[0001] L'invention concerne la coulée continue en charge des métaux, notamment de l'acier.
Elle a trait plus précisément à la coulée en charge des métaux en demi-produits de
format allongé, tels que les brames, brames minces, etc..., que l'on coule par voie
de conséquence dans des lingotières dites "à section large".
[0002] On rappelle qu'une lingotière à section large est avant tout un tube métallique sans
fond disposé verticalement et dans lequel l'acier coulé va se solidifier au contact
de la paroi intérieure énergiquement refroidie par une intense circulation d'eau.
Cet élément tubulaire, classiquement réalisé en cuivre, ou plus généralement en alliage
de cuivre, présente une hauteur ordinaire de l'ordre du mètre. Il se différencie cependant
des autres types de lingotière de coulée continue essentiellement par le fait qu'il
est, non pas monolithique, mais constitué par quatre plaques assemblées à angle droit:
une paire de grandes plaques, en regard l'une de l'autre et destinées à former les
grandes faces de la brame coulée, souvent bien supérieure au mètre en largeur, et
une paire de petites plaques latérales montées au droit des extrémités des grandes
plaques pour assurer l'étanchéité à l'égard du métal en fusion coulé. Usuellement,
par souci de simplification de vocabulaire, ces plaques sont appelées grandes ou petites
"parois", ou, par analogie avec la brame coulée, grandes et petites "faces".
[0003] Par ailleurs, dans son état actuel de développement, la coulée continue dite "en
charge" des métaux peut être considérée, techniquement parlant, comme une évolution
du procédé de coulée continue classique, évolution qui décale sur la hauteur de coulée
l'endroit où commence la solidification du métal en lingotière de celui, situé au
dessus, où se trouve la surface libre (ou "ménisque") du métal liquide au contact
de la paroi de la lingotière.
[0004] La première solidification, on le sait, procède d'un mécanisme physique très sensible,
en même temps qu'elle représente un facteur essentiel de la qualité du produit obtenu.
Grâce à l'éloignement en hauteur de ces deux niveaux, qui sont confondus, ou quasi-confondus
en coulée continue classique, cette solidification s'opère dans un lieu hydrodynamiquement
calme, éloigné de la zone toujours perturbée qu'est la région du ménisque. Concrètement,
cette séparation des deux niveaux est obtenue en surmontant le corps en cuivre refroidi
de la lingotière par une réhausse rapportée, non nécessairement refroidie, en matériau
réfractaire à propriétés thermoisolantes élevées, bien alignée intérieurement avec
la lingotière et au sein de laquelle le couleur va maintenir, durant toute la durée
de l'opération de coulée, le ménisque d'acier coulé, déversé depuis un répartiteur
disposé juste au dessus.
[0005] La coulée continue en charge de ce type, connue pourtant depuis longtemps dans ces
principes, et décrite par exemple dans EP-A-0620062, n'a toujours pas à ce jour rencontré
de réalisation industrielle à la connaissance du déposant. Ses travaux menés plus
récemment sur le sujet (voir par exemple FR-A- 2747061 et FR-A-2747062) ont cependant
montré tout l'intérêt de prévoir à la partie basse de la réhausse isolante en réfractaire,
un insert en matériau réfractaire dense, donc bien plus résistant mécaniquement que
les réfractaires isolants habituels. Cette pièce intercalaire doit être en effet à
la fois assez bon isolant de la chaleur pour maintenir à l'état liquide l'acier en
fusion qu'elle va contenir à l'instar de la réhausse, et présenter de bonnes propriétés
de résistance mécanique pour préserver le plus longtemps possible la géométrie de
l'arête supérieure de la paroi en cuivre sur laquelle elle repose, là précisément
où va s'initier la solidification du métal coulé. On sait qu'un matériau comme le
SiAlON (R) répond assez bien à de telles exigences opposées. Toutefois, ce type de
matériau est onéreux, en particulier quand il s'agit de le conformer en un anneau
épousant le pourtour intérieur de la lingotière. Son prix peut même devenir prohibitif
pour des inserts de grande longueur, comme c'est nécessairement le cas des lingotières
à large section.
[0006] Par ailleurs, et les travaux du déposant ont également contribué à le confirmer,
il importe au premier chef pour la réussite de l'opération de coulée de conserver
rigoureusement un alignement de l'insert en SiAION avec les grandes faces de la lingotière
placées en dessous dans des marges très étroites de tolérance, de l'ordre du 1/10
e de mm. Une telle exigence est d'autant plus sévère à respecter que les inévitables
phénomènes de dilatation différentielle à chaud des éléments en présence au contact
du métal en fusion sont une cause majeure de désalignement. Il est à noter de surcroît
que de tels phénomènes sont d'autant plus conséquent que la lingotière est de grand
format, ce qui est particulièrement le cas, là aussi, pour la coulée de brames d'acier
(largeur pouvant classiquement atteindre voire dépasser 2m).
[0007] Or, il se trouve que la technologie actuelle des lingotières à large section remplit
mal cette exigence d'alignement propre à la coulée continue en charge. La technologie
actuelle des lingotières repose schématiquement sur le principe de la contre-plaque
de rigidité. Chaque grande plaque en cuivre s'appuie sur une plaque de rigidité qui
lui est appariée en s'y fixant par assemblage à l'aide de tirants traversiers ancrés
dans la plaque de cuivre et répartis selon la hauteur et selon la largeur de la plaque
avec des espacements inter-tirant d'une vingtaine de cm environ. La robustesse d'un
tel assemblage ne peut être contestée. Mais, il induit en cours de coulée, autrement
dit "à chaud", une déformation en vagues de la plaque de cuivre entre chaque tirant.
Certes, cette déformation, de quelques dixièmes de mm au plus, est sans réelle conséquence
en coulée continue classique, mais elle est rédhibitoire en coulée continue en charge
en raison du désalignement qu'elle engendre entre la plaque de cuivre et la rehausse
réfractaire au niveau de leur plan de joint, là où va précisément naître la première
peau de métal coulé solidifié.
[0008] Le but de la présente invention est d'apporter une réponse simple, fiable, et économique
aux difficultés précitées rencontrées avec la coulée continue en charge de produits
de large section.
[0009] A cet effet, l'invention a pour objet une lingotière à section large pour la coulée
continue verticale en charge des métaux, de l'acier en particulier, comprenant un
corps tubulaire formé par assemblage de plaques de cuivre, ou d'alliage de cuivre,
refroidies par circulation d'un liquide de refroidissement, ce corps tubulaire métallique
refroidi étant surmonté par une réhausse en matériau réfractaire thermo-isolant alignée
intérieurement avec lui, et ayant, parmi les plaques qui le constituent, des grandes
plaques fixées chacune sur des contre-plaques de rigidité à l'aide de tirants traversiers
répartis, caractérisée en ce que la partie supérieure de chacune desdites grandes
plaques présente un épaulement en retrait par rapport au plan de la grande plaque
pour offrir prise au mors d'un étrier de serrage de forme allongée, lequel fixe ainsi
la partie supérieure de la grande plaque contre la contre-plaque associée en coiffant
cette dernière par le dessus et en assurant une prise continue répartie sur la largeur
de la grande plaque, la base de la réhausse réfractaire venant reposer sur la partie
de l'épaulement laissée libre par le mors de l'étrier, l'autre mors de l'étrier étant
pourvu de moyens de réglage du serrage par venue en appui contre la contre-plaque
associée.
[0010] Comme on l'aura sans doute compris, les tirants de la partie supérieure de la lingotière
sont remplacés par un étrier de serrage dont le mors, donc la surface d'appui, peut
être aussi étendu qu'on le veut le long du bord supérieur des grandes plaques, voire
continu, afin de contrecarrer complètement les velléités de déformations de l'arête
supérieure des grandes plaques de cuivre, endroit très sensible de la lingotière pour
la réussite de la coulée en charge, ainsi qu'explicité précédemment. Cet étrier vient
coiffer par le dessus chaque grande plaque et sa contre-plaque associée. Un décrochement
en retrait du bord supérieur de la grande plaque est ainsi prévu pour permettre au
mors de l'étrier de prendre position dans l'épaulement ainsi ménagé sur le haut de
la lingotière pour appuyer sur le talon de la plaque de cuivre et la serrer de ce
fait rigidement contre la plaque de base, sur laquelle agit l'autre mors de l'étrier.
Cette modification de la forme de la partie supérieure des grandes plaques conformément
à l'invention rappelle une conformation en "tête de fémur" à la différence toutefois
que la tête décalé est destinée, non pas à s'articuler dans une coupole d'accueil,
mais à servir de prise à un étrier de blocage contre la contre plaque.
[0011] Le décrochement étant volontairement de taille supérieure au mors de l'étrier qu'il
reçoit, l'espace laissé ainsi libre sur l'épaulement en avant du mors constitue un
logement centreur pour la pose aisée d'une réhausse réfractaire.
[0012] On peut dès lors réaliser bien plus aisément que jusqu'ici l'insert en réfractaire
dur "SiAION" prévu à la base de la réhausse. Ainsi, cette réalisation, par assemblage
de tronçons juxtaposés (FR-A-2764533) dont l'alignement des uns avec les autres est
le garant de l'indispensable rectitude du tout assemblé, est exécutée, conformément
à un objet secondaire de l'invention, à partir de tronçons de matière réfractaire
dont chacun est pris à chaud dans une coquille métallique qui leur assure la résistance
mécanique voulue et que l'on monte par enfilade sur une tige de guidage rigide jusqu'à
concurrence de la longueur voulue (égale au maximum à la largeur de la grande plaque),
et aux extrémités de laquelle sont prévus des moyens de serrage élastique afin de
maintenir les tronçons serrés entre eux.
[0013] L'invention sera de toute façon bien comprise, et d'autres aspects et avantages apparaîtront
plus clairement au vu de la description qui suit donnée à titre d'exemple de réalisation
et en référence aux planches de dessins annexées sur lesquelles:
- la figure 1 montre, en coupe verticale, la partie haute d'une machine de coulée continue
de brames pourvue d'une lingotière conforme à l'invention, vue de coté;
- les figures 2 montrent l'insert en réfractaire dur disposé à la base de la réhausse
et constitué de tronçons jointifs assemblés, vu de dessus (fig.2a) et vu de face avant
(fig. 2b).
[0014] En se reportant sur la figure 1, on voit que la tête d'une machine de Coulée Continue
en Charge Verticale de brames d'acier présente, de manière connue et dans le sens
d'extraction du métal coulé donné par la flèche F placée sur l'axe de coulée A (c'est-à-dire
du haut vers le bas sur la figure), un répartiteur 1 contenant un bain de métal en
fusion 2, qu'il distribue à une (ou généralement plusieurs) lingotière 3 placée à
distance en-dessous au moyen d'une busette immergée 4 par lingotière et dont les ouïes
de sortie latérale 5 du métal débouchent à une dizaine de cm sous la surface libre
6 du métal liquide présent dans la lingotière. Celle-ci est schématiquement composée
de deux étages superposés 7 et 8 ayant des fonctions respectives distinctes mais complémentaires.
[0015] L'étage inférieur 7 constitue la partie principale de la lingotière, le cristallisoir,
dont l'élément thermiquement actif 9 a pour rôle premier de donner au métal coulé
un format avec une résistance mécanique de la peau suffisante pour éviter des percées
en aval. Cet élément 9, un tube en cuivre ou plus généralement en alliage de cuivre,
est énergiquement refroidi par une circulation d'eau dans des canaux longitudinaux
10 (montrés en arrière-plan sur la figure) creusés sur sa face externe 11, et définit
par sa surface interne bien lisse un passage intérieur 12 pour le métal coulé.
[0016] L'étage supérieur 8 est formé par une rehausse 13 en matériau réfractaire non refroidi,
dont la paroi intérieure est alignée avec celle de l'élément 9 du cristallisoir.
[0017] Au plan du processus de coulée, le montage "tube métallique refroidi 9 surmonté par
la rehausse réfractaire isolante 8" définit un passage calibrant pour le métal coulé,
dont la portion supérieure au sein de la réhausse constitue une zone-tampon de confinement
des perturbations hydrodynamiques provoquées par l'arrivée du métal en fusion dans
la lingotière au travers des ouïes 5 de la busette 4, et dont la portion qui la prolonge
vers le bas, est une zone de solidification du métal coulé.
[0018] Cette solidification, comme on le voit, s'initie dès le premier contact de l'acier
coulé avec la paroi métallique froide du cristallisoir 7, à savoir déjà sur l'arête
supérieure 15 de l'élément en cuivre 9, et se poursuit vers l'aval en formant une
croûte solide 13 dont l'épaisseur croît progressivement de la périphérie vers le centre
à mesure que le produit coulée descend dans la lingotière. A la sortie de la lingotière,
la croûte 13, épaisse d'un à deux centimètres, est suffisamment solide pour résister
à la pression ferrostatique du coeur encore liquide. Elle poursuit alors sa croissance
centripète jusqu'à solidification totale du produit coulé sous l'effet de rampes d'aspersion
d'eau, non représentées, situées dans la moitié basse de la machine. Une fois complètement
solidifié, le produit obtenu est coupé en tronçons de longueur voulue (les brames)
et ces brames sont alors disponibles pour façonnages ultérieurs (laminage, etc.)
[0019] Dans le cas de la coulée continue de brames que l'on exemplifie ici, l'élément tubulaire
9 est classiquement constitué par quatre plaques (ou parois) assemblées à angle droit:
deux grandes plaques en regard l'une de l'autre (dont une seule, 14, est montrée sur
la figure) et deux petites plaques d'extrémité, non visibles sur la figure, destinées
à fermer latéralement de façon étanche l'espace de coulée 12. Ces plaques en cuivre
ont une épaisseur utile de l'ordre du centimètre afin de permettre d'extraire du métal
coulé le flux de chaleur élevé nécessaire au processus de solidification. C'est toutefois
insuffisant pour assurer en toute sécurité la résistance mécanique requise, face à
la pression ferrostatique et aux contraintes et efforts multiples auxquels l'élément
assemblé 9 est soumis. Aussi, chaque grande plaque 14 est-elle accouplée à une contre-plaque
épaisse en acier 16 à laquelle elle est rigidement fixée. Classiquement, cette fixation
est réalisée par des tirants traversiers 17 dont l'extrémité libre est vissée dans
des inserts 15 enchassés dans lamages prévus à cet effet dans les nervures longitudinales
des grandes plaques 14 délimitant les canaux 10 de circulation d'eau.
[0020] Comme on le voit, la rehausse réfractaire 8 est, elle aussi, formée par deux éléments
distincts superposés:
- un manchon supérieur 18 en matériau réfractaire peu dense, choisi pour ses qualités
thermoisolantes car il s'agit de conserver à l'état liquide la masse de métal coulé
présent au sein de la réhausse. On optera pour un réfractaire fibreux, par exemple
le matériau commercialisé sous la dénomination A 120K par la firme KAPYROK. Au besoin,
une résistance chauffante pourra être incorporée;
- et un élément inférieur 19, appelé "insert", en matériau réfractaire dur, choisi pour
sa bonne tenue mécanique, donc dense. Il s'agit en effet de résister au mieux, en
cet endroit voisin du cristallisoir 7, à l'érosion mécanique de la pointe supérieure
de la croûte solide 13 sur l'arête en cuivre 20, alors que l'ensemble est soumis au
mouvement d'oscillation vertical habituel nécessaire à la réussite de l'opération
de coulée, ainsi qu'aux sollicitations thermo-mécaniques d'une machine fonctionnant
par cycles thermiques imposés par le caractère nécessairement séquentiel du procédé
de coulée lui -même. Un matériau tel que du SiAlON (Sialon (R)), avantageusement dopé
au Nitrure de Bore, pourra parfaitement convenir.
[0021] En contrepartie de cette résistance mécanique accrue, cet insert inférieur 19 est
inévitablement moins isolant de la chaleur que le manchon supérieur 18. Il y a donc,
au contact de sa paroi intérieure alignée avec celle de l'élément en cuivre 9, un
risque de formation possible d'un voile de solidification parasite prématurée du métal
coulé. C'est pour cette raison que l'on a avantage, conformément à une mise en oeuvre
de la coulée en charge déjà connue par ailleurs (EP-A_0620062), d'insuffler un gaz
à la base de la rehausse 8 dans le but de briser le voile de solidification parasite
éventuellement né au dessus sur l'insert 19 et permettre alors un démarrage régulier
et franc de la solidification du métal au contact de l'élément en cuivre 9.
[0022] Ces rappels sur la pratique connue étant faits, on va décrire à présent plus dans
le détail les moyens propre de l'invention.
[0023] En se reportant à nouveau à la figure 1, on voit que les tirants traversiers 17 normalement
situés à la partie haute de la plaque de fond 16, ont été remplacés dans leur fonction
de fixation par un étrier de serrage 22. Cet étrier vient coiffer par le dessus la
plaque de fond 16 et la grande face de cuivre 9 appariée et dont la forme a été modifiée
à cet endroit pour pouvoir offrir prise aisément au mors de l'étrier. La modification
de forme, pour ce qui concerne la plaque de cuivre 9, consiste comme on le voit en
un déhanchement de la partie haute de manière à réaliser un épaulement 23 en retrait
par rapport au plan de la plaque de cuivre 9 pour offrir prise au mors passif 24 de
l'étrier 22 d'une part, et d'autre part pour offrir une embase 25 sur laquelle vient
se poser la réhausse réfractaire 8. Pour ce qui concerne la plaque de fond 16, la
modification de forme est plus banale: du coté "chaud" (vers l'intérieur de la lingotière),
elle présente un lamage 26 coopérant avec l'épaulement 23 de la plaque de cuivre 9,
de l'autre côté, elle comporte un retrait d'amincissement 27 pour pouvoir s'engager
dans l'étrier de serrage 22 en offrant une surface d'appui au mors actif 28.
[0024] Comme on le voit, ce mors 28 est qualifié d'actif car muni de moyens de serrage facilement
accessibles situés du coté "froid" de la lingotière et constitués, dans l'exemple
considéré, par une vis 29 engagée dans un canon fileté 30 traversant le mors 28, l'extrémité
libre de la vis portant sur la plaque de fond 16 pour assurer l'effet d'étau recherché
avec le mors passif 24 sur l'ensemble plaque de fond-plaque de cuivre situé dans l'emprise.
[0025] Une vis 31 de pose-dépose de l'étrier sur la plaque de fond est prévue sur le dessus,
coopérant avec une lumière de passage oblongue 32 pour permettre le jeu de mobilité
nécessaire lors du serrage de la vis latérale 29.
[0026] Selon une caractéristique essentielle de l'invention, l'étrier 22 exerce son action
de serrage, non pas localement, mais tout du long de chaque grande plaque de la lingotière,
ou du moins sur une portion substantielle de celle-ci. La fonction de serrage doit
en effet s'exercer de façon suffisamment répartie pour que les problèmes de déformations
locales "à chaud" de la paroi de la lingotière rencontrés en technologie classique
soient abolis. A cet effet , l'étrier 22 est une pièce allongée dont les mors 24 et
28 sont à prise continue sur tout la longueur, le mors actif 28 étant pourvu d'un
ensemble de vis de serrage 29 réparties sur cette longueur. On peu ainsi disposer
de trois ou quatre étriers juxtaposés à la suite les uns des autres selon la largeur
de la grande face de la lingotière, voire d'un étrier unique qui s'étende sur toute
cette distance.
[0027] Cette réalisation permet en outre de ménager un logement de réception à la masselotte
réfractaire 8. La partie basse de celle-ci est alors découpée en "L" de forme correspondante
au mors passif 24 pour pouvoir, lors de la pose sur l'étrier, se placer automatiquement
en position voulue, bien alignée avec la paroi en cuivre 9. Cet avantage se retrouve
au niveau de l'insert en réfractaire dur 19 à la base de la réhausse. Cet insert 19,
avantageusement en SiAlON est, non pas d'une seule pièce sur toute la largeur des
grandes plaques 14, mais réalisé à partir d'éléments juxtaposés maintenus jointifs
entre eux par serrage. On réalise ainsi un barreau de SiAlON de longueur voulue bien
moins coûteux et bien plus solide qu'un barreau monolithique équivalent que l'on pourrait
se procurer dans le commerce.
[0028] Un moyen de serrage intégré à l'insert est visible sur les figures 2. Sur ces figures,
seul est représenté, en vue partielle, un barreau 33 constitutif de l'insert tel qu'il
apparaît sur chacune des grandes faces de la lingotière. Bien entendu, l'insert 19
fait le tour de la périphérie intérieure de la lingotière. Il se présente donc, une
fois monté, sous la forme d'un cadre rectangulaire dont les côtés, petits et grands,
sont formés par des barreaux rectilignes 33 conformes à celui montré ici, chacun de
longueur égale à la largeur de la paroi de la lingotière qui le reçoit.. Comme on
le voit, le barreau 33 est constitué par assemblage de maillons jointifs juxtaposés
34 maintenus rigidement serrés entre eux par un moyen de serrage, de préférence intégré
au barreau lui-même. Dans l'exemple décrit, ce moyen de serrage est une bride composée
d'un chassis armature à deux branches coulissantes 44, 44' associé à un tirant 35
traversant de part en part chaque maillon. Ce tirant comporte des écrous de serrage
36vissés sur ses extrémités de manière à venir, par l'intermédiaire de la branche
correspondante 44 du chassis, comprimer un empilage de rondelles Belleville 43 en
appui sur les faces latérales libres des deux maillons 34 en bout. Pour permettre
le réglage dimensionnel du chassis de soutien de chaque barreau 33, les deux branches
44, 44' du chassis coulissent l'une sur l'autre dans sa zone centrale par deux portées
46, 46' pourvue de lumières oblongues pour le passage d'une vis de blocage 47 que
l'on fixe une fois réalisé le serrage des maillons 33 par les écrous 36.
[0029] De préférence, le tirant 35 est en position décalée vers la face arrière "froide"du
barreau 33 afin de s'éloigner de sa face "chaude" 37 destinée à venir au contact du
métal en fusion, donc plus sollicitée thermiquement.
[0030] Un tel moyen de serrage est dit "à action globale".Tel un étau, il met en compression
mécanique l'ensemble des maillons 34 en agissant uniquement sur ceux situés en bout
du barreau. Bien entendu, on peut prévoir de précontraindre chaque maillon individuellement
à l'aide du tirant 35. Il suffit pour cela de disposer d'un tirant fileté sur toute
sa longueur est d'ajouter des écrous intermédiaires à la jonction entre deux maillons
consécutifs.
[0031] Conformément à une disposition particulière de l'invention, chaque maillon 34 comporte
en fait deux portions réfractaires: un corps 38 serti "à chaud" dans un caisson en
acier 39, et une tête 40 qui s'épanouit du côté de la face "chaude" 37 de l'insert
en débordant de part et d'autre du caisson 39. Les débordements latéraux 41, 41' sont
soigneusement surfacés pour pouvoir s'appliquer étroitement les uns contre les autres
d'un maillon 34 au suivant et ne pas offrir des joints 42 trop larges dans lesquels
s'infiltrerait le métal en fusion coulé. On a d'ailleurs avantage, comme le montre
la figure 2a, de conformer en "tenon-mortaise" 45 les faces frontales jointives des
maillons 34 pour favoriser leur emboîtement et, par conséquent, leur alignement mutuel
ainsi que l'étanchéité des zones de jonction à l'égard des infiltrations possibles
de métal liquide.
[0032] Il va de soi que l'invention n'est pas limitée à l'exemple décrit, mais s'étend à
de multiples variantes ou équivalents dans la mesure où ses caractéristiques essentielles
données dans les revendications jointes sont reproduites.
[0033] Il doit par ailleurs être noté que si l'invention a été initialement faite spécifiquement
pour la coulée de brames et autres formats allongés, elle n'en demeure pas moins applicable
à la coulée de produits de format quelconque dans la mesure bien entendu où de tels
produits peuvent être coulés selon la technique de la coulée continue en charge.
[0034] De même l'invention s'applique à la coulée continue non seulement de l'acier, mais
tout autre métal coulable en continu et notamment les métaux à plus bas point de fusion
que l'acier que sont l'aluminium ou le cuivre.
1. Lingotière à section large pour la coulée continue verticale en charge des métaux
comprenant un élément tubulaire métallique (9) refroidi par circulation d'un fluide
de refroidissement à son contact (10) et surmonté par une réhausse (8) en matériau
réfractaire thermo-isolant, intérieurement alignée avec lui, ledit élément (9) étant
formé par assemblage de plaques métalliques définissant un passage calibrant (12)
pour le métal coulé, certaines (14) desdites plaques, qualifiées de "grandes parois",
étant chacune adossée à une contre-plaque de renforcement (16) à laquelle elle est
rigidement fixée, lingotière caractérisée en ce que la partie supérieure de chaque
grande paroi (14) présente un épaulement (23) en retrait par rapport au passage intérieur
(12) pour le métal coulé afin d'offrir prise à l'un (24) des mors d'un étrier de serrage
(22), de forme allongée assurant une prise répartie continue selon la largeur de ladite
grande paroi (14), et venant coiffer par le dessus cette dernière et sa contre plaque
associée (16) en prise sur l'autre mors (28) dudit étrier, des moyens de réglage (29,30)
du serrage des plaque (14) et contre-plaque (16) entre elles étant prévus sur ledit
étrier (22), et en ce que ledit épaulement (23) ménage un espace laissé libre par
l'étrier (22) pour recevoir en position la réhausse réfractaire (8).
2. Lingotière de coulée continue selon la revendication 1, caractérisée en ce que la
partie basse de la réhausse réfractaire (8) est conformée en "L" coopérant avec le
dessus de l'étrier (22) sur lequel ladite réhausse repose.
3. Lingotière de coulée continue selon la revendication 1, caractérisée en ce que la
base de la réhausse réfractaire (8) est constituée par un anneau (19) en matériau
réfractaire dur et lisse dont la partie relative à chaque grande paroi (14) est un
barreau rectiligne formé par un assemblage jointif de maillons élémentaires (34) alignés
les uns à la suite des autres et maintenus serrés entre eux par des moyens de serrage
(35,36) propre audit barreau.
4. Lingotière de coulée continue selon la revendication 3, caractérisée en ce que chaque
maillon élémentaire (34) constitutif d'un barreau rectiligne formant l'anneau réfractaire
(19) présente, en face "chaude" (37), un épanouissement (40) débordant des limites
d'un caisson de renfort (39) qui l'emprisonne.
5. Lingotière de coulée continue selon la revendication 1, caractérisée en ce que le
mors actif de l'étrier de serrage (22) pourvu de moyens de réglage du serrage est
le mors (28) en prise sur la contre-plaque de renforcement (16).
6. Lingotière de coulée continue selon la revendication 1, caractérisé ce que les moyens
de fixation de chaque grande paroi (14) à sa contre-plaque de renforcement associée
(16) et situés en dehors de la partie haute de l'élément tubulaire (9) sont constitués
par des tirants traversiers (17) répartis en hauteur et en largeur sur ladite grande
paroi (14).