[0001] La présente invention se rapporte à un procédé pour éviter les fraudes sur un taximètre
ou sur un chronotachygraphe.
[0002] Un taximètre est, de manière très générale, un appareil qui a pour objet d'indiquer
le prix à payer pour une course effectuée par le taxi, ce prix dépendant de plusieurs
paramètres, dont entre autres la distance parcourue par le taxi, c'est-à-dire finalement
le nombre de tours de roue effectué par ce véhicule pendant la course.
[0003] Le capteur utilisé pour la mesure de ce nombre de tours de roue est alors le capteur
normalement associé au tableau de bord du véhicule et donc relié au compteur qui indique
à la fois la vitesse instantanée de ce véhicule et le kilométrage parcouru par celui-ci.
[0004] Les véhicules modernes sont pratiquement tous équipés d'un capteur électromagnétique
ou électronique du nombre de tours de roue, dit « capteur électronique » qui est prévu
au niveau de la boite de vitesses, et qui est équipé d'un connecteur de sortie sur
lequel on vient brancher un câble qui recueille et véhicule les impulsions électriques
représentatives du nombre de tours de roue jusqu'au compteur de vitesse qui équipe
le tableau de bord. Le tableau de bord est alors classiquement équipé d'une sortie
auxiliaire, qui est électriquement connectée en parallèle sur ce câble, et sur laquelle
on vient brancher l'entréc correspondante du taximètre : les impulsions qui sont véhiculées
sur ce câble alimentent donc simultanément le compteur de vitesse du véhicule et le
taximètre.
[0005] La situation est assez similaire en ce qui concerne les chronotachygraphes dont les
camions doivent obligatoirement être équipés, et qui, comme on le sait, servent à
au moins enregistrer sur un disque la vitesse du camion, les kilomètres parcourus,
ct le temps de travail du chauffeur. Il est alors généralement prévu d'intercaler,
sur le câble qui relie le capteur au compteur de vitesse, un adaptateur électronique
qui est alimenté par la batterie à travers un fusible et qui délivre des impulsions,
déduites de celles délivrées par le capteur, en direction du chronotachygraphe auquel
cet adaptateur est relié par un câble électrique prévu à cet effet.
[0006] Ces deux types d'appareils de mesure, taximètres ou chronotachygraphes, sont plombés
par les Services des Poids et Mesures, mais ceci ne suffit malheureusement pas pour
éviter des fraudes de plus en plus fréquentes.
[0007] Une forme de fraude constatée fréquemment à ce jour consiste à brancher, entre le
capteur et le taximètre ou le chronotachygraphe, un petit générateur d'impulsions
auxiliaire dont la fréquence est commandée par celle des impulsions du capteur et
qui délivre en conséquence des impulsions dont la fréquence diffère, dans un rapport
défini qui est par exemple de l'ordre de 1,2, de celle des impulsions délivrées par
ce capteur.
[0008] S'agissant d'un taximètre par exemple, la fréquence des impulsions qui lui sont effectivement
appliquées est alors choisie de 1,2 fois supérieure à celle des impulsions délivrées
par le capteur, de sorte que tout se passe comme si le taxi roulait à une vitesse
1,2 fois supérieure à sa vitesse réelle, ce qui se répercute sur le prix affiché qui
est alors 1,2 fois supérieur au prix que le client devrait effectivement payer.
[0009] Dans le cas d'un chronotachygraphe au contraire, l'appareil du fraudeur est alors
réglé pour délivrer des impulsions de fréquence 1,2 fois inférieure à celle des impulsions
du capteur et, pour le chronotachygraphe, tout se passe comme si le camion roulait
à une vitesse 1,2 fois inférieure à sa vitesse réelle.
[0010] Bien entendu, ce rapport est la plupart du temps réglable manuellement.
[0011] L'invention vise donc à interdire toute fraude basée sur une falsification de l'information
de vitcsse qui est délivrée au taximètre ou au chronotachygraphe.
[0012] Elle se rapporte à cet effet à un procédé pour éviter les fraudes sur un taximètre
ou sur un chronotachygraphe, associés l'un à un taxi et l'autre à un camion équipés
l'un et l'autre d'un capteur qui fournit, à ce taximètre ou à ce chronotachygraphe,
une information électrique, telle qu'un train d'impulsions, qui est représentative
de la vitesse du véhicule. Selon l'invention, on déclenche une action anti-fraude
si l'on constate que la tension, appliquée au taximètre ou au chronotachygraphe et
représentative de ladite vitesse du véhicule, est modulée en amplitude. Typiquement,
cette action anti-fraude consiste à interdire le fonctionnement du taximètre ou chronotachygraphe.
[0013] Avantageusement, on procède par échantillonnage de ladite tension pour déterminer
si celle-ci est modulée en amplitude.
[0014] Selon une forme particulière, dans le cas où les signaux, issus du capteur et normalement
appliqués au taximètre ou chronotachygraphe, sont des signaux carrés ou rectangulaires,
on analyse les niveaux hauts et/ou les niveaux bas de ladite courbe, et on déclenche
l'action anti-fraude si, sur un temps donné, y a suffisamment de valeurs de ces niveaux
qui sont extérieures à une bande de tolérance, de par exemple quelques dixièmes de
Volts, autour de la valeur moyenne de l'un et/ou l'autre de ces niveaux.
[0015] De toute façon, l'invention sera bien comprise, et tous ses avantages et différentes
caractéristiques ressortiront mieux, lors de la description suivante d'un exemple
non limitatif de réalisation appliqué à un taximètre, en référence au dessin schématique
annexé dans lequel :
- Figure 1 est un schéma synoptique du circuit électrique de ce taximètre.
- Figure 2 est un ensemble de trois courbes qui facilitent la compréhension de l'invention
[0016] En se reportant à la figure 1, la référence 1 désigne le capteur électronique tachymétrique
qui est monté sur le véhicule pour faire fonctionner le taximètre 2.
[0017] Un capteur tachymétrique dit « électronique » de véhicule automobile est un transducteur
qui teste un organe mécanique rotatif du véhicule, la vitesse de rotation de cet organe
mécanique étant représentative du nombre de tours de roue effectué par le véhicule,
et le signal électrique généralement alternatif fourni par ce transducteur correspondant
à des impulsions électriques représentatives de ce nombre de tours de roue. Traditionnellement,
cet organe mécanique rotatif est le plus souvent un des pignons de la boite de vitesses.
Cependant, les véhicules modernes sont maintenant de plus en plus souvent pourvus
d'un système de freinage dit « A.B.S. » qui emploie un capteur électronique pour chaque
roue du véhicule, et l'on utilise alors un de ces capteurs pour faire aussi fonctionner
le taximètre. Généralement, ces véhicules sont équipés de freins à disque sur les
quatre roues, et en conséquence chaque capteur électronique est un capteur de proximité
qui vient tester la présence d'encoches qui sont pratiquées à cet effet sur l'arête
extérieure du disque de freinage.
[0018] Le capteur 1, qui est donc en pratique placé soit au niveau de la boite de vitesses
soit au niveau d'une des roues du véhicule, délivre donc sur ses bornes de sortie
3, 4 des impulsions représentatives du nombre de tours de roue effectué par le véhicule.
[0019] Ces impulsions sont appliquées d'une part, par les connexions 5, 6 au taximètre 2,
et d'autre part, par les connexions 7, 8 aux circuits de comptage de vitesse et de
totalisation kilométrique qui font partie du tableau de bord du véhicule, ainsi qu'éventuellement
aux circuits de freinage « A.B.S. » de ce véhicule.
[0020] Dans le taximètre 2, les impulsions en provenance du capteur 1 sont tout d'abord
appliquées à un amplificateur 9 de séparation, par exemple de gain sensiblement égal
à 1, dont les signaux de sortie sont appliqués sur une des entrées 10 d'un microprocesseur
11 qui constitue l'unité logique centrale, ou « C.P.U. », de ce taximètre.
[0021] En particulier, le microprocesseur 11 reçoit, par des pressions exercées sur des
boutons poussoirs 12-15 placés sur la face avant du taximètre, des signaux de commande
qui sont par exemple soit des signaux de tarifs ou de fonctionnement du taximètre,
soit des signaux de paramétrage du taximètre, soit des signaux de code.
[0022] Quoi qu'il en soit, lorsque le microprocesseur 11 reçoit des impulsions en provenance
du capteur 1 sur son entrée 10, il émet en réponse, sur une sortie 16, des impulsions
dont la fréquence est représentative, compte tenu des paramètres préalablement introduits
dans le microprocesseur 11 par le clavier 12-15, du nombre de tours de roue effectué,
depuis la dernière mise en route du taximètre au moyen du clavier 12-15. par le véhicule.
[0023] Ces impulsions sont appliquées, comme il se doit, au circuit 18 de comptage et d'affichage
du prix à payer.
[0024] Une fraude possible consiste à brancher en série sur la ligne tachymétrique de sortie
du capteur 1, par exemple entre les bornes 3, 4 ou les bornes 19, 20 de dérivation
des connexions 5 et 6, un générateur d'impulsions qui multiplie le rythme des impulsions
entrantes par un facteur déterminé (ajustable manuellement le cas échéant), par exemple
un facteur 1, 2.
[0025] On a représenté sur la figure 2 les trois courbes A, B, C de variation de la tension
V, en Volts, en fonction du temps t, des signaux qui sont effectivement appliqués,
par l'entrée 5,6, au taximètre 2 dans les 3 cas suivants :
- Courbe A : signaux effectivement appliqués en l'absence de fraude ; il s'agit ici
de signaux carrés de niveaux hauts F de l'ordre de 10 Volts et de niveaux bas G de
l'ordre de 0 Volts.
- Courbe B : signaux rectangulaires, de mêmes amplitudes mais de fréquence de 20% supérieure
à celle des signaux A, qui seraient appliqués par un fraudeur sur cette même entrée
5,6 à l'aide d'un générateur d'impulsions d'impédance 5 fois supérieure à celle du
capteur 1.
- Courbe C : signaux alors effectivement appliqués au taximètre 2, par superposition
des signaux réguliers A et des signaux de fraude B, compte tenu des différences d'impédances.
[0026] On constate alors que les signaux de la courbe C sont bien des signaux sensiblement
rectangulaires et donc constitués en pratique d'une succession de niveaux hauts de
valeur moyenne D, et de niveaux bas de valeur moyenne E.
[0027] En revanche, la largeur de chaque créneau est celle des créneaux de la courbe de
fraude B, ce qui signifie que les impulsions de la courbe C ont la même fréquence
que celles du générateur d'impulsions du fraudeur, de sorte que le taximètre va mesurer
une vitesse de 20% supérieure à la vitesse réelle du taxi, et donc afficher un prix
de 20% supérieur au prix réel.
[0028] Conformément à l'invention, et donc pour éviter ce type de fraude basé sur une falsification
du train d'impulsions émis par le capteur 1, le microprocesseur 11 analyse, par échantillonnage,
les signaux qui lui sont appliqués sur son entrée 10.
[0029] Il prélève donc un grand nombre d'échantillons successifs, par exemple plusieurs
centaines dont au moins plusieurs dans chaque période du signal, sur un intervalle
de temps déterminé.
[0030] Il calcule la valeur moyenne des niveaux hauts et la valeur moyenne des niveaux bas.
En supposant qu'il y a fraude, il s'agit alors des valeurs D, par exemple de 11 Volts,
et E, par exemple de 1 Volt, de la courbe C.
[0031] Il définit alors, de part et d'autre de chaque valeur moyenne, une relativement très
étroite bande de tolérance, par exemple de plus ou moins 0,2 Volts.
[0032] Il classe alors les valeurs des niveaux hauts, et/ou des niveaux bas, des échantillons
en trois catégories pour chaque type de niveau, haut ou bas :
1. ceux qui sont compris dans la bande de tolérance,
2. ceux qui sont au dessus de cette bande de tolérance,
3. ceux qui sont au dessous de cette bande de tolérance.
[0033] En cas de fraude (courbe C), comme on le voit sur le dessin et vu la forme de la
tension C qui est en réalité la tension B modulée en amplitude par la tension A. il
n'existe en pratique que des niveaux instantanés qui sont situés en dehors de la bande
de tolérance, haute ou basse. Pour les niveaux hauts par exemple, ceux-ci valent soit
10 Volts, soit 12 Volts, alors que leur valeur moyenne D est de 11 Volts et que la
bande de tolérance est comprise entre 10,8 et 11,2 Volts.
[0034] Bien entendu, on peut aussi avoir des valeurs comprises dans la bande de tolérance,
en raison des bruits aléatoires, mais de toute façon, il y aura bien plus, et en tous
cas plusieurs fois plus ou même plus de 10 fois plus, de valeurs extérieures à cette
bande.
[0035] Le microprocesseur 11 constate alors qu'il y a fraude, et en conséquence il commande
le blocage du taximètre.
[0036] Ce dernier affiche alors un signal d'erreur, et il ne peut être remis en route qu'en
tapant, sur le clavier 12-15, un code secret qui est seul connu des techniciens accrédités.
[0037] A contrario, s'il n'y a pas fraude et que c'est donc le signal A qui est appliqué
au taximètre 2, la valeur moyenne des niveaux hauts correspond pratiquement au niveau
haut F des impulsions et la valeur moyenne des niveaux bas correspond au niveau bas
G des impulsions. Dans un tel cas, presque tous les signaux échantillonnés seront
compris dans la bande de tolérance correspondante, haute ou basse, aux minoritaires
signaux de bruit aléatoire près, et le microprocesseur 11 ne déclenche alors pas d'action
anti-fraude.
[0038] Comme il va de soi, l'invention n'est pas limitée à l'exemple de réalisation qui
vient d'être décrit. C'est ainsi par exemple que, dans le cas d'une fraude selon la
courbe C, l'analyse des signaux d'échantillonnage peut consister à reconstituer, à
partir de ces échantillons, cette courbe C et à déterminer alors s'il s'agit bien
d'une tension qui, bien qu'ayant une allure générale d'une suite de signaux sensiblement
rectangulaires, est modulée régulièrement, et donc de façon répétitive, en amplitude.
Sur la courbe C de la figure 2 par exemple, on observe une modulation d'amplitude
qui s'étend. selon une certaine loi, sur 5 créneaux successifs, puis reprend identiquement
sur les 5 créncaux suivants, et ainsi de suite.
[0039] De même façon, dans le cas où les courbes A et B sont des sinusoïdcs et non pas des
signaux carrés ou rectangulaires, l'analyse après échantillonnage consiste alors à
déterminer si la tension résultante C est ou non une sinusoïde modulée régulièrement
en amplitude.
[0040] D'une façon générale également, le procédé peut consister à mesurer les tensions
de crête hautes et/ou basses pour un certain nombre de niveaux hauts et/ou de niveaux
bas de ladite tension, quelque soit sa forme périodique, à examiner les variations
de ces tensions de crête, et à déclencher l'action anti-fraude si, sur un temps donné,
y a un certain nombre de ces variations qui sont d'amplitude suffisante, par exemple
supérieures à quelques dixièmes de Volts. Typiquement, on calcule la valeur moyenne
de ces tensions de crête, hautes et/ou basses, et on déclenche l'action anti-fraude
si, sur ce temps donné, y a plus qu'un certain nombre de valeurs de tensions de crête
qui diffèrent suffisamment, par exemple de plus de quelques dixièmes de Volts, de
cette valeur moyenne.
[0041] D'une façon générale encore, on peut examiner la périodicité de ladite modulation
afin de déclencher l'action anti-fraude.
[0042] Selon une forme du procédé, l'analyse de la variation de la tension C peut être réalisée
par une Transformée de Fourier Rapide (FFT).
1. Procédé pour éviter les fraudes sur un taximètre (2) ou sur un chronotachygraphe,
associés l'un à un taxi et l'autre à un camion équipés l'un et l'autre d'un capteur
tachymétrique (1) qui fournit, à ce taximètre ou à ce chronotachygraphe, une information
électrique, telle qu'un train d'impulsions, qui est représentative de la vitesse du
véhicule, caractérisé en ce que l'on déclenche une action anti-fraude si l'on constate
que la tension (C), appliquée au taximètre ou au chronotachygraphe et représentative
de ladite vitesse du véhicule, est modulée en amplitude.
2. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que cette action anti-fraude consiste
à interdire le fonctionnement du taximètre ou chronotachygraphe.
3. Procédé selon l'une des revendications 1 ou 2, caractérisé en ce que l'on procède
par échantillonnage de ladite tension (C) pour déterminer si celle-ci est modulée
en amplitude.
4. Procédé selon l'une des revendications 1 à 3. caractérisé en ce que. dans le cas où
les signaux, issus du capteur et normalement appliqués au taximètre ou chronotachygraphe,
sont des signaux carrés (A) ou rectangulaires, on analyse les niveaux hauts et/ou
les niveaux bas de ladite courbe C, et on déclenche l'action anti-fraude si, sur un
temps donné, y a suffisamment de valeurs de ces niveaux qui sont extérieures à une
bande de tolérance autour de la valeur moyenne de l'un et/ou l'autre de ces niveaux.
5. Procédé selon l'une des revendications 1 à 3, caractérisé en ce que l'on mesure les
tensions de crête hautes et/ou basses pour un certain nombre de niveaux hauts et/ou
de niveaux bas de ladite tension. en ce que l'on examine les variations de ces tensions
de crête, et en ce que l'on déclenchc l'action anti-fraude si, sur un temps donné,
y a un certain nombre de ces variations qui sont d'amplitude suffisante.
6. Procédé selon la revendication 5, caractérisé en ce que l'on calcule la valeur moyenne
de ces tensions de crête, hautes et/ou basses, et en ce que l'on déclenche l'action
anti-fraude s'il y a plus qu'un certain nombre de valeurs de tensions de crête qui
différent suffisamment de cette valeur moyenne.
7. Procédé selon la revendication 5, caractérisé en ce que l'on examine la périodicité
de la modulation afin de déclencher l'action anti-fraude.
8. Procédé selon l'une des revendications 1 à 7, caractérisé en ce qu'il consiste à faire
effectuer l'échantillonnage, l'analyse de la tension (C), et la commande de l'action
anti-fraude, par l'unité logique centrale (11) du taximètre ou chronotachygraphe.
9. Procédé selon l'une des revendications 1 à 3, caractérisé en ce que l'analyse de la
variation de la tension (C) est réalisée par une Transformée de Fourier Rapide (FFT).