[0001] La présente invention se rapporte aux dispositifs de commande pour serrures. Elle
concerne plus particulièrement les serrures du type comportant un verrou destiné à
limiter l'accès à un espace confiné et comprenant:
- une source d'énergie électrique,
- une horloge, formée d'une base de temps et d'un compteur,
- un circuit électronique comprenant un microprocesseur, une mémoire et des moyens de
liaisons, et
- des moyens de commande, pour entrer des ordres et des informations en vue, notamment,
de commander l'ouverture du verrou.
[0002] De telles serrures sont, par exemple, utilisées pour commander l'accès à des distributeurs
de billets de banque. L'une d'elle est décrite dans le brevet US 5'488'660.
[0003] Les moyens de commande qu'elle comporte permettent à une personne devant intervenir
dans le distributeur d'introduire un code d'entrée. Le microprocesseur traite ce code
et, lorsqu'il le considère comme conforme, commande ou autorise l'ouverture du verrou.
Ainsi, les personnes responsables de recharger, d'entretenir et de contrôler le distributeur
peuvent y accéder de manière simple est sûre.
[0004] Toutes ces interventions sont enregistrées dans la mémoire, avec indication de la
date à laquelle elle a eu lieu. On entend par date l'ensemble des informations horaires
utiles, soit la minute, l'heure, le jour, le mois et l'année du début, éventuellement
de la fin de l'intervention. De manière régulière, on effectue un audit en branchant
un ordinateur sur un connecteur de la serrure prévu à cet effet, et on transfère le
contenu le plus récent de la mémoire, en commençant par la dernière intervention.
[0005] On relèvera que, pour des raisons d'économies notamment, le flux d'informations passe
uniquement de la serrure à l'ordinateur.
[0006] Pour que l'audit soit pleinement efficace, il est nécessaire de connaître la date
de chacune des interventions qui, pour être certaine, ne doit pas pouvoir être modifiée
par n'importe lequel des intervenants dans le distributeur. C'est pourquoi cette correction
n'est autorisée qu'avec un code spécifique. De la sorte, une simple opération de changement
de pile de la serrure peut conduire à l'implication d'un cadre supérieur, ce qui est
coûteux et sans rapport avec la difficulté de l'opération.
[0007] Dans les serrures les plus économiques, les moyens de commande ne comportent pas
d'affichage. La mise à la date de l'horloge doit donc se faire à l'aveugle. Cela implique
des opérations de contrôle rendant la manipulation complexe. De plus, un risque d'erreur
ne peut être exclu.
[0008] Une autre serrure de ce type est décrite dans le document EP 0 215 291. Elle peut
être commandée par une ou plusieurs clés électroniques, qui commandent un verrou mécanique.
Les clés et le verrou comportent chacun un oscillateur, ceux-ci devant être synchrones.
Des algorithmes, prenant en compte le contenu de mémoires associées aux clés et au
verrou, commandent l'ouverture du verrou. La manière d'assurer la synchronisation
des bases de temps n'est pas décrite.
[0009] La présente invention a pour but essentiel de réaliser une serrure munie d'une horloge
de faible coût, de manipulation simple et donnant la date de manière sûre.
[0010] Ce but est atteint grâce au fait que le compteur comporte une entrée d'incrémentation
reliée exclusivement à la base de temps, et une sortie reliée, au moins médiatement,
au microprocesseur et à la mémoire.
[0011] Avec une telle configuration, le contenu du compteur de l'horloge ne peut être modifié,
sinon par les impulsions provenant de la base de temps. En d'autres termes, la date
qu'il contient ne peut avoir qu'une valeur relative, dés lors qu'il n'existe pas de
moyen permettant d'ajuster le contenu sur la date courante.
[0012] Si, de prime abord, cela peut sembler être un inconvénient, il apparaît au contraire
à l'analyse que cette solution offre des avantages intéressants sans poser de problème
particulier.
[0013] En effet, lors d'un audit, la serrure transmet à un ordinateur portable une liste
des interventions avec les dates de celles-ci. Comme la logique du système structure
les données en remontant le temps, la première information de la liste correspond
à l'audit en cours. La date affichée pour cette intervention peut donc sans autre
être comparée par l'ordinateur avec sa date interne, pour définir un offset de correction
qui sera appliqué à toutes les données enregistrées, et connaître ainsi la date exacte
de toutes les interventions relatées par l'audit.
[0014] Lors d'une interruption de l'alimentation, le contenu du compteur est modifié et
peut prendre une valeur quelconque. Cela ne porte pas préjudice à la précision des
informations contenues dans l'audit si l'ordinateur a mémorisé le dernier coefficient.
Si cela n'a pas été fait, il suffit de connaître une date certaine pour redéfinir
ce coefficient, par exemple qu'au moins un événement relaté par l'audit antérieur
se retrouve dans l'audit suivant, ou que l'on connaisse la date exacte d'au moins
une intervention effectuée avant le remplacement de la pile.
[0015] Il est certes déjà connu par le document EP 0 477 806 d'améliorer la précision de
l'oscillateur d'un microprocesseur en corrigeant le signal d'horloge au moyen d'un
signal extérieur. Ce microprocesseur n'a aucunement besoin de l'heure, mais uniquement
d'un signal précis lui donnant son rythme de travail.
[0016] Si, par malveillance, la pile était retirée plusieurs fois durant la période de l'audit,
il pourrait en résulter un risque de confusion. Pour pallier cet inconvénient, le
dispositif selon l'invention comporte, en outre un circuit d'initialisation relié
au compteur par une entrée d'initialisation et agencé de manière qu'il mette le compteur
dans un état prédéfini lorsque l'horloge est mise sous tension. De la sorte, par l'analyse
des dates successives concernant les interventions relatées par les audits, il est
plus facile de définir quand d'éventuelles interruptions malveillantes de l'alimentation
ont éventuellement été effectuées. On relèvera que la mise en place de la pile sera,
bien entendu, enregistrée comme intervention et, à ce titre, mentionnée dans l'audit.
[0017] L'horloge telle que définie ci-dessus peut être munie d'un compteur usuel, comportant
des parties définissant respectivement les secondes, les minutes, les heures, les
jours, les mois et les années. Il est également possible d'utiliser un compteur décimal
ou binaire, dès lors que l'ordinateur doit, comme qu'il en soit, effectuer une opération
mathématique pour définir la date dans le calendrier courant.
[0018] La présente invention concerne également un procédé pour réaliser un audit d'une
serrure telle que définie ci-dessus. La mise en oeuvre de ce procédé nécessite un
ordinateur comportant une horloge interne déterminant la date courante.
[0019] Ce procédé est caractérisé en ce qu'on effectue les étapes suivantes:
- branchement de l'ordinateur et entrée du code pour la commande de l'audit,
- enregistrement, par l'ordinateur, de la date du début de l'intervention relative à
l'audit telle que définie par l'horloge de la serrure et par son horloge interne,
- définition par l'ordinateur de l'offset de correction obtenu par la différence entre
les deux dates,
- application de l'offset à chacune des dates relatives aux événements relatés lors
de l'audit.
[0020] En procédant ainsi, on obtient des informations aussi complètes et précises qu'avec
le procédé utilisé jusqu'ici, mais sans devoir effectuer une correction de la date
interne de la serrure.
[0021] D'autres avantages et caractéristiques de l'invention ressortiront de la description
qui va suivre, faite en regard du dessin annexé, dans lequel la figure unique montre
une serrure selon l'invention.
[0022] La serrure telle que représentée comporte une source d'énergie électrique 10, une
horloge 12, un circuit électronique 14, des moyens de commande 16 et un verrou 18.
[0023] La source d'énergie 10 est généralement réalisée au moyen d'une ou plusieurs piles
de type alcalin ou lithium, telles que disponibles sur le commerce. Elles sont choisies
de manière qu'elles puissent assurer un fonctionnement normal d'une année environ.
[0024] L'horloge 12 comporte une base de temps, généralement formée d'un résonateur à quartz
20, un diviseur de fréquence 21, un compteur 22 et un circuit d'initialisation 24.
Le quartz 20 correspond à ceux utilisés couramment dans les montres. Il permet d'assurer
une précision de l'ordre de la seconde par jour, ce qui est amplement suffisant pour
une telle application.
[0025] Le compteur 22 peut également être du type utilisé dans les montres, avec une division
jusqu'au niveau de l'année, éventuellement du mois, ou travailler en secondes ou en
minutes, en code binaire ou décimal. Il comporte une première entrée 22a, d'incrémentation,
reliée au diviseur de fréquence 21, et au travers de lui au résonateur à quartz 20
qui génère les impulsions objet du comptage. Une seconde entrée 22b, d'initialisation,
est reliée au circuit d'initialisation 24.
[0026] Le circuit d'initialisation 24 est relié à la pile 10 et agencé de manière que lorsque
celle-ci est mise en service, l'état du compteur 22 soit parfaitement défini. Il sera
avantageusement égal à zéro si le compteur se rapporte aux seules minutes ou secondes,
au premier jour du premier mois, à 0 heure avec un compteur horaire classique.
[0027] Le circuit électronique 14 comporte un microprocesseur 26, une mémoire de type ROM
28 contenant les programmes du microprocesseur 26, une mémoire de type RAM 30, destinée
à enregistrer des valeurs transitoires et une mémoire de type E2PROM 32, permettant
de mémoriser, de manière réinscriptible, des informations devant être conservées,
même en cas de défaillance de la pile 10. C'est le cas notamment des informations
relatives aux différentes interventions effectuées sur la serrure et qui font l'objet
d'audits.
[0028] Le circuit électronique 14 comporte, en outre, des moyens de liaisons, formés par
exemple d'un connecteur 34, permettant de brancher un ordinateur extérieur représenté
schématiquement en 36 et destiné à enregistrer un audit.
[0029] Les moyens de commande 16 sont formés d'un clavier permettant d'adresser des ordres
et donner des informations au microprocesseur 26, par exemple l'introduction d'un
code d'accès ou un ordre d'initialisation d'un audit.
[0030] Le verrou 18 comprend un moteur 38, alimenté par une électronique de puissance non
représentée au dessin et commandé par le microprocesseur 26, et une tige 40 entraînée
par le moteur 38.
[0031] Lorsqu'un intervenant interroge la serrure pour obtenir un audit, il commence par
composer le code donnant accès à cette fonction et brancher l'ordinateur 36 au connecteur
34. Le microprocesseur 26 commande l'envoi des informations contenues dans la mémoire
32 relatives aux interventions effectuées sur la serrure, en partant de la plus récente.
Chaque train de données relatif à une intervention comporte la date de l'intervention
dans l'échelle propre à l'horloge 12 de la serrure, le type d'intervention et un code
permettant d'identifier la personne ayant effectué l'intervention.
[0032] L'intervention en cours est transmise la première. L'ordinateur, connaissant la date
courante peut, ainsi, calculer un offset de correction qui, additionné à la date en
mémoire dans la serrure, donne la date courante pour chacune des interventions entreprises.
[0033] En définissant cet offset à chaque fois qu'on effectue un audit, on corrige automatiquement
la dérive de la base de temps interne à la serrure, dans la mesure, bien sûr, où l'horloge
de l'ordinateur est à l'heure.
[0034] Si l'offset est conservé dans l'ordinateur, il est possible de vérifier qu'il n'y
a pas eu d'interruption dans l'alimentation de l'horloge. Il est également possible
de déterminer la marche de l'horloge interne de la serrure.
[0035] Ainsi, grâce aux caractéristiques, d'une part de la serrure, d'autre part du procédé
d'enregistrement d'audits tels que définis ci-dessus, il est possible de réduire les
interventions sur la serrure, sans pour autant affecter la sécurité d'accès.
1. Dispositif de commande pour serrure, du type comportant un verrou (18) destiné à limiter
l'accès à un espace confiné et comprenant:
- une source d'énergie électrique (10),
- une horloge (12), formée d'une base de temps (20) et d'un compteur (22),
- un circuit électronique (14) comprenant un microprocesseur (26) et une mémoire (32),
et
- des moyens de commande (16), pour entrer des ordres et des informations en vue,
notamment, de commander l'ouverture du verrou (18),
caractérisé en ce que le compteur (22) comporte une entrée d'incrémentation (22a)
reliée exclusivement à la base de temps (20) et une sortie (22b), reliée au moins
médiatement au microprocesseur (26) et à la mémoire (32).
2. Dispositif selon la revendication 1, caractérisé en ce que ladite horloge (12) comporte,
en outre, un circuit d'initialisation (24), relié audit compteur (22) par une entrée
d'initialisation (22b), et agencé de manière qu'il mette le compteur (22) dans un
état prédéfini lorsque l'horloge (12) est mise sous tension.
3. Dispositif selon la revendication 1 ou 2, caractérisé en ce que ledit compteur (22)
effectue les opérations de comptage sur une seule unité de temps.
4. Procédé pour la réalisation d'un audit dans une serrure selon l'une des revendications
1 à 3, au moyen d'un ordinateur (36) comportant une horloge interne (12) dans laquelle
la date courante est définie, caractérisé en ce qu'on effectue les opérations suivantes:
- branchement de l'ordinateur (36) et introduction dans la serrure du code pour la
commande de l'audit,
- enregistrement, par l'ordinateur (36), des dates du début de l'intervention relative
à l'audit telles que définies par l'horloge (12) de la serrure et par son horloge
interne.
- définition par l'ordinateur (36) d'un offset de correction obtenu par la différence
entre les deux dates,
- application de l'offset à chacune des dates relatives aux événements relatés lors
de l'audit.