[0001] La présente invention concerne un dispositif de fixation d'un cadran dans une boîte
de montre, ou de toute autre pièce d'horlogerie pour permettre un préassemblage du
mouvement horloger et du cadran avant de monter les autres pièces d'habillage. L'invention
concerne plus particulièrement un tel dispositif dans lequel le cadran est rendu solidaire
du cercle d'emboîtage.
[0002] Un grand nombre de dispositifs a déjà été proposé pour immobiliser un cadran sur,
ou entre, les éléments constitutifs d'une boîte de montre. Beaucoup de dispositifs
concernent le pincement du cadran entre un, ou plusieurs éléments inférieurs tels
qu'une platine, un cercle d'emboîtage ou une carrure, et un, ou plusieurs éléments
supérieurs, tels qu'un rehaut, une glace ou une lunette. Ces genres de dispositifs
conviennent bien pour un assemblage manuel, mais sont moins satisfaisants pour un
assemblage automatique ou semi-automatique, où il est souhaitable d'avoir un préassemblage
du mouvement, du cadran et du dispositif d'affichage avant d'assembler les éléments
d'habillage.
[0003] Plusieurs solutions ont été proposées pour atteindre le but ci-dessus. Il est par
exemple possible de visser en deux ou trois points le cadran sur le dessous de platine
ou sur le cercle d'emboîtage. Dans la demande de brevet japonais JP 1467/96, il est
proposé d'effectuer un boulonnage au centre avec un passage pour les canons des aiguilles.
Le brevet US 4,320,483 décrit un dispositif de couplage magnétique entre le cadran
et la platine.
[0004] Parmi les autres solutions qui ont donné lieu à de très nombreuses variantes, il
faut citer le principe consistant à prévoir des pieds solidaires de la surface inférieure
du cadran, lesdits pieds étant immobilisés dans un élément inférieur de la boîte par
soudage, par vissage ou par blocage. Pour le blocage on peut par exemple citer le
brevet EP 0 465 988 dans lequel chaque pied de cadran est bloqué dans la platine par
un tenon riveté à proximité.
[0005] Selon une solution plus simple, décrite dans le brevet CH 485 259, les pieds de cadran
sont collés à l'intérieur de logements ménagés dans le cercle d'emboîtage. On pourrait
même envisager un mode de réalisation encore plus simple dans lequel le cadran n'a
pas de pieds et où on effectue le collage directement sur la surface supérieure du
cercle d'emboîtage. Dans tous les cas il est nécessaire de disposer d'un produit qui
puisse coller à la fois le matériau du cadran et celui du cercle d'emboîtage, ou d'un
autre élément inférieur de liaison. Cela est le plus souvent le cas, mais il arrive
parfois qu'il soit impossible de trouver un tel produit notamment lorsque le cercle
d'emboîtage est un matériau synthétique pour lequel il n'existe actuellement aucune
colle offrant une adhésion suffisante.
[0006] La présente invention a donc pour objet de procurer un assemblage simple et économique
d'un cadran à un élément inférieur d'une boîte de montre, en particulier d'un cercle
d'emboîtage, en utilisant un matériau adhésif.
[0007] A cet effet, l'invention a pour objet un dispositif de fixation d'un cadran sur un
élément inférieur d'une boîte destinée à recevoir un mouvement horloger, ou sur un
élément inférieur contenu dans celle-ci. Le dispositif est caractérisé en ce que l'élément
inférieur comporte au moins deux passages traversants ayant chacun une première partie
du côté cadran séparé d'une deuxième partie du côté opposé par un étranglement, lesdits
passages étant remplis dans toute leur première partie et dans au moins une portion
de leur deuxième partie avec un matériau adhésif ayant un fort pouvoir de liaison
avec au moins le matériau formant la face inférieure du cadran.
[0008] Comme on le verra dans la description détaillée qui suit, l'étranglement peut être
obtenu de différentes façons. Dans un mode de réalisation préféré les premières et
deuxièmes parties des passages traversants constituent des cheminées ayant leur génératrices
perpendiculaires au plan général de la boîte, c'est-à-dire en fait au cadran lui-même.
Ces cheminées ont évidemment un contour adapté à l'espace disponible pour ménager
les passages traversants à travers l'élément inférieur.
[0009] Selon un autre mode de réalisation, les axes des premières et deuxième parties des
passages traversant forment une ligne brisée.
[0010] Pour faciliter le préassemblage du cadran au mouvement l'élément inférieur est de
préférence le cercle d'emboîtage ou des extensions radiales du dessous de platine
du mouvement horloger. Le dispositif selon l'invention est particulièrement avantageux
lorsqu'on effectue la fixation sur le cercle d'emboîtage. En effet, un des matériaux
le plus utilisé pour réaliser des cercles d'emboîtage est un polyoxyméthylène, commercialisé
par Dupont sous la marque Delrin® en raison de son très faible coefficient de frottement
facilitant les opérations d'assemblage. Malheureusement, ce matériau est excessivement
difficile, pour ne pas dire impossible, à coller. Le dispositif selon l'invention
permet donc de bénéficier de ses qualités tribologiques tout en permettant un collage
avec un cadran ne nécessitant aucune conformation particulière, tels que des pieds
de fixation.
[0011] D'autres caractéristiques et avantages de la présente invention apparaîtront plus
clairement à la lecture de la description détaillée ci-après d'un exemple de réalisation
donné à titre illustratif et non limitatif en référence aux dessins annexés dans lesquels
:
- la figure 1 représente en vue de dessus une montre-chronographe de forme à cadran
rectangulaire;
- la figure 2 représente en demi-coupes par la ligne 12h-6h, selon les flèches II-II
de la figure 1, l'assemblage du cadran et du cercle d'emboîtage, et
- les figures 3 à 6 représentent des variantes d'exécution des passages traversants
visibles sur la figure 2.
[0012] A la figure 1 on a représenté une montre-chronographe ayant une boîte à carrure rectangulaire
1 dans laquelle les éléments supérieurs de fermeture (glace, lunette ou retour de
carrure) ne sont pas figurés. La carrure 1 est pourvue de cornes 2 permettant la fixation
d'un bracelet 4. Pour une meilleure compréhension on a également supposé que le cadran
rectangulaire 3 était transparent.
[0013] La montre-chronographe comporte de façon classique une couronne 5, par exemple pour
la mise à l'heure d'un affichage analogique au moyen d'aiguilles heures-minutes 6a,
6b et petite seconde 6c sur un cadran à 6 heures. La fonction chronographe est commandée
par deux boutons-poussoirs 7a, 7b, l'affichage des temps chronométrés s'effectuant
au moyen d'une aiguille de secondes au centre 8, d'un compteur de minutes 9a, et d'un
compteur de 1/10 de seconde 9b. Le mouvement qui entraîne l'affichage de l'heure et
la fonction chronographe ne sera pas décrit comme ne faisant pas partie de l'invention
et pouvant être un mouvement quelconque connu de l'homme de l'art. Dans la majorité
des cas, le mouvement correspond à un calibre rond logé dans un cercle d'emboîtage
10. Le terme "cercle d'emboîtage" est utilisé ici par extension étant donné que le
contour extérieur est de forme rectangulaire pour épouser le contour intérieur de
la carrure 1. Cette construction laisse donc quatre angles morts 11 qui vont être
utilisés pour la fixation du cadran comme expliqué ci-après en se référant également
à la figure 2.
[0014] La partie gauche de cette coupe est représentée avant la fixation du cadran 3 et
la partie droite après fixation par collage au moyen d'un matériau adhésif 19 formant
également bouchon. Comme on le voit, chaque passage traversant 12 comporte deux parties.
Une première partie 13 forme un orifice 14 côté cadran 3; une deuxième partie 17 est
reliée à la première en formant un étranglement 15.
[0015] Dans le mode de réalisation représenté à la figure 2, les génératrices des surfaces
internes de chaque partie sont perpendiculaires au cadran 3 et l'orifice 14 a une
section plus faible que la section de la deuxième partie de sorte que l'étranglement
15 est en fait constitué par un rebord entre la première partie 13 et la deuxième
partie 15.
[0016] La figure 3 représente une variante dans laquelle les premières et deuxièmes parties
13, 17 sont exactement dans le prolongement l'une de l'autre, l'étranglement étant
formé par une nervure 15a séparant les deux parties.
[0017] La figure 4 représente une autre variante dans laquelle les génératrices des premières
et deuxièmes parties 13, 17 sont obliques en s'écartant de la direction perpendiculaire
au cadran à partir d'une arête 15b formant étranglement.
[0018] Les génératrices de la première partie 13 pourraient évidemment être perpendiculaires
au plan du cadran 3, voire être dans le prolongement des génératrices de la deuxième
partie 17, comme représenté à la figure 5, l'étranglement étant alors formé par le
bord 15c de l'orifice 14.
[0019] Selon un mode de réalisation un peu différent représenté à la figure 6, on voit que
les axes des premières parties 13 et deuxièmes parties 18 des passages traversants
12 ne sont pas parallèles mais forment au contraire une ligne brisée, de sorte que
la zone d'étranglement est formée par le point de flexion entre les deux axes. Dans
l'exemple représenté, ces deux axes sont perpendiculaires et la deuxième partie du
passage traversant a un orifice qui débouche sur un côté du cercle d'emboîtage. Dans
ce mode de réalisation, il est bien évident que le matériau remplissant le passage
forme un "bouchon", dès lors qu'il remplit une portion de la deuxième partie de passage
traversant, quelles que soient les sections respectives des premières et deuxièmes
parties.
[0020] Avec les configurations qui viennent d'être décrites, un cadran 3 parfaitement plat,
ne comportant que des trous pour les passages des axes des aiguilles, peut être fixé
par collage en introduisant dans les passages traversants 12 un matériau 19 ayant
un fort pouvoir adhésif avec au moins la surface inférieure du cadran 3. La quantité
de matériau adhésif 19 introduit doit être telle qu'elle remplisse toute la première
partie 13 du passage traversant 12 et qu'elle déborde au-delà de l'étranglement 15
dans la deuxième partie 17. Le matériau adhésif 19 est choisi pour être liquide lors
de l'application, et solide à température ambiante pour former en quelque sorte un
bouchon impossible à extraire, même si ledit matériau 19 a un pouvoir adhésif faible
ou nul avec les parois du passage traversant 12, comme c'est le cas lorsque le cercle
d'emboîtage 10 est réalisé en Delrin®. Le matériau adhésif 19 est par exemple choisi
dans la gamme des thermofusibles (hot-melt) comprenant notamment des polyamides, des
polyesters et des polyuréthannes. On peut également utiliser des thermodurcissables
ou des colles de type epoxy.
[0021] Avec un cadran rectangulaire les passages traversants 12 ont une section sensiblement
triangulaire. Pour un cadran de forme ovale la section sera en forme de haricot. Si
on utilise un cadran rond la section de l'orifice 14 sera nécessairement plus petite,
mais il est possible d'augmenter le nombre de passages traversants 12; il peut alors
être avantageux de relier toute les parties inférieures par une nourrice annulaire.
[0022] Au lieu de fixer le cadran 3 sur le cercle d'emboîtage 10 on peut le fixer, selon
le même procédé que celui qui vient d'être décrit, sur un autre élément inférieur
tel que le dessous de platine du mouvement ou une extension de celui-ci. La seule
différence résidera dans la profondeur des passages traversants 12. Le procédé selon
l'invention peut présenter un avantage même si on connaît des matériaux capables d'adhérer
à un métal, par exemple celui utilisé pour le dessous de platine. Il est en effet
bien connu que la force d'adhésion sur un métal dépend des précautions qu'on a prises
pour l'état de surface, et qu'il peut être nécessaire d'utiliser un primaire d'accrochage,
autant d'opérations coûteuses pour le produit final, sans pour autant garantir la
longévité du collage qui dépend pour un métal beaucoup des conditions ambiantes et
notamment du taux d'humidité.
[0023] D'autres variantes sont encore envisageables par l'homme de métier sans sortir du
cadre de la présente invention.
1. Dispositif de fixation d'un cadran (3) sur un élément inférieur d'une boîte destinée
à recevoir un mouvement horloger, ou sur un élément inférieur (10) contenu dans celle-ci,
caractérisé en ce que l'élément inférieur (10) comporte au moins deux passages traversants (12) ayant chacun
une première partie (13) formant un orifice (14) du côté cadran (3) séparée d'une
deuxième partie (17, 18) par une zone d'étranglement (15), lesdits passages (12) étant
remplis dans toute leur première partie (13) et dans au moins une portion de leur
deuxième partie (17, 18) avec un matériau adhésif (19) ayant un fort pouvoir de liaison
avec au moins le matériau formant la face inférieure du cadran (3).
2. Dispositif de fixation selon la revendication 1, caractérisé en ce que les orifices des passages traversants (12) sont situés sur la face supérieure côté
cadran et sur la face inférieure opposée de l'élément inférieur (10).
3. Dispositif de fixation selon la revendication 2, caractérisé en ce que les surfaces internes des premières et deuxièmes parties (13, 17) des passages traversants
(12) ont des génératrices perpendiculaires au cadran (3) en délimitant du côté cadran
un orifice (14) de section plus faible que la section de l'orifice du côté opposé,
l'étranglement (15) étant formé par un épaulement créé entre les premières et deuxièmes
parties (13, 17).
4. Dispositif de fixation selon la revendication 2, caractérisé en ce qu'au niveau de la jonction entre les deux parties (13, 17) des passages traversants
(12) la section de la première partie (13) est inférieure à la section d'une zone
immédiatement inférieure dans la deuxième partie (17) de chaque passage traversant
(12), quelle que soit l'orientation des génératrices des premières et deuxièmes parties
par rapport à une direction perpendiculaire au cadran (3).
5. Dispositif de fixation selon la revendication 2, caractérisé en ce que la zone d'étranglement (15c) est confondue avec le bord de l'orifice (14) côté cadran
(3).
6. Dispositif de fixation selon la revendication 1, caractérisé en ce que les axes des premières parties (13) et deuxièmes parties (18) forment une ligne brisée.
7. Dispositif de fixation selon la revendication 1, caractérisé en ce que l'élément inférieur (10) comportant les passages traversants est un cercle d'emboîtage.
8. Dispositif de fixation selon la revendication 1, caractérisé en ce que l'élément inférieur (10) comportant les passages traversants (12) est constitué par
un dessous de platine ou des extensions de celui-ci s'étendant radialement au delà
du mouvement.
9. Dispositif de fixation selon la revendication 1, caractérisé en ce que le matériau adhésif 19 est choisi parmi les composés thermofusibles, thermodurcissables,
et les colles par exemple de type epoxy.
10. Dispositif de fixation selon la revendication 1, caractérisé en ce que le matériau adhésif (19) a un pouvoir adhésif faible ou nul avec le matériau formant
l'élément inférieur (10).
11. Dispositif de fixation d'un cadran (3) dans une boîte de forme, destinée à recevoir
un mouvement horloger circulaire maintenu en place par un cercle d'emboîtage (10)
dont le contour extérieur épouse le contour intérieur de la boîte, caractérisé en ce que le cercle d'emboîtage comporte quatre passages traversants ayant chacun une première
partie côté cadran de section plus faible que la section de la deuxième partie du
côté opposé, lesdits passages traversants étant garnis dans toute la première partie
et dans au moins une portion de la deuxième partie d'un matériau adhésif ayant un
fort pouvoir de liaison avec le matériau formant la face inférieure du cadran.
12. Dispositif de fixation selon la revendication 11, caractérisé en ce que la boîte est rectangulaire et en ce que les passages traversants sont situés dans les angles morts sensiblement aux positions
1 heure, 5 heures, 7 heures et 11 heures.
13. Dispositif de fixation selon la revendication 11, caractérisé en ce que le matériau adhésif a un pouvoir adhésif faible ou nul avec le matériau formant le
cercle d'emboîtage.