sur l'axe des ordonnées (Oz), tracé perpendiculairement
à Ox, on porte les profondeurs du profil ; l'écart du profil de rugosité par rapport
à la ligne de référence Ox peut être considéré comme une variable aléatoire et l'ensemble
des écarts ou profondeurs forme alors une distribution statistique à partir de laquelle
on calcule la position de ligne moyenne du profil et l'écart moyen arithmétique de
la profondeur par rapport à la ligne moyenne ; cet écart moyen arithmétique est appelé
rugosité arithmétique R
a.
[0005] Les mesures de rugosité R
a révèlent généralement que la rugosité du revêtement est supérieure à celle du substrat
initial, notamment lorsqu'on utilise des bains d'électrolyse à base de chlorures et
notamment lorsque l'on procède au revêtement sous des densités de courant « élevées
».
[0006] On appelle densité de courant « élevée », une densité de courant supérieure à 0,25
x J
lim.
[0007] J
lim est la densité de courant limite, qui correspond au palier de densité de courant
sur la courbe "intensité-potentiel" caractéristique d'un bain d'électrozingage pour
une vitesse relative donnée du bain par rapport à la surface à électrozinguer.
[0008] J
lim correspond aussi à la densité de courant pour laquelle la concentration locale en
ions de zinc du bain devient nulle au voisinage immédiat de la tôle à revêtir.
[0009] J
lim correspond également à la densité de courant à partir de laquelle des phénomènes
électrochimiques autres que la réduction des ions de zinc prennent place sur la surface
à électrozinguer, notamment des dégagements d'hydrogène.
[0010] J
lim correspond donc aussi à la densité de courant à partir de laquelle le rendement électrochimique
(ou faradique) de dépôt de zinc chute sensiblement.
[0011] Ainsi, dans le domaine des faibles densités de courant (inférieures à 0,25 x J
lim), on sait que la rugosité du revêtement dépend essentiellement de la taille des grains
de la couche électrodéposée.
[0012] A l'inverse, dans le domaine des fortes densités de courant (supérieures à 0,25 x
J
lim), qui correspond aux conditions industrielles les plus courantes et à celles de l'invention,
on sait que la rugosité du revêtement dépend essentiellement de la rugosité du substrat.
[0013] La frontière entre ces deux domaines de comportement dépend de la valeur de J
lim., c'est à dire de la composition du bain et des conditions hydrodynamiques d'utilisation.
[0014] Dans les installations industrielles, la recherche de productivité amène à électrodéposer
sous des densités de courant les plus élevées possible ; comme la densité de courant
maximum, utilisable pratiquement, dépend de J
lim , il convient alors d'adapter la composition du bain pour augmenter la valeur de
J
lim ; c'est pourquoi, entre autres, on utilise des bains dont la concentration ionique
est élevée, notamment la concentration en ions Zn2+ (dans le cas de l'électrozingage).
[0015] Ainsi, une densité de courant supérieure à 50 A/dm2 est considérée comme « élevée
» pour un bain classique d'électrozingage à base de chlorures contenant plus de 1
mole/litre d'ions Zn2+ utilisé dans des conditions hydrodynamiques classiques.
[0016] Dans un bain de ce type, la concentration en ions CI- peut dépasser 5 moles/litre.
[0017] L'augmentation de rugosité qu'on obtient après électrodéposition, appelée "prise
de rugosité" ΔR
a , peut être par exemple de l'ordre de 0,5 µm pour une rugosité initiale du substrat
R
a de l'ordre de 1,3 µm.
[0018] Dans l'art antérieur, on a proposé de rajouter dans le bain d'électrozingage des
additifs destinés à diminuer cette prise de rugosité, additifs qu'on a donc appelés
« agents nivelants ».
[0019] Parmi les additifs connus qu'on ajoute dans les bains d'électrodéposition, on distingue
d'une manière classique les « agents nivelants », les « agents brillanteurs » , les
« agents affineurs et les « agents mouillants » (appelés aussi « agents surfactants
»).
[0020] L'effet de ces additifs dépend souvent des conditions d'utilisation du bain, notamment
de la densité de courant appliquée lors du revêtement.
[0021] Un revêtement électrodéposé « nivelé » ou « brillant » présente généralement une
structure de grains fins ; mais, à l'inverse, un revêtement électrodéposé dont la
structure est « affinée » n'est pas pour autant « brillant » ni « nivelé ».
[0022] Un « agent nivelant » ou un « agent brillanteur » est donc en général aussi un «
agent affineur ».
[0023] Un « agent brillanteur » n'est pas forcément « nivelant » ni forcément « mouillant
».
[0024] Un « agent nivelant » n'est pas forcément « brillanteur » ni forcément « mouillant
».
[0025] A titre d'exemple d'utilisation de ces différents agents, le document US 4 229 268
décrit des bains d'électrozingage, à base de chlorures, utilisables sur une large
gamme de valeurs de densité de courant.
[0026] Ces bains contiennent des agents nivelants et brillanteurs, répondant à la formule
générale R-S-(R'-O)
nH ou S[(R'O)
nH]
2.
[0027] L'addition supplémentaire d'agents brillanteurs, choisis par exemple parmi des acétophénones,
peut également renforcer l'effet nivelant.
[0028] On peut encore améliorer les propriétés du revêtement obtenu en rajoutant dans le
bain des naphtols polyoxyalkylés.
[0029] On peut enfin rajouter dans le bain des agents mouillants (ou surfactants) comme
des copolymères d'oxyde d'éthylène et d'oxyde de propylène ; on a en particulier constaté
de bons résultats avec des condensats de polyéthylène glycol de formule générale :
H-O-(CH2-CH2-O)
n-H , notamment pour lesquels :
- n # 20 à 24, de masse moléculaire moyenne comprise entre 950 et 1050 g ;
- n # 68 à 85, de masse moléculaire moyenne comprise entre 3000 et 3700 g.
[0030] Le document FR 2 597 118 décrit des bains d'électrodéposition de revêtements d'alliage
de zinc (Zn-Ni), à base de chlorures ou de sulfates, utilisables sous des densités
de courant pouvant atteindre 215 A/dm2.
[0031] Comme agent brillanteur, on utilise des composés polyoxyalkylénés comme des copolymères
d'oxydes d'alkylène et de groupes R
1 et R
2 de formule générale R
1-O-(CH2-CH2-O)
n-R
2 où n = 10 à 50, où :
- soit R1 = CH3-(CH2)x-CH3 et R2 = H - avec x compris entre 9 et 15,
- soit R1 = H-(CH2)x-Ar- et R2 = -CH2-CH2-OH - avec x compris entre 6 et 15, Ar désignant un noyau benzénique.
[0032] Ces agents brillanteurs ont donc un effet d'affinage structural du revêtement ; ils
sont utilisés dans les bains à des concentrations assez faibles généralement comprises
entre 0,02 et 5 g/l ; on ne décrit aucun effet nivelant.
[0033] Le document EP 0 285 931 décrit des bains d'électrodéposition, généralement à base
de sulfates, pour le revêtement d'alliages de zinc (Zn-Cr) qui contiennent également
des composés polyoxyalkylénés ; ces additifs sont ici des « agents d'incorporation
» destinés à favoriser l'incorporation homogène du chrome (entre 5 et 40%) dans le
revêtement et à améliorer l'aspect « couleur » du revêtement, de façon à éviter des
couleurs gris-noir, ou gris-blanc.
[0034] De la même façon, le document EP 0 342 585 décrit également des bains d'électrodéposition
de revêtement d'alliage de zinc (Zn-Cr), à base de sulfates, qui contiennent des polymères
sur les motifs desquels sont greffés des fonctions « amines quaternaires » dans le
but, essentiellement, de favoriser l'incorporation de chrome (entre 5 et 30%) dans
le revêtement.
[0035] Ces polymères cationiques sont mis en solution dans le bain à des concentrations
pondérales comprises entre 0,005 et 5%.
[0036] L'effet de ces polymères en solution est de favoriser la précipitation du chrome
durant l'électrodéposition, avec lequel, d'ailleurs, ils co-précipitent en très faible
proportion, ce qui améliore la résistance au poudrage du revêtement.
[0037] La teneur en polymère cationique dans le revêtement obtenu peut ainsi atteindre 5%.
[0038] Le document US 4 146 442 décrit des bains d'électrozingage, à base de cyanures (basique)
ou de sulfates ou de chlorures (acide), utilisables sous des densités de courant relativement
faibles (jusqu'à 15 A/dm2).
[0039] Ces bains contiennent des agents mouillants polyglycols à des concentrations comprises
entre 3 et 5 g/l.
[0040] Ainsi, dans les bains d'électrodéposition, notamment d'électrozingage, on peut utiliser
comme "agents mouillants" ou "agents surfactants" des polymères polyéthylène glycol
non substitués ou substitués à une seule extrémité.
[0041] Dans ces mêmes bains d'électrodéposition, on peut utiliser comme « agents brillanteurs
» des composés polyéthylène glycol substitués à au moins une extrémité.
[0042] Les polyéthylène glycol utilisés ici comme agents mouillants ou brillanteurs présentent
un nombre élevé d'oxyde d'éthylène par molécule, au moins égal à 10, généralement
supérieur à 20.
[0043] Ces polymères peuvent être également utilisés dans les bains d'électrodéposition
d'alliage Zn-Cr pour faciliter l'incorporation du chrome dans le dépôt.
[0044] Le document US 5 575 899 (correspondant à FR 2 723 966) décrit un bain aqueux d'électrodéposition
à base de chlorures pour la préparation d'un revêtement d'alliage de zinc et de nickel,
contenant en solution :
- du polyéthylène glycol en tant qu'agent tensio-actif non-ionique (donc agent mouillant),
possédant un poids moléculaire plus faible que précédemment, ici compris entre 400
et 800 g/Mole, en une quantité comprise entre 0,01 et 1 g/l ;
- au moins un composé possédant un doublet électronique libre choisi dans le groupe
comprenant l'acide nicotinique, l'urée, la thio-urée, la nicotinamide, l'acide thioglycolique,
le thiosulfate de sodium, en une quantité comprise entre 0,001 et 1 g/l.
[0045] De préférence, la concentration molaire en ions de zinc ou d'alliage de zinc est
telle que : 1≤(|Zn
2+|+|Ni
2+|) ≤4 Mole/l, |Cl
-|> 4 M/I
[0046] De préférence, on procède à l'électrodépôt Zn-Ni à l'aide de ce bain sous un densité
de courant comprise entre 50 et 150 A/dm2.
[0047] Selon ce document, la fonction du polyéthylène glycol est d'améliorer la mouillabilité
de la surface à revêtir ; le choix de masse moléculaire est déterminant : en deçà
de 400, on rencontre des problèmes de brûlage sur les bords - au delà de 800, l'incorporation
de nickel baisse sensiblement dans le dépôt Zn-Ni.
[0048] Ce document décrit principalement un moyen pour empêcher :
- l'apparition, sur la surface revêtue, de taches de forme aciculaire résultant d'hétérogénéités
d'écoulement du bain sur la surface de la tôle,
- le brûlage sur les bords de la tôle revêtue.
[0049] Ainsi, le « composé possédant un doublet électronique libre » est destiné à empêcher
la croissance des cristaux qui se déposent dans les parties de la surface où l'écoulement
du bain est perturbé, « étant donné que la paire libre d'électrons est adsorbée sur
la surface » ; on utilise de préférence un composé portant une liaison C=C (double).
[0050] L'objet du document JP 58136793 concerne un bain électrolytique contenant de nouveaux
agents de lissage. Ce document décrit des bains acides électrolytiques pour le dépôt
d'une couche de zinc sur une bande d'acier, et contenant les composants suivants :
- sels de zinc (10 à 30 g/l),
- sels conducteurs : NH4Cl, (NH4)2SO4, NH4BF4, KCl, H3BO3 (20 à 350 g/l),
- agents de lissage : polyethylèneoxydiacide de formule générale HOOC-CH2-(CH2CH2O-)n-CH2COOH et/ou polyéthylèneoxydiamine, avec n compris entre 1 et 1000, (0,01 à 30
g/l) , et des additifs optionnels tels que
- agents de freinage de polymérisation : acide benzoïque, acide phtalique, acide salycilique
(0,1 à 20 g/l)
- agents de brillance : cétone ou aldéhyde aromatique (0,01 à 3 g/l) Naphtalènesulfonate
de sodium ou urée phényléthylique (0,1 à 20 g/l)
[0051] Aucun des autres documents cités précédemment ne décrit l'utilisation de polyéthylène
glycol comme agent nivelant ; comme agent nivelant, le document US 4 229 268 déjà
cité décrit un composé de type : R-S-(R'-O)
nH ou S[(R'O)
nH]
2 , R' étant un radical alkylène et n étant notamment égal à 2 ; l'inconvénient d'un
tel agent nivelant réside d'une part dans ses odeurs nauséabondes et sa toxicité,
d'autre part dans sa faible solubilité dans les bains d'électrodéposition fortement
chargés en sels, comme les bains d'électrozingage à base de chlorures utilisables
à des densités de courant élevées.
[0052] L'invention a donc pour but de fournir un agent nivelant pour bain d'électrozingage
ne présentant pas ces inconvénients.
[0053] Le deuxième problème que cherche à résoudre l'invention concerne donc l'amélioration
de la résistance à la corrosion de tôles d'acier : il est classique de leur appliquer
à cet effet, un revêtement métallique électrodéposé de protection, notamment un revêtement
à base de zinc ou d'alliage de zinc.
[0054] Pour des conditions déterminées d'électrodéposition, l'efficacité de protection est
en général proportionnelle à l'épaisseur du revêtement.
[0055] A l'inverse, à épaisseur donnée de revêtement, on recherche des conditions d'électrodéposition
permettant d'atteindre l'efficacité maximale de protection.
[0056] Pour évaluer l'efficacité de la protection apporté par un revêtement protecteur d'épaisseur
connue E sur un substrat donné, on peut procéder comme suit :
[0057] On crée un pile électrochimique ayant comme anode l'échantillon à tester (substrat
+ revêtement), comme cathode une plaque de même nature que le substrat (sans revêtement),
et comme électrolyte une solution aqueuse de chlorure de sodium à une concentration
de 0,03 mole/litre, et on mesure le courant électrique de décharge de ladite pile
en fonction du temps ; on repère le temps Tp au bout duquel le courant de décharge
chute brutalement à un niveau beaucoup plus faible (cette chute brutale du courant
correspond à l'apparition de la corrosion sur l'échantillon, sous forme de rouille
rouge) ; ce temps Tp correspond donc au temps de protection contre la corrosion que
confère le revêtement au substrat ; la durée de la protection étant proportionnelle
à l'épaisseur du revêtement, on rapporte le temps Tp à l'épaisseur E ; la valeur obtenue
T
ps = T
p/E est spécifique de la nature du revêtement et peut être considérée comme indicatrice
de l'efficacité spécifique de protection du revêtement.
[0058] Le document EP 0 472 204 décrit un revêtement de protection contre la corrosion,
à base de zinc ou d'alliage de zinc, contenant 0,001 à 10 % (exprimé en carbone) d'un
composé polymère acrylique ou métacrylique de formule : -CH2-CRR'-CO-X-(CH2)
n-NR"R'" , où X = NH ou O.
[0059] Le composé polymère présente de préférence un poids moléculaire élevé, supérieur
à 1000, pour éviter des problèmes de mise en forme ; le poids moléculaire doit néanmoins
rester inférieur à 1000000 pour permettre une solubilisation suffisante du composé
dans le bain d'électrozingage.
[0060] Ce revêtement « composite » offre une bonne aptitude à la mise en forme et surtout
à la mise en peinture (adhérence et efficacité de la protection de la couche de peinture)
mais ne présente pas d'efficacité spécifique de protection remarquable.
[0061] Pour préparer un tel revêtement, on utilise des bains aqueux d'électrozingage dont
le pH est inférieur à 4.
[0062] L'avantage de ce composé organique en solution dans le bain d'électrodéposition est
qu'il permet de contrôler la localisation du courant électrique due à la rugosité
de la surface du substrat et peut ainsi contribuer à la préparation de revêtements
à surface douce et uniforme, voire à surface uniformément brillante.
[0063] La concentration de ce composé organique ne doit cependant pas être trop élevée dans
le bain, pour éviter d'augmenter trop sensiblement la viscosité ; l'augmentation de
la viscosité empêcherait de créer les conditions hydrodynamiques permettant l'utilisation
de densités de courant élevées.
[0064] Les exemples donnés dans ce document indiquent que, selon la concentration de polymère
solubilisé dans le bain d'électrodéposition, la teneur en carbone dans le revêtement
qu'on obtient varie par exemple comme suit: 0,2 g/l, 7 g/l et 10 g/l dans le bain
donnent respectivement 0,01 %, 0,6 % et 0,7-0,8% de carbone dans le revêtement.
[0065] Outre le fait que l'addition de composés polymères acryliques ou méthacryliques dans
un bain d'électrozingage n'augmente pas ici l'efficacité spécifique de protection
du revêtement obtenu par ce bain, l'utilisation de ces composés n'est pas envisageable
dans des bains à base de chlorures dont le pH doit rester supérieur à 4 pour offrir
de bons rendements faradiques.
[0066] L'utilisation de ces composés n'est pas envisageable non plus parce que, pour pouvoir
effectuer le revêtement de zinc ou d'alliages de zinc sous des densités de courant
élevées, il convient que le bain contienne de fortes concentrations en sels solubles
(KCl, ZnCl2, ...) et que, dans de tels bains, les composés polymères acryliques ou
métacryliques ne sont plus suffisamment solubles pour pouvoir être incorporés dans
le revêtement en cours d'électrodéposition.
[0067] Dans le cas de dépôts d'alliages de zinc et de nickel tel que décrit dans le document
US 5 575 899 à l'aide d'un bain à base de chlorures sous une densité de courant élevée
(50 à 150 A/dm2), on ne constate aucune amélioration de l'efficacité spécifique de
protection (voir résultats présentés dans l'exemple 10), du fait, notamment, de la
présence de « composé possédant un doublet électronique libre » dans le bain et malgré
la présence de polyéthylène glycol dans le bain.
[0068] Par ailleurs, dans ce document, seuls quatre exemples (4, comp.2, 13, comp.6) utilisent
un polyéthylène glycol de poids moléculaire moyen inférieur à 600 ; les quatorze autres
exemples et les six autres exemples comparatifs utilisent généralement du polyéthylène
glycol de poids moléculaire moyen égal à 600, parfois supérieur à 600 (ex. 14 : 750).
[0069] Or, l'exemple comparatif 1 ci-après montre bien que l'addition, dans le bain d'électrodéposition,
d'un polymère polyéthylène glycol de masse moléculaire moyenne de l'ordre de 600 n'a
aucun effet significatif sur l'efficacité spécifique de la protection apportée par
le revêtement (ici, du zinc pur), même en l'absence de « composé possédant un doublet
électronique libre ».
[0070] L'invention a pour but de fournir un agent nivelant pour des bains d'électrozingage
à base de chlorures, permettant d'obtenir, avec un bon rendement faradique et sous
des densités de courant élevées, des revêtements présentant une efficacité spécifique
de protection contre la corrosion sensiblement améliorée.
[0071] L'invention a pour objet un bain aqueux d'électrodéposition à base de chlorures pour
la préparation d'un revêtement à base de zinc ou d'alliage de zinc,
- dont le pH est supérieur à 4,
- dont la concentration molaire en ions de zinc ou d'alliage de zinc est supérieure
à 1 mole/litre,
- ne contenant pas de « composé possédant un doublet électronique libre » choisi dans
le groupe comprenant le thiosulfate de sodium, l'acide nicotinique, l'urée, la thio-urée,
la nicotinamide et l'acide thioglycolique,
- contenant en solution au moins un polymère polyéthylène-glycol répondant à la formule
générale R1-O-(CH2-CH2-O)n-R2,
caractérisé en ce que :
- en premier lieu, n ≤ 13,
- en deuxième lieu, la concentration dudit polymère dans le bain est adaptée pour incorporer
dans ledit revêtement un composé organique à une teneur pondérale supérieure à 0,1%,
exprimée en poids de carbone par rapport au poids dudit revêtement,
- en troisième lieu :
soit R1 et/ou R2 sont des atomes d'hydrogène et ledit polymère présente une masse moléculaire moyenne
M inférieure à 500 g/mole,
soit R1 et R2 sont des groupements substituants d'extrémité de chaîne, différents ou identiques,
choisis parmi :
- des groupements non substitués, alkyls (-CmH2m+1) ,alkènes (-CmH2m-1), ou alkynes (-CmH2m-3).
- des groupements substitués en position terminale alkyl (CmH2m-R3), alkènes (CmH2m-2-R3), ou alkynes (CmH2m-4-R3),
où -R
3 = -Q-R
4 (éthers ou "oxy"), -COO-R
4 (esters ou "carboxy") ou -COOM (sel d'acide carboxylique), -SO3-R
4 ("sulfonyl") ou -SO3-M (sel d'acide sulfonique), -CO-R
4 (cétone), -N=R
4 ou

(amine), -S-R
4 ("thio"), ou -C≡N (nitrile),
où R
4, R
5 est choisi parmi H, un groupement alkyl (-C
mH
2m+1), alkène (-C
mH
2m-1), ou alkyne (-C
mH
2m-3),
la valeur de m étant suffisamment faible pour que ledit polymère soit soluble à
ladite concentration dans le bain.
[0072] Le bain selon l'invention peut également présenter une ou plusieurs des caractéristiques
suivantes :
- la masse moléculaire moyenne M dudit polymère est supérieure à 150 g/mole.
- la concentration dudit polymère dans le bain est comprise entre 10-4 et 10-1 mole/litre.
- R1 et R2 sont des atomes d'hydrogène.
- R1 = R2 = -CH2-COOH.
[0073] On considère que le bain ne contient pas de « composé possédant un doublet électronique
libre » dès lors que la concentration mesurée est inférieure à 0,001 g/l.
[0074] L'invention a également pour objet un procédé d'électrodéposition d'un revêtement
à base de zinc ou d'alliage de zinc sur une bande de tôle d'acier dans lequel :
- on fait défiler ladite bande dans un bain d'électrodéposition selon l'invention,
- et on fait passer un courant électrique d'électrodéposition entre ladite bande servant
de cathode et au moins une anode disposée dans ledit bain face à ladite bande,
caractérisée en ce que la densité moyenne de courant, mesurée sur la portion de
ladite bande faisant face à l'au moins une anode, est supérieure à 0,25 x J
lim , où J
lim est la densité de courant limite, qui correspond au palier de densité de courant
sur la courbe "intensité-potentiel" caractéristique dudit bain d'électrozingage pour
une vitesse de défilement donnée de ladite bande par rapport à ce bain.
[0075] L'invention a également pour objet une tôle d'acier revêtue d'une couche de protection
contre la corrosion à base de zinc ou d'alliage de zinc préparée par le procédé selon
l'invention, caractérisée en ce que ladite couche contient plus de 0,1%, de préférence
plus de 0,65%, en poids (exprimé en carbone) d'un composé organique.
[0076] De préférence, dans l'épaisseur de ladite couche et en dehors de la zone d'interface
acier-couche, la teneur en carbone est supérieure ou égale à 0,5 % en poids.
[0077] La teneur en carbone peut être mesurée par spectroscopie de décharge luminescente
de manière à obtenir une courbe « C » d'évolution de la teneur en carbone dans l'épaisseur
de ladite couche, comme illustré à la figure 4 qui concerne l'exemple 6 ; on appelle
« teneur en carbone dans l'épaisseur de la couche en dehors de la zone d'interface
acier-couche » la teneur en carbone mesurée sur cette courbe « C » sans prendre en
compte le pic d'interface « Ci » décrit à l'exemple 6.
[0078] L'invention sera mieux comprise à l'aide de la description qui suit, donnée à titre
d'exemple non limitatif, et en référence :
- - aux figures 1 à 3 qui concernent l'exemple 8 et représentent en ordonnée le coefficient
de frottement plan-plan d'échantillons de tôle électrozinguées (figures 2 et 3 : selon
l'invention) sur une échelle croissante de 0 à 0,27 par incréments de 0,03 et en abscisse
la pression de serrage au niveau du frottement sur une échelle croissante de 0 à 800
105 Pa par incréments de 100.105 Pa.
- à la figure 4 qui concerne l'exemple 6 et représente un spectre « SDL » (Spectroscopie
de Décharge Luminescente) d'un échantillon d'acier revêtu de zinc selon l'invention,
les courbes Zn, C, Fe représentant respectivement la teneur (ordonnée) en Zn, C, Fe
dans la profondeur du revêtement (abscisse).
- aux figures 5 à 15 qui concernent l'exemple 7 et représentent des spectres « SDL »
d'échantillons d'acier revêtus de zinc, chaque spectre comprenant trois courbes comme
à la figure 4.
[0079] On cherche à réaliser, en continu et sous forte densité de courant, un revêtement
électrolytique à base de zinc sur une bande d'acier pour la protéger efficacement
contre la corrosion tout en limitant la prise de rugosité.
[0080] L'installation d'électrodéposition est connue en elle-même et ne sera pas décrite
ici en détail ; elle comprend une succession de cellules d'électrolyse.
[0081] Chaque cellule d'électrolyse comprend une cuve, un rouleau conducteur de support
de bande et des anodes solubles en zinc ou en alliage de zinc faisant face audit rouleau.
[0082] En vue de procéder au revêtement de la bande d'acier, on prépare un bain d'électrodéposition
contenant en solution des ions de zinc.
[0083] Le bain d'électrodéposition est un bain classique à base de chlorures, connu en lui-même,
permettant l'électrodéposition à rendement élevé sous des densités de courant élevées,
notamment supérieures à 50 A/dm2, c'est à dire par exemple présentant un pH supérieur
à 4 et une concentration en ions Zn2+ supérieure à 1 mole/litre.
[0084] Dans ce bain, selon l'invention, on dissout au moins un polymère polyéthylène-glycol
répondant à la formule générale R
1-O-(CH2-CH2-O)
n-R
2 avec n ≤ 13 et où :
- soit R1 et/ou R2 sont des atomes d'hydrogène et ledit polymère présente une masse moléculaire moyenne
M inférieure à 500 g/mole,
- soit R1 et R2 sont des groupements substituants d'extrémité de chaîne, différents ou identiques,
choisis parmi :
- des groupements non substitués, alkyls (-CmH2m+1) ,alkènes (-CmH2m-1), ou alkynes (-CmH2m-3).
- des groupements substitués en position terminale alkyl (CmH2m-R3), alkènes (CmH2m-2-R3), ou alkynes (CmH2m-4-R3),
où -R
3 = -O-R
4 (éthers ou "oxy"), -COO-R
4 (esters ou "carboxy") ou -COOM (sel d'acide carboxylique), -SO3-R
4 ("sulfonyl") ou -SO3-M (sel d'acide sulfonique), -CO-R
4 (cétone), -N=R
4 ou

(amine), -S-R
4 ("thio"), ou -C≡N (nitrile),
où R
4, R
5 est choisi parmi H, un groupement alkyl (-C
mH
2m+1), alkène (-C
mH
2m-1), ou alkyne (-C
mH
2m-3).
[0085] Selon l'invention, le bain ne contient pas de composés organiques soufrés tels que
ceux qui sont décrits comme agents nivelants et brillanteurs dans le document US 4
229 268.
[0086] On fait circuler le bain d'électrodéposition dans les cellules d'électrodépostion
de telle sorte que la vitesse relative du bain au voisinage de la bande soit supérieure
à 30 m/minute, généralement comprise entre 80 et 160 m/minute, ce qui correspond à
des conditions hydrodynamiques classiques en production industrielle.
[0087] De préférence, on maintient la température du bain d'électrolyse entre 55°C et 65°C.
[0088] La concentration molaire en polyéthylène-glycol dissout dans le bain doit être adaptée
pour obtenir, dans les conditions d'emploi du bain, un revêtement à base de zinc ou
d'alliage de zinc incorporant un composé organique à une teneur supérieure à 0,1%
(exprimée en carbone) ; les exemples illustrent l'adaptation de cette concentration
dans le bain.
[0089] De préférence, la concentration molaire en polyéthylène-glycol dissout dans le bain
est comprise entre 10
-4 et 10
-1 mole/litre.
[0090] Par ailleurs, la valeur m concernant les groupements de substitution du polyéthylène-glycol
doit être suffisamment faible pour que le polymère soit soluble à des concentrations
suffisantes.
[0091] Pour procéder au revêtement de la bande d'acier, tout en faisant défiler la bande
dans chaque cellule de l'installation sur les rouleaux conducteurs, on fait passer
un courant électrique entre ladite bande formant cathode et les anodes.
[0092] On applique une densité de courant supérieure à 0,25 x J
lim., où J
lim. est la densité limite de courant précédemment définie qui dépend de la nature du
bain d'électrozingage mais aussi de la vitesse de circulation du bain au voisinage
de la bande.
[0093] Pour un bain chlorure selon l'invention circulant à une vitesse comprise entre 100
et 150 m/min. par rapport à la bande, la valeur de J
lim. est en général proche de 140-150 A/dm2.
[0094] Ainsi, la densité de courant électrique doit être supérieure à 35 A/dm2 ; elle est
en pratique généralement comprise entre 50 A/dm
2 et 140 A/dm
2.
[0095] On adapte également les conditions d'électrodéposition, par exemple la vitesse de
défilement de la bande d'acier dans l'installation, pour obtenir une épaisseur de
revêtement suffisante pour une protection efficace de la bande contre la corrosion
; cette épaisseur est généralement comprise entre 3 et 15 micromètres.
[0096] On obtient ainsi une bande d'acier revêtue d'une couche de protection à base de zinc
contenant un composé organique de même nature ou dérivé du polyéthylène-glycol contenu
dans le bain selon l'invention.
[0097] Le bain d'électrodéposition selon l'invention permet d'obtenir des revêtements de
très bonne qualité, c'est à dire notamment à la fois peu rugueux et fortement résistants
à la corrosion.
[0098] Cet effet simultané de nivellement et d'amélioration de l'efficacité spécifique de
protection contre la corrosion est atteint grâce au produit polymère ajouté dans le
bain d'électrozingage et au composé organique incorporé au revêtement ; pour obtenir
cet effet, il importe que la teneur en carbone dans le revêtement soit supérieure
à 0,1 %.
[0099] Le revêtement selon l'invention présente une rugosité inférieure à celle que présenterait
un revêtement réalisé dans les mêmes conditions sur le même substrat, mais avec un
bain d'électrodéposition classique ne contenant pas de ce produit polymère.
[0100] L'effet nivelant apporté par le produit polymère dans des conditions de densité de
courant élevée s'accompagne d'un effet affineur apportant une texture de revêtement
particulièrement homogène.
[0101] Le revêtement selon l'invention apporte à la bande d'acier une résistance à la corrosion
nettement améliorée par rapport à celle que conférerait un revêtement de même épaisseur
en zinc pur ou alliage de zinc pur selon l'art antérieur, préparé dans les mêmes conditions
à partir d'un bain d'électrodéposition classique ne contenant pas de ce produit polymère.
[0102] Lorsqu'on recherche un niveau prédéterminé de protection contre la corrosion, on
peut donc se contenter de revêtements de plus faible épaisseur que dans l'art antérieur,
ce qui présente un avantage économique certain.
[0103] Avantageusement, cette diminution d'épaisseur s'accompagne d'une diminution des risques
de fissuration du revêtement (en cas de déformation de la tôle).
[0104] Outre cet effet de nivellement et d'amélioration de l'efficacité spécifique de protection
contre la corrosion, on a constaté que les revêtements selon l'invention présentaient
des propriétés tribologiques intéressantes et offraient, en cas de mise en peinture,
une adhérence très forte à la couche de peinture.
[0105] Soumis au frottement après huilage, ces revêtements offrent largement moins de broutage
que des revêtements identiques préparés à l'aide de bains d'électrozingage classiques.
[0106] Cet avantage au niveau des propriétés tribologiques permet notamment de faciliter
les opérations de mise en forme, notamment d'emboutissage, de tôles électrozinguées.
[0107] Si on applique une couche de peinture par électrophorèse sur ces revêtements, on
constate que la couche de peinture adhère beaucoup mieux que sur des revêtements identiques
préparés à l'aide de bains d'électrozingage classiques.
[0108] Les exemples suivants illustrent l'invention :
Exemple 1 :
[0109] Cet exemple a pour but d'illustrer le niveau élevé de protection contre la corrosion
et la faible prise de rugosité qu'on obtient en utilisant des bains d'électrodépostion
selon l'invention contenant des polyéthylène-glycols non substitués.
[0110] On utilise des échantillons de tôle d'acier nu, découpés en forme de disque.
[0111] Dans une cellule d'électrodéposition de laboratoire, du type à électrode tournante,
on prépare un bain d'électrolyse selon la composition suivante :
- Zn 2+ (sous forme ZnCl2) : 1,6 moles/litre
- KCI : 5,3 moles/litre
- Polyéthylène-Glycol dit "PEG 300" : concentration c variable.
représenté par la formule générale H-O-(CH2-CH2-O)
n-H , où n est compris entre 6 et 7, dont la masse moléculaire moyenne vaut environ
300 g.
[0112] Le pH du bain est de 5 et sa température maintenue à 63°C environ.
[0113] On met ensuite en rotation l'échantillon immergé dans le bain à une vitesse de rotation
de V = 2500 t/min.
[0114] On dépose ensuite une couche de zinc sur cet échantillon d'acier en faisant passer,
entre la tôle d'acier formant cathode (ici tournante) et des anodes plongeant dans
le bain, un courant électrique tel que la densité de courant par unité de surface
de la tôle soit de environ J = 80 A/dm2, ce qui représente une densité de courant
élevée.
[0115] On maintient cette densité de courant jusqu'à ce que le revêtement atteigne une épaisseur
de environ 10 µm.
[0116] On a reporté au tableau 1, pour différentes concentrations c de PEG 300 dans le bain
:
- l'efficacité spécifique de protection contre la corrosion que le revêtement apporte
à la tôle ; cette efficacité est évaluée ici par le terme Tps tel que défini précédemment; on considère que la précision de mesure de Tps est de l'ordre de ± 0,5 Heure/µm.
- la prise de rugosité ΔRa telle que définie précédemment ; on considère que la précision de mesure de ΔRa est de l'ordre de ± 0,01 µm.
[0117] A titre de comparaison, on a reporté, sous l'intitulé "référence", les résultats
obtenus sur un revêtement préparé de la même façon à la différence près que le bain
ne contient pas de PEG 300 mais un additif commercial dénommé USSP de la Société US
Steel.
Tableau I :
| bains contenant du PEG 300 |
| Bain d'électrolyse |
Concentration c (Mole/litre) |
Temps protection Tps (Heure/µm) |
Prise de rugosité ΔRa (µm) |
| Référence (USSP) |
- |
10 |
0,13 |
| PEG 300 |
10-3 |
14 |
0,06 |
| PEG 300 |
10-2 |
14 |
0,10 |
| PEG 300 |
3.10-2 |
15 |
|
| PEG 300 |
5.10-2 |
15 |
|
[0118] On constate donc que le bain d'électrozingage permet de limiter la prise de rugosité
lorsque la concentration en « PEG 300 » reste inférieure ou égale à 10
-2 molaire et que le revêtement obtenu résiste mieux à la corrosion que le revêtement
de référence.
[0119] Le revêtement obtenu selon l'invention se présente sous forme de grains de taille
très homogène, de environ 0,2 µm, et contient un composé organique de même nature
ou dérivé du produit polymère introduit selon l'invention dans le bain d'électrozingage.
Exemple comparatif 1 :
[0120] Cet exemple a pour but d'illustrer l'importance du nombre n de radicaux « éthoxy
» du polyéthylène-glycol qu'on utilise dans le bain d'électrodéposition (selon la
formule H-O-(CH2-CH2-O)
n-H).
[0121] On procède comme dans l'exemple 1 à la différence près qu'on utilise un polyéthylène-glycol
dit « PEG 600 » , dont la masse moléculaire moyenne est proche de 600 et pour lequel
n vaut environ 14, soit une valeur supérieure à la limite que prévoit l'invention.
[0122] On obtient alors les résultats reportés au tableau II, présentés d'une manière analogue
à ceux du tableau I.

[0123] On constate alors que l'addition d'un tel polymère dans le bain n'a aucun effet significatif
sur l'efficacité spécifique de la protection apportée par le revêtement.
Exemple 2 :
[0124] Cet exemple a pour but d'illustrer le niveau élevé de protection contre la corrosion
et la faible prise de rugosité qu'on obtient en utilisant des bains d'électrodépostion
selon l'invention contenant des polyéthylène-glycols substitués aux deux extrémités
de chaîne.
[0125] On prépare des échantillons revêtus dans les mêmes conditions que dans l'exemple
1 à la différence près qu'on remplace le PEG 300 par du potyéthylèneglycolbiscarboxyméthyléther
(ou PEGbiCOOH 250 ) de formule générale R
1-O-(CH2-CH2-O)
n-R
2, où R
1 = R
2 = -CH2-COOH et où n = 3 environ, la masse moléculaire moyenne M valant ici environ
250 g/mole.
[0126] Les résultats obtenus en termes de tenue à la corrosion (T
ps) et de prise de rugosité ΔR
a sont reportés au tableau III ci-après.
Tableau III :
| bains contenant du PEGbiCOOH 250 |
| Bain d'électrolyse |
Concentration c (Mole/litre) |
Temps protection Tps (Heure/µm) |
Prise de rugosité ΔRa (µm) |
| Référence (USSP) |
- |
10 |
0,13 |
| PEGbiCOOH 250 |
10-2 |
13 |
0,08 |
| PEGbiCOOH 250 |
5.10-2 |
15 |
0,06 |
[0127] Comme dans l'exemple 1, on constate donc que le bain d'électrozingage permet de limiter
la prise de rugosité, du moins pour des concentrations en « PEGbiCOOH 250 » comprises
entre 1 et 5 10
-2 molaire, et que le revêtement obtenu résiste mieux à la corrosion que le revêtement
de référence.
Exemple 3 :
[0128] Cet exemple a pour but d'illustrer le niveau élevé de protection contre la corrosion
et la faible prise de rugosité qu'on obtient en utilisant des bains d'électrodépostion
selon l'invention contenant des polyéthylène-glycols substitués aux deux extrémités
de chaîne, mais avec un degré de polymérisation supérieur à celui de l'exemple 2.
[0129] On prépare des échantillons revêtus dans les mêmes conditions que dans l'exemple
2 à la différence près qu'on remplace le PEGbiCOOH 250 par un produit de même formule
générale mais davantage polymérisé, appelé « PEGbiCOOH 600 », pour lequel n = 11 environ,
la masse moléculaire moyenne M valant environ 600 g/mole.
[0130] Les résultats obtenus en terme de tenue à la corrosion (T
ps) et de prise de rugosité (ΔR
a) sont consignés au tableau IV ci-après.
Tableau IV:
| bains contenant du PEGbiCOOH 600 |
| Bain d'électrolyse |
Concentration c (Mole/litre) |
Temps protection Tps (Heure/µm) |
Prise de rugosité ΔRa (µm) |
| Référence (USSP) |
- |
10 |
0,13 |
| PEGbiCOOH 600 |
0,5.10-3 |
12,5 |
- 0,15 |
| PEGbiCOOH 600 |
10-3 |
12,5 |
- 0,05 |
[0131] On constate donc que, dans les conditions d'utilisation du bain d'électrodéposition
et dans le cas de polymères polyéthylène-glycols de type « PEGbiCOOH », on parvient,
même pour des concentrations très faibles, à une diminution de rugosité après dépôt,
alors même que l'efficacité spécifique de la protection du revêtement contre la corrosion
est augmentée.
Exemple 4 :
[0132] Cet exemple a pour but d'illustrer le niveau d'incorporation de composé organique
dans les revêtements de protection selon l'invention.
[0133] Sur un échantillon d'aluminium qui est un substrat réputé « non adhérent », on prépare
un « pré-dépôt » de zinc d'une épaisseur de 3 µm, dans les mêmes conditions que celles
de l'exemple 3, à la différence près qu'on ne rajoute pas de polyéthylène-glycol dans
le bain d'électrozingage.
[0134] Par dessus ce pré-dépôt, on poursuit l'électrodéposition dans des bains identiques
à ceux de l'exemple 3 jusqu'à obtenir une épaisseur de 100 µm environ.
[0135] On détache le revêtement obtenu de son substrat d'aluminium, ce qui permet de doser
le carbone total contenu dans le revêtement ; grâce au pré-dépôt, on isole du substrat
le polymère éventuellement contenu dans ce revêtement.
[0136] On dose ensuite le carbone contenu dans le revêtement à l'aide d'un appareil classique
de dosage de carbone comprenant un four à induction (référence commerciale LECO HF-100)
couplé à un analyseur infra-rouge.
[0137] Les résultats obtenus figurent au tableau V.
Tableau V:
| bains PEGbiCOOH 600 - taux de carbone dans le revêtement. |
| Bain d'électrolyse |
Concentration c (Mole/litre) |
Taux pondéral de C dans le revêtement en %. |
| Référence (USSP) |
- |
- |
| PEGbiCOOH 600 |
0,5.10-3 |
de 0,1 à 0,4 % |
| PEGbiCOOH 600 |
10-3 |
de 0,5 à 1 % |
[0138] Le revêtement obtenu selon l'invention contient donc du carbone - donc un composé
organique - en quantité significative, proportionnelle à la concentration de polymère
polyéthylène-glycol rajouté dans le bain d'électrozingage selon l'invention.
[0139] Cette évaluation de l'incorporation d'un composé organique dans le revêtement selon
l'invention ne permet pas de rendre compte de phénomènes d'incorporation spécifiques
de l'interface substrat-revêtement (contrairement à l'exemple 7).
Exemple 5 :
[0140] Cet exemple a pour but d'illustrer l'importance des conditions d'utilisation du bain
d'électrozingage selon l'invention sur les propriétés du revêtement, en termes de
résistance à la corrosion et de prise de rugosité (ΔR
a).
[0141] On prépare des bains identiques à ceux de l'exemple 2, contenant, selon l'invention,
du PEGbiCOOH 250 à différentes concentrations.
[0142] On opère cette fois sur des échantillons d'acier en forme de plaques de environ 300
cm2 de surface.
[0143] Pour préparer des revêtements à partir de ces bains, on utilise cette fois une cellule
d'électrodéposition où l'échantillon (plaque) est mis en position fixe face à l'anode
et où on fait circuler le bain d'électrozingage entre l'échantillon servant de cathode
et l'anode à une vitesse d'écoulement constante de 150 m/minute.
[0144] Les échantillons sont ainsi revêtus d'une couche à base de zinc d'épaisseur de l'ordre
de 10 µm en utilisant des densités de courant comprises entre 50 et 140 A/dm2.
[0145] Pour ces bains d'électrozingage et leurs conditions de vitesse d'écoulement par rapport
à la surface à revêtir, on estime que la valeur de la densité de courant limite J
lim. est proche de 140 A/dm2.
[0146] Le domaine de densités de courant 50 à 140 A/dm2 correspond donc bien à un domaine
où la rugosité du revêtement dépend essentiellement de la rugosité du substrat («
effet de pointes »), et non pas de la taille des grains.
[0147] Sur chaque échantillon revêtu, on évalue la tenue à la corrosion cosmétique, outre
la tenue à la corrosion perforante (T
ps) et la prise de rugosité (ΔR
a) comme précédemment.
[0148] Pour effectuer les tests de tenue à la corrosion cosmétique sur ces échantillons
revêtus, il convient au préalable de les peindre d'une manière standard ; cette mise
en peinture comprend, d'une manière classique, un traitement de phosphatation, l'application
d'une première couche de peinture par cataphorèse, puis d'une deuxième couche dite
d'apprêt, enfin d'une troisième couche de laque.
[0149] Après cette mise en peinture standardisée, on pratique une rayure sur la tôle revêtue
et peinte, à l'aide d'un appareil normalisé adapté pour former une rayure de largeur
environ 0,5 mm jusqu'au niveau du métal de la tôle.
[0150] Afin d'évaluer la résistance à la corrosion cosmétique, on soumet ensuite les échantillons
revêtus, peints et rayés à des cycles climatiques.
[0151] Chaque cycle élémentaire dure une semaine et se décompose comme suit :
- 24 heures sous brouillard salin en enceinte climatique (selon la norme NF 41 002),
puis rinçage à l'eau bi-permutée et essuyage,
- 4 jours en chambre climatique décomposés comme suit :
- de 9 H à 17 H : 40°C et 95 à 100% d'humidité relative,
- de 17 H à 9 H : 20°C et 70 à 75 % d'humidité relative,
- 2 jours en chambre de séchage : 20°C et 60 à 65% d'humidité.
[0152] On observe et on mesure la largeur moyenne de dégradation de la rayure, dite « largeur
de cloquage », sur chaque échantillon, après, dans le cas présent, 14 cycles climatiques.
[0153] Cette largeur de cloquage permet d'évaluer la résistance à la corrosion cosmétique
: plus la largeur est faible, meilleure est la résistance à la corrosion.
[0154] Les résultats obtenus en termes de tenue à la corrosion (temps de protection T
ps et largeur de cloquage ) et de prise de rugosité (ΔR
a) sont consignés aux tableaux VI, VII, VIII et IX ci-après, respectivement pour des
densités de courant J = 50, 80, 110 et 140 A/dm2.
Tableau VI :
| bains contenant du PEGbiCOOH 250 - J = 50 A/dm2 |
| Bain d'électrolyse |
Concentration (Mole/litre) |
Protection Tps (H/µm) |
Cloquage largeur (mm) |
Prise rugosité ΔRa (µm) |
| Référence (USSP) |
- |
10,2 |
1,5 |
0,10 |
| PEGbiCOOH 250 |
10-2 |
12,4 |
1,5 |
0,00 |
| PEGbiCOOH 250 |
5.10-2 |
14,5 |
1 |
0,10 |
Tableau VII :
| bains contenant du PEGbiCOOH 250 - J = 80 A/dm2 |
| Bain d'électrolyse |
Concentration (Mole/litre) |
Protection Tps (H/µm) |
Cloquage largeur (mm) |
Prise rugosité ΔRa (µm) |
| Référence (USSP) |
- |
10,5 |
1,5 |
0,18 |
| PEGbiCOOH 250 |
10-2 |
12,4 |
1,75 |
0,08 |
| PEGbiCOOH 250 |
5.10-2 |
14,0 |
1,25 |
0,18 |
Tableau VIII :
| bains contenant du PEGbiCOOH 250 - J = 110 A/dm2 |
| Bain d'électrolyse |
Concentration (Mole/litre) |
Protection Tps (H/µm) |
Cloquage largeur (mm) |
Prise rugosité ΔRa (µm) |
| Référence (USSP) |
- |
10,6 |
1,5 |
0,27 |
| PEGbiCOOH 250 |
10-2 |
12,0 |
1,75 |
0,15 |
| PEGbiCOOH 250 |
5.10-2 |
13,0 |
1,0 |
0,27 |
Tableau IX :
| bains contenant du PEGbiCOOH 250 - J = 140 A/dm2 |
| Bain d'électrolyse |
Concentration (Mole/litre) |
Protection Tps (H/µm) |
Cloquage largeur (mm) |
Prise rugosité ΔRa (µm) |
| Référence (USSP) |
- |
10,7 |
1,5 |
0,28 |
| PEGbiCOOH 250 |
10-2 |
12,4 |
1,75 |
0,20 |
| PEGbiCOOH 250 |
5.10-2 |
13,0 |
0,75 |
0,28 |
[0155] Sur la ligne « référence », on constate que la prise de rugosité augmente avec la
densité de courant, passant de 0,1 µm sous 50 A/dm2 à 0,27-0,28 µm sous 110 A/dm2
et au-delà.
[0156] Ces résultats indiquent que, par rapport à la référence dans les mêmes conditions
de densité de courant, la prise de rugosité diminue sensiblement à une concentration
de 10
-2 molaire de « PEGbiCOOH 250 » dans le bain, mais reste comparable à la référence pour
une concentration supérieure (5 10
-2 molaire) ; il convient donc d'adapter la concentration en polymère dans le bain pour
optimiser l'effet nivelant.
[0157] Pour le même additif « PEGbiCOOH 250 », l'exemple 2 indiquait que la prise de rugosité
diminuait à une concentration de 10
-2 molaire, et surtout diminuait encore plus fortement (sans atteindre cependant 0,1
µm) à une concentration supérieure (5 10
-2 molaire).
[0158] On déduit donc que l'optimum de concentration en agent nivelant selon l'invention
(ici « PEGbiCOOH 250 ») dépend de ses conditions d'utilisation.
[0159] Les exemples illustrant l'invention montrent qu'il existe un effet « seuil » pour
la concentration en polymère dans le bain d'électrozingage selon l'invention, au delà
duquel la prise de rugosité entraînée par le revêtement ne diminue plus en fonction
de la concentration ; cet effet de seuil a d'ailleurs été déjà décrit pour d'autres
agents nivelants que ceux de l'invention, comme pour le chlorure de tétrabutyle ammonium
(M. Sanchez Cruz : F. Alonso ; J.M. Palacios dans J. of Applied Electrochemistry ,
Vol. 20 - 1990 - p 611 : « The effect of the concentration of TBACI on the electrodeposition
of zinc from chloride and perchlorate electrolytes »).
[0160] Sur le plan de la résistance à la corrosion, les tableaux de résultats VI à IX montrent
que :
- dans les conditions d'utilisation du bain de cet exemple, l'efficacité spécifique
de protection contre la corrosion perforante des revêtements (Tps) dépend peu des densités de courant sous lesquelles ils ont été réalisés (à condition
de rester dans le domaine J > 0,25 x Jlim.), mais essentiellement de la concentration en polymère dans le bain d'électrozingage,
qui est liée à la concentration en composé organique incorporé dans le revêtement
lui-même (selon les exemples 4 et 6).
- la résistance à la corrosion cosmétique (inversement proportionnelle à la largeur
de cloquage) est identique ou se dégrade par rapport à celle de la référence pour
une concentration de 10-2 molaire de « PEGbiCOOH 250 » dans le bain, mais s'améliore significativement pour
une concentration supérieure (5 10-2 molaire) ; le résultat de ce test étant également significatif de l'aptitude à la
mise en peinture des échantillons revêtus par cataphorèse (cf. tests d'adhérence :
exemple 9), il reste difficile d'en tirer des conclusions spécifiques sur la résistance
à la corrosion.
Exemple 6 :
[0161] Cet exemple a pour but d'illustrer l'incidence de la concentration en polymère de
type polyéthylène-glycol dans le bain d'électrozingage sur la prise de rugosité (ΔR
a), sur l'efficacité spécifique de protection (T
ps) et sur le niveau d'incorporation de composé organique dans le revêtement obtenu
(taux de C), en utilisant cette fois le dispositif d'électrodéposition de l'exemple
5 dans les conditions suivantes :
- température du bain : environ 63°C.
- vitesse d'écoulement de l'électrolyte contre la tôle à revêtir : 100 m/min.
- densité de courant : 80 A/dm2.
- épaisseur des dépôts : 8 à 10 µm.
[0162] Le bain de référence contient 5,3 moles/litre de chlorure de potassium (Kcl), 1,6
mole/litre de chlorure de zinc (ZnCI2) et 0,7 à 1 ml/litre d'additif référencé USSP
de la Société US Steel.
[0163] Cet additif USSP contient essentiellement du polyéthylène-glycol de masse moléculaire
moyenne proche de 600, du benzoate de sodium et de l'acide borique.
[0164] En dehors du bain de référence, les bains d'électrozingage utilisés conformément
à l'invention sont préparés par addition de polymère polyéthylène-glycol dans ce bain
de référence.
[0165] La quantité de polyéthylène-glycol apportée par l'additif USSP dans ces bains est
très largement inférieure à celle qu'on ajoute par ailleurs aux bains selon l'invention.
[0166] Pour évaluer la teneur en carbone dans le revêtement, on procède ici par spectroscopie
de décharge luminescente (« SDL ») ; on obtient alors un spectre tel que représenté
à la figure 4.
[0167] Ce spectre représente en ordonnée la concentration en élément et en abscisse la profondeur
d'érosion.
[0168] En se reportant à la figure 4, la spectroscopie de décharge luminescente donne alors
l'évolution, dans la profondeur de l'échantillon à partir de sa surface revêtue, de
la teneur en zinc (signal « Zn », décroissant au niveau de l'interface revétement-substrat),
de la teneur en fer (signal « Fe », croissant au niveau de l'interface revêtement-substrat)
et de la teneur en carbone (signal «C»).
[0169] Pour évaluer la teneur en carbone dans le revêtement, on a mesuré l'aire comprise
sous la courbe formée par le signal « C ».
[0170] On remarque que la courbe « C » forme un pic en « Ci » positionné environ au niveau
de l'interface entre le revêtement de zinc et la tôle d'acier ; ce pic « Ci » traduit
une surconcentration en composé organique à l'interface.
[0171] Pour évaluer la teneur en carbone dans l'épaisseur du revêtement en excluant la zone
d'interface acier-zinc, on mesurerait l'aire comprise sous la courbe formée par le
signal « C » sans prendre en compte le pic « Ci ».
[0172] Les résultats obtenus sont présentés en fonction de la nature et de la concentration
c de polymère dans le bain d'électrolyse aux tableaux X pour des revêtements de 10
µm d'épaisseur et au tableau XI pour des revêtements de 8 µm d'épaisseur.
Tableau X :
| Bains PEGbiCOOH - revêtements 10 µm |
| Bain d'électrolyse |
Concentr. c (Mole/litre) |
Taux de C (en %) |
T. protection Tps (H/µm) |
P. rugosité ΔRa (µm) |
| Référence (USSP) |
- |
0,05% |
11 |
0,28 |
| PEGbiCOOH 600 |
0,5 10-3 |
0,5 % |
11 |
0,10 |
| PEGbiCOOH 600 |
1,5 10-3 |
0,65 % |
11,5 |
0,04 |
| PEGbiCOOH 600 |
2,0 10-3 |
0,8 % |
13 |
0,02 |
| PEGbiCOOH 600 |
3,0 10-3 |
1 % |
13,5 |
0,08 |
| PEGbiCOOH 250 |
5.10-2 |
0,3 % |
14 |
0,16 |
Tableau XI :
| Bains PEGbiCOOH - revêtements 8 µm |
| Bain d'électrolyse |
Concentr. c (Mole/litre) |
Taux de C (en %) |
T. protection Tps (H/µm) |
P. rugosité ΔRa (µm) |
| Référence (USSP) |
- |
- |
9 |
0,23 |
| PEGbiCOOH 600 |
0,5 10-3 |
- |
11,8 |
0,12 |
| PEGbiCOOH 600 |
2,0 10-3 |
- |
- |
0,08 |
| PEGbiCOOH 600 |
3,0 10-3 |
- |
13,0 |
0,11 |
| PEGbiCOOH 250 |
5.10-2 |
- |
13,8 |
0,13 |
[0173] En ce qui concerne la prise de rugosité, on remarque :
- que les résultats concernant le « PEGbiCOOH 250 » diffèrent de ceux de l'exemple 5
; cette différence pourrait être attribuée à l'additif commercial USSP présent dans
les bains de l'exemple 6 mais absent dans les bains de l'exemple 5.
- que les résultats concernant le « PEGbiCOOH 600 » comparés à ceux de l'exemple 3,
montrent que - comme pour le « PEGbiCOOH 250 » : cf. conclusions de l'exemple 5 -
il existe un « optimum » de concentration de polymère dans le bain (« effet seuil
») et que la valeur de cet optimum dépend ici non seulement de ses conditions d'utilisation
mais aussi des autres constituants du bain (additif USSP par exemple).
[0174] En ce qui concerne la teneur en carbone dans le revêtement, on observe que le produit
« PEGbiCOOH 600 » donne des revêtements plus riche en carbone que le produit « PEGbiCOOH
250 » ; cette différence est moins grande si l'on exprime l'incorporation dans le
revêtement en « nombre de molécules - ou chaînes - de polymère ».
Exemple 7 :
[0175] Cet exemple a pour but d'illustrer l'influence de la densité de courant d'électrozingage
et de la concentration en polyéthylène-glycol dans les bains selon l'invention sur
le niveau et l'endroit d'incorporation de composé organique dans les revêtement de
zinc obtenu.
[0176] On prépare des échantillons dans les mêmes conditions que dans l'exemple 6 (bains
d'électrozingage additivés de « PEGbiCOOH 600 », épaisseur 10 µm) sous différentes
densités de courant (20 à 140 A/dm2) et on évalue comme dans l'exemple 6 le taux de
carbone incorporé dans les revêtements obtenus.
[0177] Les spectres « SDL » des revêtements obtenus sont représentés d'une manière analogue
à celle de la figure 4 :
- aux figures 5, 6, 7 pour le bain de référence à, respectivement, 20, 80 et 140 A/dm2.
- aux figures 8 à 12 pour des bains contenant 1 10-3 mole/litre de « PEGbiCOOH 600 » à, respectivement, 20, 50, 80, 110 et 140 A/dm2.
- aux figures 13 à 15 pour des bains contenant 2 10-3 mole/litre de « PEGbiCOOH 600 » à, respectivement, 20, 50 et 80 A/dm2.
[0178] Sur chaque figure, on repère la courbe de teneur en carbone par comparaison de cette
figure avec celle de la figure 4 décrite en détail à l'exemple 6.
[0179] Les résultats obtenus sont récapitulés au tableau XII.

[0180] Le tableau XII montre que la densité de courant et la concentration en polymère polyèthylène-glycol
dans le bain ont une incidence sur la quantité de composé organique incorporée dans
le revêtement.
[0181] L'influence de la concentration en polymère polyèthylène-glycol dans le bain avait
déjà été illustrée par l'exemple 4 à une densité de courant élevée (80 A/dm2).
[0182] A faible densité de courant (20 A/dm2, figures 8 et 13), le revêtement incorpore
peu de composé organique.
[0183] Pour des densités de courant supérieures (J > 0,25 x J
lim.), l'évolution de l'incorporation de composé organique en fonction de la densité de
courant est différente selon qu'il s'agit d'incorporation au coeur du revêtement ou
à l'interface revêtement-acier, comme l'illustrent les figures 9 à 12, 14 et 15 ;
sur la figure 12, la concentration en carbone à l'interface atteint presque le double
de la concentration en carbone au coeur du revêtement (cf. pic « Ci » de la figure
4, très prononcé ici).
[0184] On peut déduire de ces résultats les éléments suivants :
- la teneur en carbone dans l'épaisseur de la couche, en dehors de la zone d'interface
acier-zinc (zone du pic « Ci »), croit avec la densité de courant puis reste à peu
près constante au delà d'une densité de courant située 80 et 110 A/dm2 (« effet de
seuil ») ;
- la teneur en carbone à l'interface acier-zinc (hauteur du pic « Ci ») croît régulièrement
avec la densité de courant, sans effet de seuil.
[0185] En comparant les figures 8 à 12 et les figures 13 à 15, on constate que le seuil
de concentration de carbone dans l'épaisseur de la couche est plus élevé à la concentration
2.10-3 M/I qu'à la concentration 1.10-3 M/I de « PEGbiCOOH 600 » ; or, les résultats
des tableaux X et XI (exemple 6) concernant ce polymère montrent une amélioration
plus importante de l'efficacité spécifique de protection contre la corrosion (T
ps) dès que le taux de carbone dépasse 0,65% dans le revêtement ; on estime que, dans
ce cas, la teneur en carbone, mesurée uniquement dans l'épaisseur de ladite couche
et en dehors de la zone d'interface acier-couche, est supérieure ou égale à 0,5 %
en poids ; on évalue cette « teneur en carbone dans l'épaisseur de la couche en dehors
de la zone d'interface acier-couche » en mesurant l'aire sous la courbe « C » sans
prendre en compte le pic d'interface « Ci ».
Exemple 8 :
[0186] Cet exemple a pour but d'illustrer l'incidence, de l'additif polymère introduit dans
les bains d'électrodéposition selon l'invention et de l'incorporation de ce polymère
dans le revêtement électrodéposé à partir de ce bain, sur les propriétés tribologiques
du revêtement.
[0187] On procède aux essais tribologiques dans un tribomètre classique adapté pour mesurer
le coefficient de frottement de type « plan-plan » d'un échantillon contre une surface
« standard » en augmentant progressivement la pression de serrage de cet échantillon
contre cette surface.
[0188] Tous les échantillons sont revêtus comme dans l'exemple 7 sous une densité de courant
de 80 A/dm2.
[0189] Avant le test de frottement, les échantillons sont tous huilés de la même façon à
l'aide d'une huile référencée 4107S de la Société FUCHS qui n'est pas considérée comme
une huile spécialement adaptée pour l'emboutissage.
[0190] Les résultats obtenus sont représentés aux figures 1 à 3 et récapitulés au tableau
XIII.
Tableau XIII :
| propriétés tribologiques du revêtement. |
| Bain d'électrozingage |
cf. |
Coefficient de frottement |
| Additif |
Conc. c M/l |
Figure |
mini |
moyen |
maxi |
| Référence |
- |
1 |
0,05 |
0,14 |
0,23 |
| PEGbiCOOH 600 |
2 10-3 |
2 |
0,06 |
0,13 |
0,18 |
| PEGbiCOOH 250 |
5 10-2 |
3 |
0,09 |
0,14 |
0,20 |
[0191] On constate donc, surtout à l'analyse des figures, que l'addition de polyéthylène-glycol
au bain d'électrodépostion selon l'invention permet de réaliser des revêtement à base
de zinc qui présentent de meilleures propriétés tribologiques : en effet, le frottement
sur des revêtements selon l'invention présente beaucoup moins de broutage que le frottement
sur un revêtement classique réalisé à partir du même bain mais sans additif.
[0192] Cet avantage est particulièrement précieux pour la mise en forme, notamment par emboutissage,
de tôles électrozinguées.
Exemple 9 :
[0193] Cet exemple a pour but d'illustrer les caractéristiques exceptionnelles d'adhérence
aux peintures qu'offrent les revêtement à base de zinc ou d'alliages de zinc réalisés
selon l'invention, notamment dans le cas de peintures appliquées par électrophorèse.
[0194] Dans des conditions analogues à celles de l'exemple 6, on prépare deux types d'échantillons
de tôles zinguées :
- des échantillons dits de référence (USSP seulement comme additif dans le bain d'électrozingage),
- des échantillons selon l'invention dans un bain additivé de 1 10-3 mole/litre de « PEGbiCOOH 600 ».
[0195] Ces échantillons sont enduits de peinture par cataphorèse selon deux modalités différentes
:
- mode 1 : phosphatation (épaisseur 3 µm) puis enduction ;
- mode 2 : enduction directe, sans phosphatation préalable.
[0196] Les conditions d'enduction sont identiques dans les deux modes : on utilise en particulier
le même bain de cataphorèse référencé PPG 742 (Société PPG).
[0197] Sur les échantillons peints, on effectue ensuite des tests d'adhérence de peinture
de la manière suivante :
- on plonge les échantillons peints dans l'eau bipermutée à 50°C pendant 10 jours ;
- puis, après séchage, à l'aide d'un outil coupant de type « cutter » (en langue anglaise),
on effectue sur la couche de peinture des rayures suffisamment profondes pour atteindre
le métal sous la peinture ; on réalise en fait un quadrillage de rayures sur une surface
de 1 cm2 d'échantillon, les lignes de rayures étant équidistantes de 1 mm environ
les unes des autres.
- on déforme ensuite l'échantillon au niveau de la surface quadrillée de la manière
suivante : comme pour un test dit « Erichsen », on appuie un poinçon hémisphérique
(diamètre : 20 mm) à tête polie sur la face opposée à la surface quadrillée et on
l'enfonce sur 8 mm de profondeur, l'échantillon étant bloqué dans une matrice annulaire
(serre-flan).
- on applique un ruban plastique auto-adhésif par pression (de type « Scotch ») sur
le quadrillage à l'endroit de la déformation ;
- on arrache ensuite le ruban et on mesure, à l'endroit du quadrillage, la proportion
de la surface qui n'est plus couverte par la couche de peinture.
[0198] Les résultats obtenus sont reportés au tableau XIV.
Tableau XIV :
| tests d'adhérence de peinture. |
| Bain d'électrodéposition |
Modalité d'application de la peinture : |
% de surface découverte après test d'adhérence. |
| Référence (USSP) |
mode 1 |
90 à 100% |
| id. |
mode 2 |
100% |
| PEGbiCOOH à 1.10-3 M/l |
mode 1 |
0% |
| id. |
mode 2 |
40% |
[0199] On constate donc que les couches de peinture, notamment lorsqu'elles sont appliquées
par cataphorèse, adhèrent très fortement aux revêtement à base de zinc ou d'alliages
de zinc lorsqu'ils sont réalisés à partir de bains d'électrodéposition selon l'invention.
Exemple 10 :
[0200] Cet exemple a pour but de montrer que l'introduction de certains additifs dans les
bains d'électrodéposition, en plus du polyéthylène glycol selon l'invention, a pour
effet d'annihiler ou de limiter sensiblement les effets de l'invention, notamment
au niveau de l'incorporation de composé organique dans le revêtement et de l'amélioration
de l'efficacité spécifique de protection de ce revêtement.
[0201] On procède dans les mêmes conditions que dans l'exemple 6 de manière à réaliser des
dépôts d'épaisseur 10 µm à partir des différents bains suivants :
- bain n°1 : bain de référence identique à celui de l'exemple 6,
- bain n°2 conforme à l'invention, préparé à partir du bain n°1 auquel on a ajouté 2.10-3 Mole/litre de « PEGbiCOOH 600 »,
- bain n°3, conforme au document US 5 575 899 déjà cité, préparé à partir du bain n°2
auquel on a ajouté 1 g/l de thiosulfate de sodium à titre de « composé possédant un
doublet électronique libre ».
[0202] Les résultats obtenus en termes d'efficacité spécifique de protection Tps, d'incorporation
de composé organique dans le revêtement (Taux de C, en unités arbitraires ou « u.a.
» - mesure de l'aire sous pic « C
i » de la courbe « SDL » de teneur en carbone du type de celle de la figure 4), et
de morphologie du revêtement sont reportés au Tableau XV.
[0203] Le taux d'incorporation de soufre (« Taux de S ») dans le revêtement a également
été évalué par spectroscopie de décharge luminescente, selon la même méthode de mesure
que pour le carbone (« Taux de C »), en unités arbitraires (« u.a »).
Tableau XV :
| Incidence d'autres additifs sur le revêtement et ses propriétés. |
| Bain |
T.protection Tps (H/µm) |
Taux de C (en u.a.) |
Taux de S (en u.a.) |
Morphologie du revêtement |
| n°1 |
10,5 |
≤0,5 |
0,2 |
homogène et affiné |
| n°2 |
13,5 |
2,0 |
0,2 |
homogène et très affiné (paillettes) |
| n°3 |
11,4 |
≤0,5 |
3,0 |
hétérogène : zones affinées et zones non affinées. |
[0204] On déduit de ces résultats que l'introduction dans le bain selon l'invention d'un
« composé possédant un doublet électronique libre » comme le thiosulfate de sodium
a totalement inhibé l'incorporation de composé organique dans le revêtement (le taux
de carbone est identique à celui de la référence) et a fait perdre l'amélioration
d'efficacité spécifique de protection du revêtement.
[0205] On est donc dissuadé d'utiliser les bains d'électrodéposition décrits dans le document
US 5 575 899 pour mettre en oeuvre l'invention.
[0206] On constate parallèlement que le bain n°3 incorpore un composé soufré en lieu et
place du composé organique selon l'invention.
Exemple 11 :
[0207] Cet exemple a pour but d'illustrer l'utilisation des bains d'électrodéposition selon
l'invention pour dépôt d'alliage de zinc, en l'occurence un alliage de zinc et de
nickel.
[0208] Le bain de référence (n°1) utilisé contient les éléments suivants :
- chlorure de zinc (ZnCl2) : 2,8 Moles/litre - chlorure de nickel : 0,35 M/I.
- chlorure de potassium (Kcl) : 4,36 M/I.
[0209] On prépare deux bains selon l'invention en rajoutant au bain n°1 :
- n°2 : 0,5 g/l de « PEGbiCOOH 600 »,
- n°3 : 1,0 g/l de « PEGbiCOOH 600 ».
[0210] A partir de ces bains et en utilisant le dispositif d'électrodéposition de l'exemple
5, on prépare des revêtements Zn-Ni selon les modalités suivantes :
- densité de courant : 2 modalités : 50 et 70 A/dm2,
- vitesse d'écoulement de l'électrolyte par rapport à la tôle : 2 modalités : 100 m/min.
et 150 m/min.
[0211] Tous les revêtements obtenus présentent la même teneur en nickel (13% à 14% en poids),
ce qui montre que le polymère ajouté au bain conformément à l'invention (en l'occurence
ici, le « PEGbiCOOH 600 ») n'a pas d'influence sur la teneur en élément d'alliage
(en l'occurence, le nickel) dans le revêtement.
[0212] L'effet obtenu par l'utilisation du bain selon l'invention est donc tout à fait différent
de celui apporté par les composés polyoxyalkylénés du document EP 0 285 931 (déjà
cité) ou par les additifs polymères décrits dans le document EP 0 342 585 dans les
bains d'électrodéposition d'alliage zinc-chrome, qui sont destinés à augmenter la
teneur en chrome dans le revêtement.
[0213] Par ailleurs, pour toutes les modalités de dépôt selon cet exemple, les revêtements
obtenus présentent une très bonne adhérence au substrat (pour le test d'adhérence,
on plie à 180° la tôle revêtue, on applique un ruban adhésif Scotch® sur l'arête pliée
puis on arrache le ruban, et on vérifie que le revêtement entraîné par l'arrachement).