[0001] La présente invention se rapporte aux bracelets à maillons pour montres, comportant
des goupilles et des plaquettes en matériau rigide disposées côte à côte.
[0002] Dans ces bracelets, les maillons sont formés de plaquettes, et de goupilles reliant
au moins deux plaquettes voisines de manière articulée, les axes des goupilles définissant
des axes de pivotement.
[0003] De tels bracelets sont bien connus de l'homme du métier. Ils présentent l'avantage
d'être extrêmement solides et d'offrir de nombreuses possibilités de formes, conférant
à la montre une esthétique particulière. L'un d'entre eux est, par exemple, décrit
dans le document EP 0749 709.
[0004] Du fait que les bracelets sont formés de maillons articulés les uns aux autres, il
existe obligatoirement un interstice entre les plaquettes voisines. En effet, si les
plaquettes étaient en contact direct l'une avec l'autre, sans espace, elles ne pourraient
avoir de mouvements relatifs.
[0005] Ce genre de bracelets pose toutefois un problème pour une part importante de la population,
car la largeur des interstices dépend du rayon de courbure du bracelet. Ce rayon est
fonction du diamètre du poignet du porteur. Il peut, en outre, varier lors du porter,
sous l'effet de chocs violents par exemple. Lorsque la largeur de l'interstice est
inférieure au diamètre du poil, ce dernier est pincé, et arraché si le bracelet est
déplacé, ce qui est désagréable. Le but de la présente invention est de pallier cet
inconvénient.
[0006] A cet effet, le bracelet selon l'invention comporte des interstices de deux types,
dont ceux du premier type présentent, en permanence, une largeur supérieure à 0,15
mm, et dont ceux du second type présentent, en permanence, une largeur inférieure
à 0,05 mm dans les zones affleurant la surface apparente du bracelet, c'est-à-dire
les ouvertures par lesquelles les poils sont susceptibles de se glisser dans l'interstice.
[0007] Avec une telle configuration, il est pratiquement impossible que des poils se prennent
dans l'un ou l'autre des interstices, car leur diamètre est de l'ordre de 0,10 mm.
De la sorte, le poil est trop petit pour rester coincé dans un interstice de premier
type et trop grand pouvoir s'introduire dans un interstice de second type.
[0008] Comme expliqué plus haut, la largeur des interstices est fonction du rayon de courbure
du bracelet. Une solution simple permettant d'éviter que le bracelet ne soit trop
fermé et, en conséquence, que les interstices de premier type ne se resserrent trop,
les plaquettes ont un mouvement limité. A cet effet, deux plaquettes voisines comportent
l'une un organe mâle, l'autre un organe femelle, ces organes coopérant l'un avec l'autre
pour former une butée.
[0009] De manière avantageuse, les interstices définis par des parois de plaquettes sensiblement
parallèles aux axes de pivotement, appelés ci-après interstices parallèles, sont de
premier type, et les interstices définis par des parois sensiblement perpendiculaires
à ces axes, appelés ci-après interstices perpendiculaires, sont de deuxième type.
[0010] Il a, en effet, été constaté que la largeur des interstices parallèles varie en fonction
du rayon de courbure du bracelet. Si cette largeur devait être comprise entre 0 et
0,05 mm, le mouvement relatif des plaquettes serait très limité, ce qui affecterait
le confort au porter. C'est pourquoi il est préférable que la largeur de ces interstices
soit toujours supérieure à 0,15 mm.
[0011] Par ailleurs, les interstices perpendiculaires ont une largeur qui peut varier à
cause de l'ébat existant entre les maillons voisins. Cet ébat est déterminé par les
mouvements relatifs de translation que peuvent avoir ces maillons entre deux positions
extrêmes, dans lesquelles les plaquettes sont en contact l'une avec l'autre. En d'autres
termes, dans ces deux positions, un interstice a une largeur égale à zéro, soit obligatoirement
inférieure à 0,15 mm. C'est pourquoi, pour éviter le pincement de poils, il faut que
cette largeur soit, en permanence inférieure à 0,05 mm, c'est-à-dire que l'interstice
soit de deuxième type.
[0012] D'autres avantages et caractéristiques de l'invention ressortiront de la description
qui va suivre, faite en regard du dessin annexé, dans lequel:
1. la figure 1 montre, vu de dessus, une portion d'un bracelet selon l'invention,
2. la figure 2, représente dans une vue en perspective, en a une plaquette médiane et en b une plaquette latérale du bracelet de la figure 1, et
3. la figure 3 est une vue en coupe, en a perpendiculaire et, en b parallèle à un axe d'articulation.
[0013] Le bracelet, partiellement représenté sur la figure 1, est formé de trois ensembles
de pièces identiques, soit des plaquettes médianes 10, des plaquettes latérales 12
et de goupilles 14.
[0014] Les plaquettes 10 sont disposées dans la partie médiane du bracelet et définissent,
entre elles, un interstice 11. Les plaquettes 12 sont disposées dans les bords latéraux
du bracelet et définissent, entre elles, un interstice 13. Les plaquettes 10 et 12
voisines définissent également des interstices, qui portent la référence 15.
[0015] Une plaquette 10 est représentée sur la figure 2a. Elle est de forme générale parallélépipédique,
avec une face supérieure 10a, une face inférieure 10b, deux faces longitudinales 10c
et deux faces latérales 10d. Elle est percée de deux trous cylindriques 16 dont l'axe
est orienté parallèlement aux faces longitudinales 10c et qui débouchent, tous les
deux, dans les deux faces latérales 10d. Ces trous ont un diamètre légèrement supérieur
au diamètre des goupilles 14.
[0016] Les faces longitudinales 10c sont munies de biseaux 10e dans leur partie voisine
de la face supérieure 10a.
[0017] Les faces latérales 10d comportent, chacune, une gorge 18, de section rectangulaire,
qui s'étend de l'une à l'autre des faces longitudinales 10c et forme un organe femelle.
Chaque gorge 18 comprend un fond 18a et deux parois, l'une supérieure 18b, l'autre
inférieure 18c, dont la fonction sera précisée plus loin. Elle présente une largeur
L, mesurée entre les parois 18b et 18c,
[0018] La plaquette 12, représentée sur la figure 2b, est également de forme générale parallélépipédique.
Elle comporte une face supérieure 12a, une face inférieure 12b, deux faces longitudinales
12c et deux faces latérales 12d et 12e. La face latérale 12d et percée de deux trous
borgnes cylindriques 20 dont les axes sont parallèles aux faces longitudinales 12c.
Ces trous ont un diamètre légèrement inférieur à celui des goupilles 14.
[0019] Les faces longitudinales 12c sont munies de biseaux 12f dans leurs portions voisines
de la face supérieure 12a.
[0020] La face latérale 12d porte, en outre, deux doigts 22, formant des organes mâles et
disposés dans l'alignement des faces longitudinales, chacun adjacent à l'un des trous
20. Chaque doigt 22 comporte une face supérieure 22a et une face inférieure 22b. Il
présente une épaisseur
E, égale à la distance comprise entre ses faces inférieures 22b et supérieures 22a.
[0021] Les goupilles 14, dont l'une seulement est partiellement visible sur la figure 1,
sont formées de tiges d'acier inoxydable de forme cylindrique, dont la section peut
être circulaire ou non. Il est par exemple possible d'utiliser des goupilles du type
défini dans le document EP 0749 709 mentionné plus haut. Leur section est choisie
de manière à ce qu'elles puissent être chassées à forces dans les trous borgnes 20
alors qu'elles pivotent librement, avec un jeu minimum, dans les trous 16 des plaquettes
10.
[0022] L'assemblage du bracelet se fait en chassant tout d'abord les goupilles 14 dans les
trous borgnes 20 d'une première partie des plaquettes 12, formant ainsi des pièces
en U. Les plaquettes 10 sont ensuite mises en place, une plaquette 10 pour chaque
barre du U et chaque plaquette 10 enfilée sur deux goupilles 14. La deuxième partie
des plaquettes 12 est alors chassée en regard des plaquettes de la première moitié,
de manière à ce que les pièces en U deviennent des pièces en O. Cet assemblage forme
ainsi une chaîne faite de deux sortes de maillons, respectivement constitués des plaquettes
10 et des pièces en O, chaque plaquette 10 formant deux charnière, avec les goupilles
14 qui la traverse, comme représenté sur la figure 1.
[0023] Dans cette disposition, les doigts 22, tenant lieu d'organes mâles, sont logés dans
les gorges 18 formant des organes femelles. La largeur
L de ces gorges est sensiblement plus grande que l'épaisseur
E des doigts. De la sorte, le mouvement de rotation de la charnière est interrompu
lorsque l'un des doigts vient en butée contre l'une des parois 18b, 18c de la gorge
18.
[0024] Pour bien comprendre la manière dont se fait l'articulation, on peut se référer à
la figure 3, qui représente, en
a, une coupe passant par les doigts 22, et la gorge 18, le plan de coupe passant dans
l'interstice 15 compris entre les plaquettes 10 et 12, correspondant à la ligne A-A
de la figure 3b. Sur cette figure, les deux plaquettes 10 visibles se trouvent dans
la position qu'elles occupent lorsque le bracelet présente son rayon de courbure le
plus faible. On y constate que les faces supérieures 22a des doigts 22 sont en appui
contre la face supérieure 18b des gorges 18.
[0025] Dans cette position, l'interstice 11, défini les faces longitudinales 10c et les
biseaux 10e, a une largeur d'environ 0,20 mm au voisinage des faces inférieures 10b
et s'élargit au voisinage des faces supérieures 10a, à cause des biseaux 10e.
[0026] Lorsque le bracelet est ouvert, de manière à avoir un rayon de courbure maximum,
l'interstice 11 se rétrécit dans la partie supérieure, les biseaux 10e étant alors
sensiblement parallèles entre eux, et s'élargit dans sa partie inférieure, sa largeur
passant d'environ 0,15 mm dans la partie supérieure à 0,25 mm dans la partie inférieure.
[0027] Les faces longitudinales 12c des maillons 12 sont disposées de manière que les interstices
13 soient tout à fait comparable dans leurs largeurs aux interstices 11, de manière
à ce que celle-ci soit toujours supérieure à 0,15 mm.
[0028] La figure 3b représente une portion du bracelet coupé par un plan passant par l'axe
d'une goupille 14, chassée à chacune de ses extrémités dans l'un des trous 20 d'une
plaquette 12 et engagée, libre en rotation, dans l'un des trous 16 d'une plaquette
10. Les plaquettes 10 et 12 sont séparées par un interstice 15, défini par les parois
10d et 12d contiguës et dont la largeur
e est inférieure à 0,05 mm. Cette largeur ne varie pas en fonction du rayon de courbure
du bracelet. Cela est dû au fait que les parois 10d et 12d sont perpendiculaires à
l'axe de la charnière. Elle peut, par contre changer du fait que la plaquette 10 est
monté libre sur la goupille 14 et qu'elle peut se déplacer jusqu'à être en contact
avec la plaquette 12 de l'un ou l'autre côté. Dans tous les cas, la largeur
e de l'interstice 15 reste inférieur à 0,05 mm.
[0029] L'invention, telle que décrite, peut, bien entendu, faire l'objet de nombreuses variantes.
La fonction de butée, limitant le mouvement relatif des plaquettes, peut ainsi être
obtenue de nombreuses autres façons. Il est possible de réaliser les doigts au moyen
de pièces rapportées plutôt que par usinage de la plaquette.
[0030] Il est également possible d'engager le doigt dans un trou rond plutôt que dans une
gorge.
[0031] Par ailleurs, la fixation des plaquettes 12 aux goupilles 14 peut être envisagée
de nombreuses autres façons, par exemple par vissage, collage ou soudage.
1. Bracelet pour montre comportant des goupilles (14) et des plaquettes (10, 12) en matériau
rigide disposées côte à côte, dans lequel chaque plaquette (10; 12) est munie de deux
trous cylindriques (16; 20) dont les axes sont parallèles, agencés de manière à ce
que les trous (16; 20) de deux plaquettes contiguës (10; 12), coaxiaux, définissent
un logement dans lequel une goupille (14) est disposée et axialement positionnée pour
former une charnière, lesdites plaquettes (10; 12) forment, entre elles, des interstices
(11, 13, 15) définis par les espaces qui les séparent, caractérisé en ce que ledit bracelet est agencé de manière à ce que lesdits interstices sont de deux types,
dont ceux du premier type (11, 13) présentent une largeur qui est, en permanence,
supérieure à 0,15 mm et dont ceux du second type (15) présentent une largeur, dans
les zones formant les surfaces extérieures du bracelet qui est, en permanence inférieure
à 0,05 mm.
2. Bracelet selon la revendication 1, caractérisé en ce que lesdites plaquettes comportent, deux à deux, l'une (10) un organe mâle (22) et l'autre
(12) un organe femelle (18) coopérant avec ledit organe mâle pour former butée et
limiter ainsi l'amplitude de l'articulation de la charnière.
3. Bracelet selon l'une des revendications 1 et 2, caractérisé en ce que les interstices de second type (15) sont disposés perpendiculairement aux axes desdites
articulations.
4. Bracelet selon l'une des revendications 1 à 3, caractérisé en ce que lesdits interstices de premier type (11, 13) sont disposés sensiblement parallèles
aux axes desdites articulations.
5. Bracelet selon l'une des revendications 1 à 4, caractérisé en ce que les plaquettes (10, 12) sont munies de biseaux (10e, 12f) dans leurs parties formant
les interstices de premier type.