[0001] La présente invention concerne un écran semi-conducteur pour câble d'énergie. Elle
concerne plus particulièrement un tel écran destiné à être utilisé dans un câble d'énergie
moyenne, haute et très haute tension à courant continu.
[0002] Un câble d'énergie de ce type comprend de manière connue les éléments suivants, disposés
de manière coaxiale de l'intérieur vers l'extérieur du câble :
- une âme conductrice, comprenant par exemple des fils de cuivre
- un écran semi-conducteur dit intérieur en contact avec l'âme du câble
- une couche d'isolation électrique
- un écran semi-conducteur dit extérieur en contact avec la couche d'isolation électrique
- de manière optionnelle, un écran métallique de protection
- une gaine extérieure de protection.
[0003] La couche d'isolation électrique est généralement constituée de polyéthylène, haute
ou basse densité, réticulé ou non réticulé. Les écrans semi-conducteurs, quant à eux,
sont en général constitués d'une matrice polaire, c'est-à-dire comprenant des groupements
polaires tels que des groupements hydrophiles, comme par exemple un copolymère d'éthylène
et d'acrylate d'alkyl, chargée au moyen d'une charge électriquement conductrice, par
exemple du noir de carbone. Le choix d'une matrice polaire est guidé par la nécessité
de rendre la charge compatible avec la matrice afin d'assurer une meilleure interaction
entre ces deux constituants.
[0004] Lors du fonctionnement d'un tel câble en courant continu, notamment à haute et très
haute tension, un champ électrique très élevé apparaît entre l'âme conductrice et
l'écran semi-conducteur intérieur, ainsi qu'entre l'écran d'aluminium et l'écran semi-conducteur
extérieur. Ce champ électrique provoque la diffusion (on parle dans ce cas d'injection)
de charges électriques depuis l'écran semi-conducteur dans la couche d'isolation électrique.
Ces charges électriques sont alors piégées dans la couche d'isolation électrique.
[0005] Or les phénomènes de claquage et de vieillissement des câbles d'énergie, notamment
des câbles haute tension et très haute tension, sont dus au renforcement du champ
électrique dans des zones localisées de ces câbles. Sous tension continue, ce renforcement
de champ est induit par une distribution particulière de charges d'espace, fonction
de la nature et de la densité de celles-ci.
[0006] Ainsi, l'injection de charges d'espace dans l'isolation et la quantité de charges
d'espace ainsi injectées sont fonction à la fois de la nature de l'isolation et de
celle des semi-conducteurs (l'électrode), et plus précisément de la nature de la matrice
des écrans semi-conducteur, de la nature et du taux de la charge conductrice dans
cette matrice, ainsi que de l'interaction entre ces constituants.
[0007] Pour limiter le phénomène d'injection de charges d'espace, le document EP-0 644 558
propose de remplacer la matrice polaire des écrans semi-conducteurs par une matrice
apolaire. Dans ce cas, on réduit effectivement l'accumulation de charges d'espace
dans la couche d'isolation électrique à proximité de l'interface de cette dernière
avec les écrans semi-conducteurs, mais on rencontre des problèmes de compatibilité
entre la charge et la matrice.
[0008] En outre, cette solution limite la conductivité des écrans semi-conducteurs, nécessaire
à la continuité électrique avec l'âme du câble et permettant à l'isolation de résister
aux chocs de foudre.
[0009] Le but de la présente invention est donc de mettre au point un écran semi-conducteur
permettant de limiter l'injection de charges d'espace dans la couche d'isolation électrique
adjacente lors de l'application d'un champ électrique, tout en assurant les fonctions
électriques d'usage.
[0010] La présente invention propose à cet effet un écran semi-conducteur pour câble d'énergie
comprenant deux couches, chacune desdites couches comportant une matrice polymère
dans laquelle est dispersée une charge conductrice, une première desdites couches
ayant une conductivité électrique volumique longitudinale supérieure à 0 ,1 S/m entre
20 et 90°C,
caractérisé en ce que la deuxième desdites couches est destinée à être placée au contact d'une couche d'isolation
électrique dudit câble d'énergie et est telle que la quantité de charges d'espace
susceptibles d'être injectées depuis ladite deuxième couche dans ladite couche d'isolation
est faible, de sorte que la quantité de charges d'espace susceptibles d'être injectées
depuis ledit écran semi-conducteur dans ladite couche d'isolation est inférieure à
la quantité de charges d'espace susceptibles d'être injectées depuis ladite deuxième
couche seule dans ladite couche d'isolation électrique, ladite deuxième couche formant
une barrière limitant l'injection de charges d'espace dans ladite couche d'isolation
électrique.
[0011] Grâce à l'invention, on conserve les propriétés électriques globales de l'écran semi-conducteur,
c'est-à-dire une conductivité électrique suffisante pour jouer son rôle d'écran en
homogénéisant la répartition du champ électrique à l'intérieur du câble, tout en réduisant
la quantité de charges d'espace susceptibles d'être injectées dans la couche d'isolation
électrique grâce à la présence d'une couche semi-conductrice de faible injection de
charges d'espace directement en contact avec la couche d'isolation électrique.
[0012] L'invention repose sur la satisfaction de deux contraintes considérées comme contradictoires
jusqu'à présent, à savoir la limitation de l'injection de charges d'espace dans la
couche d'isolation électrique et la bonne conductivité électrique de l'écran semi-conducteur.
[0013] En outre, il est important de noter que l'invention permet de choisir le matériau
de la première couche destinée à venir en contact avec l'âme conductrice ou un écran
métallique d'un câble d'énergie, sans contrainte quant à la quantité de charges d'espace
qu'il est susceptible d'injecter dans l'isolation du câble. Cela ouvre donc la voie
à des matériaux ayant des propriétés électriques intéressantes mais non utilisés jusqu'à
présent du fait de l'injection trop importante charges d'espace qu'ils entraînaient
dans, l'isolation.
[0014] De manière très avantageuse, la quantité de charges d'espace susceptibles d'être
injectées depuis l'écran semi-conducteur dans la couche d'isolation est inférieure
à 200 nC entre 25 et 70°C.
[0015] Selon l'invention, la quantité de charges d'espace susceptibles d'être injectées
depuis la deuxième couche seule dans la couche d'isolation électrique est inférieure
à 250 nC entre 25 et 70°C.
[0016] A noter que lorsque l'on parle de quantité de charges d'espace injectées, celle-ci
est mesurée par la méthode de l'onde de pression, qui sera décrite en détail plus
loin.
[0017] De préférence, la conductivité électrique volumique longitudinale de la première
couche sera choisie supérieure à 5 S/m entre 20 et 90°C. Ceci permet notamment la
tenue aux contraintes de choc auxquelles le câble peut être soumis lors de son fonctionnement.
[0018] De préférence également, on choisira la conductivité électrique volumique longitudinale
de ladite deuxième couche entre 10
-4 et 10
-1 S/m entre 20 et 90°C. Ceci a l'avantage de réduire les contraintes par rapport au
choix du type et/ou du taux de la charge conductrice.
[0019] De manière avantageuse, la première couche peut comporter une matrice choisie parmi
les copolymères d'éthylène et d'acrylate d'alkyle ou les mélanges de ces copolymères
avec des polyoléfines, et une charge conductrice dispersée dans cette matrice.
[0020] En fait, on peut choisir pour cette première couche tout matériau connu pour les
écrans semi-conducteurs classiques, notamment à base de matrice polaire.
[0021] De manière avantageuse encore, selon une première variante de réalisation, la deuxième
couche peut comporter une matrice polymère choisie parmi le polyéthylène, le polypropylène,
le polystyrène et leurs copolymères, les alliages de polymères choisis parmi le polyéthylène,
le polypropylène, le polystyrène et leurs copolymères, et les mélanges de composés
choisis parmi le polyéthylène, le polypropylène, le polystyrène, leurs copolymère
et les alliages précédents, et une charge conductrice dispersée dans cette matrice.
[0022] Selon une deuxième variante, la deuxième couche peut comporter une matrice polymère
choisie parmi les élastomères thermoplastiques polyoléfiniques et leurs mélanges.
[0023] Plus spécifiquement, la matrice polymère peut être constituée d'un mélange comprenant
du polyéthylène et un copolymère séquencé hydrogéné de styrène, choisi parmi les copolymères
de styrène et butadiène et de styrène et isoprène.
[0024] La charge peut être choisie parmi les noirs de carbone, comme par exemple le noir
d'acétylène.
[0025] La présente invention concerne également un câble d'énergie comprenant au moins un
écran semi-conducteur tel que défini précédemment.
[0026] Plus précisément, un câble d'énergie selon l'invention comprend, disposés coaxialement
et de l'intérieur vers l'extérieur :
- une âme conductrice
- un écran semi-conducteur intérieur
- une couche d'isolation électrique
- un écran semi-conducteur extérieur
- une gaine de protection extérieure
la première couche de l'écran semi-conducteur intérieur étant en contact avec l'âme
conductrice, et
les deuxièmes couches des écrans semi-conducteurs intérieur et extérieur étant en
contact avec la couche d'isolation électrique.
[0027] Un câble selon l'invention peut comprendre en outre, entre l'écran semi-conducteur
extérieur et la gaine de protection extérieure, un écran métallique de protection.
[0028] L'invention s'applique tout particulièrement aux câbles d'énergie à courant continu.
[0029] D'autres caractéristiques et avantages de la présente invention apparaîtront dans
la description suivante d'un mode de réalisation de l'invention, donnée à titre illustratif
et nullement limitatif.
[0030] Dans les figures suivantes :
- la figure 1 est une vue en perspective éclatée d'un câble d'énergie incorporant deux
écrans semi-conducteurs selon l'invention
- la figure 2 est une vue en coupe transversale du câble de la figure 1
- la figure 3 est une vue en coupe d'un échantillon servant à effectuer l'essai dit
de l'onde de pression.
[0031] La figure 1 montre un câble 10 comprenant, disposés coaxialement de l'intérieur vers
l'extérieur :
- une âme conductrice 1 formée d'un toron de conducteurs de cuivre 2
- un écran semi-conducteur intérieur 3 en contact avec l'âme conductrice 1
- une couche d'isolation électrique 4 en un matériau diélectrique tel que le polyéthylène
haute ou basse densité, le polyéthylène réticulé ou le terpolymère d'éthylène-propylène-diène
à chaîne principale méthylène (EPDM)
- un écran semi-conducteur extérieur 5 en contact avec la couche d'isolation électrique
4
- un écran métallique de protection 6, optionnel, constitué d'un ruban d'aluminium
- une gaine extérieure de protection 7 en un matériau tel que le polychlorure de vinyle,
le polyéthylène ou un mélange de polymère et de charges ignifugeantes.
[0032] Selon l'invention, l'écran semi-conducteur intérieur 3 est un composite qui comprend
(voir figure 2) une couche 31 de conductivité électrique volumique longitudinale élevée,
typiquement supérieure à 0,1 S/m entre 20 et 90°C, et de préférence supérieure à 5
S/m à ces températures, en contact avec l'âme conductrice 1, et une couche 32 susceptible
d'injecter une faible quantité de charges d'espace dans la couche d'isolation 4 après
polarisation, de sorte que la quantité de charges d'espace injectées depuis l'écran
3 dans la couche d'isolation électrique 4 est typiquement inférieure à 200 nC entre
25 et 70°C, la couche 32 étant en contact avec la couche d'isolation électrique 4.
[0033] Toujours selon l'invention, l'écran semi-conducteur extérieur 5 est un composite
qui comprend une couche 51 de conductivité électrique volumique élevée, typiquement
supérieure à 0,1 S/m entre 20 et 90°C, et de préférence supérieure à 5 S/m à ces températures,
la couche 51 étant en contact avec l'écran métallique 6, et une couche 52 susceptible
d'injecter une faible quantité de charges d'espace dans la couche d'isolation 4 après
polarisation, de sorte que la quantité de charges d'espace injectées depuis l'écran
5 dans la couche d'isolation électrique 4 est typiquement inférieure à 200 nC entre
25 et 70°C, la couche 52 étant en contact avec la couche d'isolation électrique 4.
[0034] Comme mentionné plus haut, les écrans semi-conducteurs 3 et 5 selon l'invention permettent
à la fois d'obtenir une conductivité électrique satisfaisante au voisinage des éléments
conducteurs du câble 10 afin d'assurer la fonction d'homogénéisation de la répartition
du champ électrique, et de limiter l'injection de charges d'espace dans la couche
d'isolation électrique 4 puisque les couches 32 et 52 des écrans semi-conducteurs
3 et 5 en contact avec cette dernière injectent une faible quantité de charges d'espace
après polarisation.
[0035] Afin de montrer l'efficacité de l'invention, on a procédé à des mesures de charges
d'espace par la méthode de l'onde de pression, en tant que telle connue, sur trois
échantillons différents A, B et C, dont la structure de base est montrée en figure
3. Les épaisseurs des couches SC1 et SC2 de l'échantillon A sont doubles de celles
des couches SC1 et SC2 des échantillons B et C.
[0036] Chacun de ces échantillons comprend une couche électriquement isolante I d'épaisseur
0,8 mm placée entre deux couches semi-conductrices SC1 et SC2 de compositions identiques.
[0037] Dans l'échantillon A, les deux couches SC1 et SC2 sont des écrans semi-conducteurs
composites selon l'invention constitués chacun d'une couche en un matériau de Composition
1 donnée ci-dessous, susceptible d'induire une forte quantité de charges d'espace
et d'une couche en un matériau de Composition 2 donnée ci-dessous, induisant une faible
quantité de charges d'espace dans la couche électriquement isolante I avec laquelle
elle est en contact.
Composition 1
[0038]
Polyéthylène basse densité (0,919 g/cm3) ayant un Melt Flow Index de 2 et une masse molaire moyenne en poids de 126 500 g/mol
: 100 parts
SBS hydrogéné (copolymère séquencé, hydrogéné de styrène et de butadiène) : 20 parts
Noir au four ENSACO 250 G : 39 parts
Antioxydant : 0,25 part
Composition 2
[0039]
Polyéthylène basse densité (0,919 g/cm3) ayant un Melt Flow Index de 2 et une masse molaire moyenne en poids de 126 500 g/mol
: 100 parts
SBS hydrogéné : 20 parts
Noir d'acétylène DENKA : 39 parts
Antioxydant : 0,25 part
[0040] Dans l'échantillon B, les deux couches SC1 et SC2 sont constituées uniquement d'un
matériau de Composition 2 ci-dessus.
[0041] Dans l'échantillon C, les deux couches SC1 et SC2 sont constituées uniquement d'un
matériau de Composition 1 ci-dessus.
[0042] Il est important d'insister sur le fait que les compositions 1 et 2 ci-dessus ont
été choisies afin de pouvoir effectuer des comparaisons de quantités de charges d'espace
injectées, et ce indépendamment de leur conductivité électrique.
[0043] L'essai mis en oeuvre, dit essai de l'onde de pression, consiste à envoyer le faisceau
d'un laser YAG sur l'échantillon testé, dont chaque écran semi-conducteur constitue
une électrode (+) et (-). Ce faisceau absorbé en surface de l'électrode (-) décompose
cette surface par pyrolyse, et les gaz émis provoquent une onde de pression qui traverse
l'échantillon, provoquant un déplacement de charges d'espace et l'apparition de charges
images aux électrodes, donnant lieu au signal mesuré. Le traitement de ce signal donne
une indication sur la répartition du champ électrique et sur la densité de charge
volumique dans l'échantillon.
[0044] Les valeurs mises en évidence lors de cet essai sur les échantillons testés sont
la densité maximale D
+ de charges positives dans la couche isolante I, la densité maximale D
- de charges négatives dans la couche isolante I et la quantité totale Q
T de charges dans la couche isolante I (en fait son image).
[0045] Le Tableau 1 ci-dessous donne les résultats obtenus hors champ appliqué, après polarisation
des échantillons durant 4 heures sous une tension électrique continue de +40 kV à
température ambiante (25°C).
Tableau 1
| Echantillon |
D+ (C/m3) |
D- (C/m3) |
QT (nC) |
| A |
0,019 |
0,03 |
5 |
| B |
0,9 |
0,05 |
76 |
| C |
1,8 |
0,5 |
98 |
[0046] Ce tableau met en évidence le fait que, à température ambiante, un écran semi-conducteur
selon l'invention injecte 19 fois moins de charges d'espace que la couche entraînant
la plus forte injection seule (échantillon C), mais également 15 fois moins que celle
présentant la plus faible injection de charges d'espace seule (échantillon B). Ce
résultat est donc tout à fait surprenant.
[0047] Il montre que l'on peut choisir pour la première couche d'un écran semi-conducteur
selon l'invention, un matériau à forte, moyenne ou faible injection de charges d'espace,
du moment que ses caractéristiques de conductivité électrique sont satisfaisantes.
[0048] Le Tableau 2 ci-dessous donne les résultats obtenus après polarisation des échantillons
durant 4 heures sous une tension électrique continue de +40 kV à 70°C.
Tableau 2
| Echantillon |
D+ (C/m3) |
D- (C/m3) |
QT (nC) |
| A |
0,15 |
0,19 |
48 |
| B |
1,1 |
0,6 |
126 |
| C |
2,5 |
1,8 |
196 |
[0049] Le Tableau 2 montre que les résultats obtenus à température ambiante sont également
valables à température élevée.
[0050] On a procédé à d'autres mesures, dans les mêmes conditions que celles décrites ci-dessus,
sur des échantillons D, E, F et G, dont la structure de base est également celle de
la figure 3.
[0051] Dans l'échantillon D, les deux couches SC1 et SC2 sont des écrans semi-conducteurs
composites selon l'invention constitués chacun d'une couche en un matériau de Composition
3 donnée ci-dessous, susceptible d'induire une forte quantité de charges d'espace,
et d'une couche en un matériau de Composition 4 donnée ci-dessous, induisant une faible
quantité de charges d'espace dans la couche électriquement isolante I avec laquelle
elle est en contact.
Composition 3
[0052]
Polyéthylène basse densité (0,920 g/cm3) ayant un Melt Flow Index de 2 et une masse molaire moyenne en poids de 212 000 g/mol
: 100 parts
SBS hydrogéné : 20 parts
Noir au four ENSACO 250G : 39 parts
Antioxydant : 0,25 part
Composition 4
[0053]
Polyéthylène basse densité (0,920 g/cm3) ayant un Melt Flow Index de 2 et une masse molaire moyenne en poids de 212 000 g/mol
: 100 parts
SBS hydrogéné : 20 parts (

A expliciter par les inventeurs)
Noir d'acétylène DENKA : 39 parts
Antioxydant : 0,25 part
[0054] Dans l'échantillon E, les deux couches SC1 et SC2 sont constituées uniquement d'un
matériau de Composition 4 ci-dessus.
[0055] Dans l'échantillon F, les deux couches SC1 et SC2 sont constituées uniquement d'un
matériau de Composition 3 ci-dessus
[0056] Dans l'échantillon G, les deux couches SC1 et SC2 sont constituées uniquement d'un
matériau semi-conducteur à forte injection de charges d'espace et conductivité électrique
élevée du commerce, à base d'un mélange de polyéthylène et de copolymère d'éthylène
et d'acétate de vinyl.
[0057] A noter que pour tous les échantillons D à G, les épaisseurs des couches SC1 et SC2
sont identiques.
[0058] Ici encore, il est important d'insister sur le fait que les compositions 3 à 5 ci-dessus
ont été choisies afin de pouvoir effectuer des comparaisons de quantités de charges
d'espace injectées, et ce indépendamment de leur conductivité électrique.
[0059] Le Tableau 3 ci-dessous donne les résultats obtenus hors champ appliqué, après polarisation
des échantillons durant 4 heures sous une tension électrique continue de +40 kV à
température ambiante (25°C).
Tableau 3
| Echantillon |
D+ (C/m3) |
D- (C/m3) |
QT (nC) |
| D |
0,09 |
0,04 |
5 |
| E |
1,05 |
0,21 |
43 |
| F |
1,95 |
0,69 |
80 |
| G |
1,68 |
0,85 |
235 |
[0060] Les résultats montrés au Tableau 3 amènent aux mêmes conclusions qualitatives que
ceux du Tableau 1.
[0061] Le Tableau 4 ci-dessous donne les résultats obtenus après polarisation des échantillons
durant 4 heures sous une tension électrique continue de +40 kV à 70°C.
Tableau 4
| Echantillon |
D+ (C/m3) |
D- (C/m3) |
QT (nC) |
| D |
0,52 |
0,3 |
53 |
| E |
1,25 |
0,65 |
102 |
| F |
2,82 |
1,91 |
422 |
| G |
1,15 |
0,98 |
205 |
[0062] Les résultats montrés au Tableau 4 amènent aux mêmes conclusions qualitatives que
ceux du Tableau 2.
[0063] On ne rentrera pas ici dans les détails du procédé de fabrication d'un câble selon
l'invention. On indique simplement qu'un écran selon l'invention peut être obtenu
par co-extrusion de ses deux couches constitutives dans un dispositif adapté, bien
connu de l'homme de l'art.
[0064] Bien entendu, l'invention n'est pas limitée au mode de réalisation qui vient d'être
décrit.
[0065] De même, la structure de câble d'énergie décrite ne l'est qu'à titre d'exemple, et
un câble d'énergie selon l'invention peut ne comprendre qu'un écran semi-conducteur
selon l'invention, par exemple l'écran semi-conducteur intérieur seulement ou l'écran
semi-conducteur extérieur seulement. En outre, le câble selon l'invention peut comprendre
d'autres types d'écrans métalliques de protection, par exemple un écran en aluminium
contrecollé ou soudé.
[0066] En outre, la structure de protection qui comporte l'écran métallique et la gaine
extérieure peut également comporter d'autres éléments de protection tels que notamment
une bande de protection gonflante en présence d'eau. Une telle bande de protection
peut être interposée entre l'écran semi-conducteur extérieur et l'écran métallique
de protection. Elle assure elle-même ou est associée à des moyens conducteurs assurant
la continuité électrique entre l'écran semi-conducteur extérieur et l'écran métallique.
[0067] Par ailleurs, les matériaux indiqués pour les différents éléments des câbles selon
l'invention le sont à titre indicatif, et peuvent bien entendu être remplacés par
des matériaux équivalents qui sont à la portée de l'homme de l'art.
[0068] Ainsi notamment, l'homme du métier pourra faire varier les compositions données plus
haut à titre d'exemple, de la manière suivante :
- la teneur massique en styrène dans la matrice polymère peut être de 0,1 à 20 %, préférentiellement
de 1 à 10 %,
- la charge conductrice peut être du noir de carbone, de préférence du type « acétylène
» qui est plus propre que les noirs de carbone du type « furnace » (ou noirs au four),
- la teneur massique en noir de carbone (par rapport à la matrice) peut être de 15 à
40% préférentiellement de 20 à 30 %,
- l'anti-oxydant utilisé est l'Irganox 1010 ; la teneur massique en antioxydant est
de 0,1 à 0,2 %, préférentiellement de 0,15 %.
[0069] Enfin, on pourra remplacer tout moyen par un moyen équivalent sans sortir du cadre
de l'invention.
1. Ecran semi-conducteur (3, 5) pour câble d'énergie comprenant deux couches (31, 32
; 51, 52), chacune desdites couches comportant une matrice polymère dans laquelle
est dispersée une charge conductrice, une première desdites couches (31, 51) ayant
une conductivité électrique volumique longitudinale supérieure à 0,1 S/m entre 20
et 90°C,
caractérisé en ce que la deuxième desdites couches (32, 52) est destinée à être placée au contact d'une
couche d'isolation électrique (4) dudit câble d'énergie et est telle que la quantité
de charges d'espace susceptibles d'être injectées depuis ladite deuxième couche (32,
52) dans ladite couche d'isolation électrique (4) est faible, de sorte que la quantité
de charges d'espace susceptibles d'être injectées depuis ledit écran semi-conducteur
(3, 5) dans ladite couche d'isolation (4) est inférieure à la quantité de charges
d'espace susceptibles d'être injectées depuis ladite deuxième couche (32, 52) seule
dans ladite couche d'isolation électrique (4), ladite deuxième couche (32, 52) formant
une barrière limitant l'injection de charges d'espace dans ladite couche d'isolation
électrique (4).
2. Ecran selon la revendication 1 caractérisé en ce que la quantité de charges d'espace susceptibles d'être injectées depuis ledit écran
semi-conducteur (3, 5) dans ladite couche d'isolation (4) est inférieure à 200 nC
entre 25 et 70°C.
3. Ecran selon l'une des revendications 1 ou 2 caractérisé en ce que la quantité de charges d'espace susceptibles d'être injectées depuis ladite deuxième
couche (32, 52) seule dans ladite couche d'isolation électrique (4) est inférieure
à 250 nC entre 25 et 70°C.
4. Ecran selon l'une des revendications 1 à 3 caractérisé en ce que la conductivité électrique volumique de la première couche (31, 51) est supérieure
à 5 S/m entre 20 et 90°C.
5. Ecran selon l'une des revendications 1 à 4 caractérisé en ce que la conductivité électrique volumique longitudinale de ladite deuxième couche (32,
52) est comprise entre 10-4 et 10-1 S/m entre 20 et 90°C.
6. Ecran selon l'une des revendications 1 à 5 caractérisé en ce que ladite première couche (31, 51) comporte une matrice choisie parmi les copolymères
d'éthylène et d'acrylate d'alkyle ou les mélanges de ces copolymères avec des polyoléfines,
et une charge conductrice dispersée dans ladite matrice.
7. Ecran selon l'une des revendications 1 à 6 caractérisé en ce que ladite deuxième couche (32, 52) comporte une matrice polymère choisie parmi le polyéthylène,
le polypropylène, le polystyrène et leurs copolymères, les alliages de polymères choisis
parmi le polyéthylène, le polypropylène, le polystyrène et leurs copolymères, et les
mélanges de composés choisis parmi le polyéthylène, le polypropylène, le polystyrène,
leurs copolymère et les alliages précédents, et une charge conductrice dispersée dans
ladite matrice.
8. Ecran selon l'une des revendications 1 à 6 caractérisé en ce que ladite deuxième couche (32, 52) comporte une matrice polymère choisie parmi les élastomères
thermoplastiques polyoléfiniques et leurs mélanges, et une charge conductrice dispersée
dans ladite matrice.
9. Ecran selon la revendication 7 caractérisé en ce que ladite matrice polymère de ladite deuxième couche (32, 52) est constituée d'un mélange
comprenant du polyéthylène et un copolymère séquencé hydrogéné de styrène, choisi
parmi les copolymères de styrène et butadiène et de styrène et isoprène.
10. Ecran selon l'une des revendications 1 à 9 caractérisé en ce que ladite charge est choisie parmi les noirs de carbone, tels que le noir d'acétylène.
11. Câble d'énergie caractérisé en ce qu'il comprend un écran (3, 5) selon l'une des revendications 1 à 10.
12. Câble d'énergie selon la revendication 11
caractérisé en ce qu'il comprend, disposés coaxialement et de l'intérieur vers l'extérieur :
• une âme conductrice (1)
• un écran semi-conducteur intérieur (3)
• une couche électrique d'isolation (4)
• un écran semi-conducteur extérieur (5)
• une gaine extérieure de protection (7)
ladite première couche (31) dudit écran semi-conducteur intérieur (3) étant en contact
avec ladite âme conductrice (1), et
lesdites deuxièmes couches (32, 52) desdits écrans semi-conducteurs intérieur et extérieur
(3, 5) étant en contact avec ladite couche d'isolation électrique (4).
13. Câble selon la revendication 12 caractérisé en ce qu'il comprend, entre ledit écran semi-conducteur extérieur (5) et ladite gaine extérieure
de protection (7), un écran métallique de protection (6).
14. Câble selon l'une des revendications 11 à 13 caractérisé en ce qu'il est destiné à fonctionner en courant continu.