Domaine de l'invention
[0001] La présente invention concerne un procédé de traitement des betteraves sucrières.
Le procédé comprend le traitement des betteraves sucrières entières ou en morceaux
avec un champ électrique, suivi par une extraction et/ou un pressage. Le procédé combine
des conditions douces de traitement des betteraves sucrières avec un rendement élevé
en sucre contenant une faible quantité de sous-produits.
Arrière-plan de l'invention
[0002] Les procédés classiques d'extraction du sucre à partir des betteraves sucrières comportent
un certain nombre d'étapes principalement physiques. Etant donné que les betteraves
sucrières ont approximativement la même densité que l'eau, on les déplace des piles
de stockage à l'usine dans des canaux d'amenée d'eau. Ces canaux d'amenée d'eau contiennent
des dispositifs d'élimination des cailloux, des dispositifs pour séparer les déchets
de la végétation, et des dispositifs pour laver les betteraves. Une fois lavées, on
découpe les betteraves en cossettes, qui sont de longues lamelles (rubans) minces
en forme de V ou de section carrée. Typiquement, les rubans ont de 2 à 3 mm d'épaisseur
et 15 cm de longueur. Le sucre, qui forme entre 10 et 22% de l'ensemble de la betterave,
est extrait des cossettes dans un diffuseur. On extrait les cossettes avec de l'eau
dans laquelle le sucre se dissout. On conduit le processus d'extraction de façon continue
dans un mode à contre-courant. Généralement, on procède à l'extraction en faisant
s'écouler de l'eau chaude à travers la masse de la betterave à une température allant
jusqu'à 85°C. On choisit la température d'une manière à extraire le maximum de sucre
sans en même temps extraire une grande quantité d'impuretés. Les lamelles qui sont
écartées ne contiennent de préférence plus beaucoup de sucre. D'un autre côté, il
est souhaitable d'avoir aussi peu que possible de composés non sucrés dans l'eau d'extraction
afin de réduire au minimum les étapes de purification ultérieures.
[0003] Il convient de trouver un optimum entre le rendement et la pureté. Après l'extraction,
on presse les lamelles afin de recueillir la plus grande partie de l'eau d'extraction
qui autrement serait laissée dans la pulpe et qui contient également du sucre.
[0004] Le sucre dans la betterave sucrière est contenu dans les cellules parenchymateuses.
Ces cellules sont principalement constituées d'une grande vacuole contenant le saccharose
entourée d'une paroi cellulaire constituée en quantités approximativement égales de
cellulose et de protopectine. Les parois de la vacuole sont recouvertes de protéines.
Lorsqu'on chauffe, les protéines coagulent. L'extraction du sucre des lamelles de
betterave sucrière n'est possible que lorsque les cellules sont perméabilisées. On
effectue généralement la perméabilisation en chauffant l'eau d'extrusion à environ
75°C. Comme autres procédés de perméabilisation, il faut mentionner le traitement
chimique ou la congélation. On peut extraire plus d'un tiers du jus de betterave sans
chauffer de manière substantielle, c'est-à-dire sans perméabilisation. Ceci est dû
à la rupture des membranes cellulaires au cours du tranchage et à l'effet de la pression
aboutissant à briser encore les cellules et à libérer du fluide au cours de l'étape
de pressage.
[0005] On sait traiter les cellules biologiques ou leurs agglomérats, c'est-à-dire les tissus
ou organes, avec des champs électriques afin de les perméabiliser. Ce procédé est
connu sous le nom de Champ Electrique à Haute Pulsation (CEHP). Ce procédé est utilisé
par exemple pour faciliter l'absorption de l'ADN par les cellules végétales dans le
domaine de la biologie moléculaire.
[0006] On observe qu'on peut facilement suivre une augmentation de perméabilité en mesurant
l'augmentation de conductivité du milieu. On trouve également que l'augmentation de
l'intensité du champ électrique aboutit à une perméabilité accrue.
[0007] La demande de brevet allemand N° DE 3 733 927 décrit l'utilisation de l'électroperméabilisation
pour l'isolement de métabolites secondaires à partir de cultures végétales. L'invention
décrite dans cette demande de brevet allemand concerne la perméabilisation des membranes
de cellules, qui sont mises en suspension et que l'on cultive sous une forme "libre".
Spécifiquement, il est mentionné que l'on sort les agglomérats cellulaires du milieu
par tamisage.
[0008] D'autres applications du CEHP ont été mentionnées. Une augmentation du rendement
en jus au cours de la préparation de jus de pomme et de jus de raisin a été signalée
par Flaumenbaum (Flüss. Obst 35 : 19-20 (1968)). Le procédé est mentionné dans cet
article sous le nom d'électro-plasmolyse. Geulen et al. (ZFL 45 : 24-27 (1994)) ont
entrepris des recherches sur le prétraitement de carottes par un moyen électrique.
[0009] La demande internationale WO 96/09412 décrit le traitement de morceaux de betteraves
par un champ électrique de très faible voltage et de très haute fréquence pendant
60 minutes, ce qui a pour effet de chauffer les morceaux de betteraves à plus de 55°C.
[0010] La demande de brevet russe SU 1521439 décrit un traitement par champ électrique appliqué
à des betteraves sucrières coupées en tranches et prépressées.
[0011] La demande de brevet russe SU 1 192 370 décrit un procédé d' extraction de sucre
à partir de cossettes de betterave, qui consiste à appliquer aux cossettes un champ
électrique de faible voltage.
[0012] La référence Bazhal et al. ("Quality of diffusion juice prepared by an electrochemical
method",
Sakh. Prom-st., 1982, 10, 42-43) concerne une électrodiffusion dans laquelle les cossettes de betteraves
subissent un champ électrique de très faible voltage.
[0013] Le découpage en tranches avant l'application du CEHP aboutit à un jus sucré nécessitant
une purification plus poussée.
[0014] On a en outre signalé qu'étant donné leur effet de perméabilisation des membranes
cellulaires, les fortes impulsions de champ électriques détruisent les micro-organismes.
Les CEHP sont donc également utilisés pour la stérilisation des aliments destinés
à l'homme ou aux animaux.
[0015] Les avantages d'un tel procédé tiennent au fait qu'il n'est pas besoin d'ajouter
de produits chimiques, à ce que la perméabilisation est réalisée à la température
ambiante et à ce que les durées de traitement sont relativement courtes.
Résumé de l'invention.
[0016] L'invention décrit un procédé pour l'extraction de sucre à partir de betteraves sucrières
entières ou en morceaux, caractérisé en ce que
a) on traite des betteraves sucrières ou de gros morceaux de ces betteraves sucrières
dans l'eau avec des impulsions de champ électrique, consistant en fortes impulsions
de champ électrique de 0,5 à 40 kV/cm et de 0,025 à 5 µF et de 1 à 2000 impulsions,
les betteraves sucrières ou les gros morceaux de ces betteraves ayant au moins les
dimensions suivantes au cours de l'application d'un champ électrique, 2 x 10 x 10
cm (sous forme de bloc) ou 2 x 10 cm (sous forme de cylindre),
b) on extrait et/ou on presse les betteraves sucrières ou les morceaux de ces betteraves
sucrières à une température comprise entre 0 et 45°C.
[0017] Les betteraves sucrières sont utilisées entières. Etant donné la variabilité de leur
format, il peut être nécessaire de réduire la taille des betteraves. Dans un tel cas,
on découpe ou on tranche les betteraves, mais les morceaux sont maintenus aussi gros
que possible.
[0018] L'invention précise l'utilisation des CEHP sur des morceaux de betteraves sucrières
ayant au moins les dimensions suivantes au cours de l'application d'un champ électrique,
2 x 10 x 10 cm (sous forme de bloc) ou de 2 x 10 cm (sous forme de cylindre).
[0019] Facultativement, et pour améliorer la possibilité d'une extraction plus poussée de
la matière de la betterave sucrière, on découpe en tranches ou on broie les betteraves
sucrières ou de grandes parties de ces betteraves après le traitement CEHP qui est
antérieur à l'extraction et/ou au pressage.
[0020] Sous un autre aspect de l'invention, le procédé de traitement CEHP est réalisé au
cours du transport des betteraves dans les canaux d'amenée ou après lavage et/ou découpage
des betteraves.
[0021] Un autre objet de l'invention est que le traitement CEHP réduise le nombre de micro-organismes
viables qui croissent sur le sucre ou la pulpe de betterave. Ceci a pour effet d'accroître
la durée possible de stockage du produit du traitement CEHP avant que le sucre ne
soit cristallisé.
[0022] Un autre objet de l'invention est qu'avant ou après le traitement CEHP entre 0,5
et 40 kV/cm, on effectue un traitement avec des impulsions de l'ordre de 20 à 70 kV/cm
afin d'inactiver les micro-organismes qui sinon pourraient facilement croître sur
le sucre ou les betteraves.
[0023] Le pressage suivant l'extraction se caractérise en ce qu'on traite le matériau de
la façon suivante :
a) pressage entre 2 et 30 MPa,
b) remise en suspension du matériau dans l'eau, et facultativement,
c) au moins une répétition des étapes a) et b).
[0024] On effectue également le pressage à une pression nécessitant l'utilisation d'une
bien moindre quantité d'eau. Ceci aboutit à un volume final plus faible ; dans un
tel cas la remise en suspension dans l'étape b) se fait dans de l'eau à 1:0,25 (matériau
de betterave:eau), et le pressage est répété une fois à 30 MPa pendant 15 minutes.
[0025] Il est à noter que le procédé selon l'invention peut aussi s'appliquer à l'isolement
de l'inuline à partir de plantes Cichorium intybus.
Brève description des figures
[0026]
La figure 1 montre le degré de perméabilisation de cylindres de betteraves sucrières
en fonction de la tension des impulsions (Zp = 1 correspond à une perméabilisation
complète des cellules).
La figure 2 montre le degré de perméabilisation de cylindres de betteraves sucrières
en fonction du nombre d'impulsions.
La figure 3 montre le degré de perméabilisation de cylindres de betteraves sucrières
en fonction de la capacité du condensateur.
La figure 4 montre le degré de perméabilisation de cylindres de betteraves sucrières
en fonction de la fréquence des impulsions.
La figure 5 montre le degré de perméabilisation de cylindres de betteraves sucrières
en fonction de la conductivité du milieu d'immersion.
La figure 6 montre le degré de perméabilisation de cylindres de betteraves sucrières
en fonction de la température pour des betteraves non traitées et une seule valeur
pour des betteraves traitées avec 20 impulsions de 10 kV (1 Hz, capacité du condenseur
5 µF).
La figure 7 montre l'influence d'un traitement thermique d'une heure sur la texture
de cylindres de betteraves traitées par CEHP et à la chaleur.
La figure 8 montre l'influence d'un traitement CEHP par comparaison avec le traitement
thermique sur le pourcentage en poids de matière sèche (Brix), la pureté et la teneur
en saccharose du jus brut après extraction continue.
La figure 9 montre l'influence d'un traitement CEHP par comparaison avec le traitement
thermique sur le pourcentage en poids de matière sèche, la pureté et la teneur en
saccharose du jus pressé après extraction continue.
La figure 10 montre l'influence d'un traitement CEHP par comparaison avec le traitement
thermique sur le pourcentage en poids de matière sèche, la pureté et la teneur en
saccharose du jus extrait après trois extractions.
La figure 11 montre l'influence d'un traitement CEHP par comparaison avec le traitement
thermique sur la pureté et la teneur en saccharose du jus pressé après trois extractions.
La figure 12 montre l'influence du traitement CEHP à 20°C sur le jus brut après trois
extractions de minces tranches de betterave.
La figure 13 montre l'influence du traitement CEHP sur le rendement en saccharose
après une extraction en une seule étape.
La figure 14 montre l'influence du CEHP et de tranches de betteraves traitées à la
chaleur, pressées et ayant subi une extraction, sur le séchage.
La figure 15 montre le rendement et la pureté du jus de tranches de betteraves pressées
trois fois.
La figure 16 montre le rendement et la pureté du jus de tranches de betteraves pressées
deux fois.
La figure 17 montre le rendement et la pureté du jus de tranches minces de betteraves
pressées deux fois.
La figure 18 montre le rendement et la pureté du jus de matériau de betteraves broyé
et pressé deux fois.
La figure 19 montre le rendement et la pureté du jus de tranches de betteraves pressées
une fois.
La figure 20 montre le rendement et la pureté du jus de minces tranches de betteraves
pressées une fois.
La figure 21 montre le rendement et la pureté d'un matériau de betteraves broyé et
pressé une fois.
La figure 22 montre le temps de séchage de la pulpe résiduelle obtenue après traitement
CEPH selon l'invention par rapport à une pulpe résiduelle obtenue après traitement
selon le procédé thermique classique d'extraction de l'art antérieur.
Description détaillée de l'invention
[0027] La présente invention décrit un procédé avantageux pour l'extraction du sucre à partir
de betteraves sucrières ou de morceaux de ces betteraves sucrières. Le procédé se
caractérise en ce que
a) on traite des betteraves sucrières ou de gros morceaux de ces betteraves dans l'eau
avec des impulsions de champ électrique,
b) on extrait et/ou on presse la betterave sucrière traitée ou des morceaux de cette
betterave.
[0028] Il peut être intéressant de découper en tranches ou de broyer les betteraves ou morceaux
de betteraves avant extraction. L'extraction est conduite à une température inférieure
à 45°C, et de préférence la température est comprise entre 0 et 45°C.
[0029] Les betteraves sucrières sont utilisées entières. Etant donné la variabilité du format,
il peut être nécessaire de réduire la taille des betteraves. Dans un tel cas, on découpe
ou on réduit en tranches les betteraves, dont on maintient cependant les morceaux
aussi gros que possible. L'invention montre l'utilisation du CEHP sur des morceaux
de betterave sucrière ayant au moins les dimensions suivantes au cours de l'application
d'un champ électrique, 2 x 10 x 10 cm (sous forme de bloc) ou 2 x 10 cm (sous forme
de cylindre) ou des dimensions similaires sous n'importe quelle autre forme. Il convient
de reconnaître que la taille des morceaux de betteraves sucrières dépend de la taille
de l'équipement disponible pour le traitement CEHP.
[0030] La taille des betteraves, que l'on peut traiter, dépend également de l'intensité
du champ et de l'homogénéité du champ électrique que l'on peut produire. Le fait de
couper et de réduire en tranches le matériau aboutit à la libération de quantités
déjà importantes de sucre. Cependant, la rupture des vacuoles et des membranes aboutit
à une quantité élevée d'impuretés indésirables dans le sucre que l'on obtient finalement,
et par conséquent, on préfère maintenir les betteraves ou les morceaux de betteraves
aussi grosses que possibles.
[0031] Le champ électrique est de préférence appliqué sous forme d'impulsions. Les impulsions
sont d'au moins 0,5 kV et sont de préférence comprises entre 0,5 et 40 kV/cm, la valeur
exacte dépendant du milieu et du type d'équipement utilisé. On a obtenu de bons résultats
avec des impulsions comprises entre 1 et 4 kV/cm. On a trouvé en outre que les impulsions
doivent être appliquées à une fréquence d'au moins 5 impulsions par seconde ou en
un nombre total de 20 à 40 impulsions. Si l'on utilise de faibles tensions, il est
également possible d'augmenter le nombre d'impulsions à 2000/secondes ou même plus.
[0032] Un autre résultat de l'invention est que le traitement CEHP réduit le nombre de micro-organismes
viables, qui croissent dans la solution de sucre ou sur la pulpe de la betterave.
Ceci a pour effet d'accroître la durée de stockage possible du produit du traitement
CEHP avant cristallisation du sucre.
[0033] L'invention a également pour objectif d'administrer avant ou après le traitement
CEHP entre 0,5 et 40 kV/cm un traitement avec des impulsions de l'ordre de 20 à 70
kV/cm afin d'inactiver les micro-organismes qui autrement peuvent facilement croître
sur le sucre ou les betteraves. L'inactivation de micro-organismes et les conditions
nécessaires pour le faire ont été examinées par Wouters, P.C. et J.P.P.M., Smelt dans
Food Biotechnology 11(3) 193-229 (1997).
[0034] Le traitement CEHP est réalisé au cours du transport des betteraves dans les canaux
d'amenée ou après lavage et/ou découpage des betteraves.
[0035] La capacité du condensateur utilisé dans les présentes expériences est comprise entre
0,025 et 5,0 µF. L'application industrielle de l'invention nécessite l'adaptation
du condensateur et du générateur d'impulsions, et ceci dépend du type d'équipement
utilisé et du débit de matériau que l'on doit traiter.
[0036] Il est montré dans l'exemple 1 que le degré de perméabilisation s'accroît avec le
nombre et la fréquence des impulsions, l'intensité des impulsions, la capacité du
condensateur et la conductivité du milieu d'immersion. La température et le format
de la betterave ou des tranches de betteraves jouent également un rôle. Si l'on prend
tous ces paramètres en compte, cela signifie que les valeurs optimales d'un paramètre
dépendent de la valeur fixée des autres paramètres.
[0037] Pour augmenter la perméabilisation au lieu du chauffage du processus classique, on
peut donner un plus grand nombre d'impulsions, et au lieu d'augmenter le nombre d'impulsions
on peut accroître leur intensité. Tous ces cas donnent des résultats similaires.
[0038] Il est en outre montré dans l'exemple 1 que le degré de perméabilisation obtenu avec
le traitement CEHP (10 kV, 5 µF, 20 impulsions, 1 Hz, 20°C) est égal au degré que
l'on obtient avec un traitement thermique à 72°C. Cela signifie que l'on doit utiliser
beaucoup moins d'énergie et que la durée du processus est considérablement diminuée
par application du traitement CEHP. La mesure de la texture montre que le traitement
CEHP aboutit à une texture plus lisse du produit de betterave sucrière.
[0039] Le procédé CEHP peut être réalisé à n'importe quelle température désirable. La température
est choisie d'une manière que les résultats en termes de rendement et de pureté sont
élevés tandis qu'en même temps les besoins en énergie sont faibles et la durée du
traitement est également faible.
[0040] Le procédé CEHP est réalisé à la température des betteraves et de l'eau qui prévaut
au moment de la campagne d'extraction du sucre. En pratique la temperature peut donc
se situer entre 0°C ou une température voisine à laquelle le matériau ne se congèle
pas et une température avoisinant 30°C.
[0041] L'extraction et le pressage qui suivent sont réalisés à la même température, bien
qu'une température augmentée allant jusqu'à 45°C donne également de bons résultats.
On peut utiliser des températures allant jusqu'à 75°C, ce qui est la température classique
de l'extraction. Cependant dans ce dernier cas une partie des économies d'énergie
que l'on obtient en réalisant le procédé CEHP est perdue.
[0042] L'exemple 2 montre que le traitement CEHP avant découpage en tranches aboutit à une
quantité un peu plus faible de saccharose dans le fluide d'extraction après extraction
continue. Cependant, une plus grande quantité de fluide est extraite de la pulpe par
pression si bien que l'extractabilité est égale. Une extraction en trois étapes abouti
à une extractabilité plus élevée de la pulpe traitée par CEHP et à une plus grande
récupération de jus. Lorsqu'on broie finement les tranches, il apparaît que le matériau
traité par CEHP devient presque complètement extractible.
[0043] Même après une extraction en une seule étape (exemple 4) il apparaît que l'extractabilité
des betteraves sucrières traitées avec le CEHP est plus élevée que pour le matériau
non traité. Après traitement CEHP le saccharose est recueilli beaucoup plus rapidement
par pressage que lorsque le matériau n'est pas traité.
[0044] L'exemple 6 montre que la différence d'extractabilité entre les betteraves sucrières
traitées par CEHP et non traitées est beaucoup plus prononcée lorsque les tranches
ont une plus grande taille. L'exemple 7 confirme ce fait pour un pressage unique.
Il s'ensuit que le CEHP aboutit généralement à améliorer l'extractabilité.
[0045] On peut utiliser un moindre nombre d'étapes d'extraction et le pressage pour obtenir
la même quantité de sucre, ou bien on obtient une plus grande quantité de sucre si
le traitement est maintenu identique. On trouve que l'on peut obtenir de bons résultats
lorsque le pressage est suivi par une remise en suspension et un autre pressage. Ce
procédé peut être répété plusieurs fois, aboutissant à un rendement accru et naturellement
à une plus faible quantité de sucre laissée dans la pulpe de betterave restante. Dans
un tel cas le traitement après les impulsions de champ électrique est le suivant.
Le matériau traité par impulsions de champs électriques est traité de la façon suivante
:
a) pressage entre 2 et 5 MPa pendant 5 minutes,
b) remise en suspension du matériau dans l'eau (1:1 p/p) et
c) répétition au moins une fois des étapes a) et b).
[0046] On trouve en outre que la remise en suspension dans l'eau est également possible
dans une plus faible quantité d'eau et que ceci donnerait des résultats similaires
à condition que le pressage ultérieur soit effectué à une pression plus élevée, pouvant
aller jusqu'à 30 MPa. Dans un tel cas, la quantité d'eau utilisée pour la remise en
suspension peut n'être qu'un quart de la quantité utilisée lorsque le pressage est
fait à une pression plus faible.
[0047] En fait on obtient des résultats satisfaisants lorsqu'on presse une fois à 30 MPa
pendant 15 minutes les morceaux de betteraves sucrières prétraitées.
[0048] On trouve que les morceaux de betteraves sucrières prétraitées par CEHP peuvent être
pressés aussi bien que les betteraves finement découpées non traitées.
[0049] Bien que dans certains cas on trouve que l'extractabilité des tranches soit plus
faible après traitement CEHP, on voit également que cet effet est largement compensé
par l'accroissement de l'aptitude au pressage. Globalement ceci aboutit à un degré
d'extraction presque identique.
[0050] Le procédé de traitement des betteraves sucrières décrit dans l'invention aboutit
à l'extraction à partir de la betterave sucrière d'une quantité au moins égale de
saccharose lorsqu'on compare avec le procédé d'extraction classique, et l'on montre
également que dans certaines conditions la quantité de saccharose est plus élevée
que ce qu'on obtient par extraction classique. Cependant le procédé est beaucoup plus
rapide et nécessite beaucoup moins d'énergie. Le procédé de l'invention nécessite
une durée allant de moins de 1 à 5 secondes et un apport d'énergie d'environ 12 kJ/kg.
En augmentant la fréquence des impulsions, on obtient beaucoup plus rapidement l'apport
d'énergie requis et la durée du traitement se raccourcit donc. Avec un équipement
approprié, il est même possible d'arriver à 2000 impulsions/seconde. La température
de traitement est comprise entre 0 et 45°C, ce qui nécessite beaucoup moins d'apport
d'énergie que le chauffage à 75°C. Noter que le chauffage de 25 à 75°C nécessite environ
20 kJ/kg d'eau.
[0051] La quantité totale d'eau peut également être beaucoup plus faible. Du point de vue
procédé, on peut utiliser l'eau de transport des betteraves sucrières comme milieu
dans lequel on effectue le traitement CEHP. Lorsqu'après le traitement on presse directement
les betteraves, on maintient à un faible niveau la quantité d'eau dans laquelle le
saccharose est dissous. La conductivité du milieu est également importante. La conductivité
du milieu doit être inférieure à celle de la betterave sucrière afin d'obtenir l'effet
électrique désiré. Pour y parvenir, il doit être nécessaire de diluer l'eau ou d'ajouter
certains sels à l'eau. La pureté du produit est plus élevée car les cellules sont
devenues plus perméables sans briser le matériau cellulaire. De plus, on trouve qu'après
traitement CEHP la pulpe résiduelle peut être séchée beaucoup plus rapidement que
la pulpe traitée à la chaleur.
[0052] Des exemples donnés ci-après (voir notamment les tableaux 1,2,4,9,10 et 11), il ressort
que le taux de matière sèche Ts(%) est supérieur lorsque le traitement CEHP est appliqué
par rapport au cas où ce traitement n'est pas appliqué. Ceci indique que lorsque la
pulpe pressée résiduelle est séchée après le traitement de pressage, la quantité d'eau
devant être évaporée est inférieure et le coût énergétique est par conséquent également
plus faible.
[0053] Dans les applications où de la pulpe sèche est nécessaire ou pour lesquelles de la
pulpe à taux élevé en matière sèche est nécessaire, ceci constitue un avantage important.
Il est illustré à la figure 22 où l'on voit que grâce au traitement CEHP, 30% en plus
de jus est pressé, et que le temps de séchage est ensuite environ de moitié.
[0054] Ainsi, selon un autre aspect, la présente invention vise également un procédé pour
augmenter le taux de matière sèche de pulpe de betteraves sucrières obtenue après
extraction et/ou pressage, caractérisé en ce qu'il comprend une étape de traitement
des betteraves sucrières ou de morceaux de celles-ci dans l'eau avec des impulsions
de champ électrique.
Partie expérimentale
I. Matériaux
a) Betteraves sucrières
[0055] Les betteraves sucrières utilisées dans tous les exemples qui suivent sont récoltées
en décembre (1996) et conservées dans un silo jusqu'à février (1997). Les betteraves
sont alors soit immédiatement utilisées pour des expériences en continu, soit lavées
et conservées, pendant une durée allant jusqu'à 6 semaines, à 4°C avant l'emploi.
b) Générateurs d'impulsions de champ électrique
[0056] Les fortes impulsions de champ électrique sont engendrées en utilisant une unité
ELSTERIL (société Herrfurt, Hambourg, Allemagne). On engendre les impulsions avec
les trois composants suivants : un générateur haute tension (5-15 kV), trois condensateurs
de C = 0,5, 1,0 ou 3,5 µF, qui de par leur liaison en parallèle peuvent être utilisés
de façon additive, et un générateur d'impulsions pour des impulsions de 1 à 22 Hz.
On effectue les mesures dans des cuvettes de Plexiglas dans lesquelles les électrodes
sont espacées de 2 ou 3,8 cm.
c) Autre équipement
[0057] Pour presser la pulpe, on utilise une presse à piston hydraulique de type LM (société
Seifert KG, Rastatt, Allemagne).
II. Modes opératoires
II.A. Extraction
a) Extraction en continu
[0058] Pour l'extraction en direct, on lave les betteraves sucrières avec de l'eau du robinet
et on les découpe en tranches en forme de V ayant une longueur de 8 à 12 cm, des côtés
d'environ 5 mm et une épaisseur de 12 mm. Pour le traitement CEHP, on découpe tout
d'abord les betteraves en blocs (de 3,8 x 10 x 10-15 cm) ou en cylindres et on les
traite avec des impulsions électriques puis on les découpe en tranches. Le traitement
CEHP standard est de 2 kV/cm, 5,0 µF, 20 impulsions. Le milieu de traitement a une
conductivité de 0,75 mS/cm.
[0059] On conduit l'extraction dans une cuve d'extraction contenant jusqu'à 15 kg de matériau.
Pour les tranches non traitées, on élève la température à environ 75°C et on laisse
l'extraction se dérouler pendant environ 70 minutes. Dans la partie dénaturation de
la cuve la température est de 83 ± 2°C. Pour les tranches traitées par CEHP, la température
est de 45°C. Les mesures sont effectuées sur du jus qui est passé deux fois à travers
la cuve.
b) Extraction en trois étapes
[0060] On découpe en tranches des betteraves sucrières lavées et on les utilise immédiatement
aux fins d'extraction, ou bien on traite tout d'abord des blocs de betteraves par
CEHP puis on les découpe en tranches. On mélange 200 g de tranches avec 200 ml d'eau
distillée (85°C) et on les maintient à environ 85°C pendant 5 minutes après que la
température du centre des tranches ait atteint 80°C. La durée nécessaire pour atteindre
une température du centre de 80°C dépend du diamètre des tranches. Dans une expérience
typique, cette durée est d'environ 15 minutes. Au bout de ce temps, on tamise la pulpe
à la main et on répète trois fois l'extraction. On utilise pour l'extraction de seconde
étape le fluide recueilli dans cette première étape. On préchauffe le fluide. Après
la quatrième extraction, on extrait une fois encore la pulpe avec de l'eau. On effectue
l'extraction de troisième étape en utilisant le fluide de la seconde étape, là encore
après la quatrième extraction, on extrait la pulpe avec de l'eau. On utilise les extraits
de la troisième étape dans les buts d'analyse. On presse à 30 MPa la pulpe extraite
des trois étapes et on conserve le fluide à -30°C avant de l'analyser.
[0061] On traite les betteraves traitées par CEHP de la même manière sauf pour la température
que l'on utilise, le procédé étant réalisé à 45°C au lieu de 85°C.
[0062] En-dehors des betteraves sucrières en tranches décrites ci-dessus, et découpées en
tranches fines (1 mm x 1 mm x 50 mm), on utilise des tranches fines de betteraves
sucrières aussi bien non traitées que traitées par CEHP et on procède à l'extraction
par le même procédé à 20°C.
c) Extraction en une étape
[0063] On mélange 600 g de tranches de betteraves non traitées ou traitées par CEHP avec
600 g d'eau distillée chaude à 85°C (non traitée), pour arriver à une température
d'extraction de 75°C. Pour les tranches de betteraves traitées, on ajoute de l'eau
distillée à 60°C, pour arriver à une température d'extraction de 45°C, et on effectue
l'extraction comme pour l'extraction en trois étapes, mais on n'utilise ici que la
première étape. On utilise le fluide dans des buts d'analyse. On presse la pulpe à
30 MPa pendant 15 minutes, et on la sèche dans un appareil de séchage à lit fluidisé
à une vitesse d'air de 1,5 m/s et à une température de l'air de 70°C.
II.B. Pressage
a) Pressage effectué trois fois
[0064] On presse 200 g de tranches non traitées ou traitées par CEHP à 20 ou respectivement
5 MPa pendant 5 minutes. On remet la pulpe en suspension dans l'eau (1:1 p/v) à 20°C
et au bout de 5 minutes on répète le pressage. Après un troisième pressage, on combine
et on analyse les fluides.
b) Pressage effectué deux fois et une fois
[0065] On presse 500 g de tranches non traitées ou traitées par CEHP tout d'abord à 2 MPa
pendant 5 minutes. On remet la pulpe en suspension dans 125 ml d'eau (20°C), et au
bout de 10 minutes on effectue un second pressage à 30 MPa pendant 15 minutes.
[0066] Pour un seul pressage, on presse 500 g de matériau non traité ou traité par CEHP,
en procédant à 30 MPa pendant 15 minutes.
III. Procédés d'analyse
[0067]
- On mesure la matière sèche soluble (Brix) selon la méthode IFU N°8.
- On mesure par polarimétrie la teneur en saccharose.
Digestion par l'eau chaude : on mélange 26 g de tranches (non traitées) ou 60 g de
tranches (extraites) avec 177 ml d'une solution d'acétate de plomb (25 ml d'acétate
de plomb dans 11 ml d'eau), on agite et on extrait en conservant à 75-80°C pendant
30 minutes dans un becher couvert. Après refroidissement à 20°C et filtration, on
détermine par polarimétrie le pouvoir rotatoire optique du filtrat.
- On effectue la mesure de la texture sur des échantillons cylindriques (2 x 1 cm) qu'on
traite dans l'eau par maintien à 20, 45 ou 75°C pendant une heure. On mesure la texture
en utilisant un pénétromètre.
[0068] Dans les tableaux utilisés dans la partie expérimentale, les abréviations ont la
signification suivante.




W
R = Poids de la betterave non traitée (100 g)
°S
R = Teneur en saccharose (g/100 g de betterave non traitée)
W
P = Poids de la pulpe pressée (en % de la betterave non traitée)
°S
P = Teneur en saccharose (g/100 g de pulpe pressée)

°S = Teneur en saccharose dans le jus brut (g/100 g)
°Brix = matière sèche dans le jus brut (g/100 g).
Exemples
Exemple 1
Caractérisation du degré de perméabilisation des betteraves sucrières
[0069] On prépare des cylindres de betteraves sucrières (diamètre 2 cm et longueur 10 cm)
et on les place dans la cuvette du générateur de champ électrique. On mesure le degré
de perméabilisation en fonction de la tension. D'après la figure 1, on voit que le
degré de perméabilisation augmente lentement entre 5 et 10 kV et augmente plus rapidement
entre 10 et 15 kV.
[0070] Le degré de perméabilisation augmente également avec le nombre d'impulsions. De 1
à 5 impulsions l'augmentation est très rapide, et au-dessus d'environ 20 impulsions
l'effet connaît un plateau. (Figure 2).
[0071] Le degré de perméablisation est encore influencé par le condensateur ; avec l'augmentation
de la capacité, la perméabilisation augmente (figure 3).
[0072] Le fait d'augmenter la fréquence des impulsions aboutit à une augmentation du degré
de perméabilisation qui est prononcée entre 1 et 6 Hz, puis s'atténue ( figure 4 )
.
[0073] La perméabilisation est également influencée par la conductivité du milieu. C'est
en particulier entre 0,7 et 1,2 ms/cm que la perméabilisation doit être effectuée
(figure 5) .
[0074] Le degré de perméabilisation dépend de la température. Jusqu'à 55°C aucune perméabilisation
ne se produit. Au-dessus de cette température, le degré de perméabilisation augmente.
D'après la figure 6, on voit que le degré de perméabilisation obtenu avec le traitement
CEHP (10 kV, 5 µF, 20 impulsions d'1 Hz, 20°C) est égal au degré que l'on obtient
avec un traitement thermique à 72°C.
[0075] La mesure de la texture montre que le traitement CEHP aboutit à une texture plus
lisse des betteraves sucrières (figure 7).
Exemple 2
Extraction en continu de tranches de betteraves sucrières
[0076] L'extraction en continu montre que les tranches traitées par CEHP et extraites à
45°C donnent des résultats similaires quant à la possibilité d'extraction du saccharose
que les tranches non traitées extraites à 75°C. La concentration de sucre dans le
fluide d'extraction des tranches traitées par CEHP est de 17% plus faible, tandis
que la pureté est comparable (figure 8). La quantité de jus extraite de la pulpe par
pressage est de 14% supérieure pour les tranches traitées par CEHP (figure 9). Le
degré d'extraction des tranches traitées est presque identique à celui des tranches
non traitées (tableau 1). Bien que la possibilité d'extraction (extractabilité) des
tranches traitées soit plus faible, l'aptitude au pressage (pressabilité) est plus
élevée, si bien que tout compte fait on peut extraire la même quantité de sucre à
partir des tranches.
Tableau 1.
| Extraction en continu de tranches de betteraves |
| |
Brutes |
Pulpe pressée |
Jus |
| Traitement |
Ts(%) |
°S(g/100 g) |
Poids (%) |
Ts(%) |
°S(g/100 g) |
Gain rel. (%) |
Pureté |
| Therm. (75°C) |
25,73 |
20,20 |
41,54 |
15,25 |
1,49 |
96,94 |
91,88 |
| CEHP (45°C) |
25,14 |
20,25 |
33,61 |
17,73 |
1,68 |
97,22 |
90,48 |
Exemple 3
Extraction en trois étapes de tranches de betteraves sucrières
[0077] Comme dans l'exemple 2 on détermine l'influence des tranches traitées par CEHP sur
le pourcentage en poids de matière sèche, la pureté, la teneur en saccharose (figure
10) et l'aptitude au pressage (figure 11).
Tableau 2.
| Extraction en trois étapes de tranches de betteraves sucrières. |
| |
Brutes |
Pulpe pressée |
Jus |
| Traitement |
Ts(%) |
°S(g/100 g) |
Poids (%) |
Ts(%) |
°S(g/100 g) |
Gain rel. (%) |
Pureté |
| Therm. (75°C) |
27,29 |
21,74 |
20,73 |
21,44 |
3,08 |
97,06 |
89,32 |
| CEHP (45°C) |
27,22 |
21,50 |
17,60 |
28,99 |
1,42 |
98,84 |
92,21 |
[0078] Lorsqu'on prépare de minces tranches (1 mm x 1 mm x 10 cm), on s'attend que les cellules
soient brisées mécaniquement. D'après la figure 12 il apparaît que les tranches traitées
par CEHP sont alors presque complètement extractibles (voir également tableau 3).
L'augmentation de poids de la pulpe non traitée après extraction prouve que les tranches
non traitées ne sont pas complètement mécaniquement déstructurées. Les cellules sont
capables d'absorber de l'eau par osmose, mais avec les cellules traitées par CEHP
ce n'est plus le cas.
Tableau 3.
| Extraction en trois étapes de tranches de betteraves sucrières (tranches minces). |
| |
Brutes |
Pulpe pressée |
Jus |
| Traitement |
Ts(%) |
°S(g/100 g) |
Poids (%) |
Ts(%) |
°S(g/100 g) |
Gain rel. (%) |
Pureté |
| Therm. (75°C) |
23,48 |
19,72 |
46,53 |
27,25 |
5,80 |
86,31 |
90,14 |
| CEHP (45°C) |
24,75 |
18,76 |
13,86 |
32,35 |
1,44 |
98,94 |
90,32 |
Exemple 4
Extraction en une étape de tranches de betteraves sucrières
[0079] La quantité de saccharose extraite n'est que légèrement inférieure avec les tranches
traitées par CEHP à ce qu'elle est avec les tranches traitées à la chaleur (75°C)(figure
13). Cependant l'aptitude au pressage est d'environ 22% supérieure (tableau 4).
[0080] Le séchage des tranches pressées montre qu'en dépit du fait que la teneur en matière
sèche de la pulpe pressée traitée par CEHP est plus élevée que celle des tranches
non traitées, les caractéristiques du processus de séchage sont similaires. Ceci aboutit
à un séchage plus rapide des tranches traitées, et en fait le temps de séchage est
raccourci d'une durée allant jusqu'à 40% (figure 14), ce qui aboutit à accroître l'économie
d'énergie.
Tableau 4.
| Extraction en une étape de tranches de betteraves sucrières. |
| |
Brutes |
Pulpe pressée |
Jus |
| Traitement |
Ts(%) |
°S(g/100 g) |
Poids (%) |
Ts(%) |
°S(g/100 g) |
Gain rel. (%) |
Pureté |
| Therm. (75°C) |
29,61 |
21,89 |
28,03 |
19,18 |
2,23 |
97,14 |
87,40 |
| CEHP (45°C) |
29,61 |
21,89 |
21,59 |
24,50 |
2,30 |
97,73 |
91,80 |
Exemple 5
Trois pressages
[0081] Afin d'obtenir un jus ayant une valeur du pourcentage en poids de matière sèche élevée,
on presse légèrement trois fois les tranches traitées par CEHP (2 ou 5 MPa pendant
5 minutes) en mélangeant de façon intermittente avec de l'eau (1:1). Lors de cet essai,
on observe que le saccharose est recueilli deux à trois fois plus rapidement qu'avec
les tranches non traitées (20°C). De plus la quantité totale de jus n'est que de 40%
supérieure à la quantité de tranches de départ (tableau 5). Ceci souligne l'avantage
économique du procédé actuel. On presse le matériau extrait thermiquement de façon
classique à 30 MPa pendant 15 minutes, et on le sèche à une teneur en substance sèche
beaucoup plus faible. Cela signifie non seulement que le processus prend plus de temps,
mais qu'il est également beaucoup plus coûteux du point de vue énergétique.
Tableau 5.
| Trois pressages. |
| |
Brutes |
Pulpe pressée |
Jus |
| Traitement |
Ts(%) |
°S(g/100 g) |
Poids (%) |
Ts(%) |
°S(g/100 g) |
Gain rel. (%) |
Pureté |
| Therm. (75°C) |
26,47 |
21,32 |
19,10 |
- |
- |
96,20 |
93,91 |
| CEHP (45°C) |
26,47 |
21,32 |
17,10 |
29,91 |
2,87 |
97,70 |
93,12 |
Exemple 6
Deux pressages
[0082] Les figures 16 à 18 et les tableaux 6 à 8 donnent une vue d'ensemble de l'effet de
différentes tailles de matériaux de betteraves sucrières réduits en tranches sur l'extraction
et le pressage. Le pressage est effectué deux fois (2 MPa, 5 minutes et 30 MPa, 15
minutes) avec une remise en suspension intermittente du matériau dans un quart du
volume d'eau. En général on trouve que le traitement CEHP du matériau de betterave
sucrière aboutit à une récupération accrue de saccharose par comparaison avec un matériau
non traité de même taille. Lorsque la taille diminue, l'effet du traitement CEHP devient
moins prononcé, mais l'effet est toujours présent et favorable pour le traitement
CEHP.
Tableau 6.
| Tranches (pressées deux fois). |
| |
Brutes |
Pulpe pressée |
Jus |
| Traitement |
Ts(%) |
°S(g/100 g) |
Poids (%) |
Ts(%) |
°S(g/100 g) |
Gain rel. (%) |
Pureté |
| Therm. (75°C) |
25,28 |
20,60 |
58,38 |
27,88 |
20,41 |
42,16 |
92,10 |
| CEHP (45°C) |
26,60 |
20,10 |
22,77 |
30,71 |
11,18 |
87,33 |
90,90 |
Tableau 7.
| Minces tranches (pressées deux fois) |
| |
Brutes |
Pulpe pressée |
Jus |
| Traitement |
Ts(%) |
°S(g/100 g) |
Poids (%) |
Ts(%) |
°S(g/100 g) |
Gain rel. (%) |
Pureté |
| Therm. (75°C) |
25,70 |
19,73 |
55,41 |
- |
18,14 |
49,06 |
89,45 |
| CEHP (45°C) |
25,70 |
19,73 |
15,03 |
37,63 |
6,40 |
95,12 |
92,64 |
[0083] La quantité de saccharose extrait pour les betteraves traitées est supérieure à ce
qu'elle est pour le matériau non traité dans tous les cas. Pour les tranches, les
chiffres sont de 88% contre 42%, pour les tranches minces de 95,2% contre 49% et pour
le matériau broyé de 98% contre 89%. En pressant deux fois, on obtient des jus ayant
une valeur de pourcentage en poids de matière sèche élevée et une pulpe ayant une
faible quantité de saccharose résiduel.
Tableau 8.
| Tranches fines (pressées deux fois) |
| |
Brutes |
Pulpe pressée |
Jus |
| Traitement |
Ts(%) |
°S(g/100 g) |
Poids (%) |
Ts(%) |
°S(g/100 g) |
Gain rel. (%) |
Pureté |
| Therm. (75°C) |
26,47 |
21,32 |
19,77 |
31,98 |
11,40 |
89,43 |
86,10 |
| CEHP (45°C) |
24,29 |
19,72 |
13,50 |
36,75 |
3,62 |
97,52 |
92,00 |
Exemple 7
Pressage unique
[0084] Les résultats d'un pressage unique (3 MPa, 15 minutes) en relation avec la taille
des tranches sont présentés dans les tableaux 9-10 et les figures 19 à 21. Les résultats
sont semblables à ceux que l'on obtient avec un double pressage.
Tableau 9.
| Tranches (pressage unique) |
| |
Brutes |
Pulpe pressée |
Jus |
| Traitement |
Ts(%) |
°S(g/100 g) |
Poids (%) |
Ts(%) |
°S(g/100 g) |
Gain rel. (%) |
Pureté |
| Therm. (75°C) |
25,44 |
19,86 |
67,86 |
26,39 |
18,44 |
36,99 |
95,97 |
| CEHP (45°C) |
28,12 |
21,97 |
30,76 |
34,46 |
20,20 |
71,72 |
93,12 |
Tableau 10.
| Tranches minces (pressage unique) |
| |
Brutes |
Pulpe pressée |
Jus |
| Traitement |
Ts(%) |
°S(g/100 g) |
Poids (%) |
Ts(%) |
°S(g/100 g) |
Gain rel. (%) |
Pureté |
| Therm. (75°C) |
26,00 |
19,05 |
56,07 |
29,88 |
19,95 |
41,28 |
91,42 |
| CEHP (45°C) |
26,94 |
19,41 |
19,36 |
38,59 |
15,76 |
84,28 |
90,73 |
Tableau 11.
| Tranches fines (pressage unique) |
| |
Brutes |
Pulpe pressée |
Jus |
| Traitement |
Ts(%) |
°S(g/100 g) |
Poids (%) |
Ts(%) |
°S(g/100 g) |
Gain rel. (%) |
Pureté |
| Therm. (75°C) |
25,35 |
18,78 |
23,54 |
35,50 |
16,40 |
79,44 |
95,00 |
| CEHP (45°C) |
26,84 |
20,31 |
16,65 |
38,80 |
13,94 |
88,57 |
90,18 |