[0001] L'invention concerne le domaine de l'industrie automobile. Plus précisément, elle
concerne un ensemble charnière pour une porte battante latérale de véhicule automobile
comportant un arrêt de porte intégré.
[0002] Généralement, l'industrie automobile emploie trois éléments pour permettre la fixation,
la rotation et le maintien dans une position angulaire prédéfinie d'une porte battante
latérale de véhicule. Ces éléments sont une charnière supérieure et une charnière
inférieure permettant toutes deux la fixation et la rotation de la porte, et un système
d'arrêt de porte permettant le maintien de la porte dans une ou plusieurs positions
angulaires prédéfinies. Le système d'arrêt de porte a également pour fonction d'arrêter
la porte lorsque la pleine ouverture de celle-ci est atteinte.
[0003] Dans certains cas, l'une au moins des deux charnières comporte un dispositif d'arrêt
de porte qui lui est intégré. De telles charnières de porte avec arrêt de porte intégré
sont décrites, notamment, dans les documents suivants : DE 29806087, DE 19642597,
EP 794 308, DE 29604089, DE 19606186, EP 769 600. Elles comportent notamment un ressort
en fil, travaillant en torsion et roulant sur une série de galets.
[0004] Les charnières avec arrêt de porte intégré existant sur le marché comportent divers
inconvénients. En premier lieu, elles sont plus encombrantes que les charnières classiques
du fait de la présence du système d'arrêt de porte. L'environnement du véhicule doit
donc autoriser un volume important pour permettre le montage de ce type de charnière.
D'autre part, du fait que les dispositifs d'arrêt de porte comportent des pièces métalliques
en frottement les unes sur les autres, ils émettent un claquement ou un grincement
pendant la manoeuvre de la porte. Les constructeurs automobiles souhaitent aujourd'hui
l'élimination de ce type de bruit, désagréable pour l'utilisateur. De plus, le frottement
entre les pièces métalliques use le revêtement anticorrosion qu'elles peuvent comporter
avant leur montage ; on crée ainsi la possibilité d'une corrosion de ces mêmes pièces.
Enfin, dans le but d'atténuer les bruits de fonctionnement du système d'arrêt de porte,
il est habituel d'effectuer un graissage de ce système en fin de montage du véhicule.
Mais il est périodiquement nécessaire de renouveler ce graissage lors des opérations
d'entretien du véhicule; et les constructeurs automobiles souhaiteraient éliminer
cette étape de graissage. De plus, les impuretés s'accumulent à l'intérieur de la
graisse au cours de la vie du véhicule, ce qui peut causer une abrasion des pièces
lors de leur frottement.
[0005] Le but de l'invention est de proposer aux constructeurs automobiles un ensemble charnière
pour porte battante de véhicule comportant un système d'arrêt de porte intégré exempt
d'au moins certains des inconvénients précités. En particulier, optimalement un tel
dispositif devrait être peu encombrant, ne devrait pas causer de bruit indésirable
pendant son fonctionnement, et ne pas nécessiter de graissage au cours de la vie du
véhicule.
[0006] A cet effet, l'invention a pour objet un ensemble charnière pour porte battante de
véhicule automobile caractérisé en ce qu'il comprend :
- un premier charnon, dit charnon fixe, comportant une première partie d'orientation
générale rectiligne horizontale munie d'au moins un perçage horizontal permettant
sa fixation sur un élément de carrosserie fixe dudit véhicule, et une seconde partie
d'orientation générale rectiligne horizontale sensiblement perpendiculaire à celle
de ladite première partie, et dont l'extrémité comporte un perçage vertical pour le
logement de l'axe de rotation de la charnière ;
- un second charnon, dit charnon mobile, d'orientation générale verticale, comportant
à chacune de ses extrémités des perçages permettant sa fixation à ladite porte et
comportant deux zones planes sensiblement horizontales, pourvues chacune d'un perçage
vertical, de manière à pouvoir être traversées par l'axe de rotation de la charnière,
et comportant chacune une came crantée ;
- deux galets d'appui destinés à être maintenus au contact d'une came correspondante
du charnon mobile ;
- un ressort maintenu dans ledit charnon fixe et comportant deux branches verticales
insérées dans lesdits galets, et travaillant principalement en flexion de manière
à faire exercer par lesdits galets une pression contre lesdites cames ; et
- un axe de rotation permettant l'articulation du charnon mobile sur le charnon fixe.
[0007] Comme on l'aura compris, l'invention consiste à équiper le charnon mobile de deux
cames crantées, contre lesquelles un ressort, maintenu par le charnon fixe et travaillant
principalement en flexion, plaque deux galets.
[0008] L'invention sera mieux comprise à l'aide de la description qui suit, donnée en référence
aux figures annexées suivantes :
- la figure 1 qui montre un ensemble charnière selon l'invention monté sur un véhicule
et vu en perspective ;
- la figure 2 qui montre ce même ensemble charnière en vue éclatée ;
- la figure 3 qui montre un détail d'une variante de l'invention.
[0009] L'ensemble charnière selon l'invention comporte un premier charnon, dit charnon fixe
1. Il est réalisé en un matériau métallique tel que l'acier, de préférence revêtu
d'une couche protectrice contre la corrosion, ou un alliage d'aluminium. Il comporte
une première partie 2 d'orientation générale rectiligne horizontale, munie de deux
perçages horizontaux 3, 4 permettant sa fixation sur un élément de carrosserie fixe
5 d'un véhicule au moyen de vis (non représentées) ou de tout autre moyen équivalent.
Ce charnon fixe 1 comporte une seconde partie 6, d'orientation générale rectiligne
horizontale sensiblement perpendiculaire à l'orientation de ladite première partie
2. A l'extrémité de cette seconde partie 6, se trouve un perçage vertical ou sensiblement
vertical 7, dans lequel vient se loger l'axe de rotation 8 de la charnière.
[0010] L'ensemble charnière comporte un second charnon, dit charnon mobile 9. Celui-ci est
d'orientation générale verticale, et comporte à chacune de ses extrémités un perçage
10, 11, permettant sa fixation à une porte de véhicule 12 au moyen de vis de fixation
(non représentées) ou de tout autre moyen équivalent. Dans sa partie centrale, le
charnon mobile 9 comporte deux zones planes 13, 14 sensiblement horizontales. Elles
comportent chacune un perçage vertical 15, 16 qui est traversé par l'axe de rotation
8 de la charnière lorsque celle-ci est montée. Les zones planes 13, 14 comportent
également chacune une came crantée 17, 18. Dans l'exemple représenté, les cames 17,
18 comportent quatre crans correspondant respectivement à une position fermée de la
porte 12 (comme représenté sur la figure 1), deux positions possibles d'ouverture
partielle de la porte 12 et une position d'ouverture totale de la porte 12. Afin qu'il
présente en permanence une bonne résistance à la corrosion, en particulier dans les
zones soumises à des frottements que constituent les cames 17, 18, le charnon mobile
9 est réalisé de préférence en un métal non corrodable, tel qu'un alliage d'aluminium.
[0011] Un ressort assure la fonction d'arrêt de porte, en coopération avec les cames 17,
18. Ce ressort 19 comporte deux branches verticales 20, 21 insérées dans des galets
d'appui 22, 23 comportant des épaulements 24, 25, 26, 27. A la suite des branches
verticales 20, 21, le ressort 19 comporte deux branches horizontales 28, 29, reliées
par une troisième branche verticale 30. Lorsque l'ensemble charnière est monté sur
le véhicule, cette troisième branche verticale 30 est logée dans une gorge 31 ménagée
sur la face du charnon fixe 1 tournée vers l'élément de carrosserie 5 auquel le charnon
fixe 1 est solidarisé. Le ressort 19 est ainsi maintenu entre le charnon fixe 1 et
l'élément de carrosserie 5. Le charnon fixe 1 comporte également deux excroissances
verticales 32, 33, sur les côtés desquelles s'appuient les branches horizontales 28,
29 du ressort 19 lorsque l'ensemble charnière est monté. Cet appui permet au ressort
19 de travailler principalement en flexion, de manière à faire exercer par les galets
22, 23 une pression sur les cames 17, 18 du charnon mobile. Les galets 22, 23 viennent
ainsi se loger dans les crans des cames 17, 18 correspondant au degré d'ouverture
de la porte 12 que l'on veut imposer. Lorsque l'utilisateur désire ouvrir ou fermer
la porte 12, la rotation de la porte 12 autour de l'axe 8 fait exercer par les cames
17, 18 une pression contre les galets 22, 23. Ceux-ci sont dégagés des crans des cames
17, 18 et viennent se placer dans les crans correspondant à la nouvelle position désirée
pour la porte 12. Le ressort 19 oppose une certaine résistance au déplacement de la
porte 12, insuffisante pour empêcher ce déplacement. Mais la raideur du ressort 19
est calculée pour qu'il permette un maintien efface en position de la porte 12, du
fait de la pression qu'il fait exercer par les galets 22, 23 sur les cames 17, 18.
[0012] Les distances entre les épaulements 24, 25 du galet 22 et les épaulements 26, 27
du galet 23 sont égales sensiblement à l'épaisseur des cames 17, 18, de telle manière
que les galets soient maintenus eux-mêmes en position contre les cames 17, 18.
[0013] L'axe de rotation 8 est de préférence maintenu en position guidée en rotation à l'intérieur
du perçage 7 par des bagues autolubrifiantes 34, 35.
[0014] Préférentiellement, les galets 22, 23 sont réalisés non en un matériau métallique,
mais en une matière plastique. L'avantage d'une telle réalisation est que l'on obtient
ainsi un frottement métal-plastique entre les galets 22, 23 et les cames 17, 18. Par
rapport à une configuration où les galets 22, 23 seraient métalliques, on supprime
les bruits liés au contact métal-métal, et la nécessité d'un graissage pour les diminuer.
Cependant, si les opérations de cataphorèse, de peinture et de vernissage du véhicule
ont lieu alors que la porte et son ensemble charnière sont déjà assemblés, il est
nécessaire que la matière plastique constituant les galets 22, 23 puisse résister
à des températures de l'ordre de 200°C. Cependant, si le but essentiel recherché est
l'obtention d'un ensemble charnière peu encombrant, il demeurerait dans l'esprit de
l'invention de réaliser ces galets 22, 23 en un matériau métallique, de préférence
résistant à la corrosion. L'atténuation des bruits de fonctionnement est réalisée
alors classiquement par graissage.
[0015] En variante, on peut munir chacun des galets 22, 23 (quel que soit leur matériau
constitutif) d'une bague en un matériau autolubrifiant (tel que du PTFE) qui assure
le frottement entre le galet 22, 23 et la branche 20, 21 du ressort 19 correspondante.
[0016] Un avantage de l'ensemble charnière selon l'invention est que le fait d'utiliser
deux galets 22, 23 permet de bien répartir l'effort de maintien exercé sur l'ensemble
charnière. Cet effort ne crée pas de couple et évite un porte-à-faux au niveau de
la charnière, grâce à la symétrie de la construction de l'ensemble.
[0017] De préférence, le charnon mobile 9 comporte dans sa partie centrale une surface plane
verticale 36 qui vient en butée contre le charnon fixe 1 lorsque la porte 12 est en
position totalement ouverte.
[0018] En variante, on peut prévoir que les surfaces externes des galets 22, 23 présentent
une forme concave et supprimer les épaulements 24, 25 et 26, 27, comme représenté
sur la figure 3. Dans ces conditions, on confère aux parties saillantes constituant
les crans des cames une forme convexe correspondante à ladite forme concave. C'est
ce qui est représenté sur la figure 3, où le galet 22, traversé par la branche verticale
20 du ressort 19, a une surface externe 37 concave, faite pour venir s'insérer entre
les parties saillantes 38, 39, 40 de la came 17. Ces parties saillantes ont elles-mêmes
une forme convexe correspondant à la forme concave de la surface externe 37. On obtient
ainsi un autocentrage du galet 22 sur la came 17. De cette façon, si au cours de la
vie de l'ensemble charnière, une usure du galet 22 se produit, celle-ci peut être
automatiquement compensée par un basculement du galet 22, de manière à conserver la
qualité de son contact avec la came 17. La suppression des épaulements 24, 25, 26,
27 permet de ne pas gêner cette possibilité de basculement.
[0019] Grâce à l'invention, les constructeurs automobiles peuvent disposer d'un ensemble
charnière de conception simple, comportant un nombre très réduit de pièces, facile
à monter et d'un faible encombrement. Au choix du constructeur, il est possible d'équiper
la porte du véhicule soit de deux ensembles charnière selon l'invention, soit d'un
seul ensemble charnière selon l'invention et d'un ensemble charnière de type conventionnel,
dépourvu de dispositif d'arrêt de porte. A cet effet, un dispositif, selon l'invention,
duquel on aurait ôté le ressort 19 et les galets 22, 23, serait utilisable.
1. Ensemble charnière pour porte battante (12) de véhicule automobile avec arrêt de porte
intégré, caractérisé en ce qu'il comprend
- un premier charnon (1), dit charnon fixe, comportant une première partie (2) d'orientation
générale rectiligne horizontale, munie d'au moins un perçage horizontal (3, 4) permettant
sa fixation sur un élément de carrosserie fixe (5) dudit véhicule, et une seconde
partie (6) d'orientation générale rectiligne horizontale sensiblement perpendiculaire
à celle de ladite première partie (2), et dont l'extrémité comporte un perçage vertical
(7) pour le logement de l'axe de rotation (8) de la charnière ;
- un second charnon (9), dit charnon mobile, d'orientation générale verticale, comportant
au moins un perçage (10, 11) permettant sa fixation à ladite porte (12) et comportant
deux zones planes (13, 14) sensiblement horizontales, pourvues chacune d'un perçage
vertical (15, 16) de manière à pouvoir être traversées par l'axe de rotation (8) de
la charnière et comportant chacune une came crantée (17, 18) ;
- deux galets d'appui (22, 23) destinés à être maintenus au contact d'une came correspondante
(17, 18) du charnon mobile (9) ;
- un ressort (19) maintenu dans ledit charnon fixe (1) et comportant deux branches
verticales (20, 21) insérées dans lesdits galets (22, 23), et travaillant principalement
en flexion de manière à faire exercer par lesdits galets (22, 23) une pression contre
lesdites cames (17, 18) ; et
- un axe de rotation (8) permettant l'articulation du charnon mobile (9) sur le charnon
fixe (1).
2. Ensemble charnière selon la revendication 1, caractérisé en ce que ledit ressort (19)
comporte, à la suite desdites branches verticales (20, 21), deux branches horizontales
(28, 29) reliées par une troisième branche verticale (30), et en ce que ledit charnon
fixe (1) comporte une gorge (31) ménagée sur sa face destinée à être tournée vers
ledit élément de carrosserie (5), destinée à recevoir la troisième branche verticale
(30) du ressort (19), et deux excroissances verticales (32, 33) ménagées sur la première
partie rectiligne (2) du charnon fixe (1) destinées à constituer des points d'appui
pour lesdites branches horizontales (28, 29) du ressort (19) permettant audit ressort
(19) de travailler principalement en flexion.
3. Ensemble charnière selon la revendication 1 ou 2, caractérisé en ce que le charnon
mobile (9) comporte une surface plane verticale (36) venant en butée contre ledit
charnon fixe lorsque la porte (12) est en position totalement ouverte.
4. Ensemble charnière selon l'une quelconque des revendications 1 à 3, caractérisé en
ce que lesdits galets (22, 23) sont réalisés en matière plastique.
5. Ensemble charnière selon l'une quelconque des revendications 1 à 4, caractérisé en
ce que lesdits galets (22, 23) sont munis d'une bague en un matériau autolubrifiant
qui assure le frottement entre le galet (22, 23) et la branche (20, 21) du ressort
(19) insérée dans ledit galet (22, 23).
6. Ensemble charnière selon l'une quelconque des revendications 1 à 4, caractérisé en
ce que lesdits galets (22) ont une surface externe (37) de forme concave et en ce
que les parties saillantes (38, 39, 40) constituant les crans des cames (17, 18) ont
une forme convexe correspondante à ladite forme concave de la surface externe (37)
desdits galets (22).