[0001] L'invention concerne une fixation déclenchable pour planche de glisse comprenant
une première partie solidaire d'une chaussure et une seconde partie destinée à être
fixée à la planche de glisse et dans laquelle la première partie est retenue au moins
approximativement par ses deux extrémités sur la deuxième partie par des pièces mobiles
maintenues en prise avec la première partie sous l'action d'au moins un ressort de
manière à libérer la chaussure en cas de chute avant ou arrière, ainsi qu'en torsion.
[0002] Une telle fixation est connue du brevet AT 315 040. La semelle de la chaussure est
munie d'une pièce métallique en U présentant des logements dans lesquels sont engagés
des doigts de retenue dont l'un est monté coulissant contre l'action d'un ressort
dans un boîtier fixé au ski. Une fixation du même type est décrite dans le brevet
AT 317 738. Le brevet US 3 957 280 décrit également une chaussure du même type, dans
laquelle les deux doigts de retenue sont montés coulissants contre l'action d'un ou
deux ressorts. Dans les fixations décrites dans les brevets US 3 834 723 et 4 191
395, les doigts coulissants de verrouillage sont montés dans la semelle de la chaussure
et coopèrent avec des surfaces formées dans deux pièces, respectivement une pièce,
fixées au ski. Une solution du même type que celle décrite dans le brevet US 3 957
280 a été reprise dans le brevet US 4 245 409. Ces constructions permettent de supprimer
totalement l'ajustement de la fixation à la pointure des chaussures, c'est-à-dire
d'avoir une fixation vraiment universelle et permettre de réduire le nombre de pièces.
Par contre, ces fixations n'ont jamais pu être vraiment commercialisées car elles
présentent un inconvénient majeur : la détérioration des surfaces sensibles de la
semelle de la chaussure, c'est-à-dire des surfaces participant directement au déclenchement
de la fixation en cas de chute. Ces fixations présentent par contre un avantage intéressant,
qui réside dans la possibilité de conformer les extrémités de la chaussure de façon
très libre, en particulier de supprimer les trottoirs avant et arrière qui sont nécessaires
pour les fixations de ski usuelles, et d'arrondir la face inférieure de la semelle
à ses extrémités de manière à faciliter la marche.
[0003] Pour palier aux inconvénients des chaussures à fixation intégrée selon l'art antérieur
susmentionnée, il a été proposé de réaliser une fixation en trois parties, à savoir
une première partie destinée à être fixée à la planche de glisse, une deuxième partie
solidaire de la chaussure et une troisième partie reliant les premières et deuxièmes
parties, seules les premières et troisièmes parties étant agencées de manière à constituer
une liaison déclenchable en cas de chute. La chaussure peut être conventionnelle.
De telles fixations sont décrites dans les brevets US 3 918 732, 4 191 395 et dans
le brevet FR 2 659 565. Ces fixations sont relativement volumineuses et sont destinées
à des chaussures de type conventionnel comportant un trottoir avant et un trottoir
arrière pour leurs fixations sur la partie intermédiaire. Une adaptation à la pointure
de la chaussure des moyens de fixation de celle-ci sur la partie intermédiaire reste
nécessaire.
[0004] L'invention a pour but de conserver l'indépendance des moyens de déclenchement en
torsion et en chute avant que l'on trouve dans les fixations à butée et à talonnière,
ce qui permet de mieux maîtriser les efforts de déclenchement dans chaque cas.
[0005] La fixation selon l'invention est caractérisée en ce que la première partie, solidaire
de la chaussure, présente, à l'arrière, une paire de tenons latéraux, et en ce que
la seconde partie, solidaire de la planche de glisse, comprend, à l'arrière, une pièce
mobile constituée d'un étrier montée pivotant autour d'un axe transversal à la fixation
et pivotant autour d'un axe vertical, les bras de cet étrier venant retenir les tenons
de la première partie et s'appuyer sur ces tenons par des rampes permettant aux tenons
de faire basculer l'étrier contre l'action du ressort lors d'une chute vers l'avant.
[0006] Selon un mode d'exécution de l'invention, la première partie est rigide et solidaire
de la semelle et présente, à l'avant, des portées d'appui vertical frontal et la seconde
partie, solidaire de la planche de glisse, comprend, à l'avant, une pièce mobile constituée
d'une mâchoire destinée à s'appuyer frontalement et verticalement sur les portées
d'appui de la première partie, cette mâchoire pouvant basculer dans un plan vertical
et dans un plan horizontal contre l'action dudit ressort.
[0007] Dans ce cas la partie solidaire de la semelle de la chaussure ne comporte pas de
surface sensible susceptible de perturber le déclenchement de la fixation.
[0008] Le déclenchement en torsion est de préférence contrôlé exclusivement par la mâchoire.
A cet effet, l'étrier s'appuie sur le ressort, plus précisément sur un coulisseau
poussé par le ressort, par une partie arrondie en arc de cercle centrée sur l'axe
vertical de pivotement de l'étrier, de telle sorte que le pivotement de l'étrier ne
modifie pas la compression du ressort.
[0009] La mâchoire est de préférence articulée par une articulation à rotule lui permettant
de basculer en tous sens.
[0010] L'étrier est de préférence monté pivotant autour d'un axe horizontal dans un étrier
monté pivotant autour d'un pivot central et l'axe de pivotement horizontal de l'étrier
de retenue est situé au-dessus de sa base par laquelle l'étrier s'appuie contre son
coulisseau.
[0011] Le déchaussage peut être exécuté au moyen d'un levier de déchaussage articulé en
arrière de l'étrier et agissant sur l'étrier par l'intermédiaire d'une pièce de poussée
pour le faire basculer contre l'action du ressort.
[0012] Le déclenchement en chute avant est contrôlé par l'étrier travaillant à la manière
d'un levier sollicité par les tenons. Ce mode de retenue est peu sensible à la qualité
de surface des tenons et des parties de l'étrier en forme de crochet.
[0013] L'étrier n'oppose donc pratiquement aucune résistance au déclenchement de la fixation
en torsion. La chaussure s'échappe tout d'abord de la mâchoire, puis les tenons s'échappent
de l'étrier sans solliciter celui-ci en basculement.
[0014] La première partie solidaire de la chaussure pourrait être la semelle elle-même.
Les tenons seraient fixés à la semelle dont l'avant présenterait un trottoir conventionnel
retenu par une butée de type usuel.
[0015] Le dessin annexé représente, à titre d'exemple, un mode d'exécution de la fixation
selon l'invention.
[0016] La figure 1 est une vue en perspective de la semelle d'une chaussure assemblée à
la fixation.
[0017] La figure 2 est une vue de côté des deux parties assemblées de la fixation.
[0018] La figure 3 est une vue en perspective de la seconde partie de la fixation destinée
à être montée sur une planche de glisse.
[0019] La figure 4 est une vue en coupe axiale, dans le plan de symétrie vertical, de la
seconde partie de fixation représentée à la figure 3.
[0020] La fixation est constituée d'une première partie 1 intégrée à une semelle de chaussure
et une seconde partie 2 destinée à être fixée sur une planche de glisse.
[0021] La partie 1 présente, à l'avant, une surface d'appui frontale 3 arrondie en arc de
cercle autour d'un axe vertical et, de chaque côté de cette surface d'appui frontal,
deux portées planes horizontales 4 servant de surface d'appui vertical pour une mâchoire
5 de la fixation, comme ceci sera décrit plus loin en relation avec la seconde partie
de la fixation. En arrière, la première partie 1 est munie d'une paire de tenons 6
s'étendant horizontalement de chaque côté de la partie 1, c'est-à-dire de chaque côté
de la semelle de la chaussure. Ces tenons 6 sont situés dans une zone rétrécie 7 de
la semelle, de manière à ne pratiquement pas dépasser latéralement les côtés de la
semelle. Entre les surfaces d'appui 3, 4 et les tenons 6, la partie 1 présente une
surface d'appui 8 venant s'appuyer sur la seconde partie 2 de la fixation.
[0022] La seconde partie de la fixation comprend une plaque de base 9 sur et dans laquelle
sont montés les composants de cette seconde partie. A l'avant, la plaque 9 porte la
mâchoire 5 présentant, en coupe selon la figure 4, un profil en C dont le bras supérieur
présente une large encoche en V ouvert 10 dans laquelle vient s'appuyer la surface
d'appui arrondie 3 de la partie 1, la mâchoire 5 venant en outre s'appuyer verticalement
sur les portées d'appui 4. Le bras inférieur 11 de la mâchoire 5 s'appuie sur un coulisseau
12 monté coulissant dans une glissière longitudinale 13 de la plaque de base 9. La
mâchoire 5 est montée sur une rotule 14 de manière à pouvoir pivoter en tous sens.
Le coulisseau 12 est traversé par deux tiges parallèles 15 et 16 filetées dans la
zone du coulisseau 12 et en prise avec le coulisseau 12. L'extrémité de ces tiges
filetées 15 et 16 est en appui contre un second coulisseau 17 coulissant également
dans la glissière 13.
[0023] Dans sa région arrière, la plaque 9 porte un premier étrier 18 s'étendant transversalement
à la plaque 9 et monté pivotant autour d'un axe vertical situé dans le plan de symétrie
de la partie 2 de la fixation, au moyen d'un pivot 19 sur lequel l'étrier est retenu
verticalement par un écrou 24. Dans ce premier étrier pivotant est monté un second
étrier 20 articulé dans l'étrier 18 en deux points opposés 21 et 22 de ses bras de
manière à pouvoir basculer autour d'un axe horizontal transversal à la plaque 9 et
situé au-dessus de la base de l'étrier. Dans sa partie centrale, l'étrier 20 présente
une découpe oblongue 23 permettant son basculement malgré la présence de l'écrou 24.
L'étrier 20 présente, vers l'avant, un contour arrondi 25 en arc de cercle centré
sur un axe situé en arrière de l'axe du pivot 19 et par lequel l'étrier s'appuie contre
un coulisseau 26 monté dans la glissière 13. La non-coïncidence du centre de courbure
de l'arrondi 25 et de l'axe du pivot 19 est destinée à assurer le recentrage des étriers,
comme ceci sera décrit plus loin. A la figure 3, la largeur de ce coulisseau 26 montre
la largeur des coulisseaux 12 et 17. En arrière, l'étrier 20 s'appuie contre une pièce
intermédiaire de poussée 27 montée coulissant longitudinalement dans une rainure médiane
de la plaque 9 et dont l'autre extrémité s'appuie contre le bec 28 d'un levier de
déchaussage volontaire 29 articulé sur la plaque 9 autour d'un axe horizontal transversal
30.
[0024] Entre les coulisseaux 17 et 26 est montée une paire de ressorts parallèles 31 travaillant
en compression entre les coulisseaux. La précompression des ressorts 31 peut être
modifiée au moyen des tiges 15 et 16 dont la rotation permet de modifier la position
du coulisseau 17.
[0025] Les bras 32 et 33 de l'étrier basculant 20 sont conformés en forme de crochet présentant
chacun une rampe supérieure 34 et une rampe inférieure 35. En position chaussée, les
bras 32 et 33 sont en appui sur les tenons 6 de la chaussure par leur rampe 35 sous
la poussée des ressorts 31.
[0026] La glissière 13 est recouverte d'une plaque 36 sur laquelle vient s'appuyer la chaussure.
Sous la mâchoire 5, la plaque 36 est munie d'une plaquette 37 en matériau facilitant
le glissement de la chaussure.
[0027] Pour chausser la fixation, l'utilisateur introduit d'abord les portées 4 sous la
mâchoire 5. Lors de cette introduction, les ressorts 31 autorisent un léger relèvement
de la mâchoire 5 de telle sorte que celle-ci vient s'appuyer efficacement sur les
portées 4. Les tenons 6 viennent ensuite en contact avec les rampes 34 de l'étrier
20 et font basculer celui-ci en arrière, puis les bras 32 et 33 viennent se rabattre
sur les tenons 6.
[0028] Lors d'une chute avant, les tenons 6 glissent sur les rampes 35 de l'étrier 20 et
font basculer cet étrier en arrière en comprimant les ressorts 31, puis s'échappent
de l'étrier. La chaussure peut alors se dégager de la fixation.
[0029] Lors d'une chute avec torsion, la surface d'appui frontale 3 de la chaussure fait
pivoter latéralement l'étrier 5 dont le bras inférieur 11 repousse le coulisseau 12
en comprimant les ressorts 31. L'étrier 20 accompagne la chaussure en pivotant avec
l'étrier 18, en augmentant légèrement la compression des ressorts en raison du décalage
entre le centre de courbure de l'arrondi 25 et l'axe du pivot 19. Après libération
de l'étrier cette légère augmentation de la compression des ressorts a pour effet
de ramener les étriers en position initiale, c'est-à-dire de les recentrer.
[0030] Lors d'une chute arrière, les portées 4 font basculer la mâchoire 5 dans un plan
vertical pour s'échapper de cette mâchoire. Lors de ce mouvement, les tenons 6 pivotent
dans l'étrier 20, puis s'échappent de cet étrier par l'avant.
[0031] Pour déchausser volontairement, il suffit d'appuyer sur le levier de déchaussage
29 qui fait basculer en arrière l'étrier 20 par l'intermédiaire de la pièce de poussée
27.
[0032] L'arrondi 25 pourrait être remplacé par un simple méplat, c'est-à-dire un arrondi
de rayon infini ou par toute autre forme assurant un recentrage des étriers par la
poussée du coulisseau 26.
[0033] Selon une autre variante le recentrage des étriers 18 et 20 pourrait être assuré
par la poussée du coulisseau 26 sur l'étrier 18. Dans ce cas l'arrondi 25 de l'étrier
20 pourrait être centré sur l'axe du pivot 19 et l'étrier 18 s'appuierait contre le
coulisseau 26 par une partie arrondie dont le centre est situé en arrière de l'axe
du pivot 19 ou par un méplat ou par toute autre forme assurant le recentrage des étriers
par le coulisseau 26.
[0034] Selon une autre variante d'exécution l'articulation à rotule de la mâchoire 5 pourrait
être remplacée par un appui de la mâchoire 5 sur deux rampes verticales et une rampe
horizontale à la manière de certaines mâchoires de butées avant de fixations conventionnelles
à butée et talonnière.
1. Fixation déclenchable pour planche de glisse comprenant une première partie (1) solidaire
d'une chaussure et une seconde partie (2) destinée à être fixée à la planche de glisse
et dans laquelle la première partie (1) est retenue au moins par ses deux extrémités
sur la deuxième partie par des pièces mobiles (5,20) maintenues en prise avec la première
partie sous l'action d'au moins un ressort (31) de manière à libérer la chaussure
en cas de chute en avant ou en arrière, ainsi qu'en torsion
caractérisée en ce que la première partie (1), solidaire de la chaussure, présente,
à l'arrière, une paire de tenons latéraux (6), et en ce que la seconde partie (2),
solidaire de la planche de glisse, comprend, à l'arrière, une pièce mobile constituée
d'un étrier (20) montée pivotant autour d'un axe transversal à la fixation et pivotant
autour d'un axe vertical, les bras (32,33) de cet étrier venant retenir les tenons
de la première partie et s'appuyer sur ces tenons par des rampes permettant aux tenons
de faire basculer l'étrier contre l'action du ressort lors d'une chute vers l'avant.
2. Fixation selon la revendication 1, caractérisée en ce que l'étrier (20) est monté
pivotant autour d'un axe horizontal dans un second étrier (18) monté pivotant sur
un pivot central (19) autour d'un axe vertical.
3. Fixation selon la revendication 2, caractérisée en ce que l'étrier (20) s'appuie sur
un coulisseau (26), poussé par le ressort (31), par une partie conformée de manière
à assurer le recentrage de l'étrier, de préférence une partie arrondie (25) en arc
de cercle dont le centre est situé en arrière de l'axe vertical de pivotement de l'étrier.
4. Fixation selon la revendication 3, caractérisée en ce que l'axe de pivotement horizontal
de l'étrier de retenue (20) est situé au-dessus de sa base par laquelle l'étrier s'appuie
contre son coulisseau.
5. Fixation selon la revendication 1, caractérisée en ce que la première partie (1) est
rigide et solidaire de la semelle de la chaussure, en ce que cette première partie
présente, à l'avant, des portées d'appui vertical (4) et frontal (3) et en ce que
la seconde partie (2) comprend, à l'avant, une pièce mobile constituée d'une mâchoire
(5) destinée à s'appuyer frontalement et verticalement sur les portées d'appui de
la première partie, cette mâchoire pouvant basculer dans un plan vertical et dans
un plan horizontal contre l'action du ressort (31).
6. Fixation selon la revendication 5, caractérisée en ce que la mâchoire (5) est articulée
par une articulation à rotule (14).
7. Fixation selon l'une des revendications 5 ou 6, caractérisée en ce que la mâchoire
(5) et l'étrier (20) s'appuient sur des coulisseaux (12,26) entre lesquels est monté
au moins un ressort (31) travaillant en compression.
8. Fixation selon les revendications 2 et 5, caractérisée en ce que la mâchoire (5) et
les deux étriers (18, 20) s'appuient sur des coulisseaux (12, 26) entre lesquels est
monté au moins un ressort (31) travaillant en compression et en ce que l'étrier (20)s'appuie
sur son coulisseau (26) par une partie arrondie (25) en arc de cercle centré sur l'axe
vertical de pivotement de l'étrier et que le second étrier (18) s'appuie sur le coulisseau
(26) par une partie conformée de manière à assurer un recentrage des étriers après
leur libération de préférence en arc de cercle dont le centre est situé en arrière
du pivot central (19).
9. Fixation selon l'une des revendications 1 à 8, caractérisée en ce que sa seconde partie
comprend, en arrière de l'étrier (20), un levier de déchaussage volontaire (29) agissant
sur l'étrier par l'intermédiaire d'une pièce de poussée (27), contre l'action du ressort.