[0001] La présente invention concerne une installation pour le traitement thermique de charges
de pièces métalliques, comportant :
- un tunnel de transfert pourvu d'une enveloppe étanche et de moyens de manutention
des charges comportant un chariot mobile longitudinalement dans le tunnel;
- un ensemble d'éléments de traitement capables de recevoir chacun au moins une des
charges et comprenant au moins un four et au moins une cellule de trempe ou de refroidissement,
chaque élément de traitement ayant une ouverture raccordable de manière étanche au
tunnel de transfert pour former un passage pour les charges;
- au moins un sas d'entrée et/ou de sortie ayant une ouverture raccordable de manière
étanche au tunnel de transfert pour le passage des charges;
- et des moyens de fermeture agencés pour obturer sélectivement lesdits passages.
[0002] Les installations pour le traitement thermique de pièces métalliques disposées en
charges existent depuis de nombreuses années et la demande sur le marché est croissante.
Il existe typiquement trois types de constructions comprenant au moins un four de
traitement et un bac ou une cellule de refroidissement, chaque type présentant des
avantages et des inconvénients.
[0003] Le premier type comprend les installations dites de fours à chambre (batch) qui comportent
un four de traitement et un bac de trempe, en général à huile. Dans ces installations,
la charge des pièces traitées dans le four est transférée au-dessus du bac de trempe
au travers d'une cellule, puis immergée dans le fluide de trempe au moyen d'un ascenseur
placé à l'intérieur du bac de trempe. Les désavantages principaux de ce type d'installation
sont les suivants : d'une part, le binôme four-bac de trempe est fixe et il n'est
pas possible de disposer de plusieurs fours desservant un même bac de trempe, ou d'un
four desservant plusieurs bacs de trempe ou de refroidissement ; d'autre part, pour
les charges de grandes dimensions, de l'ordre de 1 m
3, l'homogénéité de température est mauvaise (écarts de +/- 10°C) car le chauffage
est distribué uniquement sur deux côtés de la charge parallélépipédique en raison
des moyens de mécanisation comportant notamment des portes latérales.
[0004] Le deuxième type comprend des installations de fours à cloche multitraitements, qui
permettent le transfert direct de la charge du four de traitement dans le bac de trempe
sans nécessiter de cellule intermédiaire. La mécanisation se fait typiquement en déplaçant
le ou les fours au-dessus du ou des bacs de trempe requis, ou l'inverse, comme on
le voit notamment dans les demandes de brevets EP 785 402 et EP 995 805. Les principaux
désavantages de ce type d'installation sont les suivants : d'une part, le transfert
de la charge du four dans le bac de trempe s'accompagne automatiquement de dégagements
de vapeurs et de flammes, visibles pour l'opérateur et qui rendent difficile une intégration
de l'installation de traitement thermique dans un atelier mécanique ou en ligne de
production ; d'autre part, le principe même de ces installations nécessite la présence
d'un ascenseur dans chaque bac de trempe, ascenseur disposé en « col de cygne » et
présentant un porte-à-faux important, ce qui rend difficile le traitement de charges
lourdes, par exemple supérieures à 1000 kg.
[0005] Le troisième type comprend diverses installations présentant des ensembles de fours
et de bacs et des moyens mécaniques pour déplacer la ou les charges entre ces éléments,
par exemple au moyen d'un chariot pourvu d'une enceinte fermée selon la demande de
brevet DE 30 31 660. Toutefois aucune de ces installations ne répond à l'ensemble
des buts exposés ci-dessous.
[0006] En particulier, il est décrit dans le brevet US 3 926 415 une installation de traitement
thermique qui présente les caractéristiques énoncées en préambule ci-dessus, sauf
que les pièces y sont traitées individuellement et non pas en charges. Les éléments
de traitement comprennent une rangée de plusieurs fours, plusieurs chambres de refroidissement,
un sas d'entrée et un sas de sortie, qui sont tous montés sur la paroi supérieure
d'un tunnel de transfert et ont chacun une ouverture inférieure pour communiquer avec
le tunnel. Cette ouverture est obturée par un bouchon amovible qui supporte chaque
pièce à traiter, ce bouchon étant transporté d'un élément à l'autre avec la pièce.
Le dessus de chaque sas s'ouvre vers le haut pour l'entrée et la sortie des pièces,
qui sont alors manipulées par une grue. Un chariot est mobile horizontalement dans
le tunnel pour transporter les pièces posées sur les bouchons en passant sous les
éléments de traitement et les sas. Les déplacements verticaux des pièces et des bouchons
entre le chariot et l'intérieur des autres éléments de l'installation se font au moyen
d'élévateurs à piston, qui sont installés sous le tunnel et passent à travers un trou
central du chariot. Il y a donc un élévateur pour chaque four, chambre ou sas.
[0007] La structure de cette installation connue présente plusieurs inconvénients : encombrement
vertical très important, à cause de ses trois niveaux auxquels s'ajoute le dégagement
supérieur nécessaire pour l'entrée et la sortie des pièces; disposition enterrée des
élévateurs; lourde structure pour supporter les fours en hauteur; mécanisme lourd
pour bloquer et supporter le bouchon portant la pièce dans chaque élément de traitement.
Il en résulte un coût de construction élevé.
[0008] D'autre part, les inconvénients fonctionnels de cette installation sont considérables.
Le principe d'ouverture des éléments de traitement vers le bas limite fortement le
choix des types d'éléments et donc les possibilités de traitement dans une telle installation.
En particulier, il est impossible d'effectuer une trempe en milieu liquide. Comme
les types de fours utilisés dans cette disposition n'ont pas de membrane métallique
étanche telle qu'une cloche, ni de moyens de brassage de l'atmosphère, on ne peut
pas y réaliser une bonne homogénéité de la température.
[0009] Un but de l'invention est de disposer d'une installation de traitement thermique
qui permette d'optimiser dans une large mesure les paramètres ou contraintes suivants.
[0010] L'installation doit permettre d'associer un ou plusieurs fours et un ou plusieurs
bacs de trempe ou de refroidissement et d'effectuer des transferts de charges librement
entre ces éléments. L'installation doit permettre sur une même base d'intégrer différents
types de fours connus à ce jour (avec des températures allant jusqu'à 1300°C) et différents
types de moyens de trempe ou de refroidissement (eau, huile, sels fondus, bains fluidisés,
gaz, etc.).
[0011] L'installation doit pouvoir comporter des fours permettant de respecter en toutes
configurations des tolérances de température de +/- 5°C au pire, de manière à satisfaire
aux exigences actuelles en matière de qualité de traitement.
[0012] L'installation doit pouvoir comporter des bacs de trempe ou de refroidissement sans
ascenseurs intégrés, pour diminuer le coût de fabrication et disposer d'une plus grande
liberté de construction.
[0013] L'installation doit permettre de traiter des charges de plusieurs tonnes sans difficultés
et sans surcoût autre que le dimensionnement conventionnel des organes.
[0014] L'installation doit pouvoir être installée en ateliers intégrés, c'est-à-dire que
l'ensemble des effluents de l'installation doit pouvoir être capté et canalisé de
manière que les opérateurs ne soient pas gênés par des dégagements de vapeurs ou de
flammes.
[0015] L'installation doit permettre de traiter des charges lourdes (de 1 à plusieurs tonnes)
et de grand volume (jusqu'à plusieurs m
3).
[0016] L'installation doit être économique, de construction simple et facilement automatisable
à l'aide d'un automate programmable.
[0017] A cet effet, une installation selon l'invention est du type défini dans la revendication
1.
[0018] Ceci permet de réaliser une installation dans laquelle tous les éléments de traitement,
qui sont les plus lourds, se trouvent au niveau inférieur de l'installation et peuvent
donc être appuyés aisément sur le sol. Comme le sas d'entrée et de sortie se trouve
également à ce niveau, l'accès des pièces est facilité et le sas peut même être conçu
comme un élément mobile capable de transporter une charge ouverte à un autre poste
de travail. La structure porteuse du tunnel de transfert peut être relativement légère,
pour supporter essentiellement le chariot et une charge suspendue à celui-ci. D'autre
part, la fermeture des passages entre le tunnel de transfert et les autres éléments
peut se faire au moyen de portes relativement légères, qui peuvent s'ouvrir dans le
tunnel lui-même, ce qui représente un avantage notable qui sera mis en évidence plus
loin. En outre, l'utilisation d'éléments de traitement à ouverture supérieure procure
d'importants avantages fonctionnels, notamment quant à la polyvalence de l'installation
et la qualité des traitements possibles, grâce au libre choix des éléments de traitement
les plus performants.
[0019] De préférence l'installation comporte les éléments suivants :
- un ou plusieurs fours à pot ou à puits, caractérisés par une disposition radiale des
éléments chauffants (électriques ou à gaz) et présentant une ouverture dans leur partie
supérieure pour permettre l'introduction de la charge. L'ouverture peut être fermée
au moyen d'un bouchon, actionné comme un tiroir ou pivotant sur un axe. Les fours
permettent de réaliser tous les procédés de traitement thermiques (austénitisation
sous atmosphère de protection jusqu'à 1300°C, revenu, recuit, nitruration et dérivés,
cémentation et dérivés, etc.). Les fours sont disposés dans une partie inférieure
de l'installation. Les bouchons sont ouverts ou fermés au moyen d'actionneurs mécaniques
(moteurs, vérins). Plusieurs modes de réalisation peuvent être envisagés : par exemple,
les bouchons peuvent être pivotants sur un axe disposé à l'intérieur du tunnel de
transfert de transfert, ou sur le four lui-même, ou les bouchons peuvent être disposés
sur un chariot et se dégager latéralement.
- une ou plusieurs cellules de trempe ou de refroidissement ouvertes sur le dessus pour
permettre l'introduction de la charge. L'ouverture peut être fermée au moyen d'une
porte, actionnée comme un tiroir ou pivotant sur un axe. La ou les cellules de trempe
présentent l'avantage de ne pas nécessiter d'ascenseur intégré pour immerger la charge.
Tous les fluides de trempe ou de refroidissement (eau, polymères, huile, sels fondus,
lits de sable fluidisés, gaz (à la pression atmosphérique ou sous pression, etc.)
sont utilisables. Les cellules de trempe sont disposées dans la partie inférieure
de l'installation. Typiquement, l'ouverture des cellules de trempe se trouve dans
un plan parallèle au plan défini par l'ouverture des fours.
- un tunnel de transfert, disposé dans la partie supérieure, et s'étendant au moins
au-dessus de tous les fours et toutes les cellules de trempe ou de refroidissement
devant communiquer entre eux pour des raisons métallurgiques (trempe, refroidissement
contrôlé, etc.). Les fours et les cellules de refroidissement sont accouplés à ce
tunnel de transfert de manière étanche, au moyen de flasques de fixation et/ou de
membranes flexibles accommodant éventuellement les dilations thermiques respectives.
Ce tunnel de transfert étanche peut être rempli de gaz de protection par exemple d'azote,
ou être mis sous vide pour permettre de transférer les charges du ou des fours vers
la ou les cellules de trempe sans oxydation ou détérioration de la surface des pièces
traitées. Le tunnel de transfert permet en outre de concentrer l'ensemble des effluents
provenant des opérations de trempe pour les canaliser en un endroit où ils sont traités
pour prévenir des pollutions.
- un chariot de manutention capable de déplacer les charges sur deux ou trois axes,
disposé à l'intérieur du tunnel de transfert, permettant d'insérer les charges dans
les fours, de les extraire pour les engager dans les cellules de trempe ou de refroidissement
et d'en extraire les charges.
- un sas d'entrée et de sortie assurant les transferts entre le tunnel de transfert
et l'extérieur de l'installation. Le chariot de manutention assure également le déplacement
des charges entre le sas et les autres éléments de l'installation.
[0020] D'autres caractéristiques et avantages de l'invention apparaîtront dans la description
suivante d'un mode de réalisation préféré et de diverses variantes, présentés à titre
d'exemples en référence aux dessins annexés, dans lesquels:
la figure 1 est une vue schématique en coupe verticale longitudinale d'un premier
mode de réalisation d'une installation selon l'invention, comportant un seul four
et une seule cellule de trempe,
la figure 2 est une vue en coupe schématique suivant la ligne II - II de la figure
1, à une échelle légèrement agrandie,
la figure 3 représente, en coupe verticale schématique, une variante dans laquelle
le sas est mobile,
la figure 4 est une vue en élévation latérale partielle montrant un mode d'accrochage
d'une charge de pièces dans une installation selon les figures 1 à 3,
la figure 5 est une vue en plan schématique de l'objet de la figure 4,
la figure 6 est une vue analogue à la figure 5, montrant un autre mode d'accrochage
de la charge, et
la figure 7 est une vue schématique en coupe verticale longitudinale d'un autre mode
de réalisation d'une installation selon l'invention, comportant divers éléments de
traitement.
[0021] L'installation de traitement thermique illustrée par les figures 1 et 2 comporte
deux éléments de traitement juxtaposés, à savoir un four 1 et une cellule de trempe
2 à liquide. Un sas d'entrée et de sortie 3 est disposé dans l'alignement des éléments
1 et 2 et repose comme eux sur un sol horizontal 4 qui supporte l'installation. Ces
trois éléments sont agencés pour recevoir chacun une charge 5 de pièces métalliques
à traiter. Ils sont surmontés d'un tunnel de transfert destiné à faire passer les
charges 5 de l'un à l'autre sans exposer la charge ni l'intérieur des éléments de
traitement 1 et 2 à l'atmosphère extérieure. A cet effet, le tunnel 6 comporte une
enveloppe étanche 7 et contient des moyens de manutention des charges, comprenant
un chariot 8 pourvu de moyens de levage et capable de circuler le long d'une voie
horizontale 9 pour se placer sélectivement au-dessus de chacun des éléments 1 à 3.
Chaque charge 5 de pièces comprend un châssis de support des pièces, auquel les moyens
de levage peuvent s'accrocher d'une manière qui sera décrite plus loin. Dans les figures
1 à 3, on a représenté seulement le plateau inférieur 11 et un organe de suspension
12 de ce châssis.
[0022] Dans l'exemple décrit ici, une charge 5 peut typiquement avoir une forme cylindrique
d'environ 1 m de diamètre et 2 m de hauteur, pour un poids d'environ 2000 kg. D'autres
dimensions sont évidemment possibles.
[0023] Le four de traitement 1 est ici un four à pot, c'est-à-dire qu'il contient un pot
métallique 14 formant une enceinte autour de la charge 5. Le pot est entouré d'éléments
de chauffage électrique 15 entourés d'une enceinte isolante 16. Pour assurer la circulation
de l'atmosphère contrôlée à l'intérieur du four 1, le bas du four contient un ensemble
de brassage 17 constitué par un rotor de soufflante 18 actionné par un moteur électrique
19. La circulation des gaz est assurée par des parois de guidage des flux 20. Le pot
est fermé à sa base par une plaque démontable 21 et son bord supérieur est fixé à
l'enceinte 16 grâce à des organes de support non représentés. La charge 5 repose sur
des supports 22 disposés dans la partie basse du four. On peut envisager que ces supports
soient solidaires du pot 14 ou de la plaque de fermeture 21. De même, on peut aussi
envisager que la charge 5 soit suspendue à des supports disposés dans la partie supérieure
du pot 14. Pendant le traitement, l'ouverture supérieure du four est fermée de manière
étanche par un bouchon mobile 24 monté de préférence de manière pivotante autour d'un
axe 25, de façon à s'ouvrir et se fermer en restant à l'intérieur du volume défini
par le four 1 et le tunnel de transfert 6. On a représenté en trait interrompu la
position ouverte 24a du bouchon 24 à l'intérieur du tunnel.
[0024] Autour du bouchon 24, le four 1 est raccordé de manière étanche au tunnel de transfert
6, par exemple au moyen d'un flasque 26. On peut aussi prévoir une collerette souple
pour accommoder les dilatations entre le four et le tunnel.
[0025] On notera qu'avec une telle disposition, tous les passages techniques, notamment
pour des alimentations en fluides 28 et des sondes de mesure 29, sont réalisés par
le fond du four.
[0026] Bien que l'exemple décrit ici se réfère à un four à pot 1, qui a notamment l'avantage
d'assurer une grande homogénéité de la température autour de la charge, d'autres types
de fours sont utilisables dans une telle installation.
[0027] Le tunnel de transfert 6 se présente sous la forme d'un tube cylindrique ou parallélépipédique.
Les moyens de levage incorporés au chariot de manutention 8 pour lever et abaisser
la charge 5 jusque dans les éléments de traitement 1 et 2 et le sas 3 peuvent comporter
un mécanisme classique, par exemple un treuil 28, un parallélogramme déformable ou
une chaîne, et être actionnés par un moteur électrique ou des vérins pneumatiques
ou hydrauliques. Ces moyens de levage portent un dispositif de saisie 30 agencé pour
coopérer avec l'organe d'accrochage 12 de la charge. Le déplacement horizontal du
chariot 8 sur la voie 9 s'effectue par des moyens d'entraînement classiques, par exemple
une crémaillère et un moteur électrique pas à pas.
[0028] Le dispositif de saisie 30 équipant le chariot 8 permet de prendre la charge 5 dans
l'une quelconque des stations de l'installation, la transporter suspendue et la déposer
dans une autre station. Son actionnement peut être électrique, pneumatique ou hydraulique.
Il peut être réalisé de différentes façons pour coopérer avec le ou les organes d'accrochage
12 du châssis supportant la charge 5, par exemple une pince axiale saisissant un téton
disposé sur la charge, un mécanisme de verrouillage du type à baïonnette par rotation
angulaire du dispositif de saisie 30, un mécanisme à cliquets, etc. On décrira plus
loin un mode de réalisation particulièrement avantageux du dispositif de saisie 30
en référence aux figures 4 et 5.
[0029] Dans certains cas, le chariot de manutention peut être équipé d'écrans thermiques
31 qui entourent latéralement la charge 5 pour limiter la perte de température par
rayonnement lors du transfert de la charge du four 1 vers la cellule de trempe 2.
[0030] La cellule de trempe 2 représentée à la figure 1 comporte un bac 32 ouvert vers le
haut et contenant le liquide de trempe, un support 33 sur lequel la charge 5 est posée,
et un dispositif 34 d'agitation du liquide de trempe, comprenant une hélice entraînée
par un moteur électrique immergé 35. La circulation du liquide est conduite par des
parois de guidage 36. On peut évidemment envisager d'autres dispositifs d'agitation
du milieu de trempe, comme par exemple des pompes de circulation ou des hélices déportées.
La cellule de trempe 2 est typiquement équipée d'un échangeur de chaleur (non représenté)
permettant de refroidir le liquide de trempe, de moyens de chauffe (non représentés)
tels que des corps de chauffe électriques plongeant dans le liquide, de détecteurs
de niveau et/ou de dispositifs de compensation de niveau, d'une vanne de vidange rapide,
etc. On notera que tous les organes précités se trouvent avantageusement à proximité
du sol 4. Par ailleurs, selon la nature et la température du liquide de trempe, le
bac 32 peut être isolé thermiquement.
[0031] L'ouverture supérieure de la cellule de trempe 2 est raccordée de manière étanche
au tunnel de transfert 6 par un flasque 37 et forme ainsi un passage pour les charges
5. Elle peut être fermée de manière étanche au moyen d'une porte 38 coulissante ou
pivotante. Dans le présent exemple, la porte 38 coulisse horizontalement à l'intérieur
du tunnel 6 jusqu'à une position d'ouverture 38a dessinée en traits interrompus. Ceci
permet de démonter ou remplacer la cellule de trempe 2 sans arrêter le four 1.
[0032] L'ensemble des émanations provenant de la cellule de trempe 2 et de l'ouverture du
four 1 est canalisé dans le tunnel de transfert 6. Celui-ci est muni d'un conduit
de sortie 40, sous la forme d'une tuyère ou d'une cheminée qui guide les émanations
vers un dispositif de retraitement 41 où elles sont purifiées avant d'être recyclées
ou évacuées vers l'extérieur.
[0033] Le sas 43 représenté à la figure 1 est fixe et couplé de manière étanche au tunnel
de transfert 6 par une ouverture définie par un flasque 40. Cette ouverture peut être
fermée de manière étanche par une porte basculante 41 disposée dans le tunnel et dont
la position ouverte 41a est dessinée en trait interrompu. On notera que, dans cet
exemple, les moyens mécaniques d'actionnement du bouchon 24 et des portes 38 et 41
sont avantageusement disposés à l'intérieur du tunnel de transfert 6. Le sas 5 est
pourvu d'une porte latérale 42 permettant l'entrée et la sortie d'une charge 5 lorsque
la porte 41 est fermée. Dans le cas présent, le sas a de préférence une forme cylindrique
pour recevoir une charge de même forme. La porte latérale 42 peut alors avantageusement
s'ouvrir par coulissement le long de l'enceinte périphérique 43 du sas. L'étanchéité
entre la porte 42 et l'enceinte peut être assurée par exemple au moyen d'un joint
gonflable. Cet agencement est particulièrement économique et permet de limiter l'encombrement
lié à l'ouverture de la porte.
[0034] La figure 3 représente une variante dans laquelle le sas 43 est mobile, par exemple
pour transporter chaque charge 5 entre l'installation de traitement thermique et des
postes de chargement/déchargement. Le sas 43 est monté sur un chariot 44 muni de roues
45 qui permettent de déplacer le sas au-dessous du tunnel de transfert 6 et jusqu'à
un autre poste. Dans ce cas, le sas mobile 43 n'a qu'une ouverture supérieure 46 pour
le passage des charges 5. L'étanchéité entre le sas 43 et le tunnel de transfert 6
est réalisée de préférence au moyen d'une collerette 47 mobile en hauteur, qui vient
s'appuyer sur un joint d'étanchéité 48 disposé sur le sas. Le mécanisme commandant
le relèvement et l'abaissement de la collerette 47 est disposé dans le tunnel 6. Une
fois que le sas est accouplé de manière étanche au tunnel, la course de la collerette
47 est typiquement de quelque centimètres seulement. On peut y effectuer une opération
de purge par le vide ou par un gaz inerte. Ensuite, on peut ouvrir la porte 41 et
le chariot de manutention 8 peut venir saisir la charge 5 dans le sas pour l'amener
par exemple au four 1. Les opérations de sortie d'une charge du tunnel 6 se font de
manière identique, mais dans l'ordre inverse.
[0035] Dans la figure 3, on a représenté schématiquement en trait interrompu une deuxième
position du sas mobile 43a, où l'on voit que l'introduction d'une charge dans le sas
à partir d'une position 5a, ou l'extraction d'une charge se trouvant dans le sas,
s'effectue verticalement comme l'indique la double flèche F. Cette opération s'effectue
au moyen d'un engin de levage classique et n'est pas plus encombrante en hauteur que
le tunnel de transfert 6.
[0036] On peut également imaginer que l'ouverture supérieure du sas mobile 43 soit munie
d'une porte coulissante. Ceci permet la purge du sas sans qu'il soit raccordé au tunnel
de transfert 6. Pendant ce temps, on pourrait employer un deuxième sas mobile pour
introduire une charge de pièces dans le tunnel.
[0037] Un homme du métier comprendra que tous les mécanismes et mouvements décrits ci-dessus
peuvent facilement être automatisés et commandés d'une manière centralisée au moyen
d'un automate programmable. Le regroupement de la plupart des portes, et bouchons
dans le tunnel de transfert 6 est particulièrement avantageux de ce point de vue.
De plus, il permet de ménager des portes ou flasques en attente pour des éléments
de traitement supplémentaires, lorsqu'une extension de l'installation est prévue.
On notera qu'il est aussi possible, par exemple, de transporter une charge 5 avec
un bouchon ou un couvercle le cas échéant. Un autre avantage de cette disposition
dans portes et bouchons est de rendre possible le changement d'un élément de traitement
tout en continuant le travail de l'installation.
[0038] Les figures 4 et 5 représentent schématiquement un mode de réalisation avantageux
du dispositif de saisie 30 dont le chariot 8 est équipé pour saisir et porter une
charge 5 de pièces à traiter. Dans ce cas, le châssis de support de la charge a une
forme parallélépipédique et comporte quatre montants 51 reliant le plateau inférieur
11 à des traverses supérieures horizontales 52. Le dispositif de saisie 30 comporte
par exemple quatre crochets de suspension 54, solidaires les uns des autres et mobiles
verticalement grâce aux moyens de levage incorporés au chariot 8. Pour saisir la charge
5, les crochets 54 sont abaissés comme l'indiquent les flèches A, puis déplacés ensemble
horizontalement grâce à un déplacement du chariot 8 sur sa voie 9, comme l'indiquent
les flèches B, jusqu'à ce qu'ils se trouvent sous les traverses respectives 52. Les
crochets 54 sont alors remontés par les moyens de levage du chariot pour soulever
la charge 5. Les mouvements inverses seront effectués pour décrocher la charge une
fois qu'elle a été déposée à sa destination dans l'un des élément de traitement ou
dans le sas.
[0039] La figure 6 représente schématiquement en plan un autre mode de réalisation du dispositif
de saisie 30, accrochant la charge 5 à la manière d'un dispositif à baïonnette. Dans
cet exemple, le châssis supportant le plateau 11 et les pièces à traiter a une forme
triangulaire en plan, avec trois montants 51 dont les sommets sont reliés par trois
traverses horizontales 52. Le dispositif de saisie 30 comporte dans ce cas une colonne
centrale verticale 55 déplacée verticalement par les moyens de levage du chariot et
capable de pivoter autour de son axe vertical. L'extrémité inférieure de la colonne
55 est munie de trois bras horizontaux 56 décalés angulairement de 120°. L'abaissement
de la colonne 55 permet d'introduire les bras 56 dans le triangle formé par les traverses
52, puis une rotation de la colonne sur 60° comme l'indique la flèche C permet d'amener
chaque bras 56 dans une position 56a, pour accrocher chaque traverse 52 par-dessous
et permettre ainsi de soulever la charge au moyen de la colonne 55.
[0040] Bien entendu, on peut concevoir un système analogue avec un châssis de forme carrée
et une colonne équipée de quatre bras horizontaux.
[0041] La figure 7 représente schématiquement un mode de réalisation d'une installation
selon l'invention comportant une pluralité d'éléments de traitement associés à un
tunnel de transfert 6 et un sas d'entrée/sortie 3, tels que décrits en référence aux
figures 1 et 2. Cette installation peut comporter par exemple, sur une seule rangée,
deux fours d'austénitisation et de cémentation 61, deux fours 62 pour la nitruration,
la nitrocarburation, le revenu ou le recuit, une cellule de trempe à huile 63, une
cellule de trempe à sels 64 et une chambre 65 de refroidissement à atmosphère contrôlée,
notamment sous gaz inerte, sous pression ou à pression atmosphérique. Chaque charge
5 de pièces à traiter est transportée entre le sas 3 et les différents éléments de
traitement 61 à 65 par le chariot de manutention 8 dans l'atmosphère contrôlée du
tunnel de transfert 6. Comme dans les exemples précédents, on remarque dans le dessin
que l'installation de traitement a un encombrement minimum, en particulier en hauteur
puisqu'elle n'occupe que deux niveaux et peut donc prendre place dans un bâtiment
à hauteur limitée.
[0042] Cependant, il faut noter qu'une installation selon l'invention n'est pas limitée
à une seule rangée d'éléments de traitement, dans la mesure où les moyens de manutention
disposés dans le tunnel de transfert 6 peuvent aussi être conçus pour déplacer les
charges 5 dans une direction transversale. Par exemple, on peut envisager de doter
le chariot de manutention 8 d'un troisième axe de déplacement, perpendiculaire à l'axe
de la voie 9, pour lui permettre de desservir des éléments de traitement ou des sas
disposés côte à côte.
1. Installation pour le traitement thermique de charges de pièces métalliques, comportant
:
- un tunnel de transfert (6) pourvu d'une enveloppe étanche (7) et de moyens de manutention
des charges comportant un chariot (8) mobile longitudinalement dans le tunnel;
- un ensemble d'éléments de traitement (1, 2, 61 à 65) capables de recevoir chacun
au moins une des charges (5) et comprenant au moins un four (1) et au moins une cellule
de trempe ou de refroidissement (2), chaque élément de traitement ayant une ouverture
raccordable de manière étanche au tunnel de transfert pour former un passage pour
les charges;
- au moins un sas (3, 43) d'entrée et/ou de sortie ayant une ouverture raccordable
de manière étanche au tunnel de transfert pour le passage des charges;
- et des moyens de fermeture (24, 38, 41) agencés pour obturer sélectivement lesdits
passages;
caractérisée en ce que le tunnel de transfert (6) s'étend au-dessus des éléments de traitement et du sas,
dont lesdites ouvertures sont supérieures, et
en ce que le chariot (8) est pourvu de moyens de levage capables de s'accrocher à l'une des
charges (5) pour la transporter suspendue et la déplacer verticalement pour l'introduire
dans et l'extraire des éléments de traitement.
2. Installation selon la revendication 1, caractérisée en ce que les moyens de fermeture comportent des bouchons ou portes (24, 38, 41) s'ouvrant
par déplacement vers l'intérieur du tunnel de transfert (6).
3. Installation selon la revendication 2, caractérisée en ce que les moyens de fermeture sont montés à l'intérieur de l'enveloppe (7) du tunnel de
transfert (6).
4. Installation selon l'une des revendications précédentes, caractérisée en ce que les éléments de traitement comportent au moins un four à pot (1, 61, 62).
5. Installation selon l'une des revendications précédentes, caractérisée en ce que les éléments de traitement comportent au moins une cellule de trempe à liquide (2,
63, 64).
6. Installation selon l'une des revendications précédentes, caractérisée en ce que les éléments de traitement comportent au moins une chambre de refroidissement à atmosphère
contrôlée (65).
7. Installation selon l'une des revendications précédentes, caractérisée en ce que le sas (43) est mobile.
8. Installation selon la revendication 7, caractérisée en ce que l'ouverture supérieure (46) du sas mobile est obturable par une porte (41) montée
sur le tunnel de transfert (6).
9. Installation selon l'une des revendications précédentes, caractérisée en ce que les moyens de levage du chariot de manutention (8) comportent un dispositif de saisie
(30) capable de s'accrocher à la charge (5) placée dans le sas ou dans un élément
de traitement.
10. Installation selon la revendication 9, caractérisée en ce que le dispositif de saisie (30) comporte des crochets (54) agencés pour être déplacés
verticalement par les moyens de levage et horizontalement par des déplacements du
chariot (8) pour s'accrocher à la charge (5) et s'en décrocher.
11. Installation selon la revendication 9, caractérisée en ce que le dispositif de saisie (30) comporte une colonne centrale (55) agencée pour être
déplacée verticalement par les moyens de levage et pivoter autour de son axe vertical
pour s'accrocher à la charge (5) et s'en décrocher.