[0001] La présente invention se rapporte à l'obtention de cellules ES aviaires , en particulier
à un procédé de culture et à un milieu permettant la culture de ces cellules.
[0002] En effet, dans le cadre de la mise au point de technique de production de protéines
recombinantes, le développement d'une technique de transgénèse chez les oiseaux domestiques
aura des retombées économiques extrêmement importantes dans deux applications majeures:
- 1. le développement de souches aviaires présentant des caractères génétiques déterminés
(résistance à certaines maladies, performances de croissance, etc)
- 2. le développement de systèmes de production de protéines recombinantes dans l'albumen
de l'oeuf.
[0003] L'industrie biotechnologique s'intéresse de plus en plus à la possibilité de produire
des protéines d'intérêt dans des fluides biologiques ou des organismes (sang, lait,
plantes, ...). La production de telles protéines dans l'oeuf d'oiseau domestique constituera
certainement dans cette voie une avancée technologique majeure pour plusieurs raisons:
- de nombreuses protéines de mammifères ne peuvent être produites en système mammifère
car leur surabondance dans ces organismes présente des effets délétères (exemple:
l'érythropoiétine qui chez le lapin induit des hyperglobulinémies pathologiques).
Beaucoup de ces protéines d'intérêt ne présentent pas d'activité croisée avec celles
des oiseaux, autorisant ainsi leur surproduction dans un organisme aviaire sans effet
pathologique majeur;
- il est très vraisemblable que la commercialisation de protéines recombinantes produites
chez des mammifères se heurtera à des problèmes sanitaires liés à la présence chez
cette espèces d'organismes latents potentiellement pathogènes pour l'Homme (lentivirus,
prions,...). Ce risque est très minime, pour ne pas dire quasiment inexistant, pour
des agents pathogènes des oiseaux domestiques;
- l'oeuf constitue un "tissu" très dense en un petit nombre de protéines. Par exemple
la protéine majeure de l'oeuf d'oiseau, l'ovalbumine représente 54 % des protéines
du blanc d'oeuf, soit un poids sec moyen par oeuf de 2 grammes de matière sèche environ.
On peut raisonnablement imaginer produire par oeuf au moins 10% de cette masse en
protéine recombinante. La rentabilité économique apparait très grande si l'on considère
qu'une poule pond en moyenne 2 oeufs tous les trois jours, et cette rentabilité apparait
très supérieure à celle de grands mammifères si l'on considère les coûts d'élevage
bien moindres des oiseaux domestiques.
[0004] La réalisation d'oiseaux transgéniques est possible actuellement avec un coût extrêmement
élevé à cause de sa très faible efficacité. En effet chez les oiseaux la technique
de microinjection d'ADN dans l'oeuf est quasiment impossible. D'autre part l'utilisation
du système des rétrovirus vecteurs, le seul sytème efficace à ce jour, reste complexe
et se heurtera certainement à une réticence de la part des industriels pour des raisons
sanitaires.
[0005] Une avancée très importante à la réalisation d'animaux transgéniques a été apportée
chez la souris par le développement de la technologie des cellules ES.
[0006] Les cellules ES (pour Embryonic Stem cells) sont des cellules embryonnaires totipotentes
capables de régénérer tous les tissus de l'embryon, y compris le tissu germinal, après
leur injection dans des embryons très précoces. Ces cellules peuvent donc être considérées
comme des chevaux de Troie pour introduire de nouvelles informations génétiques dans
le patrimoine génétique d'un animal. La possibilité de cultiver ces cellules à long
terme in vitro, offre la possibilité d'exercer de nombreux contrôles avant leur implantation
in vivo. D'autre part ces cellules peuvent être conservées de façon illimitée dans
l'azote liquide, ce qui constitue une possibilité de stockage d'un patrimoine génétique.
[0007] L'utilisation de cellules ES constitue aujourdhui chez les oiseaux domestiques la
voie la plus prometteuse pour la réalisation efficace d'animaux transgéniques.
[0008] La Demande
WO 93/23528 divulge un milieu de culture pour les cellules ES aviaires qui contient de
LIF. (Leukenia Inhibitory Factor).
Des travaux récents d'un groupe canadien (R. Etches à la station de Guelph) ont suggéré
que des cellules ES doivent exister dans l'embryon d'oiseau (Petitte et al., 1990).
Ce groupe à réussi la transplantation de telles cellules dans des embryons, et par
suite, la production d'animaux dont le patrimoine génétique est dérivé des cellules
greffées. Cependant à ce jour la culture de ces cellules in vitro n'a pas pu être
réussie ; par conséquent ces cellules n'ont pas pu être utilisées pour transférer
de façon stable un transgène. C'est là un blocage majeur à l'exploitation de la technologie
des cellules ES chez les oiseaux. Les cellules ES peuvent être caractérisées par trois
types de critères essentiels :
- morphologie
- activité phosphatase alcaline endogène
- réaction avec des anticorps spécifiques d'un état de totipotence (ECMA-7, SSEA-1 et
SSEA-3 notamment).
[0009] Aucune culture de cellules ES identifiées par l'ensemble de ces caractéristiques
n'a pu être obtenue à ce jour.
[0010] C'est pourquoi la présente invention a pour objet un milieu de culture de cellules
embryonnaires totipotentes aviaires du type comportant un milieu de culture pour cellules
aviaires .
[0011] Le cas écheant, le milieu de culture est substantiellement dépourvu d'acide rétinoïque
actif.
[0012] De manière avantageuse, l'acide rétinoïque est substantiellement inactivé par des
anticorps anti-acide rétinoïque (ARMA) présents dans le milieu.
[0013] En effet, les milieux employés contiennent souvent du sérum, dont on ne peut contrôler
la quantité endogène d'acide rétinoïque. En testant l'effet de l'incorporation au
milieu de culture d'un anticorps monoclonal anti-acide rétinoïque qui neutraliserait
l'action de ce dernier, sur la différenciation des cellules, la Demanderesse a constaté
que la présence de cet anticorps accroit la présence dans les cultures de cellules
et colonies à activité phosphatase alcaline.
[0014] plus spécifiquement, la présente invention a pour objet un
Procédé de culture de cellules embryonnaires totipotentes aviaires (ou cellules ES
aviaires), caractérisé en ce que :
- 1) On met en suspension des cellules provenant de disques biastodemiques d'oeufs d'oiseau
fécondés dans un milieu de culture de cellules embryonnaires totipotentes aviaires,
du type comportant un milieu de culture pour cellules aviaires, comprenant :
- a) b-FGF, SCF et LIF, ou
- b) b-FGF, aSCF (avian SCF), LIF, IL-11, IL-6, et IGF-1, ou
- c) b- FGF, aSCF (avian SCF), LIF et IGF-1.
(bFGF= basic Fibroblast Growth Factor ; SCF=Stem Cell Factor ; LIF=Leukemia Inhibitory
Factor ; IL 11= Interleukine 11; IL6 = Interleukin 6 ; IGF-1 = Insulin-like Growth
Factor -1 ; aSCF = avian Stem Cell Factor)
- 2) On ensemence un tapis de cellules nourricières avec la suspension obtenue à l'issue
de l'étape a),
- 3) On met les cellules à incuber,
- 4) Les cellules en culture sont prélevées et purifiées afin de récupérer des cellules
ES aviaires.
Avantageusement, dans le procédé de culture selon l'invention entre les étapes 3)
et 4), on effectue une ou plusieurs additions échelonnées dans le temps, de milieu
neuf identique à celui utilisé dans l'étape 1).
Avantageusement, dans le procédé de culture selon l'invention le milieu de culture
est essentiellement dépourvu d'acide rétinoïque actif.
Avantageusement, dans le procédé de culture selon l'invention le milieu de culture
comporte un tapis de cellules nourricières.
Avantageusement, dans le procédé de culture selon l'invention entre les étapes 3)
et 4), on effectue l'addition de milieu neuf au 3ème jour, puis tous les jours.
Avantageusement, dans le procédé de culture selon l'invention l'étape 4) est effectuée
par traitement enzymatique, lavage dans un milieu ne contenant pas de facteur de croissance
et centrifugation.
Avantageusement, dans le procédé de culture selon l'invention à l'issue de l'étape 4), on effectue une étape 5) dans laquelle, les cellules ES sont réensemencées
sur un tapis de cellules nourricières. en présence dudit milieu de culture, de manière
à obtenir une culture secondaire.
Avantageusement, dans le procédé de culture selon l'invention les étapes 4) et 5)
sont répétées plusieurs fois.
Avantageusement, dans le procédé de culture selon l'invention,entre les étapes 3)
et 4) on effectue une ou plusieurs additions échelonnées dans le temps, le milieu
neuf identique à celui utilisé dans l'étape 1).
Avantageusement, dans le procédé de culture selon l'invention au cours de l'étape
3), on effectue un réensemencement du milieu par une suspension de cellules identique
à la suspension préparée à l'étape 1).
[0015] Le milieu de l'étape 1) contient de préférence les éléments suivants:
b-FGF, a-SCF, IGF-1, LIF, IL-11, IL-6 et anticorps anti-acide rétinoïque.
Selon l'un des aspects de l'invention, il contient en outre les composés suivants
:
[0016] De manière facultative, au cours du procédé selon l'invention, on effectue entre
les étapes 3) et 4) l'addition de milieu neuf au 3ème jour puis le milieu est changé
tous les jours jusqu'au prochain repiquage.
[0017] L'étape 4) peut notamment être effectuée par traitement enzymatique, lavage dans
un milieu ne contenant pas de facteur de croissance et centrifugation.
[0018] On peut recueillir directement les cultures primaires de cellules, qui seront ensuite
congelées, ou bien réaliser des cultures secondaires successives à partir des cellules
de la culture primaire. Dans ce cas, à l'issue de l'étape 4), on effectue une étape
5) dans laquelle, les cellules ES sont réensemencées sur un tapis de cellules nourricières.
ou sur boites gélatinées, de manière à obtenir une culture secondaire.
[0019] Les étapes 4) et 5) peuvent être répétées plusieurs fois pour avoir des cultures
tertiaires et successives.
[0020] Le tapis de cellules nourricières peut être constitue de différents types de cellules
décrits précédemment, notamment de cellules STO mitomycinées ou irradiées.
[0021] Un autre des objets de l'invention est une culture de cellules ES aviaires, susceptibles
d'être obtenues par le procédé de culture selon l'invention défini ci-dessus et comme
defini par la revendication 9. Une cellule embryonnaire totipotente aviaire modifiée
peut dire obtenue par intégration du gène codant pour une protéine hétérologue dans
le génome d'une cellule ES aviaire en culture.
[0022] La présente invention a également pour objet une
Culture de cellules ES aviaires in vitro susceptible d'être obtenue par le procédé
de culture selon l'invention ; ladite culture comprenant un milieu de culture de cellules
embryonnaires totipotentes aviaires comprenant :
- a) b-FGF, SCF et LIF, ou
- b) b-FGF, aSCF (avian SCF), LIF, IL-II, IL-6, et IGF-1, ou
- c) b-FGF, aSCF (avian SCF), LIF et IGF-1.
- (bFGF= basic Fibroblast Growth Factor ; SCF=Stem Cell Factor ; LIF=Leukemia Inhibitory
Factor ; IL 11= Interleukine 11; IL6 = Interleukin 6 ; IGF-1 = Insulin-like Growth
Factor -1 ; aSCF = avian Stem Cell Factor)
Avantageusement la Culture de cellules ES aviaires selon invention présente 2 à 3
fois plus de colonies positives pour l'activité alcaline phosphatase par rapport au
fond constitué en majorité de cellules faiblement positives.
Avantageusement, dans la culture de cellules ES aviaires selon l'invention les cellules
réagissent spécifiquement avec au moins un anticorps sélectionné parmi ECMA-7, SSEA-1,
SSEA-3, TEC-01, EMA-1 et EMA-6.
Avantageusement, dans la culture de cellules ES aviaires selon l'invention les cellules
ne réagissent pas avec l'anticorps TROMA-1.
Avantageusement, dans la culture de cellules ES aviaires selon l'invention les cellules
sont modifiées par intégration du gène codant pour une protéine hétérologue.
[0023] Le facteur de croissance des cellules souches (ou SCF) est de préférence l'a-SCF
(ou avian Stem Cell Factor) et le m-SCF (ou murine Stem Cell Factor).
[0024] L'un des aspects préférés de l'invention concerne un milieu de culture qui contient,
outre les éléments nutritifs de base nécessaires à la croissance de cellules, une
combinaison de b-FGF, SCF et LIF. En outre, la présence dans le milieu d'un anticorps
monoclonal neutralisant l'activité de différenciation exercée par l'acide rétinoïque
augmente le nombre de cellules souches embryogènes totipotentes.
[0025] La présence d'un tapis de cellules nourricières favorise la croissance de cellules
ES aviaires. Divers type de cellules connues de l'homme du métier peuvent-être utilisées
: on peut citer en particulier des cellules telles que les cellules STO, traitées
à la miromycine ou irradiées, les cellules BRL-3A, les cellules LMH, les cellules
QT6 et cellules QT6 modifiées tcllcs que les cellules QT6 isolde, les cellules différenciées
établies en lignée à partir des cultures de cellules souches embryonnaires induites
à différencier.
[0027] Le milieu de culture contient en outre différents éléments nutritifs essentiels et
des antibiotiques.
[0028] Un milieu de culture particulièrement adapté à la présente invention possède la composition
suivante :
| BHK-21 |
|
| Sérum foetal de bovin |
10% |
| Sérum de poulet |
2% |
| Conalbumine |
20 ng/ml |
| Acides aminés non essentiels |
1% |
| Pyruvate de sodium |
1 mM |
| Nucléosides stock |
1% |
| Hepes (1M) |
10 mM |
| β-mercaptoéthanol |
-0,2 mM |
| Penicilline |
100 U/ml |
| Streptomycine |
100 µg/ml |
| Gentamycine |
10 ng/ml |
Additifs:
[0029]
| |
Final |
| bFGF |
de 1 à 20 ng/ml |
| a-SCF |
de 0,5% à 296 vol SN de COS/vol |
| IGF-1 |
de 5 à 50 ng/ml |
| LIF |
de 1000 à 5000 U/ml de forme purifiée soit environ de 0.1% à 2% vol/vol de surnageant
de culture de cellules COS transfectées |
| IL-6 |
de 5 à 50 ng/ml (environ de 0.1% à 2% vol/vol de surnageant de culture de cellules
COS transfectées) |
| IL-11 |
de 5 à 50 ng/ml (environ de 0.1% à 2% vol/vol de surnageant de culture de cellules
COS transfectées) |
[0030] De manière avantageuse la concentration en bFGF est supérieure à 5 ng/ml et la concentration
en IGF-1 est supérieure à 10 ng/ml.
avec le stock de nucléosides constitué du mélange :
| adénosine |
80 mg |
| guanosine |
85 mg |
| cytidine |
73 mg |
| uridine |
73 mg |
| thymidine |
24 mg |
| H2O |
100 ml |
et SN de Cos représentant un surnageant de culture de cellules COS-7 transfectées
en expression transitoire avec un vecteur d'expression du cDNA du facteur considéré,
et convient à la culture de cellules embryonnaires totipotentes d'oiseau.
[0032] Hepes est de l'hydroxy-éthyl-pipérazine-éthane-sulfonate.
[0033] Enfin, un procédé de production d'une protéine recombinante, caractérisé en ce qu'on
intègre le gène codant pour ladite protéine dans le génome d'une cellule embryonnaire
totipotente aviaire en culture est divulgué.
[0034] La Demanderesse a mis au point un milieu de culture et des conditions de culture
in vitro permettant de maintenir en culture des cellules aviaires qui présentent des
propriétés morphologiques, cinétiques et histochimiques rappelant celles des cellules
embryonnaires totipotentes. Ces observations ont été effectuées aussi bien avec des
cellules dérivant de disques blastodermiques de caille que de poulet. La croissance
de ces cellules en culture in vitro est rendue possible par la mise au point d'un
milieu original spécialement adapté à la culture de cellules embryonnaires d'oiseau.
On sait que la présence, le maintien et la propagation de cellules totipotentes en
culture permettent leur injection dans des embryons receveurs. La contribution à la
morphogenèse des tissus somatiques et germinaux chez les animaux receveurs grâce à
un caractère totipotent, peut conduire à l'obtention d'animaux transgèniques.
[0035] Les exemples qui suivent sont destinés à illustrer l'invention sans aucunement en
limiter la portée. Dans ces exemples, on se référera aux figures suivantes :
Figure 1: Effet des combinaisons de facteurs
- blastodermes de caille, 0,75 bl/ml
- fond de gélatine
- culture de 3 j
Figure 2: effet de l'anticorps anti-acide rétinoïque (ARMA)
- blastodermes de caille, 0,75 bl/ml
- fond avec ou sans gélatine
- culture de 4 j
Figure 3: comparaison de différentes cytokines
- blastodermes de caille, 2 bl/ml
- fond avec gélatine
- culture de 2 + 3 j
Figure 4: Comparaison d'un ensemencement sur gélatine et sur tapis de cellules traitées à la
mitomycine C en présence de différentes cytokines appartenant toutes à la même famille.
4A: - blastodermes de caille, 1+1,5 bl/ml
- fond avec gélatine
- culture de 3 + 4 j
4B: - blastodermes de caille, 1+1,5 bl/ml
- fond avec cellules STO
- culture de 3 +.4 j
Figure 5: Activité phosphatase alcaline et reconnaissance par ECMA-7
- blastodermes de caille, 1,5 bl/ml
- fond avec cellules STO
- culture de 2 + 3 j
Figure 6: Activité phosphatase alcaline et reconnaissance par NC-1
- blastodermes de caille, 1,5 bl/ml
- fond avec cellules STO
- culture de 2 + 3 j
Figure 7 : Animaux chimères obtenus par injection in ovo dans des embryons de cellules maintenues
en culture. Cellules injectées après 8 ou 10 jours de culture.
Matériel et methodes
Préparation des cellules
[0036] Les oeufs de poules fraichement pondus, non incubés, correspondent au stade X de
développement (Eyal Giladi and Kovak, 1976) ; les oeufs de caille " C. coturnix japonica"
sont également utilisés dès la ponte et non incubés.
[0037] Le disque blastodermique (3-4 mm de diamètre pour la poule, 2-2,5 mm pour la caille)
est prelevé à l'aide d'une pipette pasteur dans du milieu complet sans facteurs. Les
cellules sont centrifugées à 200 g, lavées deux fois dans du milieu afin d'éliminer
le maximum de vitellus contaminant, resuspendues à raison de 2 disques pour 1 ml de
milieu et dissociées mécaniquement par passage dans une aiguille de 23 G. Les facteurs
sont alors ajoutés.
[0038] La suspension cellulaire est déposée:
- soit sur boîtes ou puits (Costar) préalablement gélatinés (0,2 % gélatine, 1 h à t°
ambiante),
- soit sur un tapis de cellules STO préalablement traitées à la mitomycine C (90 min,
37°c, 5 µg/ml) et ré-ensemencées à raison de 105 cellules / cm2,
- soit sur un tapis de cellules isolde préalablement traitées à la mitomycine C (90
min, 37°c, 5 µg/ml) et ré-ensemmencées à raison de 105 cellules / cm 2.
Milieu de culture STO :
[0039]
| |
|
final |
| DMEM |
|
|
| Sérum foetal Bovin |
|
10% |
| Pénicilline |
|
100 U/ml |
| Streptomycine |
|
100 µg/ml |
| L-Glutamine |
2 mM |
|
Milieu de culture Isolde :
[0040]
| |
final |
| DMEM |
|
| Sérum foetal Bovin |
8 % |
| Sérum de poulet |
2 % |
| Penicilline |
100 U/ml |
| Streptomycine |
100 µg/ml |
| G418 |
100 µg/ml |
| Hygromycine |
50 µg/ml |
| Phléomycine |
50 µg/ml |
| TBP (bouillon tryplose phosphate) |
10% |
[0041] Les drogues de sélection sont ajoutées en entretien mais enlevées deux jours avant
le traitement à la mitomycine C.
[0042] Dans tous les cas, un second ensemencement est réalisé dans les mêmes conditions
après deux jours de culture.
Cultures
[0043] Les cultures sont incubées à 37 °C ou à 41 °C, dans une atmosphère contrôlée en CO
2 (7,5 %) et leur évolution est suivie au microscope en contraste de phase. Une addition
partielle (50 %) de milieu neuf avec les facteurs est réalisée le 3
éme jour de culture, puis le milieu est changé tous les jours. A chaque moment, les cellules
en croissance peuvent étre soit fixées pour étude, soit prélevées pour être ré-ensemencées
en culture secondaire ou supérieure, sur tapis de cellules STO mitomycinées irradiées
ou sur boîtes gélatinées.
[0044] En cas de fixation, les cellules sont lavées en Tris-Glucose deux fois, puis fixées
in situ 15 min dans une solution de paraformaldéhyde 4 % à froid (0-4 °C). Après plusieurs
lavages au PBS, différentes colorations peuvent être réalisées selon l'un des protocoles
suivants :
* détection de l'activité phosphatase alcaline endogène,
| tampon de réaction: |
NaCl |
100 mM |
| |
Tris HCl pH 9.5 |
100 mM |
| |
MgCl2 |
5 mM |
| |
NBT |
1 mg/ml |
| |
BCIP |
0.1 m/ml |
| |
H2O |
|
| (temps de lecture de 5 à 30 min, 37°c) |
** détection de l'activité de β-galactosidase exogêne
| tampon de réaction: |
Ferricyanure de K |
5 mM |
| |
Ferrocyanure de K |
5 mM |
| |
MgCl2 |
5 mM |
| |
X-gal |
1 mg/ml |
| |
PBS |
|
| (temps de lecture, de 1 à 2heures, 37°C) |
*** détection par immunocytochimie de la présence d'épitopes spécifiques (réaction
à 4°C)
blocage en tampon PBS - BSA (1 mg/ml)
lavage en PBS - BSA
anticorps primaire 1/10ème ou 1/50ème
anticorps secondaire fluorescent 1/ 50éme la détection est réalisée sous microscope
inversé à fluorescence.
Repiquage
[0045] En cas de passage en culture secondaire ou successive, les cellules sont lavées en
Tris-Glucose deux fois, puis incubées 10-30 min dans une solution enzymatique. On
peut utiliser une solution de collagénase-dispase (1 mg/ml soit 1 U/ml final) à laquelle
une solution de hyaluronidase (1 mg/ml final soit 1 U/ml) peut être ajoutée : on peut
également utiliser une solution de pronase à 0.25 mg/ml final. Les cellules ou les
petits amas de cellules ainsi isolés enzymatiquement sont lavées en milieu ESA, resuspendus,
déposés sur un coussin de milieu de séparation de lymphocyte de densité (d= 1,077-1,080)
et centrifugés 20 min à t° ambiante à 800 g afin de débarasser les cellules non différenciées
de blatodermes des cellules du tapis, des débris divers et des restes de vitellus
contaminants. L'interface est alors prélevée, lavée deux fois en milieu ESA. Le culot
cellulaire obtenu est resuspendu et dissocié légérement mécaniquement avant d'être
ensemencé sur un nouveau tapis de cellules nourricières, comme précédemment décrit.
L'équivalent de 6 disques blastodermiques initiaux est ré-ensemencé dans 2 ml. Cette
étape de gradient n'est parfois pas nécessaire lors des passages successifs, en fonction
de la très grande homogénéité des cultures obtenues.
[0046] Les cellules dissociées peuvent être déposées sur un gradient multicouche de Percoll
et centrifugées dans les mêmes conditions. Les interfaces sont alors prélevées, lavées
dans un milieu ESA et les cellules les plus immatures des interfaces supérieures réensemencées,
ou injectées dans des embryons receveurs.
Congélation
[0047] A l'issue de la culture primaire ou successive, les cellules récupérées de gradient
peuvent être congelées dans un mélange constitué de 40 % FBS, 50 % milieu ESA et 10
% DMSO. Les cellules équivalant à 24 blastodisques initiaux sont reprises dans 0,5
ml de milieu ESA, resuspendues et 0,4 ml de serum est ajouté. 0,1 ml de DMSO est alors
ajouté très lentement. La suspension de congélation est répartie dans des tubes à
congélation (0,5 ml/tube) et congelée lentement à -80 °C avant d'être transférée dans
l'azote liquide.
Résultats
[0048] Un milieu de base appelé milieu "ESA" pour "Embryonic Stem cells Avian" dérivant
d'un milieu utilisé pour les cellules ES murines a été préparé. I1 présente la composition
suivante :
Milieu "ESA":
[0049]
| |
final |
| BHK-21 |
|
| Foetal Bovine Serum |
10% |
| Serum de poulet |
2% |
| Conalbumine |
20 ng/ml |
| Acide Aminés non essentiels |
1% |
| Pyruvate de sodium |
1mM |
| Stock de nucléosides |
1% |
| Hepes (1M) |
10 mM |
| β-mercaprocthanol |
0.2 mM |
| Penicilline |
100 U/ml |
| Streptomycine |
100 µg/ml |
| Gentamycine |
10 ng/ml |
[0050] A ce milieu de base "ESA", des facteurs de croissance ont été ajoutés afin de comparer
leur contribution respective à la formation de colonies présentant un caractère morphologique
et biochimique intéréssant. Leurs concentrations sont indiquées ci-après :
Additifs:
[0051]
| |
stock |
final |
| bFGF |
10 µg/ml |
10 ng/ml |
| a-SCF |
SN de Cos trans* |
1 % vol/vol |
| IGF-1 |
10 µg/ml |
20 ng/ml |
| LIF |
SN de Cos trans* |
1 % vol/vol |
| IL-11 |
10 µg/ml |
10 ng/ml |
| IL-6 |
10 µg/ml |
10 ng/ml |
| ARMA |
10 mg/ml |
1 µg/ml |
| OSM |
20 µg/ml |
20 ng/ml |
| CNTF |
20 µg/ml |
20 ng/ml |
stock de nucléosides
[0052]
| adénosine |
80 mg |
| guanosine |
85 mg |
| cytidine |
73 mg |
| uridine |
73 mg |
| thymidine |
24 mg |
| H2O |
100ml |
| * surnageant de culture de cellules COS-7 transfectées en expression transitoire avec
un vecteur d'expression du cDNA du facteur considéré. |
[0053] Le premier critère utilisé pour évaluer l'effet de ces facteurs et des modifications
apportées au milieu a été la détection par coloration biochimique de l'activité phosphatase
alcaline endogène qui semble spécifique d'un certain nombre de cellules telles que
les cellules ES totipotentes, les cellules précurseurs dérivées de la lignée germinale
et certaines cellules différenciées, facilement identifiables à leur morphologie épithélioïde.
[0054] Les cellules des disques blastodermiques sont ensemencées en milieu ESA en présence
de différentes combinaisons de facteurs. Après 3 j de culture, les cellules sont fixées,
colorées et les colonies positives pour l'activité phosphatase alcaline (AP+) sont
dénombrées.
[0055] L'effet des différentes combinaisons de facteurs est représenté sur la figure 1.
Conclusion
[0056] Parmi les facteurs testés, la combinaison du SCF (Stem Cell Factor d'origine murine
-mSCF- ou aviaire -aSCF-), du b-FGF (basic Fibroblast Growth Factor) et du LIF (Leukemia
Inhibitory Factor) donne le meilleur nombre de colonies positives pour l'activité
phosphatase alcaline dans les cultures avec un accroissement de 2-3 fois par rapport
à la présence de chaque facteur ajouté individuellement ou deux par deux et par rapport
au fond, constitué en majorité de cellules faiblement: positives et présentant une
morphologie épithétioïde différenciée.
II) Effet de l'anticorps anti-acide rétinoïque (ARMA)
[0057] Les cellules sont ensemencées soit sur boîtes non traitées, soit traitées à la gélatine
dans du milieu ESA complet avec facteurs de croissance aSCF (avian Stem Cell Factor),
bFGF (basic- Fibroblast Growth factory, IGF-1 (Insulin-like Growth Factor-1) et LIF
(Leukemia Inhibitory factor). L'anticorps ARMA est ajouté à raison de 1 µg/ml final.
Les cellules et colonies positives pour l'activité phosphatase alcaline (AP +) sont
dénombrées après.4 j de culture.
[0058] Les résultats sont représentés sur la figure 2.
[0059] Comparativement aux différents moyens décrits comme l'utilisation de résine ou de
charbon, et testés pour essayer de controler le niveau d'acide rétinoïque dans le
milieu, l'addition de l'anticorps anti acide rétinoïque dans le milieu donne les meilleurs
résultats quant à la qualité et la quantité des colonies présentes dans les cultures
Conclusion
[0060] L'addition de l'anticorps anti-acide rétinoïque dans le milieu de culture accroit
de façon notable la présence et /ou le maintien des colonies à activité phosphatase
alcaline.
III) Effet des cytokines
[0061] Nous avons voulu vérifier si le LIF ou d'autres cytokines de la même famille pouvait
induire la prolifération des cellules ES chez l'oiseau.
[0062] Les cellules sont ensemencées en milieu ESA complet avec facteurs de croissance aSCF
(avian Stem Cell Factor), bFGF (basic- Fibroblast Growth Factor), IGF-1 (Insulin-like
Growth Factor-I en présence d'ARMA (1 µg/ml) et après addition ou non de différentes
cytokines de la même famille LlF (Leukcmia Inhibitory Factor), IL-11 (Interleukine
11) et IL-6 (Interleukine 6). Afin d'accroitre l'adhésion et la formation de colonies
phosphatase alcaline positives ainsi que leur taille, un second ensemencement a lieu
2 jours après le premier. La fixation, coloration et lecture des colonies a eu lieu
3 jours après le second ensemencement.
[0063] La comparaison de l'effet des différentes cytokines est représentée sur la figure
3.
Conclusion
[0064] Le rôle des cytokines LIF, IL-11 et IL-6 semble particulièrement prononcé et pratiquement
équivalent dans l'obtention de colonies positives pour l'activité phosphatase alcaline.
IV) Role d'un tapis de cellules nourricières
[0065] Chez la souris, la croissance de certaines cellules ES requiert la présence d'un
tapis de cellules nourricières. L'effet de ces cellules sur les cellules d'embryons
d'oiseau a été testé
[0066] Les cellules sont ensemencées dans un milieu ESA complet avec facteurs de croissance
aSCF (avian Stem Cell Facror), bFGF (basic-Fibroblast Growth Factor), IGF-1 (Insulin-like
Growth Factor-1) et anticorps ARMA (1
µg/ml) comparativement soit sur un fond de gélatine soit sur un tapis de cellules STO
traitées à la mitomycine C comme indiqué dans le paragraphe Matériel et Méthodes.
Après trois jours de culture, un nouvel ensemencement est ajouté à la culture. Les
cytokines CNTF (Ciliary Neuro-Trophic Factor), OSM (Oncostatin M), LIF (Leukemia Inhibitory
Factor), IL-11 1 (Interleukine 11) et IL-6 (Interleukin 6) sont ajoutées dans le milieu
aux concentrations indiquées précédemment.
[0067] La figure 4A représente la croissance de cellules sur gélatine en présence de différentes
cytokines. La figure 4B représente la croissance de cellules sur un tapis de cellules
nourricières en présence des mêmes cytokines.
Conclusion
[0068] Le nombre de colonies dérivant des cellules de blastoderme et présentant une activité
phophatase alcaline est très nettemment accru en présence d'un tapis de cellules nourricières
(environ 4-5 fois) avec un maintien entre les deux systèmes des même sensibilités
vis à vis des cytokines ajoutées dans le milieu. Les cytokines LIF. IL-11 et II-G
présentent les meilleurs résultats de stimulation de croissance. Dans des résultats
préliminaires, il apparait de plus que la combinaison de ces 3 cytokines dans le milieu
complet ESA avec facteurs produisent des effets cumulatifs très prometteurs quant
au maintien et à la prolifération des colonies tant avec des cellules dérivées de
disques blastodermiques de caille que de poulet.
V) Caractéristiques immunocytochimiques
[0069] Des études de réactivité par rapport à différents anticorps ont été réalisées. Les
anticorps ECMA-7, SSEA-1 et SSEA-3, spécifiques d'un état de totipotence des cellules
ES murines sont capables de reconnaitre des épitopes dans les populations de cellules
aviaires, maintenues dans les cultures. Pour illustrer ces reconnaissances par les
anticorps, des doubles marquages activité phosphatase alcaline et anticorps démontrent
que toutes les cellules ou les massifs de cellules reconnues par ECMA-7 présentent
une activité phosphatase alcaline. Cette propriété a été observée avec tous les anticorps
utilisés à des degrés divers.
[0070] Les colonies de cellules phosphatase alcaline positives sont pour environ 20 % d'entre
elles marquées par l'anticorps ECMA-7. Cette reconnaissance suggère la présence dans
ces massifs et dans ces seules conditions de culture de cellules à caractère "ES".
Néanmoins, une hétérogénéité dans les massifs phosphatase alcaline positifs suppose
des degrés variables dans l'intensité du caractère "ES".
[0071] Cette hétérogénéité de distribution a été observée sur des cultures primaires. Après
repiquages, la proportion de cellules positives, notamment pour ECMA-7, mais également
pour SSEA-1 et EMA-1. tend à s'accroitre de façon très importante pour obtenir des
cultures très homogènes.
[0072] La figure 5 montre respectivement l'activité phosphatase alcaline et la reconnaissance
par l'anticorps ECMA-7 de colonies de cellules issues de la culture de blastodermes
de caille en présence de différentes cytokines.
[0073] Les anticorps SSEA-1. SSEA-3. également utilisés sur des cellules ES murines reconnaissent
également des cellules aviaires dans les massifs phosphatase alcaline positifs.
[0074] Les anticorps NC-1, HNK-1 dirigés respectivement des épitopes de cellules de crêtes
neurales et de cellules "human natural killer" reconnaissent en fait les mêmes épitopes
et ont été montrés comme reconnaissant certaines cellules immatures du disque blastodermique
de poulet. Dans notre système, ces deux anticorps reconnaissent là encore des cellules
dans des massifs à activité phosphatase alcaline.
[0075] Les résultats avec NC-1 sont représentés sur la figure 6.
[0076] Les cellules sont ensemencées dans un milieu ESA complet avec facteurs de croissance
aSCF (avian Stem Cell Factor), bFGF (basic-Fibroblast Growth Factor). IGF-1 (Insulin-like
Growth Factor-1) et anticorps ARMA (1 µg/ml) sur un tapis de cellules STO traitées
à la mitomycine C comme indiqué dans le paragraphe Matériel et Méthodes. Après deux
jours de culture, un nouvel ensemencement est ajouté à la culture. Les cytokines LIF
(Leukemia Inhibitory Factor), IL-11 (Interleukine 11) et IL-6 (Interleukine 6) sont
ajoutées dans le milieu aux concentrations indiquées précédemment. La double coloration,
activité phosphatase alcaline et détection des épitopes par anticorps est réalisée
suivant les protocoles présentés précédemment.
[0077] Par ailleurs, l'anticorps EMA-I (Hahnel and Eddy. 1986) initialement dirigé contre
des épitopes présents sur les cellules primordiales de la lignée germinale murine
a été utilisé contre ces mêmes cellules chez le poulet. En testant cet anticorps dans
notre système de culture, nous prouvons démontrer que EMA-1 reconnait des cellules
et colonies de cellules présentant toutes une activité phosphatase alcaline. Il a
été par ailleurs vérifié que cet anticorps EMA-1 ne reconnaissait les cellules ES
murines que dans leur état de totipotence non différenciée.
[0078] Les anticorps ont été testés soit sur des cultures non diffenciées obtenues telles
que décrites dans la partie matériel et Méthodes telle que décrite ci-desssus soit
sur des cultures qui ont été traitées avec un excès d'acide rétinoïque ajouté à la
culture (10
-6 M) pendant au moins 48 heures. Le tableau ci-après indique l'état de reconnaissance
par les différents anticorps utilisés.
| |
|
|
| Anticorps monoclonal |
Non différenciées |
Differenciées |
| |
|
|
| ECMA-7 |
+++++ |
- |
| SSEA-1 |
+++++ |
- |
| SSEA-3 |
+++ |
- |
| TEC-01 |
+++++ |
- |
| TEC-02 |
+ |
+++ |
| TEC-03 |
++ |
++ |
| EMA-1 |
++++ |
+ |
| EMA-6 |
+++ |
++ |
| TROMA-1 |
- |
++++ |
| NC-1 |
++++ |
+ |
| HNK-1 |
++++ |
+ |
NC-1 et HNK-1 reconnaissent les mêmes épicopes (Tucker et al, 1984) SSEA-1 et TEC
O1 reconnaissent les mêmes épitopes
[0079] Il apparait que l'expression de ECMA-7 (Kemler et al. (1981)) est la plus importante,
suggérant une véritable nature de cellules ES, que TEC-01 (Draber et al. (1987b))
et SSEA-1 (Solter and Knowles (1978)) reconnaissent les mêmes épitopes sur des cellules
non différenciées exclusivement. A l'inverse, l'augmentation d'expression de TEC-02
(Draber et al. (1987a)) peut dans ce sens indiquer un état de différenciation induit
ou spontané. L'achèvement de cette perte de nature ES est caractérisé par la forte
expression de TROMA-1 (Bruler et al. (1980)), présent sur les seules cellules différenciées.
L'ensemble de ces anticorps permet donc d'avoir une idée sur l'état de différenciation
d'une culture. Des anticorps comme TEC-03 (Draber et al. (1987a)) apparaissent comme
relativement indifférents à l'état prononcé de différenciation.
[0080] Il est par ailleurs à souligner que jusqu'à présent ni ECMA-7, ni SSEA-1. SSEA-3,
TEC-01, TEC-02, TEC-03, TROMA-1 n'ont fait l'objet de publication démontrant la réactivité
sur des coupes, des cellules ou tout matériel d'origine aviaire.
Conclusion
[0081] Parmi les anticorps testés, certains comme ECMA-7 (Kemler et al. (1981)), SSEA-1
(Solter and Knowles (1978)), SSEA-3 (Shevinsky et al. (1982)) sont caractéristiques
des cellules "ES "murines. Ces anticorps reconnaissant des cellules donc potentiellement
totipotentes dans les cultures aviaires. Les mêmes observations ayant été obtenues
soit avec des cultures de caille soit de poule. D'autres anticorps commé EMA-1 (Hahnel
and Eddy (1986)), NC-1 et HNK-1 (Obo and Balch (1981)) sont connus pour reconnaitre
des épitopes aviaires (et murin pour EMA-1, Urven et al. (1988)) de cellules très
indifférenciées et donc aussi susceptible de reconnaifre un profil de cellules souches
aviaires.
VI) Repiquage des cellules
[0082] Les cellules de disques blastodermiques de caille ou de poulet sont ensemencées sur
tapis de cellules nourricières STO. Après différents jours de culture, les cellules
sont repiquées sur tapis de cellules STO comme décrit dans la partie Materiel et méthodes.
La détection de cellules et massifs positifs à la fois pour l'activité de phosphatase
alcaline et pour la colocalisation d'un marquage par ECMA-7 ou NC-1 suggère que les
conditions de cultures sont définies pour maintenir dans les cultures secondaires
et tertiaires des cellules à caractère totipotent. Le processus de repiquage assure
d'ailleurs dès après le premier passage une homogénéité à l'ensemble de la culture,
tant morphologiquement, que par la détection des différents épitopes. Les massifs
de cellules deviennent très étendus et homogènes, caractère accru par la grande capacité
de ces cellules à se diviser rapidement, contrairement aux cellules différenciées
présentes initialement dans la culture primaire. Jusqu'à présent ces critères d'identification
et de caractérisation peuvent être utilisés et détectés pendant au moins 5 semaines
après l'ensemencement.
VII) injection des cellules dans des embryons receveurs
[0083] Les cellules blastodermiques de poulet obtenues en cultures primaires ou après repiquages
successifs peuvent être injectées dans des embryons receveurs. Afin de visualiser
rapidement une contribution phénotypique des cellules du donneur dans un embryon de
poussin receveur, les cellules maintenues en culture proviennent d'une souche pigmentée
et les embryons receveurs d'une souche non pigmentée. Les cellules maintenues en cultures
sont dissociées et préparées comme décrit dans la partie Matériel et Méthodes selon
le même procédé que pour un repiquage. La suspension cellulaire est alors préparée
à raison de 1 à 3 x 10
5 cellules par ml de milieu ESA. L'oeuf fraîchement pondu, non incubé contenant l'embryon
reveceur est légérement irradié entre 5 Gy et 7 Gy. Une petite fenêtre de quelques
mm
2 est réalisée dans la coquille du receveur par meulage. La membrane coquillière est
découpée au scalpel et les cellules sont injectées à l'aide d'un capillaire étiré
dans la cavité subgerminale du disque blastodermique dans un volume de 1 à 5 µl, ce
qui correspond de 100 à 1500 cellules au maximum. La moyenne des cellules injectées
est de 500 cellules. La fenêtre est alors recouverte de membranes coquillières et
scellée. Un morceau de pansement adhésif est appliqué pour parfaire l'étanchéité et
limiter au maximum l'évaporation. Après 4 jours d'incubation dans les conditions optimales,
les oeufs sont ouverts et les embryons bien développés sont transférés dans une coquille
plus grande et remis en incubation pour finir leur développement de façon satisfaisante.
[0084] Un certain nombre d'animaux ont ainsi été obtenus et montrent un taux apparent de
chimérisme, phénotypiquement détéctable par le marqueur de plumage utilisé et caractéristique
de la souche des cellules dérivant de la souche donneur, variant de 5% à 90%. Ce chimérisme
peut être obtenu jusqu'à présent indifféremment avec des cellules dérivant de cultures
primaires, secondaires, tertiaires. Il est à noter que les pourcentages d'animaux
chimères et les taux de chimérisme de ces animaux ne varient pas de façon importante
en fonction du temps de culture des cellules injectées. Ceci contribue a souligner
la capacité du milieu et au procédé décrit à maintenir des cellules avec un caractère
totipotent.
Exemple : animal contrôle non injecté (Fig. 7A)
[0085]
Animal n° 1786-1787 à faible taux de chimérisme (5-10%)
Animal n° 1782-1783 à taux moyen de chimérismc (50%)
Animal n° 1740-1741 à fort taux de chimérisme (90%)
Ces animaux sont présentés sur les figures 7B à 7D.
REFERENCES
[0086]
Brulet et al. (1980). Froc. Natl. Acad. Sci, 77, 4113.
Draber et al. (1987a). Cell Differentiation 21, 119.
Draber et al. (1987b). Cell differenciation 21, 227.
Eyal Giladi and Kovak (1976), Developemental Biology, 49, 321-337
Hahnel and Eddy (1986). Gamete Research 15. 25.
Kemler et al. (1981). J. Embryo. Exp. Morph. 64, 45.
Obo and Balch (1981). J. Immunology 127, 1024.
Petine et al (1990) Development 108, 185-189
Solter and Knowles (1978). Proc. Natl. Acad. Sci. 75, 5565.
Shevinsky et al. (1982). Cell 30. 697.
Tucker et al. (1984). Cell Differentiation 14, 223.
Urven et al. (1988). Development 103. 299.
1. Procédé de culture de cellules embryonnaires totipotentes aviaires (ou cellules ES
aviaires),
caractérisé en ce que :
1) On met en suspension des cellules provenant de disques blastodermiques d'oeufs
d'oiseau fécondés dans un milieu de culture de cellules embryonnaires totipotentes
aviaires, du type comportant un milieu de culture pour cellules aviaires, comprenant
:
a) b-FGF, SCF et LIF, ou
b) b-FGF, aSCF (avian SCF), LIF, IL-11, IL-6, et IGF-1, ou
c) b-FGF, aSCF (avian SCF), LIF et IGF-1,
(bFGF= basic Fibroblast Growth Factor ; SCF=Stem Cell Factor ; LIF=Leukemia Inhibitory
Factor ; IL 11= Interleukine 11; IL6 = Interleukin 6 ; IGF-1 = Insulin-like Growth
Factor -1 ; aSCF = avian Stem Cell Factor)
2) On ensemence un tapis de cellules nourricières avec la suspension obtenue à l'issue
de l'étape a),
3) On met les cellules à incuber,
4) Les cellules en culture sont prélevées et purifiées afin de récupérer des cellules
ES aviaires.
2. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'entre les étapes 3) et 4), on effectue une ou plusieurs additions échelonnées dans
le temps, de milieu neuf identique à celui utilisé dans l'étape 1).
3. Procédé selon l'une des revendications 1 à 2, caractérisé en ce que le milieu de culture est essentiellement dépourvu d'acide rétinoïque actif.
4. Procédé selon l'une des revendications 1 à 2, caractérisé en ce que le milieu de culture comporte un tapis de cellules nourricières.
5. Procédé selon l'une des revendications 1 à 4, caractérisé en ce qu'entre les étapes 3) et 4), on effectue l'addition de milieu neuf au 3ème jour, puis tous les jours.
6. Procédé selon l'une des revendications 1 à 5, caractérisé en ce que l'étape 4) est effectuée par traitement enzymatique, lavage dans un milieu ne contenant
pas de facteur de croissance et centrifugation.
7. Procédé selon l'une des revendication 1 à 6, caractérisé en ce qu'à l'issue de l'étape 4), on effectue une étape 5) dans laquelle, les cellules ES sont
réensemencées sur un tapis de cellules nourricières, en présence dudit milieu de culture,
de manière à obtenir une culture secondaire.
8. Procédé selon la revendication 7, caractérisé en ce que les étapes 4) et 5) sont répétées plusieurs fois.
9. Culture de cellules ES aviaires
in vitro susceptible d'être obtenue par le procédé selon l'une des revendications 1 à 8, ladite
culture comprenant un milieu de culture de cellules embryonnaires totipotentes aviaires
comprenant :
a) b-FGF, SCF et LIF, ou
b) b-FGF, aSCF (avian SCF), LIF, IL-11, IL-6, et IGF-1, ou
c) b-FGF, aSCF (avian SCF), LIF et IGF-1.
(bFGF= basic Fibroblast Growth Factor ; SCF=Stem Cell Factor ; LIF=Leukemia Inhibitory
Factor ; IL 11= Interleukine 11; IL6 = Interleukin 6 ; IGF-1 = lnsulin-like Growth
Factor -1 ; aSCF = avian Stem Cell Factor)
10. Culture de cellules ES aviaires selon la revendication 9, caractérisée en ce qu'elle présente 2 à 3 fois plus de colonies positives pour l'activité alcaline phosphatase
par rapport au fond constitué en majorité de cellules faiblement positives.
11. Culture de cellules ES aviaires selon la revendication 9 ou 10, caractérisée en ce que les cellules réagissent spécifiquement avec au moins un anticorps sélectionné parmi
ECMA-7, SSEA-1, SSEA-3, TEC-01, EMA-1 et EMA-6.
12. Culture de cellules ES aviaires selon la revendication 11, caractérisée en ce que les cellules ne réagissent pas avec l'anticorps TROMA-1.
13. Culture de cellules ES aviaires selon l'une des revendications 9 à 12, caractérisée en ce que les cellules sont modifiées par intégration du gène codant pour une protéine hétérologue.
1. Avian totipotent embryonic stem cell (or avian ES cell) culture process,
characterised in that:
1) Cells from fertilised bird egg blastodermic disks are suspended in an avian totipotent
embryonic stem cell culture medium, of the type comprising an avian cell culture medium,
comprising:
a) b-FGF, SCF and LIF, or
b) b-FGF, aSCF (avian SCF), LIF, IL-11, IL-6, and IGF-1, or
c) b-FGF, aSCF (avian SCF), LIF and IGF-1 (b-FGF = basic Fibroblast Growth Factor;
SCF = Stem Cell Factor; LIF = Leukaemia Inhibitory Factor; IL-11 = Interleukin 11;
IL-6 = Interleukin 6; IGF-1 = Insulin-like Growth Factor-1; aSCF = avian Stem Cell
Factor),
2) A feeder cell layer is inoculated with the suspension obtained following step a),
3) The cells are incubated,
4) The cells in culture are removed and purified so as to retrieve the avian ES cells.
2. Process according to claim 1, characterised in that, between steps 3) and 4), one or a plurality of additions of fresh medium identical
to that used in step 1) are made at various intervals.
3. Process according to any of claims 1 to 2, characterised in that the culture medium is essentially devoid of active retinoic acid.
4. Process according to any of claims 1 to 2, characterised in that the culture medium comprises a feeder cell layer.
5. Process according to any of claims 1 to 4, characterised in that, between steps 3) and 4), fresh medium is added on the third day, and subsequently
every day.
6. Process according to any of claims 1 to 5, characterised in that step 4) is performed by means of an enzyme treatment, washing in a medium free from
growth factor and centrifugation.
7. Process according to any of claims 1 to 6, characterised in that, following step 4), a step 5) is performed wherein the ES cells are reinoculated
on a feeder cell layer, in the presence of said culture medium, so as to obtain a
secondary culture.
8. Process according to claim 7, characterised in that steps 4) and 5) are repeated a plurality of times.
9. In vitro avian ES cell culture liable to be obtained by means of the process according
to any of claims 1 to 8, said culture comprising an avian totipotent embryonic stem
cell culture medium comprising:
a) b-FGF, SCF and LIF, or
b) b-FGF, aSCF (avian SCF), LIF, IL-11, IL-6, and IGF-1, or
c) b-FGF, aSCF (avian SCF), LIF and IGF-1 (b-FGF = basic Fibroblast Growth Factor;
SCF = Stem Cell Factor; LIF = Leukaemia Inhibitory Factor; IL-11 = Interleukin 11;
IL-6 = Interleukin 6; IGF-1 = Insulin-like Growth Factor-1; aSCF = avian Stem Cell
Factor).
10. Avian ES cell culture according to claim 9, characterised in that it exhibits 2 to 3 more alkaline phosphatase activity-positive colonies in relation
to the base mainly consisting of low-positive cells.
11. Avian ES cell culture according to claim 9 or 10, characterised in that the cells react specifically with at least one antibody selected from ECMA-7, SSEA-1,
SSEA-3, TEC-01, EMA-1 and EMA-6.
12. Avian ES cell culture according to claim 11, characterised in that the cells do not react with TROMA-1 antibody.
13. Avian ES cell culture according to any of claims 9 to 12, characterised in that the cells are modified by incorporating the gene coding for a heterologous protein.
1. Verfahren zum Kultivieren totipotenter embryonaler Zellen von Vögeln (oder embryonaler
Stammzellen von Vögeln),
dadurch gekennzeichnet, dass:
1) Zellen suspendiert werden, die von Blastodermscheiben von Vogeleiern stammen, die
in einem Kulturmedium von totipotenten embryonalen Zellen von Vögeln befruchtet wurden,
der Art, die ein Kulturmedium für Zellen von Vögeln umfasst, das Folgendes umfasst:
a) b-FGF, SCF und LIF oder
b) b-FGF, aSCF (SCF des Vogels), LIF, IL-11, IL-6 und IGF-1 oder
c) b-FGF, aSCF (SCF des Vogels), LIF und IGF-1, (b-FGF = basischer Fibroblastenwachstumsfaktor;
SCF = Stammzellenfaktor; LIF = Leukämie inhibierender Faktor; IL-11 = Interleukin-11;
IL-6 = Interleukin-6; IGF-1 = insulinähnlicher Wachstumsfaktor-1; SCF Stammzellenfaktor
des Vogels),
2) ein Nährzellenstreifen mit der beim Abschluss von Schritt a) erhaltenen Suspension
besät wird,
3) die Zellen inkuhiert werden,
4) die Zellen in Kultur entnommen und nach dem Gewinnen embryonaler Stammzellen von
Vögeln aufgereinigt werden.
2. Verfahren nach Anspruch 1, dadurch gekennzeichnet, dass zwischen den Schritten 3) und 4) eine oder mehrere über die Zeit gestaffelten Zugaben
von neuem Medium, das mit dem in Schritt 1) verwendeten identisch ist, durchgeführt
werden.
3. Verfahren nach einem der Ansprüche 1 bis 2, dadurch gekennzeichnet, dass das Kulturmedium im Wesentlichen frei von aktiver Retinsäure ist.
4. Verfahren nach einem der Ansprüche 1 bis 2, dadurch gekennzeichnet, dass das Kulturmedium einen Nährzellenstreifen umfasst.
5. Verfahren nach einem der Ansprüche 1 bis 4, dadurch gekennzeichnet, dass zwischen den Schritten 3) und 4) die Zugabe von neuem Medium am 3. Tag, danach jeden
Tag durchgeführt wird.
6. Verfahren nach einem der Ansprüche 1 bis 5, dadurch gekennzeichnet, dass der Schritt 4) durch Enzymbehandlung, Waschen in einem Medium, das keinen Wachstumsfaktor
enthält, und Zentrifugation durchgeführt wird.
7. Verfahren nach einem der Ansprüche 1 bis 6, dadurch gekennzeichnet, dass beim Abschluss des Schritts 4) ein Schritt 5) durchgeführt wird, in dem die embyronalen
Stammzellen erneut auf einem Nährzellenstreifen in Gegenwart des besagten Kulturmediums
gesät werden, um eine sekundäre Kultur zu erhalten.
8. Verfahren nach Anspruch 7, dadurch gekennzeichnet, dass die Schritte 4) und 5) mehrmals wiederholt werden.
9. In-vitro-Kultur von embryonalen Stammzellen von Vögeln, die durch das Verfahren nach
einem der Ansprüche 1 bis 8 erhalten werden kann, wobei die besagte Kultur ein Kulturmedium
von totipotenen embryonalen Zellen von Vögeln umfasst, das Folgendes umfasst:
a) b-FGF, SCF und LIF oder
b) b-FGF, aSCF (SCF des Vogels), LIF, IL-11, IL-6 und IGF-1 oder
c) b-FGF, aSCF (SCF des Vogels), LIF und IGF-1
(b-FGF = basischer Fibroblastenwachstumsfaktor; SCF = Stammzellenfaktor; LIF = Leukämie
inhibierender Faktor; IL-11 = Interleukin-11; IL-6 = Interleukin-6; IGF-1 = insulinähnlicher
Wachstumsfaktor-1; aSCF = Stammzellenfaktor des vogels).
10. Kultur von embryonalen Stammzellen von Vögeln nach Anspruch 9, dadurch gekennzeichnet, dass sie im Vergleich zu dem Hintergrund, der überwiegend aus schwach positiven Zellen
besteht, 2- bis 3-mal mehr Kolonien aufweist, die für alkalische Phosphatase-Aktivität
positiv sind.
11. Kultur von embryonalen Stammzellen von Vögeln nach Anspruch 9 oder 10, dadurch gekennzeichnet, dass die Zellen spezifisch mit mindestens einem Antikörper reagieren, der aus ECMA-7,
SSEA-1, SSEA-3, TEC-01, EMA-1 und EMA-6 ausgewählt ist.
12. Kultur von embryonalen Stammzellen von Vögeln nach Anspruch 11, dadurch gekennzeichnet, dass die Zellen nicht mit dem Antikörper TROMA-1 reagieren.
13. Kultur von embryonalen Stammzellen von Vögeln nach einem der Ansprüche 9 bis 12, dadurch gekennzeichnet, dass die Zellen durch Integration des Gens, das für ein heterologes Protein codiert, modifiziert
werden.