[0001] La présente invention concerne le domaine des aciers pour application dans le domaine
de l'emballage métallique, alimentaire, non alimentaire ou industriel.
[0002] Les aciers élaborés pour des utilisations propres à l'emballage métallique se différencient
surtout des tôles minces par leurs caractéristiques physiques.
[0003] Les épaisseurs des tôles d'acier pour emballage varient de 0,12 mm à 0,25 mm pour
la plus grande majorité des utilisations, mais peuvent atteindre des épaisseurs plus
importantes, jusqu'à 0,49 mm pour des applications très particulières. C'est par exemple
le cas de certains emballages non alimentaires, comme par exemple certains aérosols,
ou le cas de certains emballages industriels. Elles peuvent également descendre jusqu'à
0,08 mm, par exemple dans le cas des barquettes alimentaires.
[0004] Les tôles d'acier pour emballage sont habituellement revêtues d'un revêtement métallique
(étain, refondu ou non, ou chrome) sur lequel est généralement déposé un revêtement
organique (vernis, encres, films plastiques).
[0005] Dans le cas des emballages deux pièces, ceux-ci sont réalisés par emboutissage sous
serre-flan, ou par emboutissage/repassage pour les boites boissons, et sont généralement
des boites axisymétriques, cylindriques ou tronconiques. Cependant, les emballagistes
montrent un intérêt de plus en plus marqué pour des aciers d'épaisseurs toujours plus
faibles, de 0,12 mm à 0,075 mm et, dans le souci de se différencier des concurrents,
ils cherchent à innover dans des formes de plus en plus complexes. Aussi trouvons
nous maintenant des boites de formes originales, fabriquées dans des tôles d'acier
de faibles épaisseurs qui, bien que présentant de plus grandes difficultés de formage,
doivent répondre aux critères d'utilisation (tenue mécanique de l'emballage, résistance
à la charge axiale qu'ils subissent lors de leur entreposage en empilement, résistance
à la surpression interne qu'ils subissent pendant le traitement thermique de stérilisation
et à la dépression interne qu'ils subissent après le refroidissement) et donc présenter
une très haute résistance mécanique.
[0006] Ainsi, la mise en oeuvre et la performance de ces emballages dépendent d'un certain
nombre de caractéristiques mécaniques de l'acier :
- le coefficient d'anisotropie planaire ΔC aniso,
- le coefficient de Lankford,
- la limite d'élasticité Re,
- la résistance maximale à la rupture Rm,
- l'allongement A%,
- l'allongement réparti Ag%.
[0007] Pour conférer à l'emballage une tenue mécanique équivalente à épaisseur d'acier inférieure,
il est indispensable que la tôle d'acier présente une résistance maximale à rupture
plus élevée.
[0008] Pour la réalisation d'emballages, il est connu d'utiliser des aciers à basse teneur
en aluminium, et en particulier des aciers dits « aciers bas aluminium renitrurés
». Un tel acier est par exemple décrit dans le brevet français n° 95 11 113.
[0009] La teneur en carbone visée habituellement pour ce type d'acier est comprise entre
0,050% et 0,080%, la teneur en manganèse comprise entre 0,20 et 0,45%. La teneur en
aluminium est contrôlée pour être inférieure à 0,020 % dans le but de conférer à la
tôle d'acier une microstructure améliorée, une bonne propreté inclusionnaire, et par
voie de conséquence des caractéristiques mécaniques élevées.
[0010] La teneur en azote est également contrôlée et est comprise entre 0,008 et 0,016 %.
Cette teneur en azote est assurée par ajout en poche de cyanamide calcique lors de
l'élaboration de l'acier, ou par soufflage d'azote gazeux dans le bain d'acier. L'intérêt
connu de l'ajout d'azote est de durcir l'acier par effet de solution solide.
[0011] Ces tôles d'acier sont réalisées par laminage à froid d'une bande à chaud, avec un
taux de laminage à froid compris entre 75% et plus de 90%, suivi d'un recuit en continu
à une température comprise entre 640 et 700°C, et d'un second laminage à froid avec
un taux d'allongement au cours de ce second laminage à froid variable entre 2% et
45% selon le niveau de résistance maximale à la rupture Rm visé.
[0012] Mais, pour les aciers à basse teneur en aluminium, des caractéristiques mécaniques
élevées sont associées à une capacité d'allongement faible. Cette faible ductilité,
outre le fait qu'elle est défavorable à la mise en forme de l'emballage, entraîne
dans cette mise en forme un amincissement des parois qui va être défavorable aux performances
de l'emballage.
[0013] Ainsi par exemple un acier « bas aluminium renitruré » présentant une résistance
maximale à la rupture Rm de l'ordre de 550 MPa, présentera un taux d'allongement A%
de l'ordre de 2 à 5% seulement.
[0014] La présente invention a pour but de proposer une tôle d'acier à basse teneur en aluminium
pour emballage qui présente un taux d'allongement A% plus élevé que celui des aciers
à basse teneur en aluminium de l'état de la technique, à niveau de résistance maximale
à la rupture équivalente.
[0015] Pour obtenir ces caractéristiques, l'invention a pour objet un procédé de fabrication
d'une bande d'acier à basse teneur en aluminium pour emballage, dans lequel :
- on approvisionne une bande d'acier laminée à chaud comportant en poids entre 0,050
et 0,080 % de carbone, entre 0,25 et 0,40 % de manganèse, moins de 0,020 % d'aluminium,
entre 0,010 et 0,014% d'azote, le reste étant du fer et des impuretés résiduelles
inévitables,
- on effectue un premier laminage à froid de la bande,
- on soumet la bande laminée à froid à un recuit,
- on effectue éventuellement un laminage à froid secondaire,
caractérisé en ce que le recuit est un recuit continu dont le cycle comporte une
montée en température jusqu'à une température supérieure à la température de début
de transformation perlitique Ac
1, un maintien de la bande au dessus de cette température pendant une durée supérieure
à 10 secondes, et un refroidissement rapide de la bande jusqu'à une température inférieure
à 350°C à une vitesse de refroidissement supérieure à 100°C par seconde.
[0016] Selon d'autres caractéristiques du procédé selon l'invention :
- la bande est maintenue au cours du recuit à une température comprise entre Ac1 et 800°C, pendant une durée de 10 secondes à 2 minutes ;
- la vitesse de refroidissement est comprise entre 100°C par seconde et 500°C par seconde
;
- la bande est refroidie à une vitesse supérieure à 100°C par seconde jusqu'à la température
ambiante.
[0017] L'invention concerne également une tôle d'acier à basse teneur en aluminium comprenant
en poids entre 0,050 et 0,080 % de carbone, entre 0,25 et 0,40 % de manganèse, moins
de 0,020 % d'aluminium, entre 0,010 et 0,014% d'azote, le reste étant du fer et des
impuretés résiduelles inévitables, fabriquée selon le procédé ci-dessus, caractérisé
en ce qu'elle présente à l'état vieilli un taux d'allongement A% satisfaisant la relation
:

Rm étant la résistance maximale à la rupture de l'acier, exprimée en MPa.
[0018] Selon d'autres caractéristiques de la tôle, l'acier comporte du carbone à l'état
libre et/ou quelques carbures précipités à basse température, et présente un nombre
de grains par mm
2 supérieur à 30000.
[0019] Les caractéristiques et avantages apparaîtront plus clairement dans la description
qui suit, donnée uniquement à titre d'exemple, faite en référence aux figures jointes
en annexe.
[0020] Les figures 1 et 2 sont des diagrammes montrant l'influence de la température de
recuit sur la résistance maximale à rupture Rm.
[0021] La figure 3 est un diagramme montrant l'influence de la vitesse de refroidissement
sur la résistance maximale à rupture Rm.
[0022] La figure 4 est un diagramme montrant l'influence de la vitesse de refroidissement
sur la résistance maximale à rupture Rm et le taux d'allongement A%.
[0023] La figure 5 est un diagramme montrant l'influence de la vitesse de refroidissement
sur la dureté HR30T.
[0024] Plusieurs essais ont été réalisés, tout d'abord en laboratoire puis en conditions
industrielles, pour valider les caractéristiques de l'invention. Les résultats complets
de deux de ces essais vont maintenant être décrits.
[0025] Ces essais concernent deux bobines à froid en acier à basse teneur en aluminium,
dont les caractéristiques sont reproduites dans le tableau 1 ci-après.
Tableau 1
|
Teneurs (10-3 %) |
Laminage à chaud |
Laminage à froid |
|
C |
Mn |
Al |
N |
TFL (°C) |
Tbob (°C) |
Ep (mm) |
T réd. (%) |
Ep (mm) |
A |
59 |
345 |
15 |
10,5 |
842 |
598 |
2,06 |
91,2 |
0,18 |
B |
66 |
309 |
17 |
12 |
841 |
587 |
2,00 |
87 |
0,28 |
[0026] Dans la première colonne, on a repéré la bobine ; dans les deuxième à cinquième colonnes,
on a indiqué en 10
-3 % poids les teneurs des constituants principaux ayant une importance. Les sixième
à huitième colonnes concernent les conditions de laminage à chaud : dans la sixième
colonne, on a indiqué la température de fin de laminage à chaud ; dans la septième
colonne, la température de bobinage ; dans la huitième colonne, l'épaisseur de la
bande à chaud. Enfin les colonnes neuf et dix concernent les conditions de laminage
à froid : dans la neuvième colonne, on a indiqué le taux de réduction du laminage
à froid et dans la dixième colonne, l'épaisseur finale de la bande à froid.
[0027] Ces deux bandes standard ont fait l'objet de recuits différenciés suivi de second
laminages à froid également différenciés.
[0028] Les températures de maintien au recuit ont varié de 650°C à 800°C, les vitesses de
refroidissement ont varié de 40°C/s à 400°C/s, et les taux d'allongement au second
laminage ont varié de 1% à 42%.
[0029] Outre les examens micrographiques, la caractérisation du métal issu de ces différents
essais a consisté d'une part à faire des tractions sur des éprouvettes ISO 12,5x50
dans le sens du laminage et en sens travers, à l'état frais et à l'état vieilli après
vieillissement à 200°C pendant 20 minutes, d'autre part de déterminer la dureté HR30T
également à l'état frais et à l'état vieilli.
[0030] Ces essais ont permis de démontrer qu'il est possible d'augmenter considérablement
la résistance maximale à la rupture Rm pour le même acier à basse teneur en aluminium,
à taux d'allongement au second laminage à froid identique, si on pratique entre les
deux laminages à froid un recuit continu selon les conditions de l'invention.
[0031] Dit autrement, ces essais ont permis de démontrer qu'il est possible d'augmenter
considérablement la ductilité A% pour le même acier à basse teneur en aluminium, à
résistance maximale à la rupture Rm identique, si on pratique entre les deux laminages
à froid un recuit continu selon les conditions de l'invention, car le même niveau
de Rm est atteint avec un taux d'allongement plus faible au cours du second laminage.
Ainsi, il devient possible de réaliser des qualités d'acier à basse teneur en aluminium
avec un niveau de Rm de l'ordre de 380 MPa sans nécessiter de second laminage après
recuit, sauf peut être une opération d'écrouissage léger appelé skin-pass qui permet
de supprimer le palier de limite d'élasticité présent sur le métal en sortie du recuit.
Incidence de la composition de l'acier
[0032] Comme indiqué précédemment, l'invention ne se situe pas dans la composition de l'acier,
qui est un acier à basse teneur en aluminium standard.
[0033] Comme tous les aciers à basse teneur en aluminium renitrurés, ce sont essentiellement
les teneurs en aluminium et en azote qui sont importantes :
- l'aluminium est utilisé pour calmer l'acier. Il est limité à 0,020% dans le but de
conférer à la tôle d'acier une microstructure améliorée, une bonne propreté inclusionnaire,
et part voie de conséquence des caractéristiques mécaniques élevées ;
- la teneur en azote est également contrôlée et est comprise entre 0,008 et 0,016 %.
Cette teneur en azote est assurée par ajout en poche de cyanamide calcique lors de
l'élaboration de l'acier, ou par soufflage d'azote gazeux dans le bain d'acier. L'intérêt
connu de l'ajout d'azote est de durcir l'acier par effet de solution solide.
[0034] Le carbone et le manganèse sont également deux éléments qu'il convient de contrôler.
- la teneur en carbone visée habituellement pour ce type d'acier est comprise entre
0,050% et 0,080% ;
- la teneur en manganèse est comprise entre 0,25 et 0,40%.
Incidence des conditions de dénaturation à chaud
[0035] Les aciers à basse teneur en aluminium renitrurés recuits en continu sont généralement
laminés à une température supérieure à Ar
3.
[0036] Le paramètre essentiel est la température de bobinage, et on préfère un bobinage
froid, entre 500 et 620°C. En effet, le bobinage chaud, à une température supérieure
à 650°C présente deux inconvénients :
- il génère des hétérogénéités de caractéristiques mécaniques en liaison avec les différences
de vitesses de refroidissement entre le coeur et les extrémités de la bande ;
- il induit un risque de croissance anormale des grains, laquelle peut se produire pour
certains couples (température de fin de laminage, température de bobinage) et peut
constituer un défaut rédhibitoire aussi bien en tôle à chaud qu'en tôle à froid.
[0037] Néanmoins un bobinage chaud peut être effectué en pratiquant par exemple un bobinage
sélectif : la température est plus élevée en extrémités de la bande.
Incidence des conditions de laminage à froid
[0038] De par les faibles épaisseurs finales à réaliser, le domaine du taux de réduction
à froid s'étend de 75% à plus de 90%.
[0039] Les facteurs principaux qui interviennent dans la définition du taux de réduction
à froid sont bien évidemment l'épaisseur finale du produit, et sur ce point on peut
jouer sur l'épaisseur du produit à chaud, ainsi que des considérations métallurgiques.
[0040] Les considérations métallurgiques sont basées sur l'incidence du taux de réduction
à froid sur l'état microstructural, et par voie de conséquence sur les caractéristiques
mécaniques après recristallisation et recuit. Ainsi plus le taux de réduction à froid
augmente, plus la température de recristallisation est faible, plus les grains sont
faibles et plus Re et Rm sont élevés. En particulier, le taux de réduction a une incidence
très forte sur le coefficient de Lankford.
[0041] Dans le cas d'exigences en termes de cornes d'emboutissage, il convient par exemple
d'optimiser la nuance d'acier et surtout la teneur en carbone, et le taux de réduction
du laminage à froid avec la dureté ou les caractéristiques mécaniques souhaitées pour
obtenir un métal dit « métal sans cornes ».
Incidence du recuit
[0042] Une caractéristique importante de l'invention réside dans la température de recuit.
Il est important que la température de recuit soit supérieure au point de début de
transformation perlitique Ac
1 (de l'ordre de 720°C pour ce type d'acier).
[0043] Une autre caractéristique importante de l'invention réside dans la vitesse de refroidissement
qui doit être supérieure à 100°C/s.
[0044] Au cours du maintien de la bande à une température supérieure à Ac
1, il se forme de l'austénite, riche en carbone. Le refroidissement rapide de cette
austénite permet de maintenir une certaine quantité de carbone à l'état libre et/ou
une précipitation de carbures à basse température, fins et dispersés. Ce carbone à
l'état libre et/ou ces carbures formés à basse température favorisent le blocage des
dislocations, ce qui permet d'atteindre des niveaux de caractéristiques mécaniques
élevés sans nécessiter une réduction importante au cours du second laminage à froid
qui suit.
[0045] Il est donc important de réaliser un refroidissement rapide, compris entre 100 et
500°C/s au moins jusqu'à une température inférieure à 350°C. Si le refroidissement
rapide est arrêté avant 350°C, les atomes de carbone libres vont pouvoir se combiner
et l'effet recherché ne sera pas atteint. Il est bien évident qu'un refroidissement
rapide jusqu'à la température ambiante est possible.
[0046] Il est également possible d'effectuer un refroidissement à une vitesse supérieure
à 500°C/s, mais la Demanderesse a constaté que au delà de 500°C/s, l'influence d'une
augmentation de la vitesse de refroidissement n'est plus très significative.
[0047] Les figures 1 et 2 présentent l'influence de la température de recuit à vitesse de
refroidissement constante (Visée 100°C/s et réalisée 73 à 102°C/s sur la figure 1
; Visée 300°C/s et réalisée 228 à 331°C/s sur la figure 2) sur la résistance maximale
à la rupture Rm.
[0048] On constate sur ces figures une nette augmentation de Rm à taux d'allongement du
second laminage identique pour les aciers recuits à 750°C et à 800°C par rapport au
même acier recuit à 650°C.
[0049] Toutefois, cette influence de la température de recuit sur la résistance maximale
à la rupture Rm n'est pas très perceptible pour des taux d'allongement au second laminage
à froid inférieurs à 3%. Elle ne devient vraiment significative qu'à partir de 5%
d'allongement au second laminage à froid.
[0050] Une température trop élevée, supérieure à 800°C, entraîne une précipitation, au moins
partielle de l'azote sous la forme de nitrures d'aluminium. Cet azote précipité ne
participe plus au durcissement de l'acier, ce qui a pour effet une baisse de la résistance
maximale à la rupture Rm. Ce phénomène est entrevu sur la figure 2 sur laquelle on
remarque, pour des taux d'allongement supérieurs à 10 %, une baisse de l'augmentation
de la résistance maximale à la rupture Rm entre l'échantillon recuit à 750°C et l'échantillon
recuit à 800°C.
[0051] Le temps de maintien de la bande entre Ac
1 et 800°C doit être suffisant pour remettre tout le carbone correspondant à l'équilibre
en solution. Un maintien pendant 10 secondes est suffisant pour s'assurer cette remise
en solution de la quantité de carbone correspondant à l'équilibre pour les aciers
dont la teneur en carbone est comprise entre 0,020 et 0,035%, et un maintien au delà
de 2 minutes, bien que possible, est inutile et coûteux.
[0052] Les figures 3 et 4 présentent l'influence de la vitesse de refroidissement à température
de recuit constante (750°C) maintenue pendant 20 secondes.
[0053] Comme on peut le voir sur la figure 3, à 10% d'allongement au second laminage à froid,
la résistance maximale à la rupture Rm de l'acier est égale à environ 560 MPa si la
vitesse de refroidissement est égale à 100°C/s, alors qu'elle n'atteint que 505 MPa
si la vitesse de refroidissement est égale à 50°C/s.
[0054] On peut donc réaliser un acier à basse teneur en aluminium dont la valeur de Rm est
égale à 560 MPa avec seulement 10% d'allongement au second laminage à froid si la
vitesse de refroidissement est égale à 100°C/s, alors qu'il faut effectuer un second
laminage à froid avec un taux d'allongement de 17 % si la vitesse de refroidissement
n'est que de 50°C/s.
[0055] Ce plus faible taux d'allongement au second laminage à froid permet de moins dégrader
la ductilité de l'acier. On voit ainsi sur la figure 4 que l'acier dont Rm est égal
à 560 MPa présente une ductilité A% égale à 12,5 lorsque la vitesse de refroidissement
est égale à 100°C/s, alors qu'elle est égale à 5,5 lorsque la vitesse de refroidissement
est égal à 50°C/s.
[0056] Cette constatation est également valable sur la dureté de l'acier. Comme on le voit
sur la figure 5, pour un même taux d'allongement au second laminage à froid, la dureté
de l'acier augmente si la vitesse de refroidissement est égale à 100°C/s. Cette augmentation
de la dureté est due à une teneur en carbone libre plus élevée et/ou à la présence
des précipités fins et dispersés.
[0057] Les analyses micrographiques des échantillons ont permis de constater que le nombre
de grains par mm
2 est plus important (supérieur à 30000), et que les carbures, lorsqu'ils se sont formés
sont de la cémentite intergranulaire.
[0058] Ainsi ce procédé de fabrication permet de réaliser un acier à basse teneur en aluminium
pour emballage, comportant en poids entre 0,050 et 0,080 % de carbone, entre 0,25
et 0,40 % de manganèse, moins de 0,020 % d'aluminium, entre 0,010 et 0,014 % d'azote,
le reste étant du fer et des impuretés résiduelles inévitables, qui présente à l'état
vieilli un taux d'allongement A% satisfaisant la relation :

Rm étant la résistance maximale à la rupture de l'acier, exprimée en MPa.
1. Procédé de fabrication d'une bande d'acier à basse teneur en aluminium pour emballage,
dans lequel :
- on approvisionne une bande d'acier laminée à chaud comportant en poids entre 0,050
et 0,080 % de carbone, entre 0,25 et 0,40 % de manganèse, moins de 0,020 % d'aluminium,
entre 0,010 et 0,014% d'azote, le reste étant du fer et des impuretés résiduelles
inévitables,
- on effectue un premier laminage à froid de la bande,
- on soumet la bande laminée à froid à un recuit,
- on effectue éventuellement un laminage à froid secondaire,
caractérisé en ce que le recuit est un recuit continu dont le cycle comporte une
montée en température jusqu'à une température supérieure à la température de début
de transformation perlitique Ac
1, un maintien de la bande au dessus de cette température pendant une durée supérieure
à 10 secondes, et un refroidissement rapide de la bande jusqu'à une température inférieure
à 350°C à une vitesse de refroidissement supérieure à 100°C par seconde.
2. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que la bande est maintenue au
cours du recuit à une température comprise entre Ac1 et 800°C, pendant une durée de 10 secondes à 2 minutes.
3. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que la vitesse de refroidissement
est comprise entre 100°C par seconde et 500°C par seconde.
4. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que la bande est refroidie à une
vitesse supérieure à 100°C par seconde jusqu'à la température ambiante.
5. Tôle d'acier à basse teneur en aluminium pour emballage, comportant en poids entre
0,050 et 0,080 % de carbone, entre 0,25 et 0,40 % de manganèse, moins de 0,020 % d'aluminium,
entre 0,010 et 0,014 % d'azote, le reste étant du fer et des impuretés résiduelles
inévitables, fabriquée selon le procédé des revendications 1 à 4, caractérisé en ce
qu'elle présente à l'état vieilli un taux d'allongement A% satisfaisant la relation
:

Rm étant la résistance maximale à la rupture de l'acier, exprimée en MPa.
6. Tôle d'acier selon la revendication 5, caractérisée en ce que l'acier comporte du
carbone à l'état libre et/ou quelques carbures précipités à basse température, et
présente un nombre de grains par mm2 supérieur à 30000.