[0001] La présente invention concerne le domaine du renforcement de structures en maçonnerie
comprenant au moins un arc s'étendant entre deux points d'appui, par exemple un élément
de voûte ou un élément de traverse, comprenant une pluralité de pièces mutuellement
en compression.
[0002] Au cours du temps, de telles structures sont susceptibles de se dégrader pour diverses
raisons, infiltration d'eau provoquant une dégradation des pierres ou des briques
constituant la structure, tassement du sol provoquant un mouvement des fondations
du bâtiment et de ses superstructures, modification du bâtiment postérieurement à
sa construction, etc.
[0003] L'article « calcul, désordres, réparation et modernisation des ponts en maçonnerie
» de Messieurs Delbecq, Michotey et Simonet, publié dans la revue Travaux No. 561
de décembre 1981, décrit les dégradations et différents modes de réparation des ponts
en maçonnerie. Dans le cas de désordres de l'intrados de la voûte, il est prévu de
réaliser une contrevoûte en béton projeté après nettoyage et rejointement de l'intrados.
La contrevoûte est ancrée dans les parties saines par des épingles en acier et armée
par un treillis soudé fixé sur ces épingles. Dans le cas d'un bombement de la partie
supérieure de la voûte, on peut procéder au démontage et au remontage du tympan. Dans
le cas de fissures transversales de la voûte, il convient tout d'abord de conforter
les fondations puis, si l'état de la voûte n'est pas très critique, on peut être tenté
de restaurer le monolithisme de la maçonnerie par des injections. Il ne faut cependant
pas oublier qu'une voûte en maçonnerie s'adapte très bien : ce remède ne paraît donc
pas toujours utile ; bien plus, il risque de modifier le schéma mécanique de la voûte
en la rendant plus rigide. En outre, on ne sait pas très bien ce que l'on fait en
injectant une fissure : où passeront les efforts ensuite ? Si une solution de ce type
est adoptée, on devra en outre recomprimer la voûte (démontage et clavage de la pierre
de clé, vérinage à la clé). En tout état de cause, dans le cas d'une insuffisance
de la voûte, cette solution est inefficace : il faut augmenter « les coefficients
de rupture » de la voûte en lui redonnant de l'épaisseur, après avoir éventuellement
injecté les fissures pour les bloquer. Un épaississement part au-dessus est réalisé
après décaissement du remblai avec création d'une voûte en béton épinglée à la voûte
maçonnerie. L'épaississement par en dessous est réalisé avec une contrevoûte en béton
projeté ou avec des poutrelles métalliques cintrées qui sont ensuite noyées dans un
béton projeté ou coulé à l'avancement.
[0004] De façon connue, la restauration d'une voûte ou d'un arc porteur de voûte en cas
de fissuration, dégradation, déformation, peut être réalisée, soit par coulis de chaux,
la réussite de ce procédé étant aléatoire, soit par remplacement des éléments dégradés
ou cassés nécessitant des échafaudages, voire une reconstruction de l'ouvrage. Ces
procédés imposent de lourdes servitudes d'exploitation et de mise en oeuvre, notamment
de délai, d'immobilisation du bâtiment ou de l'ouvrage d'art, de coût, et ne permettent
pas de renforcer des ouvrages trop sollicités ou dégradés, en toute fiabilité et en
toute sécurité, pour un coût raisonnable.
[0005] De plus, dans le cas de voûtes dont l'intrados supporte des éléments de grand intérêt
historique ou artistique tels que des fresques, des peintures ou des sculptures, ces
procédés ne permettent pas de les préserver intégralement.
[0006] La présente invention a pour objet de remédier aux inconvénients des procédés connus.
[0007] La présente invention a pour objet de proposer un procédé de renforcement de structure
en maçonnerie de mise en oeuvre facile, rapide et peu onéreuse, tout en respectant
les éléments ne devant pas être modifiés par le renforcement.
[0008] Le procédé de renforcement, selon l'invention, est destiné à une structure de maçonnerie
comprenant au moins un arc s'étendant entre au moins deux points d'appui distincts
et comprenant une pluralité de pièces mutuellement en compression, chaque pièce se
maintenant par frottement sur les pièces adjacentes. On ajoute sur la surface supérieure
de la structure de maçonnerie au droit de l'arc un élément réalisé dans des matériaux
de coefficients de dilatation et de coefficients d'élasticité proches de ceux du matériau
constituant la structure de maçonnerie, et solidarisé avec ladite structure de maçonnerie.
On évite ainsi toute intervention sur la surface inférieure de la structure qui est
généralement celle présentant un intérêt historique ou esthétique.
[0009] Dans un mode de réalisation de l'invention, l'élément est solidarisé avec un voûtain
de la structure de maçonnerie. On appelle "voûtain" une portion de voûte délimitée
par des arêtes ou par des nervures occupant la place d'arêtes.
[0010] Dans un autre mode de réalisation de l'invention, la structure de maçonnerie comprenant
au moins un arc formé de claveaux juxtaposés, l'élément est solidarisé avec ledit
arc. Un voûtain de la structure de maçonnerie peut être pris entre l'arc et l'élément.
[0011] Dans un mode de réalisation de l'invention, les claveaux sont supportés par l'élément.
[0012] Dans un autre mode de réalisation de l'invention, les contraintes de compression
sont réparties au moins entre les claveaux et l'élément. Elles peuvent être réparties
entre les claveaux, le voûtain de la structure de maçonnerie et l'élément.
[0013] Dans un autre mode de réalisation de l'invention, les contraintes de compression
sont réparties entre un voûtain de la structure de maçonnerie et l'élément.
[0014] Avantageusement, on solidarise la structure de maçonnerie et l'élément de renforcement
au moyen d'aiguilles scellées dans des trous forés dans la structure de maçonnerie
et en saillie dans l'élément travaillant.
[0015] La structure de maçonnerie comprenant au moins un arc, selon l'invention, s'étend
entre deux points d'appui et comprend une pluralité de pièces mutuellement en compression.
Chaque pièce se maintient par frottement sur les pièces adjacentes. La structure comprend
un élément de renforcement réalisé dans des matériaux de coefficients de dilatation
et d'élasticité proches de ceux du matériau constituant la structure de maçonnerie.
L'élément de renforcement est disposé sur une surface supérieure de ladite structure
de maçonnerie au droit de l'arc et est solidarisé avec ladite structure de maçonnerie.
[0016] On obtient ainsi une structure de maçonnerie renforcée sans intervention sur sa surface
inférieure et dont le renforcement est invisible du côté de cette surface inférieure.
[0017] Le renforcement est réalisé par augmentation de la section travaillante de la structure.
En fonction des efforts devant être repris par l'élément travaillant et des déformations
de la structure de maçonnerie d'origine, on peut prévoir que l'élément travaillant
présente une section variable adaptée aux dits efforts et permettant ainsi une réduction
de la quantité de matière utilisée pour la réalisation de l'élément travaillant et
par conséquent une réduction du coût. Cette augmentation de la section travaillante
permet de réduire les contraintes sur les éléments existants. On peut même prévoir
que l'élément travaillant reprenne l'ensemble des efforts et supporte les pièces de
la structure de maçonnerie. On pourra alors prévoir un organe de séparation entre
l'élément travaillant et la structure existante, par exemple une feuille de feutre,
de polyane ou de tout autre matériau compatible présentant une résilience suffisante.
[0018] Si l'on souhaite accroître la cohésion entre l'élément travaillant et la structure
existante, on peut prévoir un voile de renfort s'étendant de part et d'autre de l'élément
travaillant, par exemple sur une certaine largeur d'une voûte plane ou d'un voûtain
afin, là encore, d'augmenter l'inertie de la voûte. L'élément travaillant peut être
de largeur égale à celle d'un arc de la structure de maçonnerie ou de largeur supérieure
à celle de l'arc, afin d'augmenter sa rigidité transversale.
[0019] Selon les efforts à reprendre et la déformation de la structure existante, l'élément
travaillant peut être prévu sur une partie de la surface de la structure existante,
par exemple sur certains arcs d'une voûte, sur des portions d'arc d'une voûte, en
console entre une voûte et un mur, etc.
[0020] Dans un mode de réalisation de l'invention, une pluralité de tiges d'armature sont
noyées dans l'élément de renforcement.
[0021] Dans un mode de réalisation de l'invention, l'élément de renforcement est complété
par un élément de poutre, l'élément de renforcement et l'élément de poutre étant solidaires.
[0022] Avantageusement, l'élément de renforcement se présente sous la forme d'au moins une
poutre plane solidarisée avec au moins une partie de la dite structure de maçonnerie,
au moyen de tirants.
[0023] Avantageusement, au moins une partie de la dite structure de maçonnerie est pourvue
de tirants aptes à répartir au moins une partie de la charge vers des points d'appui,
chaque tirant étant solidarisé avec la dite partie de la structure de maçonnerie et
avec un point d'appui.
[0024] Dans un mode de réalisation de l'invention, un tirant est scellé dans un point d'appui
pourvu de moyens de répartition des efforts de traction exercés par le dit tirant.
Les moyens de répartition d'un point d'appui peuvent être formés par au moins une
barre de renforcement sensiblement perpendiculaire au tirant solidarisé avec le dit
point d'appui.
[0025] Dans un mode de réalisation de l'invention, une partie de la dite structure de maçonnerie,
soumise à des efforts de traction transversaux est renforcée par des armatures croisées
pour former une zone de traction homogène, pouvant inclure une partie d'arc, une partie
de pilier et une partie du blocage intermédiaire entre intrados et extrados.
[0026] On choisira pour réaliser l'élément travaillant, un matériau présentant un module
d'Young plus ou moins proche de celui de la structure existante en fonction du transfert
de charge que l'on souhaitera réaliser entre la structure existante et le renfort.
On peut réaliser l'élément travaillant en mortier à base de résine synthétique, par
exemple de résine époxyde, chargée ou non, de quartz, de fibres de verre, de fibres
de carbone. Ce mortier doit pouvoir être mis en oeuvre sous la pression atmosphérique
et avoir une prise sans retrait.
[0027] Les aiguilles permettant de solidariser les pièces de la structure de maçonnerie
existantes et l'élément travaillant sont réalisées à base de matériaux présentant
de bonnes qualités mécaniques et peu sensibles à la corrosion, par exemple des fibres
de verre, de carbone, des fibres aramide. Ces aiguilles sont scellées dans la structure
existante au moyen d'une résine synthétique, par exemple époxyde, chargée ou non de
sable.
[0028] L'invention est parfaitement adaptée au renforcement de voûtes à arcs en plein cintre,
outrepassés ou non, à arcs brisés, à arcs en anse de panier, à arcs rampants ou encore
multilobés, reposant sur des murs ou des piliers, et au renforcement d'une structure
de maçonnerie droite du genre traverse ou linteau réalisée en plusieurs pièces travaillant
en compression.
[0029] La présente invention sera mieux comprise à l'étude de la description détaillée de
quelques modes de réalisation pris à titre d'exemples nullement limitatifs et illustrés
par les dessins annexés, sur lesquels :
la figure 1 est une vue schématique d'une voûte à croisée d'ogives;
la figure 2 est une vue schématique d'un voûte à croisée d'ogives et arcs secondaires;
la figure 3 est une vue partielle en coupe d'une voûte à croisée d'ogives selon III-III
de la figure 1 renforcée selon un premier mode de réalisation de l'invention;
la figure 4 est une vue partielle en coupe d'une voûte à croisée d'ogives selon IV-IV
de la figure 1 renforcée selon l'invention;
la figure 5 est une vue partielle en coupe selon V-V de la figure 3;
la figure 6 est une variante de la figure 3;
la figure 7 est une vue schématique en coupe d'une voûte renforcée selon un cinquième
mode de réalisation de l'invention; et
la figure 8 est une vue schématique de dessus de la voûte de la figure 7.
[0030] Sur la figure 1, on a représenté le principe d'une voûte à croisée d'ogives comprenant
deux arcs 1 et 2 mutuellement perpendiculaires et se croisant en leurs centres. La
voûte est limitée sur ses bords 3 à 6, soit par des murs, soit par des arcs doubleaux
ou des arcs formerets.
[0031] Sur la figure 2, on voit que l'on a ajouté des arcs secondaires 7 coopérant avec
des liernes 8 et 9.
[0032] L'invention s'applique à tous types de structure en maçonnerie reposant sur deux
points d'appui et travaillant en compression, par exemple une voûte selon la figure
1 ou 2, ou d'autres types de voûtes, voûte d'ogives sexpartite, voûte plane, ou encore
structure droite travaillant en compression, quel que soit le matériau dans lequel
est réalisée la structure, briques, différents types de pierres, granit, grès, calcaire,
etc.
[0033] Sur la figure 3, on voit une portion de voûte en pierre 10 supportée par un piédroit
11 surmonté d'un mur bahut 12. La portion de voûte 10 comprend un arc 13 formé d'une
succession de claveaux 14 juxtaposés et dont les plans de séparation passent par l'axe
de la voûte 10. Chaque claveau 14 est mis en compression entre les claveaux voisins
et par lesdits claveaux voisins ainsi que par la charge de la voûte 10. Les claveaux
14 sont généralement pourvus de joints en mortier assurant un frottement maximal entre
les différents claveaux 14. La voûte 10 comprend également une portion de voûte délimitée
par des arcs et appelée voûtain 15. Le voûtain 15 est d'épaisseur réduite par rapport
à l'arc 13 sur lequel il repose.
[0034] Dans la plupart des monuments et des constructions, l'intrados 16 de la voûte 10
est visible par le public, tandis que l'extrados 17 ne l'est pas, étant recouvert
d'un plancher ou d'une toiture. Un élément travaillant 18, réalisé en mortier synthétique,
est coulé sur l'extrados 17 de la voûte 10 au droit de l'arc 13. L'élément travaillant
18 est solidarisé fermement avec chaque claveau 14 au moyen d'aiguilles 19, par exemple
en résine époxyde chargée de fibres de verre.
[0035] La pose de l'élément travaillant 18 et des aiguilles 19 s'effectue de la façon suivante.
On commence par dégager l'extrados 17 au droit de l'arc 13 de tout élément gênant
tel qu'un enduit fissuré ou des déchets divers. A partir de l'extrados 17, on creuse
dans chaque claveau 14 au moins un trou borgne dans lequel on vient disposer une aiguille
19 que l'on scelle au moyen d'une composition de résine synthétique, par exemple époxyde.
[0036] On laisse une partie de l'aiguille 19 en saillie par rapport au claveau 14. La profondeur
du trou borgne et par conséquent la longueur de scellement de l'aiguille 19 sont déterminées
en fonction de la charge à supporter par ladite aiguille 19. En cas de charge très
importante, on peut prévoir plusieurs aiguilles 19 par claveau 14.
[0037] Ensuite, on vient recouvrir l'extrados 17 au droit de l'arc 13 d'un mortier synthétique
pour former l'élément travaillant 18. Les extrémités des aiguilles 19 en saillie par
rapport à l'extrados 17 sont noyées dans le mortier synthétique formant l'élément
travaillant 18. La section de l'élément travaillant 18 est calculée en fonction des
contraintes de compression devant être supportées. L'élément travaillant 18 peut être
à section variable afin de s'adapter aux variations des contraintes.
[0038] Ainsi, quel que soit le type de voûte à renforcer, l'élément travaillant 18 permet
de diminuer les contraintes devant être supportées par les éléments existants. Selon
le type et l'état de dégradation de la voûte, on peut choisir de partager les contraintes
de compression entre l'élément travaillant 18 et l'arc 13 comme on peut le voir sur
la figure 3. Le mortier synthétique destiné à former l'élément travaillant 18 est
alors directement coulé sur les claveaux 14 pour favoriser une bonne adhésion entre
ces deux éléments. Des armatures de renforcement 27 peuvent être noyées dans l'élément
travaillant 18 pour augmenter ses caractéristiques mécaniques. Les armatures 27 peuvent
être réalisées en matériau synthétique, du type résine époxyde renforcée de fibres
de verre ou de carbone.
[0039] Dans d'autres cas, par exemple si la voûte est fortement dégradée, l'élément travaillant
18 doit reprendre toutes les contraintes de compression et supporter chaque claveau
14 de l'arc 13. On dispose alors un séparateur 20 entre l'extrados 17 et l'élément
travaillant 18 afin d'éviter que l'arc 13 ne supporte des efforts. Le séparateur 20
peut se présenter sous la forme d'une membrane, par exemple de feutre ou de polyane.
[0040] Si le voûtain 15 présente encore de bonnes caractéristiques mécaniques, on peut choisir
de lui faire supporter une partie des contraintes. Comme on peut le voir sur la figure
5, le séparateur 20 est disposé entre l'élément travaillant 18 et chaque claveau 14
de l'arc 13. On dispose sur l'extrados 17 du voûtain 15 et sur la surface extérieure
de l'élément travaillant 18 un tissu de verre ou stratifié formant un voile de renfort
21 et qui s'étend sur une partie ou sur la totalité du voûtain 15 en vue de sa participation
à la reprise des contraintes de compression. Le voile de renfort 21 peut être réalisé
par une succession de couches de toile de fibres de verre et de résine incluant éventuellement
des panneaux sandwich alvéolés.
[0041] Pour améliorer la solidarisation du voûtain 15 et de l'élément travaillant 18, on
peut encore prévoir des raidisseurs 22 disposés entre une partie du voile de renfort
21 au droit du voûtain 15 et une autre partie du voile de renfort 21 en contact avec
l'élément travaillant 18. Les raidisseurs 22 peuvent être disposés à intervalles réguliers,
par exemple en épi avec un angle prédéterminé par rapport à l'élément travaillant
18 et peuvent être réalisés en tout matériau inerte capable de supporter des contraintes
de traction, par exemple en fibres aramide.
[0042] Si l'on veut que les claveaux 14 participent aussi à la reprise des contraintes de
compression, on procédera à la pose de l'élément de renforcement 18 illustré sur la
figure 5, en omettant le séparateur 20.
[0043] La variante illustrée sur la figure 6 est à rapprocher de la figure 3. Un séparateur
20 est posé entre l'extrados 17 de l'arc 13 et l'élément travaillant 18. Des armatures
de renforcement 27 sont disposées dans l'élément travaillant 18. Les armatures 27
ont la forme de barres droites rigides, sensiblement cylindriques de diamètre de l'ordre
de 10 à 30 mm. On dispose plusieurs armatures 27 de façon à épouser la forme générale
de l'élément travaillant 18 tout en maintenant les dites armatures 27 noyées dans
l'élément travaillant 18 et se croisant dans le plan de coupe tout en étant décalées
en profondeur.
[0044] Les figures 7 et 8 illustrent un mode de réalisation particulier de l'invention.
Une voûte 28 recouvrant une pièce de forme carrée est supportée en son centre par
un pilier 29 et sur ses bords extérieurs par des murs 30. L'extrados 31 de la voûte
28 est formé par le sol de l'étage supérieur. L'intrados 32 est formé par des arcs
et des voûtains. Entre l'extrados 31 et l'intrados 32, ou plus précisément entre le
sol de l'étage supérieur et les arcs et les voûtains, un blocage 33, souvent hétérogène,
est disposé et sert à remplir l'espace et à charger la voûte 28. Dans ce type de structure,
on constate souvent une déformation de l'intrados 32 et un tassement du pilier 29.
[0045] Un élément travaillant 34 sous la forme d'une ou plusieurs poutres est disposé dans
un ou plusieurs évidements creusés dans l'extrados 31 et se prolonge dans les murs
30. Des aiguilles, non représentées, peuvent être disposées pour solidariser l'élément
travaillant 34 et/ou les arcs ou voûtains de l'intrados 32. Des tirants 35 sont fixés
à une extrémité supérieure dans l'élément travaillant 34 et à une extrémité inférieure
dans le pilier 29, par exemple à une hauteur comprise entre l'intrados 32 et l'extrados
31. Les tirants 35 sont répartis sur tout ou partie de la longueur de l'élément travaillant
34. Les tirants 35 sont formés dans le même matériau que les aiguilles et scellés
de la même façon.
[0046] La portion 29a du pilier 29 dans laquelle sont fixés les extrémités inférieures des
tirants 35 est soumise à d'importantes contraintes de traction dans un plan horizontal.
De plus, de nombreux tirants 35 sont fixés par scellement dans la portion 29a. Pour
reprendre ces contraintes, un complexe armé 36 (figure 11) est formé dans la dite
portion 29a et dans son voisinage. Le complexe armé 36 comprend une pluralité de tiges
39 croisées comprenant des fibres de verre, de carbone ou autres et possédant des
caractéristiques mécaniques adaptées en traction. Les tiges 39 sont disposées dans
des trous sensiblement horizontaux forés à partir de l'intrados 32 au niveau de la
portion 29a. Les tiges 39 sont scellées de la même façon que les aiguilles, dans la
portion 29a, le blocage 33 et les arcs ou voûtains de l'intrados 32. Le complexe armé
36 forme une zone apte à résister aux efforts de traction transversale et à recevoir
l'ancrage de l'extrémité inférieure des tirants 35.
[0047] Pour la simplicité du dessin de la figure 8, l'élément travaillant 34 et les tirants
35 n'ont pas été représentés. Des tirants 37, ou des nappes de tirants, sont fixés
à une extrémité supérieure dans les murs 30 et à une extrémité inférieure dans le
pilier 29 au niveau du complexe armé 36. Des trous sont forés dans les murs 30. L'extrémité
supérieure des tirants 37 est scellée sur la presque totalité de l'épaisseur des murs
30. Les tirants 37 sont dans un matériau analogue à celui des aiguilles et peuvent
atteindre des sections de plusieurs centimètres carrés pour reprendre des efforts
importants. Le scellement s'effectue de la même façon que pour les aiguilles. Une
précontrainte peut être appliquée aux tirants 37.
[0048] Un mur 30 est un ensemble hétérogène de pierres ou de briques de dimensions variées
et de mortier. Sa résistance aux efforts de traction exercés par un tirant 37 est
difficilement modélisable et, à priori, faible. Pour éviter l'arrachement de pierres
ou briques des dits murs 30, on prévoit de le renforcer de la façon suivante, préalablement
à la pose des tirants 37.
[0049] On fore un ou plusieurs trous horizontaux dans le sens de la longueur d'un mur 30
sensiblement perpendiculairement aux futurs tirants 37. On y dispose et y scelle des
tiges 38 du même type que les tirants 37 et de dimensions adaptées. Une précontrainte
peut leur être appliquée. La zone dans laquelle sont disposées les tiges 38 présente
une cohésion élevée. Les efforts exercés par les tirants 37 peuvent se répartir dans
la dite zone sans risque d'arrachement de pierres ou briques. Grâce aux tiges 38,
on forme une sorte de poutre horizontale insérée dans chaque mur 30 et constituant
un répartiteur d'efforts.
[0050] La zone dans laquelle sont disposées les tiges 38 est, de toutes façons, stabilisée
par la masse des parties des murs 30 situées à un niveau supérieur et exerçant une
contrainte de compression. Pour favoriser encore la répartition des efforts, on peut
augmenter le nombre de tirants 37 en diminuant leur section unitaire et en les disposant
en éventail à partir du complexe armé 36.
[0051] En variante, on peut concevoir un renforcement seulement à base de tirants 37, tiges
38 et complexe armé 36.
[0052] Ainsi, on dispose d'un procédé de renforcement et d'une structure de maçonnerie s'étendant
entre deux points d'appui et comprenant un élément de renforcement réalisé avec des
matériaux de coefficients de dilatation et d'élasticité proches de ceux du matériau
constituant la structure de maçonnerie, solidarisé avec la dite structure de maçonnerie,
au moins une partie de la dite structure de maçonnerie étant pourvue de tirants aptes
à répartir au moins une partie de la charge vers des points d'appui, chaque tirant
étant solidarisé avec la dite partie de la structure de maçonnerie et avec un point
d'appui. On peut ainsi diminuer la charge de compression s'exerçant sur un point d'appui
et la reporter sur d'autres.
[0053] Un tirant peut être scellé dans un point d'appui pourvu de répartiteurs des efforts
de traction exercés par le dit tirant.
[0054] Grâce à l'invention, on obtient une structure de maçonnerie renforcée de façon considérable
dans la mesure où sa raideur est proportionnelle au cube de la hauteur de sa section
travaillante.
[0055] L'invention est parfaitement adaptée à toute structure dont la surface inférieure
doit être protégée, tant pendant les travaux de renforcement qu'à l'issue de ceux-ci.
1. Procédé de renforcement d'une structure de maçonnerie comprenant au moins un arc s'étendant
entre au moins deux points d'appui distincts et comprenant une pluralité de pièces
mutuellement en compression, chaque pièce se maintenant par frottement sur les pièces
adjacentes, dans lequel on ajoute seulement sur la surface supérieure de la structure
de maçonnerie au droit de l'arc un élément à base de résine synthétique réalisé dans
des matériaux de coefficients de dilatation et d'élasticité proches de ceux du matériau
constituant la structure de maçonnerie, et solidarisé avec la dite structure de maçonnerie.
2. Procédé selon la revendication 1, dans lequel, la structure de maçonnerie comportant
un voûtain, l'élément est solidarisé avec le dit voûtain.
3. Procédé selon la revendication 1, dans lequel, la structure de maçonnerie comprenant
au moins un arc formé de claveaux juxtaposés, l'élément est solidarisé avec le dit
arc.
4. Procédé selon la revendication 3, dans lequel un voûtain de la structure de maçonnerie
est pris entre l'arc et l'élément.
5. Procédé selon l'une quelconque des revendications 3 ou 4, dans lequel les claveaux
sont supportés par l'élément.
6. Procédé selon l'une quelconque des revendications 3 ou 4, dans lequel les contraintes
de compression sont réparties au moins entre les claveaux et l'élément.
7. Procédé selon la revendication 6, dans lequel les contraintes de compression sont
réparties entre les claveaux, le voûtain de la structure de maçonnerie et l'élément.
8. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 5, dans lequel les contraintes
de compression sont réparties entre un voûtain de la structure de maçonnerie et l'élément.
9. Procédé selon l'une quelconque des revendications précédentes, dans lequel on solidarise
la structure de maçonnerie et l'élément de renforcement au moyen d'aiguilles scellées
dans des trous forés dans la structure de maçonnerie et en saillie dans l'élément.
10. Structure de maçonnerie (10) comprenant au moins un arc s'étendant entre deux points
d'appui (11) et comprenant une pluralité de pièces (14) mutuellement en compression,
chaque pièce se maintenant par frottement sur les pièces adjacentes, caractérisée par le fait qu'elle comprend un élément de renforcement (18) réalisé à base de résine synthétique
avec des matériaux de coefficients de dilatation et d'élasticité proches de ceux du
matériau constituant la structure de maçonnerie, disposé seulement sur une surface
supérieure (17) de la structure de maçonnerie au droit de l'arc, et solidarisé avec
la dite structure de maçonnerie.
11. Structure selon la revendication 10, caractérisée par le fait qu'une pluralité de tiges d'armature sont noyées dans l'élément de renforcement.
12. Structure selon la revendication 10 ou 11, caractérisée par le fait que l'élément de renforcement est complété par un élément de poutre, l'élément de renforcement
et l'élément de poutre étant solidaires.
13. Structure selon la revendication 10 ou 11, caractérisée par le fait que l'élément de renforcement se présente sous la forme d'au moins une poutre plane solidarisée
avec au moins une partie de la dite structure de maçonnerie, au moyen de tirants.
14. Structure selon l'une quelconque des revendications 10 à 13, caractérisée par le fait qu'au moins une partie de la dite structure de maçonnerie est pourvue de tirants aptes
à répartir au moins une partie de la charge vers des points d'appui, chaque tirant
étant solidarisé avec la dite partie de la structure de maçonnerie et avec un point
d'appui.
15. Structure selon la revendication 14, caractérisée par le fait qu'un tirant est scellé dans un point d'appui pourvu de moyens de répartition des efforts
de traction exercés par le dit tirant.
16. Structure selon la revendication 15, caractérisée par le fait que les moyens de répartition d'un point d'appui sont formés par au moins une barre de
renforcement sensiblement perpendiculaire au tirant solidarisé avec le dit point d'appui.
17. Structure selon l'une quelconque des revendications 10 à 16, caractérisée par le fait qu'une partie de la dite structure de maçonnerie, soumise à des efforts de traction transversaux
est renforcée par des armatures croisées pour former une zone de traction homogène.
1. Process for reinforcing a masonry structure comprising at least one arch, extending
between at least two distinct bearings and comprising a plurality of mutually compressed
parts, each part maintaining itself by friction on the adjacent parts, in which a
reinforcing element, having a synthetic resin base and made of materials with coefficients
of expansion and of elasticity approximate to those of the material constituting the
masonry structure and fixedly connected to the said masonry structure, is added solely
on the upper surface of the masonry structure at right angles to the arch.
2. Process according to Claim 1, in which, where the masonry structure contains a vaulting,
the reinforcing element is fixedly connected to the said vaulting.
3. Process according to Claim 1, in which, where the masonry structure comprises at least
one arch formed of juxtaposed arch bricks, the reinforcing element is fixedly connected
to the said arch.
4. Process according to Claim 3, in which a vaulting of the masonry structure is contained
between the arch and the reinforcing element.
5. Process according to either of Claims 3 and 4, in which the arch bricks are supported
by the reinforcing element.
6. Process according to either of Claims 3 and 4, in which the compressive stresses are
distributed at least between the arch bricks and the reinforcing element.
7. Process according to Claim 6, in which the compressive stresses are distributed between
the arch bricks, the vaulting of the masonry structure and the reinforcing element.
8. Process according to any one of Claims 1 to 5, in which the compressive stresses are
distributed between a vaulting of the masonry structure and the reinforcing element.
9. Process according to any one of the preceding claims, in which the masonry structure
and the reinforcing element are fixedly connected by means of needles sealed in holes
drilled in the masonry structure and projecting into the reinforcing element.
10. Masonry structure (10) comprising at least one arch, extending between two bearings
(11) and comprising a plurality of mutually compressed parts (14), each part maintaining
itself by friction on the adjacent parts, characterized in that it comprises a reinforcing element (18), realized with a synthetic resin base and
made with materials with coefficients of expansion and of elasticity approximate to
those of the material constituting the masonry structure, disposed solely on an upper
surface (17) of the masonry structure at right angles to the arch, and fixedly connected
to the said masonry structure.
11. Structure according to Claim 10, characterized in that a plurality of reinforcement rods are embedded in the.reinforcing element.
12. Structure according to Claim 10 or 11, characterized in that the reinforcing element is complemented by a beam element, the reinforcing element
and the beam element being fixedly connected.
13. Structure according to Claim 10 or 11, characterized in that the reinforcing element takes the form of at least one flat beam fixedly connected
to at least a part of the said masonry structure, by means of ties.
14. Structure according to any one of Claims 10 to 13, characterized in that at least a part of the said masonry structure is provided with ties capable of distributing
at least a part of the load towards bearings, each tie being fixedly connected to
the said part of the masonry structure and to a bearing.
15. Structure according to Claim 14, characterized in that a tie is sealed in a bearing provided with distributing means for the traction forces
exerted by the said tie.
16. Structure according to Claim 15, characterized in that the distributing means of a bearing are formed by at least one reinforcing bar substantially
perpendicular to the tie fixedly connected to the said bearing.
17. Structure according to any one of Claims 10 to 16, characterized in that a part of the said masonry structure, subjected to transverse traction forces, is
reinforced by mattresses in order to form a homogeneous traction zone.
1. Verfahren zum Verstärken einer Mauerwerkstruktur, die mindestens einen Bogen umfasst,
der sich zwischen mindestens zwei getrennten Stützpunkten erstreckt und eine Vielzahl
von Teilen umfasst, die sich aneinandér drücken, wobei sich jedes Teil durch Reibung
auf den benachbarten Teilen hält, wobei man nur auf der oberen Oberfläche der Mauerwerkstruktur
gegenüber dem Bogen ein Verstärkungselement auf Kunstharzbasis, das aus Werkstoffen
mit Dehnungs- und Elastizitätskoeffizienten nahe denen des Werkstoffs besteht, der
die Mauerwerkstruktur bildet, und das mit der Mauerwerkstruktur fest verbunden ist,
hinzufügt.
2. Verfahren nach Anspruch 1, bei dem die Mauerwerkstruktur einen Bogenschenkel umfasst,
wobei das Verstärkungselement mit dem Bogenschenkel fest verbunden ist.
3. Verfahren nach Anspruch 1, bei dem die Mauerwerkstruktur mindestens einen Bogen umfasst,
der aus nebeneinander liegenden Wölbsteinen gebildet ist, wobei das Verstärkungselement
fest mit dem Bogen verbunden ist.
4. Verfahren nach Anspruch 3, bei dem ein Bogenschenkel der Mauerwerkstruktur zwischen
dem Bogen und dem Verstärkungselement eingeschlossen ist.
5. Verfahren nach einem der Ansprüche 3 oder 4, bei dem die Wölbsteine vom Verstärkungselement
gestützt werden.
6. Verfahren nach einem der Ansprüche 3 oder 4, bei dem die Druckspannungen mindestens
zwischen den Wölbsteinen und dem Verstärkungselement verteilt sind.
7. Verfahren nach Anspruch 6, bei dem die Druckspannungen zwischen den Wölbsteinen, dem
Bogenschenkel der Mauerwerkstruktur und dem Verstärkungselement verteilt sind.
8. Verfahren nach einem der Ansprüche 1 bis 5, bei dem die Druckspannungen zwischen einem
Bogenschenkel der Mauerwerkstruktur und dem Verstärkungselement verteilt sind.
9. Verfahren nach einem der vorhergehenden Ansprüche, bei dem man die Mauerwerkstruktur
und das Verstärkungselement fest mit Nadeln verbindet, die in Bohrungen vergossen
sind, die in die Mauerwerkstruktur gebohrt sind und aus dem Verstärkungselement hervorstehen.
10. Mauerwerkstruktur (10), die mindestens einen Bogen umfasst, der sich zwischen zwei
Stützpunkten (11) erstreckt und eine Vielzahl von Teilen (14) umfasst, die sich aneinander
drücken, wobei sich jedes Teil durch Reibung auf den benachbarten Teilen hält, dadurch gekennzeichnet, dass sie ein Verstärkungselement (18) umfasst, das auf Kunstharzbasis mit Werkstoffen
mit Dehnungs- und Elastizitätskoeffizienten, die denen des Werkstoffs nahe sind, der
die Mauerwerkstruktur bildet, hergestellt ist, das nur auf einer oberen Fläche (17)
der Mauerwerkstruktur gegenüber dem Bogen angeordnet und mit der Mauerwerkstruktur
fest verbunden ist.
11. Struktur nach Anspruch 10, dadurch gekennzeichnet, dass eine Vielzahl von Armierungsschäften in dem Verstärkungselement vergossen ist.
12. Struktur nach Anspruch 10 oder 11, dadurch gekennzeichnet, dass das Verstärkungselement durch ein Balkenelement vervollständigt ist, wobei das Verstärkungselement
und das Balkenelement fest miteinander verbunden sind.
13. Struktur nach Anspruch 10 oder 11, dadurch gekennzeichnet, dass das Verstärkungselement die Form mindestens eines ebenen Balkens aufweist, der fest
mit mindestens einem Teil der Mauerwerkstruktur mittels Zugstäben verbunden ist.
14. Struktur nach einem der Ansprüche 10 bis 13, dadurch gekennzeichnet, dass mindestens ein Teil der Mauerwerkstruktur mit Zugstäben versehen ist, die mindestens
einen Teil der Last zu Stützpunkten verteilen können, wobei jeder Zugstab fest mit
dem Teil der Mauerwerkstruktur und mit einem Stützpunkt verbunden ist.
15. Struktur nach Anspruch 14, dadurch gekennzeichnet, dass ein Zugstab in einem Stützpunkt vergossen ist, der mit Mitteln zum Verteilen der
Zugkräfte, die von dem Zugstab ausgeübt werden, versehen ist.
16. Struktur nach Anspruch 15, dadurch gekennzeichnet, dass die Mittel zum Verteilen eines Stützpunkts aus mindestens einer Verstärkungsstange
gebildet sind, die zum Zugstab, der mit dem Stützpunkt fest verbunden ist, im Wesentlichen
senkrecht ist.
17. Struktur nach einem der Ansprüche 10 bis 16, dadurch gekennzeichnet, dass ein Teil der Mauerwerkstruktur, der Querzugkräften unterworfen ist, durch gekreuzte
Armierungen verstärkt ist, um eine homogene Zugzone zu bilden.