[0001] La présente invention concerne un frein pour ski constitué d'un arceau en métal ressort
articulé transversalement, par ses côtés, sur une embase et présentant, en sa partie
médiane, une boucle ouverte aplatie prenant appui sur l'embase pour constituer un
ressort de rappel tendant à maintenir le frein en position active de freinage, la
partie médiane de l'arceau portant en outre une pédale montée basculante autour de
ladite partie médiane, cette pédale étant destinée à recevoir la pression de la chaussure
pour relever le frein contre l'action de ladite boucle.
[0002] Un tel frein est pratiquement connu du brevet DE 25 54 110. La partie médiane de
l'arceau métallique n'est certes pas muni d'une pédale dans cette exécution, mais
l'ajout d'une pédale est bien connu et s'est même généralisé. On trouve notamment
une telle pédale dans le brevet FR 2 322 627.
[0003] Du brevet antérieur DE 27 07 839, on connaît un frein constitué essentiellement d'un
arceau simple muni d'une plaque en matière plastique formant pédale d'actionnement
pour le relèvement du frein lors du chaussage de la fixation. En position abaissée
du frein, cette pédale reste dans le plan de l'arceau métallique, c'est-à-dire dans
une position oblique peu favorable à l'appui de la semelle de la chaussure. Par ailleurs,
dans cette exécution, l'abaissement du frein en position active est assuré par un
ressort auxiliaire.
[0004] Du brevet FR 2 322 627 on connaît un frein muni d'une pédale qui se relève en position
horizontale sous l'effet d'un ressort en cor de chasse, de manière à placer cette
pédale dans une position favorable à son actionnement par la chaussure.
[0005] On connaît par ailleurs des freins, tels que le frein représenté dans les brevets
EP 0 893 144 et FR 2 741 275 comprenant deux bras de frein distincts articulés sur
une pédale reliée en outre à l'embase de frein par une biellette auxiliaire de manière
à constituer une articulation de type parallélogramme maintenant la pédale dans une
position sensiblement horizontale. Un ressort auxiliaire agit sur la biellette pour
abaisser le frein en position active.
[0006] La présente invention a pour but, dans un frein constitué d'un seul arceau en métal
ressort, sans ressort auxiliaire pour son abaissement en position active, d'assurer
le redressement de la pédale dans une position sensiblement horizontale sans ressort
auxiliaire.
[0007] Le frein selon l'invention est caractérisé en ce que la face inférieure de la pédale
présente une protubérance de section transversale allant en s'élargissant du sommet
en direction de sa base et s'engageant dans la boucle ouverte de l'arceau en position
relevée du frein, cette protubérance ayant pour effet d'écarter élastiquement ladite
boucle lorsqu'elle est engagée dans la boucle, le pincement de la boucle exercé sur
la protubérance ayant pour effet, lors du relâchement de la pression sur la pédale,
de redresser au moins partiellement la pédale.
[0008] Un tel frein est d'une grande simplicité. Il est constitué d'un nombre minimum de
pièces, à savoir un arceau métallique, une embase et une pédale, l'embase et la pédale
étant de préférence réalisées en matière plastique injectée. Les extrémités de l'arceau
métallique sont de préférence enrobées de matière plastique réduisant leur agressivité,
comme c'est le cas de tous les freins actuels.
[0009] Le dessin annexé représente, à titre d'exemple, un mode d'exécution du frein selon
l'invention.
[0010] La figure 1 en représente une vue de côté.
[0011] La figure 2 en est une vue de dos, c'est-à-dire vu de l'arrière du ski en direction
de l'avant.
[0012] La figure 3 représente le frein vu de dessous, en position relevée sous la pression
d'une chaussure, mais sans le ski.
[0013] Le frein représenté est constitué de trois pièces, à savoir une embase 1 en matière
plastique, un arceau 2 en métal faisant ressort, par exemple en acier, et une pédale
3 en matière plastique, pièces auxquelles il faut ajouter les enrobages en plastique
4 et 5 des extrémités des bras 21 de l'arceau 2.
[0014] L'embase 1 est fixée au moyen de vis sur un ski 6.
[0015] De manière connue, l'arceau 2 présente, de chaque côté, un double coude au niveau
de l'embase 1, ces doubles coudes définissant deux sections horizontales alignées
entre-elles 22 formant axe d'articulation du frein dans l'embase 1 qui présente à
cet effet deux encoches 7 (figures 1 et 3) formant des paliers pour les sections 22
de l'arceau 2. Au dessus de l'embase, l'arceau 2 présente deux sections symétriques
obliques divergeantes 23 servant, de manière connue, au rapprochement des bras 21
lors du relèvement du frein par l'appui de ces sections 23 sur l'embase 1. Dans sa
partie supérieure, l'arceau 2 présente à nouveau deux sections rectilignes horizontales
et alignées entre-elles 24 servant d'axe d'articulation à la pédale 3. Enfin, la partie
médiane de l'arceau 2 forme une boucle ouverte 25 dirigée vers le bas et s'appuyant
sur une face plane de l'embase 1 sur laquelle elle peut glisser. Comme on peut le
voir à la figure 1, le plan de la boucle ouverte 25 est incliné relativement à la
verticale dans le même sens que le plan des sections 23, mais avec une pente plus
forte, en formant un angle aigu avec le plan des sections 23. Lors du montage du frein,
la boucle ouverte 25 maintient l'arceau 2 dans l'embase 1.
[0016] La pédale 3 est retenue sur l'arceau 2 par deux languettes 31 passant par dessus
les sections droites 24 de l'arceau 2 et fixées à cran sur deux tétons 32 de la pédale.
Sur sa face inférieure, c'est-à-dire du même côté que les languettes 31, la pédale
3 présente une protubérance constituée, dans l'exemple représenté, d'une nervure médiane
longitudinale 33 s'étendant selon l'axe de symétrie de la pédale et présentant une
section trapézoïdale comme on peut le voir à la figure 2.
[0017] Les figures 1 et 2 représentent le frein en position abaissée active, c'est-à-dire
en l'absence de chaussure. Lorsqu'une pression est exercée par la chaussure sur la
pédale 3, cette pression a tendance à faire tourner l'arceau du frein dans le sens
de la flèche F1, figure 1, c'est-à-dire à relever le frein en position inopérante.
Lors de ce mouvement, le plan contenant la boucle ouverte 25 se rapproche du plan
contenant les sections 23 en raison de l'arc-boutement et du glissement de la boucle
25 sur l'embase. Ce déplacement s'accompagne d'une déformation de l'arceau 2 en torsion
au niveau des sections 24, torsion qui a pour effet d'armer fortement le ressort constitué
par cet arceau. D'autre part, la pédale 3 vient se rabattre sensiblement dans le plan
des sections 23, c'est-à-dire dans le plan de l'arceau comme représenté à la figure
3. Lors de ce rabattement la protubérance 33 pénètre dans la boucle ouverte 25, plus
précisément dans l'ouverture de cette boucle. Les rampes 34 formées par les flancs
de la protubérance 33 ont tendance à écarter ou ouvrir la boucle 25 en créant ainsi
sur la boucle 25 une seconde sollicitation orientée dans le plan de cette boucle.
Cet écartement de la boucle 25 s'accompagne d'un rapprochement ou resserrement des
bras 21, rapprochement favorable, car ces bras doivent venir le plus possible se placer
dans la largeur du ski de manière à ne pas gêner la prise de carre lors de la descente.
[0018] Lors du déchaussage de la fixation, volontaire ou en cas de chute, l'arceau du frein
reprend la position représentée aux figures 1 et 2 sous la poussée de la boucle ouverte
25. La boucle 25 étant en outre sollicitée à l'écartement par la protubérance 33,
elle pince fortement cette protubérance. Ce pincement agissant sur les rampes 34,
il engendre une composante qui a tendance à repousser la protubérance 33 hors de la
boucle 25, de telle sorte que la pédale 3 se redresse pour reprendre la position représentée
aux figures 1 et 2. Si le plastique constituant la pédale 3 présente un coefficient
de frottement non négligeable, la pédale ne se redresse pas instantanément, ce redressement
pouvant prendre une ou deux secondes, ce qui n'est pas un inconvénient. Plus le plastique
est dur plus le redressement est rapide.
[0019] La protubérance 33 pourrait avoir une forme différente, par exemple une forme de
calotte sphérique ou une forme conique ou tronconique, ou toute autre forme capable
d'écarter la boucle 25 en engendrant une réaction d'expulsion, c'est-à-dire une section
transversale allant en s'élargissant de son sommet en direction de sa base. La protubérance
pourrait être formée par une pièce rapportée, en matériau différent du matériau de
la pédale. La protubérance pourrait être recouverte d'un matériau à faible coefficient
de frottement et de dureté suffisante, par exemple sous forme de coiffe.
1. Frein pour ski constitué d'un arceau en métal ressort (2) articulé autour d'un axe
transversal, par ses côtés, sur une embase (1) et présentant, en sa partie médiane,
une boucle ouverte aplatie (25) prenant appui sur l'embase pour constituer un ressort
de rappel tendant à maintenir le frein en position abaissée active, la partie médiane
de l'arceau portant en outre une pédale (3) montée basculante autour de ladite partie
médiane, cette pédale étant destinée à recevoir la pression de la chaussure pour relever
le frein contre l'action de ladite boucle ouverte, caractérisé en ce que la face inférieure
de la pédale présente une protubérance (33) de section transversale allant en s'élargissant
de son sommet en direction de sa base et s'engageant dans la boucle ouverte (25) de
l'arceau en position relevée du frein, cette protubérance ayant pour effet d'écarter
élastiquement ladite boucle ouverte (25) lorsqu'elle est engagée dans la boucle, le
pincement de la boucle exercé sur la protubérance ayant pour effet, lors du relâchement
de la pression sur la pédale, de redresser au moins partiellement la pédale.
2. Frein de ski selon la revendication 1, caractérisé en ce que ladite protubérance (33)
est en forme de nervure longitudinale de section trapézoïdale ou en V.