[0001] La présente invention concerne les monte-matériaux, du genre de ceux constitués par
une structure en échelle ou en poutre servant de chemin de roulement pour un chariot
apte à supporter une charge, et comportant un treuil à câble motorisé utilisé pour
tracter le chariot le long du chemin de roulement, le câble qui relie le treuil au
chariot passant sur une poulie de renvoi située sur la tête de ladite structure. Plus
particulièrement, l'invention s'intéresse à un monte-matériaux de ce genre, dans lequel
le chariot porte une benne basculante, apte à recevoir un matériau tel que du béton
pouvant être déversé par basculement de la benne.
[0002] Les monte-matériaux du genre ici considéré, connus par exemple par le document FR
2683516 A, permettent d'amener des charges en hauteur, depuis le sol, en particulier
d'élever des matériaux de construction jusqu'au niveau de la toiture d'un bâtiment,
lors de travaux de construction ou de rénovation.
[0003] Lorsqu'il s'agit d'amener et de couler du béton au niveau de la toiture, on peut
utiliser un monte-matériaux à benne basculante, recevant le béton. Lorsque le chariot,
tracté par le treuil le long du chemin de roulement, parvient dans sa position de
fin de course supérieure, au sommet de la structure en échelle ou en poutre, la benne
est basculée vers l'avant pour déverser le béton à l'endroit où celui-ci doit être
coulé.
[0004] Dans cette utilisation particulière des monte-matériaux du genre ici concerné, il
convient de pouvoir amener le chariot, et plus particulièrement la benne, le plus
près possible du sol pour effectuer le chargement en béton de la benne, à partir d'une
bétonnière de type courant. De plus, en ce qui concerne la position de fin de course
supérieure du chariot, ce chariot et sa benne doivent être amenés au plus près de
l'extrémité haute de la structure en échelle ou en poutre, de telle sorte que le basculement
de la benne s'effectue au-delà de la tête de ladite structure et, en particulier,
au-delà de la poulie de renvoi du câble qui est située à cet endroit.
[0005] Compte tenu du dimensionnement habituel des monte-matériaux, et notamment de leurs
chariots, il existe ici une difficulté pour, d'une part, pouvoir amener la benne le
plus bas possible en vue de son chargement et, d'autre part, amener la même benne
le plus en avant, au-delà de la tête de la structure en échelle ou en poutre, afin
de déverser le béton en avant de cette tête. Ce problème est notamment lié au fait
que l'axe horizontal de support et de basculement de la benne occupe habituellement
une position fixe, relativement au chariot.
[0006] La présente invention vise à résoudre ce problème, en fournissant un monte-matériaux
du genre concerné, dont le réceptacle ou support de charge, notamment constitué par
une benne basculante, puisse à la fois être amené très près du sol lorsque le chariot
est en position de fin de course basse, et être amené très en avant lorsque le chariot
atteint sa position de fin de course haute, la solution technique proposée restant
simple du point de vue de la structure et du fonctionnement.
[0007] A cet effet, l'invention a essentiellement pour objet un monte-matériaux du genre
ici concerné, dans lequel le chariot comprend, d'une part, un châssis principal directement
monté roulant sur le chemin de roulement formé par la structure en échelle ou en poutre,
et d'autre part, un cadre mobile monté déplaçable en translation, parallèlement audit
chemin de roulement, sur le châssis principal, de manière à pouvoir être déplacé entre
une position haute ou avancée et une position basse ou reculée par rapport à ce châssis,
le cadre mobile recevant un support ou réceptacle de charge, tel que benne basculante,
et ce cadre mobile étant lié à une extrémité du câble actionné par le treuil, de telle
sorte que :
- la traction exercée sur le câble maintient le cadre mobile en position haute ou avancée
par rapport au châssis principal du chariot, ce châssis pouvant ainsi être entraîné
par l'intermédiaire du cadre, et
- seulement lorsque le châssis principal du chariot atteint sa position de fin de course
basse, le cadre mobile peut être déplacé en translation relativement audit châssis
vers sa position basse ou reculée.
[0008] Ainsi, l'invention fournit une configuration de chariot, permettant à une partie
(cadre mobile) de ce chariot de décrire une course supplémentaire, et en particulier
un supplément de course vers le bas, amenant le support ou réceptacle de charge très
près du sol, sans empêcher ce support ou réceptacle de charge de parvenir aussi très
en avant, lorsque le chariot arrive en position de fin de course haute. Le mécanisme
proposé à cet effet est particulièrement simple, puisqu'il ne nécessite aucun moyen
spécial pour déplacer le cadre mobile relativement au châssis principal du chariot,
le câble actionné par le treuil suffisant à l'obtention de l'ensemble des déplacements,
en combinaison avec des butées et contacts de fin de course simples.
[0009] Certes, le document EP 0341563 A prévoit déjà, dans un monte-matériaux du genre concerné,
un chariot comprenant un châssis principal, monté roulant sur le chemin de roulement
formé par la structure en échelle, et un cadre déplaçable en translation sur le châssis
principal, parallèlement au chemin de roulement, mais ce document n'indique pas la
finalité de cette disposition, et en particulier il n'explique pas dans quelles circonstances
de fonctionnement le cadre mobile se déplacerait relativement au châssis principal
; le cadre mobile étant relié par un ressort au châssis de base, il s'agit apparemment
d'une simple suspension.
[0010] De plus, ce document ne précise pas comment le câble de traction est lié au chariot
; en particulier, il n'est pas précisé si ce câble est attaché au châssis de base
ou au cadre mobile, alors que ce point est particulièrement important pour déterminer
le fonctionnement du monte-matériaux selon la présente invention.
[0011] Dans un mode de réalisation préféré de la présente invention le réceptacle de charge
est une benne basculante, et le cadre mobile du chariot possède des paliers latéraux
de support et de pivotement de la benne basculante, la configuration d'ensemble étant
alors telle que :
- lorsque le chariot est en position de fin de course basse, la course supplémentaire
du cadre mobile vers le bas amène la benne très près du sol, pour faciliter son chargement,
notamment son remplissage en béton à partir d'une bétonnière ;
- lorsque le chariot atteint sa position de fin de course haute, la position avancée
du cadre mobile sur le châssis principal permet au basculement de la benne de s'effectuer
en avant de la tête de la structure en échelle ou en poutre, le déversement du matériau
tel que béton se faisant ainsi en avant de la poulie de renvoi du câble.
[0012] Pour assurer le déplacement en translation du cadre mobile, relativement au châssis
principal du chariot, le cadre mobile comporte avantageusement des galets de guidage
latéraux, montés dans des glissières latérales du châssis principal ; ces glissières
sont fermées, au moins à leurs extrémités supérieures, pour constituer des butées
qui positionnent le cadre mobile, relativement au châssis principal, dans sa position
haute ou avancée, et qui permettent l'entraînement du châssis principal par l'intermédiaire
du cadre.
[0013] Le cadre mobile comporte encore avantageusement, dans sa partie centrale, une patte
ou chape servant à l'amarrage de l'extrémité correspondante du câble actionné par
le treuil.
[0014] Selon un mode de réalisation particulier de l'invention, le châssis principal du
chariot est constitué de deux demi-châssis opposés en "U", assemblés entre eux de
façon démontable par leurs longerons respectifs, constitués par des cornières, la
réunion de ces cornières formant les glissières latérales, dans lesquelles le cadre
mobile est rendu prisonnier lorsque les deux demi-châssis sont assemblés entre eux,
tandis que la séparation de ces deux demi-châssis permet le montage ou démontage du
cadre mobile.
[0015] L'invention sera mieux comprise à l'aide de la description qui suit, en référence
au dessin schématique annexé représentant, à titre d'exemple, une forme d'exécution
de ce monte- matériaux :
Figure 1 est une vue d'ensemble, de côté, d'un monte-matériaux conforme à la présente
invention, avec indication de plusieurs positions du chariot ;
Figure 2 est une vue en coupe transversale, à échelle agrandie, de ce monte-matériaux
avec son chariot ;
Figure 3 est une vue de côté du chariot et de son chemin de roulement, en correspondance
avec la figure 2 ;
Figure 4 est une vue en perspective éclatée du chariot seul.
[0016] La figure 1 représente, schématiquement, un monte-matériaux qui comprend une structure
1 en forme d'échelle ou de poutre, et plus particulièrement, dans l'exemple illustré,
en forme de poutre en treillis de section triangulaire (voir aussi figure 2). La structure
1 est constituée par une succession d'éléments emboîtés les uns dans les autres, en
particulier des éléments rectilignes, et un élément de raccordement curviligne ou
« genouillère » 2. L'extrémité inférieure de la structure 1 repose sur le sol 3, tandis
que sa partie supérieure est située au niveau de la toiture d'un bâtiment 4 en cours
de construction ou de rénovation. Grâce à la genouillère 2, le ou les éléments supérieurs
de la structure 1 possèdent une inclinaison adaptée à la pente de la toiture du bâtiment
4.
[0017] La structure 1 forme, par deux de ses membrures 5, un chemin de roulement pour un
chariot 6, et plus particulièrement pour un chariot équipé d'une benne basculante
7, montée pivotante autour d'un axe horizontal 8.
[0018] Un treuil à câble motorisé 9 est prévu à l'extrémité inférieure de la structure 1.
La tête 10 de la structure 1, à l'opposé du treuil 9, est équipée d'une poulie de
renvoi 11, sur laquelle passe un câble 12 qui est actionné par le treuil 9 et qui
sert à tracter le chariot 6 le long du chemin de roulement 5, l'extrémité du câble
12 étant liée au chariot 6 (d'une manière précisée plus loin).
[0019] En se référant aussi aux figures 2 à 4, on décrira maintenant, dans le détail, la
réalisation du chariot 6. Celui-ci comprend, d'une part, un châssis principal 13 et,
d'autre part, un cadre mobile 14, la benne basculante 7 étant portée par le cadre
mobile 14.
[0020] Le châssis principal 13 est lui-même constitué, comme le montre la figure 4, de deux
demi-châssis opposés en « U » 15 et 16, chaque demi-châssis 15 ou 16 comportant deux
longerons, formés par des cornières, reliés à une extrémité par une traverse. Les
deux demi-châssis 15 et 16 sont réunis et assemblés l'un à l'autre, par vissage, de
telle sorte que leurs longerons correspondants, réunis, forment deux glissières latérales
17, fermées à leurs extrémités supérieures et inférieures par les traverses.
[0021] L'un des demi-châssis 15 porte des galets de guidage latéraux 18, groupés par paires,
qui prennent place de part et d'autre du chemin de roulement formé par la structure
1.
[0022] Le cadre mobile 14 possède deux parties latérales triangulaires 19, reliées entre
elles par des traverses 20. Les deux parties latérales triangulaires 19 portent, respectivement,
deux paliers latéraux 21 de support et de pivotement de la benne basculante 7, celle-ci
étant pourvue de tourillons latéraux reposant dans les paliers 21.
[0023] Le cadre mobile 14 comporte des galets de guidage latéraux 22, qui sont engagés et
emprisonnés dans les glissières latérales 17 du châssis principal 13. Compte tenu
de la longueur de ces glissières 17, le cadre mobile 14 est déplaçable en translation,
sur le châssis principal 13, entre une position haute ou avancée A (figure 3) et une
position basse ou reculée B (voir figure 1, en bas). Ces deux positions sont définies
par des butées résultant des éléments (traverses) qui ferment les glissières 17 à
leurs extrémités supérieures et inférieures. En particulier, une butée supérieure
est formée par les extrémités d'une traverse 23 du demi-châssis 15.
[0024] L'une des traverses 20 du cadre mobile 14 comporte, dans sa partie centrale, une
patte ou chape 24, faisant saillie du côté opposé à la benne basculante 7. L'extrémité
du câble 12 , actionné par le treuil 9, est amarrée à la patte ou chape 24, par l'intermédiaire
d'une goupille transversale 25, un dispositif parachute étant prévu à cet endroit.
[0025] Lorsque le chariot 6 occupe une position intermédiaire quelconque sur le chemin de
roulement, le cadre mobile 14, retenu par le câble 12, occupe sa position haute ou
avancée A, par rapport au châssis principal 13, lequel occupe sa position la plus
basse par l'effet de la gravité. L'actionnement du câble 12 par le treuil 9, dans
un sens ou dans l'autre, entraîne le cadre mobile 14 vers le haut ou vers le bas,
le châssis principal 13 « suivant » le cadre 14. Ainsi, le chariot 6 est entraîné
par l'intermédiaire de son cadre mobile 14, qui porte la benne basculante 7.
[0026] Lorsque le chariot 6, déplacé vers le bas, atteint sa position de fin de course inférieure
(voir figure 1, en bas), le châssis principal 13 est arrêté d'abord par une butée.
A partir de là, le cadre mobile 14, déplacé directement par le câble 12, peut encore
décrire une certaine course vers le bas, l'amenant (relativement au châssis principal
13) dans sa position basse ou reculée B. La benne basculante 7, portée par le cadre
mobile 14, est ainsi amenée elle-même dans une position basse, très proche du sol
3, ce qui facilite son chargement, notamment son remplissage en béton, suivant la
flèche F, à partir d'une bétonnière (non représentée).
[0027] Lorsque le chariot 6, déplacé vers le haut, atteint sa position de fin de course
supérieure (voir figure 1, en haut), le cadre mobile 14 qui se trouve en position
haute ou avancée A, relativement au châssis principal 13, parvient dans une position
très avancée, au niveau de la tête 10 de la structure 1. Le basculement de la benne
7 peut alors s'effectuer en avant de la tête 10 de la structure 1, comme le montre
le tracé en traits mixtes de la figure 1. Le déversement de béton à couler se fait
ainsi en avant de la poulie de renvoi 11 du câble 12.
[0028] Le fonctionnement du treuil 9 est contrôlé par des contacts de fin de course, non
représentés, qui interviennent lorsque le chariot 6 atteint ses positions de fin de
course inférieure et supérieure. En particulier, le contact de fin de course inférieur
est disposé de manière à être actionné par le cadre mobile 14 (et non par le châssis
principal 13), pour permettre au cadre 14 d'effectuer sa course supplémentaire de
descente, alors que le châssis 13 se trouve déjà arrêté dans sa position la plus basse.
[0029] L'on ne s'éloignerait pas de l'objet de l'invention, telle que définie dans les revendications
annexées :
- par des modifications de détail de la structure du châssis principal et/ou du cadre
mobile du chariot ;
- par l'application du même dispositif à un chariot dont le support ou récepteur de
charge est autre qu'une benne basculante ;
- par l'utilisation de ce dispositif sur un monte-matériaux dont la structure en échelle
ou en poutre possède toute inclinaison adaptée, un montage vertical de cette structure
n'étant pas à exclure.
1. Monte-matériaux, constitué par une structure en échelle ou en poutre (1) servant de
chemin de roulement (5) pour un chariot (6) apte à supporter une charge, et comportant
un treuil à câble motorisé (9) utilisé pour tracter le chariot (6) le long du chemin
de roulement (5), le câble (12) qui relie le treuil (9) au chariot (6) passant sur
une poulie de renvoi (11) située au niveau de la tête (10) de ladite structure (1),
caractérisé en ce que le chariot (6) comprend, d'une part, un châssis principal (13) directement monté
roulant sur le chemin de roulement (5) formé par la structure en échelle ou en poutre
(1), et d'autre part, un cadre mobile (14), monté déplaçable en translation, parallèlement
audit chemin de roulement (5), sur le châssis principal (13), de manière à pouvoir
être déplacé entre une position haute ou avancée (A) et une position basse ou reculée
(B) par rapport à ce châssis (13), le cadre mobile (14) recevant un support ou réceptacle
de charge, tel que benne basculante (7), et ce cadre mobile (14) étant lié à une extrémité
du câble (12) actionné par le treuil (9), de telle sorte que :
- la traction exercée sur le câble (12) maintient le cadre mobile (14) en position
haute ou avancée par rapport au châssis principal (13) du chariot (6), ce châssis
principal (13) pouvant ainsi être entraîné par l'intermédiaire du cadre (14), et
- seulement lorsque le châssis principal (13) du chariot (6) atteint sa position de
fin de course basse, le cadre mobile (14) peut être déplacé en translation relativement
audit châssis (13) vers sa position basse ou reculée (B).
2. Monte-matériaux selon la revendication 1, caractérisé en ce que le réceptacle de charge
est une benne basculante (7), en ce que le cadre mobile (14) du chariot (6) porte des paliers latéraux (21) de support et de pivotement de la benne basculante (7), et en ce que, lorsque le chariot (6) atteint sa position de fin de course haute,
la position avancée (A) du cadre mobile (14) sur ledit châssis principal (13) permet
au basculement de la benne (7) de s'effectuer en avant de la tête (10) de la structure
en échelle ou en poutre (1).
3. Monte-matériaux selon la revendication 1 ou 2, caractérisé en ce que le cadre mobile
(14) du chariot (6) comporte des galets de guidage latéraux (22), montés dans des
glissières latérales (17) du châssis principal (13) du chariot (6), les glissières
(17) étant fermées, au moins à leurs extrémités supérieures, pour constituer des butées
(23) qui positionnent le cadre mobile (14), relativement au châssis principal (13),
dans sa position haute ou avancée (A), et qui permettent l'entraînement du châssis
principal (13) par l'intermédiaire du cadre (14).
4. Monte-matériaux selon la revendication 2 ou 3, caractérisé en ce que le cadre mobile
(14) du chariot (6) comporte, dans sa partie centrale, une patte ou chape (24) servant
à l'amarrage de l'extrémité correspondante du câble (12).
5. Monte-matériaux selon l'une quelconque des revendications 1 à 4, caractérisé en ce
que le châssis principal (13) du chariot (6) est constitué de deux demi-châssis opposés
en "U" (15, 16), assemblés entre eux de façon démontable par leurs longerons respectifs,
consitués par des cornières, la réunion de ces cornières formant les glissières latérales
(17), dans lesquelles le cadre mobile (14) est rendu prisonnier lorsque les deux demi-châssis
(15, 16) sont assemblés entre eux, tandis que la séparation de ces deux demi-châssis
(15, 16) permet le montage ou démontage du cadre mobile (14).