[0001] L'invention concerne un procédé de fabrication d'une bande de tôle d'acier pour la
réalisation d'emballages métalliques et la tôle obtenue par le procédé.
[0002] Pour la fabrication par emboutissage de produits d'emballage en acier tels que des
boîtes pour produits alimentaires ou pour boissons, on utilise des flans découpés
dans des tôles minces dont les caractéristiques doivent être adaptées au procédé de
formage par emboutissage et qui doivent présenter des caractéristiques mécaniques
requises en fonction de leur utilisation.
[0003] Il peut être nécessaire d'obtenir des tôles présentant de fortes caractéristiques
mécaniques, en particulier une résistance mécanique et une limite élastique élevées
pour réaliser des fonds ou des corps de boîtes métalliques ayant une très bonne tenue,
même dans le cas de tôles très minces pour la réalisation de certains emballages.
[0004] Il est connu en particulier de fabriquer des tôles pour emballages dites de qualité
double réduction (DR) dont la résistance mécanique est supérieure ou égale à 550 MPa.
Ces bandes de tôle sont obtenues à partir de tôles à chaud, en réalisant successivement
un premier laminage à froid, un recuit, généralement en continu, de la tôle laminée
à froid, puis un second laminage à froid comportant deux passes successives généralement
réalisées sur un laminoir skin-pass.
[0005] Toutefois, les caractéristiques mécaniques élevées des tôles sont obtenues au détriment
de l'aptitude au formage de ces tôles, en sortie de la seconde passe du laminage à
froid final. Il est souhaitable de remédier à cet inconvénient.
[0006] En particulier, il serait souhaitable d'obtenir des tôles à hautes caractéristiques
mécaniques présentant une bonne aptitude à l'emboutissage au rétreint.
[0007] Le niveau des caractéristiques mécaniques de la tôle qui est obtenu à l'issue du
second laminage à froid est fonction du taux de réduction ou de l'allongement de la
tôle obtenu au cours des deux passes du second laminage.
[0008] Bien entendu pour des allongements importants, l'écrouissage de la tôle qui est élevé
s'accompagne d'une aptitude au formage médiocre.
[0009] Le procédé de double réduction, qui met en oeuvre un second laminage à froid en deux
passes après le recuit des tôles, a été appliqué à des nuances d'acier pour emballages
aussi bien du type à ultra bas carbone (ULC) dont la teneur en carbone est inférieure
à 0,008 % qu'à des aciers d'autres types, par exemple à des aciers à bas aluminium
renitruré renfermant de 8 à 16 millièmes pour cent d'azote.
[0010] Dans tous les cas, l'obtention de caractéristiques mécaniques plus élevées se traduit
par une diminution de l'aptitude au formage.
[0011] Le but de l'invention est donc de proposer un procédé de fabrication d'une bande
de tôle d'acier pour la réalisation d'emballages métalliques par emboutissage, dans
lequel :
- on élabore une bande laminée à chaud en un acier ayant la composition pondérale suivante
:
. carbone jusqu'à 0,08 %,
. silicium ≤ 0,020 %,
. manganèse compris entre 0,05 % et 0,60 %,
. soufre ≤ 0,020 %,
. phosphore ≤ 0,020 %,
. azote jusqu'à 0,016 %,
. aluminium jusqu'à 0,060 %,
. cuivre ≤ 0,06 %,
. nickel ≤ 0,040 %,
. ainsi qu'éventuellement du chrome et du bore,
le reste étant constitué par du fer et des impuretés inévitables,
- on effectue un premier laminage à froid de la bande laminée à chaud pour obtenir une
ébauche,
- on soumet l'ébauche à un recuit de recristallisation en continu,
- on effectue un second laminage à froid de l'ébauche en au moins
deux passes pour obtenir la bande de tôle pour emballage à son épaisseur finale,
ce procédé permettant d'obtenir des caractéristiques mécaniques au moins aussi élevées
que dans le cas des procédés de fabrication à double réduction, avec un écrouissage
plus faible de la tôle et donc une meilleure aptitude au formage.
[0012] Dans ce but, entre les deux passes du second laminage à froid, on soumet la bande
de tôle d'acier à un vieillissement à une température au plus égale à 300°C pendant
une durée pouvant aller de quelques minutes à plusieurs jours.
[0013] Afin de bien faire comprendre l'invention, on va maintenant décrire, à titre d'exemples
non limitatifs, en se reportant aux figures jointes en annexe, la fabrication d'une
bande de tôle par le procédé suivant l'invention, dans deux cas où la bande de tôle
est en un acier calmé à l'aluminium, sans élément carburigène et/ou nitrurigène, dans
un premier cas, en acier ultra bas carbone et, dans un second cas, en acier à bas
aluminium renitruré.
Exemple 1 : cas d'un acier à ultra bas carbone ULC.
[0014] Les aciers à ultra bas carbone sont généralement caractérisés par une composition
chimique telle que définie ci-dessous :
- carbone ≤ 0,006 %,
- silicium ≤ 0,02 %,
- 0,15 % ≤ manganèse≤0,25 %,
- soufre ≤ 0,015 %,
- phosphore ≤ 0,017 %,
- azote ≤ 0,006 %,
- aluminium entre 0,02 % et 0,04 %,
le reste étant du fer et des impuretés résultant de l'élaboration.
[0015] On a élaboré un acier ULC renfermant en particulier (en millièmes de pour cent) C
= 3,5 ; N = 6,5 ; Mn = 185 et Al = 33. L'acier a été coulé en continu sous forme d'une
brame qui a été laminée à chaud. La bande laminée à chaud a subi un premier laminage
à froid pour la transformer en une ébauche d'une épaisseur de 0,24 mm.
[0016] L'ébauche a été soumise à un second laminage à froid dans un laminoir skin-pass.
[0017] On se reportera au tableau I indiquant les traitements effectués sur la tôle, au
cours du second laminage à froid.
TABLEAU I
| Réf tôles |
Allongt 1ère passe |
TT |
Re (MPa) |
Allongt 2* passe |
Allongt total |
Re (MPa) sortie SP |
Re (MPa) après 200°C/20 mn |
| A |
|
|
|
|
43% |
562 |
606 |
| B |
31 % |
|
527 |
9 % |
43 % |
558 |
610 |
| C |
31 % |
20°C/10j |
568 |
9 % |
43 % |
594 |
648 |
| D |
31 % |
75°C/30mn |
561 |
9 % |
43 % |
605 |
648 |
| E |
31 % |
75°C/3h |
552 |
9 % |
43 % |
616 |
665 |
| F |
31% |
200°C/20mn |
565 |
9 % |
43% |
616 |
668 |
| G |
31% |
20°C/3j |
560 |
9 % |
43 % |
589 |
621 |
[0018] Les tôles désignées par les références A et B n'ont pas été soumises à un traitement
suivant l'invention. Les tôles A et B obtenues à l'issue du second laminage à froid
au skin-pass sont désignées comme tôles comparatives.
[0019] En revanche, les tôles désignées sous les références C à G ont été soumises, selon
le procédé de l'invention, à un second laminage à froid en deux passes avec vieillissement
entre les deux passes de laminage au skin-pass.
[0020] Dans tous les cas, l'allongement total de la tôle est de 43 %, cet allongement étant
obtenu en une seule passe dans le cas de la tôle A.
[0021] L'allongement est obtenu en deux passes (respectivement 31 et 9 % d'allongement),
sans traitement de vieillissement intermédiaire entre les deux passes, dans le cas
de la tôle B.
[0022] La tôle C est soumise à un vieillissement de 10 jours à 20°C et la tôle D à un traitement
de vieillissement à 75°C pendant 30 minutes, entre les deux passes du laminage à froid.
[0023] Un traitement thermique de vieillissement d'une durée de 3 heures à 75 °C est effectué
sur la tôle E entre les deux passes du laminage à froid final avec des allongements
de 31 et 9 %.
[0024] Un traitement de vieillissement à 200°C pendant 20 minutes est effectué entre les
deux passes du laminage à froid final au skin-pass (allongements de 31 et 9 %) dans
le cas de la tôle F et la tôle G est soumise à un vieillissement de trois jours à
20°C entre les deux passes du laminage final.
[0025] On a mesuré la limite élastique des tôles en MPa, à l'issue du traitement thermique
après la première passe du laminage à froid au skin-pass, lorsque deux passes de laminage
sont réalisées (tôles B à G) ; les limites élastiques correspondantes sont reportées
dans la quatrième colonne du tableau I.
[0026] On a également mesuré les limites élastiques des tôles immédiatement en sortie du
skin-pass (7
ème colonne du tableau I) et après un maintien de 20 minutes à 200°C de la tôle après
sa sortie du skin-pass (8
ème colonne du tableau I).
[0027] Il apparaît que dans tous les cas l'allongement important de la tôle au cours du
second laminage effectué au skin-pass (43 %) permet d'obtenir, en sortie du skin-pass,
une limite élastique élevée toujours supérieure à 550 MPa, cette limite élastique
étant supérieure à 600 MPa après 20 minutes à 200°C.
[0028] Pour le même taux d'allongement total, les limites élastiques obtenues sont légèrement
supérieures, lorsque le laminage final au skin-pass est réalisé en deux passes (avec
des taux d'allongement respectivement de 31 % et 9 %). La tôle B qui est réalisée
avec un second laminage en deux passes présente donc des caractéristiques mécaniques,
après 20 minutes à 200°C, légèrement supérieures à la tôle A réalisée par un second
laminage en une seule passe.
[0029] Selon l'invention, une amélioration supplémentaire est apportée par un traitement
de vieillissement entre les deux passes de laminage du laminage final.
[0030] Comme il est visible à la quatrième colonne du tableau I, la limite élastique entre
les deux passes de laminage est considérablement accrue par un traitement de vieillissement,
comme il apparaît en comparant les limites élastiques des tôles C à G à la limite
élastique de la tôle B.
[0031] On ne décèle pas de différence notable entre un vieillissement à une température
modérée de 75°C pendant trois heures et un vieillissement à une température plus élevée
de 200°C pendant 20 minutes, ni entre un vieillissement à température ambiante (20°C)
pendant 3 ou 10 jours et un vieillissement à 75°C pendant 30 minutes.
[0032] Après la seconde passe de laminage, les limites élastiques, immédiatement à la sortie
du skin-pass ou après 20 minutes à 200°C, sont encore accrues du fait de l'écrouissage
apporté par la seconde passe de laminage.
[0033] Les limites élastiques finales obtenues sur les tôles C à G dont l'élaboration est
réalisée suivant l'invention sont sensiblement plus élevées que les limites élastiques
finales des tôles A et B obtenues par un procédé de deuxième laminage en une passe
(tôle A) ou de deuxième laminage en deux passes (tôle B) selon l'art antérieur, le
taux d'allongement total étant identique dans tous les cas.
[0034] Le procédé suivant l'invention permet donc d'obtenir, pour un écrouissage total de
la tôle identique, des caractéristiques mécaniques supérieures. Du fait que l'aptitude
au formage de la tôle et en particulier l'aptitude à l'emboutissage dépendent de l'écrouissage,
on peut obtenir des tôles présentant en même temps des caractéristiques de formage
satisfaisantes et des caractéristiques mécaniques élevées.
[0035] Il serait également possible d'obtenir des tôles ayant les mêmes caractéristiques
mécaniques que des tôles obtenues par un procédé classique de fabrication à double
réduction, avec un allongement total et donc un écrouissage inférieur, en pratiquant
un vieillissement entre deux passes du laminage final. Pour des caractéristiques mécaniques
données, on améliore dans ce cas l'aptitude au formage des tôles.
[0036] De manière générale, dans le cas d'acier à ultra bas carbone, on peut effectuer le
vieillissement à une température ambiante de l'ordre de 20°C pendant une durée de
3 à 10 jours, à une température modérée comprise entre 50 et 100°C pendant une durée
de 1 à 5 heures, ou encore, à une température plus élevée, comprise entre 150 et 300°C,
pendant une durée comprise entre 10 minutes et 1 heure. Par exemple, on peut effectuer
le traitement de vieillissement à une température de l'ordre de 75°C pendant une durée
de 30 mn à 3 heures ou à une température de l'ordre de 200°C pendant une durée de
l'ordre de 20 minutes (tôle F).
Exemple 2
[0037] On a élaboré un acier à bas aluminium renitruré renfermant en particulier (en millièmes
de pour cent) C = 64 ; N = 9,1 ; Mn = 285 et Al = 15. On réalise une bande laminée
à chaud puis on lamine la bande par un procédé à double réduction dont le laminage
final au skin-pass est réalisé avec un allongement total de 28 %.
[0038] Comme il est visible au tableau II, on a réalisé l'élaboration de quatre tôles ayant
la composition donnée ci-dessus par un procédé à double réduction dont le deuxième
laminage à froid est réalisé au skin-pass avec un taux d'allongement de 28 %.
TABLEAU Il
| Réf tôles |
Allongt 1ère passe |
TT |
Re (MPa) |
Allongt 2ème passe |
Allongt total |
Re (MPa) sortie SP |
| A' |
|
|
|
|
28 % |
570 |
| B' |
20 % |
20°C/3j |
601 |
6 % |
28 % |
595 |
| C' |
20 % |
75°C/10 h |
600 |
6 % |
28 % |
635 |
| D' |
20 % |
200°C/20 mn |
630 |
6 % |
28 % |
625 |
[0039] La tôle A' est réalisée par un procédé d'élaboration suivant l'art antérieur alors
que les tôles B', C' et D' sont réalisées par un procédé selon l'invention.
[0040] Dans le cas de la tôle A', le second laminage à froid est réalisé en une seule passe
avec un taux d'allongement de 28 %.
[0041] La limite élastique de la tôle à la sortie du skin-pass est de 570 MPa.
[0042] Les tôles B', C' et D'ont été réalisées par un procédé suivant l'invention dans lequel
le second laminage à froid est réalisé en deux passes (20% et 6 % d'allongement respectivement)
avec un traitement thermique de vieillissement entre les deux passes.
[0043] Les procédés d'élaboration des tôles B', C' et D' se distinguent par les conditions
dans lesquelles est réalisé le traitement thermique entre les deux passes du laminage
final.
[0044] La tôle B' a été vieillie à une température ambiante de 20°C pendant trois jours.
La tôle C' a été vieillie à une température modérée de 75°C pendant 10 heures et la
tôle D' a été vieillie à une température supérieure de 200°C pendant 20 minutes.
[0045] Les limites élastiques obtenues à la sortie du skin-pass après la seconde passe de
laminage produisant un allongement de 6 % sont toutes supérieures à la limite élastique
de la tôle A' obtenue par un laminage au skin-pass en une seule passe.
[0046] Bien qu'un vieillissement de longue durée à la température ambiante soit satisfaisant
(tôle B'), il est préférable de réaliser le vieillissement à une température plus
élevée, pendant une durée plus courte.
[0047] De manière générale, il apparaît que le vieillissement intermédiaire est d'autant
plus rapide que la température de vieillissement est élevée. Cependant, un vieillissement
significatif peut être obtenu à la température ambiante.
[0048] On a pu montrer que le vieillissement intermédiaire entre les deux passes du laminage
à froid final est d'autant plus important et rapide que la teneur des éléments dans
l'acier après recuit et en particulier après recuit continu, est plus importante.
On a également pu montrer que le vieillissement intermédiaire était d'autant plus
important et rapide que le taux d'allongement ou de réduction au cours de la première
passe du second laminage à froid était important. On a donc intérêt à effectuer la
première passe à un taux de réduction élevé et la seconde passe à un taux de réduction
plus faible pour un taux de réduction total donné.
[0049] L'amélioration des caractéristiques mécaniques des tôles du fait du traitement de
vieillissement entre les deux passes du laminage à froid final peut être expliquée
par les mécanismes décrits ci-après :
[0050] Au cours de la première passe de laminage au skin-pass, on crée un réseau de dislocations
dans la tôle et au cours du traitement de vieillissement ultérieur, les éléments tels
que le carbone et l'azote diffusent dans l'acier et réalisent l'ancrage des dislocations
pour constituer un premier réseau de dislocations.
[0051] Au cours de la seconde passe de laminage au skin-pass, on crée un nouveau réseau
de dislocations ou second réseau de dislocations.
[0052] Pour un même taux de déformation total au skin-pass, on obtient une configuration
tout-à-fait nouvelle du réseau des dislocations dans la tôle.
[0053] Cette nouvelle configuration du réseau de dislocations permet d'expliquer l'obtention
d'une meilleure aptitude au formage pour des caractéristiques mécaniques déterminées
ou l'obtention de caractéristiques mécaniques supérieures en maintenant une bonne
aptitude au formage.
[0054] L'invention s'applique à tous les aciers pour tôles Al-K, c'est-à-dire les aciers
calmés à l'aluminium, sans éléments carburigènes et/ou nitrugigènes, lorsque ces aciers
pour tôles sont recuits en continu.
[0055] L'acier s'applique en particulier aux aciers à bas aluminium renitruré ayant la composition
pondérale suivante :
carbone compris entre 0,05 et 0,08 %,
manganèse compris entre 0,200 et 0,450 %,
aluminium < 0,020 %,
azote compris entre 0,008 et 0,016 %,
soufre < 0,020 %,
silicium < 0,020 %,
le reste étant constitué par du fer et des éléments résiduels.
[0056] Dans ce cas, le traitement de vieillissement peut être réalisé à une température
proche de 20°C, pendant une durée de 3 à 10 jours, ou à une température modérée comprise
entre 50 et 100°C pendant une durée de 5 à 15 heures, ou encore, à une température
plus élevée comprise entre 150 et 300°C pendant une durée comprise entre 10 minutes
et 1 heure.
[0057] L'invention s'applique également aux aciers à ultra bas carbone dont la composition
générale est donnée plus haut.
[0058] Les tôles obtenues par le procédé de l'invention peuvent être utilisées dans toutes
les applications des tôles pour emballage de qualité DR. En particulier, les tôles
peuvent être découpées pour la réalisation de flans destinés à la fabrication de corps
ou de fonds de boîtes deux ou trois pièces à fortes caractéristiques mécaniques.
[0059] Du fait de leurs caractéristiques mécaniques améliorées, les tôles obtenues par le
procédé de l'invention peuvent être utilisées dans des épaisseurs plus faibles.
[0060] L'invention ne se limite pas aux modes de réalisation qui ont été décrits.
[0061] Le taux d'allongement total au cours du second laminage à froid peut être différent
des taux d'allongement indiqués plus haut. De même, la répartition des pourcentages
d'allongement entre la première et la seconde passe du second laminage à froid peut
être différente des répartitions indiquées plus haut.
[0062] Il est même possible d'effectuer un second laminage à froid avec un taux d'allongement
plus élevé au cours de la seconde passe qu'au cours de la première, bien que cette
répartition des déformations soit moins favorable que la répartition mentionnée plus
haut, c'est-à-dire avec un allongement au cours de la première passe du second laminage
supérieur à l'allongement au cours de la seconde passe du second laminage.
[0063] Dans le cas d'un acier à ultra bas carbone, on effectue de préférence le second laminage
à froid avec un taux d'allongement compris entre 25 % et 35 % au cours de la première
passe de laminage et avec un taux d'allongement inférieur à 15 % et de préférence
compris entre 5 % et 10 % pendant la seconde phase de laminage.
[0064] Dans le cas d'un acier à bas aluminium renitruré, on effectue de préférence le second
laminage avec un taux d'allongement compris entre 15 % et 25 % pendant la première
passe de laminage et un taux inférieur à 10 %, pendant la seconde passe du second
laminage à froid.
[0065] Enfin, le procédé suivant l'invention peut être appliqué à la fabrication de bandes
métalliques minces destinées à la réalisation d'emballages métalliques dans des nuances
différentes des nuances à ultra bas carbone ou à bas aluminium renitruré qui ont été
décrites plus haut.
1. Procédé de fabrication d'une bande de tôle d'acier pour la réalisation d'emballages
métalliques par emboutissage, dans lequel :
- on élabore une bande laminée à chaud en un acier ayant la composition pondérale
suivante :
. carbone jusqu'à 0,08 %,
. silicium ≤ 0,020 %,
. manganèse compris entre 0,05 % et 0,60 %,
. soufre ≤ 0,020 %,
. phosphore ≤ 0,020 %,
. azote jusqu'à 0,016 %,
. aluminium jusqu'à 0,060 %,
. cuivre ≤ 0,06 %,
. nickel ≤ 0,040 %,
. ainsi qu'éventuellement, du chrome et du bore,
le reste étant constitué par du fer et des impuretés inévitables,
- on effectue un premier laminage à froid de la bande laminée à chaud pour obtenir
une ébauche,
- on soumet l'ébauche à un recuit de recristallisation en continu,
- on effectue un second laminage à froid de l'ébauche en au moins deux passes pour
obtenir la bande de tôle pour emballage à son épaisseur finale,
caractérisé par le fait qu'entre les deux passes du second laminage à froid, on soumet
la bande de tôle d'acier à un vieillissement à une température au plus égale à 300°C
pendant une durée pouvant aller de quelques minutes à plusieurs jours.
2. Procédé suivant la revendication 1, caractérisé par le fait que l'acier est un acier
à ultra bas carbone ayant la composition chimique pondérale suivante :
- carbone ≤ 0,006 %,
- silicium ≤ 0,02 %,
- 0,15 % ≤ manganèse≤0,5 %,
- soufre ≤ 0,015 %,
- phosphore < 0,017 %,
- azote ≤ 0,006 %,
- aluminium entre 0,02 % et 0,04 %,
le reste étant du fer et des impuretés résultant de l'élaboration, et qu'on effectue
le second laminage à froid avec un taux d'allongement compris entre 25 % et 35 % au
cours de la première passe de laminage et avec un taux d'allongement inférieur à 15
% et de préférence compris entre 5 et 10 %, pendant la seconde phase du laminage.
3. Procédé suivant la revendication 2, caractérisé par le fait qu'on effectue le traitement
de vieillissement soit à une température modérée comprise entre 50° et 100° pendant
une durée de 1 à 5 heures ou encore à une température plus élevée comprise entre 150°
et 300°C, pendant une durée comprise entre 10 minutes et 1 heure.
4. Procédé suivant la revendication 3, caractérisé par le fait qu'on réalise le vieillissement
à une température modérée de l'ordre de 75°C pendant une durée de 30 minutes à trois
heures.
5. Procédé suivant la revendication 3, caractérisée par le fait qu'on réalise le vieillissement
à une température de l'ordre de 200°C pendant une durée de l'ordre de 20 minutes.
6. Procédé suivant la revendication 2, caractérisé par le fait qu'on réalise le vieillissement
à une température ambiante de l'ordre de 20°C pendant une durée de 3 à 10 jours.
7. Procédé suivant la revendication 1, caractérisé par le fait que l'acier est un acier
à bas aluminium renitruré ayant la composition pondérale suivante :
carbone compris entre 0,05 et 0,08 %,
manganèse compris entre 0,200 et 0,450 %,
aluminium < 0,020 %,
azote compris entre 0,008 et 0,016 %,
soufre < 0,020 %,
silicium < 0,020 %,
le reste étant constitué par du fer et des éléments résiduels,
et qu'on effectue le second laminage à froid avec un taux d'allongement compris entre
15 et 25 % pendant la première passe de laminage et un taux inférieur à 10 % pendant
la seconde passe du second laminage à froid.
8. Procédé suivant la revendication 7, caractérisé par le fait qu'on réalise le vieillissement
soit à une température proche de 20°C pendant une durée de 3 à 10 jours, soit à une
température modérée comprise entre 50 et 100°C pendant une durée de 5 à 15 heures,
soit encore à une température plus élevée comprise entre 150 et 300°C pendant une
durée comprise entre 10 minutes et 1 heure.
9. Bande de tôle d'acier pour la réalisation d'emballages métalliques par emboutissage
présentant à la fois de fortes caractéristiques mécaniques et une bonne aptitude au
formage, du type à double réduction, avec un second laminage à froid en deux passes
caractérisée par le fait qu'elle possède un premier réseau de dislocations formées
pendant le premier laminage et ancrées par des éléments en solution constitués par
l'un au moins des éléments carbone et azote, pendant un vieillissement entre la première
et la seconde passe du second laminage à froid et un second réseau de dislocations
formées pendant la seconde passe du second laminage à froid.