[0001] La présente invention est relative à un procédé et à un dispositif pour surveiller
les pertes de paquet dans un système de communication de type asynchrone.
[0002] Dans les réseaux de communication transportant de grandes quantités d'informations,
on prévoit habituellement des systèmes de surveillance des pertes d'informations.
[0003] Dans de tels réseaux, les informations se présentent sous la forme de blocs de données,
soit de longueur fixe, tels que des cellules ATM, soit de longueur variable, tels
que des paquets. Dans ce qui suit, le terme "paquet" sera utilisé pour désigner n'importe
quel type de bloc de données. Chaque bloc de données comprend, d'une part, l'information
proprement dite et, d'autre part, une information d'acheminement attachée, dite en-tête,
permettant de transférer les informations vers leur destination finale.
[0004] La surveillance et la localisation de défauts importants ne posent, en général, pas
de problème difficile à résoudre, notamment parce que de tels défauts interviennent
sur des quantités d'informations suffisamment importantes pour pouvoir être analysées
par des moyens ou programmes sans grande sophistication. En effet, les défauts importants
ou répétitifs sont détectables par des méthodes de tests classiques permettant de
détecter et de localiser les défauts.
[0005] Par contre, quand les pertes d'informations sont faibles, celles-ci sont plus difficiles
à surveiller.
[0006] De telles pertes d'informations rares, ou à faible probabilité, peuvent être de deux
types différents. Le premier type de pertes se produit en fonctionnement normal. En
effet, un réseau présente un taux admissible de pertes d'informations, qui est typiquement
au plus de l'ordre de 10
-10. De telles pertes en fonctionnement normal ont pour origine, par exemple, une congestion
ou saturation momentanée d'une mémoire tampon par laquelle transitent les paquets.
[0007] Le second type de perte rare, ou de faible probabilité, correspond à certains types
de défaillance de fonctionnement d'un dispositif particulier du réseau produisant
des défauts transitoires qui sont difficiles à détecter. De tels défauts transitoires
sont provoqués, par exemple, par un fonctionnement marginal dû à un mauvais contact
ou à une tension instable ; ils peuvent aussi apparaître pour certains codes de données
ou d'adresse particuliers, ou encore pour certains bits ou lignes de mémoire. De tels
défauts transitoires peuvent provoquer des taux de pertes relativement faibles, tels
que 10
-8. Bien qu'intrinsèquement faible, un tel taux de pertes n'est pas admissible car il
dépasse d'un facteur 100 le taux maximal admissible.
[0008] Pour la surveillance de telles pertes rares, les méthodes classiques sont basées,
par exemple, sur un comptage des paquets entrants que l'on compare au comptage des
paquets sortants, ou bien sur une détection des pertes de paquet dans chaque module.
[0009] Habituellement, dans les réseaux de commutation asynchrones comportant une multiplicité
de modules terminaux d'entrée et de sortie et une multiplicité d'éléments de commutation,
on fait appel aux deux techniques de surveillance. La première technique est appelée
"surveillance de bout en bout" entre un module terminal d'entrée et un module terminal
de sortie. La seconde technique est une surveillance ou sein de chaque module, c'est-à-dire
dans chaque module d'entrée, dans chaque module de sortie et dans chaque élément de
commutation.
[0010] Selon la première technique (surveillance de bout en bout), un protocole de surveillance
entre modules permet de comparer le nombre de paquets reçus au port de sortie au nombre
de paquets transmis au port d'entrée. Par exemple, on affecte un marquage à chaque
Nième paquet transmis au port d'entrée et, au port de sortie, on vérifie que N paquets
sont bien reçus entre deux marquages consécutifs. Une autre méthode de surveillance
du même type consiste à affecter un numéro d'ordre séquentiel aux paquets et à vérifier
que l'ordre des paquets reçus correspond à l'ordre des paquets transmis. Outre la
détection de perte de paquet, on peut aussi utiliser un code CRC (code de redondance
cyclique) ou un bit de parité pour vérifier l'intégrité des paquets transférés.
[0011] Ces premières méthodes sont surtout utilisées pour mesurer le taux de pertes de paquet
; elles sont utilisées moins fréquemment pour la localisation des défauts affectant
les paquets. Outre le traitement requis dans chaque port d'entrée et dans chaque port
de sortie, elles présentent l'inconvénient de nécessiter des données additionnelles
affectées à chaque paquet.
[0012] Par ailleurs, ces premières méthodes de surveillance de bout en bout ne permettent
pas de distinguer entre un défaut transitoire et une élimination d'informations due
à une congestion. En outre, elles ne donnent pas d'indication sur le module à l'origine
du défaut affectant les paquets lors de leur transfert d'un module entrant vers un
module sortant.
[0013] Selon la seconde technique (surveillance par module), les observations sont effectuées
dans chacun des modules d'un noeud où des paquets peuvent être perdus. On peut ainsi
localiser les modules à l'origine des défauts. Toutefois les défauts n'étant observés
que localement, on ne peut pas déterminer si l'origine du défaut se trouve dans le
module concerné ou bien si le paquet était déjà défectueux à son entrée dans ce module.
La détermination du taux de pertes de paquet nécessite alors des mesures additionnelles
par connexion dans tous les modules. Cette technique n'est d'ailleurs, en général,
pas utilisée pour mesurer les taux de pertes de paquet de "bout en bout" en raison
des difficultés de synchronisation entre modules.
[0014] L'invention remédie aux inconvénients des deux techniques connues.
[0015] Elle permet de limiter ou de supprimer les données additionnelles à transmettre pour
mesurer le taux de pertes de paquet et/ou pour localiser les défauts transitoires.
Elle permet aussi d'améliorer la localisation de tels défauts transitoires ou de limiter
le contexte additionnel requis en mémoire, pour le traitement dans les modules et
les éléments de commutation.
[0016] A cet effet, le procédé selon l'invention est caractérisé en ce que, pour surveiller
les pertes de paquet dans un réseau de transport de paquets en mode de transfert asynchrone,
lorsqu'on détecte une perte de paquet dans au moins un module ou élément de commutation
d'un noeud du réseau, on engendre, pour chaque paquet perdu, un paquet de signalisation
dit de perte de paquet, et on achemine ce paquet de signalisation en utilisant les
mêmes données d'acheminement que celles du paquet perdu.
[0017] Bien que la génération d'un tel paquet de signalisation de perte de paquet ne soit
pas possible dans le cas particulier où les données d'acheminement du paquet perdu
seraient elles-mêmes corrompues, le procédé selon l'invention est utilisable dans
la majorité des situations de pertes de paquet. En effet, dans la majorité des cas
(notamment les congestions de données), les données d'acheminement restent intactes.
[0018] Il est ainsi possible, en un ou plusieurs noeuds sélectionnés du réseau, de surveiller
les pertes de paquet pour chaque connexion individuelle sans qu'il soit nécessaire
que chaque paquet comporte des données additionnelles. En outre, les moyens à mettre
en place pour la surveillance sont minimisés car il suffit, dans une réalisation préférée,
d'effectuer cette surveillance dans les modules terminaux de sortie du noeud.
[0019] Dans un mode de réalisation, pour permettre la localisation des modules à l'origine
des défauts affectant des paquets, le paquet de signalisation de perte de paquet comporte
une information représentant l'identité du module ou de l'élément de commutation où
il a été créé.
[0020] Pour une surveillance efficace, qui s'applique tant à la mesure du taux de pertes
de paquet qu'à la localisation du module ou de l'élément de commutation à l'origine
de la perte, il est utile que le paquet de signalisation de perte de paquet comprenne
aussi une information représentant la cause du défaut, en particulier pour distinguer
entre une perte due à une congestion de trafic, et une perte due à un défaut.
[0021] Les techniques de détection proprement dite des pertes de paquet étant connues, il
n'est pas utile de les décrire ici.
[0022] Le procédé selon l'invention s'applique tant aux noeuds de commutation mono-trajet
qu'aux noeuds de commutation multi-trajets. Par commutation "mono-trajet", on entend
que l'acheminement des paquets d'une connexion donnée ne peut s'effectuer que selon
un seul chemin prédéterminé à travers un noeud de commutation. Par commutation "multi-trajets",
on entend que l'acheminement de chacun des paquets d'une connexion donnée peut s'effectuer
dynamiquement selon une multiplicité de chemins possibles à travers un noeud de commutation.
[0023] Dans le cas d'une commutation mono-trajet, les données d'acheminement du paquet de
signalisation de perte de paquet comportent l'identité de la connexion individuelle
sur le chemin prédéterminé.
[0024] Dans le cas d'une commutation multi-trajets, les données d'acheminement du paquet
de signalisation de perte de paquet ne comprennent qu'une adresse explicite ou implicite
(par exemple l'identité d'un arbre de diffusion) du (ou des) port(s) de sortie destinataire(s)
; dans ce cas, l'identité de la connexion individuelle est incorporée dans la partie
de données du paquet de signalisation.
[0025] Le paquet de signalisation de perte de paquet a, de préférence, une longueur plus
petite que celle du paquet perdu de façon à limiter la quantité des données transmises
pour ce type de signalisation. Toutefois, dans les réseaux où les paquets de données
transportés ont une longueur fixe (par exemple les réseaux de cellules ATM), on est
contraint de respecter cette même longueur fixe pour les paquets de signalisation
; cependant, étant donné que cette contrainte ne concerne que les liens externes entre
noeuds, on pourra avantageusement utiliser des paquets de signalisation de longueur
plus petite à l'intérieur d'un noeud de commutation.
[0026] Le paquet de signalisation comprend, tout d'abord, un en-tête comportant, d'une part,
un indicateur représentant son identité de paquet de signalisation de perte de paquet,
et, d'autre part, des données d'acheminement qui, comme indiqué ci-dessus, sont les
mêmes que celles du paquet perdu.
[0027] Le paquet de signalisation de perte de paquet comprend, ensuite, des données proprement
dites qui comportent l'identificateur de la connexion individuelle, dans le cas d'une
commutation multi-trajets. Ces données peuvent aussi comporter une donnée représentant
le type de perte et/ou les identités du module et du noeud où le paquet a été perdu.
[0028] Par ailleurs, on peut aussi prévoir un indicateur dit d'origine de perte de paquet,
qui est initialisé à une première valeur, dite origine locale, lorsque le paquet de
signalisation est généré dans un module ou un élément de commutation où se produit
la perte de paquet, et modifié à une seconde valeur, dite origine externe, dès qu'un
paquet de signalisation est transmis par un module de sortie en aval vers un autre
noeud du réseau. Cet indicateur permet de distinguer entre les pertes de paquet locales
dans le noeud et les pertes provenant d'un ou plusieurs autres noeuds du réseau en
amont. On peut ainsi mesurer simultanément dans un noeud, pour chaque connexion individuelle,
le taux de perte de paquet local (dans ce noeud) et le taux de perte de paquet sur
un ensemble de N noeuds du réseau (N-1 noeuds en amont en plus de ce noeud).
[0029] L'invention ne se limite pas à un procédé de surveillance dans un réseau de transport
de paquets. Elle concerne aussi le traitement de chaque paquet de signalisation de
perte de paquet dans les modules ou éléments de commutation dans chaque noeud de ce
réseau pour permettre la mise en oeuvre de cette surveillance des pertes de paquets.
[0030] L'invention concerne aussi le paquet de signalisation en tant que tel.
[0031] Dans chaque noeud de commutation, le module terminal de sortie est agencé soit pour
transmettre à l'extérieur de ce noeud, par exemple sur la connexion vers le noeud
suivant, les paquets de signalisation de pertes de paquet qu'il a reçus ainsi que
ceux qu'il a éventuellement engendrés lui-même, soit pour éliminer les paquets de
signalisation de perte de paquet reçus, la surveillance cumulée ne s'effectuant alors
pas en aval au-delà de ce module terminal de sortie.
[0032] Ainsi, l'observation ou la surveillance du taux de pertes de paquet peut s'effectuer
soit à travers un seul noeud, soit de façon cumulée sur une section de connexion comportant
plusieurs noeuds de commutation. Il est également possible d'effectuer simultanément
l'observation locale dans chaque noeud et l'observation cumulée sur plusieurs noeuds.
[0033] Par contre, la localisation, c'est-à-dire l'identification d'un module ou élément
de commutation provoquant un nombre excessif de pertes, ne s'effectue en pratique
qu'à l'intérieur de chaque noeud de commutation, chaque noeud assurant ses propres
fonctions locales de maintenance.
[0034] Il est aussi possible de combiner la localisation des pertes de paquet dans chaque
noeud avec la surveillance du taux de pertes cumulées sur plusieurs noeuds et/ou locale
dans chaque noeud.
[0035] La présente invention prévoit un procédé pour surveiller les pertes de paquet dans
un réseau de transport d'informations numériques transmises en mode de transfert asynchrone
qui est tel que, lorsque l'on détecte une perte de paquet dans au moins un noeud du
réseau :
on engendre, pour chaque paquet perdu, un paquet de signalisation de perte de paquet,
et
on achemine ce paquet de signalisation en utilisant les mêmes données d'acheminement
que celles du paquet perdu.
[0036] Selon un mode de réalisation, le paquet de signalisation comporte dans son en-tête,
un indicateur signalant sa nature de paquet de signalisation de perte de paquet.
[0037] Selon un mode de réalisation, le paquet de signalisation comporte une information
représentant l'identité du module ou élément de commutation du noeud où le paquet
de signalisation a été engendré.
[0038] Selon un mode de réalisation, le paquet de signalisation comporte une information
représentant la cause de la perte.
[0039] Selon un mode de réalisation, l'information représentant la cause de la perte de
paquet permet de distinguer entre une perte par congestion, c'est-à-dire saturation
d'une mémoire tampon, et un autre type de perte.
[0040] Selon un mode de réalisation, la surveillance étant effectuée dans un réseau de commutation
mono-trajet, les données d'acheminement du paquet de signalisation comportent l'identité
de la connexion.
[0041] Selon un mode de réalisation, la surveillance étant effectuée dans un réseau de commutation
multi-trajets, les données d'acheminement du paquet de signalisation comportent une
adresse de port de sortie destinataire explicite ou implicite, l'identité de la connexion
étant incluse dans le paquet de signalisation, notamment dans sa partie de données.
[0042] Selon un mode de réalisation, le paquet de signalisation a une longueur égale à celle
du paquet perdu.
[0043] Selon un mode de réalisation, le paquet de signalisation a une longueur plus petite
que celle du paquet perdu.
[0044] Selon un mode de réalisation, le réseau étant du type à paquets ou cellules de longueur
fixe, par exemple un réseau ATM, à l'intérieur d'un noeud de commutation, la longueur
du paquet de signalisation est plus petite que la longueur fixe des paquets ou cellules
transportés sur les liens externes dans le réseau.
[0045] Selon un mode de réalisation, la surveillance consiste à effectuer au moins l'une
des opérations suivantes : surveiller le taux de pertes de paquet, détecter le (ou
les) module(s) ou élément(s) à l'origine d'un excès de pertes, et détecter la cause
de l'excès de pertes.
[0046] Selon un mode de réalisation, le réseau de transport de paquets comprend des noeuds
de commutation asynchrones de paquets interconnectés par des liens externes transportant
des paquets en multiplexage asynchrone, chaque noeud de commutation comportant des
modules d'entrée et des modules de sortie interconnectés par au moins un élément de
commutation, chaque module d'entrée ou de sortie, et chaque élément de commutation
étant susceptible de perdre des paquets, les paquets de signalisation pouvant être
engendrés dans un module d'entrée, un module de sortie, et dans un élément de commutation,
et les paquets de signalisation engendrés dans un module d'entrée ou un élément de
commutation sont acheminés vers les modules de sortie, ces derniers effectuant la
surveillance et/ou transmettant les paquets de signalisation en aval, vers d'autres
noeuds.
[0047] Selon un mode de réalisation, la surveillance étant effectuée dans un module de sortie
d'un noeud, les paquets de signalisation sont éliminés dans un tel module de sortie.
[0048] Selon un mode de réalisation, pour surveiller les pertes de paquets cumulées sur
N noeuds consécutifs, les N-1 premiers noeuds assurent la transmission des paquets
de signalisation en aval vers le noeud suivant, et le dernier noeud assure la surveillance,
les pertes surveillées dans ce dernier noeud comprenant, d'une part, les pertes détectées
en amont du module de sortie du dernier noeud et indiquées dans les paquets de signalisation
reçus, et, d'autre part, les pertes détectées localement dans ce module de sortie.
[0049] Selon un mode de réalisation, le paquet de signalisation comporte un indicateur dit
d'origine de perte de paquet, qui est initialisé à une première valeur, dite origine
locale, lorsque le paquet de signalisation est engendré dans un module ou un élément
de commutation où se produit la perte de paquet, et modifié à une deuxième valeur,
dite origine externe, dès qu'un paquet de signalisation est transmis par un module
de sortie en aval vers un autre noeud du réseau.
[0050] Selon un mode de réalisation, l'indicateur d'origine de perte de paquet dans chaque
paquet de signalisation est utilisé pour effectuer, d'une part, la surveillance du
taux de pertes de paquet global sur plusieurs noeuds consécutifs, et, d'autre part,
la surveillance sélective du taux de pertes de paquet local dans chaque noeud de cette
suite de noeuds.
[0051] Selon un mode de réalisation, les paquets de signalisation engendrés dans des modules
terminaux ou dans des éléments de commutation sont stockés dans une mémoire tampon
spécifique pour mémoriser les paquets de signalisation, et ces paquets de signalisation
provenant de la mémoire tampon spécifique sont multiplexés avec les paquets normaux
transmis.
[0052] Selon un mode de réalisation, les paquets de signalisation engendrés dans des modules
terminaux ou dans des éléments de commutation sont stockés dans la mémoire tampon
de ce module ou élément de commutation en même temps que les paquets de données.
[0053] D'autres caractéristiques et avantages de l'invention apparaîtront avec la description
de certains de ses modes de réalisation, celle-ci étant effectuée en se référant aux
dessins ci-annexés sur lesquels :
la figure 1 est un schéma d'un réseau de communication utilisant le procédé et les
dispositifs selon l'invention,
la figure 2 est un schéma d'un noeud de commutation faisant partie du réseau de la
figure 1,
la figure 3 est un schéma d'un module terminal d'entrée, conforme à l'invention, du
noeud de commutation de la figure 2,
la figure 4 est un schéma d'un élément de commutation, conforme à l'invention, du
noeud de commutation de la figure 2,
la figure 5 est un schéma d'un module terminal de sortie conforme à l'invention, et
la figure 6 est un schéma analogue à celui de la figure 5, mais pour une variante.
[0054] La figure 1 est une représentation schématique d'un réseau 10 de transport asynchrone
de paquets (ou de cellules). Un tel réseau comporte plusieurs noeuds de commutation
12, 14, 16, 18, 20 et 22. Chaque noeud de commutation comprend m entrées et n sorties
; comme on le verra plus loin, on se réfère à une connexion à travers un noeud telle
qu'elle transfère les paquets reçus sur un port d'entrée de rang i vers un port de
sortie de rang j.
[0055] Dans le réseau de la figure 1, chaque paquet de la connexion considérée est appliqué
en E
A sur une entrée du noeud 12 et est transmis vers une sortie S
C du noeud 22 par l'intermédiaire du noeud 18.
[0056] La connexion considérée entre l'entrée du noeud 12 et la sortie du noeud 22 constitue
une section de connexion et, dans l'exemple, on détecte le taux de pertes de paquet
entre le point d'entrée E
A et le point de sortie S
C. En d'autres termes, on mesure dans le noeud 22 un taux de pertes de paquet qui est
cumulé sur les noeuds 12, 18 et 22.
[0057] Sur la figure 2, on a représenté de façon schématique un noeud 24 à m ports d'entrées
E
1 ... E
m et n ports de sorties S
1 ... S
n.
[0058] Pour simplifier la description, on supposera que les modules terminaux dans un tel
noeud comportent chacun un seul port d'entrée et un seul port de sortie constituant
l'interface, avec un seul lien externe de transmission entre noeuds.
[0059] Sur la figure 2, le noeud est illustré selon une représentation dépliée, c'est-à-dire
en séparant fonctionnellement chaque module terminal en deux parties : d'un côté un
"module terminal d'entrée" (ou module "entrant") 26
i (avec un seul "port d'entrée"), et de l'autre côté un "module terminal de sortie"
(ou module "sortant") 30
i (avec un seul "port de sortie").
[0060] Toutefois, chaque port d'entrée ou de sortie physique peut supporter plusieurs canaux
virtuels multiplexés sur ce port qui sont utilisables pour des connexions individuelles
distinctes.
[0061] Le noeud 24 comporte ensuite au moins un élément de commutation 28
p. Si on prévoit plusieurs éléments de commutation, ceux-ci sont disposés en un ou
plusieurs étages.
[0062] On rappelle ici que, de façon générale, un module terminal peut comporter, selon
l'architecture de réseau de commutation considérée, un ou plusieurs liens internes.
Dans ce dernier cas, si le noeud comprend un seul élément de commutation, les liens
internes sont tous raccordés à cet élément. Quand on prévoit plusieurs éléments de
commutation (arrangés en un ou plusieurs étages), les liens de chaque module terminal
peuvent être raccordés soit à un seul des éléments, soit distribués sur plusieurs
éléments de commutation. L'invention englobe toutes ces possibilités et, de façon
générale, est indépendante de la configuration du réseau de commutation.
[0063] Dans ce qui suit, également pour simplifier la description, on supposera, comme dans
l'exemple représenté, que chaque module terminal (d'entrée et de sortie) comporte
un seul lien interne avec le réseau et que le noeud comporte un seul élément de commutation.
Dans ce cas, l'élément de commutation 28
p présente m entrées reliées aux sorties respectives des modules 26
i et n sorties qui sont reliées à des entrées respectives de modules terminaux de sorties
30
i. Un exemple d'élément de commutation sera décrit avec la figure 4 et deux modes de
réalisation de modules 30
i seront décrits en relation avec les figures 5 et 6.
[0064] On se réfère maintenant à la figure 3 qui représente un exemple de réalisation d'un
module terminal d'entrée 26
i.
[0065] Les paquets provenant du port d'entrée E
i sont appliqués à l'entrée d'un dispositif 32 permettant de séparer les données proprement
dites des informations de commande des paquets reçus. Ces informations de commande
se trouvent dans l'en-tête des paquets.
[0066] Les données sont stockées temporairement dans une mémoire tampon 34, tandis que les
informations de commande sont traitées par un bloc 36 permettant l'interprétation
du protocole de transport sur le lien externe. Le bloc 36 est appelé "Terminaison
entrante du protocole externe de transport de paquets".
[0067] La sortie du bloc 36 est reliée à l'entrée d'un bloc 38 appelé "Préparation de paquet
interne" dont le rôle est, d'une part, de convertir le protocole de transport externe
au noeud en un protocole de transport interne au noeud, et d'autre part, selon l'invention,
de détecter les paquets perdus.
[0068] Les modifications apportées au paquet selon le protocole interne au noeud apparaissent
sur une sortie 38
1 du bloc 38 et sont appliquées sur une entrée 34
2 du bloc 34 de stockage temporaire de paquets. Les données apparaissant sur la sortie
38
1 du bloc 38 comprennent, notamment, des données d'acheminement à l'intérieur du noeud
vers le port de sortie destinataire.
[0069] L'information de paquet perdu apparaît sur une seconde sortie 38
2 du bloc 38 et est appliquée sur une entrée 40
1 d'un bloc 40 dont le rôle est d'engendrer un paquet de signalisation de perte de
paquet qui est transmis sur une entrée 34
3 du bloc 34.
[0070] La détection de paquet perdu, qui est effectuée dans le bloc 30, peut être réalisée
par divers moyens connus tels que l'utilisation d'un code CRC ou de parité se trouvant
dans le paquet arrivant par le port d'entrée E
i, ou bien lors de l'élimination d'un paquet en cas de congestion dans la mémoire tampon.
[0071] Le paquet de signalisation de perte de paquet engendré par le bloc 40 présente, dans
une réalisation, un format analogue à celui d'un paquet habituel. Il comprend un en-tête
avec un indicateur caractérisant son identité de paquet de signalisation de perte
de paquet et des données d'acheminement qui sont les mêmes que celles du paquet perdu.
Dans le cas d'une commutation multi-trajets, ce paquet comporte aussi un identificateur
de connexion. Dans le cas d'une commutation mono-trajet, l'identificateur de connexion
fait partie des données d'acheminement du paquet.
[0072] Ces données sont suffisantes pour une surveillance de taux de pertes de paquet. Par
contre, pour la localisation de défauts, il faut, en outre, insérer dans l'en-tête
une information identifiant le module terminal ou l'élément de commutation où le défaut
a pris naissance (dans l'exemple, dans le module 26
i).
[0073] Quelle que soit l'utilisation (surveillance du taux de perte de paquet et/ou localisation
de défauts), il peut être utile, par ailleurs, d'insérer dans ce paquet de signalisation
de perte de paquet une information caractérisant le type de perte, précisant par exemple
si elle est due à une congestion de mémoire tampon ou bien à un autre défaut.
[0074] Dans un exemple de réalisation, les paquets de signalisation de perte de paquet sont
mémorisés dans la même mémoire tampon du bloc 34 que celle prévue pour les paquets
de données normaux.
[0075] Dans une variante, on prévoit une mémoire tampon additionnelle dédiée aux paquets
de signalisation ainsi qu'un multiplexeur permettant de transmettre alternativement
les paquets de données normaux et les paquets de signalisation de perte de paquet
(qui, par la suite, seront appelés "paquets de signalisation").
[0076] De même pour les éléments de commutation et pour les modules terminaux de sortie,
on peut soit prévoir une seule mémoire tampon soit prévoir, en plus de la mémoire
tampon habituelle, une mémoire tampon dédiée aux paquets de signalisation.
[0077] On se réfère maintenant à la figure 4 qui représente un élément de commutation 28
p. Cet élément 28
p comprend m entrées et n sorties, chaque entrée étant reliée à une sortie d'un module
terminal d'entrée et chaque sortie étant reliée à une entrée d'un module terminal
de sortie (dans l'exemple, simplifié, d'un seul élément de commutation).
[0078] L'élément de commutation 28
p comporte ainsi une matrice 44 d'interconnexion à m entrées 46
1 ... 46
m et n sorties 48
1 ... 48
n. Chacune des entrées 46
i est reliée à un dispositif 50
i dont le rôle est analogue à celui du dispositif 32 de la figure 3, à savoir qu'il
sépare les données proprement dites des informations de commande se trouvant dans
l'en-tête de chaque paquet. Les données proprement dites sont transmises aux entrées
correspondantes 46
i de la matrice 44, tandis que les informations de commande, se trouvant dans l'en-tête,
sont transmises vers un bloc 52 de commande d'acheminement de paquet. Ce bloc 52,
qui comporte m entrées, 54
1 à 54
m, exploite les informations d'acheminement, contenues dans les en-têtes, de façon
à commander la matrice d'interconnexion 44 afin que chaque paquet soit transmis vers
la sortie appropriée du noeud 24. Pour cela, le signal de commande engendré par le
bloc 52 est appliqué sur une entrée 55 de la matrice 44.
[0079] Par ailleurs, dans le bloc 52, on effectue, conformément à l'invention, une détection
de paquet perdu. Cette détection de paquet perdu est réalisée comme décrit ci-dessus
pour le bloc 38 de la figure 3. L'information de paquet perdu est transmise, par une
sortie 52
1 du bloc 52 vers l'entrée d'un bloc 56 générateur de paquets de signalisation. Les
paquets de signalisation apparaissent sur la sortie du bloc 56 et sont appliqués sur
l'entrée 58 de la matrice 44. Le bloc 56 est analogue au bloc 40 du module terminal
d'entrée décrit en relation avec la figure 3.
[0080] Le module terminal de sortie représenté sur la figure 5 est utilisé quand, dans le
noeud considéré, on exploite localement les paquets de signalisation, sans les transmettre
en aval vers un autre noeud du réseau. Le module terminal de sortie représenté sur
la figure 6 est analogue à celui représenté sur la figure 5 ; mais il comporte un
moyen additionnel pour transmettre les paquets de signalisation en aval vers le noeud
suivant.
[0081] Le module 30
i représenté sur la figure 5 comprend une mémoire tampon 60 comportant, dans l'exemple
considéré, une entrée 62
i reliée à la sortie 48
i de l'élément de commutation 28
p (figure 4).
[0082] L'entrée 62
i reçoit les données du paquet par l'intermédiaire d'un dispositif 64
i analogue au dispositif 32 de la figure 3, c'est-à-dire séparant, pour chaque paquet,
les données de l'en-tête. Les en-têtes sont eux transmis à un bloc 66 permettant,
d'une part, de détecter les paquets de signalisation de perte de paquet et, d'autre
part, de transmettre l'ensemble des en-têtes vers un bloc 68 de préparation de paquet
externe dont le rôle est de reconvertir ces en-têtes en un format convenant pour le
transport des paquets sur les liens externes dans le réseau, selon le protocole externe
de transport utilisé vers le noeud suivant.
[0083] Par ailleurs, dans le bloc 68, on prévoit un moyen de détection de perte de paquet.
Le bloc 68 engendre des paquets de signalisation qui sont transmis sur une entrée
70 du bloc 66 de détection de perte.
[0084] Le bloc 66 comporte deux sorties 72 et 74. La première sortie 72 délivre une information
relative à un paquet perdu localement dans le module 30
i et détecté par le bloc 68, et la seconde sortie 74 délivre une information relative
à un paquet perdu en amont (c'est-à-dire en dehors du module terminal considéré) consécutive
à la réception d'un paquet de signalisation.
[0085] En outre, comme on le verra plus loin, pour distinguer entre un paquet de signalisation
émis dans le noeud considéré et un paquet de signalisation émis dans un autre noeud
en amont du noeud où s'effectue l'observation, chacun de ces paquets de signalisation
comporte également un indicateur binaire dit d'origine de perte de paquet. La première
valeur, dite origine locale, est initialisée lorsque le paquet de signalisation est
engendré dans un module, ou un élément de commutation, où se produit la perte de paquet
(origine locale dans le noeud où se produit la perte de paquet). Cette première valeur
est modifiée en une deuxième valeur, dite origine externe, dès qu'un paquet de signalisation
est transmis par un module de sortie en aval vers un autre noeud du réseau (origine
externe dans un noeud en amont du noeud considéré). Cet indicateur d'origine de perte
de paquet ne change pas de valeur tant que le paquet de signalisation circule dans
le noeud où il a été créé.
[0086] Les sorties 72 et 74 sont reliées à des entrées, respectivement 76
1 et 76
2 d'un bloc 76 d'observation de taux de pertes de paquet, tandis que la sortie 74 est
reliée à l'entrée d'un bloc 78 d'identification de module causant un nombre excessif
de pertes. On voit ainsi que le taux de pertes de paquet, observé sur une section
de connexion en amont pouvant comporter un ou plusieurs noeuds, dépend, tant des pertes
en amont que des pertes locales dans le module terminal de sortie. Pour l'identification
des modules ou éléments d'un noeud causant un nombre excessif de pertes, on a besoin
seulement d'identifier les pertes survenues dans les modules ou éléments en amont
dans ce noeud, les pertes locales étant déjà identifiées dans le bloc 68. Toutefois,
en variante, le module 68 peut également transmettre l'identification locale au bloc
78.
[0087] Le module terminal de sortie 30'
i représenté sur la figure 6 se distingue de celui représenté sur la figure 5 seulement
par le fait que le bloc 66 comporte une sortie 80 qui transmet les paquets de signalisation
sur une entrée 82 de la mémoire tampon 60, ce module 30'
i ayant pour but de permettre la transmission des paquets de signalisation sur la sortie
correspondante du noeud vers le noeud suivant.
[0088] Les applications des dispositifs décrits en relation avec les figures 2 à 6 peuvent
se classer en deux catégories. La première catégorie est la surveillance sur une connexion
seulement à l'intérieur d'un seul noeud de commutation. La seconde catégorie (comme
représenté sur la figure 1) est la surveillance sur une section de connexion à travers
plusieurs noeuds de commutation consécutifs dans le réseau. Il est également possible
de combiner ces deux catégories d'applications.
[0089] Pour la première catégorie d'application, on fera appel à un module terminal de sortie
du type de celui représenté sur la figure 5 dans lequel les paquets de signalisation
reçus sont éliminés localement.
[0090] La surveillance limitée à un seul noeud de commutation (première catégorie) peut
présenter trois aspects :
[0091] Le premier aspect concerne la localisation du module ou élément provoquant un nombre
excessif de pertes. Cette identification s'effectue localement dans le noeud.
[0092] Le deuxième aspect se rapporte à la détection du taux de pertes de paquet lors de
leur transfert à travers le noeud.
[0093] Le troisième aspect est la combinaison des deux premiers à l'aide des mêmes paquets
de signalisation, c'est-à-dire qu'il concerne, dans le noeud considéré, à la fois
la localisation du module ou élément provoquant un excès de pertes et la détection
du taux de pertes de paquet.
[0094] Le module 30
i représenté sur la figure 5 correspond à ce troisième aspect. Dans le cas où l'on
ne fait appel qu'à la localisation, on désactive le bloc 76 ; en variante on prévoit
un module simplifié dépourvu d'un tel bloc 76.
[0095] Inversement, quand on veut effectuer seulement une observation ou détection de taux
de pertes de paquet, on désactive le bloc 78 d'identification de module provoquant
un excès de pertes, ou on utilise un module simplifié 30
i ne comportant pas ce bloc 78.
[0096] Pour la seconde catégorie d'applications, c'est-à-dire la surveillance ou détection
du taux de pertes de paquet cumulé sur une section de connexion à travers plusieurs
noeuds consécutifs, comme les noeuds 12, 18 et 22 sur la figure 1, le dernier noeud
22 est du type correspondant à la première catégorie, c'est-à-dire qu'il comprend
un module terminal de sortie du type représenté sur la figure 5 dans lequel les paquets
de signalisation sont éliminés. Par contre, les autres noeuds, 12 et 18, comportent
un module terminal de sortie du type de celui représenté sur la figure 6.
[0097] Il existe au moins sept possibilités de surveillance dans cette seconde catégorie
:
[0098] La première possibilité consiste à détecter seulement le taux cumulé de pertes de
paquet sur la section de connexion formée des noeuds 12, 18 et 22.
[0099] La deuxième possibilité concerne - en plus de la surveillance du taux de pertes de
paquet sur la section 12, 18 et 22 - la localisation des modules ou éléments provoquant
un excès de pertes dans au moins un noeud.
[0100] La troisième possibilité consiste à effectuer une détection locale (en plus de celle
sur la section de connexion) de taux de pertes de paquet dans au moins un noeud, différent
du dernier noeud 22.
[0101] La quatrième possibilité est une combinaison des troisième et quatrième possibilités.
[0102] La cinquième possibilité consiste à effectuer la localisation du module ou élément
provoquant un excès de pertes dans le dernier noeud 22 (en plus de la détection de
taux de pertes de paquet sur la section).
[0103] La sixième possibilité consiste à effectuer une détection de taux de pertes de paquet
à l'intérieur du dernier noeud (également en plus de la détection du taux de pertes
de paquet sur la section).
[0104] La septième possibilité est une combinaison des cinquième et sixième possibilités.
[0105] Pour la surveillance sur une section de connexion, comprenant plusieurs noeuds, on
fait appel, selon le type de transmission, soit à des paquets de longueur variable,
soit à des paquets de longueur fixe.
[0106] Dans le premier cas (paquets de longueur variable), on pourra conférer au paquet
de signalisation une longueur plus petite que celle du paquet perdu.
[0107] Dans le second cas (par exemple le mode de transmission ATM), les paquets ou cellules
doivent être transmis entre noeuds suivant une longueur constante. Dans cette hypothèse,
on peut conserver cette longueur constante à l'intérieur du noeud ; on peut aussi
utiliser une longueur plus faible à l'intérieur du noeud et, dans le module terminal
de sortie, convertir chaque cellule de façon qu'à l'extérieur du noeud elle présente
la longueur constante requise.
[0108] Pour la localisation des modules ou éléments provoquant un excès de pertes, on est
généralement intéressé seulement par la localisation des défauts ayant pris naissance
dans le noeud concerné, alors que l'observation du taux de pertes de paquet peut devoir
être effectuée sur l'ensemble des pertes de paquet survenues sur une section de connexion
en amont, cette section comportant plusieurs noeuds.
[0109] Aussi, pour pouvoir effectuer simultanément ces deux types de surveillance sur la
base d'ensembles de paquets de signalisation différents, comme expliqué plus haut,
on affectera au paquet de signalisation un indicateur dit d'origine de perte de paquet,
qui précise si le paquet a été perdu dans le noeud considéré (première valeur, dite
origine locale) ou bien dans un autre noeud du réseau en amont du noeud considéré
(deuxième valeur, dite origine externe).
[0110] De cette manière, pour effectuer, dans le bloc 78 du module terminal de sortie, la
surveillance des modules présentant un taux excessif de pertes de paquet dans le noeud
considéré, on pourra effectuer une sélection de manière à ne tenir compte que des
paquets de signalisation reçus qui sont d'origine locale. Simultanément, l'observation,
dans le module 76 du terminal de sortie, du taux de pertes de paquet sur une section
de connexion pourra être effectuée en tenant compte de l'ensemble des paquets de signalisation
reçus, qu'ils soient d'origine locale ou d'origine externe.
[0111] De même, cet indicateur d'origine (locale ou externe) du noeud où le paquet a été
perdu est également utile pour effectuer l'observation simultanée et sélective du
taux de pertes de paquet à l'intérieur d'un noeud, ainsi que du taux de pertes cumulé
sur une section de connexion comprenant plusieurs noeuds.
[0112] Dans ce cas, dans le module terminal de sortie du dernier noeud, le bloc 76 (figure
5) utilise de façon sélective les informations reçues des sorties 72 et 74 du bloc
66. Pour déterminer le taux de pertes de paquet seulement à l'intérieur du noeud correspondant,
le bloc 76 utilise les informations relatives au module défectueux qui apparaissent
sur la sortie 72 du bloc 66, ainsi qu'une partie des informations qui apparaissent
sur la sortie 74 du bloc 66, à savoir celles qui correspondent à des paquets de signalisation
reçus avec un indicateur d'origine de perte de paquet ayant la valeur "origine locale".
Par contre, ce dispositif 76 utilise toutes les informations apparaissant sur les
sorties 72 et 74 du bloc 66 pour déterminer le taux cumulé de pertes sur la section
de connexion.
1. Procédé pour surveiller les pertes de paquet dans un réseau (10) de transport d'informations
numériques transmises en mode de transfert asynchrone, consistant à tester les paquets
transportant la charge utile ;
caractérisé en ce que, lorsque l'on détecte une perte de paquet dans au moins un noeud (12, 14,
16, 18, 20, 22, 24) du réseau (10) :
- on engendre, pour chaque paquet perdu, un paquet de signalisation de perte de paquet
destiné à transporter en aval du réseau des informations concernant cette perte de
paquet, et
- on achemine ce paquet de signalisation en aval dans le réseau en utilisant les mêmes
données d'acheminement que celles du paquet perdu.
2. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que le paquet de signalisation
comporte dans son en-tête un indicateur signalant sa nature de paquet de signalisation
de perte de paquet.
3. Procédé selon la revendication 1 ou 2, caractérisé en ce que le paquet de signalisation
comporte une information représentant l'identité du module ou élément de commutation
du noeud où le paquet de signalisation a été engendré.
4. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 3, caractérisé en ce que le
paquet de signalisation comporte une information représentant la cause de la perte.
5. Procédé selon la revendication 4, caractérisé en ce que l'information représentant
la cause de la perte de paquet permet de distinguer entre une perte par congestion,
c'est-à-dire saturation d'une mémoire tampon, et un autre type de perte.
6. Procédé selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que
la surveillance étant effectuée dans un réseau de commutation mono-trajet, les données
d'acheminement du paquet de signalisation comportent l'identité de la connexion.
7. Dispositif selon l'une quelconque des revendications 1 à 5, caractérisé en ce que
la surveillance étant effectuée dans un réseau de commutation multi-trajets, les données
d'acheminement du paquet de signalisation comportent une adresse de port de sortie
destinataire explicite ou implicite, l'identité de la connexion étant incluse dans
le paquet de signalisation, notamment dans sa partie de données.
8. Procédé selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que
le paquet de signalisation a une longueur égale à celle du paquet perdu.
9. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 7, caractérisé en ce que le
paquet de signalisation a une longueur plus petite que celle du paquet perdu. le paquet
de signalisation a une longueur plus petite que celle du paquet perdu.
10. Procédé selon la revendication 9, caractérisé en ce que le réseau étant du type à
paquets ou cellules de longueur fixe, par exemple un réseau ATM, à l'intérieur d'un
noeud de commutation, la longueur du paquet de signalisation est plus petite que la
longueur fixe des paquets ou cellules transportés sur les liens externes dans le réseau.
11. Procédé selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que
la surveillance consiste à effectuer au moins l'une des opérations suivantes : surveiller
le taux de pertes de paquet, détecter le (ou les) module(s) ou élément(s) à l'origine
d'un excès de pertes, et détecter la cause de l'excès de pertes.
12. Procédé selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que
:
le réseau (10) de transport de paquets comprend des noeuds de commutation asynchrones
de paquets interconnectés par des liens externes transportant des paquets en multiplexage
asynchrone, chaque noeud de commutation comportant des modules d'entrée (26i) et des modules de sortie (30i) interconnectés par
au moins un élément de commutation (28p), chaque module d'entrée ou de sortie, et chaque élément de commutation étant susceptible
de perdre des paquets,
les paquets de signalisation peuvent être engendrés dans un module d'entrée, un module
de sortie, et dans un élément de commutation, et
les paquets de signalisation engendrés dans un module d'entrée ou un élément de commutation
sont acheminés vers les modules de sortie, ces derniers effectuant la surveillance
et/ou transmettant les paquets de signalisation en aval, vers d'autres noeuds.
13. Procédé selon la revendication 12, caractérisé en ce que la surveillance étant effectuée
dans un module de sortie d'un noeud, les paquets de signalisation sont éliminés dans
un tel module de sortie.
14. Procédé selon la revendication 13, caractérisé en ce que, pour surveiller les pertes
de paquets cumulées sur N noeuds consécutifs, les N-1 premiers noeuds assurent la
transmission des paquets de signalisation en aval vers le noeud suivant, et le dernier
noeud assure la surveillance, les pertes surveillées dans ce dernier noeud comprenant,
d'une part, les pertes détectées en amont du module de sortie du dernier noeud et
indiquées dans les paquets de signalisation reçus, et, d'autre part, les pertes détectées
localement dans ce module de sortie.
15. Procédé selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que
le paquet de signalisation comporte un indicateur dit d'origine de perte de paquet,
qui est initialisé à une première valeur, dite origine locale, lorsque le paquet de
signalisation est engendré dans un module ou un élément de commutation où se produit
la perte de paquet, et modifié à une deuxième valeur, dite origine externe, dès qu'un
paquet de signalisation est transmis par un module de sortie en aval vers un autre
noeud du réseau.
16. Procédé selon la revendication 15, caractérisé en ce que l'indicateur d'origine de
perte de paquet dans chaque paquet de signalisation est utilisé pour effectuer, d'une
part, la surveillance du taux de pertes de paquet global sur plusieurs noeuds consécutifs,
et, d'autre part, la surveillance sélective du taux de pertes de paquet local dans
chaque noeud de cette suite de noeuds.
17. Procédé selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que
les paquets de signalisation engendrés dans des modules terminaux ou dans des éléments
de commutation sont stockés dans une mémoire tampon spécifique pour mémoriser les
paquets de signalisation, et en ce que ces paquets de signalisation provenant de la
mémoire tampon spécifique sont multiplexés avec les paquets normaux transmis.
18. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 16, caractérisé en ce que les
paquets de signalisation engendrés dans des modules terminaux ou dans des éléments
de commutation sont stockés dans la mémoire tampon de ce module ou élément de commutation
en même temps que les paquets de données.