[0001] La présente invention concerne les alliages à base de zinc permettant de réaliser
des pièces en fonderie de haute qualité.
[0002] On a déjà proposé à cet effet de nombreux alliages à base de zinc. On connaît ainsi
une famille d'alliages appelée 〈〈 zamak 〉〉, à 4% d'aluminium, à teneurs en cuivre
et magnésium variables (pas de cuivre pour le zamak 3 ou ZL3, 3% de cuivre pour le
zamak 2 ou ZL2).
[0003] Les compositions de ces alliages sont définies par les normes NF EN 1774 〈〈 Zinc
et alliages de zinc - Alliages pour fonderie - lingots et liquide 〉〉 et par les normes
EN 12844 〈〈 Zinc et alliages de zinc - Pièces moulées - Spécifications 〉〉 ainsi que
par la norme internationale ISO 301.
[0004] L'alliage le plus employé est l'alliage à Al: 3.9-4.3%, Cu: 0,75-1.25%, Mg: 0.03-0.06%,
reste zinc de haute pureté communément appelé zamak 5. Sa désignation abrégée selon
la norme NF EN 1774 est ZL5. La pureté du zinc à employer est définie dans ces normes,
elle correspond à un zinc de type Zl, pureté 99.995% définie dans la norme NF EN 1179.
[0005] Cette famille d'alliages est particulièrement adaptée pour appliquer un procédé classique
d'injection sous pression en chambre chaude dont la particularité est qu'une partie
de son système d'injection est immergée dans l'alliage fondu à injecter. Il doit être
cependant bien entendu que tous les autres procédés connus peuvent aussi être utilisés.
[0006] Le procédé d'injection sous pression en chambre chaude est couramment employé pour
produire avec une forte productivité des pièces de degrés de complexité divers, dédiées
à de multiples applications (industrie du luxe, quincaillerie, automobile, bâtiment
etc., cette liste n'étant pas exhaustive).
[0007] Dans un tel procédé, la présence d'aluminium est indispensable pour limiter l'agressivité
du zinc vis à vis des pièces en acier ou en fonte constitutives de la machine de coulage.
L'ajout d'aluminium permet ainsi l'injection des pièces par un procédé du type chambre
chaude où le système d'injection est immergé dans l'alliage fondu.
[0008] De même, il est connu que la présence de magnésium à des teneurs entre 0.02% et 0.06%
est recommandée pour éviter des problèmes de corrosion intercristalline des pièces
et pour améliorer les propriétés mécaniques telles que la résistance à la traction,
la dureté et la fragilisation à basse température. Au dessus de 0.06%, il est connu
que le magnésium produit une baisse de la résistance à la flexion par choc.
[0009] Il est enfin connu que pour la famille des zamak dont la teneur en aluminium varie
entre 3,9 et 4,3%, le cuivre permet d'éviter ta corrosion intercristalline.
[0010] De nombreux efforts ont été faits pour améliorer les propriétés mécaniques de l'alliage
ZL 5, notamment sa résistance au fluage qui est un paramètre très important dans les
applications telles que l'automobile ou le bâtiment.
[0011] De manière générale, on souhaite que l'aspect des pièces en de tels alliages au zinc
soit de grande qualité. Cependant, les pièces revêtues ou non présentent très fréquemment
des défauts de surface. Deux défauts fréquents et particulièrement critiques sont
appelés respectivement porosités et gouttes froides,
[0012] Les porosités se présentent comme de petits trous dans la surface de la pièce revêtue
et sont imputables à l'étape de fonderie quand l'étape de revêtement ultérieur est
parfaitement maîtrisée et qu'elle ne génère pas ses défauts spécifiques (piqûres ou
grattons par exemple).
[0013] Les gouttes froides sont des jonctions de plusieurs flots d'alliages injectés mal
ressoudés entre eux, souvent favorisées par une température de moule trop froide.
Cependant, l'homme de l'art sait que certains dessins de pièce rendent quasi inévitables
ce défaut de surface quelque soient les conditions d'injection.
[0014] De nombreuses pièces de fonderie à' base de zinc ont un rôle décoratif, par exemple
dans les industries dites de luxe (bijouterie haut de gamme ou de fantaisie, parfumerie,
cosmétique) mais aussi notamment dans le domaine de l'automobile et du bâtiment.
[0015] Ces pièces dites "pièces d'aspect" sont, après leur injection, soumises à un traitement
de surface leur conférant l'aspect esthétique final désiré (revêtement de chrome,
d'or, d'argent, de peinture, ou autres).
[0016] La qualité des pièces d'aspect injectées en zamak puis revêtues est jugée par un
examen visuel qui rebute toute pièce présentant des défauts de surface dits "défauts
d'aspect", ces défauts pouvant être reliés à l'une des étapes de fonderie et de revêtement.
[0017] La société Stolberger Zink a proposé un alliage à plus faible teneur en aluminium
que le ZL5, ayant pour composition: Al 2%, Cu: 1%, Mg: 0.03-0.06%, Be: 0.0005-0050%,
reste zinc. Les résultats obtenus avec cet alliage soulignent l'effet bénéfique du
béryllium sur là résistance à la flexion par choc et font mention d'une amélioration
qualitative de l'aspect des pièces. La résistance à la traction de cet alliage est
cependant diminuée de 10-15% par rapport à celle du ZL 5.
[0018] Dans le document BE-846.899, il est décrit une famille d'alliages à Al : 0.2-3%,
Cu: 0.2-5%, et au moins un des éléments suivants Mn: 0.3-3%, ou Cr: 0.01-0.5%, ou
V: 0.01-0.5%, ou Ni: 0.2-0.5%, reste zinc, présentant des caractéristiques de fluage
améliorées par rapport au ZL 5.
[0019] Les différents alliages cités ci dessus ont l'inconvénient de fournir des pièces
n'ayant qu'une qualité de surface peu satisfaisante, la faible amélioration esthétique
s'accompagnant d'un abaissement des qualités mécaniques des pièces.
[0020] Le but de la présente invention est de procurer une famille d'alliages de zinc dont
la qualité de surface des pièces injectées telles quelles, brutes de fonderie, ou
encore prêtes à être revêtues, par exemple après polissage, en de tels alliages soit
nettement améliorée tout en conservant des caractéristiques mécaniques au moins similaires
à celles du ZL 5.
[0021] Selon l'invention, ces buts sont atteints avec un alliage de zinc comprenant en pourcentages
massiques :
Al: 1.8-2.2%
Cu: 1.5-3.9%
Mg: 0.02-0.06 %
le reste étant constitué de zinc, avec les impuretés usuelles inévitablement présentes
dans les métaux précités.
[0022] On a constaté que cette famille d'alliages permet notamment d'améliorer la qualité
de surface des pièces injectées en diminuant le nombre de porosités près de la surface,
porosités inhérentes au processus d'injection classique (sans utilisation d'un moule
sous vide), et en diminuant le nombre de gouttes froides pour les pièces sensibles
à ce défaut.
[0023] Cette qualité de la famille d'alliages a été vérifiée par des tests de fabrication
de nombreuses pièces. Pour apporter une évaluation quantifiée de l'amélioration apportée,
la demanderesse a choisi une pièce d'aspect présentant de grandes surfaces planes,
particulièrement révélatrice des problèmes d'aspect.
[0024] D'autres buts, avantages et caractéristiques de l'invention apparaîtront à la lecture
de la description détaillée qui va suivre, faite en référence aux exemples et figures
annexées sur lesquelles :
- la figure 1 représente un dispositif d'injection d'une machine d'injection sous pression
à chambre chaude connue en elle-même;
- la figure 2 est un tracé représentant pour une pièce de l'invention un nombre de défauts
en fonction de sa teneur en cuivre ;
- la figure 3 représente l'évolution d'enthalpie de transformation en fonction de la
température pour le ZL5 et trois alliages selon l'invention ;
- la figure 4 représente des profils de fraction solide d'une pièce an alliage ZL5 à
des temps de solidification différents.
- la figure 5 représente des profils de fraction solide d'une pièce an alliages selon
l'invention ;
- les figures 6 à 9 représentent des coupes de pièces injectées respectivement en ZL5
et an trois alliages selon l'invention.
[0025] Dans le premier exemple de l'invention, une pièce de dimensions 110 x 60 x 2,5 mm
a été injectée avec une machine de fonderie sous pression à chambre chaude usuelle
qui est représentée sur la figure 1.
[0026] Avec une telle machine, l'alliage fondu est amené du fait de la poussée d'un piston
d'injection 10 depuis un creuset 15 jusqu'à une empreinte 20 d'un moule an passant
par un système d'injection. L'empreinte du moule 20 peut être mise sous vide ou remplie
d'un gaz tel que de l'oxygène avant l'injection, mais le procédé le plus couramment
employé utilise un moule dont l'empreinte 20 contient de l'air. L'alliage an phase
liquide arrive à cette empreinte 20 par l'intermédiaire d'une buse intermédiaire 25
et d'une buse machine 30.
[0027] L'alliage est injecté le long d'une arête de 60mm selon un procédé à attaque tangentiel
double, le sens de l'injection étant parallèle aux grands côtés de la pièce. La grande
surface devant avoir un bel aspect est celle côté attaque. Sa grande dimension rend
habituellement difficile l'obtention d'une qualité parfaite de surface.
[0028] Les pièces réalisées subissent ensuite un polissage enlevant une épaisseur de 20
à 40 µm de matière pour simuler le polissage pratiqué industriellement de manière
habituelle avant un revêtement final.
[0029] La surface polie de chacune des pièces est ensuite observée à l'aide d'un microscope
optique (Olympus, de référence PMG3) avec lequel ont été détectés les défauts de surface
ayant une envergure supérieure à 50 µm.
[0030] De tels défauts sont en effet susceptibles de conduire à des porosités. La quantification
de ces défauts a été faite par analyse d'images à l'aide d'une platine motorisée Micromécanique
et de logiciels spéciaux ETC-3000 et AMC-2000. On obtient ainsi un critère quantitatif
et objectif de comparaison de la qualité de surface des pièces injectées après polissage.
[0031] Le ZL5 et la famille d'alliages selon l'invention ont été injectés dans des conditions
diverses définies par un plan d'expérience. La composition des alliages utilisés est
donnée dans le tableau suivant :
Alliage |
Al% en masse |
Cu% en masse |
Mg% en masse |
Zn en masse |
ZL 5 |
4 |
1 |
0,04 |
Reste |
N° 1 |
2,2 |
1,75 |
0,04 |
Reste |
N° 2 |
2,1 |
2,90 |
0,04 |
Reste |
N° 3 |
2,1 |
3,90 |
0,04 |
Reste |
N° 4 |
2,1 |
0,95 |
0,04 |
Reste |
[0032] Les alliages 1 à 3 ont une teneur en aluminium voisine de 2% en masse, une teneur
en magnésium de 0,04 %. La teneur en cuivre de cas alliages 1 à 3 est respectivement
de 1,75%, 2,90% et 3,90% en masse.
[0033] L'alliage n° 4 qui présente une teneur en cuivre faible, de 0,95 %, correspond à
un alliage du type de celui proposé pour Stolberger Zink, à la différence que celui
de Stolberger Zinc contenait du Beryllium.
[0034] Pour les alliages de l'invention, on adopte une teneur massique en Magnésium comprise
entre 0,02 et 0,06 %, et préférentiellement entre 0,03 et 0,06 %.
[0035] Les paramètres d'expérience sont reportés dans le tableau suivant :
|
Tempture de coulée °C |
Vitesse du piston en 1ère phase m/s |
Vitesse à l'attaque en 2nde phase m/s |
Tempture du moule °C |
Temps de post-pressions |
Temps de refroidissement S |
ZL5 |
430 |
0,03-0,06 |
38 - 47 |
150 - 180 |
1,5 - 2,5 |
2 - 3,5 |
Alliage n° 1 |
450 |
0,03 - 0,06 |
38 - 47 |
150 - 180 |
1,5 - 2,5 |
2 - 3,5 |
Alliage n° 2 |
450 |
0,03 - 0,06 |
38 - 47 |
150 - 180 |
1,5 - 2,5 |
2 - 3,5 |
Alliage n° 3 |
450 |
0,03-0,06 |
38 - 47 |
150 - 180 |
1,5 - 2,5 |
2 - 3,5 |
[0036] De manière classique, le piston est entraîné selon deux phases, la première étant
une phase lente et la seconde une phase rapide. Le temps de post-pression est, de
manière connue, la durée totale pendant laquelle le piston 10 exerce une pression
sur l'alliage. Le temps de refroidissement est la durée séparant l'injection de l'ouverture
du moule.
[0037] Des éprouvettes de traction ont été découpées dans la pièce ci-dessus décrite et
des essais mécaniques ont été menés avec une machine de traction Instron, à une vitesse
de 2 mm/min à 20°C, (les éprouvettes ayant une longueur I
0 de 40mm).
[0038] Les résultats obtenus de comptage de défauts et des essais mécaniques sont présentés
dans le tableau ci après :
Alliage |
Nombre moyen de défauts > 50 µm sur une surface de 50x50 mm2 après polissage |
Résistance à la traction MPa |
Dureté Vickers (force 10 kg) |
ZL 5 |
Base : 100 |
290 |
102 |
N° 1 |
56 |
290 |
107 |
N° 2 |
47 |
290 |
112 |
N° 3 |
80 |
297 |
126 |
N° 4 |
- |
260 |
102 |
[0039] Les résultats montrent nettement l'augmentation de la qualité de surface, c'est à
dire la diminution du nombre de porosités en surface, due à l'utilisation des alliages
1, 2 et 3 de l'invention.
[0040] Plus précisément, on constate que, pour un nombre moyen de défauts de 100 pour le
ZL5, les alliages selon l'invention présentent un nombre de défauts réduit de moitié
pour les teneurs de Cu en masse de 1,75 % et 2,90 % et un nombre de défauts réduit
d'un tiers pour une teneur de Cu en masse de 3,9 %.
[0041] On a représenté sur la figure 2 un tracé montrant en abscisses le pourcentage massique
en Cu dans l'alliage selon l'invention et en ordonnées le nombre N de défauts comptabilisés.
[0042] Les inventeurs ont constaté que les alliages selon l'invention fournissent un état
de surface particulièrement avantageux pour les teneurs en Cu comprises entre 1,7
% et 3,5 % en poids avec un nombre de défauts sensiblement inférieur à 55, encore
plus avantageuse pour les teneurs en Cu allant de 2,0 à 3,1% en poids avec un nombre
de défauts particulièrement réduit, sensiblement inférieur à 50 comme pour le cas
de l'alliage n° 2 présenté ici. La fourchette de concentration en Cu est optimale
pour Cu compris entre 2,5 et 3 % en poids, pour laquelle le nombre de défauts est
minimal, proche de 47.
[0043] Ces résultats sont des valeurs moyennes et les inventeurs ont pu constater que la
nouvelle famille d'alliages permet de produire des pièces dont la qualité de surface
est supérieure et de manière surprenante constante pour des conditions diverses et
variables d'injection. Le ZL5 qui présente une moins bonne qualité de surface s'avère
beaucoup plus sensible aux modifications de paramètres que les alliages selon l'invention.
La qualité des pièces fabriquées avec la nouvelle famille d'alliages est donc en pratique
beaucoup moins sensible aux modifications des paramètres d'injections pouvant survenir
lors de la fabrication des pièces (démarrage de la machine, arrêt de la machine etc.).
[0044] La résistance à la traction et la dureté du ZL 5 sont conservées et même améliorées
avec les alliages selon l'invention. En effet, les résistances on traction mesurées
sont égales à la résistance de 290 MPa du ZL5 sauf pour l'alliage à 3,9% de cuivre
pour lequel la résistance on traction est améliorée, à 297 MPa.
[0045] Les inventeurs ont constaté que la résistance à la traction redevient très faible
pour une teneur on Cu inférieure à 1 % à une teneur on Aluminium d'environ 2% comme
illustré par le cas de l'alliage 4 qui n'a une résistance que de 260 MPa, la dureté,
mesurée par la méthode Vickers bien connue, est meilleure pour les alliages 1 à 3
selon l'invention que pour les alliages ZL5 et n° 4, la dureté étant particulièrement
élevée pour l'alliage à 3,9 % du Cu.
[0046] Dans le deuxième exemple de l'invention, des mesures classiques par analyse technique
différentielle (ATD) ont été menées sur le ZL 5 et sur la famille d'alliages à Al
: 1.8-2.2%, Cu: 1.5-3.9%, Mg: 0.02-0.06%, reste zinc. Cette méthode permet de connaître
une enthalpie de transformation on fonction de la température pour chacun des alliages.
[0047] On a représenté, sur la figure 3, pour chacun des alliages 1, 2 et 3, et pour le
ZL5 cette enthalpie en fonction de la température.
[0048] Sur la figure 3, on reporté on abscisse la température on °C et on ordonnée l'enthalpie
H de transformation on MJ/m
3 . Le tracé on pointillé inférieur 50 correspond au ZL5, et les tracés 51, 52 et 53
sont respectivement les tracés d'enthalpie des alliages 1, 2 et 3. Le tracé du ZL5
présente une brusque croissance de la valeur de l'enthalpie à 380°, tandis que les
enthalpies des alliages de l'invention croissent progressivement sur une large plage
de température allant d'environ 380°C à environ 400°C.
[0049] Un modèle par éléments finis 2D représentant une coupe de la pièce précédente perpendiculairement
à la direction d'injection et composé d'éléments quadratiques à 4 noeuds a été réalisé
afin de simuler le remplissage de la pièce à l'aide d'un logiciel connu appelé Ansys.
[0050] En prenant des valeurs de paramètres thermiques numériques usuels pour les modèles
de base thermiques, c'est à dire une température de moule de 180°C, et une enthalpie
d'échange entre la pièce et le moule de h = 2300 W/m
2, ainsi que la conductivité du zinc connue de l'homme de l'art et les enthalpies déterminées
par ATD pour chaque alliage, le modèle a permis d'observer l'évolution de fractions
solides dans l'épaisseur des pièces au fur et à mesure de la solidification de l'alliage
dans la pièce.
[0051] Les résultats de ces calculs sont représentés sur la figure 4 et sur la figure 5.
Les figures 4 et 5 représentent ainsi la fraction solide au sein de l'alliage selon
le point ou l'on se trouve entre le coeur de la pièce et sa surface.
[0052] Les figures 4 et 5 présentent ainsi en abscisse la distance d au coeur de la pièce
en mm, la valeur 0 correspondant au coeur de la pièce et la valeur 1,25 à la surface
de la pièce.
[0053] En ordonnées sont reportées les fractions solides F.
[0054] Sur la figure 4, on a représenté la répartition de la fraction solide dans une pièce
injectée, en alliage ZL 5, au cours de la solidification, à trois temps de solidification,
c'est à dire à 0,5s, 1s et 2s après l'injection, ces trois temps de solidification
correspondant respectivement aux tracés 61, 62 et 63.
[0055] Sur la figure 5, on a représenté le profil de fraction solide dans deux pièces conformes
à l'exemple 1, respectivement en alliage n°1 et n°3 selon l'invention, toutes les
deux à 2,8 secondes de temps de solidification.
[0056] Le tracé pour l'alliage n° 1 est référencé 71 et le tracé pour l'alliage n°3 est
référencé 73.
[0057] L'homme de l'art retrouve, par ce modèle, des temps de solidification de l'ordre
de 2 à 3 secondes, cette valeur dépendant de la massivité de la pièce injectée.
[0058] On constate une nette différence de comportement à la solidification entre le ZL
5 et la famille d'alliages de l'invention à des temps de solidification similaires.
[0059] Dans le cas du ZL5 à 2 seconde après injection, la fraction solide est proche de
0,3 sur une large zone allant du coeur de la pièce à environ un quarts de sa demi-largeur,
puis passe brutalement aux alentours de 1. Au contraire, dans le cas des alliages
1 à 3 de l'invention, la fraction solide à 2,8 secondes présente un profil à croissance
lente entre le coeur et la surface de la pièce, allant d'environ 0,5 - 0,6 au coeur
à environ 0,6 - 0,7 en surface. Le ZL 5 présente donc une peau en surface d'environ
200µm complètement solidifiée (100% de fraction solide) et un coeur plutôt fluide
(F sensiblement égal à 0,3), et la famille d'alliages de l'invention présente un ensemble
homogène où phase solide et phase liquide coexistent en surface et à coeur, cet ensemble
étant qualifié de "zone pâteuse" à F sensiblement égal à 0,5.
[0060] L'homme de l'art voit l'intérêt d'un tel comportement vis à vis des gouttes froides.
Dans le cas du ZL5, deux flots d'alliages en surface, cheminant différemment du fait
du dessin de la pièce, risquent de mal se ressouder car ils vont se solidifier au
moins en peau avant de se rejoindre complètement, alors que dans le cas de la famille
d'alliages de l'invention, l'existence de cette zone pâteuse en surface permet de
ressouder entre eux des flots d'alliages de différentes provenances, évitant ainsi
le défaut nommé "gouttes froides".
[0061] Cette différence se confirme par l'observation de microstructures de pièces injectées
représentées aux figures 6, 7, 8 et 9 : la microstructure bien connue en coupe du
ZL 5 injecté représentée sur la figure 6 présente une peau prés de la surface d'environ
200µm avec des dendrites puis une zone homogène équiaxe, alors que les pièces injectées
en alliages n° 1, 2 et 3 représentées respectivement aux figures 7, 8 et 9 ont une
structure homogène au coeur (bas de la photographie) et près de la surface (haut de
la photographie).