[0001] La présente invention concerne un blindage pour un broyeur tubulaire rotatif comprenant
une virole cylindrique garnie et destinée à contenir de la matière à broyer et une
charge d'engins broyants, dans lequel le blindage est constitué d'anneaux de plaques
de blindage individuelles juxtaposées.
[0002] L'invention vise plus particulièrement les broyeurs utilisés pour le broyage du ciment
(clinker) en voie sèche, du charbon, du calcaire et des minerais en voie sèche ou
humide. Ces broyeurs sont constitués d'une virole cylindrique métallique tournant
autour de son axe longitudinal et contenant une charge broyante constituée d'engins
broyants, généralement des boulets, mais pouvant également être constituée de cylpebs,
boulpebs, etc., de dimensions variables. La matière à broyer est introduite d'un côté
du broyeur et, au fur et à mesure de sa progression vers la sortie, du côté opposé,
elle est concassée et broyée entre les engins broyants.
[0003] Un broyeur conventionnel est généralement divisé, dans le sens axial, au moyen d'une
cloison diamétrale de séparation en deux chambres successives. La première chambre
dans laquelle s'effectue le concassage grossier de la matière contient des boulets
de broyage ayant généralement un diamètre compris entre 60 mm et 90 mm. La seconde
chambre, dans laquelle s'effectue le broyage fin, contient des boulets de broyage
d'un diamètre généralement compris entre 15 mm et 60 mm. A côté de ces broyeurs à
deux chambres existent également des broyeurs à une seule chambre qui contiennent
des engins broyants de différents diamètres et en quantités différentes selon le diamètre.
[0004] Dans les deuxièmes chambres des broyeurs conventionnels ou dans les broyeurs à une
seule chambre, il est bien connu qu'il faut des blindages autoclassants, c'est-à-dire
des blindages qui, lors de la rotation du broyeur autour de leur axe, classent automatiquement
les engins broyants en fonction de leur taille et plus particulièrement les gros engins
broyants à l'entrée de la chambre de broyage et les plus petits vers la sortie de
cette même chambre, ceci afin que le poids et la taille des engins broyants diminuent
au fur et à mesure que la granulométrie de la matière qui avance dans la chambre de
broyage diminue et devient plus fine. De cette façon, sur la longueur de la chambre
de broyage, la dimension des engins broyants est adaptée à la granulométrie et à la
finesse de la matière à broyer. Ceci permet généralement de diminuer la consommation
énergétique par tonne de matière broyée de 10 à 20%.
[0005] Il existe actuellement différents types de blindage autoclassants. L'un de ceux-ci
a une forme en dents de scie dans le sens axial du broyeur, c'est-à-dire qu'il est
constitué d'une succession de troncs de cône sur la longueur du broyeur qui convergent
vers la sortie et présentent une pente dirigée vers l'entrée de la chambre de broyage.
Les plaques formant ces blindages ont une épaisseur moyenne relativement élevée et
sont donc assez lourdes. Cette épaisseur élevée entraîne également une perte de volume
utile de la chambre de broyage et, par conséquent, dans certains cas, une impossibilité
d'absorber toute la puissance disponible du moteur. Ces blindages sont, en outre,
très sensibles aux grains, c'est-à-dire lorsqu'il y a une certaine accumulation de
grains très durs (environ de 6 à 12 mm) dans les zones où se trouvent les petits engins
broyants, le classement est fort perturbé, pouvant aller jusqu'au classement inverse,
c'est-à-dire le renvoi des petits engins vers l'entrée et des gros engins vers la
sortie.
[0006] Dans un autre type de blindage tel que décrit dans le document BE 09301481, les plaques
possèdent des ondulations qui peuvent être inclinées d'un angle de 15 à 30° par rapport
à la génératrice du broyeur. Le but de l'inclinaison de ces ondulations est de créer
un effet de vis pour agir sur la charge broyante et la matière à broyer. En effet,
lorsque le broyeur tourne, les gros engins broyants se retrouvent généralement, en
majorité, à la périphérie de la charge broyante et le but de l'inclinaison des ondulations
est de repousser ces engins broyants par effet de vis vers l'entrée de la chambre
de broyage. En pratique, le classement recherché de cette façon est toutefois très
difficile et souvent aléatoire. Les plaques sont également relativement lourdes et
l'effet de classement diminue au fur et à mesure de la progression de l'usure des
ondulations. Ces ondulations ne peuvent pas être trop prononcées, sinon il y a un
relevage discontinu, c'est-à-dire trop important lors duquel les couches extérieures
de la charge broyante sont relevées jusque dans la région du sommet du broyeur et
retombent sur le blindage au lieu de tomber et de rouler sur le pied de la charge
broyante. Ces blindages sont en pratique très peu utilisés.
[0007] Le but de la présente invention est de prévoir un nouveau blindage pour un broyeur
tubulaire qui permet d'éliminer ou, au moins, de diminuer les inconvénients des blindages
classiques, plus précisément un broyeur avec un blindage plus léger qui permet de
créer un bon classement, qui est efficace et d'une grande souplesse à l'emploi.
[0008] Pour atteindre cet objectif, la présente invention prévoit un broyeur tubulaire du
genre décrit dans le préambule qui est caractérisé en ce qu'un certain nombre de plaques
de blindages se trouvant à des endroits sélectionnés sont constituées sous forme de
déflecteurs comprenant une ailette dressée de champ sur une plaque de base fixée à
la virole et formant un angle inférieur à 25° par rapport à un plan diamétral du broyeur.
[0009] Le côté latéral de l'ailette se trouvant du côté avant, vu dans le sens de rotation
du broyeur, est, de préférence, biseauté, ce biseautage étant prévu sur la face tournée
vers l'entrée du broyeur.
[0010] Ce côté latéral biseauté de l'ailette se trouve, par rapport à la direction d'avancement
de la matière, en retrait par rapport au côté latéral opposé.
[0011] Cette inclinaison des ailettes, qui est de préférence supérieure à 5°, crée ainsi
un effet d'hélice qui favorise la progression de la matière et contribue au classement
des engins broyants.
[0012] L'ailette peut former partie intégrante de la plaque de base et être réalisé ensemble
avec celle-ci par coulée.
[0013] L'ailette peut également être une pièce séparée, solidaire d'un socle muni d'un trou
pour pouvoir être fixé à la virole du broyeur. Ce socle peut avoir une périphérie
tronconique qui peut pénétrer dans une ouverture de forme complémentaire d'une plaque
de base. Ainsi, la fixation de l'ailette par son socle constitue, en même temps, une
fixation de la plaque de base à la virole.
[0014] D'autres particularités et caractéristiques de l'invention ressortiront de la description
de quelques modes de réalisation, présentés ci-dessous, à titre d'illustration, en
référence aux dessins annexés dans lesquels :
- la figure 1 est une vue schématique en plan d'un premier mode de réalisation d'un
déflecteur selon la présente invention ;
- la figure 2 est une vue de profil du même déflecteur vu suivant la flèche II sur la
figure 1 ;
- les figures 3 à 6 illustrent schématiquement différentes configurations d'emplacement
des déflecteurs sur la paroi intérieure de la virole ;
- la figure 7 montre schématiquement une vue en plan d'un second mode de réalisation
d'un déflecteur ;
- la figure 8 montre une coupe transversale suivant le plan de coupe VIII-VIII sur la
figure 7 ;
- la figure 9 montre une vue de profil d'une ailette avec son socle ;
- la figure 10 montre une vue en plan d'une pièce de remplissage et
- la figure 11 montre une vue en coupe transversale à travers la pièce de la figure
10.
[0015] Conformément à la présente invention, un certain nombre de plaques de blindage sont
constituées sous forme de déflecteurs 20 tels que représentés sur les figures 1 et
2 dont la figure 1 est une vue plongeante sur un déflecteur 20 tandis que la figure
2 est une vue de profil dans le sens de la flèche II sur la figure 1 qui représente
également le sens de rotation du broyeur. Chaque déflecteur comporte une plaque de
base 22 munie d'un trou central 24 pour être fixée sur la paroi intérieure de la virole
du broyeur.
[0016] Sur la plaque 22 et faisant partie intégrante de celle-ci (par coulée) dans le mode
de réalisation des figures 1 et 2 se trouve une ailette 26 qui est dressée de champ
sur la plaque 22, de préférence perpendiculairement à celle-ci. Cette ailette 26 peut
avoir une épaisseur comprise entre 25 et 50 mm et une hauteur (radiale par rapport
au broyeur) comprise de préférence entre 100 et 350 mm.
[0017] Selon une caractéristique importante de l'invention, chaque ailette 26 est inclinée
par rapport à un plan diamétral du broyeur d'un angle α inférieur à 25°, de préférence
compris entre 5° et 25° suivant les conditions de marche du broyeur et la nature de
la charge broyante et de la matière à broyer.
[0018] Le côté latéral de l'ailette 26 qui se trouve du côté avant, vu dans le sens de rotation
du broyeur, est biseauté sur la face de l'ailette 26 qui est tournée vers l'entrée
du broyeur afin de former une arête plus ou moins aiguë 28. Cette arête 28 facilite
la pénétration dans la charge et contribue à un relevage continu, c'est-à-dire empêche
la projection d'engins broyants sur le blindage.
[0019] Les ailettes 26 seront généralement fabriquées en fonte très dure ou en acier si
les conditions de travail du broyage sont plus dures, par exemple en cas d'utilisation
de boulets de broyage de 90 mm de diamètre. Pour le broyage fin, avec des conditions
de travail plus douces, la face travaillante de ces déflecteurs, c'est-à-dire la face
tournée vers la sortie du broyeur (vers la droite sur la figure 1), ainsi que l'arête
28 peuvent être rendues plus résistantes à l'usure par abrasion en utilisant du "padding"
(c'est-à-dire un mélange de métal et de matière céramique). Ces zones peuvent également
être protégées par des cordons de soudure en carbure de tungstène très dur par exemple.
[0020] Les figures 3, 4 et 5 montrent, chacune, une partie de la virole du broyeur en développement
et avec différents exemples de configuration de placement des déflecteurs. Sur chacune
de ces figures, la flèche R désigne le sens de rotation du broyeur tandis que la flèche
D désigne la direction du déplacement de la matière à broyer. Les plaques désignées
par A sont des plaques normales classiques, tandis que les plaques désignées par B
sont des plaques conçues conformément à la présente invention comme déflecteurs.
[0021] D'après la figure 3, chaque déflecteur B est adjacent à un autre déflecteur B aux
deux coins diamétralement opposés pour définir ainsi une spirale complète ou partielle
sur tout le tour à l'intérieur de la virole.
[0022] La figure 4 montre une configuration analogue à celle de la figure 3 avec la différence
qu'entre un déflecteur B et deux déflecteurs voisins de la même spirale se trouve
une rangée longitudinale de plaques A sans déflecteurs.
[0023] La figure 5 montre un exemple de configuration analogue à celle de la figure 4, mais
ici chaque déflecteur B est séparé des déflecteurs voisins de la même spirale par
une rangée diamétrale de plaque sans déflecteurs. A noter que, dans cette configuration,
l'espacement axial entre deux déflecteurs voisins est plus grand que dans les configurations
des figures 3 et 4.
[0024] Dans un blindage complet, le nombre de déflecteurs peut varier entre 5% et 15% du
nombre total de plaques de blindage.
[0025] La figure 6 montre le développement complet d'une virole d'un broyeur de 4 mètres
de diamètre et de 10 mètres de long. Les déflecteurs sont disposés en spirale dans
le broyeur selon la configuration de la figure 3. Dans un tel broyeur perforé norme
DIN, il y a 40 plaques sur la circonférence et 40 plaques sur la longueur, soit un
total de 1 600 plaques. S'il y a 10% de déflecteurs, soit 160 déflecteurs, ceux-ci
sont disposés en quatre spirales de 40 plaques chacune dans le broyeur. Ces spirales
sont représentées schématiquement sur la figure 6 et numérotées successivement par
1, 2, 3 et 4.
[0026] Lors de la rotation du broyeur, tous ces déflecteurs pénètrent dans la charge broyante
comme le soc d'une charrue et leur inclinaison par rapport à un plan diamétral refoule
la charge broyante vers la sortie du broyeur. On réalise ainsi une inclinaison de
la charge broyante par rapport à l'axe longitudinal du broyeur qui est de l'ordre
de 0,5° à 2°.
[0027] La conséquence est que le degré de remplissage mesuré à l'entrée du broyeur est un
peu plus bas que celui mesuré à la sortie de la chambre de broyage.
[0028] Les engins broyants les plus gros roulent par conséquent plus vite que les plus petits
engins broyants sur le pied de la charge broyante, c'est-à-dire de l'arrière du broyeur
vers son entrée. Ce procédé de classement de corps broyants est très efficace. Il
a, par ailleurs, un autre grand avantage du fait que le degré de remplissage augmente
de l'entrée vers la sortie. On sait, en effet, que le meilleur rendement de broyage
est obtenu lorsque les vides entre les corps broyants (plus ou moins 41%) sont remplis
de matière et que la matière à broyer, en avançant dans le broyeur, "gonfle" (c'est-à-dire
que sa densité apparente diminue). Il y a donc intérêt à avoir un degré de remplissage
plus élevé à la sortie du broyeur pour optimiser le rendement de broyage.
[0029] Un autre avantage est que la matière à broyer est poussée plus vite à travers le
broyeur et il y a, grâce à ces déflecteurs, un meilleur brassage entre les engins
broyants et la matière à broyer.
[0030] Ainsi qu'on l'a indiqué plus haut, le déflecteur montré sur les figures 1 et 2 est
une pièce monobloc réalisée par coulée. On va décrire ci-dessous, en référence aux
figures suivantes, un mode de réalisation avec un déflecteur composite.
[0031] Ce déflecteur composite, désigné globalement par la référence 30 sur la figure 7,
comporte une ailette 36 comparable à l'ailette 26 des figures 1 et 2 mais pourvue,
à sa base, d'un socle 34 qui, dans le mode de réalisation représenté, a une forme
carrée. Le socle 34 et l'ailette 36 forment une pièce monobloc pouvant être réalisée
par coulée mais séparée de la plaque de base 32. Cette plaque de base comporte une
ouverture 40 de forme complémentaire à celle du socle 34 et formant un cadre pour
recevoir celui-ci.
[0032] Comme le montrent les figures 8 et 9, le socle 34 et l'ouverture 40 de la plaque
de base 32 ont des sections tronconiques complémentaires, si bien que, lorsque le
socle 34 est disposé dans son logement de la plaque de base 32 et est fixé, à travers
son trou de fixation 38, à la virole du broyeur, la plaque de base 32 est maintenue
en place par le socle 34 et n'a plus besoin d'être fixée à la virole.
[0033] Selon un mode de réalisation avantageux, on a prévu des pièces de remplissage 42
représentées sur les figures 10 et 11. Ces pièces de remplissage 42 ont exactement
la même forme et la même section que les socles 34 montrés sur les figures 7 à 9 mais
sont dépourvues des ailettes 36. Ces pièces permettent de combler les ouvertures 40
dans les plaques de base 32 lorsqu'on souhaite supprimer, au choix, certains déflecteurs
30 montrés sur les figures 7 à 9. Il suffit, en effet, de déboulonner le socle 34,
de l'enlever avec son ailette 36, de reboucher l'ouverture avec la pièce de remplissage
42 et de boulonner celle-ci à la virole à travers son ouverture centrale 44.
[0034] Il est également possible de prévoir un certain nombre de plaques de base avec une
pièce de remplissage 42, ce qui permet de transformer, en cas de besoin, une plaque
de base en déflecteur en remplaçant la pièce de remplissage 42 par une ailette 36
et un socle 34. On peut ainsi augmenter ou diminuer, à volonté, le nombre de déflecteurs
et changer la configuration intérieure de l'emplacement des déflecteurs.
[0035] Les ailettes 26 et 36 montrées sur les différentes figures ne conviennent, en raison
de leur arête biseautée 28, que pour un broyeur tournant dans le sens indiqué sur
les figures 1 et 3 à 5. Dans un broyeur tournant dans le sens opposé, il faut prévoir
des déflecteurs qui sont symétriques par rapport à ceux qui sont montrés sur les figures.
[0036] Des essais dans une petite station pilote à échelle réduite ont montré que, pour
un broyeur perforé norme DIN (c'est-à-dire avec des plaques de 314,16 mm de longueur
d'arc en circonférence et 250 mm de longueur dans la direction axiale du broyeur),
un nombre satisfaisant des plaques transformées en déflecteurs est de l'ordre de ±
10%.
[0037] Ce nombre peut toutefois varier avec les conditions de marche du broyeur :
a) à un faible de degré de remplissage (± 20%) du broyeur, le nombre de déflecteurs
est plus grand quand la vitesse exprimée en pourcentage de la vitesse critique est
faible. La vitesse critique est la vitesse de rotation du broyeur à laquelle se produit
une centrifugation et cette vitesse est déterminée par la formule :

, exprimée en nombre de tours par minute, D étant exprimé en mètres pour le diamètre
du broyeur. Pour un broyeur perforé norme DIN, c'est-à-dire avec des plaques de 314,16
mm sur 250 mm, on obtient les valeurs suivantes :
- de 55% à 65% Vcr (vitesse critique) : nombre de déflecteurs : environ 9% ;
- de 65% à 75% Vcr : nombre de déflecteurs : environ 8% ;
- de 75% à 85% Vcr : nombre de déflecteurs : environ 7%.
b) avec un degré de remplissage de ± 30%, on aura les valeurs suivantes :
- de 55% à 65% Vcr : nombre de déflecteurs : environ 11 % ;
- de 65% à 75% Vcr : nombre de déflecteurs : environ 10% ;
- de 75% à 85 % Vcr : nombre de déflecteurs : environ 9%.
c) avec un degré de remplissage de ± 40%, on aura les valeurs suivantes :
- de 55% à 65% Vcr : nombre de déflecteurs : environ 13% ;
- de 65% à 75% Vcr : nombre de déflecteurs : environ 11 % ;
- de 75% à 85 % Vcr : nombre de déflecteurs : environ 10%.
[0038] La hauteur des déflecteurs dépend essentiellement du diamètre des broyeurs. A titre
d'exemple :
- pour des diamètres compris entre 1,5 et 2,5 m : ± 100 mm de hauteur,
- pour des diamètres compris entre 2,6 et 3,6 m : ± 200 mm de hauteur,
- pour des diamètres compris entre 3,7 et 4,8 m : ± 250 mm de hauteur,
- pour des diamètres compris entre 4, 9 et 6,2 m : ± 300 mm de hauteur.
[0039] Il est à noter que, si la hauteur des déflecteurs augmente, leur nombre peut diminuer.
[0040] Les plaques de base standard ont, généralement, une épaisseur moyenne de ± 40 mm,
c'est-à-dire qu'une plaque norme DIN (314,16 x 250 mm) a un poids de l'ordre de 24
kg. Dans le cas de déflecteurs composites selon les figures 7 à 9, l'ensemble d'une
ailette et d'un socle pèse au maximum 25 kg. Par conséquent, du point de vue ergonomie
et sécurité au montage du blindage, les déflecteurs proposés ne constituent pas un
handicap.
[0041] L'invention a, en outre, l'avantage de permettre un gain assez significatif en poids
du blindage par m
2. Pour une deuxième chambre de broyage de 4,8 mètres de diamètre et de 10 mètres de
long, ceci se chiffre de la manière suivante :
- surface à blinder : 150,8 m2 ;
- poids d'un blindage classant standard : 465 kg/m2, soit un total de 70 122 kg ;
- poids d'un blindage selon l'invention avec 10% de déflecteurs 350 kg/m2, soit un total de 52 800 kg.
[0042] La comparaison fait apparaître une diminution de poids de presque 25%.
[0043] Dans le cas où il faudrait prévoir 15% de plaques conçues comme déflecteurs, le poids
par m
2 serait de 366 kg correspondant à un poids total de ± 55 200 kg, soit encore une diminution
de l'ordre de 20%. Dans le cas d'un blindage classant standard, on est parfois confronté
au problème qu'on ne peut pas absorber toute la puissance disponible du moteur entraînant
le broyeur. Ceci est dû à l'épaisseur moyenne de ces blindages qui réduit le volume
intérieur utile du broyeur.
[0044] Dans le cas d'un broyeur de 4,8 mètres de diamètre sur 14,3 mètres de longueur utile
tournant à 14,48 tours par minute (soit 75% de la vitesse critique) avec un degré
de remplissage de 30% en corps broyants et une longueur utile de 4,3 mètres de la
première chambre et de 10 mètres de la deuxième chambre, on a les valeurs suivantes
:
- épaisseur moyenne d'un blindage classant standard : 87 mm ;
- épaisseur moyenne du nouveau blindage avec déflecteurs : 44 mm ;
- la puissance absorbée avec le blindage classant standard pour la deuxième chambre
est de l'ordre de 3,256 KWh ;
- la puissance absorbée avec le nouveau blindage avec déflecteurs pour cette deuxième
chambre est de l'ordre de 3,451 KWh, soit une augmentation de 6%.
[0045] Pour le broyeur total, c'est-à-dire les deux chambres, on aura, lorsque la deuxième
possède des plaques classantes standard, une puissance totale de 4,754 KWh. En revanche,
lorsque la deuxième chambre est dotée du nouveau blindage, la puissance totale sera
de l'ordre de 4,949 KWh, soit une différence favorable de 4%, ce qui se traduit par
une augmentation du débit de l'ordre de 4%.
1. Blindage pour un broyeur tubulaire rotatif comprenant une virole cylindrique garnie
destinée à contenir de la matière à broyer et une charge d'engins broyants, dans lequel
le blindage est constitué d'anneaux de plaques de blindage individuelles juxtaposées,
caractérisé en ce qu'un certain nombre de plaques de blindage se trouvant à des endroits sélectionnés sont
constituées sous forme de déflecteurs (20, 30) comprenant une ailette (26, 36) dressée
de champ sur une plaque de base (22, 32) fixée à la virole et formant un angle inférieur
à 25° par rapport à un plan diamétral du broyeur.
2. Blindage selon la revendication 1, caractérisé en ce que l'ailette (26, 36) de chaque déflecteur (20, 30) forme un angle compris entre 5 et
25° par rapport à un plan diamétral du broyeur.
3. Blindage selon l'une des revendications 1 ou 2, caractérisé en ce que le côté latéral de l'ailette (26, 36) se trouvant du côté avant, vu dans le sens
de rotation du broyeur, est biseauté pour former une arête aiguë (28), le biseautage
étant prévu sur la face tournée vers l'entrée du broyeur.
4. Blindage selon l'une quelconque des revendications 1 à 3, caractérisé en ce que le côté latéral biseauté de l'ailette (26, 36) se trouve, par rapport à la direction
d'avancement de la matière à broyer, en retrait par rapport au côté latéral opposé.
5. Blindage selon l'une quelconque des revendications 1 à 4, caractérisé en ce que l'ailette (26) forme une partie intégrante de la plaque de base (22) et est réalisée
ensemble avec celle-ci par coulée.
6. Blindage selon l'une quelconque des revendications 1 à 4, caractérisé en ce que le déflecteur (30) est une pièce composite comprenant une ailette (36) avec un socle
(34) qui est engagé dans une ouverture (40) de la plaque de base (32), ladite ouverture
(40) ayant une forme complémentaire à celle du socle (34).
7. Blindage selon la revendication 6, caractérisé en ce que le socle (34) et l'ouverture (40) ont des formes tronconiques complémentaires de
manière à ce que la plaque de base (32) soit maintenue en place par le socle (34)
lorsque celui-ci est boulonné à la virole du broyeur.
8. Blindage selon l'une des revendications 6 ou 7, caractérisé par des pièces de remplissage (42) ayant la même forme que celle d'un socle (34) d'une
ailette (36) et destinées à remplacer celle-ci dans une plaque de base (32).
9. Blindage selon l'une quelconque des revendications 1 à 8, caractérisé en ce que la face travaillante des ailettes (26, 36) tournées vers la sortie du broyeur ainsi
que l'arête (28) comporte des incrustations céramiques pour augmenter la résistance
à l'abrasion.
10. Broyeur tubulaire rotatif comprenant un blindage selon l'une quelconque des revendications
1 à 9.