[0001] L'invention se rattache au domaine de l'acoustique. Plus précisément, elle vise les
dispositifs fixes d'atténuation des bruits générés par des sources mobiles, telles
que notamment les moyens de transport en général, et les avions ou les transports
terrestres en particulier.
[0002] L'invention constitue un perfectionnement du dispositif décrit dans le brevet EP
0 787 340 du Demandeur.
[0003] Le Demandeur a décrit dans le brevet précité un dispositif d'atténuation de l'intensité
sonore fonctionnant sur le principe de l'émission d'une onde de contre-bruit générée
à partir d'informations issues de capteurs, et émises par des sources électro-acoustiques
disposées de telle sorte que les ondes de contre-bruit se combinent avec les ondes
de bruit qu'elles admettent pour enveloppe.
[0004] Les principes décrits dans ce brevet restent valables pour le présent perfectionnement,
de sorte que ledit document est ici cité à titre de référence, et que son contenu
ne sera donc pas détaillé plus avant.
[0005] Dans les formes de réalisation illustrées dans ce document, les différentes sources
de contre-bruit sont associées par sous-ensembles montés sur des mâts verticaux, c'est-à-dire
selon une direction sensiblement perpendiculaire à la direction d'incidence moyenne
des ondes de bruit.
[0006] Dans ce document, les différents mâts sont disposés aux alentours de la zone à protéger,
et préférentiellement à la périphérie de la zone à protéger.
[0007] Or, on a constaté que l'écartement des mâts tels que décrits dans ce document, ne
permet pas d'atténuer suffisamment les ondes sonores présentant une fréquence relativement
importante, et notamment supérieures à 500 Hz (Hertz).
[0008] Un problème que se propose de résoudre l'invention est celui de l'atténuation efficace
des ondes sonores dans une gamme allant jusqu'au kiloHertz, voire jusqu'à 2 kHz (kiloHertz).
[0009] Le document DE 21 39 941 A décrit un dispositif actif d'atténuation de l'intensité
sonore au niveau d'une zone déterminée, par émission d'ondes de contre-bruit, du type
comprenant :
- un ensemble de capteurs susceptibles de déterminer les signaux et les directions des
ondes émises par des sources de bruit éloignées ;
- des moyens pour traiter les signaux issus desdits capteurs, et pour générer des signaux
correspondants aux ondes de contre-bruit ;
- un ensemble de sources électro-acoustiques, lesdites sources étant installées dans
l'espace proche de la zone à protéger, et connectées auxdits moyens de traitement,
et susceptibles d'émettre des ondes de contre-bruit dans la même direction et dans
le même sens que les ondes incidentes, les capteurs et les sources électro-acoustiques
étant placés de telle façon que les ondes incidentes atteignent préalablement les
capteurs.
[0010] Ce document décrit aussi que les sources électro-acoustiques sont disposées selon
une surface continue, et selon un maillage régulier.
[0011] En effet, selon une théorie du fonctionnement de l'écran actif, il apparaît que l'effet
d'écrantage continu monocouche, est limité dans le domaine de fréquence du fait de
la répartition discrète de ces sources sur la surface. Il s'agit d'un phénomène passe-bas
dont la fréquence de coupure est :
f0 = α.

où :
- "a" désigne la dimension caractéristique de la maille de réseau de source,
- α est un paramètre légèrement supérieur à 1, caractéristique de la forme géométrique
de la maille,
- et c0 est la célérité du son.
[0012] Au-delà de cette fréquence de coupure, les ondes incidentes ne sont plus seulement
réfléchies par l'écran, mais également diffractées en amont et en aval de l'écran,
avec pour effet d'induire un niveau de pression double du niveau de l'onde incidente,
ce qui rend alors ledit écran non pas inopérant, mais perturbateur.
[0013] Le choix d'une maille suffisamment resserrée, de l'ordre de grandeur d'un demi mètre,
permet d'obtenir une fréquence de coupure de l'ordre du kiloHertz englobant la majorité
du spectre de puissance de l'onde sonore d'un avion par exemple.
[0014] Ainsi, les différentes sources sont disposées selon des surfaces qui peuvent être
réalisées par un treillis qui est lui-même surélevé, disposé au-dessus de la zone
à couvrir ou au-dessus des bâtiments qui la jouxtent.
[0015] Par surface continue, on entend une surface qui présente une régularité géométrique
telle que toutes les sources peuvent être considérées, vis à vis d'une onde de bruit,
comme équivalentes dans leur contribution à l'atténuation, à l'effet près de leur
orientation.
[0016] De telles surfaces peuvent être planes, ou bien par exemple appartenir à la famille
des quadriques, et notamment des cylindres.
[0017] En pratique, on a examiné qu'un maillage hexagonal permettait d'avoir la meilleure
compacité de sources, et donc une meilleure couverture dans une bande de fréquence
pour une densité de source identique.
[0018] Le dispositif conforme à l'invention comporte plusieurs ensembles de sources électro-acoustiques
disposées selon plusieurs surfaces décalées les unes par rapport aux autres par translation,
selon leur normale, le fonctionnement des sources électro-acoustiques de ces ensembles
permettant d'accroître la fréquence de coupure du système pour une dimension donnée
de la maille.
[0019] Ainsi, lorsque les haut-parleurs qui constituent les sources d'électro-acoustiques
sont associés selon des surfaces proches les unes et les autres et sensiblement parallèles,
ces ensembles de haut-parleurs ont l'effet d'un haut-parleur de plus grande section,
sans en occuper la surface.
[0020] En effet, un seul haut-parleur d'une surface utile identique occuperait une proportion
de maillage trop importante, ce qui amoindrirait la transparence visuelle de l'écran.
[0021] Dans des configurations particulières, plusieurs dispositifs peuvent être associés
de telle sorte que ces dispositifs sont juxtaposés les uns à côté des autres dans
l'espace de la zone à protéger, pour couvrir une zone de géométrie particulière, comme
par exemple une intersection de rues. Ces dispositifs pouvant être associés, en continuité
avec des surfaces de même nature constituant des écrans passifs, notamment des structures
vitrées, pour des raisons architecturales et fonctionnelles.
[0022] Les différents écrans sont pilotés par un système microphonique de captation situé
en amont proche de l'écran. Ce système de captation des ondes de bruit a la capacité
de séparer et caractériser ces ondes respectivement en direction et en signal, de
façon à permettre aux sources de contre-bruit de les contrecarrer additivement.
[0023] Dans le cas d'une source unique de bruit, tous les échos portent pratiquement le
même signal, à savoir celui de l'onde directe. Il s'agit donc du signal de la première
onde captée avec un facteur d'amplitude et un décalage dans le temps.
[0024] Les moyens de commande sont aptes, en utilisant les algorithmes appropriés, à extraire
le signal commun de référence ainsi que les paramètres d'amplitude et de délai propres
à chaque signal écho, à partir d'un ensemble ou d'une base de capteurs microphoniques
placés en amont des écrans.
[0025] Le nombre minimal de capteurs à mettre en oeuvre dans la base microphonique est au
moins égal au nombre de signaux à discriminer, mais pratiquement supérieur pour s'affranchir
de l'effet de bruits parasites d'origine proche.
[0026] Dans le cas de figures plus complexes les sources de bruit sont multiples et indépendantes,
comme par exemple pour des bruits générés par les moyens de transport terrestres,
tels que véhicules, automobiles ou wagons.
[0027] Dans ce cas, le nombre de signaux propres, sources indépendantes, est supérieur à
la dizaine. On utilisera alors des bases microphoniques complémentaires nombreuses
et directives, disposées de préférence au plus près des sources.
[0028] Par exemple, les bases microphoniques peuvent être disposées le long de la chaussée
ou de la voie de chemin de fer de manière à acquérir sélectivement, par proximité,
les divers signaux de référence propres aux sources indépendantes, telles que les
trains de roue, les boggies, et les couches limites aérauliques.
[0029] De la sorte, on facilite par connaissance préalable, la séparation des différentes
ondes de bruit, au niveau de l'écran.
[0030] Mais dans ce cas, les signaux qui se propagent depuis la base microphonique jusqu'aux
écrans, sont soumis aux aléas de la propagation atmosphérique du son dont il faut
tenir compte dans les algorithmes de séparation des signaux dans la base microphonique
proche de l'écran.
[0031] Dans tous les cas, les principes algorithmiques utilisés pour la sélection des signaux
requièrent une grande précision. Cette précision des algorithmes est déterminée par
la précision globale de restitution des ondes de contre-bruit, qui s'évalue de la
manière suivante.
[0032] En supposant que l'écran actif est destiné à s'opposer à une onde de bruit d'amplitude
b(t), en générant une onde de contre-bruit d'amplitude cb(t)., l'amplitude du bruit
résiduel est : e(t) = b(t) - cb(t). La norme quadratique, ou son énergie évaluée sur
la durée caractéristique de la perception auditive des signaux du bruit (de l'ordre
du dixième de seconde) est la suivante :

=

- 2

+

où la barre supérieure désigne l'effet de moyenage temporel.
[0033] Le facteur d'atténuation A
lt =

s'exprime selon la formule suivante :

dans laquelle:
- "r" est le coefficient de défaut à l'unité de corrélation des signaux b(t) et cb(t),
donné par la formule suivante :

- et "M" est le rapport des énergies, selon la formule suivante :

[0034] Pour obtenir un facteur d'atténuation de l'ordre de 20 décibels, il est donc nécessaire
que le coefficient de corrélation du signal de contre-bruit au signal de bruit soit
de 0,995, valeur qui traduit la très grande similarité à obtenir entre des signaux
de bruit, à large bande.
[0035] Cette valeur implique globalement que les différents éléments intervenant dans le
dispositif d'atténuation, doivent avoir une précision quadratique de l'ordre de 2.10
-3, non atteinte dans le domaine de la reproduction sonore usuelle.
Description sommaire des figures
[0036] La manière de réaliser l'invention, ainsi que les avantages qui en découlent ressortiront
bien de la description des modes de réalisation particuliers qui suivent, à l'appui
des figures annexées dans lesquelles :
La figure 1 est une vue en perspective sommaire d'une zone d'habitation équipée de
plusieurs écrans.
La figure 2 est une représentation en perspective sommaire d'une habitation située
à proximité d'une voie de circulation, et équipée d'écrans.
La figure 3 est une représentation schématique d'un écran. ainsi que des différents
blocs de commande de chacun des éléments actifs de l'écran.
La figure 4 est une représentation schématique d'une source électro-acoustique monocouche
utilisée dans un écran dans une maille du réseau.
La figure 5 est une vue schématique illustrant une association bi-couche de sources.
Dans ces deux dernières figures, on a tracé les lignes tangentes à l'axe principal
le plus long des hodographes particulaires acoustiques.
La figure 6 représente une embrasure de fenêtre protégée par une pluralité de sources
électroacoustiques.
La figure 7 est une vue schématique en perspective d'un ensemble de sources associées
selon trois plans parallèles.
Manière de réaliser l'invention
[0037] Comme déjà dit, l'invention concerne un perfectionnement du dispositif d'atténuation
du bruit tel que décrit dans le brevet EP 0 787 340.
[0038] Un tel dispositif comprend un certain nombre de surfaces regroupant des sources électroacoustiques.
Ces surfaces sont continues de manière à couvrir une superficie pouvant aller jusqu'à
plusieurs centaines de mètres carrés, ces surfaces sont disposées à des altitudes
de l'ordre de 10 à 15 m, voire plus, au-dessus des lieux à protéger.
[0039] Ces surfaces sont réalisées par exemple par des treillis de tubes ou de câbles à
l'intersection desquels sont fixées les sources de contre-bruit.
[0040] Comme on le voit à la figure 1, la zone à protéger peut comporter un certain nombre
d'écrans plans A, B, C, D, destinés à assurer cette protection.
[0041] Les écrans A, B, C sont disposés au-dessus de la rue à protéger R1 tandis que l'écran
D est placé en hauteur, en travers de la rue R1, et est destiné à bloquer les ondes
guidées, par réflexions multiples sur les façades le long de la rue.
[0042] Dans le cas particulier de la figure 1, le dispositif permet de protéger une partie
de l'agglomération contiguë à un aéroport, vis à vis des bruits d'avions au décollage
et à l'atterrissage selon une trajectoire sensiblement parallèle à la rue R1 illustrée
à la figure 1, à une distance horizontale de l'ordre d'un demi kilomètre.
[0043] Plus précisément, les écrans A et C sont placés immédiatement au-dessus des façades
d'immeubles, en face de la zone à protéger. Ils sont disposés de telle manière à être
inclinés par rapport à la verticale.
[0044] L'écran B est quant à lui placé en travers d'une rue perpendiculaire R2 à la rue
principale R1 parallèle à la trajectoire de l'avion. Cet écran B ferme la trouée offerte
aux bruits d'avions, lorsque celui-ci surplombe cette rue perpendiculaire R2.
[0045] L'écran D est quant à lui placé de la même façon, au travers de la rue R1 de manière
à réfléchir le bruit qui parvient à la zone à protéger de manière guidée, par réflexion
préalable et multiple le long des façades dans la rue R1.
[0046] Les écrans B et D sont également inclinés pour améliorer l'efficacité du dispositif
d'atténuation.
[0047] Dans une autre forme de réalisation, telle qu'illustrée à la figure 2, le dispositif
est destiné à protéger une habitation isolée (10) située en bordure d'une voie autoroutière
(11) vis à vis du bruit de circulation.
[0048] Plus précisément, le dispositif est constitué d'un écran cylindrique (12) adapté
à la protection de la façade principale de l'habitation (10) exposée aux bruits.
[0049] On remarque également sur la figure 2, la présence d'une pluralité de microphones
(15) disposés en bordure immédiate de la chaussée (11), et destinés à capter le bruit
propre des véhicules (16).
[0050] Les signaux générés par les microphones (15) sont acheminés vers l'unité de pilotage
de l'écran (12) par un moyen approprié et notamment par liaison filaire (non représentée).
[0051] Comme représenté, les écrans sont constitués par des pylônes (20-22) de forme appropriée
supportant des panneaux (24) de treillis régulier à mailles triangulaires, carrées
ou préférentiellement hexagonales, au centre desquelles sont fixées les sources (25)
de contre-bruit. Ces sources peuvent être simples-couches, ou préférentiellement multi-couches,
c'est-à-dire constituées de l'association de plusieurs haut-parleurs décalés les uns
par rapport aux autres, et selon la normale à la surface de référence.
[0052] Comme représenté à la figure 3, à chaque panneau (24) est associé une base (30) de
captation microphonique et un système électronique (40) de contrôle qui comprend des
blocs fonctionnels suivants :
- un bloc (41) de caractérisation des ondes de contre-bruit ;
- un bloc (42) de commande des sources de contre-bruit ;
- des blocs (43) de commande intégrée.
[0053] Plus précisément, le bloc (41) de caractérisation des ondes de bruit permet de déterminer
les caractéristiques principales des ondes incidentes directes et réfléchies par le
sol et divers obstacles.
[0054] Ce bloc de caractérisation (41) détermine les directions respectives des normales
à ces ondes, les signaux acoustiques propres à chacune d'entre elles ainsi que leurs
positions relatives dans le temps.
[0055] Le délai de chacun de ces signaux par rapport au signal de l'onde directe est déterminé
par rapport à un point unique Oi de référence, appelé "point de référence de la base
microphonique", situé généralement en son barycentre.
[0056] Le bloc (42) de commande des sources de contre-bruit assure un filtrage linéaire
identique pour chacun des signaux caractéristiques des ondes de bruit issues des blocs
(41) de caractérisation précités.
[0057] Ce filtrage a pour but d'égaliser les temps de groupe des sources électroacoustiques
sur l'étendue de la bande de fréquence d'action de l'écran.
[0058] Chacun des signaux filtrés est ensuite acheminé, par exemple par multiplexage, sur
un bus commun (44) vers les blocs de commande intégrés (43) des sources de contre-bruit.
[0059] Parallèlement, et de manière cadencée, les délais caractéristiques des signaux sont
également transmis sur ce bus (44). Ces délais évoluent continûment selon le mouvement
de la source de bruit, et avec les aléas de la propagation sonore.
[0060] Chaque source de contre-bruit est elle-même dotée de son propre bloc de commande
intégré (43) dont la double fonction est :
- de positionner dans le temps les signaux propres aux différentes ondes, en leur appliquant
par des "lignes à retard" réglables, les délais qui correspondent à leur position
géométrique. Ainsi, les sources de contre-bruit doivent délivrer des signaux en concomitance
stricte avec ceux que portent les différentes ondes balayant leurs surfaces actives.
Les délais sont calculés à partir des délais de référence transmis sur le bus, selon
la position géométrique de la source vis à vis du point de référence de la base microphonique
M ;
- de sommer tous les signaux ainsi recalés dans le temps ;
- de les appliquer, après un décodage numérique-analogique, à des amplificateurs propres
à chaque source élémentaire de contre-bruit.
[0061] Les sources de contre-bruit situées sur le pourtour des écrans sont soumises à des
commandes semblables à l'ensemble, mais réglées de façon particulière en niveau et
délai pour régulariser les effets de bord.
[0062] Il est par ailleurs avantageux de disposer à l'intérieur du volume situé en aval
de l'écran, c'est-à-dire sous sa protection acoustique, un ou plusieurs microphones
(32) de contrôle du bruit résiduel, dont les signaux sont retournés au bloc de commande
(42) des sources de contre-bruit, de manière à assurer des fonctions complémentaires
telles que :
- la supervision du fonctionnement local du système avec un ajustage permanent par une
boucle de retour, ayant une constante de temps de quelques secondes, permettant de
pallier les dérives paramétriques et d'assurer ainsi la meilleure conformité des signaux
acoustiques de contre-bruit vis à vis des signaux de bruit;
- le réglage adaptatif fin des lois de commande des sources de contre-bruit et particulièrement
des sources de contour vis à vis des effets de bord des écrans en fonction du mouvement
de l'avion, et ce, selon une constante de temps de l'ordre de la seconde,
- la détection d'anomalies de fonctionnement avec une possible mise en arrêt éventuel
et une signalisation ;
- la possibilité d'exécuter des procédures automatiques de test.
[0063] Comme exposé précédemment, pour obtenir une performance d'atténuation de l'ordre
de 20 décibels, il est nécessaire que la précision globale de la chaîne de mesure
et de restitution soit de 5.10
-3 en linéarité, ce qui impose une précision sur chaque composant du système de l'ordre
de 2. 10
-3.
[0064] En conséquence, s'agissant des sources de contre-bruit, à savoir les différents haut-parleurs
et les amplificateurs analogiques associés, le taux de distorsion non linéaire doit
être inférieure à 2.10
-3, au niveau maximal délivré.
[0065] Cette exigence de précision requiert une attention particulière pour la conception
des haut-parleurs et de leurs circuits de commande.
[0066] S'agissant des microphones qui constituent la base de captation des différentes ondes
de bruit, l'effet des paramètres physiques d'environnement, tels que température,
pression atmosphérique, taux d'humidité, sont compensés pour ne pas affecter la linéarité
de la réponse au-delà du taux de 2.10
-3 exigé.
[0067] Les effets du vent sur les microphones, à faible constante de temps, typiquement
inférieure à la seconde, sont limités par voie aérolique, en utilisant par exemple
des corps poreux profilés en tant qu'enveloppes de protection, ainsi que par voie
électronique pour ne pas perturber les signaux de commande de contre-bruit dans la
bande de fréquence de fonctionnement du système.
[0068] S'agissant du bloc (41) de caractérisation des signaux propres aux ondes incidentes
à traiter par l'écran, la précision et l'extraction des signaux doit être de l'ordre
de 10
-3, ce qui implique en particulier un taux de diaphonie inférieur à cette valeur, et
fixe ainsi la performance globale des algorithmes conçus pour assurer, en temps réel,
cette discrimination.
[0069] Outre, les exigences concernant la linéarité des différents organes de traitement,
une exigence particulière est requise pour la résolution du calage dans le temps des
signaux de commande des sources de contre-bruit, nécessaire à assurer leur concomitance
vis à vis des signaux des ondes de bruit, et donc en fonction inverse de la limite
de fréquence haute de la bande de fonctionnement du système.
[0070] Plus précisément, pour obtenir le taux d'atténuation de 20 décibels, on a déterminé
qu'il était nécessaire que le coefficient de corrélation du signal de contre-bruit
au signal de bruit soit supérieur à 0,995, ce qui implique un déphasage maximal entre
leurs composantes spectrales de 6°, soit 1/60
ème de période.
[0071] Il en résulte que la résolution temporelle des signaux doit être typiquement meilleure
que 17 micro secondes pour la fréquence d'un kiloHertz.
[0072] Ainsi, la cadence de l'horloge qui fixe le pas de calage dans le temps des signaux
dans les blocs de commande des haut-parleurs, sera supérieure à 60 kiloHertz. Traduite
en longueur d'ondes, cette résolution temporelle correspond à une résolution en position
géométrique du soixantième de la longueur d'onde maximum, soit 5 mm pour une fréquence
maximum de 1 kiloHertz.
[0073] Cette valeur correspond à l'exigence de rigidité de la structure support, qui lie
la base microphonique au panneau de sources de contre-bruit.
[0074] Sa déformation, notamment sous la charge due au vent, ne doit donc pas induire des
déplacements relatifs supérieurs à cette valeur, pour conserver un taux d'atténuation
de l'ordre de 20 décibels.
[0075] Le fonctionnement de l'écran actif anti-bruit en tant que dispositif d'atténuation
d'ondes sonores en espace libre, est déjà décrit dans le brevet EP 0 787 340 du Demandeur.
Il s'agit donc d'un système rapproché de sources de contre-bruit, agencé et piloté
en signal pour générer des ondes de contre-bruit algébriquement opposées aux ondes
tangentes de bruit.
[0076] Pour mieux comprendre le fonctionnement de l'invention, il peut être utile de donner
une description physique directe et efficace du fonctionnement, expliquant la nécessaire
concomitance spatiale et temporelle au niveau des sources de contre-bruit.
[0077] Ainsi, s'agissant d'une onde incidente parvenant au système sous la forme fondamentale
d'un front d'onde de bruit, c'est-à-dire d'un saut d'accélération particulaire, à
filtrer linéairement dans la bande de fréquence utile, l'action des sources de contre-bruit
vis à vis de ce front consiste, pour chaque source, à interagir avec ce front à l'instant
exact de son passage, et de telle manière que ce front ne se propage pas au-delà de
la source, en direction de la zone aval à protéger.
[0078] Les sources de contre-bruit créent donc en concomitance, des conditions aux limites
adaptées à réfléchir ou à absorber le front d'onde incident. Les sources de contre-bruit
constituent ainsi des écrans réalisant, en termes acoustiques, des conditions aux
limites particulières.
[0079] Dans la mesure où ces sources de contre-bruit sont constituées par des haut-parleurs
électrodynamiques, elles se comportent naturellement, dans la gamme de fréquence où
on les utilise, comme des sources de variation de débit acoustique.
[0080] Au courant injecté dans la bobine du haut-parleur, correspond une force de Laplace
qui rencontre comme réaction principale la force d'inertie de l'équipage mobile du
haut-parleur. Cet équipage mobile prend une accélération proportionnelle audit courant.
[0081] Par le système de commande, on règle cette accélération, et donc la variation de
débit acoustique délivré par la membrane des haut-parleurs, et de manière concomitante,
au double du débit normal de l'onde acoustique de bruit sur la surface de la maille
propre au haut-parleur, cette source de contre-bruit réalisant, sur ladite maille,
une condition aux limites de réflexion totale de l'onde.
[0082] La pression est en effet nulle sur la surface de l'écran, et la charge acoustique
est donc nulle au niveau de la source.
[0083] Il s'agit là du mode de fonctionnement théorique d'un écran actif constitué d'une
seule couche de haut-parleurs. Cependant, comme déjà évoqué, un tel mode de fonctionnement
avec une source unique présente une fréquence de coupure qui n'est pas suffisamment
élevée pour contrecarrer la partie gênante du spectre des ondes émises par les moyens
de transport classiques, dans la mesure où l'on limite la densité surfacique des haut-parleurs
pour préserver la transparence visuelle de l'écran.
[0084] En effet, et comme illustré à la figure 4, on a constaté qu'il s'établit entre l'onde
de bruit incidente et l'onde réfléchie par les sources, au voisinage de ces dites
sources, un champ interférentiel dont on schématise les "lignes de courant" (50),
par les tangentes en chaque point à l'axe principal majeur des hodographes particulaires
acoustiques.
[0085] Ce champ s'organise spatialement en réseau, par cellules tubulaires qui se répètent
périodiquement selon les mailles de l'écran, dès que ces mailles sont suffisamment
nombreuses, pour que l'organisation du champ interférentiel soit pratiquement invariante
d'une maille à une autre.
[0086] Dans chaque cellule, les "lignes de courant" permettent de définir des tubes de courant
acoustique qui viennent converger sur la surface active de la source de contre-bruit,
c'est-à-dire la membrane du haut-parleur (25).
[0087] Ces tubes constituent autant de guides d'ondes fictifs à l'intérieur desquels s'établit
le champ interférentiel.
[0088] Le schéma de la figure 4 permet d'illustrer les phénomènes suivants.
[0089] En effet, par rapport à la surface d'ondes phase de référence Φ, la différence de
marche des ondes guidées s'accroît à mesure que les tubes s'éloignent de l'axe de
révolution pour devenir pratiquement égale au diamètre "a" de la cellule.
[0090] Le phénomène de coupure survient pour :

=

=

, quand le régime stationnaire le long du tube extrême présente une demi-longueur
d'ondes de différence de marche par rapport au tube central, et est donc en opposition
de phase avec le débit de la source de contre-bruit.
[0091] La fréquence de coupure f
0 est donc voisine de

, comme énoncé ci-avant.
[0092] Au-delà de cette fréquence, l'onde progressive incidente guidée dans le tube extrême
ne peut plus être contrôlée par la source de contre-bruit, et traverse l'écran en
donnant naissance à des ondes réfractées, obliques, qui obèrent le rôle protecteur
conféré à l'écran.
[0093] Les sources sont disposées par sous-ensembles selon des écrans parallèles les uns
aux autres, et le fonctionnement est alors illustré à la figure 5.
[0094] En effet, le fonctionnement de sources multi-couches permet d'accroître la fréquence
de coupure du système pour une dimension donnée de la maille du réseau. Plus précisément,
et selon le schéma illustré à la figure 5, les différentes sources (27, 28) d'une
même maille sont commandées, avec un décalage de phase déterminé, pour agir sur le
tube extrême (51) de manière à lui éviter d'échapper au-dessus de la fréquence f
0, en continuant à faire que les "lignes de courant" restent canalisées vers la source
de la couche appropriée.
[0095] En effet, et en référence à la figure 5, le long de l'axe (52) des sources (27, 28),
et donc sous la source première (27), une suite de sources secondaires (28), commandées
avec les phases et modules voulus, permet de capter et de réfléchir le débit acoustique
de l'onde incidente, pour les lignes de courant qui échappent à la source première
(27), ce en respectant la structure interférentielle du champ acoustique, proche du
haut-parleur, telle que décrite précédemment.
[0096] De façon simplifiée, la figure 5 représente une seule source secondaire.
[0097] On observe sur les lignes de courant tracées, un retard de marche pour atteindre
la seconde source (28) de l'ordre de d + a, où "d" représente la distance entre les
membranes de haut-parleurs (27, 28), et "a" la demi-maille de l'écran.
[0098] Ce retard de marche est compensé par le dispositif de commande, qui alimente cette
seconde source (28) par un signal retardé sensiblement de

, cette valeur pouvant être ajustée avec plus de précision : de manière à assurer
strictement l'orthogonalité du champ source aux modes obliques du réseau.
[0099] La fréquence de coupure est ainsi portée au double de la fréquence initiale, elle-même
voisine de

.
[0100] Dans cet esprit, les débits des sources sont réglés en proportion des surfaces des
tubes de courant contrôlés.
[0101] Le principe peut s'étendre à un nombre supérieur de sources, et le tableau ci-après
présente la fréquence de coupure pour des nombres différents de couches de sources
de contre-bruit, pour deux cas de figures de densité surfacique de sources.
| Nombre de couches |
1 |
2 |
3 |
4 |
| Fréquence de coupure en Hertz |
Une source multiple pour 1 m2 |
370 |
700 |
1000 |
1300 |
| Une source multiple pour 5 m2 |
170 |
300 |
450 |
600 |
[0102] Les sources telles que représentées sur la figure 5, par des haut-parleurs d'axe
commun, peuvent être avantageusement réalisées par des ensembles contigus de sources
de plus petites dimensions, convenablement assemblées et commandées avec les retards
appropriés pour assurer la meilleure régularité au champ de débit acoustique.
[0103] Il ressort de ce qui précède que le dispositif conforme à l'invention assure une
atténuation du bruit dans une bande de fréquence couvrant la majorité du spectre des
ondes de bruits des moyens de transports tels qu'avions ou chemin de fer.
[0104] Le fonctionnement de l'écran décrit est un fonctionnement en réflecteur actif vis
à vis des ondes incidentes de bruit, il est néanmoins possible d'envisager un fonctionnement
en absorbeur parfait de ces ondes dans la mesure où les ondes réfléchies pourraient
présenter, dans certaines situations, un effet nocif vis à vis du site environnant.
[0105] Pour cela, il convient théoriquement d'associer aux sources de variation de débit
acoustique, des sources de variation de pression acoustique, de manière à réaliser
sur la surface de l'écran la condition aux limites mixtes d'adaptation :

= ρ
0.
c0.

, où
- p désigne la pression acoustique,
- Vn la vitesse acoustique normale à l'écran,
- p 0 c0 l'impédance acoustique de l'air.
[0106] Ces deux types de sources étant commandées en concomitance à partir des mêmes signaux
propres aux ondes incidentes de bruit.
[0107] Ne disposant pas pratiquement de sources de pression acoustique, on est conduit à
réaliser la même condition à partir d'une double distribution de sources de variation
de débit, placées sur deux surfaces parallèles distantes de e, e étant inférieur à
la demi longueur d'onde minimale.
[0108] Dans ces conditions, un modèle simple montre qu'en pilotant la source aval en quadrature
avec l'onde incidente, et la source amont décalée dans le temps de e/c
0, à même amplitude, on assure la condition d'adaptation requise sur une décade de
fréquence, avec un variateur de débit de source de l'ordre de trois fois plus élevée
que pour un écran simple.
[0109] Dans ce fonctionnement, la source aval est déchargée acoustiquement et c'est la source
amont qui absorbe la puissance du bruit.
[0110] D'autre part, les écrans acoustiques actifs réflecteurs décrits peuvent être associés
dans leur fonctionnement à des écrans passifs contigus. Ces écrans passifs peuvent
être constitués par des surfaces construites préexistantes (toits et façades d'immeubles
selon la figure 1). Ils peuvent être également mis en place pour des raisons acoustiques,
en complémentarité des écrans actifs, et réalisés selon des techniques architecturales
adaptées, notamment à l'aide de surfaces vitrées d'épaisseur convenable, selon des
arguments d'usage ou d'esthétique, propres à l'aménagement de sites particuliers.
[0111] De tels écrans passifs provoquent alors une réflexion du type duale du type décrit
pour les écrans actifs, à savoir qu'acoustiquement "durs", ils créent les conditions
aux limites approchant l'annulation de la vitesse acoustique normale, et le doublement
de la pression acoustique à leur surface.
[0112] Des précautions doivent être prises à la jonction de ces deux types d'écrans pour
éviter que les forts gradients de pression résultants n'altèrent localement les effets
propres de réflexion recherchés, entraînant par là-même des fuites acoustiques vers
le volume à protéger.
[0113] La préconisation du présent brevet est d'adoucir ces gradients en passant plus progressivement
du contrôle actif de type écran réfléchissant "dur" (vitesse normale nulle) vers celui
décrit d'écran réfléchissant "mou" (se caractérisant par une pression nulle).
[0114] Pour réaliser un écran actif "dur", on utilise des sources à contrôle de variation
de pression. Il s'agit de sources dont on ne dispose pas a priori, les divers type
de haut-parleurs usuels approchent au contraire des sources de variation de débit,
et leur délai de réponse rend illusoire leur contrôle en variation de pression.
[0115] On réalise de telles sources par association, par paire de sources de variation de
débit opposées, montées dos à dos, constituant un dipole acoustique.
[0116] De telles sources sont en particulier à employer pour réaliser des écrans actifs
sur des ouvertures en façade d'immeubles, fenêtres ou baies, de manière à assurer
la condition de réflexion en situation "fenêtre ouverte", évitant ainsi au bruit externe
de pénétrer à l'intérieur des habitations.
[0117] On réalise pour cela des sources multiples de type bipolaires, par exemple quatre
sources (26) aux quatre coins de l'embrasure, selon le montage décrit à la figure
6.
[0118] De telles sources multiples peuvent être réalisées, comme illustré à la figure 7,
par l'association de plusieurs sources élémentaires (27) déposées selon des plans
parallèles. Chaque source élémentaire (27) est une source bipolaire présentant deux
faces parlantes en opposition.