[0001] L'invention concerne le domaine des procédés de dépôt de couches minces et de croissance
cristalline de matériaux sur un substrat. L'invention concerne aussi un réacteur pour
la mise en oeuvre de ce procédé.
[0002] Par exemple, il peut s'agir d'un procédé de croissance de composés binaires. Certains
composés binaires n'existent pas à l'état liquide et on ne dispose pas non plus de
grands cristaux de ces composés permettant une croissance par homoépitaxie. C'est
le cas notamment du carbure de silicium (SiC) et du nitrure d'aluminium (AIN).
[0003] Pour le SiC en particulier, des cristaux sont obtenus par la méthode Acheson, puis
ils servent de germes pour les faire croître par la méthode Lely. Les cristaux ainsi
obtenus sont de très bonne qualité cristalline mais typiquement leurs dimensions sont
de l'ordre d'un centimètre. Ils sont trop petits pour une exploitation industrielle,
il faut donc une méthode de croissance capable de les faire pousser jusqu'à 5 à 10
cm. La méthode dite de Lely modifiée est actuellement la seule méthode industrielle
de production de SiC sous les polytypes 6H ou 4H. Elle consiste à sublimer une charge
de SiC granulaire à 2300°C et à la condenser sur un germe placé au dessus à 2100°C.
Elle n'est pas sans inconvénients surtout à cause de la température à laquelle la
croissance doit être faite : 2300°C. L'équipement pour monter à ces températures est
très onéreux et les difficultés rencontrées pour augmenter la taille des cristaux
sont très grandes. Par ailleurs, les cristaux obtenus par cette méthode présentent
des microcanaux nuisibles pour la réalisation de grands composants de puissance.
[0004] La croissance cristalline de cristaux de SiC par un dépôt chimique en phase vapeur
(dite CVD, acronyme anglosaxon de Chemical Vapour Deposition) à haute température
et la croissance en phase liquide donnent des vitesses de croissance élevées mais
ne permettent pas de faire croître, latéralement, c'est à dire principalement dans
le plan du dépôt, des cristaux dont les dimensions dans ce plan sont satisfaisantes.
[0005] Il existe aussi une méthode CVD « basse température » pour la croissance du SiC,
qui permet de faire croître du SiC sur des substrats de silicium de très grandes dimensions,
mais la qualité des couches en résultant est très insuffisante pour la fabrication
de. composants électroniques à cause de la présence d'une grande densité de dislocations
dues au désaccord de maille cristalline entre la couche et le substrat.
[0006] La situation pour l'AIN est encore moins favorable puisqu'il n'existe pas de fournisseur
de cristaux de ce matériau.
[0007] Un but de la présente invention est de fournir un procédé et un réacteur permettant
d'améliorer la qualité cristalline de cristaux obtenus par croissance à partir d'une
phase liquide sur un substrat.
[0008] Ce but est atteint grâce au procédé selon la revendication 1.
[0009] En effet, la croissance par pointes permet de réduire la densité de dislocations
généralement importante, du fait que le premier matériau présente lui-même beaucoup
de dislocations, par exemple à cause d'un désaccord de maille entre le premier matériau
et le substrat sur lequel le premier matériau est hétéroepitaxié, alors que vers l'extrémité
des pointes, qui se trouve dans le liquide, à l'opposé de la surface du premier matériau,
il y a relaxation des contraintes, ce qui entraîne une légère diminution du nombre
de dislocations, mais même à densité de dislocations constante, du fait de la petite
surface de chaque pointe, celle-ci ne présente que peu de dislocations.
[0010] Avantageusement, le procédé selon l'invention comprend une étape consistant à inverser
le sens du gradient de température.
[0011] Ainsi, lorsque ces pointes ont atteint une dizaine de micromètres de haut, une inversion
du gradient de température provoque une croissance latérale à partir du sommet de
ces pointes. Les dislocations qui étaient très nombreuses à la surface du premier
matériau sont peu nombreuses au sommet des pointes et très rares dans les cristaux
qui ont poussé latéralement. Ces cristaux sont parfaitement orientés les uns par rapport
aux autres et coalescent pour former un seul monocristal de très haute qualité cristalline
quand l'épaisseur devient suffisamment grande. Le diamètre maximum du monocristal
est lié au diamètre maximum du substrat de départ, par exemple 300 millimètres dans
le cas de SiC/Si.
[0012] L'invention concerne aussi un réacteur de croissance cristalline pour la mise en
oeuvre du procédé selon l'invention, caractérisé par le fait qu'il comprend des moyens
de chauffage permettant de générer un gradient de température, perpendiculairement
à la surface libre du matériau en fusion.
[0013] En effet, la présence d'un gradient de température permet d'obtenir une croissance
par pointes s'étendant dans la direction du gradient, plutôt qu'une croissance bidimensionnelle
parallèlement au plan du premier matériau.
[0014] D'autres intérêts, buts et avantages de l'invention apparaîtront à la lecture de
la description détaillée qui suit.
[0015] L'invention sera aussi mieux comprise à l'aide des références aux dessins sur lesquels
- la figure 1 est une représentation schématique de différentes étapes d'un exemple
de mise en oeuvre du procédé selon l'invention ;
- la figure 2 est une representation schématique des différentes étapes d'un autre exemple
de mise en oeuvre d'un procédé selon l'invention ;
- la figure 3 est une représentation schématique en coupe médiane et longitudinale d'un
exemple de réacteur conforme à la présente invention ;
- la figure 4 est une représentation en perspective éclatée de l'agencement des premiers
moyens de chauffage et du conduit, entrant dans la composition du réacteur représenté
sur la figure 3 ;
- la figure 5 est une vue en élévation de dessus d'une pièce permettant de maintenir
le conduit à l'intérieur de l'enceinte d'un réacteur représenté sur la figure 3 ;
- la figure 6 est une représentation schématique en coupe médiane et longitudinale d'un
autre exemple de réacteur conforme à la présente invention ; et
- la figure 7 est une représentation schématique en coupe médiane et longitudinale d'encore
un autre exemple de réacteur conforme à la présente invention.
[0016] Selon un premier exemple de mise en oeuvre du procédé selon l'invention, représenté
sur la figure 1, celui-ci comprend :
- une étape (a) de croissance d'un premier matériau 100 sur un substrat, constitué d'un
deuxième matériau 200 (figure 1A) ;
- une étape (b) consistant à placer horizontalement le substrat, avec le premier matériau
100 en dessous du deuxième matériau 200, dans un creuset 300 (figure 1B) ;
- une étape (c) consistant à porter le deuxième matériau 200 à la fusion, sous flux
de gaz neutre à pression élevée, en conservant le premier matériau 100 à l'état solide,
le deuxième matériau correspondant alors dans l'état fondu, à la référence 600 ;
- une étape (d) consistant à établir un gradient de température perpendiculaire à la
surface libre du matériau en fusion, tel que l'interface entre le premier matériau
100 et le deuxième matériau en fusion 600, soit à une température plus élevée que
la température de la surface libre du deuxième matériau en fusion 600, et à rajouter
au flux de gaz neutre balayant la surface du deuxième matériau en fusion 600, un gaz
précurseur dont au moins une première espèce atomique participe, avec au moins une
deuxième espèce atomique provenant du deuxième matériau en fusion 600, à la croissance
d'un quatrième matériau 500, cette croissance s'effectuant par pointes de quatrième
matériau 500, en continuité cristalline avec le premier matériau 100 (fig. 1C), à
partir de l'interface du premier matériau 100 et du deuxième matériau en fusion 600
;
- une étape (e) consistant à inverser le sens du gradient de température ; et
- une étape (f) consistant à faire croître latéralement, dans un plan principalement
parallèle à la surface libre du deuxième matériau en fusion 600, des cristaux à partir
des germes de croissance que constituent les pointes (figure 1D).
[0017] Au cours de l'étape (a), une couche mince monocristailine du premier matériau 100
est déposée sur un substrat d'un deuxième matériau 200 par une méthode classique de
dépôt, connue de l'homme du métier, par exemple un dépôt chimique en phase vapeur.
[0018] Pour l'exemple ici décrit, le substrat constitué du deuxième matériau 200 est du
silicium monocristallin et le premier matériau 100 est du carbure de silicium. La
couche monocristalline de carbure de silicium obtenue a une forte densité de dislocations
du fait du désaccord de paramètres cristallins entre le silicium et le carbure de
silicium.
[0019] Au cours de l'étape (b), le substrat et la couche déposée dessus sont placés, couche
sous substrat, horizontalement dans un réacteur spécial à gradient de température
vertical contrôlé et sans gradient horizontal. La hauteur du creuset 300 est telle
que lors de la fusion du substrat de silicium, le liquide ne dépasse pas le bord du
creuset 300. Cette condition permet de limiter les fuites de liquide en cas de rupture
des bords verticaux de la couche du premier matériau 100 qui est à la fois creuset
et germe de croissance.
[0020] Après les opérations habituelles de mise en route du réacteur, un gaz vecteur neutre
(par exemple de l'argon) est introduit dans le réacteur, de préférence à une pression
égale à la pression atmosphérique ou plus, pour limiter l'évaporation physique ou
réactive du liquide constitué du deuxième matériau en fusion 600, sous un débit suffisant
pour assurer une concentration quasi uniforme de gaz précurseur sur tout le substrat.
[0021] Au cours de l'étape (c), la température est élevée au dessus du point de fusion du
deuxième matériau 200, ici le silicium, en assurant une température sur la surface
libre du deuxième matériau en fusion 600 inférieure à celle de l'interface entre le
premier matériau 100 et le deuxième matériau en fusion 600.
[0022] L'épaisseur du deuxième matériau en fusion 600 au dessus du premier matériau 100
est avantageusement de l'ordre de la centaine ou de quelques centaines de micromètres,
ou même de plusieurs millimètres.
[0023] Au cours de l'étape (d), un gaz précurseur (par exemple le propane pour SiC) est
mélangé au gaz vecteur. Le gaz précurseur se décompose à la surface du deuxième matériau
en fusion 600 et la première espèce atomique qu'il apporte, ici le carbone, diffuse
vers l'interface entre les pointes cristallines et le deuxième matériau en fusion
600 (Si) pour participer à la croissance du quatrième matériau 500, ici le même que
le premier matériau 100, c'est-à-dire le carbure de silicium. Les autres composants
du gaz précurseur sont évacués par le gaz vecteur vers la sortie du réacteur.
[0024] Au cours de l'étape (d), il y a croissance des pointes cristallines du quatrième
matériau 500 sur la couche du premier matériau 100, dans le deuxième matériau en fusion
600. La limite supérieure de la pression partielle du gaz précurseur qui ne doit pas
être atteinte est celle qui provoquerait la formation d'une couche continue du quatrième
matériau 500 en surface du deuxième matériau en fusion 600, ce qui aurait pour effet
de bloquer instantanément toute croissance. Cette pression partielle limite dépend
de la température du deuxième matériau en fusion 600, elle est typiquement de 1000
Pascal.
[0025] Les pointes cristallines, dans les conditions définies ci-dessus, sont assez régulièrement
espacées et réparties.
[0026] L'étape (e) est démarrée lorsque les pointes cristallines ont atteint une hauteur
de 10 micromètres environ. Elle consiste à inverser le sens du gradient de température,
c'est à dire que la surface libre du deuxième matériau en fusion 600 est portée à
une température supérieure à celle de l'interface entre le deuxième matériau en fusion
600 et le premier matériau 100, tous les autres paramètres restant identiques. Ceci
provoque une croissance latérale du quatrième matériau 500, ici le SiC, à partir du
sommet des pointes cristallines, que l'on poursuit au cours de l'étape (f).
[0027] L'étape (f) est poursuivie jusqu'à ce que les cristaux coalescent en une couche épaisse
monocristalline.
[0028] On obtient finalement une couche complète 700 de quatrième matériau (SiC) par coalescence
de tous les microcristaux qui ont poussé latéralement à partir des sommets des pointes
cristallines.
[0029] Pour obtenir une couche plus épaisse, après épuisement du deuxième matériau en fusion
600, il est possible de refroidir le réacteur et de procéder à une étape (g) consistant
à remettre une charge du deuxième matériau 200 sur le quatrième matériau 500 pour
en poursuivre la croissance en épaisseur. Ainsi, pour l'exemple ici décrit, une charge
de silicium est déposée sur la couche 700. On reprend alors la croissance en portant
le deuxième matériau en fusion 600 et en balayant sa surface comme à l'étape (f),
c'est à dire sans passer par une nouvelle étape de formation de pointes cristallines.
[0030] La vitesse de croissance du quatrième matériau 500, typique ainsi obtenue est de
plusieurs dizaines de micromètres par heure.
[0031] Selon un deuxième exemple de mise en oeuvre du procédé selon l'invention, représenté
sur la figure 200, celui-ci comprend :
- une étape (a') équivalente à l'étape (a) déjà décrite (figure 2A) ;
- une étape (b') consistant à placer horizontalement le substrat dans un creuset 300,
avec le premier matériau 100 au-dessus du deuxième matériau 200 et un troisième matériau
400 sur le premier (figure 2B) ;
- une étape (c') consistant à porter le troisième matériau 400 en fusion en conservant
le premier matériau 100 et de deuxième matériau 200, à l'état solide ; et
- des étapes (d'), (e'), (f'), et éventuellement (g') respectivement équivalente aux
étapes (d), (e), (f), et (g) déjà décrites.
[0032] Dans le cas de la croissance du nitrure d'aluminium AIN par le procédé selon l'invention,
les premier 100 et quatrième 500 matériaux sont du nitrure d'aluminium, le deuxième
matériau 200 est du saphir ou encore du carbure de silicium, le troisième matériau
400 est de l'aluminium (Al).
[0033] Ainsi, du nitrure d'aluminium est déposé sur du saphir, au cours de l'étape (a').
Le substrat de saphir est placé dans le creuset 300 avec le nitrure d'aluminium sur
le dessus, au cours de l'étape (b'). De l'aluminium est porté à l'état liquide sur
le nitrure d'aluminium au cours de l'étape (c').
[0034] L'ammoniaque ou l'azote sont utilisés comme gaz précurseurs en mélange avec un gaz
vecteur, pour fournir l'azote, comme première espèce atomique, au cours de l'étape
(d'). Le reste du procédé est équivalent à celui déjà décrit.
[0035] La présente invention permet de réaliser des tranches de SiC sans microcanaux, par
exemple sous les polytypes 3C et 6H, de grands diamètres (jusqu'à 200 mm et plus),
à une température de 1500°C au lieu de 2300°C, dans un réacteur bon marché en investissement
et en coût de fonctionnement.
[0036] Le procédé selon l'invention ici illustré avec SiC et AIN peut être mis en oeuvre
pour la croissance d'autres composés binaires, ainsi que des composés ternaires, etc.
[0037] Un exemple non limitatif de réacteur selon l'invention est représenté à la figure
3. Ce réacteur 1 comprend une enceinte 2 constituée d'un tube 3, d'un premier obturateur
4 situé à l'une des extrémités de ce tube 3, et d'une croix de sortie 5 située à l'extrémité
opposée du tube 3, par rapport au premier obturateur 4. L'ensemble du réacteur 1 est
étanche et peut éventuellement résister à une pression de quelques MPa. L'étanchéité
du réacteur 1 est assurée par des joints 32, 33.
[0038] La croix de sortie 5 peut être remplacée par un élément en forme de "T".
[0039] L'axe du tube 3 est à l'horizontal. A l'intérieur du tube 3 est disposé un conduit
6 coaxial à celui-ci A l'extérieur du tube 3 sont disposés des moyens de refroidissement
11 aptes à refroidir le tube 3. Le tube 3 est avantageusement un cylindre en acier
inoxydable.
[0040] La croix 5 est de préférence fixe car l'une de ses sorties est reliée au système
de pompage.
[0041] La croix de sortie 5 comporte un orifice inférieur et un orifice supérieur, radialement
opposés dans la direction verticale. L'orifice inférieur de cette croix de sortie
5 débouche sur une pompe et un régulateur de pression pour les basses pressions, soit
sur un détendeur pour une pression supérieure à la pression atmosphérique, ceci afin
d'évacuer les gaz à pression constante. Ces appareils ne sont pas représentés sur
la figure 3.. L'orifice supérieur de la croix de sortie 5 est obturé hermétiquement
par un deuxième obturateur 26. La croix de sortie 5 possède en outre un orifice longitudinalement
opposé au tube 3. Cet orifice peut être éventuellement muni d'un passage tournant.
Dans le mode de réalisation ici présenté, cet orifice est obturé par un troisième
obturateur 27 perpendiculaire à l'axe du tube 3. Le troisième obturateur 27 peut éventuellement
être équipé d'une fenêtre ou d'un miroir mobile pour des mesures optiques à l'intérieur
du conduit 6. Ce troisième obturateur 27 comporte une porte hermétique 28 permettant
d'introduire ou d'extraire des substrats 10 du réacteur 1. Le troisième obturateur
27 comporte aussi des guides 30, 31. Ces guides 30, 31 sont perpendiculaires au plan
de l'obturateur 27 et sont fixés solidairement à celui-ci. Ces guides 30, 31 servent
à guider horizontalement un manipulateur non représenté sur les figures. Le troisième
obturateur 27 comporte aussi des passages pour des premières amenées de courant 22,
23. Les parties des premières amenées de courant 22, 23, situées vers l'intérieur
de l'enceinte 2, sont munies de connecteurs 24, 25.
[0042] Un conduit 6 est positionné et maintenu dans le tube 3 grâce à des moyens de fixation
35 du conduit 6 sur le premier obturateur 4. Ainsi, le conduit 6 est maintenu de manière
à être libre de tout contact avec le tube 3. Ce qui permet de limiter les pertes par
conduction thermique et d'éviter les contraintes thermiques.
[0043] Comme représenté sur la figure 4 le conduit 6 a une forme de tube à section transversale
rectangulaire, présentant un rétrécissement 36 à une extrémité de celui-ci. Ce conduit
6 comporte deux plaques pour former les parois inférieure 37 et supérieure 38. Les
parois inférieure 37 et supérieure 38 du conduit 6 sont horizontales et parallèles
au plan du substrat 10 dans la position qu'il occupe pendant le dépôt. Des parois
latérales 39, 40 joignent les bords longitudinaux des parois inférieure 37 et supérieure
38 pour fermer le conduit 6 longitudinalement. L'extrémité du conduit 6 située du
côté du rétrécissement 36 a une section transverse carrée. Elle est munie d'une plaque
support 41 perpendiculaire à l'axe longitudinal du conduit 6. Cette plaque support
41 présente une ouverture en vis-à-vis de l'embouchure du conduit 6 située du côté
du rétrécissement 36. La plaque support 41 présente aussi des trous pour permettre
la fixation du conduit 6 sur le premier obturateur 4, grâce aux moyens de fixation
35. Lorsque le conduit 6 est fixé sur le premier obturateur 4, l'embouchure du conduit
6 située du côté du rétrécissement 36 et l'ouverture dans la plaque support 41 se
trouvent en vis-à-vis d'une entrée de gaz 7. Le conduit 6 est raccordé de manière
étanche au premier obturateur 4, au niveau de l'entrée de gaz 7. La jonction étanche
du conduit 6 sur le premier obturateur 4 est assurée par serrage d'un joint de graphite
par exemple, grâce aux moyens de fixation 35.
[0044] L'entrée de gaz 7 sert à l'alimentation du réacteur 1 en gaz porteurs et précurseurs.
Le premier obturateur 4 est aussi muni d'un passage de gaz 44, désaxé par rapport
à l'axe de symétrie perpendiculaire au plan du disque que constitue le premier obturateur
4, et débouchant entre le conduit 6 et la paroi du tube 3. Le passage de gaz 44 permet
aussi l'introduction de gaz dans le réacteur 1. Le passage de gaz 44 permet de faire
circuler un gaz neutre vis-à-vis de l'ensemble des matériaux compris dans le réacteur
1 et vis-à-vis du matériau à déposer et des gaz circulant dans le conduit 6, ce gaz
neutre empêchant le retour éventuel des gaz issus du procédé vers les parties chauffantes
extérieures au conduit 6.
[0045] Préférentiellement, le conduit 6 est dans un matériau qui est à la fois bon conducteur
thermique, bon isolant électrique, très réfractaire, très stable chimiquement et qui
a une faible tension de vapeur aux températures d'utilisation, bien qu'éventuellement,
un dépôt préalable du matériau destiné à être déposé sur un substrat 10 dans ce réacteur
1, est réalisé sur la face interne des parois 37, 38, 39, 40 du conduit 6, afin de
minimiser la diffusion d'éventuels produits de dégazage pendant le fonctionnement
normal du réacteur 1.
[0046] Avantageusement encore, ce matériau a une bonne tenue mécanique pour tolérer une
faible épaisseur des parois 37, 38, 39, 40 du conduit 6. La faible épaisseur de ces
parois 37, 38, 39, 40 permet de minimiser les pertes par conduction thermique et l'inertie
thermique.
[0047] La tenue mécanique du matériau du conduit 6 est aussi importante pour pouvoir supporter
ce conduit 6 uniquement par son extrémité située du côté du rétrécissement 36 et la
plaque support 41.
[0048] Le matériau constitutif du conduit 6 est avantageusement du nitrure de bore pour
une utilisation à des températures inférieures à 1200° C ou à plus hautes températures,
si la présence d'une concentration élevée d'azote ne nuit pas à la qualité attendue
du matériau élaboré.
[0049] Pour des températures plus élevées , le conduit 6 peut être réalisé en graphite.
Dans un cas, comme dans l'autre, le conduit 6 peut être doublé intérieurement dans
les parties les plus chaudes par un conduit secondaire en un matériau réfractaire,
par exemple en métal réfractaire, inerte vis-à-vis des gaz circulant dans le conduit
6 et non polluant vis-à-vis du matériau déposé. Le conduit 6, qu'il soit en graphite
ou en nitrure de bore, peut être réalisé soit par dépôt pyrolitique, soit par assemblage
et/ou collage des différentes plaques constitutives des parois 37, 38, 39, 40 et de
la plaque de support 41. Le conduit secondaire, quand il existe, double avantageusement
intérieurement le conduit 6 de manière continue, c'est à dire que s'il est constitué
de plaques, celles-ci sont jointives et qu'il n'y a pas de trous dans ces plaques.
Le conduit secondaire est, par exemple, en tungstène, en tantale, en molybdène, en
graphite ou en nitrure de bore.
[0050] A titre d'exemple, l'épaisseur des parois du conduit 6 est inférieure ou égale à
environ 1 mm; la hauteur interne du conduit 6 est préférentiellement inférieure à
30 mm; la largeur du conduit 6 est égale à la largeur d'un substrat 10 ou à la somme
des largeurs des substrats 10 traités au cours d'un même dépôt, plus environ 1 cm
entre le ou les substrats 10 et les parois 39 et 40.
[0051] La partie du conduit 6 correspondant au rétrécissement 36, correspond à environ 1/5
de la longueur totale du conduit 6. La longueur de la partie à section constante du
conduit 6 est égale à environ cinq fois le diamètre ou la longueur du plus grand substrat
10 que l'on veut utiliser ou cinq fois la somme des diamètres ou longueurs des substrats
10 sur lesquels un dépôt peut être effectué au cours de la même opération. Cette partie
du conduit 6 s'étendant sur une longueur correspondant au diamètre ou à la longueur
d'un substrat ou à la somme des longueurs ou des diamètres des substrats, est appelée
ci-dessous zone de dépôt.
[0052] Avantageusement, le réacteur 1 est muni de premiers 8 et deuxièmes 9 moyens de chauffage,
disposés au niveau de la zone de dépôt et situés de part et d'autre du plan du substrat
10.
[0053] Avantageusement, ces premiers 8 et deuxièmes 9 moyens de chauffage sont constitués
d'éléments résistifs nus, c'est-à-dire que le matériau constitutif des premiers 8
et deuxièmes 9 moyens de chauffage est en contact direct avec le gaz circulant entre
le conduit 6 et le tube 3.
[0054] Chaque élément résistif correspondant respectivement aux premiers 8 ou aux deuxièmes
9 moyens de chauffage est constitué d'une bande, c'est-à-dire un élément de plaque
rigide, ou d'un ruban disposé(e) à plat, parallèlement aux parois inférieure 37 et
supérieure 38 du conduit 6 (fig. 4). Ce ruban ou cette bande a une géométrie adaptée
pour que, dans la zone de dépôt, les écarts à la température moyenne, sur la surface
du substrat 10 destinée au dépôt, soient minimisés. Préférentiellement encore, ces
écarts sont inférieurs à 3°C. Préférentiellement, chaque élément résistif a une dimension
dans la direction parallèle à la largeur du conduit 6 qui est approximativement égale
à cette dernière. La dimension de chaque élément résistif dans la direction parallèle
à la longueur du conduit 6 est environ égale à deux fois la longueur de la zone de
dépôt. Ceci pour optimiser l'uniformité du champ de température dans la zone de dépôt.
Préférentiellement, chaque bande ou ruban d'un élément résistif est constitué(e) de
bandes parallèles les unes aux autres, dans la direction longitudinale du tube 3,
jointes deux à deux alternativement à l'une ou l'autre de leurs extrémités, de manière
à former une géométrie en zigzag. D'autres géométries sont envisageables, telles des
géométries en spirale.
[0055] Chaque élément résistif peut avoir un profil longitudinal de résistance par exemple
obtenu en jouant sur son épaisseur, adapté pour favoriser la formation d'un profil
de température contrôlé dans la zone de dépôt.
[0056] Chaque élément résistif a un grand coefficient de remplissage dans la zone de dépôt
afin que leur température reste aussi peu que possible supérieure à la température
locale souhaitée.
[0057] L'espace entre les bandes des éléments résistifs est suffisant pour éviter un arc
ou un court circuit, mais est suffisamment faible aussi pour conserver une homogénéité
du champ de température acceptable et pour qu'il ne soit pas nécessaire que sa température
soit beaucoup plus élevée que celle du conduit qui est elle-même celle à laquelle
se fait le dépôt. Préférentiellement, les premiers 8 et deuxièmes 9 moyens de chauffage
sont alimentés sous une tension inférieure ou égale à 240 volts et plus préférentiellement
encore inférieure, ou égale à 100, 110 ou 120 volts.
[0058] Eventuellement, les moyens premiers 8 et deuxièmes 9 moyens de chauffage sont chacun
constitués de plusieurs éléments résistifs du type de ceux décrits ci-dessus.
[0059] Avantageusement les éléments résistifs sont réalisés dans un matériau conducteur
et réfractaire à très faible tension de vapeur aux températures d'utilisation. Ce
matériau peut être par exemple du graphite . un métal tel que le tantale ou le tungstène,
ou encore un alliage réfractaire, etc. Préférentiellement, il s'agit ce graphite de
haute pureté.
[0060] Les premiers 8 et deuxièmes 9 moyens de chauffage sont alimentés en courant indépendamment
l'un de l'autre, de manière à pouvoir être portés à des températures différentes.
On peut aussi générer un gradient de température perpendiculairement au plan du substrat
10. Ce gradient peut être de valeur positive, négative ou nulle par un contrôle indépendant
de la puissance électrique appliquée a un des premiers 8 ou deuxièmes 9 moyens de
chauffage.
[0061] Les premiers 8 ou les deuxièmes 9 moyens de chauffage peuvent être appliqués au contact
des parois inférieure 37 et supérieure 38, à l'extérieur du conduit 6, au niveau de
la zone de dépôt. Mais selon une variante préférentielle ceux-ci sont positionnés
chacun respectivement à une distance de 1 à 3 mm d'une des parois inférieure 37 ou
supérieure 38, à l'extérieur du conduit 6. Les premiers 8 et les deuxièmes 9 moyens
de chauffage sont maintenus plaqués contre les parois inférieure 37 et supérieure
38 par les plaques de maintien 12, 13 électriquement isolantes et thermiquement conductrices.
Dans le cas où le conduit 6 n'est pas un matériau électriquement isolant, il faut
mettre entre le conduit 6 et les premiers 8 et deuxièmes 9 moyens de chauffage, un
matériau intermédiaire, électriquement isolant, pour éviter tout contact électrique,
surtout dans la zone chaude, si de très hautes températures doivent être atteintes.
[0062] Ces plaques de maintien 12, 13 peuvent être en nitrure de bore et faire 1 mm d'épaisseur
environ ou moins encore. Il est aussi particulièrement intéressant de confiner les
plaques de maintien 12, 13 aux extrémités les plus froides des éléments du conduit
6, afin d'éviter la décomposition du nitrure de bore et la formation d'azote Des fourreaux
en nitrure de bore destinés à recevoir des thermocouples 51 peuvent être collés sur
les plaques de maintien 12, 13, mais ils peuvent aussi être libres au dessus des premiers
8 et deuxièmes 9 moyens de chauffage. Ces thermocouples (non représentés sur les figures
3 à 5) servent à mesurer la température du conduit 6, à la réguler et à en contrôler
l'homogénéité dans la zone de dépôt. Ils sont utilisables pour des températures inférieures
à 1700°C (pour des températures supérieures à 1700°C, la température devra être mesurée
par pyrométrie optique ou par des thermocouples sans contacts). La soudure chaude
de ces thermocouples 51 est située à l'extérieur du conduit 6 au plus près des premiers
8 et deuxièmes 9 moyens de chauffage.
[0063] Lorsque le conduit 6 est en graphite, c'est à dire lorsqu'il est conducteur, les
premiers 8 et deuxièmes 9 moyens de chauffage peuvent être en graphite rigide. Ils
sont alors isolés électriquement du conduit 6 par des cales, par exemple en nitrure
de bore, qui les écartent du conduit 6 de quelques millimètres. Ces cales peuvent
être fixées aux extrémités des premiers 8 et deuxièmes 9 moyens de chauffage et donc
ne pas être trop chauffées. Une ou plusieurs gaines en graphite ou en nitrure de bore
peuvent être fixées sur les faces du conduit 6 pour recevoir des thermocouples eux-mêmes
isolés dans des gaines réfractaires et isolantes électriquement.
[0064] Comme on l'a représenté à la figure 4, les premiers 8 et deuxièmes 9 moyens de chauffage,
ainsi que les plaques de maintien 12, 13 sont maintenues ensemble et contre le conduit
6 grâce à des berceaux 16, 17. Chaque berceau 16, 17 est constituée de deux demi-disques
parallèles l'un à l'autre et reliés entre eux par des tiges qui leur sont perpendiculaires.
Le diamètre des disques, constitués de deux demi-disques, correspond approximativement
au diamètre interne du tube 3. Le bord rectiligne des deux demi-disques est dans un
plan horizontal. Chaque bord rectiligne de chaque demi-disque comprend des encoches
aptes à accueillir une plaque de maintien 12 ou 13, les premiers 8 ou les deuxièmes
9 moyens de chauffage, ainsi que la moitié de la hauteur du conduit 6. Les éléments
résistifs des premiers 8 et deuxièmes 9 moyens de chauffage sont tenus isolés du conduit
6 par les berceaux 16, 17.
[0065] L'encombrement de ces berceaux 16, 17 dans la direction parallèle à l'axe longitudinal
du conduit 6 correspond approximativement à la longueur des premiers 8 ou deuxièmes
9 moyens de chauffage, dans cette direction.
[0066] Ces berceaux 16, 17 sont placées approximativement au milieu du conduit 6, considéré
dans sa direction longitudinale.
[0067] Avantageusement, les demi disques des berceaux 16, 17 sont au contact du conduit
6 dans les parties froides de celui-ci.
[0068] Des écrans thermiques 14, 15 sont placés de part et d'autre des premiers 8 et deuxièmes
9 moyens de chauffage, à l'extérieur de ces derniers. Plus précisément, des écrans
thermiques 15 sont situés entre la paroi interne du tube 3 et la partie curviligne
des demi-disques constitutifs des cages 16, 17. Ils s'étendent sous la face interne
du tube 3, mais sans contact avec celui-ci, de manière concentrique, autour de la
zone de chauffage. D'autres écrans thermiques 14 sont placés entre les plaques de
maintien 12, 13 et les précédents 15. Ces écrans thermiques 14, 15 sont composés de
deux ou trois feuilles fines en métal poli réfléchissant et réfractaire tel que le
tantale, le molybdène, etc. L'écran thermique 14 ou 15 le plus externe est au plus
près à quelques millimètres de la paroi interne du tube 3. Cette configuration longitudinale,
avec les premiers 8 et deuxièmes 19 moyens de chauffage à l'intérieur du tube 3, au
contact du conduit 6, et deux ou trois écrans thermiques 14, 15 limite beaucoup les
pertes par rayonnement qui seraient autrement très importantes aux hautes températures,
telles que celles exigées pour le dépôt de carbure de silicium.
[0069] Les demi-disques des berceaux 16, 17 sont constitués dans un matériau isolant électriquement
et thermiquement. Ainsi les écrans thermiques 14, 15 sont isolés électriquement et
thermiquement entre eux et des moyens de chauffage 8, 9.
[0070] L'ensemble constitué par le conduit 6, les premiers 8 et deuxièmes 9 moyens de chauffage,
les plaques de maintien 12, 13, les berceaux 16, 17 qui maintiennent ensemble tous
ces éléments, ainsi que les écrans thermiques 14, 15, est placé dans le tube 3. Cet
ensemble limite la circulation de gaz à l'extérieur de la partie chaude du conduit
et participe ainsi à limiter les pertes thermiques.
[0071] Avantageusement, deux disques 18, 19 sont placés entre les berceaux 16, 17 et la
croix de sortie 5, perpendiculairement à l'axe du tube 3.
[0072] Comme représenté à la figure 5, ces disques 18, 19 sont munis d'une ouverture centrale
rectangulaire dont la superficie correspond approximativement à la section transversale
du conduit 6, de manière à pouvoir enfiler ces disques 18, 19 sur ce conduit 6. Ces
disques 18, 19 comportent aussi des trous périphériques à l'ouverture centrale, destinés
au passage de deuxièmes amenées de courant 20, 21, et de fils des thermocouples 51.
L'un 19 de ces disques 18, 19 est placé dans la croix de sortie 5. L'autre 18 de ces
disques 18, 19 est placé entre le disque 19 et les berceaux 16, 17. Ces disques 18,
19 ont à la fois pour rôle de maintenir le conduit 6, des deuxièmes amenées de courant
20, 21 et les fils des thermocouples 51, ainsi que celui de limiter les échanges gazeux
entre l'intérieur du conduit 6 et l'espace situé entre le conduit 6 et le tube 3.
Toutefois, les disques 18, 19 doivent permettre un passage des gaz, en provenance
de la sortie du conduit 6, entre l'espace intérieur du conduit 6 et l'espace situé
entre le conduit 6 et le tube 3, de manière à ce que la pression soit équilibrée de
part et d'autre des parois 37, 38, 39, 40. En équilibrant ainsi la pression de part
et d'autre des parois 37, 38, 39, 40, il est permis de réaliser ces dernières avec
une faible épaisseur.
[0073] Les paires des deuxièmes amenées de courant 20, 21 sont connectées aux premières
amenées de courant 22, 23 grâce aux connecteurs 24, 25. Les thermocouples 51 sont
aussi connectés à l'extérieur de l'enceinte 2 par l'intermédiaire de connecteurs situés
dans l'enceinte 2.
[0074] Les disques 18, 19 peuvent être constitués d'un matériau isolant électriquement et
thermiquement mais pas nécessairement très réfractaire.
[0075] La porte hermétique 28 couvre une ouverture dont la largeur est approximativement
égale à celle du conduit. Cette ouverture est située dans l'axe du conduit 6. Elle
permet l'introduction et l'extraction des substrats 10. Un sas d'entrée est éventuellement
connecté au troisième obturateur 27 pour éviter la remise à l'air du réacteur 1 pendant
les opérations d'introduction et extraction des substrats 10,
[0076] Les substrats 10 sont avantageusement introduits dans le réacteur 1 grâce à un porte-substrat
29. Le porte-substrat 29 est avantageusement constitué d'un matériau bon conducteur
thermique de manière à ce qu'il ait peu d'inertie thermique. Préférentiellement, ce
porte-substrat 29 est réalisé en nitrure de bore mais il peut aussi être en graphite
par exemple. Le porte-substrat 29 est introduit dans le réacteur 1 par un manipulateur
à pinces qui coulisse sur les guides 30, 31. Ce manipulateur est constitué d'un tube
fin et rigide coaxial à l'axe du conduit 6, d'une longue tige filetée à l'intérieur
de ce tube, solidaire du côté du réacteur 1, de deux éléments de pinces symétriques
et articulés autour d'une charnière verticale, l'extrémité extérieure de la tige filetée
étant vissée dans un écrou prisonnier tournant librement. En vissant l'écrou, la tige
filetée recule et la pince se resserre fermement sur une partie verticale du porte-substrat
29. Le manipulateur peut alors être mu le long des guides 30, 31 pour introduire ou
extraire le porte-substrat 29. Une came sur le manipulateur peut être prévue pour
permettre de surélever la pince, quand celle-ci vient de saisir le porte-substrat
29, dans sa position à l'intérieur du conduit 6, de manière à ce que celui-ci ne frotte
pas la face interne de la paroi 37.
[0077] Avant la mise en service du réacteur 1, un dépôt du produit majoritaire auquel est
dédié le réacteur 1 est déposé dans le conduit 6 sans substrat 10, ni porte-substrat
29, après un dégazage poussé, à une température supérieure à la température habituelle
de dépôt et un balayage par le gaz vecteur. Cette étape peut être suivie par un dépôt
analogue sur le porte-substrat 29 sans substrat 10. Le réacteur est alors prêt à l'emploi.
[0078] Le procédé et le réacteur selon l'invention peuvent faire l'objet de variantes.
[0079] Dans une autre variante de réalisation du réacteur (fig. 6), les amenées de courant
22, 23 et les sorties de thermocouples peuvent avantageusement être situées du même
côté que l'entrée des gaz 7. Le chargement et le déchargement des substrats 10 peut
alors se faire en désolidarisant le corps du réacteur 3 de la croix 5. Il est alors
intéressant de mettre un porte substrat 29 tournant actionné par un passage tournant
étanche et motorisé traversant axialement l'obturateur 27. Cette disposition est particulièrement
utile dans les étapes (a) et (a') des procédés décrits ci-dessus.
[0080] On a décrit ci-dessus des premiers 8 et deuxièmes 9 moyens de chauffage résistifs.
Ce type de moyens de chauffage permet de monter à des températures supérieures a 1750°C,
avec un faible investissement en matériaux et une consommation d'energie plus faible
qu'avec les procédés et les réacteurs de l'art antérieur
[0081] Par exemple, pour atteindre la fusion (1410°C) d'une tranche de silicium de 50 mm
de diamètre sous un flux d'hydrogène de 8 litres par minute, à une pression de 5.10
3 Pascal, une puissance de 3 kW suffit. De même, dans cet environnement. pour monter
en température de 500°C à 1400°C, à une vitesse de 100°C par seconde, une ligne de
puissance de 7 kW suffit également.
[0082] Cependant, il peut être envisagé d'autres types de moyens de chauffage 8, 9 même
si ceux-ci apparaissent moins avantageux, tels des moyens de chauffage par induction,
des moyens de chauffage dans lesquels les premiers 8 et deuxièmes 9 moyens de chauffage
9 ne forment qu'un dispositif unique disposé tout autour du conduit 6, etc.
[0083] Sur la figure 6 est représenté un autre mode de réalisation du réacteur 1 selon l'invention.
Selon ce mode de réalisation, le réacteur 1 comprend une enceinte 2 constituée de
deux tubes 3, 103 en acier inoxydable, concentriques, dont l'axe de révolution commun
est horizontal. Dans l'espace entre les deux parois de ces tubes 3, 103 circule un
fluide de refroidissement.
[0084] Un brise jet 50 est monté dans l'axe de l'entrée de gaz 7 de manière à favoriser
l'obtention d'une bonne uniformité de la vitesse des gaz. Le passage de gaz 44 peut
aussi éventuellement être muni d'un brise jet.
[0085] Un mécanisme 60 entraîné par un arbre 61, passant par une traversée étanche 62, et
un accouplement coulissant 63, permet la rotation du substrat 10 afin d'assurer une
plus grande uniformité du dépôt.
[0086] Toutes les connexions électriques et fluides sur le troisième obturateur 27 et le
premier obturateur 4 sont suffisamment longues et souples pour pouvoir déplacer celles-ci
d'environ deux fois la longueur du conduit 6. Avantageusement, les connexions peuvent
aussi être faites uniquement sur le premier obturateur 4.
[0087] Le premier obturateur 4 est solidaire d'un chariot comprenant un support vertical
64 et un support horizontal 65.
[0088] Le support horizontal 65 peut être déplacé parallèlement à l'axe du tube 3, sur un
chemin de roulement non représenté. Pour monter l'ensemble du conduit 6 et ses équipements,
le premier obturateur 4 est ouvert, le tube 3 restant solidaire de la croix 5.
[0089] Pour charger ou décharger un substrat 10 on a le choix entre ouvrir le troisième
obturateur 27 ou séparer le tube 3 de la croix 5.
[0090] Les substrats 10 sont introduits et maintenus dans la zone de dépôt par un porte-substrat
29 en graphite qui peut être relevé de quelques degrés, du côté aval par rapport à
l'écoulement des gaz, de manière à offrir une plus grande surface de projection sur
un plan vertical, dans le conduit 6. Le porte substrat est par exemple constitué d'un
disque avec un rebord. Le rebord est avantageusement d'une hauteur supérieure à la
hauteur du substrat 10. Le porte-substrat 29 peut entraîner en rotation le substrat
10 qu'il supporte, de manière à assurer une meilleure uniformité du dépôt. Ceci s'effectue
avantageusement, grâce à une transmission mécanique, constituée d'un pignon conique
d'axe horizontal et solidaire de l'arbre 61, lui même en rotation grâce à un moteur
extérieur au réacteur 1, à vitesse variable assurant une vitesse de rotation du substrat
pouvant aller jusqu'à 10 tours par seconde.
[0091] Selon une variante avantageuse, non représentée, du réacteur conforme à la présente
invention, celui-ci comporte des premiers 8 et deuxièmes moyens de chauffage, décalés
l'un par rapport à l'autre dans le sens longitudinal du conduit 6. Ceci permet également
d'homogénéiser la distribution de la température sur toute la surface du substrat
en favorisant la formation d'un plateau dans le profil longitudinal de température.
[0092] Selon une autre variante avantageuse, le centre du substrat 10 sur le porte substrat
29 est décalé vers l'aval du flux gazeux, dans la zone des premiers 8 et deuxièmes
9 moyens de chauffage, sans néanmoins que le substrat 10 ne sorte de cette zone.
[0093] Selon encore une autre variante, illustrée par la figure 7, le conduit secondaire
est constitué de plaques 70 amovibles, pouvant être introduites et retirées facilement
par glissement dans des rainures non représentées du conduit 6. Ces plaques 70 sont
utiles pour protéger le conduit 6 des dépôts hors du (des) substrats(s) 10. Elles
sont d'un entretien aisé et sont avantageusement en graphite en nitrure de bore ou
en un autre matériau réfractaire compatible avec la température du procédé et le milieu
ambiant.
[0094] Selon une autre variante avantageuse aussi représentée sur la figure 7, la température
peut être mesurée par des fibres 71 de pyromètres optiques situées dans des gaines
solidaires du conduit 6 et entre le conduit 6 et les premiers 8 et deuxièmes 9 moyens
de chauffage, plutôt que par des thermocouples 51, ceci afin d'augmenter la durée
de vie des moyens de mesure de la température.
[0095] Le procédé selon l'invention permet d'obtenir les avantages précités tout en conservant
un taux d'impuretés dans les couches obtenues équivalent à ceux des couches obtenues
grâce aux procédés et aux réacteurs de l'art antérieur.
[0096] Un procédé et un réacteur selon l'invention sont particulièrement bien adaptés à
la croissance de couches de carbure de silicium ou de nitrure d'aluminium sur des
substrats 10.
1. Kristallwachstumsverfahren um ein Material auf einem ersten festen Material (100)
anwachsen zu lassen, ausgehend von einem geschmolzenen Material auf dem ersten festen
Material (100),
gekennzeichnet durch:
- einen Schritt (a), um das erste Materials (100) auf einem Substrat (10) anwachsen
zu lassen, das aus einem zweiten Material (200) besteht,
- ein Schritt (d, d'), bei welchem man, ausgehend von der Schnittfläche zwischen dem
ersten Matrial (100) und dem geschmolzenen Material, Kristallnadeln bestehend aus
dem ersten Material (100) anwachsen läßt, wobei ein Temperaturgradient in senkrechter
Richtung zur freien Oberfläche des geschmolzenen Materials auferlegt wird, derart
daß die Schnittstelle zwischen dem ersten Material und dem geschmolzenen Material
eine Temperatur aufweist, die größer ist als die Temperatur an der freien Oberfläche
des geschmolzenen Materials,
- einen Schritt (f,f'), der darin besteht, ausgehend von den Kristallnadeln Kristalle
in einer zur freien Ebene des geschmolzenen Materials weitgehend parallelen Ebene
lateral anwachsen zu lassen, indem das Vorzeichen des Temperaturgradienten umgekehrt
wird.
2. Verfahren nach dem vorangehenden Anspruch, dadurch gekennzeichnet, daß es einen Schritt (b) umfaßt, der darin besteht, das Substrat horizontal in einen
Schmelztiegel (300) zu plazieren derart, daß das erste Material (100) unter dem zweiten
Material (200) liegt.
3. Verfahren nach einem der Ansprüche 1 oder 2, dadurch gekennzeichnet, daß es einen Schritt (b') umfaßt, der darin besteht, das Substrat horizontal in einen
Schmelztiegel (300) zu plazieren derart, daß das erste Material (100) unter dem zweiten
Material (200) liegt und auf dem ersten ein drittes Material (400) liegt.
4. Verfahren nach Anspruch 2, dadurch gekennzeichnet, daß es einen Schritt (c) umfaßt, der darin besteht, daß das zweite Material (200) zum
Schmelzen gebracht wird, wobei das erste Matrial (100) im festen Zustand gehalten
wird.
5. Verfahren nach Anspruch 3, dadurch gekennzeichnet, daß es einen Schritt (c') umfaßt, der darin besteht, daß das dritte Material (400) zum
Schmelzen gebracht wird, wobei das erste Matrial (100) und das zweite Material (200)
in festem Zustand gehalten werden.
6. Verfahren nach einem der vorangehenden Anspüchen, dadurch gekennzeichnet, daß es einen Schritt (d, d') umfaßt, bei welchem das geschmolzene Material mit einem
Vorstufengas beströmt wird, dessen mindestens eine erste Atomsorte mit mindestens
einer zweiten, aus dem geschmolzenen Material stammenden Atomsorte, am Wachstum eines
vierten Materials (500) teilhaben.
7. Verfahren nach Anspruch 6, dadurch gekennzeichnet, daß das vierte Material (500) eine Binärverbindung ist.
8. Verfahren nach Anspruch 7, dadurch gekennzeichnet, daß die Binärverbindung aus Siliziumkarbid besteht.
9. Verfahren nach Anspruch 7, dadurch gekennzeichnet, daß die Binärverbindung aus Aluminiumnitrid besteht.
10. Verfahren nach einem der Ansprüche 6 bis 9, dadurch gekennzeichnet, daß es einen Schritt (g, g') umfaßt, der darin besteht, nocheinmal eine Menge eines zweiten
(200) oder des dritten Materials (400) auf das vierte Material (500) aufzutragen,
um das Dickenwachstum fortzusetzen.
11. Verfahren nach einem der Ansprüche 1 bis 10, dadurch gekennzeichnet, daß der Schritt (a, a') durch chemische Dampfabscheidung realisiert wird.