[0001] L'invention concerne une aiguille à coulisse pour machine à tricoter comprenant une
aiguille munie d'un crochet et une coulisse chevauchant au moins partiellement l'aiguille
et munie d'au moins un talon, d'un bec et d'un épaulement, le fond de cette coulisse
étant fendu longitudinalement dans sa région distale comprenant le bec et l'épaulement
de manière à permettre l'écartement du bec par l'aiguille ou par une aiguille ou une
coulisse opposées, la coulisse étant déplaçable relativement à l'aiguille pour fermer
et ouvrir le crochet de l'aiguille et pour entraîner une maille par son épaulement.
[0002] Une telle aiguille est décrite dans la demande de brevet EP 0 881 315 au nom du demandeur.
Dans l'exécution décrite dans ce document le fond de la coulisse et le bord supérieur
de l'aiguille sont rectilignes et parallèles à la direction de déplacement de l'aiguille.
Le déplacement de la coulisse est donc également rectiligne et parallèle à la direction
de déplacement de l'aiguille. En raison de cette conformation, lorsque l'aiguille
avance relativement à la coulisse pour venir en position de préparation de report
de maille, la maille à reporter doit monter sur une rampe de l'aiguille jusqu'à ce
qu'elle se trouve pratiquement au niveau du fond de la coulisse. Ceci a pour effet
d'exercer sur la maille une traction vers le haut qui a pour effet d'agrandir la maille.
Cet effet est encore renforcé lorsque la coulisse avance en entraînant la maille au-dessus
du crochet de l'aiguille, le bec et l'épaulement de la coulisse passant largement
au-dessus du crochet de l'aiguille. La finesse des mailles susceptibles d'être tricotée
est donc limitée.
[0003] Dans une aiguille à coulisse de type antérieur conventionnel, c'est-à-dire dans laquelle
l'aiguille, en forme de glissière, munie d'un crochet d'aiguille est située sous un
coulisseau venant fermer et ouvrir le crochet, il a été proposé, dans le brevet FR
2 652 593, de prévoir des moyens pour élever et abaisser le coulisseau relativement
au fond de la rainure de l'aiguille de manière à réduire le frottement et la traction
sur la maille portée par l'aiguille et obtenir des mailles plus régulières. Ces moyens
sont constitués, d'une part, par un appui dans le fond de la rainure de l'aiguille
et, d'autre part, par un effet de levier exercé par le poussoir de l'aiguille. La
trajectoire de l'extrémité du coulisseau n'est toutefois pas assurée de manière suffisamment
précise et de plus, en raison de la conception générale de l'aiguille, le coulisseau
ne peut pas se déplacer au-delà du crochet de l'aiguille, mais n'effectue qu'un mouvement
de va et vient entre une position basse et une position haute, relativement au fond
de la coulisse.
[0004] La présente invention a également pour but de permettre de tricoter des mailles plus
fines et plus régulières, et, de plus, de faciliter les transferts de mailles vers
un ou plusieurs éléments de réception.
[0005] A cet effet, l'aiguille à coulisse selon l'invention est caractérisée en ce qu'elle
présente des moyens de positionnement et de guidage vertical de la coulisse en toutes
positions de la coulisse lors de son déplacement relatif par rapport à l'aiguille,
ces moyens de guidage et de positionnement vertical étant exclusivement et intégralement
constitués par des formes particulières de l'aiguille et de la coulisse et tels que
la coulisse se déplace selon une trajectoire en tous points contrôlée non rectiligne
présentant des élévations et des abaissements.
[0006] En assurant un guidage parfaitement contrôlé de la coulisse, ces moyens de guidage
ont pour effet de réduire autant qu'il est possible la traction verticale sur la maille
et, par conséquent son agrandissement. Il est ainsi possible de tricoter des mailles
plus fines et plus régulières.
[0007] Selon un mode d'exécution préféré de l'invention, le fond de la coulisse est ouvert
entre le talon et environ le milieu de la coulisse et l'aiguille présente un bras
s'étendant de l'arrière vers l'avant, sensiblement parallèlement au corps de l'aiguille,
ce bras traversant la coulisse par son fond ouvert pour s'étendre au-dessus de la
partie pleine de la coulisse de manière à former, avec le corps de l'aiguille, une
fourche dans laquelle est guidée la coulisse.
[0008] Pour assurer le guidage, les côtés intérieurs de ladite fourche, ainsi que le fond
et le dos de la partie pleine de la coulisse, sont avantageusement en forme de cames
assurant le mouvement non rectiligne de la coulisse, c'est-à-dire son élévation et
son abaissement relativement à l'aiguille.
[0009] Selon un mode d'exécution, la coulisse présente, à l'arrière, au moins un point d'appui
coopérant avec le corps de l'aiguille pour empêcher le basculement intempestif de
la coulisse et/ou pour induire un déplacement dans un plan vertical de l'arrière de
la coulisse relativement à l'aiguille. Dans ce dernier cas, l'un des côtés au moins
du corps de l'aiguille sur lequel s'appuie le point d'appui est en forme de came.
[0010] Le dessin annexé représente, à titre d'exemple, un mode d'exécution de l'invention.
[0011] La figure 1 est une vue latérale de l'aiguille à coulisse.
[0012] La figure 2 représente l'aiguille et la coulisse séparées l'une de l'autre.
[0013] La figure 3 est une vue de dessus, agrandie, de la partie antérieure de la coulisse.
[0014] Les figures 4 à 11 montrent huit positions successives de la coulisse relativement
à l'aiguille d'une position extrême à l'autre en particulier dans le cas d'un report
de maille.
[0015] La forme de l'aiguille et de la coulisse sera tout d'abord décrite en relation aux
figures 1 à 3.
[0016] L'aiguille à coulisse est constituée d'une aiguille 1 et d'une coulisse 2 chevauchant
l'aiguille 1 de manière similaire à la coulisse de l'aiguille à coulisse décrite dans
le document EP-A-0 881 315. A cet effet, la coulisse 2 présente un profil en U renversé,
mais sur une partie seulement de sa longueur pour des raisons qui apparaîtront plus
loin.
[0017] L'aiguille 1 est munie, de manière conventionnelle, d'un crochet 3. Dans le mode
d'exécution représenté, l'aiguille 1 est munie d'un talon 4 pour son entraînement
par les cames d'un porte-cames. L'aiguille pourrait cependant être entraînée par une
clavette. Approximativement en son milieu, l'aiguille est munie d'un bras 5 s'étendant
vers l'avant, au-dessus de l'aiguille proprement dite, parallèlement à l'axe longitudinal
de l'aiguille, c'est-à-dire à la direction de déplacement de cette aiguille dans sa
fonture. L'aiguille 1 et le bras 5 forment une fourche 6 dont les côtés intérieurs
7 et 8 présentent un contour non rectiligne, en forme de came. Le côté 7 en forme
de came se prolonge au-delà de la fourche 6 où il présente une dépression 9 suivie
d'une rampe 10 s'élevant vers l'avant. En avant de cette rampe 10, l'aiguille va s'amincissant,
de manière connue, selon une rampe descendante 11 jusqu'au crochet 3.
[0018] La coulisse 2 présente à l'avant un bec 12 situé devant un épaulement 13 et elle
est munie à l'arrière d'un talon 14 pour son entraînement. Le fond de la coulisse
2 est supprimé en deux endroits, d'une part dans sa partie distale, en avant d'un
point 15 situé légèrement en arrière de l'épaulement 13 et, d'autre part, dans sa
moitié arrière 16, entre le talon 14 et un point 17 situé approximativement à mi-longueur
de la coulisse.
[0019] Vue de dessus, la partie distale de la coulisse est représentée à la figure 3. L'interruption
du profil en U de la coulisse forme une fente 18 qui se rétrécit à l'extrémité de
la coulisse pour former le bec 12 à l'extrémité duquel les côtés de la fente 18 se
rejoignent. Les deux côtés de la fente 18 peuvent s'écarter l'un de l'autre élastiquement.
[0020] L'interruption 16 du fond de la coulisse forme une découpe de largeur correspondant
à l'épaisseur de l'aiguille. Cette découpe est traversée par le bras 5 de l'aiguille
qui s'étend au-dessus de la coulisse proprement dite, c'est-à-dire de la zone 29 de
la coulisse dans laquelle le fond de la coulisse n'est pas interrompu. Cette zone
29 présente extérieurement, à l'avant une rampe 19 terminée par un nez 20 et, à l'arrière,
un léger bossage 21. Intérieurement, le fond de la coulisse présente un premier bossage
22 dans sa partie avant et un second bossage 23 à l'arrière. Entre ces bossages le
fond de la coulisse présente une légère dépression.
[0021] A l'arrière, à la hauteur du talon 14, la coulisse 2 présente deux points d'appui
33 et 34 coopérant respectivement avec les côtés supérieur 35 et inférieur 36 du corps
de l'aiguille pour éviter le basculement intempestif de la coulisse. Ces points d'appui
peuvent en outre être utilisés pour induire un mouvement supplémentaire de la coulisse
relativement à l'aiguille, par exemple pour escamoter son talon 14 relativement à
une came du chariot porte-cames ou pour obtenir un mouvement plus fin et plus précis
de son bec 12. Dans ce cas au moins l'un des côtés 35, 36 du corps de l'aiguille est
non rectiligne, c'est-à-dire en forme de came. Le point d'appui 33 est formé par un
bossage du fond de la coulisse et le point d'appui 34 est formé, par exemple, par
repoussage de la matière des parois de la coulisse.
[0022] En ce qui concerne le profil intérieur de la fourchette 6 de l'aiguille, il présente,
à partir de l'extrémité du bras 5, une rampe de dégagement 32 suivie d'un bossage
24, puis d'une légère dépression et d'un second bossage 25 faiblement marqué et, sur
l'aiguille proprement dite, une partie haute 26 de niveau constant entre la dépression
9 et une rampe 27 aboutissant à une dépression 28.
[0023] Comme on peut le voir à la figure 1, lorsque l'aiguille est assemblée, la zone 29
de la coulisse est située dans la fourchette 6 de l'aiguille, laquelle assure le guidage
non rectiligne de la coulisse 2 lors de son déplacement. A la figure 1, la coulisse
est représentée dans sa position la plus en arrière sur l'aiguille. Dans cette position,
le bossage 24 du bras 5 de l'aiguille est en appui sur le nez 20 de la coulisse, ce
qui a pour effet de positionner le bec 12 de la coulisse dans une position basse de
hauteur minimale relativement à l'aiguille. Dans cette position, les deux côtés du
bec 12 sont écartés par l'aiguille 1 et ainsi le bec 12 et la dépression située en
arrière de ce bec se trouvent en tous points en dessous du bord supérieur de l'aiguille.
[0024] Le mouvement complet de la coulisse sur l'aiguille sera maintenant décrit en relation
aux figures 4 à 11 qui représentent huit positions successives de la coulisse relativement
à l'aiguille à partir de la position représentée à la figure 1 qui est la même position
que celle représentée à la figure 4.
[0025] La séquence représentée illustre un report de maille.
[0026] Dans la position représentée à la figure 4, la coulisse 2 est positionnée dans la
fourchette 6 par son nez 20 et son bossage 22. Le bec 12 de la coulisse, ouvert, est
situé en dessous du bord supérieur de l'aiguille 1. Les deux côté du bec 12 s'appuient
sur les côtés de l'aiguille sur deux fraisages 30 qui réduisent l'épaisseur de l'aiguille
et par conséquent l'ouverture du bec 12 de manière à ne pas dépasser la largeur de
la coulisse. La maille à reporter 31 est portée par l'aiguille 1 de sorte qu'elle
n'exerce aucune pression sur la coulisse 2 qui se trouve en porte-à-faux et évite
un freinage de la coulisse. Le bec 12 se trouve à ce moment là à une hauteur H1 par
rapport au bord inférieur de l'aiguille, c'est-à-dire par rapport au fond de la rainure
de la fonture dans laquelle coulisse l'aiguille. Ce niveau H1 est le niveau minimal
du bec 12 sur la trajectoire de la coulisse.
[0027] Lorsque la coulisse 2 avance, son bossage 22 monte sur la rampe 27 de l'aiguille
pour arriver sur la partie haute 26 (figure 5). Vers le haut, la coulisse est retenue
et guidée par le bossage 24 du bras 5 de l'aiguille. Cette ascension de la coulisse
est juste suffisante pour que la dépression à l'arrière du bec 12 de la coulisse arrive
légèrement au dessus du niveau de l'aiguille. Lors de cette ascension de la coulisse,
le bec 12 se referme et la maille 31 est entraînée par l'épaulement 13 de la coulisse.
Le niveau H2 atteint par le bec 12 de la coulisse est le niveau le plus haut relativement
à l'aiguille atteint par la coulisse lors de son déplacement.
[0028] La coulisse 2 poursuit sont avance en s'appuyant sur la partie haute de niveau constant
26 de l'aiguille, c'est-à-dire en conservant le niveau H2, comme représenté à la figure
6.
[0029] Le bossage 22 de la coulisse quitte ensuite la partie 26 de l'aiguille de telle sorte
que le bec 12 de la coulisse descend en direction du crochet 3 de l'aiguille, comme
représenté à la figure 7.
[0030] Poursuivant sa descente, la coulisse 2 vient coiffer le crochet 3 de l'aiguille par
son bec 12, comme représenté à la figure 8. Ce mouvement correspond au mouvement de
fermeture d'une aiguille conventionnelle à clapet par son clapet.
[0031] La coulisse poursuivant sa progression, son bossage 22 arrive contre la rampe 10
de l'aiguille de telle sorte que la coulisse 2 et son bec 12 amorcent un mouvement
ascendant (figure 9) qui se poursuit jusqu'à ce que le bec 12 atteint un niveau H4
(figure 10). Ce mouvement ascendant a pour but d'éviter que le crochet 3 de l'aiguille
accroche des filaments de la maille 31 présente sur la coulisse.
[0032] Une fois le crochet 3 passé, le bossage 22 de la coulisse 2 redescend le long de
la rampe 11 de l'aiguille et la quitte alors que le bossage 23 prend le relais sur
la face 26 de l'aiguille et le bec 12 atteint un niveau bas H5 et conserve ce niveau
jusqu'au bout de son déplacement. Cette descente a pour effet d'éviter une déformation,
par traction, de la maille 31 (figure 11).
[0033] Dans la position représentée à la figure 11 la maille 31 peut être saisie par une
aiguille opposée (report) ou par une coulisse (poinçonnage) comme décrit dans le brevet
EP 0 881 315, c'est-à-dire par l'introduction de cette aiguille ou de cette coulisse
dans le bec 12.
[0034] Dans des variantes d'exécution, la coulisse pourrait chevaucher totalement l'aiguille
et elle pourrait être munie de deux talons ou plus. La coulisse pourrait présenter,
à l'arrière, un seul point d'appui, par exemple le point d'appui 34 (figure 2)
1. Aiguille à coulisse pour machine à tricoter comprenant une aiguille (1) munie d'un
crochet (3) et une coulisse (2) chevauchant au moins partiellement l'aiguille et munie
d'au moins un talon (14), d'un bec (12) et d'un épaulement (13), le fond de la coulisse
étant fendu longitudinalement dans sa région distale comprenant le bec (12) et l'épaulement
(13) de manière à permettre l'écartement du bec, la coulisse étant déplaçable relativement
à l'aiguille pour fermer et ouvrir le crochet de l'aiguille et pour entraîner une
maille par son épaulement,
caractérisée en ce qu'elle présente des moyens de positionnement et de guidage vertical (6) de la coulisse
(2) en toutes positions de la coulisse lors de son déplacement relatif par rapport
à l'aiguille (1), ces moyens de guidage et de positionnement vertical étant exclusivement
et intégralement constitués par des formes particulières de l'aiguille et de la coulisse
et tels que la coulisse se déplace selon une trajectoire en tous points contrôlée
non rectiligne présentant des élévations et des abaissements.
2. Aiguille à coulisse selon la revendication 1, caractérisée en ce que le fond de la coulisse (2) est ouvert (16) entre le talon (14) et environ le milieu
(17) de la coulisse et que l'aiguille présente un bras (5) s'étendant de l'arrière
vers l'avant sensiblement parallèlement au corps de l'aiguille, ce bras traversant
la coulisse par son fond ouvert (16) pour s'étendre au-dessus de la partie pleine
(29) de la coulisse, de manière à former, avec le corps de l'aiguille, une fourche
(6) dans laquelle est guidée la coulisse.
3. Aiguille à coulisse selon la revendication 2, caractérisée en ce que les côtés internes de ladite fourche (6) ainsi que le fond et le dos de la partie
pleine (29) de la coulisse sont en forme de cames assurant le mouvement non rectiligne
de la coulisse, c'est-à-dire son élévation et son abaissement relativement à l'aiguille.
4. Aiguille à coulisse selon la revendication 3, caractérisée en ce que l'aiguille (1) présente deux fraisages latéraux (30) réduisant l'ouverture du bec
(12) de la coulisse par l'aiguille lorsque le bec est abaissé au-dessous du bord supérieur
de l'aiguille.
5. Aiguille à coulisse selon l'une des revendications 1 à 4, caractérisée en ce que le guidage est tel que lorsque l'aiguille (1) est en position de préparation de report
de maille, coulisse en retrait maximal relativement à l'aiguille et bec de coulisse
au-dessous du bord supérieur de l'aiguille, la maille est supportée par l'aiguille.
6. Aiguille à coulisse selon la revendication 5, caractérisée en ce que le guidage est tel que lorsque la coulisse (2) avance à partir de sa position en
retrait maximal en entraînant une maille, cette coulisse s'élève d'abord pour entraîner
la maille sur son épaulement, puis redescend jusqu'à la position de fermeture du crochet
de l'aiguille, puis remonte légèrement pour éviter un accrochage de filaments de maille
par le crochet et finalement redescend de manière à réduire la traction sur la maille.
7. Aiguille selon l'une des revendications 1 à 6, caractérisée en ce que la coulisse présente, à l'arrière, au moins un point d'appui (33, 34) coopérant avec
le corps de l'aiguille (35, 36) pour empêcher le basculement intempestif de la coulisse
et/ou pour induire un déplacement dans un plan vertical de l'arrière de la coulisse
relativement à l'aiguille.
8. Aiguille selon la revendication 7, caractérisée en ce qu'au moins l'un des côtés (35, 36) du corps de l'aiguille sur lequel s'appuie le point
d'appui (33, 34) est en forme de came.