[0001] Lorsqu'une pièce d'horlogerie munie d'un quantième simple, annuel ou perpétuel, s'arrête
et que l'on doit remettre à jour le quantième, il se peut que l'on doive effectuer
manuellement plusieurs, voire des centaines de corrections successives d'un jour dans
les cas les plus défavorables.
[0002] L'exécution d'un si grand nombre de corrections manuelles est non seulement fastidieuse
pour l'usager mais, de plus, conduit à une utilisation excessive du mécanisme de correction
qui peut conduire à des défauts de fonctionnement.
[0003] Le but de la présente invention est de créer un mécanisme de correction rapide du
quantième d'un mouvement d'horlogerie à quantième simple, annuel ou surtout perpétuel,
permettant de réduire considérablement le nombre de corrections manuelles successives
pour la mise à jour du quantième.
[0004] Le mécanisme de correction rapide du quantième pour mouvement d'horlogerie muni d'un
quantième simple, annuel ou perpétuel, objet de la présente invention tend à remédier
aux inconvénients précités et à permettre la correction rapide, en un nombre d'opérations
successives limitées, de l'affichage du quantième. Ce mécanisme se distingue par les
caractéristiques définies à la revendication 1.
[0005] Le dessin annexé illustre schématiquement et à titre d'exemple une forme d'exécution
du mécanisme de correction rapide selon l'invention.
[0006] La figure 1 est une vue en plan du mécanisme en position de repos lorsqu'aucune correction
n'est effectuée.
[0007] La figure 2 est une vue en plan du mécanisme en position active au cours d'une opération
de correction manuelle rapide.
[0008] Au dessin annexé, seuls les éléments essentiels d'un quantième perpétuel instantané
sont illustrés pour faciliter la compréhension du fonctionnement du mécanisme de correction
rapide du quantième.
[0009] Les mécanismes de quantièmes simples, annuels et perpétuels, sont bien connus et
sont décrits par exemple dans l'ouvrage "Les montres compliquées" par François Lecoultre,
aux éditions horlogères, pages 206 à 230.
[0010] Le mécanisme de quantième perpétuel instantané illustré aux figures 1 et 2 dans son
principe comporte une étoile des mois 1 et une étoile de quantième 2.
[0011] L'étoile des mois 1 comporte douze dents et est entraînée à raison d'un pas par mois
par la bascule 3. Cette étoile des mois comporte des échelons 4,5 dont le rayon correspond
à la durée des mois de 30 et 31 jours. Un échelon de février 6 comporte une came modifiant
son rayon , une fois tous les quatre ans, pour les années bissextiles. Ces échelons
4, 5 et 6 coopèrent avec un bec 7 d'une grande bascule 8 pivotée en 9.
[0012] L'étoile de quantième 2 porte une denture de trente et une dents 10 coopérant avec
un premier cliquet 11 de la grande bascule 8 provoquant son entraînement d'un pas
par jour.
[0013] Cette étoile de quantième 2 porte une première came en colimaçon 12 coopérant avec
un second cliquet 13 de la grande bascule 8 provoquant l'avance de cette étoile 2
d'un, deux ou trois pas supplémentaires en fonction de la position de la grande bascule
8 et de l'étoile des mois 1 à la fin d'un mois de 30, 29 ou 28 jours.
[0014] L'étoile de quantième 2 porte encore une seconde came en colimaçon 14 coopérant avec
une extrémité 15 de la bascule 3 et provoque, une fois par mois, l'avance d'un pas
de l'étoile des mois 1 par l'intermédiaire d'un cliquet 16 de cette bascule 3 pivotée
en 17.
[0015] Le bec 18, à l'extrémité libre de la grande bascule 8, coopère avec un doigt 19 entraîné
par une goupille 21 d'une roue de vingt-quatre heures 20.
[0016] La grande bascule est maintenue en position appliquée contre un échelon 4,5,6 de
la came des mois 22 à l'aide d'un ressort de rappel 23; l'étoile des mois 1 est maintenue
entre ses entraînements successifs dans une position angulaire définie par un sautoir
24 et l'étoile de quantième 2 est maintenue entre son entraînement pas à pas journalier
par un sautoir 25 dans une position angulaire déterminée.
[0017] Le fonctionnement de ce mécanisme de quantième perpétuel instantané est traditionnel
et n'a pas besoin d'être décrit ici plus en détail.
[0018] Le mécanisme illustré comporte encore un poussoir de correction traditionnel 26 soumis
à l'action d'un ressort de rappel 27. L'usager, en appuyant sur ce poussoir, provoque
l'actionnement de la grande bascule 8 et l'entraînement d'un, deux ou trois pas de
l'étoile de quantième 2 suivant la position angulaire de l'étoile des mois 1. Ce poussoir
permet donc de faire avancer pas à pas le quantième comme dans les mécanismes traditionnels.
[0019] Le mécanisme de correction rapide du quantième objet de la présente invention va
être décrit maintenant en référence à la figure 1 illustrant ce mécanisme au repos.
[0020] Ce mécanisme de correction rapide comporte un organe de manoeuvre 30 solidaire d'un
coulisseau 31 coulissant dans une coulisse du mouvement non illustrée. Cette coulisse
et ce coulisseau 31 présentent la forme d'un arc de cercle concentrique au mouvement
et situé à la périphérie de celui-ci. L'organe de manoeuvre 30 est accessible de l'extérieur
de la pièce d'horlogerie.
[0021] La face avant du coulisseau 31 comporte un plan incliné 32 coopérant avec la goupille
33 solidaire d'une extrémité d'un levier 34 pivoté en son milieu en 35. L'autre extrémité
du levier 34 porte une goupille 36 coopérant avec le sautoir 25 de l'étoile de quantième
2.
[0022] Le coulisseau 31 porte un secteur denté 37 dont la denture est en prise avec celle
d'un pignon coulant 38 soumis à l'action d'un ressort 39. En position de repos du
mécanisme, ce pignon coulant 38 n'est pas en prise avec la denture d'une première
roue 40.
[0023] Cette roue 40 est en prise constante avec la denture d'un renvoi 41 engrenant lui-même
avec un pignon 42 porté par l'étoile de quantième 2.
[0024] Le levier à deux bras 43,44 est pivoté en 45. L'un de ses bras 43 coopère avec une
entaille 46 pratiquée dans la coulisse 31 constituant avec celle-ci une came tandis
que l'autre bras 44 coopère avec la grande bascule 8.
[0025] Lorsque l'usager veut procéder à une correction rapide du quantième, il déplace l'organe
de manoeuvre 30 dans le sens de la flèche F, ce qui provoque, dans un premier temps,
le basculement du levier 43,44 et du levier 34. En effet, le plan incliné 32 agit
sur la goupille 33 du levier 34 et le bras 43 du levier à deux bras sort de l'entaille
46 de la coulisse. Ces déplacements provoquent d'une part le pivotement de la grande
bascule 8 et son isolement d'avec la came des mois 22, et d'autre part le déplacement
du sautoir 25 et la libération de l'étoile de quantième 2.
[0026] Dans un second temps, lorsque l'usager continue à déplacer l'organe de manoeuvre
30 dans le sens de la flèche F, le pignon coulissant 38 est déplacé de manière à engrener
avec la roue 40. Dès cet instant, la grande bascule 8 étant isolée et l'étoile de
quantième libérée, tout déplacement ultérieur de l'organe de manoeuvre 30 dans le
sens de la flèche F provoque l'entraînement en rotation de l'étoile de quantième 2
par la liaison cinématique 37,38,40,41 et 42. Si ce faisant, on passe la position
de l'étoile de quantième 2 correspondant à la fin d'un mois, l'étoile des mois 1 est
entraînée normalement par la bascule 3.
[0027] Suivant le rapport de multiplication introduit par le rouage 38,40,41 et 42, un déplacement
de l'organe de manoeuvre peut correspondre à l'entraînement du quantième de plusieurs
mois sans que le mécanisme de quantième perpétuel ne soit déréglé.
[0028] Arrivé à proximité immédiate du quantième désiré, l'usager relâche l'organe de manoeuvre
qui revient en position de repos sous l'action d'un ressort non illustré. Ce faisant,
le pignon coulant 38 est découplé de la roue 40 et, en fin de course, la bascule perpétuelle
8 est remise en place en appui sur l'étoile des mois 1 et le ressort 25 fixe à nouveau
la position angulaire de l'étoile de quantième 2. Pour terminer la mise à jour, l'usager
peut actionner une ou deux fois le poussoir 26 si nécessaire.
[0029] Il est évident que les fonctions décrites de l'organe de manoeuvre qui sont, dans
un premier temps, l'isolement de la grande bascule et la libération de l'étoile de
quantième et, dans un second temps, l'enclenchement d'une liaison cinématique et l'entraînement
par celle-ci de l'étoile de quantième en rotation pourraient être obtenus à l'aide
d'organes de formes différentes sans sortir du cadre de la protection revendiquée.
Ce qui importe c'est la présence de ces fonctions permettant l'entraînement de l'affichage
du quantième d'une valeur comprise de plusieurs jours à plusieurs mois en un seul
déplacement de l'organe de manoeuvre.
[0030] L'essentiel de la présente invention réside donc dans le fait que le mécanisme de
correction rapide pour mouvement d'horlogerie muni d'un quantième comporte un organe
de manoeuvre accessible de l'extérieur du mouvement d'horlogerie, cet organe de manoeuvre
actionnant au début de sa course :
1. Des moyens d'isolation de la grande bascule d'une came des mois, de l'étoile de
quantième. Ces moyens d'isolation étant dans l'exemple illustré constitués d'un levier
à deux bras 43,44 coopérant avec une coulisse 31 actionnée par l'organe de manoeuvre
30 et agissant sur la grande bascule 8.
2. Des moyens de libération de l'étoile de quantième. Ces moyens étant réalisés dans
l'exemple illustré par le levier basculant 34 actionné par la coulisse 31 et agissant
sur le ressort 25.
[0031] De plus, cet organe de manoeuvre actionne dans la seconde partie de sa course une
liaison cinématique débrayable entraînant en rotation l'étoile de quantième. Dans
l'exemple illustré, cette liaison cinématique débrayable est formée d'une crémaillère
37 portée par la coulisse 31 engrenant avec un pignon coulant 38 ainsi que les rouages
40,41 et le pignon 42 porté par l'étoile de quantième 2.
1. Mécanisme de correction rapide pour mouvement d'horlogerie muni d'un quantième simple,
annuel ou perpétuel, caractérisé par le fait qu'il comporte un organe de manoeuvre
accessible de l'extérieur de la pièce d'horlogerie qui, lors de son déplacement d'une
position de repos jusque dans une position de fin de course provoque, dans un premier
temps, l'isolation de la bascule perpétuelle et la libération de l'étoile de quantième
puis, dans un second temps, l'enclenchement d'une liaison cinématique reliant cet
organe de manoeuvre à l'étoile de quantième et son entraînement en rotation d'une
valeur correspondant à plusieurs jours au moins.
2. Mécanisme selon la revendication 1, caractérisé par le fait qu'il comporte des moyens
d'isolation actionnés en début de course de l'organe de manoeuvre et agissant sur
la grande bascule; des moyens de libération actionnés en début de course de l'organe
de manoeuvre et agissant sur le sautoir définissant la position angulaire de l'étoile
de quantième entre ses entraînements successifs pas à pas; et une liaison d'entraînement
en rotation, débrayable, de l'étoile de quantième par l'organe de manoeuvre.
3. Mécanisme selon la revendication 2, caractérisé par le fait que l'organe de manoeuvre
est solidaire d'un coulisseau monté coulissant à la périphérie du mouvement d'horlogerie,
ce coulisseau comportant une came agissant sur l'un des bras d'un levier à deux bras
dont l'autre coopère avec la grande bascule.
4. Mécanisme selon la revendication 2 ou la revendication 3, caractérisé par le fait
que les moyens de libération comportent un levier basculant portant à l'une de ses
extrémités une goupille coopérant avec un plan incliné du coulisseau et dont l'autre
extrémité porte une goupille agissant sur le ressort de l'étoile de quantième.
5. Mécanisme selon l'une des revendications 2, 3 ou 4, caractérisé par le fait que la
liaison d'entraînement débrayable comporte une crémaillère solidaire du coulisseau
en prise avec un pignon coulant coopérant avec un rouage dont le dernier mobile est
en prise avec un pignon porté par l'étoile de quantième.
6. Mécanisme selon l'une des revendications précédentes, caractérisé par le fait que
la liaison d'actionnement par une bascule de l'étoile des mois à partir de l'étoile
de quantième reste toujours active, également pendant l'actionnement de l'organe de
manoeuvre.