[0001] La présente invention concerne un procédé de fabrication d'un carton ondulé rigide,
un carton ondulé rigide obtenu selon ce procédé et une machine de fabrication du carton
ondulé rigide.
[0002] Elle s'applique plus particulièrement aux cartons nécessaires à la fabrication d'emballages
ou de conditionnements.
[0003] Le carton ondulé, de type classique, est un matériau complexe composé de deux à sept
feuilles de papier. Les feuilles sont dénommées « couvertures » lorsqu'elles sont
extérieures et « médianes » lorsqu'elles sont intérieures. Des feuilles cannelées
ou ondulées peuvent former entretoise et sont collées aux feuilles mentionnées ci-dessus
et dénommées « cannelures ».
[0004] De manière non limitative, on peut classer les cartons ondulés en deux catégories
:
- Un type de carton ondulé peut être assimilé à une structure souple. Ce type de carton
ondulé est le carton ondulé simple face appelé « nappe simple face ». Une telle nappe
est constituée d'une couverture simple face de faible épaisseur et d'une cannelure
solidarisée par des points de colle sur les crêtes de cannelure en contact avec la
couverture.
[0005] Ce carton présente l'avantage de pouvoir être incurvé à souhait, notamment enroulé,
sans être plié. Il est stocké en rouleau et utilisé notamment comme calage, support
pour panneaux divers.
[0006] Un inconvénient de ce carton est qu'il n'est pas résistant puisque, par définition,
il n'a pas une structure de type sandwich. Il ne peut donc être utilisé directement
comme partie d'un emballage et ses applications sont limitées.
- Tous les autres cartons ondulés peuvent être assimilés à une structure rigide. On
peut citer, par exemple, le carton ondulé double face constitué d'une cannelure collée
et intercalée entre une couverture simple face de faible épaisseur et une couverture
double face de forte épaisseur, ou le carton ondulé double face constitué de deux
cannelures collées et intercalées entre deux couvertures simple face de faible épaisseur
et une couverture double face de forte épaisseur.
[0007] Dès leur fabrication, les cartons sont découpés en plaques et donc plats. Ils sont
résistants et peuvent être utilisés comme partie d'un emballage, telle qu'une caisse,
dont les arêtes sont les résultantes des lignes de pliage desdits cartons.
[0008] Un inconvénient de ce type de carton est qu'avant de pouvoir être utilisé comme partie
d'un emballage, il doit subir un ou plusieurs rainages, opération qui consiste à écraser
partiellement suivant une ligne toute l'épaisseur du carton ondulé pour faciliter
le pliage ultérieur des rabats. Ces deux catégories de carton ondulé ont donc chacune
leurs caractéristiques propres, à savoir la souplesse et la courbure pour la première
de ces catégories, la rigidité et la planéité pour la deuxième.
[0009] Par le document FR 2 668 099, on connaît un procédé de fabrication d'une coquille
à alvéoles semi-cylindriques faite d'un carton ondulé, coquille qui peut être assimilée
à une troisième catégorie de carton ondulé puisque à la fois rigide et courbe. Ce
procédé consiste à coller une feuille de couverture double face sur les cannelures
d'une bande de carton ondulé simple face en une zone où la bande est déjà cintrée
sur un rouleau.
[0010] Un tel procédé est avantageux car effectué en continu sur une ligne industrielle.
Il permet d'avoir un débit de coquilles important. Les coquilles obtenues sont peu
onéreuses, légères et robustes et leur usage s'avère d'une grande simplicité. Cependant,
les applications de ces coquilles sont restreintes par une géométrie très particulière
et sont limitées au calage d'objets cylindriques, par exemple de bouteilles couchées
dans une caisse d'emballage.
[0011] On connaît, par le document WO 98/50226, un procédé de fabrication de carton ondulé
rigide dans lequel, à partir d'une nappe simple face de largeur et de longueur données,
on effectue une opération de cintrage de la nappe, d'encollage des sommets de cannelure
de nappe cintrée puis de collage d'une couverture de largeur et de longueur adaptées
à celle de la nappe simple face de façon que ladite couverture épouse la forme cintrée
de la nappe. Le cintrage est effectué par enroulement de la nappe sur un manchon qui
va conférer au carton sa forme définitive. Pour permettre cet enroulement ou bobinage,
les cannelures de la nappe sont prévues dans le sens perpendiculaire à celui de son
déplacement. Ce procédé n'est pas adapté à une fabrication en continu.
[0012] La présente invention a pour objet de remédier aux inconvénients des procédés décrits
ci-dessus.
[0013] La présente invention a pour objet de proposer un procédé de fabrication en continu
de cartons ondulés rigides de formes variées.
[0014] Le procédé, selon l'invention, est destiné à la fabrication d'un carton ondulé rigide.
On forme en continu une feuille cannelée à cannelures longitudinales, on assemble
la feuille cannelée et au moins une première feuille de couverture formant ainsi une
nappe, on amène au moins une deuxième feuille de couverture d'un côté de la nappe,
et on confère à la nappe et à la deuxième feuille de couverture un profil désiré au
moyen d'une forme le long de laquelle la dite nappe et la dite deuxième feuille de
couverture sont déplacées.
[0015] Avantageusement, la nappe et la deuxième feuille de couverture sont assemblées lors
de leur passage le long de la forme.
[0016] Avantageusement, la forme est un mandrin sur lequel glisse l'une des feuilles de
couverture.
[0017] De manière générale, le mandrin peut notamment être de section sensiblement polygonale,
par exemple sensiblement triangulaire, symétrique ou non, sensiblement carrée, sensiblement
rectangulaire, de préférence avec des angles arrondis, ou plus généralement de section
qui suit une courbe géométrique fermée à portions concaves et/ou convexes. Il peut
avoir un contour essentiellement courbe, notamment convexe à rayon de courbure variable,
par exemple ovale ou elliptique, ou combinant portions concaves et convexes, avec
éventuellement des raccordements anguleux entre les portions de rayons de courbure
différents, les angles pouvant être plus ou moins arrondis. Enfin, le mandrin peut
avoir toute forme complexe combinant portions droites et courbes de courbures variables.
Le procédé est particulièrement avantageux pour toutes les formes plus complexes que
le cercle, sans symétrie de révolution.
[0018] Dans un mode de réalisation de l'invention, le mandrin est de section transversale
circulaire ou rectangulaire.
[0019] Dans un mode de réalisation de l'invention, la première feuille de couverture est
en contact avec la forme.
[0020] Dans un mode de réalisation de l'invention, la deuxième feuille de couverture est
en contact avec la forme.
[0021] Dans un mode de réalisation de l'invention, la deuxième feuille de couverture est
en contact et solidarisée avec la première feuille de couverture.
[0022] Dans un autre mode de réalisation de l'invention, la deuxième feuille de couverture
est en contact et solidarisée avec la feuille cannelée.
[0023] Avantageusement, chacune des feuilles de couverture est de largeur supérieure à celle
de la feuille cannelée. Le bord de chaque feuille de couverture peut être assemblé
avec le bord opposé de la même feuille de couverture, sans surépaisseur.
[0024] La présente invention a également pour objet un carton ondulé rigide obtenu par un
procédé tel que décrit ci-dessus. Ce carton peut être utilisé notamment comme caisse
parallélépipèdique ou emballage cylindrique, ou de toute autre forme.
[0025] La présente invention a également pour objet une machine de fabrication de cartons
ondulés rigides. La machine comprend un moyen pour former en continu une feuille cannelée
à cannelures longitudinales, un moyen pour assembler la feuille cannelée et au moins
une première feuille de couverture formant ainsi une nappe, un moyen pour amener au
moins une deuxième feuille de couverture d'un côté de la nappe, et un moyen pour conférer
à la nappe et à la deuxième feuille de couverture un profil désiré au moyen d'une
forme le long de laquelle la dite nappe et la dite deuxième feuille de couverture
sont déplacées.
[0026] Avantageusement, la machine comprend un moyen pour assembler la nappe et la deuxième
feuille de couverture lors de leur passage le long de la forme.
[0027] Avantageusement, la forme est un mandrin autour duquel glisse l'une des feuilles
de couverture.
[0028] Dans un mode de réalisation de l'invention, le moyen pour former une feuille cannelée
à cannelures longitudinales comprend des plaques rainurées longitudinalement entre
lesquelles la feuille cannelée est déplacée.
[0029] Le carton ondulé rigide, selon l'invention, est économique grâce à sa fabrication
en continu et possède des caractéristiques mécaniques élevées, particulièrement intéressantes
dans le cas de caisses d'emballage parallélépipédiques ou à tout le moins à angles
vifs dont les angles sont obtenus au cours de la fabrication et non pas par rainage
et pliage d'une pièce de carton plane, d'où la suppression de la zone de faiblesse
que constituait l'angle vif où la structure du carton était localement écrasée.
[0030] Différents types de cannelures peuvent être utilisés dans le procédé de fabrication
selon l'invention. Les cannelures peuvent être à profil sinusoïdal ou encore triangulaire,
trapézoïdal ou rectangulaire. Ces deux derniers profils permettent un accroissement
sensible des caractéristiques mécaniques du carton, notamment de la résistance à l'écrasement.
Des profils asymétriques combinant les profils ci-dessus peuvent également être utilisés.
[0031] La présente invention sera mieux comprise et d'autres avantages apparaîtront à la
lecture de la description détaillée de quelques modes de réalisation pris à titres
d'exemples nullement limitatifs et illustrés par les dessins annexés, sur lesquels
:
- la figure 1 est une vue en coupe transversale d'un carton obtenu selon le procédé
conforme à l'invention ;
- la figure 2 est une vue en perspective d'une machine de fabrication de carton ondulé,
conforme à l'invention ;
- la figure 3 est une variante de la figure 1 ;
- la figure 4 est une vue en perspective d'un détail de la figure 1 ;
- les figures 5a, 5b et 5c sont des vues en coupe transversale d'une cannelure ;
- les figures 6a, 6b, 6c, 6d et 6e sont des vues en perspective d'autres formes de carton
obtenues selon le procédé conforme à l'invention.
[0032] Comme on peut le voir sur la figure 1, le carton ondulé rigide obtenu grâce à l'invention
se présente sous la forme d'un tube.
[0033] Dans l'exemple de la figure 1, ce tube est à section circulaire.
[0034] Le carton ondulé rigide comprend une couverture intérieure 1, une couverture extérieure
2 et une cannelure 3 disposée entre les couvertures intérieure 1 et extérieure 2.
[0035] A titre d'exemple, la couverture intérieure 1 peut être réalisée en papier white
top de grammage égal à 140 g/m
2, la cannelure 3 peut être en papier kraft blanchi de grammage égal à 140 g/m
2 avec des ondulations préférentiellement de type E, de type F, de type N, et la couverture
extérieure 2 peut être en papier écriture blanc couché imprimé de grammage égal à
230 g/m
2. Les extrémités 1a et 1b, 2a et 2b des couvertures intérieure 1 et extérieure 2,
sont respectivement collées l'une sur l'autre avec un léger recouvrement.
[0036] Sur la figure 2, est illustré un premier mode de réalisation d'une machine de fabrication
de carton ondulé rigide, conforme à l'invention, et destinée à produire des cartons
ondulés rigides du type illustré sur la figure 1. La machine comprend un axe 4 sur
lequel est disposée une bobine de papier 5 dont la feuille de papier 9 se déroule
dans le sens de la flèche 6 et passe entre deux plaques de formage 7 et 8.
[0037] Les plaques 7 et 8 sont positionnées l'une par rapport à l'autre de façon à créer
entre elles un espace dans lequel se déplace la feuille de papier 9 issue de la bobine
5. La feuille de papier 9 est introduite entre les plaques 7 et 8 en configuration
plane et se déforme progressivement, au cours de son cheminement, entre lesdites plaques
7 et 8.
[0038] Les surfaces des plaques 7 et 8, mutuellement en regard, sont profilées de façon
à confectionner les cannelures. A la sortie des plaques 7 et 8, le profil de la feuille
9 correspond exactement à la cannelure souhaitée. En aval des plaques 7 et 8, la cannelure
ainsi formée porte la référence 10.
[0039] Les cannelures peuvent être confectionnées simultanément sur toute la largeur de
la feuille 9 ou bien séquentiellement, à partir d'une ondulation donnée suivie des
autres ondulations, dans un ordre pouvant varier en fonction du profil des plaques
7 et 8. Par exemple, on peut tout d'abord former une ondulation centrale située transversalement
au milieu de la feuille 9 ou bien l'une des deux ondulations latérales, en fonction
des caractéristiques du papier formant la feuille 9. Les profils des plaques 7 et
8 reproduisent, à la demande, des ondulations de formes différentes : triangulaire,
sinusoïdale, trapézoïdale, rectangulaire, etc.
[0040] Cette possibilité de s'écarter du profil sinusoïdal classique, permet d'accroître
les performances mécaniques du corps de boîte en carton ainsi obtenu. A performance
mécanique comparable, certains de ces profils peuvent conduire à des gains matière
importants donc à une meilleure optimisation des matériaux employés.
[0041] Les plaques 7 et 8 peuvent être chauffées et leur longueur dépendra des caractéristiques
de la feuille 9 et de la géométrie des ondulations à réaliser. Les plaques 7 et 8
peuvent être dotées d'un dispositif d'apport contrôlé d'humidité.
[0042] La machine comprend également un axe 11 parallèle à l'axe 4 et supportant une bobine
de papier 12, laquelle se déroule dans le sens de la flèche 13. La feuille de papier
14 issue de la bobine 12 passe par un rouleau de renvoi 15, puis se rapproche de la
cannelure 10. La cannelure 10 et la feuille 14 passent ensemble entre deux rouleaux
16 et 17. Le rouleau 16, en position inférieure, est en contact avec la bande 14 et
le rouleau 17 en position supérieure, est en contact avec la cannelure 10. Le rouleau
16 est lisse, tandis que le rouleau 17 a un profil rainuré reproduisant les ondulations
de la cannelure 10. Le rouleau 17 peut également être formé d'un ensemble de galets.
Les rouleaux 15, 16 et 17 sont parallèles à l'axe 4. Ainsi, à la sortie des plaques
7 et 8, la cannelure 10 est immédiatement contrecollée à la feuille 14 qui défile
à la même vitesse. Les moyens d'encollage, non représentés, seront disposés de façon
à déposer de la colle, soit sur la cannelure 10, soit sur la bande 14, sur une de
leurs surfaces en regard. Les rouleaux 16 et 17 appliquent, sous une pression réglable,
la cannelure 10 sur la feuille 14, ce qui permet d'obtenir un contre-collage parfait.
On forme ainsi à la sortie des rouleaux 16 et 17, une nappe simple face 18 composée
de la cannelure 10 sur sa surface supérieure et de la feuille plane 14 sur sa surface
inférieure.
[0043] La nappe 18 est une structure souple et déformable transversalement. La nappe 18
est ensuite entraînée en direction d'un mandrin de formage 19 qui se présente sous
la forme d'un cylindre de révolution orienté longitudinalement dans le sens de déplacement
de la nappe 18. Le mandrin 19 n'est visible que sur la partie gauche de la figure
2, mais on comprendra qu'il s'étend sous la nappe 18.
[0044] La machine comprend aussi un axe 20 parallèle à l'axe 4 et supportant une bobine
de papier 21 qui se déroule dans le sens de la flèche 22. La feuille plane 23 issue
de la bobine 21 passe par un rouleau 24 parallèle à l'axe 4 et disposé sous la nappe
18. La nappe 18 vient progressivement s'enrouler autour du mandrin 19 en se déformant
progressivement transversalement. Sa section transversale préalablement plane s'arrondit
en épousant la forme circulaire du mandrin. Pour parfaire cet enroulement, on pourra
prévoir des conformateurs, non représentés, permettant une bonne application de la
nappe 18 sur le mandrin 19. Les conformateurs pourront se présenter sous la forme
de galets et/ou de courroies. La nappe 18 vient ainsi s'enrouler progressivement en
se déformant transversalement, autour du mandrin 19, la feuille 14 étant en contact
avec ledit mandrin 19 et la cannelure 10 étant disposée à l'extérieur.
[0045] Les extrémités transversales ou bords de la nappe 18 viennent en contact l'une avec
l'autre et sont contrecollées longitudinalement. Leur largeur de recouvrement, réglable,
est déterminée par les paramètres de finition et les fonctionnalités du produit final.
Ensuite, la feuille 23 entre en contact avec la cannelure 10 qui forme la surface
extérieure du manchon que l'on a ainsi formé autour du mandrin 19. La feuille 23,
après passage par le rouleau de renvoi 24, suit une trajectoire parallèle à celle
de la nappe 18 et s'enroule progressivement par déformation transversale et déplacement
longitudinal autour de la nappe 18 formée en manchon, à laquelle elle est contrecollée.
[0046] Les extrémités libres transversales de la feuille 23 sont prévues avec un recouvrement
variable dicté par les paramètres de finition et les fonctionnalités du produit final.
Là encore, la feuille 23 est guidée après le rouleau 24 par des courroies, non représentées,
qui épousent la forme du mandrin 19 et assurent un assemblage parfait des différentes
feuilles. On forme ainsi un tube cylindrique 25 de section semblable à celle du carton
illustré sur la figure 1. Ce tube est ensuite découpé transversalement aux dimensions
désirées et conserve fidèlement la forme du mandrin qui lui a donné naissance. Les
tronçons de tube ainsi découpés passent ensuite à une station de finition, non représentée,
où ils reçoivent couvercle, fond, poignée, membrane, etc.
[0047] Sur la figure 3, est illustré un mode de réalisation légèrement différent de celui
de la figure 2. La machine ainsi représentée présente des différences, notamment après
la formation de la nappe 18 par passage entre les rouleaux 16 et 17. Un axe 26 parallèle
à l'axe 4 disposé au-dessus de la nappe 18 supporte une bobine de papier 27 de laquelle
une feuille 28 se déroule dans le sens de la flèche 29, se rapprochant ainsi de la
nappe 18. Un mandrin 30, de forme identique à celle du mandrin 19 de la figure 2,
est disposé longitudinalement dans le sens de déplacement de la nappe 18, transversalement
au milieu de ladite nappe 18.
[0048] Sur la figure 3, on voit l'extrémité libre 30a du mandrin 30 à proximité des rouleaux
16 et 17. La nappe 18 passe sous le mandrin 30 avec la cannelure 10 disposée du côté
du mandrin 30 et la feuille 14 à l'opposé. La feuille 29 passe à proximité de l'extrémité
30a du mandrin 30 par un rouleau, non représenté, dont la fonction est identique à
celle du rouleau 24 de la figure 2, c'est-à-dire de permettre un changement d'orientation
de la feuille 28 et de lui donner une trajectoire parallèle à celle de la nappe 18.
[0049] La feuille 28 vient s'enrouler autour du mandrin 30 en se déformant transversalement
en étant guidée par des conformateurs, non représentés. Les bords libres de la feuille
28 sont prévus avec un léger recouvrement et sont contrecollés l'un à l'autre. Ensuite,
la nappe 18 s'enroule longitudinalement en se déformant transversalement autour du
manchon formé par la feuille 28. La cannelure 10 est orientée vers l'intérieur, en
contact avec la feuille 28, tandis que la feuille 14 est disposée à l'extérieur. La
face cannelée de la nappe 18 est contrecollée sur la bande 28. La largeur de recouvrement
des bords de la nappe 18 dépendra de la finition et des fonctionnalités du produit
fini.
[0050] Comme précédemment, le tube 31 ainsi formé, est guidé tout au long de son trajet
sur le mandrin 30 par des courroies, non représentées, épousant la forme de ce dernier
et qui assurent un assemblage parfait des trois couches. L'assemblage étant réalisé
par collage et application de pression.
[0051] Un autre mode de réalisation, non représenté, peut être envisagé. L'ordre de superposition
des feuilles est identique à celui illustré sur la figure 3. Une feuille plane vient
d'abord s'enrouler sur le mandrin, puis une nappe composée d'une feuille plane et
d'une cannelure vient s'enrouler, mais la différence réside dans le fait que la cannelure
est orientée à l'extérieur et la feuille plane est orientée à l'intérieur du côté
du manchon déjà formé par l'autre feuille plane. Le tube qui est ainsi fabriqué est
stable mais moins rigide que ceux des modes de réalisation précédents. Il offre des
caractéristiques visuelles différentes qui peuvent être recherchées pour certaines
applications.
[0052] Sur la figure 4, on voit plus particulièrement l'étape de formation de la nappe 18.
A la sortie des plaques de formage 7 et 8, la cannelure 10 qui vient d'être formée
poursuit son mouvement longitudinal horizontal dans le sens de la flèche 32. La feuille
14 tourne autour du rouleau 16 de la figure 2 qu'on a omis sur la figure 4 pour des
raisons de lisibilité et de compréhension du dessin, et vient s'appliquer contre la
surface inférieure de la cannelure 10. On prévoit que la feuille 14 est de largeur
légèrement supérieure à celle de la cannelure 10, de façon qu'elle présente un bord
libre 14a qui n'est pas en contact avec la cannelure. Cette bande 14a libre de cannelure
est, lors de l'enroulement de la nappe 18 autour du mandrin, collée sur son bord opposé.
L'épaisseur de la zone de jonction entre les deux bords de la nappe 18 se trouve donc
diminuée de l'épaisseur de la cannelure, ce qui permet d'obtenir un produit fini aux
formes plus régulières. Cette amélioration de la forme se traduit par une étanchéité
accrue du tube, qui peut permettre une meilleure conservation des éléments qui seront
ultérieurement emballés dans le carton et une meilleure tenue mécanique du carton
lui-même.
[0053] Sur les figures 5a, 5b et 5c, sont illustrés trois types de cannelures pouvant être
obtenus par passage entre des plaques de formage et être ensuite utilisés pour former
le carton. Sur la figure 5a, est illustrée une cannelure sinusoïdale classique. Sur
la figure 5b, est illustrée une cannelure à profil trapézoïdal et sur la figure 5c,
est illustrée une cannelure à profil rectangulaire ou crénelé. Ces deux derniers profils
sont susceptibles d'accroître sensiblement les caractéristiques mécaniques du tube
et par-là des corps de boîtes. Bien entendu, des profils asymétriques combinant les
profils ci-dessus peuvent également être fabriqués.
[0054] L'application illustrée sur les figures 1 à 3 est celle de cartons de forme circulaire.
On comprendra que le même procédé peut être utilisé pour fabriquer des cartons de
forme rectangulaire en utilisant un mandrin de section rectangulaire, ce qui peut
permettre de former des boîtes en carton parallélépipédiques à haute résistance mécanique
car formées sans pliage ni écrasement (rainage) de certaines ondulations en vue du
pliage.
[0055] Dans d'autres applications, on pourrait prévoir des tubes à section triangulaire,
carrée, hexagonale, etc.
[0056] Les figures 6a, 6b, 6c, 6d et 6e illustrent ainsi diverses formes accessibles avec
le procédé selon l'invention. Ces formes qui n'ont pas de symétrie de révolution sont
de réalisation en continu aussi aisée que la forme circulaire, alors que les procédés
conventionnels se révèlent moins performants, notamment en terme de cadence, pour
ces formes dites complexes.
[0057] Ainsi :
- la figure 6a présente un carton ondulé tubulaire à section ovale ;
- la figure 6b présente un carton ondulé tubulaire à section triangulaire sensiblement
isocèle dont les angles sont légèrement arrondis, la forme extérieure du mandrin étant
adaptée en conséquence, cette forme de mandrin sans arêtes vives permettant un glissement
facilité des feuilles de couverture sur le mandrin. En variante, les côtés du triangle
pourraient être courbes, la section du tube étant continûment convexe ;
- la figure 6c présente un carton tubulaire à section carrée avec des coins arrondis
;
- la figure 6d présente un carton tubulaire dont la section inclut deux portions de
cercle accolées reliées par point anguleux légèrement arrondi ;
- la figure 6e présente un carton tubulaire de section complexe incluant deux rectangles
reliés entre eux par une portion droite plus étroite.
[0058] Dans tous les cas précédents, le mandrin a une forme correspondant à la section de
tube et les conformateurs sont adaptés en conséquence.
[0059] Ce ne sont que quelques exemples parmi toutes les formes accessibles et réalisables
avec la même facilité avec le procédé de l'invention.
[0060] On peut ainsi utiliser des cartons formés de feuilles moins épaisses d'où une économie
de matière et une diminution de la masse, ou encore transporter des charges plus élevées
ou gerber les cartons sur une hauteur plus importante.
1. Procédé de fabrication d'un carton ondulé rigide, dans lequel on forme en continu
une feuille cannelée à cannelures longitudinales, on assemble la feuille cannelée
et au moins une première feuille de couverture formant ainsi une nappe, on amène au
moins une deuxième feuille de couverture d'un côté de la nappe, et on confère à la
nappe et à la deuxième feuille de couverture un profil désiré au moyen d'une forme
le long de laquelle la dite nappe et la dite deuxième feuille de couverture sont déplacées.
2. Procédé selon la revendication 1, dans lequel la nappe et la deuxième feuille de couverture
sont assemblées lors de leur passage le long de la forme.
3. Procédé selon la revendication 1 ou 2, dans lequel la forme est un mandrin sur lequel
glisse l'une des feuilles de couverture.
4. Procédé selon la revendication 3, dans lequel le mandrin est de section transversale
circulaire ou rectangulaire.
5. Procédé selon la revendication 3, dans lequel le mandrin a une section qui suit une
courbe géométrique fermée à portions concaves et/ou convexes, notamment a une forme
sans symétrie de révolution.
6. Procédé selon l'une quelconque des revendications précédentes, dans lequel la première
feuille de couverture est en contact avec la forme.
7. Procédé selon l'une quelconque des revendications précédentes, dans lequel la deuxième
feuille de couverture est en contact avec la forme.
8. Procédé selon l'une quelconque des revendications précédentes, dans lequel la deuxième
feuille de couverture est en contact et solidarisée avec la première feuille de couverture.
9. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 7, dans lequel la deuxième feuille
de couverture est en contact et solidarisée avec la feuille cannelée.
10. Procédé selon l'une quelconque des revendications précédentes, dans lequel chacune
des feuilles de couverture est de largeur supérieure à celle de la feuille cannelée.
11. Procédé selon l'une quelconque des revendications précédentes, dans lequel le bord
de chaque feuille de couverture est assemblé avec le bord opposé de la même feuille
de couverture.
12. Carton ondulé rigide, caractérisé par le fait qu'il est obtenu par un procédé selon
l'une quelconque des revendications précédentes.
13. Machine de fabrication de cartons ondulés rigides, caractérisée par le fait qu'elle
comprend un moyen (7, 8) pour former en continu une feuille cannelée (10) à cannelures
longitudinales, un moyen (16, 17) pour assembler la feuille cannelée et au moins une
première feuille (14) de couverture formant ainsi une nappe (18), un moyen pour amener
au moins une deuxième feuille de couverture (23) d'un côté de la nappe, et un moyen
pour conférer à la nappe et à la deuxième feuille de couverture un profil désiré au
moyen d'une forme (19) le long de laquelle la dite nappe et la dite deuxième feuille
de couverture sont déplacées.
14. Machine selon la revendication 13, caractérisée par le fait qu'elle comprend un moyen
pour assembler la nappe et la deuxième feuille de couverture lors de leur passage
le long de la forme.
15. Machine selon la revendication 13 ou 14, caractérisée par le fait que la forme est
un mandrin autour duquel glisse l'une des feuilles de couverture.
16. Machine selon l'une quelconque des revendications 13 à 15, caractérisée par le fait
que le moyen pour former une feuille cannelée à cannelures longitudinales comprend
des plaques rainurées longitudinalement entre lesquelles la feuille cannelée est déplacée.