[0001] L'invention concerne le transport de naphta dans un oléoduc ("pipeline") de pétrole
brut.
[0002] Le naphta est l'un des produits de raffinage du pétrole dont l'intervalle distillatoire
se situe dans la zone de 50-180°C. Il est majoritairement constitué de paraffines,
normales et iso, et, dans une moindre mesure, de naphténiques (cycloparaffines). Les
produits oléfiniques et aromatiques y sont minoritaires. Dans les schémas de raffinage
et de valorisation du pétrole brut, cette coupe naphta est classiquement destinée
:
- au réformage, opération dans laquelle les paraffines et naphténiques sont transformés
en aromatiques à hauts indices d'octane, convenables pour entrer dans la formulation
des supercarburants ;
- au vapocraquage, opération clé de la chimie de base dans laquelle le naphta est craqué,
en présence de vapeur d'eau, vers 750-850°C en éthylène, propylène, butadiène, butènes,
benzène et autres produits moins recherchés. Cette opération est décrite en détail
dans le livre de A. Chauvel & Coll. Procédés de Pétrochimie Tome 1, page 131, éditions
Technip (1985).
[0003] Le vapocraqueur se compose essentiellement d'une "partie froide", dans laquelle les
produits issus de la réaction de craquage sont séparés par distillation et purifiés,
et d'une "partie chaude", dans laquelle ont lieu les réactions de craquage. Cette
partie chaude comprend :
- une zone de convection, dans laquelle les produits sont préchauffés de 120°C à environ
550°C par récupération des chaleurs sensibles des fours ;
- une zone de radiation, dans laquelle la température est élevée de 550°C à 750-850°C,
où a lieu le craquage proprement dit ;
- une zone de trempe, dans laquelle la température des produits de craquage est brutalement
abaissée de 750-850°C à environ 350-400°C au moyen d'échangeurs fonctionnant avec
de la vapeur.
[0004] Le naphta qui alimente le vapocraqueur ne doit pas contenir de produits lourds ou
de produits indistillables sous peine d'encrasser rapidement la zone de convection,
ou de coker la zone de trempe, incidents qui entraînent l'arrêt de l'unité pour nettoyage
ou décokage. Compte tenu des tailles très importantes de ces unités (quantités de
naphta traitées supérieures à 1,5 million de tonnes par an), de tels arrêts constituent
des handicaps économiques majeurs.
[0005] Le transport du naphta, et plus généralement le transport des produits pétroliers
raffinés, se fait dans des oléoducs dits "oléoducs de produits blancs". Un même oléoduc
est utilisé pour le transport de différents produits qui y sont injectés séquentiellement
par lots. A chaque interface entre lots différents, se forme une zone de mélange qui,
à l'arrivée, correspond à un produit pollué dit "contaminat", lequel - en principe
- doit être retraité avant son utilisation. Ce contaminat représente en moyenne 5
à 10% du lot total véhiculé dans l'oléoduc.
[0006] Les exploitants d'oléoduc connaissent et maîtrisent bien ce phénomène. Ainsi, pour
réduire les volumes de contaminats ou minimiser leurs retraitements, on peut par exemple
:
- éviter les arrêts de pompage qui entraînent des à-coups sur l'oléoduc ;
- rincer les stations de pompage pour éviter que les produits contenus dans les "bras
morts" ne se mélangent au produit principal ;
- faire des lots les plus importants possibles ;
- veiller à ce que deux lots qui se succèdent n'aient pas des viscosités trop différentes
;
- regrouper les lots de qualités voisines de manière à minimiser les retraitements :
ainsi, le contaminat entre un lot de fuel BTS (à basse teneur en soufre) et un lot
de fuel HTS (à haute teneur en soufre) pourra être affecté au fuel HTS sans retraitement.
De même, le contaminat entre un lot de kérosène et un lot de gas-oil sera affecté
au gas-oil.
[0007] Un problème beaucoup plus complexe à résoudre est le transport de produits raffinés
dans un oléoduc de pétrole brut. Les oléoducs de pétrole brut existent en général
avec de plus grands diamètres que les oléoducs de "produits blancs", et présentent
ainsi des capacités de transport beaucoup plus importantes, généralement sur de plus
grandes distances. Le transport de produits raffinés dans un oléoduc de pétrole brut
se fait ainsi à coût bien plus faible comparativement à ce qu'il est sur les oléoducs
de produits blancs. Par ailleurs, sur certains trajets, les oléoducs de produits blancs
n'existent pas toujours et l'utilisation d'un oléoduc de pétrole brut permet alors
d'économiser un investissement considérable. L'enjeu économique constitué par l'utilisation
d'oléoducs de pétrole brut pour le transport de produits raffinés est ainsi très important,
et c'est pourquoi ces oléoducs sont quelquefois utilisés pour cet usage malgré les
problèmes délicats de contamination qu'il faut résoudre.
[0008] Ainsi, pour éviter ou minimiser les contaminations aux interfaces, entre lots de
produits raffinés ou entre pétrole brut et produits raffinés, il y a lieu de prendre
les précautions déjà énumérées dans la description du transport séquentiel de produits
raffinés dans un oléoduc de produits blancs.
[0009] Cependant, le pétrole brut contient des produits fortement colorés, des paraffines
longues qui peuvent précipiter, des asphaltènes insolubles, des charges minérales,
tous facteurs qui entraînent dans le temps un dépôt sur les parois de l'oléoduc. Ce
dépôt peut relarguer des impuretés au passage d'un lot de produit raffiné, ce qui
constitue une nouvelle source de contamination qui atteint cette fois-ci le coeur
du lot. L'article intitulé "Batchinç, treating keys to moving refined products in
crude-oil line" de "
Oil and Gas Journal" du 5 octobre 1998, page 49, expose très bien l'ensemble du problème et les précautions
qu'il y a lieu de prendre pour minimiser les contaminations aux interfaces et aux
coeurs des lots. En particulier, l'utilisation de "racleurs" que l'on fait habituellement
circuler dans l'oléoduc avec le pétrole brut pour nettoyer périodiquement les parois
est à proscrire pendant le transport des produits raffinés, car elle augmente les
turbulences et accroît le niveau de contamination des lots.
[0010] Cet article indique une séquence typique de lots de produits raffinés qui peuvent
être transportés dans un oléoduc de pétrole brut : Brut - Diesel - Supercarburant
- Méthyl tert.-butyl éther (MTBE) - Supercarburant - Carburant pour avions (Jet A)
- Diesel - Brut.
[0011] Une fois toutes les précautions prises pour minimiser les pollutions, chacune des
interfaces des différents lots est détectée à l'arrivée par ultrasons et colorimétrie.
Pour chaque lot, la totalité est distillée, traitée sur oxyde de zinc et envoyée vers
le bac de produit fini correspondant. Les interfaces sont elles aussi distillées,
traitées sur ZnO et envoyées sur des bacs de produits déclassés, en attente de retraitement.
[0012] Le transport de lots de naphta n'est cependant pas du tout envisagé dans cet article
de
Oil & Gas Journal.
[0013] La Société déposante a maintenant découvert que le transport de naphta entre deux
lots de condensats dans un oléoduc de pétrole brut permettait de recueillir à l'arrivée
un lot de naphta très peu pollué, convenable pour alimenter directement, sans aucun
traitement, et en particulier sans distillation préalable, un vapocraqueur.
[0014] Contrairement au cas du transport des produits décrit dans l'article précité d'
Oil & Gas Journal, où lesdits produits sont systématiquement redistillés à l'arrivée pour éliminer les
pollutions apportées par le brut, la Société déposante a constaté que, de façon surprenante,
les lots de naphta transportés entre deux lots de condensats, n'avaient pas besoin
d'être redistillés avant d'alimenter le vapocraqueur.
[0015] La présente invention a donc pour objet un procédé d'acheminement d'un lot de naphta
dans un oléoduc dont la destination première est de transporter du pétrole brut, caractérisé
par le fait que l'on fait cheminer dans l'oléoduc ledit lot de naphta encadré par
des lots de condensats, à savoir un lot de condensat de tête et un lot de condensat
de queue, et, à l'arrivée, on récupère le lot de naphta entre un moment se situant
au plus tôt à la fin ou sensiblement à la fin du passage de la zone interface condensat
de tête/naphta et un moment se situant au plus tard au début ou sensiblement au début
de l'apparition de la zone interface naphta/condensat de queue.
[0016] Les condensats sont les hydrocarbures liquides séparés des gaz par condensation.
Il en existe deux classes, qui peuvent naturellement être utilisées dans le procédé
de l'invention :
- les condensats qui sont recueillis en tête de puits d'un champ gazier et dont la répartition
des hydrocarbures se traduit par une plage distillatoire allant d'environ 30°C à environ
200-350°C, le point final dépendant de la provenance du condensat considéré ; et
- les condensats qui sont recueillis dans les gaz associés à la production de pétrole
brut, encore appelés "natural gasolines", qui sont en moyenne plus légers que les
précédents et dont la répartition des hydrocarbures se traduit par une plage distillatoire
allant d'environ 30°C à environ 100-150°C.
[0017] Une description détaillée des principaux condensats commercialement accessibles dans
le monde peut être trouvée dans Poten and Partners "Condensates in World Commerce",
édition de 1993.
[0018] Par distillation, la plupart des condensats peuvent être immédiatement valorisés
en naphta, kérosène et gas oil, et souvent un condensat est caractérisé par sa composition
en chacun de ces trois produits. Par exemple, dans Poten and Partners, on peut lire
que la composition du condensat algérien HR720 (ex-Arzew) est la suivante (en % en
volume) :
| Produits légers C3-C5 |
15,6% |
| Naphta 100-180°C |
35,5% |
| Kérosène 165-235°C |
19,7% |
| Gas-oil 235-300°C |
12% |
[0019] On voit immédiatement tout l'intérêt que représente l'utilisation de condensats comme
"charges de protection" d'un lot de naphta transporté dans un oléoduc de pétrole brut
:
1 - Il s'est révélé qu'un lot de naphta encadré par deux charges de condensats pouvait
être transporté sur près de 1000 km dans un oléoduc de pétrole brut sans subir de
pollution notable et ainsi être directement utilisé comme charge de vapocraqueur ;
2 - Les zones d'interfaces précédemment décrites comme "contaminats", qui représentent
environ 5 à 10% des lots, peuvent être mélangées au condensat, lequel, de toute façon,
devait être distillé pour être valorisé ;
3 - La distillation pour valorisation des condensats permet de récupérer des quantités
supplémentaires importantes de produits légers et de naphta utilisables comme charges
de vapocraqueur.
[0020] Conformément à d'autres caractéristiques du procédé selon la présente invention,
- on utilise un lot de naphta dont la taille est aussi importante que possible en fonction
des approvisionnements disponibles ; la taille de ce lot doit être aussi importante
que possible pour minimiser la proportion relative des contaminats aux interfaces
; en pratique, cette taille est généralement comprise entre 9 000 et 45 000 m3 ;
- on utilise un lot de tête de condensat d'une taille au moins égale à 1 500 m3, notamment au moins égale à 4 000 m3 ; le lot de tête de condensat peut avoir une taille allant à plus de 50 000 m3 ;
- or. utilise un lot de queue de condensat d'une taille au moins égale à 1 500 m3 ;
- on utilise un lot de tête de condensat dont la taille est au moins égale à la taille
du lot de queue de condensat.
[0021] Ainsi, à quantité égale de condensat donné, on préfère toujours constituer un lot
de tête plus important. Typiquement, lorsqu'on dispose de 40 000 m
3 de condensats pour encadrer le naphta, on prendra communément 30 000 m
3 en tête et 10 000 m
3 en queue, et lorsque le lot de condensat disponible est limité, par exemple, de 7
000 m
3, on préférera constituer un lot de tête de 5 000 m
3 et un lot de queue de 2 000 m
3.
[0022] Conformément à un mode de réalisation particulier du procédé de l'invention :
- on injecte le lot de condensat de tête de volume donné par pompage dans l'oléoduc
de pétrole brut dont l'alimentation en pétrole brut a été arrêtée en amont, puis on
injecte le lot de naphta de taille donnée, et enfin le lot de condensat de queue de
taille donnée ;
- on remet ensuite en marche le pompage de pétrole brut ; et,
- à l'arrivée,
- on repère l'interface pétrole brut/condensat de tête ;
- on recueille alors dans un bac de condensat un volume au moins égal au volume de condensat
de tête, tout en repérant la zone interface condensat de tête/naphta, de façon à diriger
le flux de l'oléoduc vers les bacs de stockage de naphta au plus tôt lorsque la zone
interface condensat de tête/naphta est passée ;
- on repère la zone interface naphta/condensat de queue de façon à stopper le flux de
l'oléoduc vers les bacs de naphta et à le rediriger vers les bacs de stockage de condensat
au plus tard au début de l'apparition de la zone interface naphta/condensat de queue
;
- on recueille alors dans des bacs de condensats un volume au moins égal au volume de
condensat de queue, tout en repérant l'interface condensat de queue/pétrole brut.
[0023] Conformément à des modes de réalisation préférés du procédé selon la présente invention
:
- on repère les interfaces pétrole brut/condensat de tête et condensat de queue/pétrole
brut par densitométrie;
- on repère les zones interfaces condensat de tête/naphta et naphta/condensat de queue
par densitométrie et/ou par colorimétrie ;
- après apparition de l'interface pétrole brut/condensat, on recueille dans un bac de
condensat un volume égal au volume connu de condensat de tête injecté augmenté de
100 - 1000 m3, puis on met en service un colorimètre et on ne dirige le flux de l'oléoduc vers
les bacs de stockage de naphta que lorsque l'indice colorimétrique atteint une valeur
Ic fixée, correspondant à la pureté recherchée du naphta ;
- on repère l'arrivée de l'interface naphta/condensat de queue par un densimètre situé
en amont à une distance d (exprimée en m3), connue avec précision, de la station de réception des lots, le flux de l'oléoduc
vers les bacs de naphta étant stoppé pour être dirigé vers les bacs de condensats
dès l'apparition de cet interface au niveau de la station de réception des lots ou
quelques centaines de m3 auparavant, en tout état de cause dès que l'indice colorimétrique Ic commence à changer.
La distance d est évidemment supérieure à ces quelques centaines de m3.
- on achemine le naphta récupéré jusqu'à un vapocraqueur.
[0024] Les Exemples suivants illustrent la présente invention sans toutefois en limiter
la portée.
EXEMPLES 1 à 9
Mode opératoire général : transport de naphta dans un oléoduc de pétrole brut
[0025] Les essais de transport de naphta ont été effectués dans un oléoduc de pétrole brut
long de 700 km et 1,016 m (40 pouces) de diamètre, selon le procédé suivant :
(a) on a injecté par pompage dans l'oléoduc de pétrole brut, dont l'alimentation en
pétrole a été arrêtée en amont, un premier lot de condensat, dont la nature et la
taille sont indiquées pour chaque exemple dans le Tableau 1 ci-après ;
(b) on a injecté ensuite un lot de naphta dont la taille est, pour chaque exemple,
également indiquée dans le Tableau 1 ;
(c) on a injecté enfin un lot de condensat de queue, dont la taille est, pour chaque
exemple, également indiquée dans le Tableau 1 ;
(d) on a remis en marche le pompage du pétrole brut ; et
à l'arrivée :
(e) on a repéré par densitométrie l'interface pétrole brut/condensat de tête : la
densité des pétroles bruts varie entre environ 0,80 et environ 0,87, alors que la
densité des condensats est typiquement comprise entre environ 0,70 et environ 0,72
;
(f) on a alors recueilli dans un bac de condensat, un volume de contaminat + condensat,
égal au volume de condensat de tête injecté augmenté d'environ 500 m
3 ;
(g) on a alors mis en circuit un colorimètre, et on n'a dirigé le flux de l'oléoduc
vers les bacs de stockage de naphta que lorsque l'indice colorimétrique indiqué par
l'appareil était inférieur à 60 sur une échelle établie de la manière suivante :
| Indice Colorimétrique |
Naphta pur (litres) |
Pétrole brut IRANHY(IRH) d = 0,8704 (grammes) |
| 0 |
5 |
0 |
| 30 |
5 |
1,5 |
| 60 |
5 |
3,0 |
(h) on a repéré l'arrivée de l'interface naphta/condensat de queue par un densimètre
situé en amont à environ 10 000 m
3 de la station de réception des lots. On a stoppé le flux de l'oléoduc vers les bacs
de naphta pour le diriger vers les bacs de condensats dès l'apparition de cet interface
ou quelques centaines de m
3 avant, en tout état de cause dès que l'indice colorimétrique dépasse 60 ;
(i) on a détecté la fin de l'opération par l'apparition de l'interface condensat/pétrole
brut repéré par densitométrie.
[0026] Dans le Tableau 1 suivant, on a indiqué, pour chaque exemple, la quantité de naphta
récupéré, que l'on a envoyé sur le vapocraqueur, ainsi que la quantité de naphta déclassé,
qui est la quantité de naphta envoyé dans les bacs de condensats par suite de la pollution
aux interfaces.

1. Procédé de transport d'un lot de naphta dans un oléoduc dont la destination première
est de transporter du pétrole brut, caractérisé par le fait que l'on fait cheminer dans l'oléoduc le lot de naphta encadré par des lots de condensats,
à savoir un lot de condensat de tête et un lot de condensat de queue, et, à l'arrivée,
on récupère le lot de naphta entre un moment de situant au plus tôt à la fin ou sensiblement
à la fin du passage de la zone interface condensat de tête/naphta et un moment se
situant au plus tard au début ou sensiblement au début de l'apparition de la zone
interface naphta/condensat de queue.
2. Procédé selon la revendication 1,
caractérisé par le fait que l'on utilise un condensat choisi parmi :
- ceux qui sont recueillis en tête de puits d'un champ gazier et dont la répartition
des hydrocarbures se traduit par une plage distillatoire allant d'environ 30°C à environ
200-350°C ; et
- ceux qui sont recueillis dans les gaz associés à la production de pétrole brut et
dont la répartition des hydrocarbures se traduit par une plage distillatoire allant
d'environ 30°C à environ 100-150°C.
3. Procédé selon l'une des revendications 1 et 2, caractérisé par le fait que l'on utilise un lot de naphta dont la taille est aussi importante que possible en
fonction des approvisionnements disponibles.
4. Procédé selon la revendication 3, caractérisé par le fait que l'on utilise un lot de tête de condensat d'une taille au moins égale à 1500 m3, notamment au moins égale à 4000 m3.
5. Procédé selon l'une des revendications 1 à 4, caractérisé par le fait que l'on utilise un lot de queue de condensat d'une taille au moins égale à 1500 m3.
6. Procédé selon l'une des revendications 1 à 4, caractérisé par le fait que l'on utilise un lot de tête de condensat dont la taille est au moins égale à la taille
du lot de queue de condensat.
7. Procédé selon l'une des revendications 1 à 6,
caractérisé par le fait que :
- on injecte le lot de condensat de tête de volume donné par pompage dans l'oléoduc
de pétrole brut dont l'alimentation en pétrole brut a été arrêtée en amont, puis on
injecte le lot de naphta de taille donnée, et enfin le lot de condensat de queue de
taille donnée ;
- on remet ensuite en marche le pompage de pétrole brut ; et,
- à l'arrivée,
- on repère l'interface pétrole brut/condensat de tête ;
- on recueille alors dans un bac de condensat un volume au moins égal au volume de
condensat de tête, tout en repérant la zone interface condensat de tête/naphta, de
façon à diriger le flux de l'oléoduc vers les bacs de stockage de naphta au plus tôt
lorsque la zone interface condensat de tête/naphta est passée ;
- on repère la zone interface naphta/condensat de queue de façon à stopper le flux
de l'oléoduc vers les bacs de naphta et à le rediriger vers les bacs de stockage de
condensats au plus tard au début de l'apparition de la zone interface naphta/condensat
de queue ;
- on recueille alors dans des bacs de condensats un volume au moins égal au volume
de condensat de queue, tout en repérant l'interface condensat de queue/pétrole brut.
8. Procédé selon la revendication 7, caractérisé par le fait que l'on repère les interfaces pétrole brut/condensat de tête et condensat de queue/pétrole
brut par densitométrie.
9. Procédé selon l'une des revendications 7 et 8, caractérisé par le fait que l'on repère les interfaces condensat de tête/naphta et naphta/condensat de queue
par densitométrie et/ou colorimétrie.
10. Procédé selon l'une des revendications 7 à 9, caractérisé par le fait qu'après apparition de l'interface pétrole brut/condensat, on recueille dans un bac de
condensat un volume égal au volume connu de condensat de tête injecté augmenté de
100 - 1000 m3, puis on met en service un colorimètre et on ne dirige le flux de l'oléoduc vers
les bacs de stockage de naphta que lorsque l'indice colorimétrique atteint une valeur
Ic fixée, correspondant à la pureté recherchée du naphta.
11. Procédé selon l'une des revendications 7 à 10, caractérisé par le fait qu'on repère l'arrivée de l'interface naphta/condensat de queue par un densimètre situé
en amont à une distance d (exprimée en m3), connue avec précision, de la station de réception des lots, le flux de l'oléoduc
vers les bacs de naphta étant stoppé pour être dirigé vers les bacs de condensats
dès l'apparition de cet interface au niveau de la station de réception des lots ou
quelques centaines de m3 auparavant, en tout état de cause dès que l'indice colorimétrique
Ic commence à changer.
12. Procédé selon l'une des revendications 1 à 11, caractérisé par le fait que le naphta est acheminé jusqu'à un vapocraqueur.
1. Verfahren zur Beförderung einer Naphta-Menge in einer Ölleitung, deren primärer Verwendungszweck
die Beförderung von Rohöl ist, gekennzeichnet durch die Tatsache, dass diese Naphta-Menge eingerahmt zwischen Kondensatmengen durch die Ölleitung geschickt wird, nämlich einer Anfangskondensatmenge und einer Endkondensatmenge,
und dass beim Eintreffen die Naphta-Menge zwischen einem frühestens am Ende oder im
wesentlichen nach Durchlauf der Schnittstellenzone Anfangskondensat/Naphta gelegenen
Zeitpunkt und einem spätestens am Anfang oder im wesentlichen bei Erscheinen der Schnittstellenzone
Naphta/Endkondensat entnommen wird.
2. Verfahren nach Anspruch 1,
gekennzeichnet durch die Tatsache, dass ein Kondensat ausgewählt wird unter:
- solchen, die am Bohrlochkopf eines Gasfeldes aufgefangen werden und deren Kohlenwasserstoff-Verteilung
eine Destillationsspanne von etwa 30°C bis etwa 200 - 350°C besitzt; sowie
- solchen, die aus Gasen gewonnen werden, welche bei der Rohölerzeugung auftreten
und deren Kohlenwasserstoff-Verteilung eine Destillationsspanne von etwa 30°C bis
etwa 100 - 150°C besitzt.
3. Verfahren nach einem der Ansprüche 1 und 2, gekennzeichnet durch die Tatsache, dass eine Naphta-Menge verwendet wird, deren Größe ebenso wichtig wie
möglich ist in Abhängigkeit der verfügbaren Vorkommen.
4. Verfahren nach Anspruch 3, gekennzeichnet durch die Tatsache, dass eine Anfangskondensatmenge mit einer Größe von wenigstens 1500
m3, insbesondere von wenigstens 4000 m3 verwendet wird.
5. Verfahren nach einem der Ansprüche 1 bis 4, gekennzeichnet durch die Tatsache, dass eine Endkondensatmenge mit einer Größe von wenigstens 1500 m3 verwendet wird.
6. Verfahren nach einem der Ansprüche 1 bis 4, gekennzeichnet durch die Tatsache, dass eine Anfangskondensatmenge verwendet wird, deren Größe wenigstens
gleich derjenigen der Endkondensatmenge ist.
7. Verfahren nach einem der Ansprüche 1 bis 6,
gekennzeichnet durch die Tatsache, dass
- die Anfangskondensatmenge von vorgegebenem Volumen durch Pumpen in die Rohöl-Ölleitung eingespeist wird, in der die Rohölzufuhr stromaufwärts
eingestellt worden ist, worauf dann die Naphta-Menge von vorgegebener Größe und schließlich
die Endkondensatmenge von vorgegebener Größe eingespeist wird;
- anschließend das Pumpen des Rohöls wieder aufgenommen wird; und
- beim Eintreffen:
- die Schnittstelle Rohöl/Anfangskondensat ermittelt wird;
- sodann in einem Kondensat-Lagertank eine Menge aufgefangen wird, die mindestens
der Menge des Anfangskondensats entspricht, wobei die Schnittstellenzone Anfangskondensat/Naphta
überwacht wird, um so erst dann den Fluss in der Ölleitung in die Naphta-Lagertanks
zu lenken, frühestens wenn die Schnittstelle Anfangskondensat/Naphta durchgelaufen
ist;
- die Schnittstellenzone Naphta/Endkondensat überwacht wird, um so den Fluss der Ölleitung
in die Naphta-Lagertanks zu unterbrechen und ihn spätestens zu Beginn des Erscheinens
der Schnittstellenzone Naphta/Endkondensat zu den Kondensat- Lagertanks umzuleiten;
- sodann in einem Kondensat-Lagertank eine Menge. aufgefangen wird, die mindestens
der Menge des Endkondensats entspricht, wobei die Schnittstellenzone Endkondensat/Rohöl
überwacht wird.
8. Verfahren nach Anspruch 7, gekennzeichnet durch die Tatsache, dass die Schnittstellen Rohöl/Anfangskondensat und Endkondensat/Rohöl
durch Densitometrie ermittelt werden.
9. Verfahren nach einem der Ansprüche 7 und 8, gekennzeichnet durch die Tatsache, dass die Schnittstellen Anfangskondensat/Naphta und Naphta/Endkondensat
mittels Densitometrie und/oder Kolorimetrie ermittelt werden.
10. Verfahren nach einem der Ansprüche 7 bis 9, gekennzeichnet durch die Tatsache, dass nach Eintreffen der Schnittstelle Rohöl/Kondensat in einem Kondensat-Lagertank
eine Menge aufgefangen wird, die dem bekannten Volumen des eingespeisten Anfangskondensats
zuzüglich einem Volumen von 100 - 1000 m3 entspricht, dass sodann ein Kolorimeter eingesetzt wird und der Fluss der Rölleitung
erst dann in die Naphta-Lagertanks geleitet wird, wenn der kolorimetrische Index einen
bestimmten Wert Ic erreicht, welcher der angestrebten Reinheit des Naphta entspricht.
11. Verfahren nach einem der Ansprüche 7 bis 10, gekennzeichnet durch die Tatsache, dass das Eintreffen der Schnittstelle Naphta/Endkondensat mittels eines
in einem genau bekannten Abstand d (ausgedrückt in m3) stromaufwärts von der Mengen-Empfangsstation installierten Densitometers ermittelt
wird, wobei der Fluss von der Ölleitung in die Naphta-Lagertanks unterbrochen und
in die Kondensat-Lagertanks geleitet wird beim Eintreffen der Schnittstelle auf Höhe
der Mengen-Empfangsstation oder einige hundert m3 zuvor; auf jeden Fall, sobald der kolorimetrische Index Ic sich zu ändern beginnt.
12. Verfahren nach einem der Ansprüche 1 bis 11, gekennzeichnet durch die Tatsache, dass das Naphta bis zu einem Dampfkracker geleitet wird.
1. Process for the transportation of a batch of naphtha in a pipeline, the prime purpose
of which is to transport crude oil, characterized in that the batch of naphtha, bracketed by batches of condensates, namely a head batch of
condensate and a tail batch of condensate, is conveyed in the pipeline and, on arrival,
the batch of naphtha is recovered between a point in time at the earliest at the end
or substantially at the end of the passage of the head condensate/naphtha interface
region and a point in time at the latest at the beginning or substantially at the
beginning of the appearance of the naphtha/tail condensate interface region.
2. Process according to Claim 1,
characterized in that use is made of a condensate chosen from:
- those which are collected at well heads in a gas field and for which the distribution
of the hydrocarbons is reflected by a distillation range from approximately 30°C to
approximately 200-350°C; and
- those which are collected in the gases associated with the production of crude oil
and for which the distribution of the hydrocarbons is reflected by a distillation
range from approximately 30°C to approximately 100-150°C.
3. Process according to either of Claims 1 and 2, characterized in that use is made of a batch of naphtha which is as big as possible according to the available
supplies.
4. Process according to Claim 3, characterized in that use is made of a head batch of condensate at least equal to 1500 m3 in size, in particular at least equal to 4000 m3 in size.
5. Process according to one of Claims 1 to 4, characterized in that use is made of a tail batch of condensate at least equal to 1500 m3 in size.
6. Process according to one of Claims 1 to 4, characterized in that use is made of a head batch of condensate at least equal to the tail batch of condensate
in size.
7. Process according to one of Claims 1 to 6,
characterized in that:
- the head batch of condensate with a given volume is injected by pumping into the
crude oil pipeline, the crude oil feed of which has been halted upstream, then the
batch of naphtha with a given size is injected and, finally, the tail batch of condensate
with a given size is injected ;
- the pumping of crude oil is subsequently resumed ; and
- on arrival,
- the crude oil/head condensate interface is located ;
- a volume at least equal to the volume of head condensate is then collected in a
condensate tank, while locating the head condensate/naphtha interface region, so as
to direct the flow of the pipeline to the naphtha storage tanks at the earliest when
the head condensate/naphtha interface region has been passed ;
- the naphtha/tail condensate interface region is located, so as to halt the flow
of the pipeline to the naphtha tanks and to redirect it to the condensate storage
tanks at the latest at the beginning of the appearance of the naphtha/tail condensate
interface region ;
- a volume at least equal to the volume of tail condensate is then collected in condensate
tanks, while locating the tail condensate/crude oil interface.
8. Process according to Claim 7, characterized in that the crude oil/head condensate and tail condensate/crude oil interfaces are located
by densitometry.
9. Process according to either of Claims 7 and 8, characterized in that the head condensate/naphtha and naphtha/tail condensate interfaces are located by
densitometry and/or colorimetry.
10. Process according to one of Claims 7 to 9, characterized in that, after the appearance of the crude oil/condensate interface, a volume equal to the
known volume of head condensate injected increased by 100-1000 m3 is collected in a condensate tank, then a colorimeter is brought online and the flow
of the pipeline is only directed to the naphtha storage tanks when the colorimetric
index reaches a set CI value corresponding to the purity desired for the naphtha.
11. Process according to one of Claims 7 to 10, characterized in that the arrival of the naphtha/tail condensate interface is located by a densimeter situated
upstream at a distance d (expressed in m3), known with accuracy, from the point for receiving the batches, the flow of the
pipeline to the naphtha tanks being halted in order to be directed to the condensate
tanks from the appearance of this interface at the point for receiving the batches
or a few hundred m3 beforehand and in any case as soon as the colorimetric index CI begins to change.
12. Process according to one of Claims 1 to 11, characterized in that the naphta is dispatched to a steam cracker.